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Accueil du site > Actualités > Société > « Epidémie » de suicides chez France Télécom, triste réalité ou (...)

« Epidémie » de suicides chez France Télécom, triste réalité ou manipulation médiatique et syndicale ?

Depuis février 2008, donc depuis 18 mois, il y a eu 23 suicides et une dizaine de tentatives n’ayant pas entraîné la mort parmi les employés de France Télécom. Soit une moyenne de 16 par an. Or, le taux de suicide en France métropolitaine est actuellement de 16.2 /100.000 soit environ 10.000 décès liés à cette cause pour 160.000 tentatives recensées par an (source OMS 2006, l’INSERM publiait 11000 cas pour 2001). Sachant que l’effectif des salariés de France Télécom est de 102.000, on peut de prime abord en conclure que le taux de suicide dans cette entreprise est équivalent à la moyenne nationale. Si l’on admet que certains suicides dans la population générale ne sont pas enregistrés comme tels, mais comme accidents domestiques, mort naturelle ou intoxications accidentelles et que certaines cliniques privées ne les transcrivent pas tous pour ne pas traumatiser les familles, on peut même avancer qu’on se suiciderait moins dans cette entreprise que dans certains autres milieux et professions en France, au pire, cela serait équivalent. Il faudrait comparer avec la police, les médecins anesthésistes, les paysans et les prostituées.

De là à dire qu’il n’existe pas de problème de management et d’organisation du travail dans l’entreprise France Télécom, il y a bien sûr un pas à ne pas franchir. Cependant, le suicide possède des origines multifactorielles dont la souffrance au travail et l’insécurité de l’emploi sont aussi des causes importantes. Cela est indéniable, mais derrière la dénonciation actuelle de cette « épidémie de suicide » dans une grande entreprise semble poindre une idéologie de victimisation et de déresponsabilisation de l’individu. A force de s’apitoyer, la société refuse toute conséquence fâcheuse et cela bien sur inclut le suicide. Jadis condamné pour des raisons religieuses, il est désormais considéré comme la conséquence d’une faute de quelqu’un, patron, petit chef, institution et non comme un acte volontaire et réfléchi de l’individu et de ce fait digne de respect.

Cet article n’est nullement un plaidoyer pour la défense de France Télécom dont les méthodes de gestion des ressources humaines sont sûrement perfectibles. Ce n’est pas non plus une défense du système capitaliste et des multinationales. Non, il s’agit plutôt de dénoncer un état d’esprit qui dénie à l’homme toute responsabilité et veut le transformer en véritable mineur social et émotionnel. "Il est en train d’arriver ce que nous redoutions le plus, un effet de contagion. La priorité absolue depuis vendredi est de tout faire pour arrêter cette spirale infernale", a affirmé la direction, dans une déclaration à l’AFP. Mais il ne semble pas y avoir de spirale infernale, cependant, elle peut se développer si le phénomène est mis en exergue par les médias et les syndicats. Le ras-le-bol des salariés, justifié, il faut le souligner, peut fort bien être utilisé par certains comme une dénonciation de la dérive suicidaire si l’environnement médiatique y incite par une couverture hypertrophiée des événements et cela par simple mimétisme. Et contrairement aux déclarations de Didier Lombard, il n’y a pas une « mode du suicide » à France Télécom, mais plutôt une médiatisation outrancière d’un phénomène hélas banal dans la société française. On ne se suicide pas uniquement parce "que sa mission était terminée et qu’elle allait se retrouver en mobilité géographique" selon les déclaration d’un représentant de la CFDT ; La motivation ne peut être aussi univoque, ou alors nous sommes devant un cas d’hyperréactivité et d’émotivité profonde.

Avant d’aller plus loin, il faudrait définir le suicide et ses catégories, faire la différence entre suicide débouchant sur la mort de l’intéressé ou sa survie avec ou sans séquelles du fait des progrès de la médecine, mais où il existe un réel désir de mort et la tentative, forme d’appel au secours utilisant le plus souvent des moyens non létaux, sauf erreur de dosage ou de prévision dans l’arrivée des secours.

Le paysan qui se pend dans sa grange ou bien se tire un coup de fusil de chasse sous le menton n’a rien à voir avec la petite jeune fille qui à la suite d’un énième chagrin d’amour avale 3 Valium ou se taillade le poignet avec une lame de rasoir. Rien à voir non plus entre le chef d’entreprise qui se tire une balle dans la bouche à la suite d’une faillite et le psychotique qui se défénestre du 13ième étage suite à des hallucinations visuelles et auditives.

Mais en dehors des suicides pathologiques où le discernement est altéré comme chez les malades mentaux, les grands alcooliques et certains, mais pas tous, les toxicomanes, le suicide réfléchi et conscient est multifactoriel avec une cause dominante entraînant le passage à l’acte. Le suicidaire ne se supprime pas parce qu’il n’aime pas la vie, mais parce que la vie qu’il envisage ne lui amène plus de satisfaction suffisante.

