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Accueil du site > Actualités > Société > Faire cracher le client

Faire cracher le client

Le gouvernement veut donc s'attaquer à un mal multimillénaire qui gangrène la société. D'autres gouvernements s'y sont essayés. Sans grand résultat. Sous le prétexte de moralisation de la société n'assiste-t-on pas à une vaste opération où l'hypocrisie est sous-jacente ?

Au cours des siècles de nombreuses initiatives ne sont jamais venues à bout de la prostitution, cette pratique qui déshonore la société. Marthe Richard avait fait fermer les maisons closes (loi du 13 avril 1946 - gouvernement Félix Gouin, socialiste). La prostitution s'est alors développée en se répandant encore plus dans les rues où il est plus facile, pour le client, de répondre à une sollicitation que de pousser une porte. 

Avec ce quasi-échec se pose alors la question : La prostitution n'étant pas un problème spécifiquement français mais mondial, est-il possible de créer un ilôt de vertu (la France) dans un océan de libertinage (le monde) ? Ce d'autant plus qu'à partir du 1er janvier 2014 les dernières barrières pour l'application des accords de Schengen seront levées. Ce sera la totale libre circulation des personnes et des biens entre tous les pays de l'Union Européenne. Les pays limitrophes vont devenir encore plus attractifs pour ce genre d'activités.

Il y a déjà eu des lois limitant cette activité. La dernière (2003) concernait le racolage passif ou actif. Elle remettait en vigueur une loi qui avait abrogé une autre loi votée 10 ans plus tôt. Le Sénat, puis l'Assemblée Nationale, sont en cours de l'abroger. Un nouveau texte est en préparation... Les précédentes n'ayant eu que peu d'effets sur ce fléau. Néanmoins, il est de bon ton d'exploiter le filon lorsque des échéances électorales approchent. Cela occupe le débat public tout en masquant les autres gros problèmes. 

Côté moralité, individuelle et publique, c'est autre chose. N'est-elle pas en chute libre par l'acceptation tacite de certaines pratiques ou initiatives telles que :

- La pornographie qui s'étale partout, en toute liberté. Des magazines télé vendus dans les supermarchés en font la promotion et proposent des rencontres aux ados (messagerie rose).

- L' édition de luxueuses publicités de mode, provocatrices, excitantes, rendant la femme objet de désir.

- En introduisant la sexualité dans les têtes des enfants, de plus en plus jeunes. Le ministre Peillon (socialiste) n'a-t-il pas annoncé, par sa circulaire du 10 avril 2013 aux recteurs, que l'Etat doit promouvoir, dès l'école primaire, l'éducation à la sexualité ? Puis en inscrivant au programme scolaire élémentaire la théorie du genre ?

 

Le sujet est très sensible car il touche, bien évidemment, à la sexualité qui mène le monde. Son exploitation, sous forme de business, intéresse les instances financières internationales. Elles ne voudront jamais se dessaisir des sommes incroyables qui transitent par ses caisses (quelque trente-cinq milliards d'euros de C.A. annuel pour le monde) ; ces mêmes organismes étant en rapport avec les gouvernements comme intervenants dans les circuits économiques. 

Par ailleurs, n'est-ce pas de l'hypocrisie pour un Etat de se faire sermonneur quand il profite de la prostitution ? L'article 92 du Code Général des Impôts (bénéfices non commerciaux) considère les revenus de la prostitution comme imposables (donc taxables à l'URSSAF) et ceux découlant du proxénétisme également au titre des B.I.C. (bénéfices industriels et commerciaux). 

Quand Eva Joly écrit dans son livre Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? "(...) cette perversité envahit l'ensemble du corps social, plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus cette élite assure son impunité. Le sexe fait partie intégrante du pouvoir, les deux formant bon ménage avec l'argent", on peut se demander légitimement, si l'Etat est bien dans son rôle de moralisateur. 

Gageons que si Dominique Strauss-Khan, socialiste, n'avait pas été écarté, suite à ses démêlés avec la justice new-yorkaise, il serait Président de la République et signerait cette future loi !

La nouveauté est la punition du citoyen qui veut profiter de cette possibilité sexuelle, pourtant autorisée. Une fois de plus l'Etat profitera de la situation en encaissant les amendes !

