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Accueil du site > Actualités > Société > Euthanasie, assez d’hypocrisie !

Euthanasie, assez d’hypocrisie !

Sans l’affaire Humbert, la loi Léonetti (1) n’existerait pas. Aussi peut-on espérer aujourd’hui que la mort récente, et tragique, de Chantal Sébire ne soit pas vaine et puisse conduire à y ajouter le mot euthanasie qui n’y figure pas encore.

Dans notre pays 70 % des personnes souhaitent mourir à la maison, mais 75 % meurent en réalité à l’hôpital, généralement dans de mauvaises conditions, parce que les unités de soins palliatifs (2) qui couvrent environ 15 % des besoins sont rares et inégalement réparties, et que les services de médecine classique n’ont pas suffisamment de personnel, ni les formations requises.

La loi Léonetti est certes un progrès, mais elle n’autorise qu’une démarche passive (cessation du traitement, non des soins) ce qui n’est pas adapté à la réalité actuelle puisque que selon une enquête récente de la Sofres publiée le 10 février 2008 (3) il y a 87 % des Français qui sont favorables ou très favorables à l’euthanasie.

Certains objectent toujours que les médecins sont là pour soigner et non pas pour donner la mort, mais chacun sent bien l’hypocrisie sous-jacente d’une telle pétition de principe contredite par la réalité puisque l’on estime de 10 000 à 15 000 cas par an où des médecins donnent activement la mort en cachette, ce que personne ne semble vouloir regarder en face, alors même que les positions médicales dites passives sont aussi de véritables arrêts de mort conscients pour les personnes concernées, mais dans de moins bonnes conditions. Est-il bien naturel que le médecin puisse rester à distance de la mort de ses patients après avoir accompagné leur vie ?

Quant à ceux qui pensent que ceux qui le souhaitent peuvent mettre fin eux-mêmes à leurs jours sans rien demander à personne ils doivent nous indiquer clairement comment des malades diminués en fin de vie, notamment à l’hôpital, peuvent librement se procurer les produits nécessaires et le mode d’emploi sans une aide extérieure.

Si la loi était modifiée en incluant une euthanasie active, celle-ci ne s’imposerait nullement aux personnes qui ne veulent pas y recourir pour des raisons diverses, notamment religieuses, parfaitement légitimes. Mais, si on ne peut obliger à mourir, on ne doit pas non plus obliger à vivre, et chacun doit garder son libre arbitre dans un Etat de droit laïc.

Bien entendu, la question du choix de fin de vie pour chaque personne doit être prévue et encadrée par la loi pour éviter tout abus. En l’absence d’indication claire, un dialogue entre la famille et les soignants sera évidemment nécessaire pour trouver en commun la solution la mieux adaptée. S’il n’y a pas de famille, ce choix incombera au corps médical seul, en son âme et conscience. Un recours éventuel dans les cas les plus complexes pourrait être confié à un groupe de personnes de divers horizons incluant des médecins, pour donner un avis indépendant sans mettre en route de lourdes et inefficaces machineries judiciaires au milieu d’un battage publicitaire inadapté à la nécessaire prise en compte de l’espace intime.

Ce toilettage indispensable de la loi n’empêche pas, bien au contraire, la création de nouvelles unités de soins palliatifs pour faire face aux besoins réels, tant il est vrai qu’un traitement multidimensionnel adapté à la souffrance des malades en fin de vie contribuerait déjà largement à réduire les demandes d’euthanasie. Souhaitons enfin que les rédacteurs de ces textes de loi souvent confus pour le commun des mortels, qui renvoient sans cesse à d’obscures références, puissent enfin décrire en français et clarifier leurs propos.

(1) Loi Léonetti du 22 avril 2005

(2) Soins palliatifs

(3) Sondage Sofres


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60 réactions à cet article    


  • JL JL 21 mars 2008 12:05

    Encore un article opportuniste. Je veux dire : n’a-t-on pas assez reproché au gvt de faire des lois à partir des faits divers ? Un fait une loi !?

    Je voudrais faire deux remarques sur le sujet : la première concerne ce mot affreux d’euthanasie. Il décrédibilise tout discours qui l’emploie et se déclare humaniste dans le même temps.

    La deuxième concerne les soins palliatifs : à partir de quand cesse-t-on de soigner et entre-t-on dans une phase palliative ? Je pense que c’est là peut-être que la famille n’est pas suffisamment informée et qu’on peut déplorer un manque de transparence.