Alors, il est tout à fait explicable de souhaiter mourir parce qu’on ne supporte plus l’existence et son travail en particulier. Il est bien sur totalement souhaitable d’améliorer les conditions de travail pour éviter les dépressions et le sentiment de dévalorisation chez les salariés, mais considérer chaque employé comme un suicidaire potentiel chaque fois qu’il y a un plan de restructuration ou une modification de planning frise l’excès et la déraison. Il y aura toujours des suicides, même dans une société économiquement idéale avec un droit syndical fort et puissant. Et parmi les salariés d’une entreprise, il y en aura toujours qui se sentiront mal pour de nombreuses raisons, qu’elles soient matérielles, affectives, sanitaires ou professionnelles.

Que ce soit pour cause d’adultère, de surendettement, d’épuisement au travail, de sentiment d’indignité, toute cause de suicide est respectable et ne doit pas être hiérarchisée. Il n’y a pas d’échelle de gravité du suicide ni de causes acceptables et d’autres farfelues. Celui qui se donne la mort soufre psychologiquement, il doit être aidé par ses proches et éventuellement par des professionnels de santé, mais le suicide en soit ne doit pas être considéré comme une aberration ou une anomalie.

Selon les statistiques de l’OMS de 2006, les plus hauts taux de suicide se retrouvent dans les anciens pays de l’Est (8/10) avec la Lituanie, la Biélorussie et la Russie formant le trio de tête. Le Japon est en huitième position, probablement pour des raisons différentes. Si dans les ex-démocraties populaires, l’alcoolisme et la diminution du pouvoir d’achat des retraités semblent être des incitations importantes, il n’en est pas de même au Japon. Dans ce pays, le sentiment de dévalorisation de l’individu couplé à une culture ne condamnant pas le suicide, mais au contraire le reconnaissant comme un droit à la dignité explique le passage à l’acte.

En France, l’alcoolisme est moindre même s’il existe encore des suicides sous l’emprise de l’alcool, cela ne représente pas la majorité des cas. Quant au sentiment d’honneur et de dignité il est de moins en moins valorisé par l’éducation et les médias. Le Français se suiciderait donc plutôt du fait d’un certain spleen, perte de goût à l’existence, et d’une incapacité à résister à l’insatisfaction et à l’adversité. Cela peut se comprendre quand on connaît le record mondial de consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseur en France et le recours au tout psychologique dès l’âge scolaire. Donc, c’en est presque une lapalissade, ceux qui se suicident ne respirent pas la joie de vivre. Mais comme dit précédemment cela ne veut pas dire qu’ils n’aiment pas la vie.

S’il est tout à fait légitime et souhaitable de créer des structures d’écoute et de prévention du suicide, cela ne doit pas être fait au détriment du libre arbitre et à l’infantilisation permanente du citoyen. « Il t’a fait bobo, le méchant patron, le cruel contremaître », n’est pas une réponse au mal-être individuel. A force de considérer les individus comme des mineurs incapables de se protéger, de se révolter, la société française génère des lâches et des moutons. Ces deux derniers termes ne se rapportent pas aux suicidés, mais au contraire, à ceux qui ne se suicident pas, ne protestent pas et subissent ce que l’on leur a imposé sans broncher car ils se considèrent comme des victimes que l’on doit assister. Ce n’est pas en plaignant les gens qu’ils prendront leur situation en main. La société française devient hélas une société de geignards demandant l’intervention de l’Etat Providence qui oublie que la liberté ne se demande pas mais se prend !

PS : Curieusement le Figaro cite un taux de 5.4 /100.000 sans expliquer son mode de calcul, en reprenant 100000 employés en France et 23 suicides en 18 mois, on n’arrive pas à ce chiffre.

Quelques références :


http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er-pdf/er109.pdf

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2009/adolescent_mortality_20090911/fr/index.html

http://suicide.ecoute.free.fr/France.html

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/ce-que-revelent-les-suicides-chez-france-telecom_199836.html

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/14/01016-20090914ARTFIG00640-suicides-effet-de-contagion-chez-france-telecom-.php

 

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/dessin-du-jour/article/suicides-chez-france-telecom-61629

http://www.sudptt.org/article.php3?id_article=98766


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123 réactions à cet article    


  • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 septembre 2009 10:00

    Bon article .

    C ’est au programme de quelle année à venir , le fait d’ apprendre que la vie est pas le déroulement d’ un film où tout se passe toujours bien .

    Faudrait un peu apprendre la combativité , le cran , le courage , l’ aptitude au bonheur ainsi que peut-être que la joie de vivre ne dépend pas d’ un con de chef ou d’ une structure de travail .

    Faut arrêter l’ assistanat et donner de coups de pieds au cul pour faire ouvrir les yeux aux réalités .


    • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 10:44

      Une de vos blagues les plus drôles que j’ai lu... « la combativité , le cran , le courage », tout ça, face à une multinationale... Il doit en falloir des wagons.
      Malheureusement, il se trouve que de plus en plus de vies se trouvent être le déroulement d’un film où tout se passe mal...

      J’étais justement sur cet article de bakchich à ce sujet : Le clin deuil de France Télécom à ses salariés.


    • Gollum Gollum 18 septembre 2009 11:29

      C’est à toi que j’ai envie de donner des coups de pieds au cul t’es trop con..


      En tous cas si un jour t’es dans la mouise compte pas sur moi pour te tendre la main..

    • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 11:38

      haddock, c’est l’archétype du cliché du lecteur du Figaro. C’en est rempli ici.
      Celui qui s’étonne quand les salariés d’une entreprise se suicident, enrage quand ils font grève, et peste contre les impôts.