Comment le prendre en "flagrant délit" nécessaire pour établir le délit ? En multipliant les vidéo-surveillances. Que de nouveaux emplois en perspective ! Comme il en faudra beaucoup, il y a là un moyen d'inverser la courbe du chômage !

Bien sûr, on peut voir dans cette initiative gouvernementale la recherche d'une solution à ce fléau, non critiquable en soi, afin de modifier le regard sur la relation personne prostituée (Pp)-client. L'erreur n'est-elle pas de chercher à tout prix un coupable, parmi les citoyens, la femme d'abord, maintenant le client, pour éviter de frapper au bon endroit ? De nos jours, l'extension de la prostitution n'est-elle pas, entre autres, la conséquence de la situation économique ?

Cette loi, actuellement à l'étude, agira comme un cautère sur une jambe de bois car, sans changement économico-monétaire, le phénomène que l'on veut éradiquer ira, au contraire, en s'amplifiant mais sera de moins en moins visible.

L'économie d'endettement imposée aux peuples, avec ses intérêts usuraires monstrueux à payer, est responsable du chômage, de la pauvreté et son contre-coup la misère, qui s'étendent un peu plus tous les jours, fait le lit de la prostitution. L'argent qui pourrit tout a, en plus, pour conséquence une fiscalité abusive qui devient insupportable, bien loin de l'esprit de justice sociale et fiscale dont se réclame M. Ayrault, Premier ministre. 

Tout cela parce que, aux risques de se redire, les peuples sont bel et bien tombés sous le coup d'un nouvel asservissement, plus terrible car sournois, que celui abrogé par le décret du 27 avril 1848. Cet esclavage par l'endettement oriente les peuples vers toujours plus de difficultés pour, suivant l'expression populaire, "joindre les deux bouts". La prostitution offre le moyen facile d'arrondir les fins de mois, voire procurer les moyens pour vivre à défaut de trouver un emploi.

Toutes les mesures proposées jusqu'alors ne sont que fadaises. Tant que la monnaie sera, par elle-même, source d'enrichissement sans fin, la prostitution subsistera. Elle ne disparaîtra que par une réforme économique et monétaire, hélas, non inscrite dans les programmes gouvernementaux. Elle devrait même être l'objectif n° 1 des instances de l'Union Européenne qui préfèrent, pour le moment, débattre du remplissage des chasses d'eau. 

En attendant que, dans un futur peut-être pas si lointain, les nouvelles technologies apportent une modification virtuelle aux pratiques sexuelles, ce qui réglerait définitivement le problème !

Bernard Larguèze

(nov. 2013)

 


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9 réactions à cet article    


  • Scual 22 novembre 2013 12:49

    Le problème est la traite d’être humain et l’esclavage. Une des conséquences de ce problème se fait sentir dans la prostitution qui n’est pas quelque chose de mauvais en soi.

    Par conséquent on s’attaque aux conséquences plutôt qu’aux causes et en plus on le fait AUSSI au niveau de la prostitution qui ne pose aucun problème.

    Il s’agit probablement d’une des choses les plus débiles et contreproductives jamais faites par un gouvernement depuis la prohibition aux USA. Il s’agit de renforcer le monopole des mafias esclavagistes sur la prostitution, aggraver les conditions déjà désastreuses dans lesquelles celle-ci a déjà lieu précisément à cause de son interdiction.

    Vous aimez la mafia, la criminalité, l’insécurité, l’esclavage, la répression de personnes innocentes, le divorce entre la population et la police ? Tant mieux pour vous, vous allez être servis !

    Cette fois-ci, Mélenchon avec qui je suis très souvent d’accord, soutient une proposition absurde, contre-productive, inhumaine, dangereuse et totalement contraire à tout les principes qu’ils prétend défendre et aux méthodes radicales, concrètes et raisonnées qu’il prétend utiliser.

    Sur ce sujet, il a TOUT FAUX et peut trouver une critique totale de sa position dans ses propres discours. Il m’arrive de ne pas être d’accord avec lui sur certains sujets mais à chaque fois son point de vue se défends... cette fois-ci je dois admettre que je suis profondément déçu par son incohérence et le caractère néfaste à tout point de vue de la position qu’il défend. Celui-ci ne peut se justifier autrement que par des raisons démagogiques puisque contraires à tout ce qu’il prétend défendre : il veut garder le vote des femmes, y compris en sacrifiant les victimes de trafics humains sur l’autel des revendications du féminisme réactionnaire.


