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Accueil du site > Actualités > Société > Etre écologiste, est-ce encore possible ?

Etre écologiste, est-ce encore possible ?

Etre écolo, est-ce encore possible ?

 

 « Qu’est-ce que l’écologie ? »

« Que veut dire être écologiste ? »

Il y a peu, ces deux interrogations me préoccupèrent jusqu’à l’obsession. Poser les questions, trouver les bonnes réponses : rien de plus difficile ! Certains parlent de changement climatique pendant que d’autres crient à l’imposture. Le monde scientifique est divisé, les citoyens aussi ! Mais nos ressources s’épuisent : c’est une réalité. Nous ne sommes pas encore dans un scénario catastrophe, mais cela ne saurait tarder si nous continuons à dilapider la planète, à saccager la faune et la flore, à polluer, à tuer la Terre. L’humanité s’éteindra lentement mais sûrement : un hara-kiri mondial et collectif ! Notre société consumériste se nourrit au détriment de la Nature et de toutes les espèces, tuant l’écologie. Mais pour combien de temps encore ? Notre mode de vie ne devrait-il pas changer radicalement avant qu’il ne soit trop tard ? Ne serait-il pas temps de prendre la voie de l’écologie, la vraie ?

Et qu’est-ce que l’écologie ?... Un dictionnaire donne cette définition : « Science qui étudie les conditions d’existence d’un être vivant, et les rapports qui s’établissent entre cet être et son environnement…  » J’arrête de lire, je répète ces quelques mots en essayant de les associer à une image réaliste. J’imagine ce que laisse ma petite personne comme impact écologique : ce que je consomme, ce que je rejette, quelle est ma place dans la Nature, où je me situe, quelles sont mes priorités, ce à quoi je devrais renoncer ? Je me rassure en pensant que bien des humains sont pires que moi : plus pollueurs, plus destructeurs, plus indéfendables, plus consommateurs, plus hors normes de tout… Mais je sais aussi que nombre d’entre eux le sont moins que moi, puisque quatre ou cinq milliards d’individus ont une empreinte écologique inférieure à la mienne : j’utilise une voiture, une télé, un ordinateur, un frigo, une machine à laver, je consomme donc, même si j’ai un potager, un bac à compost, j’économise l’eau, l’électricité, le carburant, même si je fais du vélo et me balade à pied avec mes chiens plutôt que de sortir la voiture ! Au final, je me mets dans la caste des « écologistes », bien que je ne trouve plus ce mot très adapté. Je reprends l’explication du dictionnaire : « Science qui défend la Nature et ses équilibres biologiques : faune, flore, écosystèmes…  » Je suis d’accord : c’est ma propre vision… Je continue : « Populairement, c’est un mot qui définit la protection de la Nature et de l’environnement…  » Je n’aime pas ce terme de « protection », il serait plus judicieux de dire : « C’est un mot qui englobe la préservation de la Nature et de tout ce que cela comporte. » Je trouve plus adéquat le mot « préservation » que « protection », ce dernier étant trop prétentieux, bien ambitieux, car qu’est l’homme face à la Nature ? Juste un être vivant avec un peu plus de facultés par rapport aux animaux, mais toutefois égal à toute autre espèce, car il fait partie d’un tout. En n’oubliant point que seul l’humain a le pouvoir de détruire, de polluer, de saccager, ou non, la Terre.

Des gens se disant « écologistes » essayeront de préserver l’environnement, certes à différents degrés, certains plus que d’autres, ayant plus de temps, de motivation, de foi, d’argent ou de notoriété. Faire ainsi l’éloge de la Nature et bousculer les mentalités, les idées préconçues, périmées comme celles où les ressources de la Terre seraient impérissables, ou encore que l’humain aurait tous les droits, y compris d’asservir la faune, la flore à son seul profit, et puiser dans les réserves de notre planète sans aucune modération ni réflexion !...