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 septembre 2009 11:57

      figaroli figaro là hi hi


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 septembre 2009 12:37

      alors ça c ’est pas gentil de ta part Golum ...


    • TSS 18 septembre 2009 13:37

      Faut arrêter l’ assistanat

      qu’a à voir l’assistanat et le suicide par desesperance ,monsieur le fabricant de macarons ?...!!


    • Traroth Traroth 18 septembre 2009 16:23

      @rocla : vous vous simplifiez la vie, je trouve. Être dans une boite où on vous fait chier toute la journée, c’est dur à vivre, et je parle d’expérience. Après, il faut réussir à changer, et ça n’est pas forcément évident quand on est dans un secteur où les emplois ne courent pas les rues et/ou si on n’est pas mobile géographiquement. Donc on peut facilement se retrouver dans la situation de devoir supporter. Et ça, ça n’est possible qu’un certain temps.


    • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 16:50

      Donc on peut facilement se retrouver dans la situation de devoir supporter. Et ça, ça n’est possible qu’un certain temps.

      J’ai entendu ou lu qqn qui, dans son idéologie, refusait de travailler ou de sous-traiter pour des fabricants d’armes, des industries polluantes, etc...
      Je me suis dit : « Tiens pas con, boycott des secteurs qu’on estime peu (polluant, militaire, ...) Le marché s’auto-régulant, les salariés peuvent choisir l’entreprise où ils désirent travailler ». MON CUL !!

      Ca m’a vite passé après 1 an et demi de chomdu (sans appliquer cette méthode), avec les hystériques de Sarkozy et cie qui menacent de vous couper les couilles si vous n’avez pas de travail à long terme.
      Maintenant, je travaille pour un sous-traitant d’Airbus, de Dassault, etc... qui n’a pas une politique salariale très bandante, et je travaille sur un projet de merde qui correspond peu à mes intérêts. Et je suis pourtant pas un gars stressé dans la vie, je n’ai pas de traites à payer, pas de gosses, ... Alors j’imagine un mec plus vieux, avec des crédits, des gosses, une expérience qu’on nie, etc.

      Mais la réalité, aujourd’hui, à fortiori en pleine crise et décroissance, c’est que vous êtes obligé de PRENDRE CE QUI VIENT, point barre. Et ce encore plus si vous avez peu de diplôme, si vous êtes dans la tranche 40-50 ans, si vous n’avez pas exercé depuis un moment, ...
      C’est le système tout entier qui pousse dans ce sens. Travail, travail, travail.


    • Eloi Eloi 19 septembre 2009 00:54

      Faut arrêter l’ assistanat et donner de coups de pieds au cul pour faire ouvrir les yeux aux réalités .

      A une certaine époque, j’entendais dire que le devoir des « forts » était de protéger les « faibles ». Aujourd’hui on leur met le nez dans la merde pour pas qu’ils n’apprennent à compter sur les autres...

      Méthode éducative, ou refus de ses responsabilités, rocla ?


    • cleopale 20 septembre 2009 12:35

      Les employés de France Télécom ont pour la plupart été embauché comme fonctionnaires.
      Hors, la première préoccupation des personnes qui veulent être fonctionnaire c’est la sécurité de l’emploi. Ces personnes cherchent entre autre ce que Freud appelais, le groupe rassurant. C’est à dire l’impression de rejoindre une famille, un soutien moral.
      Si vous avez écouté les commentaires des employés rescapés sur les chaînes télé, ce dont ils se plaignent le plus c’est du comportement des autres employés à leur égard.
      Ils deviennent des parias , on leur tourne le dos et voilà pourquoi ils en arrivent là.
      Cleopale.


    • Fergus Fergus 18 septembre 2009 10:35

      Bonjour, Georges.

      J’ai trouvé votre article intéressant et, à ce titre, j’ai voté « pour », bien que je sois en désaccord presque total avec la plupart de vos points de vue sur le sujet.

      A commencer par le taux de suicide à France-Télécom. Certes, il n’est pas plus élevé que dans la plupart des entreprises soumises aux méthodes de management par objectifs ou organisées en centres de profit totalement deshumanisés car soumises aux seules priorités comptables. Pas plus élevé, mais cela ne justifie pas un parallèle des plus tendancieux avec les taux de suicide dans l’ensemble de la population.

      Quant à laisser entendre, ce qu’exprime la Capitaine de manière encore plus directe, que les travailleurs Français sont des chiffes molles, voire des lâches qui refusent de s’impliquer dans leur job et de se battre, c’est méconnaître la réalité du management moderne hérité des méthodes anglo-saxonnes. C’est rejeter d’un trait de plume tous ceux qui, physiquement, intellectuellement ou mentalement n’ont pas les moyens de s’adapter à cet univers àù l’homme n’est plus qu’une simple variable d’ajustement et ses états d’âme, aussi justifiés soient-ils, des poisons qu’il faut extirper de la chaîne de production.

      Les travailleurs étaient moins productifs mais plus forts naguère parce qu’ils étient solidaires, soit en appartenant à des syndicats, soit en participant massivement à des actions de défense. On a tout fait au niveau politique et patronal pour casser cette solidarité, tout fait pour imposer à marche forcée un individualisme exacerbé dont on paye aujourd’hui les conséquences. Les victimes sen sont les travailleurs. mais les entreprises elles-mêmes n’en sortiront pas indemnes !


