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Accueil du site > Actualités > Société > Faut-il abolir les 35 heures ?

Faut-il abolir les 35 heures ?

En plaidant pour un « déverrouillage » des 35h, Manuel Valls a sans nul doute réussi un excellent coup médiatique. Mais il a aussi relancé le débat sur l’intérêt de cette mesure socialiste emblématique, largement détricotée depuis son lancement, dans un contexte économique et social très différent de celui qui l’a vu naitre en 1998.

Historique et impact

Lancée par le gouvernement Jospin en 1998, et défendue notamment par Martine Aubry, alors ministre des affaires sociales, la réforme des 35h avait d’abord pour objectif la création d’emplois (700.000 pour le gouvernement socialiste d’alors). Cette diminution de la durée hebdomadaire légale du travail avait pour contrepartie une plus grande flexibilité des horaires.

Entrée en vigueur en 2000, ses effets réels ont fait l’objet d’un débat assez vaste. Il existe néanmoins un certain consensus pour considérer que cette réforme a eu pour résultat :

· la création d’un certain nombre d’emplois à court termes (peut-être 350.000 entre 1998 et 2002 d’après l’INSEE) ;

· Une modération salariale et des gains de productivités pour les entreprises (grâce notamment à l’annualisation du temps de travail) ;

· Un poids important sur les finances publiques (lié aux baisses de charges).

Une analyse de 2003 de l’OCDE concluait que « Au total, les effets à court terme de cette mesure ont très probablement été positifs sur l’emploi. Dans une perspective de plus long terme, on peut craindre que cette politique de réduction collective du temps de travail pèse lourdement sur les finances publiques et qu’elle ait entamé le potentiel de croissance économique. »

Bien qu’il soit difficile d’évaluer avec précision l’impact de ces mesures sur l’ensemble de l’économie française, il faut néanmoins noter que ceux-ci ont été variables en fonction des entreprises et salariés ;

· Les PME et leurs salariés ont été peu affectés, en raison des différentes mesures d’exemption prévues dans les lois successives. L’application retardée de cette loi pour les PME, et un régime dérogatoire au niveau des heures supplémentaires, a entrainé pour ces salariés soit un très léger accroissement de salaire, soit une légère augmentation des congés, à coût quasi-nul pour les PME.

· Les grandes entreprises ont appliqué les 35h en y couplant une réorganisation de leur fonctionnement (flexibilité), qui a souvent conduit à des gains de productivité importants. Les salariés qui ont le plus bénéficié de cette mesure sont sans doute les cadres (par l’intermédiaire des RTT). L’impact financier éventuel pour les ouvriers par exemple a souvent été contrebalancé par des accords de modération salariale sur le long terme. Les gains en matière d’emplois ont été variables, en raison d’un processus de délocalisation d’un certain nombre d’activités de ces entreprises.

· Les services publics ont en revanche été plus impactés. Les collectivités locales ont généralement procédé à des embauches afin de maintenir leurs services, mais l’État, en raison de sa situation financière, n’a que rarement pu compenser la réduction du temps de travail. L’exemple le plus flagrant des difficultés d’adaptation a bien sûr été celui de l’hôpital.

En termes macro-économiques, il faut néanmoins aussi indiquer les impacts indirects de cette réduction générale du temps de travail, sur le tourisme par exemple, qui sont assez difficiles à chiffrer.

Au fil des années, les gouvernements de droite qui ont suivi le gouvernement Jospin ont petit à petit limités l’impact de cette réduction du temps de travail pour les entreprises par divers assouplissements. L’ensemble des divers dispositifs dérogatoires des lois Aubry ont été définitivement remplacés en 2007 par la loi TEPA, instituant une modification du système de taxation des heures supplémentaires. En revanche, il n’y a pas eu de remise en cause du système dans le secteur publique.

Faut-il réformer, maintenant ?

Contrairement au mécanisme institué par Gilles de Robien en 1996, les 35h ne couplait pas obligatoirement l’exonération de charges à l’embauche, et s’appliquait à l’ensemble des travailleurs. On était donc plus dans une vision « sociale » que strictement économique, avec un coût financier nécessairement important pour la collectivité.

Dans la mesure où le contexte économique et financier est infiniment plus délicat qu’en 1998, et que l’impact éventuel sur l’emploi des 35h est depuis longtemps terminé, il n’est donc pas illégitime de se poser la question de leur pérennité, d’autant que les mesures récentes d’assouplissement contenues dans la loi TEPA ont été, de l’avis de la grande majorité des économistes, contre-productives.

La proposition d’Emmanuel Valls est celle d’un accroissement de la durée légale de travail hebdomadaire, de 35 à 37 ou 38h (disons 37,5 pour faire simple, soit 30 min/jour), augmentation intégralement payée (37,5 payées 37,5), avec la disparition de l’exonération fiscale inscrite dans la loi TEPA pour les heures supplémentaires entre 35 et 39h hebdomadaires. Quelles en seraient les conséquences éventuelles ?

· Les salariés du privé les plus modestes seraient peu affectés : une partie n’est pas imposable (et ne bénéficie donc pas de la défiscalisation des heures sup), une partie serait effectivement légèrement affectée par une légère baisse de revenus (en moyenne une dizaine d’euros par mois), tandis que d’autres auraient l’avantage de bénéficier d’un accroissement de revenus liés à l’accroissement de travail. Il faut de plus indiquer que la loi TEPA a sans doute eu pour effet pervers de déplacer vers les heures sup des embauches potentielles. Il est donc possible qu’une légère reprise des embauches résulte de cette réforme, plus probablement au niveau de l’intérim.