Je continue ma lecture… J’apprends que l’écologie inclut de nombreuses sous disciplines : sociale, microbienne, évolutive, humaine, animale, globale, appliquée, etc. De quoi y perdre son latin et s’interroger ! Je crois alors comprendre pourquoi les adeptes de l’écologie sont aussi divisés : les uns évitant les autres, les autres toisant certains, ces derniers ne voulant rien comprendre aux problèmes des uns. Il faut dire que l’écologie avec ses nombreuses sous disciplines est aussi vaste à explorer que les grands fonds marins le sont pour l’homme. La classe politique écologiste est très divisée. L’écologie n’est pas un seul tout, un contenant n’ayant qu’un contenu uniforme et défini, voilà pourquoi j’ai croisé des « écolos » qui revendiquaient la désobéissance civile, en fauchant des champs d’OGM au mépris des autorités, tout en mangeant des saucisses et merguez bon marché, de la viande issue des élevages intensifs, dont la nourriture comportait un pourcentage de soja transgénique !... Le savaient-ils ? Oui, non, peut-être… Ou alors c’est la faute à cette grande division qui n’unit point ceux qui se disent être amoureux d’une Nature préservée et authentique : un clan contre le nucléaire, un autre pour les éoliennes ; un contre la maltraitance animale, un pour l’agriculture biologique ; un contre les OGM, un pour une faune sauvage ; un contre la mondialisation, un pour la décroissance ; un contre la pollution industrielle ou agricole, un pour l’artisanat local ; un contre l’élevage intensif, un pour la croissance verte ; un contre les éoliennes, un pour le slow food ; un pour le malthusianisme, un contre la décroissance démographique… et ainsi de suite, sans que les uns et les autres se concertent, se mélangent, échangent des idées, s’unissent. Ou si peu… Pourtant, l’union fait la force, c’est bien connu. Une division qui arrange bon nombre de politiciens et de partis… y compris des « verts » !

Être écologiste devrait pouvoir englober un tout, un ensemble cohérent et homogène, or ce n’est pas le cas, si bien que ce mot ne veut plus rien dire. Pourquoi ai-je croisé de vrais jardiniers amoureux des plantes et du bio, prenant soin de leur terre – peut-être mieux que de leurs propres enfants ! – et n’ayant aucun regard pour leurs pauvres lapins attendant la mort dans les clapiers, ne considérant sûrement pas un animal élevé pour sa chair comme un être vivant. Ou d’autres encore, soi-disant amoureux de Nature, criant haut et fort leur appartenance à la classe écolo, et appelant le président de chasse du coin à l’aide, parce qu’un renard a osé prélever quelques-unes de leurs volailles, sans leur « consentement » ! Quelle contradiction ! Être écolo quand cela les arrange. Être contre la chasse, mais fermer les yeux quand le goupil, subitement devenu coupable, est délogé et mis en pièce par une meute de chiens de chasse menée par des personnes loin de l’écologie et qui n’ont vraiment jamais rien appris de la Nature ? Pourquoi de tels comportements, de tels paradoxes ? Par manque de compassion je crois, par manque d’ouverture aux autres, à l’autre, par absence de sensibilité. La sensibilité, ce sentiment noble et profond, habiterait chaque personne plus ou moins, voire pas du tout pour bon nombre d’humains, mais elle pourrait unir l’écologie si chacun de ses adeptes la laissait émerger. Que ce soient ces écolos ou ces chasseurs, ils entrent dans la même catégorie de personnes et manquent cruellement de sensibilité, de regard objectif : ont-ils une seule fois observé vraiment la Nature ? Ils n’ont pas saisi la dimension spirituelle non plus, celle qui pourrait les relier à la Nature, ce lien invisible qui fait bien souvent le tout. Il y a même des écologistes œuvrant contre les grandes éoliennes et faisant là le jeu – que leurs revendications soient fondées ou non –, du nucléaire… J’ai même croisé un agriculteur écolo prônant le slow food, et ne vendant pas ses produits localement !