    • leypanou 22 novembre 2013 18:38

      @Scual :

      La pseudo-gauche moralisatrice doit être présente parmi ses conseillers. Pareil en politique étrangère (Syrie, Iran essentiellement, cf sa critique de la position du feu Chavez) : complètement à coté de la plaque. S’il (JL Mélenchon) la ferme de temps en temps sur certains sujets qu’il ne maîtrise pas, cela ne peut que faire du bien au FdG, l’une des raisons de la stagnation du FdG est là.


    • Scual 23 novembre 2013 00:03

      Sauf que je suis à 100% d’accord avec sa position sur ces sujets.


    • Scual 23 novembre 2013 00:06

      J’ajouterais qu’y voir la raison de la stagnation du FdG est à mourir de rire.

      Si la campagne médiatique anti-mélenchon devait être chiffrée, elle s’élèverait à plusieurs millions d’Euros.

      Dans ce contexte même une stagnation est une réussite.


    • Ramana Ramana 22 novembre 2013 13:01

      Montrer du doigt de temps à autre la prostitution des corps qui se reconnaît comme telle, c’est détourner l’attention de la prostitution des comportements qui ne se reconnaît pas comme telle, et qui est partout chez ceux-là mêmes qui désignent la première. Et ce n’est là qu’une des raisons, peut-être la plus essentielle.


      • Montdragon Montdragon 22 novembre 2013 15:46

        En attendant que, dans un futur peut-être pas si lointain, les nouvelles technologies apportent une modification virtuelle aux pratiques sexuelles, ce qui réglerait définitivement le problème !

        http://www.bedetheque.com/album-572-BD-Ouisky-SPV-et-homeoputes.html


        • Marais 22 novembre 2013 16:43

          Côté moralité, individuelle et publique, c’est autre chose. N’est-elle pas en chute libre par l’acceptation tacite de certaines pratiques ou initiatives telles que

          Je trouve que vous n’allez pas assez loin, et j’ai quelques solutions à vous proposer. Il faut proscrire la masturbation, source de perversion. Mettre en place une ligue de vertu afin de punir tous les pervers qui courent dans nos rues. Interdire les images sexualisées. Imposer une ceinture de chasteté à tous les déviants. Rétablir le mariage obligatoire. Instituer le catholicisme comme religion d’État, afin de faire rentrer dans la tête de tous que le sexe sert uniquement pour procréer. Créer une camisole chimique pour tous les criminels, comme ceux qui sifflent une jolie femme dans la rue.
          Brûler tous les ouvrages érotiques ou mettant en scène des scènes sexualisées. Réinstaurer la peine de mort pour tous les déviants qui refusent une sexualité normale et saine, comme les homosexuels, les pédophiles, les zoophiles, les nécrophiles, les sadiques-masochistes...

          Pour compléter le tableau, je vais compléter par une citation d’un auteur peu connu, Françoise Dolto :« Le seul péché est de ne pas se risquer pour vivre son désir. »
          Je suis sûr qu’ensemble nous ferons admettre à tous ces pauvres pécheurs la vérité.


          • mpag 22 novembre 2013 20:25

            Encore un peu plus loin, prenons un pilule semblable au « zona » du meilleur des mondes afin de faire disparaître ce qui fait de nous des êtres humain imparfaits au regard d’une idéologie dominante 

            Les sentiments déviants sont les maux de notre société, elle a permis la guerre, les meurtres, les viols, tous cette acharnements barbare de la nature humain 
            faisons de nous des êtres de lumières grâce à cette pilule, nous avons gagner le combats contre notre propre nature imparfaite et faits de nous des des êtres..........tous sauf humain

            En clair il ne suffit pas de combattre la forme mais de s’attaquer au fond du problème avec ce qui fait de nous des êtres humains (des êtres possédés d’ombres et de lumières)

            • claude-michel claude-michel 23 novembre 2013 08:54

              Les plus grandes « PUTES » sont les politiciens...leur tarifs sont prohibitif.. ?

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