      • Krokodilo Krokodilo 18 septembre 2009 10:45

        Vous êtes le prince de l’ambigüité et des réactions rapides, le pompier qui arrive avant l’incendie : à peine naît-il une conscience écologique mondiale que vous dénoncez la dictature écolo qui régirait chacun de nos actes, ou s’apprêterait à le faire comme, selon vous, en Suède.
        Aujourd’hui, à peine commence t-on à parler des effets nocifs du « management » féroce dans les grandes entreprises (gestion et chef du personnel font trop vieux français) suite à la privatisation, que vous dénoncez la victimisation des gens. Quoique, un excellent téléfilm avait montré comment un « spécialiste » de la liquidation fait craquer les employés.
        « Cependant, le suicide possède des origines multifactorielles dont la souffrance au travail et l’insécurité de l’emploi sont aussi des causes importantes. Cela est indéniable, mais derrière la dénonciation actuelle de cette « épidémie de suicide » dans une grande entreprise semble poindre une idéologie de victimisation et de déresponsabilisation de l’individu. A force de s’apitoyer, la société refuse toute conséquence fâcheuse et cela bien sur inclut le suicide. Jadis condamné pour des raisons religieuses, il est désormais considéré comme la conséquence d’une faute de quelqu’un, patron, petit chef, institution et non comme un acte volontaire et réfléchi de l’individu et de ce fait digne de respect. »

        « La société française devient hélas une société de geignards demandant l’intervention de l’Etat Providence qui oublie que la liberté ne se demande pas mais se prend ! »
        Chacun pour soi et Dieu pour tous, la loi du colt, c’est le pied ? Vous oubliez juste que partout où une idéologie de ce type s’installe, ce ne sont pas seulement les forts qui gagnent, mais ceux qui savent passer des alliances, c’est-à-dire les affidés des chefs de guerre sadiques et violents, en gros la loi clanique plutôt que celle de la société.

        Je vous invite à lire le Nouvel obs de cette semaine, où un article présente des témoignages internes sur ce nouveau management largement attribuable à l’esprit ultraconcurrentiel que vous affectionnez, instauré depuis la privatisation.

        Il n’est pas inutile de rappeler tout ce que vous écrivez, mais j’y sens un manque de compassion, une dureté fréquente chez ceux qui sont forts et bien servis par la nature.
        Vous êtes en quelque sorte l’opposé de Jack London qui, lui, « self made man » né pauvre, mais fort, remarquablement intelligent, volontaire et créatif, symbole de réussite à l’américaine, s’est battu toute sa vie pour la cause des opprimés et des moins chanceux.
        Cette dualité de l’individualisme et de la solidarité est d’ailleurs l’essence même de son superbe roman philosophique « Le Loup des mers », qu’il détestait voir qualifier de roman d’aventures. Bien qu’il admire la force du capitaine (dont le frère est encore plus primitif), proche de l’auteur autodidacte lui aussi, il penche vers l’intello embarqué à bord, faible au départ, mais endurci par la vie à bord, physiquement et mentalement, d’où là encore l’ambigüité.
        Il s’est suicidé assez jeune, et le rapprochement avec votre article n’en est que plus évident.

        La construction d’une société plus humaine est difficile, mais c’est l’alternative à la loi des clans, des bandes, des trafiquants de drogue, des mafieux en tout genre, et des multinationales inhumaines.


        • cleopale 20 septembre 2009 12:51

          A krocodilo
          Votre réaction à l’article sur les suicides est intéressant, mais vous soutenez vos arguments en citant des films ou des romans et cela ne convient pas.
          Il ne faut pas confondre réalité et fiction car toute fiction aussi proche soit-elle d’une réalité reste une fiction.
          Cleopale.


        • Gasty Gasty 18 septembre 2009 10:57

          "Mais il ne semble pas y avoir de spirale infernale, cependant, elle peut se développer si le phénomène est mis en exergue par les médias et les syndicats."

          Tout va bien, je vais bien, tout le monde il est gentil......... ! Mes fins de mois sont difficile, mon loyer j’peux plus payer, j’ai un ulcère qui s’aggrave mais je risque le chômage..... Tout va bien je vais bien......


          • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 11:08

            23 suicides en 18 mois... En effet tout va bien... Un suicide par mois, rien d’inquiétant...
            Mais pour 22000 licenciements prévus, c’est assez peu.
            M’est avis qu’il faudrait faire appel à de vrais champions des quotas, comme... Brice Hortefeux ou Eric Besson.


          • Gourmet 18 septembre 2009 11:01

            Je pense que l’on oublie quelque chose de fondamental dans les suicides de FT (et d’autres entreprises comme Renault dont on n’entend plus parler, curieux non ?) : c’est qu’ils sont la conséquence du travail et non d’un souci extra-professionnel.
            Je veux bien croire que la vie n’est pas toute rose, loin de là, mais les suicidés ou ceux qui l’ont tenté ont bien mis en exergue et en cause leurs conditions de travail et non leur vie en dehors du travail !
            Même chose chez les suicidés de Renault.
            il serait intéressant de comparer avec les taux de suicides dans les entreprises encore un peu publiques comme EDF, SNCF, RATP ... Vraiment intéressant !

            L’article ne veut pas défendre FT soit. Mais l’article ne doit SURTOUT pas donner du crédit à des méthodes dites de « management » (sic) qui datent d’un autre siècle (le XIXème pour ne pas le citer).
            Depuis quand dit-on à un salarié qu’il est nul, qu’il n’est plus bon à rien, qu’il ferait mieux de faire autre chose, qu’il est encombrant, qu’il dérange ses collègues de travail ?
            Alors oui, il faut être un tantinet fragile pour accepter sans broncher de tels propos infantiles (la dernière fois que j’ai entendu « t’es nul » c’était dans une cours de récréation) sans mettre le poing dans la gueule de celui qui les tient mais ne faut-il pas être sacrément dénué de neurones pour les tenir ?

            On le sait depuis longtemps : il ne faut pas être intelligent pour devenir riche (sinon les Nobel seraient les femmes et les hommes le plus riches du globe) mais utiliser une hiérarchie de branquignols tout juste issus d’un gardiennage de boîte de nuit pour virer du monde au lieu de clairement expliquer les choses entre gens sensés, non, décidément NON !
            Mais faire des choses sensées ça coute cher c’est là le souci : plans de licenciements, de recasage, procès éventuels, etc.

            Le fond du problème est là :
            - déresponsabilisation de l’encadrement (au lieu de pratiquer du management d’équipe sa tâche consiste à faire le videur, pas besoin d’avoir fait des études pour cela) ;
            - dévalorisation du Travail (plus de remerciement, plus de valorisation du travail bien fait, plus d’émulation, critique systématique, nullification des activités quoiqu’on fasse, etc).

            Tout cela dans un seul objectif : minimiser les charges sociales de manière à augmenter les dividendes. Peu importe la méthode du moment que ça fonctionne. Et la première méthode consiste à ne pas augmenter les rémunérations.

            En résumé, les employés, que l’on démotive à force de non-augmentation des rémunérations (il faut avant tout distribuer des dividendes) puis de non-valorisation de leur activité puis, si ça ne suffit pas, de placardage, de nullifications, d’insultes, sont désormais traités comme du BETAIL.
            Ce bétail représente un poids mort : il faut donc s’en débarrasser le plus vite possible.

            Qui fera le boulot à la place du bétail me direz-vous ? Le middle-management bien entendu !
            Management qui fera 70 heures par semaine en s’imaginant s’offrir une place au soleil dans l’entreprise. Avant d’être, à son tour, considéré comme du bétail dont il faut se débarrasser.
            Etc, etc.

            C’est la philosophie d’entreprises comme Alcatel par exemple : virer tout le monde, sous-traiter un max et ne conserver qu’un ministaff de dirigeants. Dirigeants qui se gavent, par le jeu des golden parachutes, quels que soient les résultats de l’entreprise.

            Et ce pb se répand à la vitesse de la poudre dans toutes les entreprises y compris les entreprises dites publiques qui historiquement entretiennent une très forte estime du travail (*). Car elles se privatisent progressivement.

            En somme : privatisation = faibles salaires (mais forte rémunération des dirigeants et des actionnaires) => dévalorisation du travail => peu de motivation => recours à des méthodes d’encadrement de voyous => accidents (voir privatisation du rail au Royaume-Uni) => suicides.

            Lorsque j’étais plus jeune j’imaginais l’entreprise comme un monde vivant où l’échange social, la promotion individuelle, l’acquisition de nouvelles compétences participaient à la dynamique d’ensemble.
            Désormais, pour moi, mis à part quelques exceptions, l’entreprise, notamment la grande, est devenu un lieu de mort sociale totalement déshumanisé.

            De toute manière le gouvernement a reconnu implicitement, en simplifiant le statut d’auto entrepreneur, que le salariat était voué à une mort certaine ou, tout du moins, à une stagnation et que le « travailler plus pour gagner plus » ne pourrait certainement plus jamais s’y appliquer sauf pour quelques dirigeants et sauf à posséder des activités annexes.

            db

            (*) On l’a encore vu lors des tempêtes de 1999, les employés d’EDF ont travaillé sans relâche pour rétablir le courant ; nul doute que la prochaine fois ils s’en taperont complètement.


            • Gorg Gorg 18 septembre 2009 14:25

              Excellent post Gourmet. Merci de votre clairvoyance.

              Bien à vous


            • Eloi Eloi 19 septembre 2009 01:01

              Très bon post !

              Qu’est-il possible de faire au sein d’une société de mercenaire ?


            • cleopale 20 septembre 2009 13:01

              A Gourmet,
              Pourquoi ces gens subissent-ils toutes ces agréssions psychologiques ?
              Dans la vie vous avez d’autres choix que le suicide si vous le voulez.
              Vous pouvez changer de boîte, démissionner, déménager ou vous expatrier.
              Cleopale.


            • mrdawson 18 septembre 2009 11:12

              « on peut même avancer qu’on se suiciderait moins dans cette entreprise que dans certains autres milieux et professions en France, au pire, cela serait équivalent. »
              Mouais... pas très très fin comme remarque. Regarder des taux bruts permet des comparaisons faciles mais fausses. Il aurait fallu stratifier vos statistiques sur les CSP, l’age, le niveau d’étude etc. Il y a fort à parier que les adolescent de familles populaires ont plus de fréquences de suicides que des cadres pères de famille. Enfin je dis ça comme ça.


              • Céphale Céphale 18 septembre 2009 11:19

                @ Georges Yang

                « Cet article n’est nullement un plaidoyer pour la défense de France Télécom dont les méthodes de gestion des ressources humaines sont sûrement perfectibles. »

                On voit, monsieur, que vous connaissez mal le monde de l’entreprise. Les méthodes de gestion de France-Telecom ne sont pas perfectibles, elles sont à changer complètement. Ce sont les pires qui soient. Deming a dit que c’est « un système de management tyrannique et absurde. » Nom de code : MBO (Management by Objectives). Il serait préférable de dire : « management par la peur. » Pour calmer les esprits, le mieux serait de virer ce Didier Lombard (qui n’est d’ailleurs pas loin de l’âge de la retraite).

                Salutations


                • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 11:29

                  dont les méthodes de gestion des ressources humaines sont sûrement perfectibles.

                  C’est exactement le genre « d’euphémisme » qu’on doit apprendre dans les cabinets de consulting en management... Genre « A perfectionner » au lieu de « A jeter ».


                • kitamissa kitamissa 18 septembre 2009 11:46

                  le meilleur anti dépresseur,c’est le pinard !...

                  étant jeune,on m’a retiré du cours complémentaire ( l’ancêtre du collège ) n’ayant pas la vocation de devenir un Einstein,ni un Blaise Pascal ...
                  alors comme beaucoup de mes potes,je me suis retrouvé au boulot,pas sur un toit ou un chantier de maçonnerie ( ça c’est venu plus tard) ni même commis boucher ,charcutier ,ou mitron,non !...dans un entrepôt de pinards ,vins d’origine,alcools,bières,eaux minérales etc etc....

                  et là,à 15 piges,à décharger et recharger des camions toute la journée,on n’a pas le temps de réfléchir ni à la condition humaine,ni au devenir des masses et aux projets personnels,on bosse,on se fait des bras d’haltérophile,et le soir,après 12 heures d’exercice,on avale son repas et on file au pieu écrasé de sommeil !....

                  les anciens eux ,avaient trouvé le meilleur remontant anti dépresseur et chasse spleen ,le jaja,le vrai,celui à 11 ou 12 degrés ! celui qui redonne des forces et de l’entrain au défaillant provisoire ,unne bonne lampée et hop,ça repart comme en 14 !...

                  pas d’idées de suicide ....les gens sifflaient ,y’avait même des apprentis ténors qui se risqaient avec > Mexicoooooo !...Mexi ..iiiiiii...Coooooooo !!!!!.....> ça partait un peu en couille à la fin ,surtout aprés quelques lampées de pousse au crime à 12 degrés ,mais l’intention artistique était là !....

                  au rythme des > ta gueule Mariano !...et bosses au lieu de nous casser les burnes avec tes machins de pédale !..> l’apprenti ténor passait son énergie sur les casiers de pinard à décharger ...

                  on était heureux,pas de stress ,un jour on m’a adoubé ,comprendre par ce terme la bite au cirage au petit nouveau !....

                  j’ai cavalé dans l’entrepôt pour y échapper,mais comment voulez vous lutter contre une douzaine de mecs avec un petit coup d’ans l’aile,et la poigne de fer !

                  j’ai en le baptême d’entrée,j’étais des leurs,j’ai même eu droit à un coup de rhum Duquesne ( une bonne marque de qualité ,bien au dessus du Négrita qui n’est que de la mélasse allongée à la flotte !)...

                  ma queue au cirage et mon verre de rhum dans le buffet,j’ai quand même fini ma journée sans penser à aller me pendre pour autant par le bizutage subit ...

                  aucun rapport ,c’est sûr avec France Télécom qui n’existait pas ( seul les rupins ou les entreprises avaient le bigophone ,nous on allait aux PTT repaire d’ivrognes surtout les facteurs !...)

                  mais on était heureux de vivre,

                  alors plutôt que d’absorber du Lexomil ,du Tranxène,de l’Atarax,et touts ces saloperies qui poussent à se foutre la corde au cou,ou se balancer par le fenêtre ,pensez au pinard !

                  ça fait travailler la filiére viticole,ça coûte moins cher à la sécu,et vous êtes en phase avec l’Eglise pour qui le suicide est un péché mortel ( à double raison) ..avec le pinard ( le sang du Seigneur ) vous mourez joyeux d’une cirrhose du foie ,mais en paix avec votre âme !...


                  • Eloi Eloi 19 septembre 2009 01:04

                    le meilleur anti dépresseur,c’est le pinard !...

                    Même plus le droit à un petit verre à midi ==> faute professionnelle smiley


                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 septembre 2009 11:49

                    Je prétends qu’ avec les possibilités actuelles de l’ accès aux connaissances , au savoir-faire il est stupide de travailler à un endroit où on ne peut se réaliser .Quand on la comprenette qui marche on se casse des endroits défavorables . On change de métier ,de région on va voir ailleurs si l’ horizon est plus grand , au lieu de pourrir sur place .

                    Rien n’ oblige personn à se faire emmerder par quoi que ce soit .