Pour finir, le dictionnaire parle aussi de chaîne alimentaire qui commence avec le plancton et les algues, puis se termine avec les espèces carnivores, comme le loup, tous indispensables au bon maintien des milieux… Je suis d’accord !

Ma définition terminée, je me suis donc posé une autre question : « Quand le mot « écologie » est-il entré dans notre vie ? » Dans les années soixante, ce mot « écologie » était encore quasi inconnu de tous, sauf d’une poignée de scientifiques ! Peut-être n’existait-il pas vraiment ? Dans le Petit Larousse de 1919, il n’est pas mentionné, ni même en 1950. Il fait son entrée dans ce dictionnaire en 1956, mais personne n’en parle ! Quand le terme « écologie » a-t-il donc été utilisé dans le langage courant et dans nos mœurs ? Sûrement dans les années 68, parallèlement à des jeunes aux cheveux longs qui ont commencé à parler de bien-être et de Nature… et où l’écologie est arrivée peu à peu dans notre vie quotidienne. Certes, très difficilement au début, les premiers écologistes étant considérés comme de doux rêveurs, voire des êtres foldingues. Nombre d’humains voyaient en cette nouvelle vague de pensée un courant marginal, ultra utopiste, quand ce jeune mouvement n’était pas carrément confondu avec une secte ! Le citoyen de l’époque, genre « bien sous tous rapports », arborait un sourire narquois envers tout écologiste. Pourtant, le terme « écologie », fusion des mots grecs « oikos » et « logos » –science de l’habitat –est né en 1866 sous la plume du darwinien et biologiste allemand Ernst Haeckel, et fut repris par d’autres, comme Eugène Odum et son approche du holisme, ou Henry David Thoreau, pionnier de l’écologie… Mais rien, que ce soit en langage populaire, en politique ou dans tout autre milieu, ni personne n’en parlait, ou si peu… et encore moins ne s’en préoccupait. Et dans les années soixante-dix, la politique verte entre en scène, avec pour objectif « la préservation de la Nature et de l’environnement ». L’écologie peut enfin émerger…

Alors, qu’est-ce que l’écologie ? Peut-elle encore exister aujourd’hui ? Est-elle réelle au sens politique et dans notre vie quotidienne ? Peut-on encore se dire écologiste ?... 

(Pour plus de développement, lire l'essai "être écolo, c'est possible ? éditions LME )  


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18 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 26 février 2013 09:55

    c’est vrai que la vrai question n’est pas tant « peut-on etre encore ecolo ? » que plutot, "c’est quoi etre ecolo ?....

    voir pour essayez de repondre a cette question : ECOLO ? ECOLO ?


    • Marc Chinal Marc Chinal 3 mars 2013 18:38

      Dans le lien que vous donnez, il est écrit :
      « Être écologiste c’est être partisan d’une croissance raisonnée »

      c’est quoi la croissance économique raisonnée ? Concrètement ? C’est moins, c’est plus, c’est zéro ? C’est quoi ?


    • Marie-Pierre Hage marie 4 mars 2013 11:03

      Marc, je n’ai pas donné ce lien !!!!
      pour moin la question de la croissance ne devrait plus se poser, notre société basée sur la croissance est obsolète !


    • Marc Chinal Marc Chinal 5 mars 2013 11:38

      Rassurez-vous, je parlais à ROBERT GIL smiley


    • subliminette subliminette 26 février 2013 10:10

      Bonjour Marie,

      Vous posez d’excellentes questions !
      J’adore l’écolo qui appelle la société des chasseurs.
       Moi j’admire le renard qui s’est montré plus intelligent que moi et a déjoué tous les obstacles que j’avais dressés entre lui et mes canards. Rien n’arrête une renarde qui a 2 ou 3 petits à nourrir au printemps. Alors autant lui fournir à manger des restes de cuisine Forte de mes connaissances des fables de la Fontaine, je lui ai même donné du fromage. Les renards n’aiment pas le fromage. Moralité : on nous raconte bien des C... parfois à l’école ! Je rigole.

