Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Etre ou ne pas être… homosexuel !

Etre ou ne pas être… homosexuel !

A l’heure où le mariage pour tous ne fait plus débat en France, les violences de groupes homophobes ne font que se multiplier à l’est du continent. Si la puissance de la Russie est indéniable dans le contexte mondial actuel, on ne la félicitera cependant pas pour son respect des droits de l’homme. Le gouvernement lui-même semble particulièrement intéressé par l’orientation sexuelle de ses habitants, puisqu’en juin 2013, Poutine promulgue une loi interdisant « toute acte visant à faire la propagande de l’homosexualité devant les mineurs ». Il y a quelques mois de cela, de nombreux partisans de la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) allaient jusqu’à proposer un « boycott » des jeux olympiques qui devaient se dérouler à Sotchi pour protester contre la mise en place de cette loi ! Comment peut-on alors imaginer tant d’intolérance de la part d’un pays aussi développé que la Russie ?

Des violences inacceptables envers les homosexuels.

Il n’est pas difficile de trouver sur internet et sur les réseaux sociaux russes des vidéos montrant des personnes homosexuelles se faisant tabasser ou humilier par des groupes homophobes dit « nationalistes radicaux et néonazis », qui n’ont pas le moindre remords à violer les principes de la dignité humaine de leurs victimes. Ces groupes extrémistes leurs donnent rendez-vous via des sites de rencontre gay, puis les torturent ou les tabassent, parfois même jusqu’à ce que mort s’en suive. C’est notamment ce qui est arrivé à un jeune homme de 23 ans dans le sud du pays il y a environ un an de cela. Retrouvé avec de nombreuses blessures, il serait mort sous les coups de ses agresseurs. Deux hommes d’une vingtaine d’année ont par la suite été arrêtés pour ce crime.

Une autre arrestation peu médiatisée en France a également eu lieu durant le mois de janvier : celle de Maxim Martsinkevich. Ce nom ne vous dit peut être rien, pourtant, cet homme est l’auteur de bon nombre de ces vidéos dénoncées précédemment. Cet extrémiste dirigeait un groupe néonazi du nom de « occupy pedophilia », tristement réputé pour la traque des homosexuels à laquelle il se livrait et la diffusion de films de quelques minutes montrant des homosexuels humiliés et obligés de se « donner en spectacle » devant la caméra. Malgré l’arrestation du chef d’un des groupes homophobes les plus important et les plus influent en Russie, il n’en reste pas moins que ses partisans ne vont certainement pas cesser leur traque et leurs persécutions des personnes non hétérosexuelles. De plus, d’autres groupes aux mêmes intentions et a la même idéologie homophobe ne cessent de voir le jour en Russie.

Ces extrémistes tentent de justifier leurs actes en accusant les personnes homosexuelles de pédophilie et en prétendant ne faire que « protéger les enfants ». Le mot « pédéraste » est ainsi généralement employé pour désigner les homosexuels dans la langue russe alors que la signification exacte de ce terme est « pédophile ». Cet amalgame entre homosexualité et pédophilie est-il fait involontairement par la population russe ou n’est ce qu’une tentative de justifier l’injustifiable ? Difficile de pencher pour la première option quand on sait que ces groupes homophobes s’en prennent parfois à des adolescents homosexuels. Pas facile alors d’accuser un mineur de pédophilie…

Une passivité et une indifférence de la population et des autorités russes.

Impunis, voire même encouragé par certaines « têtes pensantes » du pays, aucune mesure n’est prise pour faire cesser les violences injustifiables de ces « anti-homosexuels » et empêcher la diffusion de ces vidéos intolérables destinées à terroriser les personnes tentées de revendiquer leur homosexualité. Dans un pays où la censure fait rage, il devrait être inadmissible que de telles violences soient mises en avant sur les réseaux sociaux, ainsi que dans bon nombre de médias russes. Les autorités quant à elles n’engagent que très rarement des poursuites envers les agresseurs, allant parfois jusqu’à considérer « normal » qu’une personne homosexuel soit la cible d’attaques homophobes.

Ajoutons à cela que la loi de juin 2013 n’a fait qu’augmenter les violences, qui en plus d’être physiques, sont également verbales et ce parfois même à la télévision russe. Face à un gouvernement qui semble condamner implicitement l’homosexualité à travers ce type de loi, ces agresseurs pensent alors jouir d’une certaine liberté en ce qui concerne leurs crimes, ne sentant pas le danger d’une quelconque condamnation ou même d’une simple sanction se dessiner à leurs horizons.