     

     

     


    • JL JL 21 mars 2008 12:31

      Le problème avec ce mot euthanasie c’est qu’il est médiagénique. Comme kamikaze.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 17:31

      Euthanasie vient du grec eu qui veut dire bien et thanatos qui veut dire mort ; ce terme ethimologiquement veut donc dire mourir bien et/ou en douceur !


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 17:34

      étymologiquement, avec mes excuses pour cette coquille qui trahit l’origine grecque du terme !


    • JL JL 22 mars 2008 10:37

      @ Sylvain Reboul, oui, et alors ? Abattre signifie tuer avec une arme à feu. Pourtant il est regrettable d’employer ce terme à tort et à travers. Ecoutez les journalistes de radio et télé, et surveillez bien comment ils emploient ce verbe : lorsqu’ils respectent la victime, ils ne l’utilisent pas mais quand il s’agit d’un pékin de base ils ne s’en privent pas. Je le sais, j’écoute attentivement depuis de années.


    • Bretzel man 21 mars 2008 12:06

      Vous avez le droit d’avoir vos opinion.

      Mais les professionnels, à une écrasante majorité ne veulent pas prétqieur l’euthanasie. Pas réellement pare que’ils y sont opposés, mais parce que leur vocation n’est pas de donner la mort, ne serait-ce que pour mettre un terme à des souffrances intolérables.

      La question que vous devriez vous poser est : QUI VA LE FAIRE ?

      Et qui va assumer les responsabilités légales ?

      Vous-même, seriez-vous prêt à venir faire une injection, à débrancher ? En présence de la famille ?
      Comment voyez vous les choses se faire ?

      C’est facile de s’émouvoir, et c’est très humain. C’est très bien. Mais dans les faits concrètement ?
      Vous vouluez demander à une personne qui bosse 10-12h par jour, de pratiquer l’euthanasie ?
      Au médecin de famille.

      OK, mais s’ils ne veulent pas, qui le fait. Une profession qui ne ferait que ca... Super comme job.
       

       


      • Bretzel man 21 mars 2008 12:24

        Un grand bravo aux abrutis qui moinssent mon commentaire. Je ne dis pas que je suis pour ou contre l’euthanasie, je demande qui va la pratiquer... Si c’est pas être constructif, je ne vois pas ce que c’est ....


      • JL JL 21 mars 2008 13:10

        L’on apprend qu’une autopsie a révélé que la mort de Mme Sébire n’était pas naturelle. Mais qui a demandé cette autopsie ? La famille ? Les lobbyes ? Le procureur de la République ? Car enfin, l’on ne voit pas les motivations du demandeur, et il faudrait qu’on nous explique.

        Qui et pourquoi a demandé cette autopsie ? Petit détail : si quelqu’un a procuré des barbituriques à Mme Sébire il pourrait être poursuivi, mais si cette personne lui avait procuré un revolver et des balles elle ne serait pas poursuivie pour ce motif (infos radiodiffusée ce midi, France Culture). N’est-ce pas aberrant ? Est-ce pour démontrer cela que certains auraient demandé l’autopsie ?


        • Bretzel man 21 mars 2008 13:20

          "Les lobbyes ?"

          Les lobbyes de quoi exactement, les lobbyes anti-euthanasie... Ca existe ca ?


        • Bretzel man 21 mars 2008 13:21

          "Est-ce pour démontrer cela que certains auraient demandé l’autopsie ? "

          Si demain on retrouve votre femme dead sur le tapis du salon, on ne fera pas d’autopsie ?


        • Julien Julien 21 mars 2008 16:31

          "Les lobbyes de quoi exactement, les lobbyes anti-euthanasie... Ca existe ca ?"

          Quelle mauvaise foi (sans jeu de mots)... Comme si le lobby des fondamentalistes chrétiens (que représentent des gens comme Mme Boutin par exemple) n’existait pas.

          C’est le même lobby, qui défend l’ordre moral judéo-chrétien. Le même lobby qui a tout fait pour détruire Simone Weil et sa loi sur l’avortement. Le même lobby qui considère que souffrir est normal et conduit à l’expiation de ses fautes.

          C’est d’ailleurs ce même lobby qui, aux USA, milite pour l’interdiction de l’enseignement des théorie de Darwin à l’école...


        • Bretzel man 21 mars 2008 18:18

          Joyeux pot pourrit de n’importe quoi...

          Qu’est ce que les USA viennent foutre la dedans....

          Les 3/4 de leur population ne savent pas situer la France sur une carte.

          Les chrétiens ne représentent plus rien en France. Ils n’ont aucun poid sur la scène politique.
          S’ils ont été effectivement contre l’avortement, ce sujet ne les interesse plus... si ce n’est les barjots du FN (quel puissant lobby....)

          Le personnel médical francais n’est franchement pas connu pour faire du prosélytisme.... Mais vous sortez d’ou.... ????

          Il y a, qui plus est, chrétien et chrétien pratiquants. Les premiers ont une sympathie pour la religion de leurrs parents, les autres se comptent sur les doigts de la main dans la plupart des paroisses.

          Je vous rapelle que d’ici 20 ans, 90% des curés seront roumains car plus personne ou presque n’est ordonné.

          Alors arrêtez votre délire, on ne parle pas ici de religion.

           


        • astus astus 21 mars 2008 14:22

          Vous demandez : qui va le faire ? Je vous réponds : des médecins le font déjà tous les ans pour 10 à 15 000 personnes. 

          Qui va assumer les responsabilités légales ? Je vous réponds : personne en l’état actuel puisque c’est illégal. Le problème vient justement du fait que c’est illégal...mais toléré en cachette.

          C’est précisément pour être plus en phase avec la réalité qu’il faut modifier la loi Léonetti. Mais pour changer la loi il faut d’abord cesser l’hypocrisie ambiante et là, apparemment, ce n’est pas gagné !

          Mais je vous rassure : personne ne sera condamné à être activement assisté au moment de sa mort ! 

           


          • Bretzel man 21 mars 2008 14:34

            Vous ne réponsez pas. Ma question se pose bien entendu dans l’hypothèse ou se serait légalisé.

            Pas la peine d’écrire en gras ou de vous offusquer...

            Et vous, seriez-vous prêt à débrancher vos parents par exemple ? C’est une question trash, mais comme vous ne vous génez pas pour donner votre avis sur une question aussi morale, vous comprendrez qu’on vous la pose.... ?


          • xray 21 mars 2008 14:25

            À propos de l’euthanasie 

            Recherche la trace de l’argent. Regarde dans quelles poches il aboutit. Et, tu comprendras la morale que les curés nous imposent. 

             

            Le remplissage des hôpitaux (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) 

             

            Le grand business (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) 

             

             


            • xray 21 mars 2008 14:33

              À propos de l’euthanasie 

              Certains médecins moralistes sont mal placés pour faire des effets de déontologie médicale. 

               

              Le virus machin (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) 

               

               


            • plume 21 mars 2008 15:23

              "Si la loi était modifiée en incluant une euthanasie active, celle-ci ne s’imposerait nullement aux personnes qui ne veulent pas y recourir pour des raisons diverses"

              Mort de rire ! Vous y croyez vraiment ?

              Argument à rapprocher de ceux évoqués à propos de l’avortement en son temps... Et de l’attitude des personnels (médecins notamment) face à un foetus porteur d’un handicap, notamment mental (trisomie 21, par exemple). Il faut voir la pression (le mot est faible !) exercée sur les femmes qui souhaitent mener la grossesse à leur terme, dans ce cas.

              Et donc, dans le cas de l’euthanasie, il ne faudra pas longtemps pour l’appliquer aux "faibles", avec ou sans leur consentement. Sera-ce vraiment un progrès de la civilisation ?


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 15:38

                @ plume

                Exactement. Légaliser l’euthanasie conduirait à faire culpabiliser ceux qui sont en fin de vie mais qui ne souhaitent pas de l’euthanasie.

                Ils auraient tous les jours à regarder dans les yeux ceux qui ne pourront pas s’empêcher de penser, plus ou moins inconsciemment : « mais qu’est-ce qu’il attend pour en finir ? Il voit bien qu’il n’a plus aucune chance ! ».

                Autrement dit, on va inverser l’échelle des valeurs : celui qui refusera l’euthanasie sera considéré comme celui qui abuse de son droit à vivre.

                Et vous allez voir que dans 25 ans, certains iront même jusqu’à dire que cela coûte bien cher à la Sécu (ou à la famille) de maintenir en vie des personnes qui seraient peut-être mieux entre quatre planches (je dis dans 25 ans, mais certains en sont déjà convaincus, mais ils n’osent pas encore le dire ...).

                Bien cordialement,

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 15:40

                Faire en sorte qu’il y ait de moins en moins de naissances pour les trisomiques 21, oui, pour moi, c’est un progrès de la civilisation. Pas vous ?


              • Bretzel man 21 mars 2008 15:43

                En tout cas cela fera gagner 15-20 ans à la SECU, et c’est l’objectif. car ce sont les personnes en fin de vie qui coutent très chers. Et comme la population vieillit...

                Il serait interessant d’entendre les "vieux" s’exprimer à ce sujet. Mais comme par hazard, ce sont les jeunes qui en parlent le plus.... Comme cezigoto qui se prend comme avatar jean moulin... rien que ca. Résistant de pacotille qui singe un arai résitstant.... pitoyable.


              • Bretzel man 21 mars 2008 15:45

                cher macaque, vous êtes bien placé pour savoir que dans le futur, l’espèce humaine va évoluer, et que les hommes d’aujourd’hui seront les trisomiques de demain.


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 15:48

                Ah, @Icks PEY, nos posts se sont téléscopés, et sont en désaccord. Je trouve que votre raisonnement ne colle pas. En craignant le pire, on évite aussi le mieux… Bien sûr que votre crainte est fondée, ça arrivera avec l’euthanasie légale, mais ça arrive déjà sans ! il suffit de se balader dans les hôpitaux ou les maisons de retraite, essayez et vous verrez !


              • plume 21 mars 2008 15:51

                J’ajoute que je vous conseille l’excellent article suivant :
                http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/21/accompagner-et-laisser-mourir-par-marie-de-hennezel_1025755_3224.html#ens_id=1022062

                ...Histoire de remettre les pendules à l’heure, en prenant le temps d’écouter les professionnels de l’accompagnement de la fin de la vie.


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 16:30

                @ Colre

                Vous parlez d’éviter la naissance de trisomique 21 en réponse à Plume.

                Dans la mesure où vous fixez le seuil de la vie à la naissance, je conçois votre point de vue.

                Maintenant, essayez de concevoir un autre point de vue : la naissance n’est pas le début de la vie, mais un changement d’état d’une vie qui préexiste déjà : autrement dit, un bébé n’attend pas la naissance pour être ce qu’il est.

                D’ailleurs, d’un point de vue strictement scientifique, il n’y a aucune différence fondamentale entre la veille de sa naissance et le lendemain de sa naissance. La seule chose qui change, c’est la source de l’oxygène : avant la naissance, l’oxygène vient de la mère, après il vient des poumons. Tout le reste est là et fonctionne déjà : ouïe, sucer son pouce, uriner, système nerveux, etc...

                Certaines mères vous raconteront sans doute leur émotion de sentir leur bébé dans leur ventre avoir le hoquet. N’est-ce pas mignon ?

                Si vous est en mesure de concevoir ce point de vue là, alors vous comprendrez pourquoi de nombreuses personnes sont contre les IMG de foetus trisomiques : parce que pour elles, la vie commence bien avant la naissance.

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 16:37

                Je viens de lire, @plume, et ce texte n’est en rien convaincant ni représentatif des professionnels de l’accompagnement de la fin de la vie. Il reflète une opinion. Ni plus ni moins.

                Ce dont je témoigne là n’a rien à voir avec l’acte de donner la mort. Eh bien si, ou alors les mots n’ont plus aucun sens ! Même si la mort est au bout, il s’agit d’accompagner et de laisser mourir. c’est hypocrite, non ? puisqu’il s’agit tout de même de la provoquer.

                Je sais bien que certains trouveront cette réponse hypocrite. Oui !

                Je crains qu’ils n’aient pas compris qu’en agissant ainsi nous permettions à une personne au bout de ses souffrances de partir doucement, et non pas violemment et brutalement, comme c’est le cas lorsqu’on injecte ou administre une potion mortelle. C’est faux, c’est un mensonge, un fantasme. La mort est toujours violente et brutale ! d’une façon ou d’une autre, et il est faux de dire qu’elle ne le serait que par la dite « potion » (voyez le choix du mot, potion, un vrai truc de sorcellerie !)

                La reconnaissance et l’apaisement des proches qui avaient pris le temps d’accompagner en étaient la meilleure preuve. Evidemment ! cette idée, c’est un peu n’importe quoi. Que les proches aient été apaisés d’une mort douce, permise par la gent médicale, c’est d’autant plus normal que c’est exactement ce que l’on demanderait à une nouvelle loi légalisant une euthanasie ACTIVE.
                 


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 16:50

                Désolée, @XP, je ne voudrais avoir l’air de vous contredire pour vous contredire…

                MAIS…

                • vous parlez du moment infinitésimal qui précède la naissance, en disant : pas de différence avec après… ok.
                • Puis, vous dites : et un peu avant, c’est pas très différent non plus, il suce son pouce, etc. ok.
                • Puis, encore avant… ah ! encore avant… là, pas ok. De proche en proche, vous voulez me faire croire que l’on peut remonter sans doute à l’ovule fécondé, non ? ou encore avant qui sait ? et vous parlez de « bébé », hésitez sur le fœtus, et oubliez l’embryon. Là, ça ne va plus comme raisonnement.