      Je pense qu’il y a 2 sortes d’écolos : ceux qui n’ont pas le choix, ceux qui sont au RSA ou au SMIC et économisent à fond l’eau, l’électricité etc... et recyclent un max.
      Il y a les autres, ceux qui ont le choix. Et ceux-là sont admirables, car lorsqu’on voit les contre exemples que ce soit en France ou à l’étranger, leurs efforts paraissent si dérisoires qu’il y a de quoi être découragé (quand je vois DSK utiliser des centaines de litres d’eau chaude dont la vapeur défroisse son costume -et qui est montré en exemple de débrouillardise par un journaliste concon- pourquoi ne prendrais-je pas un bain dont j’ai tellement envie ? et ceci n’est qu’un tout petit exemple de gachis)


      • foufouille foufouille 26 février 2013 11:39

        le probleme de l’ecologie est que les extremistes sont trop visibles
        c’est comme la malbouffe, montrer la difference est plus efficace


        • Croa Croa 26 février 2013 13:02

          D’accord avec l’auteur sauf sur un point : Il ne faut pas voir de multiples « écologies » là où n’existe que des engagements militants préférentiels !

          Sachant qu’il n’est pas possible de s’occuper de tous les problèmes et qu’en plus il est normal d’agir en des domaines suceptible d’apporter des satisfactions personnelles : Ainsi certains défendront d’abord les autres animaux parce qu’ils se sentent proche d’eux et les aiment particulièrement pendant que d’autres trouvant cela bien trop ingrat, agiront sur d’autres thèmes... Cela ne signifiant nullement une vision différent de l’écologie, forcément globale ! 


          • Marie-Pierre Hage marie 4 mars 2013 10:45

            L’écologie est un tout, quand les gens comprendront ce fait, ils arriveront peut-être à « s’entendre » et à s’unir vraiment qu’importe leur thème de prédilection


          • soi même 26 février 2013 13:35

            Être écologie, c’est transformer sa vie en une œuvre d’Art. !
             


            • bernard29 bernard29 26 février 2013 15:39

              Etre écologiste, c’est respecter l’Homme et la nature, et agir en responsable des impacts de l’homme sur la nature.


              • alinea Alinea 26 février 2013 16:55

                L’écologie pour moi, c’est un rapport à soi ; une intransigeance, une conscience, un tout qui ne se disperse pas. Après, vivre dans ce monde sans totalement se marginaliser, impose des compromis : une bagnole, des appareils électroménagers... Mais c’est surtout, l’amour de la vie, de toute vie, de toutes les vies !


                • périscope 27 février 2013 00:34

                  En plus ces pseudo-écologistesque sont les Verts ont réussi à trouver compatibles :
                  La défense du vivant, des petits animaux et des graines traditionnelles, l’opposition affichée aux OGM et à la brevetabilité du vivant
                  Avec le soutient sans concession au « mariage » homo aux fins de PMA et GPA, avec toute l’instrumentalisation du vivant qui va avec, dans l’espèce humaine, la notre !

                  Ne les appelez plus écologistes mais partisans et sectaires.


                • Marie-Pierre Hage marie 4 mars 2013 10:50

                  Oui les personnes avec de vraies valeurs ne sont jamais invitées !!! les bons livres sont toujours écartés par les médias !


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 27 février 2013 10:32

                  Il y a deux écologistes, celui qui en parle et agit, et celui qui agit sans un mot.
                  Les deux ont un peu raison, car ils apportent les solutions pratiques aux critiques.


                  • Asp Explorer Asp Explorer 3 mars 2013 11:39

                    Ecologie : théorie politique consistant à expliquer aux pauvres que la pauvreté, c’est merveilleux, et qu’ils ont toutes les raisons de se réjouir car bientôt ils vont devenir encore plus pauvres.


                    • Marc Chinal Marc Chinal 3 mars 2013 18:44

                      Cher auteur :
                      .
                      penchez-vous (sans tomber) sur l’approche post-monétaire.

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