Mais les coupables ne se trouvent pas seulement du côté gouvernemental. En effet, on ne peut pas dire que les russes fassent preuve d’une grande ouverture d’esprit en ce qui concerne la question homosexuelle. Ainsi, seulement 12% d’entre eux ne se sont pas prononcés comme étant favorable à la mise en place d’une telle loi et presque la moitié des 88% restant estime que l’homosexualité devrait être condamnée par une sanction pénale. C’est deux fois plus qu’il y a sept ans. Rappelons également que l’homosexualité était considérée en Russie comme un crime jusqu’en 1993, puis comme une maladie mentale jusqu’en 1999. Les russes ne se sont donc que très récemment « ouvert » sur la question de l’orientation sexuelle. Cela dit, près d’un tiers de la population russe affirme penser que l’homosexualité reste une maladie…

Une homophobie banalisée par la population, des actes de violences et d’humiliations particulièrement agressifs mais considérés comme « anodin » par la Russie ; étrange constat pour un pays se trouvant au cœur d’un continent se proclamant défenseurs des droits de l’homme…

 

Si les JO de Sotchi ont permis à la communauté LGBT de dénoncer l’omniprésence de l’homophobie en Russie et d’en faire un sujet au cœur des débats, au lendemain de ces jeux et face à une actualité russe principalement concentrée sur l’Ukraine, beaucoup sont les personnes qui semblent avoir oublié que la question de l’homosexualité en Russie ne peut être considérée comme une affaire classée. Elle devrait, au contraire, servir de tremplin pour dénoncer l’homophobie qui reste encore aujourd’hui bien trop présente autour de nous et pas seulement dans nos pays voisins. Alors à quand la fin de l’intolérance dans un monde qui ne cesse de se prétendre « moderne » et « ouvert » ?


Moyenne des avis sur cet article :  2.89/5   (53 votes)




Réagissez à l'article

259 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 17 mai 2014 11:28

    Si on laissait parler d’homosexualité les seuls homosexuels réels, ils décourageraient quiconque d’aborder ce sujet minoritaire et d’intérêt privé. Elle ne trouve écho que sur les médias où ne sévissent que de faux homos en fait bi dans les partouzes privées de l’élite, et chez des peu recommandables personnages tels Caroline Fourest ou Ruquier. Mais en aucun cas cette mode n’est une solution aux problèmes de société qui occupent l’intérêt général. Pour répondre à la question, le peuple se fout passablement de cette question de citadin bourgeois.


    • lucas 17 mai 2014 17:57

      Ouaip, comme Eddy Bellegueule


    • seb71 18 mai 2014 01:00

      ceux qui prennent plaisir a humiliés et pourchasses les homos,sont des pervers qui bandent moue .....avec certainement une sexualité étriqué et qui fracasse leur femmes quand ils sont saouls.....d ailleurs vu l heure je vais rejoindre la mienne, bisou et chaude nuit a tous......


    • fabimon 18 mai 2014 01:33

      Tout à fait, j’appelle ça de la charogne et tout ceux qui sont derrière eux


    • Pierre Pierre 17 mai 2014 11:53

      @ l’auteur,
      Encore un article russophobe inutile qui ne fait pas la différence entre la loi russe qui ne punit pas l’homosexualité et le comportement de groupes de voyous qui commettent des crimes. 
      J’approuve tout-à-fait la loi russe de protection des mineurs qui a été votée par leur parlement à l’unanimité moins une abstention donc y compris l’opposition. Je suppose qu’il doit y avoir des homosexuels parmi les 450 membres de la Douma. Ils ont donc aussi voté cette loi. De quel droit alors les Occidentaux viennent se mêler de la façon dont les Russes veulent organiser leur société.
      Une propagande homosexuelle peut induire une confusion dans l’esprit de jeunes enfants et les orienter vers des expériences qui les marqueront toute leur vie.
      Pour le reste, il y a en Russie des boîtes homosexuelles comme dans les autres villes d’Europe et c’est très bien. (lien
      Si vous voulez faire un article d’actualité sur le sujet, intéressez-vous au Brésil où il y a plus de 300 meurtres d’homosexuels par an. (lien)


      • lucas 17 mai 2014 17:53

        Parce qu’il y’a des homophobes au Brésil, on devrait être d’accord avec les homophobes en Russie. Mais bien sûr... ;)