                Enfin, vous parlez de « scientifique » : mais la science a très bien étudié le processus de la procréation jusqu’à la naissance, mais elle n’a rien à voir avec la décision, sociale, éthique, des lois qui réglementent, dans chaque pays, les seuils et les droits des uns et des autres.
                 


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 17:24

                @ COLRE

                Merci pour votre réponse.

                Vous dîtes : « Puis, encore avant... ah ! encore avant... là, pas ok. De proche en proche, vous voulez me faire croire que l’on peut remonter sans doute à l’ovule fécondé, non ? ou encore avant qui sait ? et vous parlez de « bébé », hésitez sur le fœtus, et oubliez l’embryon. Là, ça ne va plus comme raisonnement. »

                C’est pourtant là qu’est tout l’enjeu. La loi Veil, par exemple, fixe le début de la protection des embryons/foetus (je ne sais pas bien la différence) à 12 semaines dans le cas d’une IVG. Je n’invente rien, c’est la loi Veil, pas moi.

                Le problème, c’est que les IMG (c’est à dire les IVG mais relative aux foetus présentant un risque d’anomalie dite grave) peuvent être pratiquées jusqu’à la veille de l’accouchement. Cela pose question, non ? Foetus sain : on le protège à partir de 12 semaines / Foetus pas sain : pas digne d’être protégé ?? Et je ne pose même pas la question de na notion de « gravité » (à une époque, un bec de lièvre pouvait justifier une IMG, je ne sais pas si c’est encore vrai) ni même la notion de « risque » (qui inclut le fait d’éliminer des foetus sains présentant un risque, mais ce risque étant finalement non réalisé ...).

                Vous poursuivez en disant : "la science a très bien étudié le processus de la procréation jusqu’à la naissance, mais elle n’a rien à voir avec la décision, sociale, éthique, des lois qui réglementent, dans chaque pays, les seuils et les droits des uns et des autres.

                Les mots « rien à voir » me semblent excessifs : c’est bien la science qui est la mieux placée pour nous éclairer sur ce que nous sommes et à partir de quand nous le sommes devenus. La science nous donne une information objective bien utile pour éclairer l’éthique des lois.

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 17:44

                @Icks PEY, bon, d’accord, la science avait à voir avec la décision, à une époque où l’on ne savait pas bien les mécanismes généraux ou précis. Mais maintenant, c’est ok, on sait COMMENT ça se passe. À nous, vous, moi, tout le monde, la société, de décider de nos droits à tous : à celui du fœtus, celui de la mère et celui de la société.

                Sinon, je ne connais pas les questions juridiques que vous évoquez à propos du fœtus « pas sain », comme vous dites. Je ne sais pas. Comme ça, sans réfléchir, je dirais que plus précoce est le dépistage des anomalies graves et mieux c’est. Trop tard, c’est pas terrible. Mais dans le cas de nouveaux-nés peu viables : pitié ! pas de réanimation SAUVAGE et irresponsable !
                 


              • Bretzel man 21 mars 2008 18:22

                "ni représentatif des professionnels de l’accompagnement de la fin de la vie"

                Ah, première nouvelle... Derniker sondage IPSO : 92% du personnel hospitalier (infirmier, soins palliatif), fermement opposé à l’euthanasie. Faudra réviser vos sources.


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 18:33

                @ colre

                Je ne peux que vous inviter à vous renseigner sur le sujet, sans a priori ni parti pris.

                Article L2213-1 du code de la santé publique :

                « L’interruption volontaire d’une grossesse peut, à toute époque, être pratiquée si deux médecins membres d’une équipe pluridisciplinaire attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, soit que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, soit qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. »

                En application de cet article, il est possible de provoquer des avortements de foetus, à n’importe quel moment de la grossesse dès lors que le foetus présente une forte probabilité d’handicap particulièrement grave.

                Vous remarquerez que la notion de « forte probabilité » n’est pas la certitude => certains foetus sains sont donc éliminés car ils présentaient quand même une forte probabilité.

                Vous remarquerez aussi que la notion de « particulière gravité » est une porte ouverte à tous les abus, a fortiori à une époque où les couples attendent un ou deux enfants maximum qui, bien entendu, se doivent d’être parfaits à la naissance. J’ai personnellement connu des hypothèses où des becs de lièvres (malformation du palais bucal opérable mais qui laissaient des traces au visage) justifiaient des IMG. Il y a eu aussi des cas de foetus avortés car ils étaient dénués de pouce aux deux mains.

                Moi, cela m’interpelle.

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 18:49

                Au lieu d’aller chercher des sondages auxquels, grand garçon comme vous êtes, vous ne devriez plus croire sans vérifier, vous auriez pu répondre aux points que j’ai soulevés dans mon post (mensonges, hypocrisie, manipulations, truismes…).


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 19:03

                ma réponse était à Bretzel…

                Sinon, @Icks PEY, merci de vos infos. Je comprends vos inquiétudes, avec l’humain le pire est souvent sûr, mais je ne vois pas comment on pourrait faire autrement. Il faut parfois faire des choix, prendre des décisions difficiles, et tout cela ne peut pas être prévu à la virgule dans la loi. Il faut des principes globaux, et il faut un peu d’honnêteté et de compétence pour essayer de les appliquer au mieux.

                Après tout, si la mère est jugée en danger de mort, vous trouverez normal (j’espère !) que l’on sacrifie le foetus, même pour un risque potentiel, non ?


              • Icks PEY Icks PEY 22 mars 2008 14:21

                @ colre

                Concernant la mise en danger de la mère, je ne pense pas qu’il y ait de doute là-dessus.

                Mon propos concerne le cas des foetus éliminés sur la base d’un "risque" d’un "grave" handicap.

                Mon propre vécu est à l’origine de mes sentiments : mon frère attendait un enfant (sa femme, en fait ...). Les médecins avaient diagnostiqué un possibilité de trisomie 21 d’une "chance" sur trois alors que les stats normales s’élèvent à une chance sur dix mille, par exemple.

                Ils ont refusé l’amnicenthèse qui, elle aussi, fait courir un risque statistique de fausse couche au foetus et ont déclaré qu’ils garderaient l’enfant quoiqu’il arrive. Ils ont fait l’objet de vives reproches de la part de leur médecin qui voyait en eux le comble des parents irresponsables qui acceptaient de donner la vie à un handicapé potentiel.

                L’enfant est né : il souffrait simplement d’une malformation cardiaque qui est, parait-il, caractéristique des trisomie : il fut immédiatement opéré et se porte depuis comme un charme : ses chromosomes sont parfaitement normaux.

                Ce serait arrivé à un couple peu sensibilisé à ces sujets là où qui ne disposent pas de la force de caractère pour résister au corps médical, la mère aurait subi une IMG. Je n’ai aucun doute là-dessus. Et un innocent aurait été tué.

                L’eugénisme consiste à éliminer ceux qui sont anormaux. Mais le fait d’éliminer des foetus normaux qui présentent un risque d’anormalité, c’est pire, non ?

                 

                Icks PEY

                 


              • COLRE COLRE 23 mars 2008 01:20

                @Icks PEY,

                Non, je ne peux pas vous suivre dans tous vos raisonnements. Pour résumer :

                • Si vous acceptez l’idée que l’on puisse avorter (pour vous = tuer ce que vous appelez un innocent) parce que l’accouchement met en danger la mère, vous acceptez donc que l’on puisse avorter pour de bonnes raisons : les vôtres, sauver la mère. Vous pourriez donc accepter d’autres bonnes raisons (même si ce ne sont pas les vôtres).
                • Si vous dites : un innocent aurait été tué, je vous dis non, pas plus que dans le cas précédent. Dans la vraie vie, on ne tue pas qqu’un pour sauver une autre personne. L’avortement n’EST PAS tuer qqu’un, et donc encore moins un innocent.

                Quant à votre expérience, imaginez que votre belle-sœur ait vraiment mis au monde un trisomique. Imaginez la souffrance, non seulement des parents, mais de l’enfant, et de tout ce qu’il va subir dans sa vie.

                J’aimerais qu’on m’explique en quoi on peut préférer mettre au monde un trisomique plutôt qu’un enfant « normal », bien portant, possédant toutes ses capacités intellectuelles et biologiques, pour avoir la vie la plus normale possible, peut-être fonder lui-même une famille et faire des enfants : autant de choses qu’il ne pourrait pas envisager autrement.

                Qu’on m’explique en quoi il faudrait imposer aux femmes (et aux couples) de ne pas avorter dans ces circonstances !! au nom de quel principe supérieur ?!
                 


              • 5A3N5D 23 mars 2008 11:12

                @ XP,

                "L’eugénisme consiste à éliminer ceux qui sont anormaux. Mais le fait d’éliminer des foetus normaux qui présentent un risque d’anormalité, c’est pire, non ?"

                Votre raisonnement est celui d’un religieux intransigeant et doit être accepté comme tel. Une question cependant : vous êtes-vous jamais penché sur le problème des fausses couches spontanées ?

                Vous devriez le faire, car la nature (dieu ?) n’a pas beaucoup de pitié envers ses créatures, mêmes parfaitement "normales".


              • Icks PEY Icks PEY 24 mars 2008 11:03

                @ 5a5n5d

                Je ne vous adresse pas la parole. Vos propose témoignent amplement de votre agressivité et de votre incapacité à l’échange d’idées. Depuis le début, vous dites que je suis un religieux intolérant alors que je n’ai jamais cité Dieu dans aucun de mes commentaires. Tout simplement parce que mon propos n’a rien de religieux : cela relève d’une éthique humaine et non d’une conviction religieuse donnée. Vous trouverez de nombreux athées qui sont gênés de voir ce que la loi Veil est devenue. On parlait de régime d’exception pour les mineures et lesfemmes violées, et on s’aperçoit à l’usage que l’avortement est en réalité un palliatif à une contraception défaillante. A une époque où les moyens de contraceptions sont en accès totalement libre, on pratique encore 250.000 avortements par an : tout le monde s’accorde à dire que c’est énorme et qu’une majeure partie de ces actes ne relèvent pas d’une urgence sociale comme cela avait été présenté en 1975. Point de Dieu là-dedans, juste une crainte que l’exception soit devenue banalité.

                 

                @ colre

                Rassurez vous, je n’entendais pour vous convaincre, juste vous faire toucher du doigt des éléments qui méritent réflexion. Vous partez du principe que le foetus est indissociable de sa mère et, comme son corps lui appartient, elle fait ce qu’elle veut jusqu’à ce que l’accouchement se déroule. Mais, dans ce cas, le délai de 12 semaines, selon vous, c’est quoi ? Une fictivité juridique ? Aucun mammifère sur terre ne possède deux coeurs, deux cerveaux ou deux sexes opposés. La fictivté juridique, elle se trouve dans l’argument de ceux qui pensent qu’une femme enceinte ne représente qu’elle même. Une femme enceinte porte la vie, une vie qui est tierce. Demandez à n’importe quelle femme enceinte ce qu’elle ressent à partir du 3èmre mois de grossesse, elle en parlera sûrement mieux que moi : elle porte une vie parfaitement distinct à ce point que même en cas de décès de la mère accidentel, on réussit parfois à sauver l’enfant.

                Le principe supérieur dont vous parlez est tout simplement la défense de la vie à quelque stade que ce soit. Mais l’avortement est comme l’euthanasie : l’Homme (avec un grand H) veut à tout prix contrôler la vie, de son commencement à sa fin. L’Homme croit qu’il y a là un grand progrès social à restreindre l’accès à la vie à ceux qui ne correspondent pas à certains critères, fort subjectifs au demeurant. Et pour fréquenter des trisomiques, je peux vous certifier qu’il y a souvent chez eux beaucoup plus d’amour et de beauté que dans beaucoup d’individus dits "normaux". Et paradoxalement, il n’y a pas de suicide chez les trisomiques. Cela interpelle, non, le fait qu’on veuille interdire l’accès à la vie de personnes qui n’auront pas l’idée de s’éliminer eux-mêmes ? Cela ne vous donne pas l’impression qu’on prend un décision à leur place ?

                Icks PEY


              • 5A3N5D 24 mars 2008 15:38

                @ Icks PEY,

                Je ne vous adresse pas la parole. Vos propose témoignent amplement de votre agressivité et de votre incapacité à l’échange d’idées.

                Je trouve votre réaction un peu facile : certes, vous ne m’adressez pas la parole. Ceci ne m’empêche pas, comme n’importe quel commentateur sur ce forum, de contrer ou d’appuyer vos arguments. Nous sommes, jusqu’à présent, dans une démocratie, chose que vous semblez regretter. Toutefois, ce n’est pas vous qui m’empêcherez de réagir à un commentaire.

                Mon incapacité à l’échange d’idées est peut-être réelle, face à un personnage totalement obsessionnel pour qui la vie échappe à l’homme, de la conception jusqu’au dernier soupir. Je me permets en passant de vous signaler que le sujet du billet porte sur l’euthanasie en non sur la loi Veil et l’avortement, et que vous êtes donc hors-sujet en ramenant l’avortement sur le tapis. Mais, les débats ayant pris cette tournure, continuons.

                Lu hier, dans un quotidien de province : un couple a décidé de garder un enfant suite à un avortement spontané. Le foetus pesait tout juste plus de 500 g. Il a donc fallu entretenir la vie artificiellement. Une opération a été nécessaire (l’article ne dit pas pour quel motif.) Suite à cette opération, l’enfant a perdu la vue. Évidemment, on ne sait rien de la souffrance physique et psychologique de ce foetus.

                Ma question est donc la suivante : jusqu’à quelles extrémités la science et la société sont-elles prêtes à aller dans ce qu’il convient bien d’appeler "acharnement thérapeutique" ? Au siècle passé, quelles auraient été les chances de survie de ce foetus ? A votre avis ? 

                La science a fait des progrès, tant mieux. Mais science sans conscience...

                Libre à vous de considérer qu’un ovule fécondé est un être humain. Mais n’imposez pas vos convictions profondes à ceux qui en ont de différentes.

                Je ne suis pas pour une utilisation détournée de la législation sur l’avortement, acte qui laissera toujours des traces physiques ou psychologiques. Les moyens contraceptifs sont évidemment préférables, et de loin. Il est cependant "normal" de constater que ces moyens sont mis à l’index par certaines autorités religieuses, qui prônent tout simplement l’absence de rapports sexuels en dehors du mariage. Donc, plus besoin de contraception ou d’IVG. Et on retrouve inévitablement des interdits que nul ne peut être contraint d’accepter sans avoir fait profession de foi.

                Une question encore : les autorités religieuses sont-elles les mieux placées pour parler d’éthique ?

                Vous qui, dans un autre fil de discussion, dénoncez le "totalitarisme" des athées tout en leur lançant un appel à l’union avec les catholiques pour contrer la progression de l’Islam, ne pensez-vous pas que le totalitarisme en matière de bioéthique se trouve du côté de la morale religieuse, donc du côté d’une philosophie dualiste dans laquelle le corps est considéré comme l’ennemi de l’âme.

                Vous parlez avec votre conscience et c’est à votre honneur, mais n’oubliez pas que tous les humains ne partagent pas votre vision des choses. Même s’il vous paraît inconcevable qu’on puisse avoir des idées différentes des vôtres, beaucoup de vos arguments s’opposant à l’euthanasie ou à l’avortement sont loin de recevoir un agrément général. 

                Cessez donc de penser que vous seul pouvez avoir des "idées." Si un enfant trisomique peut en effet ne pas souffrir de son handicap, imaginez la souffrance psychologique, la culpabilisation dans laquelle peuvent vivre certains parents et ne la présentez pas comme une "norme" devant être imposée à tous.


              • Bobby Bobby 21 mars 2008 16:33

                Bonjour,

                 

                Bien bon article ! Il souligne en effet une hypocrisie... dans la multitude de celles qui nous baignent tous les jours. Il faut être attentif à se débarasser des contre-vérités... quand au climat dans lequel ces efforts louables sont tentés, ils me disent qu’il y a loin de l’idée à sa réalisation !

                 

                Pour ceux qui s’en souviennent, le premier médecin à avoir été pousuivi, s’en est relativement bien tiré...(un juif dont j’ai lu avec intérêt le livre... j’ai oublié son nom, sorry !) son but humanitaire avait été compris. Un excellent film avec Daniel Auteuil aborde ce sujet délicat "Un coeur en hiver". La problématique y est très finement exposée.

                 

                Vous, moi, dans les mêmes circonstances, Quid au point de vue de la justice ? Celà ferait de nous... des assasins ! Il y a bien là, matière à changer nos lois... notre mentalité, pour ne pas verser dans une dogmatique... opposée là aussi, à la réflexion !

                 

                Bien à vous


                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 17:23

                  Le distinction qualitative entre euthanasie passive et euthanasie active est parfaitement imaginaire dès lors qu’un produit anti-douleur administré à des doses suffisamment efficaces en fin de vie devient nécessairement létal a et que le simple fait de débrancher le malade provoque "activement " sa mort.

                  La seule différence quantitative est que ce que l’on appelle produit "passif" provoque la mort différée, à la différence du produit dit actif. Le premier prolonge l’agonie que le second raccourcit.

                  Ainsi si le produit passif soulage hypocritement la conscience et donc la mauvaise foi du médecin, elle ne tient aucun compte de la dignité au malade dans la mesure où sa volonté de mourir d’une mort inéluctable, en bénéficiant d’une courte agonie, n’est pas respectée.

                  La mort comme la vie nous appartient . Être libre c’est obtenir le droit de vivre et donc de mourir dans la dignité, sans donc être la victime de la morale hypocrite d’un autre qui prétendrait décider de la valeur de notre vie et du moment de notre mort à notre place.


                  • Bretzel man 21 mars 2008 18:24

                    Personne ne vous empêche de vous suicider.

                    CQFD avec l’épisode récent.

                    Le débat concerne essentiellement les personnes qui ne sont plus en mesure de prendre une décision.

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