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Accueil du site > Actualités > Société > Etat : accumulation soudaine de témoignages d’incompétence

Etat : accumulation soudaine de témoignages d’incompétence

Les services de l’Etat et donc l’administration font l’objet en ce moment d’un florilège de démonstrations d’incompétence dans l’établissement et la gestion administrative de leurs missions qui ne cessent d’être inquiétant. Jugez-en plutôt.

L’avantage extraordinaire d’un supplément de retraite donné aux retraités de le fonction publique s’ils décident de s’établir dans les Dom/Tom a coûté 245 millions d’euros aux contribuables en 2005, alors que la raison initiale de cette surretraite, le franc CFA et le franc Pacifique, a disparu depuis longtemps. Des suppléments qui peuvent aller quand même jusqu’à 75 % de retraite en plus si vous décidez d’aller vous installer sur les îles Wallis et Futuna ! Le projet pharaonique de numérisation informatique lancée par le CNRS à grand renfort de publicité et de promesses sous le nom de TGE (pour Très grand équipement) Adonis et pour un coût de 34 millions d’euros sur dix ans a abouti à un échec complet alors qu’en deux ans seulement le portail américain de l’Université du Michigan en a fait cent fois plus. Il s’agissait de numériser et de mettre à disposition des lecteurs en ligne sur internet 152 revues dans le domaine des sciences humaines. On a même créé pour cela un organisme spécial, le CENS, Centre d’édition numérique scientifique qui faisait d’ailleurs doublon avec l’ INIST, Institut de l’information scientifique et technique.
L’incapacité de l’Etat à produire et à gérer correctement l’édition des feuilles de paye de ses employés. Un audit récent pointe le manque de communication entre les différents services et les différents systèmes. Il est bien connu que quand vous entrez dans la fonction publique ou que vous êtes mutés, il faut une certaine patience avant de toucher sa première paye ! Le tout pour un coût annuel de 78 millions d’euros ou 2,5 euros par bulletin de paye, là où la moindre PME sait gérer le problème. La LOLF qui était censée permettre de mieux comprendre et de suivre les différentes missions du budget de l’Etat semble, après une première année de mise en place, s’orienter vers un four complet. Un mélange de manque de simplicité de ses créateurs, qui n’ont pas compris que générer 1200 indicateurs de performances plus ou moins ésotériques était au dessus de la capacité de compréhension d’un député moyen, et de résistance au changement des administrations auxquelles elle était censé s’appliquer. Une démonstration que notre Etat et ses structures monumentales ne sauraient pas gérer une PME ! Le transfert dans le cadre de la décentralisation d’un certain nombre de missions de l’Etat et des personnels afférents vers les régions se révèle particulièrement calamiteux pour le contribuable. Selon deux rapports du Sénat, dont un pour l’Observatoire de la décentralisation, le résultat final est un maintien quasiment à l’identique des budgets et des effectifs de l’Etat alors que les budgets et les effectifs des régions augmentent considérablement. Dans le même domaine, le système de l’intercommunalité créé pour diminuer les coûts de fonctionnement des petites communes se traduit au contraire par leur augmentation (1,2 milliards d’euros en plus sur dix ans)... Le recours à la création en grand nombre d’agences de ceci ou de cela ou de Hautes autorités diverses se traduisent par des surcoûts importants mais cachés, car l’une des raisons du recours à ce type d’organismes est justement de faire disparaître certaines dépenses du budget - et du déficit- de l’Etat ! D’après la Commission des finances du Sénat, pour le seul budget 2007, ce sont 2,4 milliards d’euros de dépenses supplémentaires qui ont été ainsi dissimulés.

Consternant, n’est-ce pas ?


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15 réactions à cet article    


  • cdg (---.---.24.9) 17 novembre 2006 12:41

    Que l etat soit mal gere n est pas etonnant. Reste 2 questions :

    Pourquoi les responsables des echecs (ex celui du CNRS) ne sont pas sanctionnes ?

    Que fait on pour ameliorer la situation ?


    • gem gem 17 novembre 2006 13:23

      Les responsables ne sont pas sanctionnés parce que

      1) il n’y a pas de responsable. L’administration est un vaste bordel où tout le monde dépend de tous le monde, et se tient par la barbichette ; où rien ne peut se faire en moins de 5 ans alors que personne ne reste en poste plus de 3...

      2) officiellement il n’y a presque jamais aucun échec ; et quand exceptionnellement l’échec est reconnu, la règle c’est que « cépédnotfôt ». Par conséquent, les gens qui ont trempés dans l’affaire sont tous promus à proportion de l’importance du sujet...


    • Jade Jade 17 novembre 2006 15:55

      @ cdg : « Que fait on pour ameliorer la situation ? »
      On cherche de vrais politiques au sens premier du terme, qui soient la pour vraiment gouverner en dépensant intelligemment l’argent des impots et pas en s’occupant de leur image médiatique et de leurs potes patrons des grosses boites comme par exemple tf1 ou pinault... mais ca on peut toujours rêver smiley


    • repenti (---.---.157.144) 17 novembre 2006 15:10

      J’ai travaillé dans le public.

      Les gens ne se rendent pas compte de la gabegie et des magouilles que le système permet faute de vérification : un cancer pour la nation.

      Il est facile de dépenser l’argent des autres en le redistribuant aux petits copains ou moyennant petits cadeaux.

      Il est tentant de détourner le temps et le matériel de l’Etat pour arrondir sa traite ou créer son entreprise sans capital risque.

      D’un côté des planques et des placards, de l’autre les soutiers et les précaires.

      On sanctionne l’incompétence par la promotion.

      Les inspecteurs ainsi promus se cooptent.

      Les rapports sont bidonnés, les apparences soignées, les couches empilées.

      La boucle s’auto-alimente.

      Le déficit et les résultats sont là. Croissant.

      Tant qu’il y aura des impôts et des media.


      • cumulus (---.---.46.24) 17 novembre 2006 16:13

        Dans les services de l’état, le rapport « coût de structure »/« service rendu » est très élevé et il n’y a JAMAIS de responsable même quand un échec est reconnu ce qui est rarissime.

        A tel point que la SNCF est en faillite virtuelle, que les retraites de l’edf n’auraient pas été adossée à nos impôts, l’edf ne vaudrait plus rien, etc. Pour le reste on ne sait pas, la compta publique ne le permettant pas.

        Et pourtant, plein d’économistes, de sociologues ; de philosophes et autres politiques de gauche ne voient pas de problèmes et envisagent de poursuivre dans cette voie.

        Et ces gens gagneront probablement les élections.

        C’est à n’y rien comprendre.

        Les français sont vraiement timbrés et on est tous embarqués dans ce naufrage prévisible !


        • (---.---.192.187) 17 novembre 2006 17:28

          Pourquoi de gauche ???

          Il me semble que cela fait quelques années que TOUS les pouvoirs exécutifs et législatifs sont au main de l’UMP (qui n’est pas à proprement parler un parti de gauche smiley )...

          Ce ne sont pas les politiques « de gauche », mais les politiques « tout court » parce qu’ils sortent pratiquement tous du système (l’ENA pour ne pas citer la plus calamiteuse de nos institutions)...

          Bref sans volonté politique (et qu’on ne me sorte pas la rupturette de Sarko ou les 35 heures au collège de Ségo, c’est pitoyable) on s’en sortira pas... !

          Ceci dit, faut pas croire non plus que dans d’autre pays ça se passe mieux... les corporatismes sont une donnée mondiale malheureusement !


        • Gerald (---.---.216.32) 17 novembre 2006 16:22

          Ceci n’est qu’un tout petit morceau des scandales ininterrompus, fort bien traités dans l’ouvrage dirigé par Fauroux et Spitz (Notre Etat) et donne 100% raison à Baverez qui dit -je résume- que l’ennemi de la France et des français, c’est L’Etat et qu’il faut le détruire sous sa forme actuelle. Vous avez bien lu : détruire et non amender, rénover ou corriger. On est arrivé à une telle gangrène jusqu’au plus haut niveau de cet Etat-là que seul le dynamitage total permettra de reconstruire quelques chose de censé. Et de sauver le pays.


          • loga (---.---.166.136) 17 novembre 2006 18:45

            Il faut renforcer le pouvoir de juridique de la cour des comptes .


            • louis mandrin (---.---.34.143) 17 novembre 2006 23:39

              encore une preuve de l’efficacité terrible de l’usine à cons ; l’ENA....des grands penseurs formés à la destruction méthodique de la france....une bonne révocation, c’est ce qu’il faut...mais autant rêver à l’euromillion


              • post v 2.0 (---.---.238.73) 18 novembre 2006 11:47

                Parce que nous sommes (en majorité) des barbares et que nous ne méritons pas le progrès.

                D’ailleurs, ce progrès, parce que déphasé d’avec notre mentalité, va nous tuer.

                Le seul espoir de l’homo sapiens, est qu’il crée des états-sociétés-châteaux forts technologiques, affinitaires (choisis) et non communautaires (imposés), déterritorialisés (1 frontière=1 guerre), qui donnent leurs chances à des civilisations évolutives variées, au contraire du melting pot mondial érigé en modèle pour noeud noeud, anti naturel, qui conduit au big crunch corruptif ou au big chill consanguin. Il n’y a qu’une solution à la combinaison des constantes et des limites physiques pour accéder à la dimension prochaine. Un seul bébé univers élu pour une infinité d’avortés.

                Les gauchistes avec les gauchistes, les libéraux avec les libéraux, les pollueurs avec les pollueurs, les rigoristes avec les rigoristes, etc. etc.

                Le net est un de ces nouveaux territoires, virtuel malheureusement pour les hommes encore de chair et de bonne volonté, tributaires (solidaires forcés) des vilenies et des errances contemporaines de leurs pairs.

                La solidarité et l’entraide avec la lie ou l’opposé, sont des chimères religieuses, des arnaques moralistes qui servent des pouvoirs totalitaires masqués, pires, rien qu’à ce titre, que les ouverts.

                La dématérialisation (esprit sur support machine) est donc la seule voie d’avenir pour l’intelligence laquelle émerge à la base de l’interconnexion.

                Nous sommes nés, dépassés. Les illusions rendent acceptables, l’inacceptable, et qualifient notre aptitude à la raison, notre mérite à prendre part à la grande construction.

                L’objectif de la vie est, à long terme, de vaincre la mort.

                Un parcours jonché d’une montagne de cadavres et de fossiles d’expériences ratées.


              • Stephane Klein (---.---.19.227) 21 novembre 2006 16:43

                La raison fondamentale de toutes ces gabegies est bien connue : l’abscence de sanctions ni positivement ni negativement. Comment s’etonner qu’une personne quelconque se demotive si elle n’a d’autres perspectives que d’evoluer a l’anciennete ?

                A la base, il y a donc le statut de fonctionnaire.

                Frontalier, je suis toujours amuse de savoir qu’en Suisse le statut de fonctionnaire n’existe pas, il est d’ailleurs de notoriete publique qu’on y meurt au travail ...

                Question derangeante : a votre avis, Segolene Royal, ancienne prof, va-t-elle faire evoluer le systeme vers plus d’efficacite et risquer de se mettre l’electorat qui est son fond de commerce a dos ou va-t-elle defendre le status quo ?


                • (---.---.133.124) 23 novembre 2006 11:32

                  L’ incompétance que l’on dénonce n’est pas là. Encore une fois, les médias sont à coté , dans le détail . Nous écoutons l’étranger dont beaucoup nous aiment . Les dirigeants de notre pays ne savent pas diriger. Leur formation est extraordinaire ,enviavble pour de nombreux étrangers ,mais inadaptée pour prendre la direction d’un état tel que la France.Ils sont formés pour devenir de très bons administratifs mais c’est tout et c’est deja énorme.


                  • Héloïm Sinclair 26 novembre 2006 09:56

                    L’actualité est un flux, surnagent sur le fil de la radio quelques nouvelles, les journaux vont plus profond parfois dans l’analyse, et les blogs y ajoute le contre courant...

                    Qu’en reste il ? Des chiffres et quelques scandales, quelques sondages qui se périment à peine publiés, et des lois, des lois. Beaucoup de lois, trop de lois, où l’on croit résoudre les problèmes par le sur-ajout de textes. La démocratie en souffre, s’y meurt dans une hémorragie du sens, l’intérêt général et l’autorité publique se dissolvent dans la mer des textes.

                    Les articles abrogent/modifient d’autres articles dans d’autres codes, en ajoutent. Les attendus deviennent littérature de bonnes intentions. La loi de finance est un tableau en trompe l’œil qui peine à masquer les déficits abyssaux sous des artifices comptables. Des Lois qui dépendent de toute façon de décrets, d’arrêtés et autres circulaires d’application que la techno-structure voudra bien pondre, avec plus ou moins de célérité, sans compter qu’au bout du compte, c’est toujours souvent les moyens qui manquent pour appliquer les lois votées, déjà remplacées, renforcées par de lois nouvelles... Des moyens supplémentaires qui se traduisent immancablement en déficit.

                    Nos Parlementaires ne sont qui de piètres comédiens dans le théâtre de la démocratie. Pour la prochaine mandature, il faut que nous leur imposions la diette législative. Objectif : promulguer le moins de lois possible, pour au contraire passe elru temps à étudier l’application des lois et mesures déjà prises. Fini d’être la chambre d’enregistrement du gouvernement en place. Le Parlement doit évaluer, clarifier, ... s’appuyer sur la Cour des Comptes par exemple.

                    Mon désaccord avec le titre de l’article. Il n’y a pas de « soudaine » accumulation de témoignages d’incompétence de la gestion des affaires publiques. La Cour des Comptes en publie régulièrement, et s’intéresse même au niveau Régional et Local (très instructif pour un Marseillais). Après, que l’on en fasse rien est une autre histoire ...

                    J’ajouterais qu’il y a par ailleurs même accumulation de témoignages d’incompétence de la gestion des affaires privés (Enron, Volwagen, ...).

                    Il n’est écrit nul part que la démocratie française devait être la fille de Don Quichotte et d’Ubu !!! Soyons des citoyens exigeants.


                    • pedro (---.---.203.7) 19 décembre 2006 14:46

                      >Le tout pour un coût annuel de 78 millions d’euros ou 2,5 euros par bulletin de paye, là où la moindre PME sait gérer le problème.

                      Bonjour,

                      Je suis globalement d’accord avec l’article.. mais il me semble démagogique de comparer l’État à une PME.


                      • FrédéricLN (---.---.244.231) 23 décembre 2006 15:13

                        Bien sûr, certains des exemples cités par le billet relèvent de la mauvaise gestion. Au-delà - la comparaison avec la PME le prouve - ces exemples rappellent qu’il est plus difficile de faire marcher une grosse organisation qu’une petite ... ce qui contribue à justifier le bon vieux principe de subsidiarité ... ignoré en France (nous avons la plus grosse fonction publique d’Etat, au regard de notre population, du monde industrialisé : non qu’elle soit toujours moins efficace, mais l’Etat assume en direct énormément de missions qui relèvent ailleurs des collectivités locales).

                        L’exemple des 1200 indicateurs LOLF relève de ce cas. Evidemment, aucun député n’est en mesure d’expertiser seul 1200 résultats d’indicateurs. Mais ils sont 600, ce qui n’en fait que 2 par personne [sur beaucoup de sujets, il y a un député ou deux (un de gauche, un de droite ...) qui le suivent pour le compte de toute l’Assemblée]. À condition qu’il y en ait 600 qui travaillent - il n’y en a pas 100, en raison du cumul des mandats. Et là, on se rendrait compte que 1200, c’est bien trop *peu*. Parce que cela conduit à juger de chacune des fonctions que remplit l’Etat à la lumière d’un ou deux indicateurs, forcément insuffisants : quelle PME serait évaluée à partir d’un seul, ou de deux, indicateurs de performance ou ratios de gestion ...

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