      • lucas 17 mai 2014 17:54

        Relativisons tout, puisque tout le monde relativise tout


      • Pierre Pierre 17 mai 2014 19:19

        @ Lucas,
        Je ne relativise rien du tout. Le titre de l’article me semblait assez général et le contenu se focalise surtout sur la Russie. Les cas de meurtres d’homosexuels en Russie sont rares et les coupables sont sévèrement punis. En Russie, quand on est condamné à 15 ans de camp, on fait 15 ans. En Europe, une condamnation de 20 ans se résume à 8 ans pour bonne conduite.
        S’il fallait faire un article sur la discrimination, il fallait évoquer l’Arabie Saoudite, ou certains pays d’Asie et d’Afrique ou même certains États des États-Unis. (lien)
        Il y a un soutien quasi unanime des Russes à la loi sur protection des mineurs. Cela veut dire qu’on se définit comme hétéro, bi ou homo sans problème mais pas devant les mineurs. 
        Vous n’ignorez pas que la Russie a un problème démographique. Ce n’est pas en encourageant l’homosexualité que ce pays va le résoudre. 
        Vous oubliez que si pour certains, il s’agit d’une tendance innée, pour d’autres il s’agit d’un comportement acquis.


      • lucas 17 mai 2014 19:32

        Moi, tout ce qui m’intéresse ce sont les gens que l’on brime parfois de façon horrible pour leur orientation sexuelle, leur couleur de peau... où que ce soit. J’ai toujours considéré l’Arabie Saoudite, puisque vous en parlez, comme un trou noir, mais ce n’est pas une raison pour dire que, puisque l’Arabie Saoudite est la dernière des merdes, tout va bien ailleurs. C’est un travers bien trop fréquent aujourd’hui.

        Quant à l’idée que l’homosexualité serait « acquise », ça veut dire que l’hétérosexualité aussi. Et acquises ou non, ce sont deux tendances, une fois ancrées, qui le sont solidement. Il y’a des gens qui voudraient arguer du fait que l’homosexualité serait peut-être « acquise », mais ils sont incapable 1. De démontrer comment, par quel biais. 2. De démontrer que cela pourrait être réversible puisque c’est, bien évidemment, l’idée qui leur trotte dans la tête. Aussi, certains savants fous font des expériences : c’est amusant, vous savez quoi ? Des « savants » en Russie viennent précisément de découvrir un « vaccin » contre l’homosexualité. Il y’a de ces hasards... ^^

      • lucas 17 mai 2014 19:34

        J’ajoute que « décourager » l’homosexualité pour des raisons démographiques revient à des homosexuels à faire des enfants, puisque les enfants manquants, dans cette optique, sont ceux que les homosexuels n’ont pas eu et « devraient » avoir.


      • lucas 17 mai 2014 19:47

        à obliger des homosexuels à faire des enfants, veuillez m’excuser.


      • Pierre Pierre 17 mai 2014 21:08

        Il y a des gens qui voudraient arguer du fait que l’homosexualité serait peut-être « acquise » 
        Je n’ai pas gardé le lien mais j’ai lu il y a quelques années une étude qui le démontrait. 
        Que disait cette étude. 
        A la puberté, les jeunes découvrent souvent la sexualité entre eux. Cela se résume souvent à jouer à touche-pipi. Comme l’homosexualité est un tabou, cela se passe en cachette et les jeunes ont conscience de faire quelque chose d’interdit. 
        Ils passent ensuite à des jeux avec des partenaires de l’autre sexe en public : se tenir par la main, s’embrasser, se caresser etc. et ils deviennent pour la majorité hétérosexuels.
        L’étude montrait que quand on retirait le tabou, un plus grand nombre de ces jeunes devenait bis ou homos. Au plus longtemps qu’ils se cantonnaient dans des jeux avec des partenaires du même sexe, au plus difficile étaient plus tard les rapports avec l’autre sexe.
        Ne venez pas faire des leçons sur les discriminations, cela n’a rien à voir. C’est une question de culture et de tolérance qui s’acquière surtout en famille.
        Certainement pas avec des lois contraignantes ou avec la théorie (ou l’expérience) du genre.


      • fabimon 17 mai 2014 21:23

        Une seule chose à dire : quelle étude ?


      • 雛罌粟 雛罌粟 19 juillet 2014 13:45

        Pierre : « Je n’ai pas gardé le lien mais j’ai lu il y a quelques années une étude qui le démontrait [bla bla] »


        Quel dommage !
        On a perdu une bonne occasion de se fendre la poire…
        (Vous êtes sûr que c’était pas plutôt une conversation de bistrot ?)

      • baron 17 mai 2014 12:27

        Je ne vois pas le lien entre la protection légitime des enfants et le droit d’être et de vivre en tant qu’homosexuel.


        Ou alors il y en a un dans l’esprit d’activiste homo et dans ce cas il convient de s’interroger et d’être vigilant. 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Autso95


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès