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Accueil du site > Actualités > Société > Faillite de l’Education nationale : tous complices ?

Faillite de l’Education nationale : tous complices ?

Avant-hier après-midi, une manifestation était prévue dans les rues de Corte (Haute-Corse) en soutien à deux professeurs renvoyés devant le tribunal correctionnel pour « complicité de fraude aux examens ». De nombreux syndicats d’enseignants ou d’étudiants, ainsi que des associations de parents d’élèves, avaient appelé à cette journée d’action Scola morta (Ecole morte, en corse). Comment en est-on arrivé là ? Et qu’est-ce que cette affaire révèle de l’état de notre système éducatif ?

Il faut rappeler que l’académie de Corse se trouve dans la tourmente depuis l’automne 2008. Cinq personnes (dont l’ancien secrétaire général de l’académie et les deux enseignants en question) sont mises en examen dans le cadre d’une enquête sur une affaire de fraude au concours de recrutement des professeurs des écoles en 2007, à laquelle est venu s’ajouter un soupçon sur le Bac 2008. Les écoutes téléphoniques dont le rectorat a fait l’objet plusieurs mois durant révèleraient que des notes auraient été remontées sur commande, afin de privilégier certaines familles. Clanisme ? Clientélisme ? Une accusation que les syndicats d’enseignants insulaires, qui soutiennent leurs collègues mis en cause, rejettent catégoriquement. Pour eux, la seconde affaire devrait être dissociée de la première, et ne relèverait que d’une méprise quant à une banale procédure d’harmonisation des notes. Les intéressés seraient poursuivis… juste pour avoir fait leur travail normalement.
 
Pourtant, derrière ce dernier mot, « normalement », il y a une question de fond sur laquelle on aimerait bien voir s’exprimer avec autant de fougue tous les syndicats d’enseignants, qu’ils soient insulaires ou nationaux : que vaut vraiment le Bac, et quel est l’état réel du système éducatif ? Depuis la publication d’ouvrages critiques sur l’Education nationale (notamment ceux de Jean-Paul Brighelli), on sait très bien que les chiffres sont quelque peu frelatés, et ne reflètent nullement la réalité du niveau. Pire, ils peinent à voiler une réalité éducative à 40 vitesses, dans laquelle la valeur du diplôme dépend largement de la situation sociale et géographique du candidat. Un tel déterminisme empêche-t-il la révélation du talent lorsqu’il existe, y compris dans un milieu défavorisé ? Sans doute les conditions de l’égalité des chances sont-elles loin d’être réunies. La dérive pédagogiste, aboutissant au nivellement par le bas à force de « valorisation » abusive de l’élève, y est pour beaucoup, surtout quand elle est encouragée par une administration-voyou prête à casser le professeur qui maintient encore son niveau d’exigences. D’où les résultats inquiétants, concernant le système éducatif français, de l’enquête PISA rendue publique ces derniers jours.
 
« Que faire quand sur dénonciation d’une mère d’élève, un professeur est sommé de relever ses notes et que, faute d’obtempérer, on le traduit devant un triumvirat réunissant inspecteur d’académie, inspecteur pédagogique et chef d’établissement pour le menacer de sanction s’il n’obéit pas ? », s’interroge du reste Paul Villach dans un article publié sur Agoravox le 8 décembre 2010. 
 
Une chose est sûre, on attend encore un quelconque appel à une journée d’action Scola morta en soutien aux victimes de tels abus administratifs… Et pour cause. S’il faut saluer les « profs-résistants » qui, depuis des années, dénoncent une école à la dérive, beaucoup d’autres, en réalité, ont relayé avec complaisance les consignes les plus imbéciles pour « valoriser » l’élève « au centre du système »... Depuis 30 ans, ce sont bien eux les complices actifs du trucage des chiffres des examens, qui conduit en réalité à la dévalorisation du Baccalauréat : le jour des corrections, en effet, ce n’est pas l’inspecteur qui surnote, mais bien le correcteur devant sa copie. Et « obéir aux ordres », à cet égard, ne justifie nullement la perpétuation d’une mascarade privant le grand public d’informations fiables sur la réalité du niveau. Si les professeurs avaient vraiment voulu lutter contre la faillite du système, ils auraient très bien pu refuser d’appliquer des barèmes juste destinés à soigner les statistiques. Ca s’appelle « désobéir », tout simplement, pour ne pas céder à un Munich pédagogique. Comme l’écrit La Boétie dans son Traité de la servitude volontaire, le tyran tient son pouvoir du consentement du tyrannisé... et les recteurs et les inspecteurs successifs ont bien tenu le leur du consentement des enseignants eux-mêmes...
 
Si on filait la métaphore du monde de la finance, on pourrait dire que les fameux « 80% de réussite » représentent une sorte de « société-écran » servant à dissimuler les « malversations » (c’est-à-dire toutes les dérives, y compris en termes d’incidents violents, qui minent l’Education Nationale). Aussi le linguiste Alain Bentolila écrit-il avec justesse :
 
« [...] On trafiqua progressivement les examens [...] Et bien sûr, année après année, on diminua les exigences du bac pour en arriver aujourd’hui à cette parodie d’examen auxquels seuls les candidats semblent encore croire : ils déchanteront vite en s’apercevant du peu d’impact que ce diplôme a sur leur destin social. » (Le Figaro du 1er juillet 2010)
 
Les collaborateurs de cet artifice, eux, peuvent en revanche conseiller leurs enfants (en allant jusqu’à les mettre dans le privé pendant qu’ils manifestent avec le SNES, quelquefois) à partir d’un réel échange d’informations professionnelles. Le François Bégaudeau d’Entre les murs est en quelque sorte emblématique. Voilà un fils de classe moyenne qui en possède les codes, et qui sait en jouer pour se bâtir un réseau parisien et « faire carrière ». Il publie, crée une revue, récolte une palme d’or (!)... tout en cautionnant les thèses d’un Philippe Meirieu et la baisse du niveau. A ses élèves, il lance d’ailleurs « peu importe de savoir que Vienne est en Autriche » (réplique représentative de son refus d’instruire). C’est le démagogue par excellence. Et justement, cela signifie qu’il juge inutile de communiquer à une partie de la population (la plus modeste) certains savoirs et certaines informations. Il est en revanche heureux de les posséder pour son propre compte et de pouvoir les mobiliser. Comble du cynisme chez cet initié : il fait la montée des marches à Cannes avec ses élèves... en sachant pertinemment que ces derniers ne possèderont jamais les codes dont il se sert lui-même. Crime parfait, il parvient surtout à quitter son collège et à ne plus se retrouver devant ses « apprenants », après avoir passé son temps à les flatter... Il tire bien profit d’informations privilégiées qu’il se garde de transmettre à des individus étrangers à son milieu.
 
Alors oui, par définition, c’est là le « délit d’initié » auquel se livrent... de faux maîtres pour de vrais esclaves. Les deux enseignants de Corte sont-il coupables des faits qui leur sont reprochés ? Rien ne permet de l’affirmer, et il est légitime de s’inquiéter d’une judiciarisation des pratiques qui peut conduire le membre d’un jury d’examen en garde à vue et à une interdiction de quitter le territoire. La communauté éducative dans son ensemble, que ce soit en Corse ou dans les académies du continent, est-elle en revanche responsable des dysfonctionnements qui minent aujourd’hui notre école, et qui compromettent de fait un intérêt public ? Probablement.
 
 
Daniel Arnaud
Auteur de Dernières nouvelles du front, choses vues dans un système éducatif à la dérive, Paris, L’Harmattan, 2008.
 
 

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15 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 10 décembre 2010 13:08

    .

    Et vous vous étonnez que dans un système où « .. les chiffres sont quelque peu frelatés ..
    les profs complices du truquage des chiffres des examens .. le »80% réussite« s’apparente à un écran pour dissimiler malversations .. les profs collaborateurs de cet artifice savent, eux, se servir des codes pour promouvoir leurs propres enfants .. » et « l’exemple de Bégaudeau »,
     qui montre comment on se sert des codes à son profit et au détriment des « esclaves » ..
    vous vous étonnez qu’une mère d’élève lambda veuille le même traitement pour son enfant ?


    • Paul Villach Paul Villach 10 décembre 2010 14:15

      @ L’auteur
       
      Je partage évidemment votre point de vue.

      Mais comment sortir de l’impasse avec une administration-voyou recrutée pour violer la loi quand ça l’arrange, sans oublier le but ultime de la dégradation méthodique du Service public d’éducation, sa privatisation ?

      « La faisabilité politique de l’ajustement » est le titre du rapport de l’OCDE paru en 1996, et « l’ajustement » est cette opération cachée sous ce terme anodin si cher aux économistes pour ne pas affoler par le désastre qu’il signifie. 

      Les vautours observent l’avancement de la décomposition du cadavre pour fondre dessus le moment venu ... Paul Villach


      • french_car 11 décembre 2010 08:28

        Tiens pépère est sorti de son trou ? Il a lu un article pas écrit par sa personne ?
        Ah oui ça parle de ses ex congénères.


      • NeverMore 10 décembre 2010 14:48

        Et vous ne parlez pas des bâtons dans les roues que met « la communuaté éducative » aux initiatives des « non membres » qui tentent de sauver leurs enfants.

        Exemple, une institutrice de maternelle à refusé à ma fille (native de début janvier) un surclassement (pour éviter un an supplémentaire de profond ennui) qu’elle à jugé indispensable pour sa propre fille (native de février).

        Je ne parle pas de l’ostracisme qui frappe le choix, par des « non membres » de l’Allemand première langue (cà a tenu uniquement parce que je suis né en RFA).

        Ardent partisan de l’école publique (ex partisan, il y bien longtemps), j’ai dû recourir à des changements d’écoles et des passages par des écoles privées.

        Mes enfants s’en sont bien tiré, assez facilement malgré les mauvais pronostics de la communauté, mais quelle galère pour ls parents.


        • french_car 11 décembre 2010 08:30

          Tout à fait d’accord pour ce que vous dites à propos du clanisme mais quel rapport avec cette aberration que constitue l’Allemand première langue ?


        • NeverMore 11 décembre 2010 08:55

           Je veux dire que cette « filière » n’est (n’était ?) pas trop « encombrée », et qu’ils et qu’il font tout pour vous décourager. l’Allemand première langue est (était ?) réservée aux « bons » qui font en plus Latin puis peut être Grec.


        • latitude zéro 10 décembre 2010 15:29

          Toute cette « chienlit » découle de la casse de l’éducation nationale qui s’est fortement accélérée depuis 2007
          On retrouve forcément dans ce genre d’événement les servants-esclaves volontaires ...Rien de nouveau !

          En aparté :

          Un décret , un de plus ( N° 2010 1405 du 12 Novembre) passé en catimini concernant l’éducation nationale,

          paru au Journal officiel du 16/11/2010, met en place une « indemnité de responsabilité » pour les Recteurs. Cette indemnité comprend deux volets une part « fonctionnelle », et une part variable.

          • La part fonctionnelle, versée à tous les Recteurs sera de 15 200 euros
          • La part variable, sera déterminée en fonction "de la manière de servir et de la réalisation des objectifs qui leur ont été assignés" et le maximum sera de 6840 euros.

          En clair, un Recteur qui se contente d’appliquer les directives ministérielles sur les suppressions de postes... ne percevra « que » 15200 euros

          Celui qui appliquera cette politique avec zèle, qui nous expliquera que ces suppressions de postes n’auront pas d’effets sur les résultats des élèves, qui n’aura pas d’état d’âme pour s’attaquer aux EVS.... ce Recteur, particulièrement zélé, sera récompensé et percevra 22 040 euros

          Autre chose, en 2012, abandon définitif à leur triste sort ( au fond de la classe) des élèves en grande difficulté ( déficient intellectuel et cas sociaux) par la suppression des réseaux d’aide spécialisée.

          Les enseignants accueillent en classe « normale » de plus en plus d’enfants handicapés lourds dû au démantèlement progressif des organismes éducatifs spécialisés.

          Dans quelques années, à ce rythme ; l’éducation nationale ne sera plus qu’une ruine et les Français n’auront plus d’autres choix que l’école privée ... pour ceux qui pourront payer !


          • BOBW BOBW 10 décembre 2010 19:45

            Remercions effectivement  smiley ces « gouvernants-destructeurs de la Nation (Écoles-Hôpitaux-Services Sociaux-La Poste » qui répètent in lassablement« il n’y a pas de pagaïe » pour baillonner ,chloroformer tromper et ruiner le peuple... !


          • bluerage 10 décembre 2010 19:11

            si je peux témoigner, j’ai été prof pendant plusieurs années dans l’EN et les horreurs pédagogiques de mettre l’élève au centre du système« , »valoriser les compétences« etc a abouti à des profs qui mettent la moyenne aux »méchants« pour avoir la paix (la discipline ça n’existe pratiquement plus) et au bac on a des »grilles de notation« qui font qu’il est très difficile de mettre en dessous de 12 à l’écrit et 10 à l’oral, bref on veut à tout prix atteindre les 80 pour cent de »réussite« pour endormir les parents d’élèves, mais quelle mascarade dans le fond, quand il suffit de lire les journaux gratuits ou les textes de bas de pages à la télévision pour voir des fautes énormes du style »Omar m’a tuer", résultat d’années de laxisme et de laisser aller à l’EN.


            • poftyp 10 décembre 2010 22:57

              j’ai trimé des années sur les bancs de l’éducation nationale tout ça pour apprendre des trucs qui ont servi à rien

              mais ça ils s’en foutent à l’éducation nationale que les jeunes ils soient au chômage. ce qui leur importe c’est de justifier leur salaire.


              • french_car 11 décembre 2010 08:44

                Quand l’EN abaissera le niveau de recrutement elle aura des personnels motivés et non des BAC+5 recrutés par l’échec qui déverseront leur bile sur les élèves et ne travaillent que pour les 3 meilleurs de la classe en laissant les autres sur le sable.


                • apopi apopi 11 décembre 2010 08:55

                   Cela fait au moins 30 ans, sinon plus que l’école publique part à la dérive, il n’y a plus que dans le privé ou l’on dispense un enseignement digne de ce nom. Même les musulmans qui en ont les moyens mettent leurs gosses dans des écoles catholiques, c’est tout dire.

                   Rassurez vous, si la « gauche caviar » revient au pouvoir ils vont se hâter de ne rien faire.

                   Instruire le peuple ? La bonne blague, et lui donner le pouvoir aussi, à y être... que le corps enseignant se rassure, ils pourront continuer à manifester, pour l’instant.


                  • Geneste 12 décembre 2010 11:44

                    Excellent article.


                    • JJ il muratore JJ il muratore 15 décembre 2010 08:50

                      Cet article démontre que depuis + de 30 ans l’EN s’est dénaturée, de l’intérieur.
                      Les naïfs, à moins qu’ils ne soient hypocrites et fourbes, accusent « la casse par le gouvernement »
                      Tu parles !
                      Les personnels, les syndicats, ont été les premiers à transformer l’EN en cet énorme foutoir corporatiste et indifférent à l’élève.
                      L’EN a été belle et grande tant qu’elle avait quelque chose à conquérir : le respect par la démonstration de son efficacité. Ce sont les « Hussards de la République » qui l’ont construite.
                      Puis, comme dans toute institution, le temps de la dégradation est venu qui est celui des Héritiers. Conserver sans démontrer, sans mérite.


                      •  C BARRATIER C BARRATIER 17 décembre 2010 14:22

                        Il s’agit parmi nos gouvernants toujours de la même méthode : discréditer un service public pour le casser peu à peu dans le droit fil des recommandations de l’OCDE qui dans le cahier numéro 13 de son centre de développement préconise la méthode (j’ai mis l’intégralité de ce cahier, dans sa dimension machiavélique sur mon site
                        Retraités dans la République
                        pour les curieux.)

                        L’Education nationale désormais met devant des élèves des êtres humains qu’elle va détruire sans leur apporter aucune formation : des profs devant un métier difficile sans rien pour les soutenir. Pour faire de notre école un service d’excellence, la République avait créé les Ecoles Normales d’Instituteurs et d’institutrices. Supprimées par Napoléon 3, rétablies par la République, supprimées par PETAIN, rétablies à la Libération, supprimées par JOSPIN poue les intégrer à des Instituts universitaires de formation des maîtres, fermés depuis 1 an.

                        http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=183

                        L’opération de dilution disparition des services publics continue tous azimuts parce qu’il s’agit tout simplement de tuer la République en tuant son école, son système de soins ..etc.

                        Je veux témoigner de la valeur des baccalauréats quoi qu’en écrive l’auteur, les élèves travaillent beaucoup pour l’obtenir et acquièrent des méthodes de travail qui leur serviront toute leur vie. Et aussi un esprit critique, le plus ennuyeux pour des pouvoirs qui manipulent sans arrêt l’opinion publique.

                        Je témoigne que devant les pressions pour des passe droit les fonctionnaires de l’Education nationale qui ne sont pas sous les ordres des préfets résistent magnifiquement. Je n’en dirai pas autant avec les grades élevés du Trésor pour des passe droit en matière d’impôt pour les plus riches, souvent l’objet de remises énormes (des millions d’euros), ni des services de police et de gendarmerie qui traquent toujours les mêmes...et pas souvent les bons !

                        Pour m’être occupé directement d’organiser des bacs, de les encadrer, de garder le secret des sujets donnés, je veux saluer la haute moralité des personnels de tous ordres.

                        S’agissant d’un passe droit pour l’inscription d’un élève à l’école élémentaire, je tiens à signaler que ce n’est pas la directrice de l’école qui décide des admissions à 3 ans mais les maires des communes. Et qu’il appartient aux citoyens de porter devant leur conseil municipal un éventuel abus, à tous les coups ça va marcher. Le maire n’est pas un fonctionnaire public et n’est pas attaché forcément à la qualité de ce service. Trop souvent même il favorise l’école privée contre sa propre école....Faire de la publicité sur ces errements est le meilleur moyen de les faire cesser.

                        http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=140

                        Voir en particulier ci dessus ma lettre aux maires qui donne des détails.

                        Je préfère résister que contribuer à la casse de l’école de la République par des commérages sans preuve, des insinuations, comme le fait l’articlae auquel je réponds ici.


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