                    Cela suppose de savoir prendre les décisions utiles , vrai , il faut du courage pour recommencer ...


                    • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 11:59

                      Tout n’est pas si facile. « La vie n’est pas un film qui se termine toujours bien » (sic)...


                    • Gasty Gasty 18 septembre 2009 12:05

                      Je crois que je vais acheter une machine à faire du pain... !


                    • Traroth Traroth 18 septembre 2009 16:35

                      Et ceux qui n’ont pas les moyens financiers ou intellectuels de faire ou refaire des études ? Qui ont une famille à nourrir ? Un crédit immobilier à payer ? Et en période de crise économique, comme maintenant ? En province, où changer de boulot est bien moins simple qu’à Paris ? Et tout ça à la fois ? « Rien n’ oblige personn à se faire emmerder par quoi que ce soit » ? Faux !


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 septembre 2009 11:55

                      Maxime

                      Messico Mexicooooooo iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiicooooooooooooooooooooo  !


                      à la bonne tienne !


                      • SANDRO FERRETTI SANDRO 18 septembre 2009 12:22

                        Bonjour Doc,
                        Article interessant aux phrases justes, comme souvent, méme si bousculant le ronron politiquement correct ambiant.
                        Sur le sujet, je serais bref, pour l’avoir trop cotoyé, professionnellement et dans la sphère privée.
                        Je noterai juste deux constantes :
                        -1/ - ceux qui se suicident effectivement le font en général sans préavis, avec une grande rigueur et souvent le sens de la mise en scène pour ne pas rater leur « sortie » ( grand dinner au restaurant la veille avec des amis, rébus semés à l’aveugle vers les proches qui n’ont rien vu, histoire de leur donner des remords)
                        -2/ comme le soulignait pertinement Camus dans« la Chute », les gens ne se suicident pas pour une raison, mais pour plusieurs raisons, dont une goutte agit en général comme trop plein. Mais ce n’est ni France-Télécom , ni la blonde qui est partie avec un maitre -nageur qui a rempli le seau au prélable....

                        D’une façon générale, les réactions défavorables et épidermiques de vos détracteurs procèdent (pour le suicide comme pour bien d’autres sujets) du fait que les gens( surtout sur ce site, car ailleurs c’est considéré comme une regression idéaliste post-adolescente) croient que LE Politique ( au sens large) influence directement et profondément leur vie.

                        C’est une naiveté d’adolescent ou de colleur d’affiche encarté.

                        Croire que le Politique , les politiques de la Cité, la gauche, la droite, va impacter substantiellement les joies et les malheurs de votre vie, jusqu’à éventuellement ne plus vouloir d ela vie, quelle connerie...
                        Les gens que j’ai vu se faire sauter le caisson l’ont fait pour plein de raisons diverses, qui ressortissaient toutes de la sphère privée ( cocufiages, trahisons diverses, mort d’un enfant ou d’un proche, cancer, maladie ou vieillesse invalidante et humiliante pour eux et pour autrui, etc...).
                        Le politique / ou le social a peu avoir là dedans.
                        La seule exception est relative à ceux qui ont des détresses psychiatriques lourdes, fragilisantes et anciennes , qui sont en effet peu prévisibles et échappent souvent à toute logique.


                        • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 13:57

                          Donc vous ne pensez pas que le fonctionnement de notre société et de ses acteurs économiques puisse impacter la vie des gens ?
                          Et le fait de vendre tout le service public pour en faire des sociétés où l’on presse les salariés comme des oranges, vous croyez que le politique (gauche et droite d’ailleurs) n’y est pour rien ?

                          Mais vous sortez d’où tous ? Vous vivez de rentes !!? Vous avez du sang bleu ??

                          Quand un type qui a trimé toute sa vie (ouvrier, cadre, technicien, peu importe), se voit foutre à la porte parce qu’un document powerpoint ou excel le préconise, vous croyez que ça n’impacte pas sur sa vie ? Et vous trouvez que ça ne mérite pas qu’on s’y penche un tant soit peu ?
                          Si la politique n’a aucun effet là dessus, qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu alors ??

                          En tout cas, le chapitre « Assistanat, service public » a été bien digéré par les français. Ca casse de « l’assisté » à la chaîne (comprendre par assisté : « salarié ayant perdu son emploi après 40 ans et qui va en chier pour se retrouver un job »).


                        • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 13:58

                          Article interessant aux phrases justes, comme souvent, méme si bousculant le ronron politiquement correct ambiant.

                          Arrêtez le pipeau, le politiquement correct, c’est de cracher sur les grévistes, les syndiqués, le service public, etc... Faut arrêter d’inverser les rôles un petit peu.


                        • SANDRO FERRETTI SANDRO 18 septembre 2009 14:03

                          Je dis simplement que si vous prenez un cancer du poumon, un diabète qui vous rend impuissant, un Alsheimer qui vous colle dans un mouroir, ou si votre femme se barre ou si votre fils se tue en avion, la politique, gauche ou droite, n’a rien a voir là dedans.

                          Les grands bonheurs et les grands malheurs de la vie sont individuels, et la politique n’a rien à y voir. Point barre.


                        • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 14:28

                          Quel rapport avec les malheurs de la vie dont vous parlez ?
                          Ces suicides ne sont pas liés à des problèmes familiaux, mais à des problèmes de stress, de surmenage et des politiques de management qui essorent les salariés.
                          Comme je l’ai lu plusieurs fois, la vie ne se termine pas bien forcément. Aux politiques de faire en sorte que le boulot la fasse pas se terminer mal forcément.


                        • Georges Yang 18 septembre 2009 15:12

                          Merci Sandro pour ce soutien !
                          Je n’ai pas voulu écrire un article sur le harcèlement en entreprise ni sur les conditions de travail, c’est évident.
                          Mon propos concerne le côté intime et individuel de chaque suicide, et même si le facteur travail peut intervenir, il semble être une cause souvent annexe.
                          De plus, l’infantilisation et la déresponsabilisation de l’individu par la société et les médias a créé un état d’esprit de plaintifs bien pensants.
                          Et qui ne dit que certains suicidés maquille leur suicide en cause professionnelle soit par pudeur soit pour être requalifiés en accident du travail et permettre aux héritiers de toucher quelque chose ?
                          Mais ne pas aller dans le sens de l’apitoiement à la Royal c’est se faire qualifier de suppôt du pat
                          ronat, alors que les politiques devraient plutôt professer la révolte et le courage.


                        • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 2009 15:22

                          De plus, l’infantilisation et la déresponsabilisation de l’individu par la société et les médias a créé un état d’esprit de plaintifs bien pensants.

                          Cette déresponsabilisation et infantilisation de l’individu n’est pas que le fait d’une politique de (fausse) gauche, des services publics, de l’assistanat, ...
                          Les médias, la société de consommation, le capitalisme sauvage, tout ça rend les gens cons. A tel point qu’on est obligé de préciser qu’il faut « mangerbouger » dans les publicités pour les saloperies calorifiques, que le café de Starbucks est trrrès chaud et que le trrrès chaud... eh ben attention ça brûle (pourtant aux Etats-Unis où l’individualisme est tout de même plus prononcé que chez nous), ....
                          Et encore du bien-pensant... Décidément, les discours politiques sont bien rentrés dans les crânes. On se décomplexe au taquet.


                        • Yohan Yohan 18 septembre 2009 17:51

                          salut Sandro
                          « Croire que le Politique , les politiques de la Cité, la gauche, la droite, va impacter substantiellement les joies et les malheurs de votre vie, jusqu’à éventuellement ne plus vouloir d ela vie, quelle connerie... »
                          Bien d’accord !

                          C’est souvent ce qu’ont envie de croire les politiques. En tout cas, s’ils n’y croient pas, ils savent très bien faire semblant.

                          Il y a des gens qui vivent des vies pas folichonnes au quotidien et qui affrontent leur vie sans déplaisir jusqu’au jour où ,il y a comme tu dis, affleure la goutte de trop.

                          Récemment je discutais avec un jardinier, gentil et travailleur mais un peu simplet, aujourd’hui devenu Rmiste après avoir fait 3 mois de préventive pour une dénonciation de viol calomnieuse sur la fille de son ex.

                          Il m’a raconté qu’il était passé à deux doigts du suicide, non pas à cause de l’enfermement, mais parce qu’il prenait conscience qu’il n’avait pas la clé, en l’occurence le vocabulaire pour se défendre.

                          Les raisons du suicide se cachent parfois dans le côté obscur des choses....


                        • Eloi Eloi 19 septembre 2009 01:21

                          @ SANDRO

                          j’ai voté positivement à l’article, car, bien évidemment, l’instrumentation des suicides à des fins politiques n’est pas forcément honnête.
                          je suis d’accord sur le fait que la plupart de nos joies et de nos peines sont de notre ressort

                          Néanmoins, vous ne pouvez par nier certains faits :
                          * le stress permanent de la « croissance », des « délocalisation », de « l’insécurité », de la « malbouffe », du « climat ». Même si vous évitez les infos, vous ne pouvez échapper à ce rabâchage permanent
                          * le pressurage gouvernemental autour de la « pandémie », où serrer une main ou simplement éternuer vous rend suspect
                          * deux heures de trajet par jour pour aller travailler parce que l’urbanisme n’a pas été capable de prévenir la centralisation des activités.
                          * l’interdiction de boire un verre de vin à midi, l’interdiction de fumer une cigarette au tabac
                          * une vie sociale en entreprise concentrée sur le rendement, parce que des doctrines politiques ont détruit le protectionnisme et essayent d’imposer un modèle théorique sur la réalité.

                          Plein de politique, là-dedans non ?

                          Vous savez, nous vivons dans société ultrarigide et ultraspécialisée. Une telle société nécessite une organisation forte : la politique. Si la politique échoue, la société s’écroule, au moins 4 milliards de morts de famines, maladies ou guerres. De plus, je ne sais pas vous, mais je ne sais pas cultiver des carottes ou traire une vache. Ca donne terriblement envie de croire en la à la Politique, non ?


                        • kitamissa kitamissa 18 septembre 2009 12:25

                          salut Capitaine ...

                          qu’est ce que je te sers ? un vieux Porto Dona Feirerina hors d’âge avec quelques copeaux de Jambon San Daniéle et un vieux Parmesan ?

                          ou bien un Tokay de Hongrie avec un bon Gorgonzola étalé sur un pain grillé frotté à l’ail rouge ?

                          à la nôtre !

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