· Les PME seraient peu affectées, dans la mesure où elles ont été jusqu’ici épargnées par les lois de réduction du temps de travail. Néanmoins, un accroissement de la durée légale pourrait avoir un impact positif pour certains artisans et commerçants, en permettant un allongement de leur durée d’ouverture.

· Les cadres pourraient voir le nombre de leur RTT diminuer ; en effet, leur durée effective de travail est en général supérieure à 35h, compensée par les RTT. Leurs revenus ne devraient pas être globalement modifiés, mais cette réduction des RTT pourrait s’accompagner de revendications salariales nouvelles.

· Les grandes entreprises pourraient en revanche voir globalement leur masse salariale s’accroitre, les 37,5h remplaçant un système plus flexible de recours aux heures sup. C’est sans doute la raison pour laquelle le Medef est actuellement opposé à cette proposition.

· L’impact le plus sensible serait de nouveau situé dans les services publics : si l’accroissement de la durée hebdomadaire de travail permettrait sur le long terme une meilleure gestion du nombre de fonctionnaires, le surcout à court termes pour l’État et les collectivités serait très important s’il était intégralement compensé par des hausses de salaires correspondantes.

On le voit, en l’état, une telle proposition n’est pas sans poser quelques problèmes. Il est loin d’être certain que les gains financiers liés à l’abandon des mesures d’exonérations fiscales puissent être compensées par les surcoûts directs dans le secteur public. En revanche, une telle mesure pourrait avoir un effet positif sur les comptes sociaux, dans la mesure où ces heures nouvelles ne sont plus exonérées de charges sociales.

Afin d’être réellement intéressant, une telle mesure d’abandon des 35h mériterait d’être complétée par plusieurs éléments :

- Le retour vers un décompte des horaires pour un certain nombre de cadres intermédiaires (notamment commerciaux) forcés à travailler au forfait, avec de nombreux abus ;

- Un renforcement du corps des inspecteurs du travail parallèlement à cet assouplissement ;

- Un chiffrage du cout/bénéfice pour la fonction publique (cet accroissement ne pourra pas se traduire intégralement par une augmentation de salaire, mais pourrait être traduit de façon mixte au niveau retraite par exemple) ;

Éventuellement, on pourrait imaginer que ce retour au 37,5h soit proposé de façon provisoire (jusqu’en 2015) afin de permettre à la fois un redressement des comptes sociaux et un accroissement du pouvoir d’achat, et être alors réexaminé par le parlement en fonction de la situation économique.

Sur le plan de l’emploi, il est probable que la mesure serait neutre. Pour être pleinement efficace, les mesures d’allègement de charges doivent être plus strictement reliées aux embauches. Si la réduction du temps de travail doit légitimement demeurer un objectif social, il doit aussi être conçu de façon plus flexible pour tenir compte des situations très différentes auxquelles doivent faire face petites ou grandes entreprises et fonction publique. De façon plus générale, il ne serait pas inutile de revisiter le système proposé par la loi de Robien de 1996, qui avait lui conduit à des embauches pérennes dans un réel mécanisme de négociations collectives. Il faut aussi souligner que le système des 35h avait en son temps été critiqué au sein du PS par les partisans de la semaine de 4 jours, qui avaient inspiré le mécanisme Robien. Dans cet esprit, si une remise en cause des 35h devait voir le jour, il semblerait nécessaire de coupler les réflexions indispensables de leur impact financier à celles sur de nouvelles options pour permettre des réductions de temps de travail plus efficace en matière d’emploi et plus souple en fonction des entreprises concernées.


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30 réactions à cet article    


    • ddacoudre ddacoudre 4 janvier 2011 21:24

      bonjour voltaire

      en un siècle le temps de travail a été divisé par deux, et en quoi les 4 h de réduction du au 35h seraient la cause de nos difficultés et en quoi sa remise en cause nous sauverez, nous véhiculons une contre vérité que dément l’évolution historique du temps de travail.de la même manière qu’il est faux de soutenir que l’activité de l’état constitue un poids économique freinant la relance ou l’investissement. l’état est un consommateur qui représente une demande que les investisseurs peuvent satisfaire par leurs offres ni plus ni moins.

      j’ai rédigé un article qui synthétise un peu cela je te mets le lien. http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=86740.ddacoudre.over-blog.com .

      cordialement.


      • Voltaire Voltaire 4 janvier 2011 23:06

        Bonjour ddacoudre,

        Je pense que vous avez mal interprété ma pensée.
        Les 35h ont eu des effets positifs, et la réduction progressive du temps de travail est un progrès social. Simplement, il faut sans doute revoir l’efficacité du système en fonction de ses objectifs, et des capacités de financement existantes.
        A mon avis, la principale erreur du gouvernement Jospin a été d’instituer un système à vocation globale sans prendre en compte les spécificités de certains secteurs, en particulier des services publiques.
        A titre personnel, je ne trouverais pas choquant une évolution partielle du système actuel, au moins de façon transitoire, pourvu qu’elle permette de mieux équilibrer certains équilibres financiers et ne soit pas défavorables aux catégories les moins favorisées. Il s’agit là d’un facteur parmi d’autres (comme l’impôt) sur lequel on doit pouvoir agir, surtout si cela permet de concilier emplois et équilibres financiers. Concilier une légère augmentation de la durée légale du travail avec des incitations à une réduction liée à l’embauche me semble un compromis intéressant qui mérite d’être étudié.


      • ddacoudre ddacoudre 5 janvier 2011 10:05

        bonjour voltaire

        je ne te faisais pas de procès d’intention il est vrai que je n’ai pas développé ma pensé.
        la réduction du temps de travail ne peut effectivement pas s’appliquer uniformément en fonction des activités professionnelles, et il serait parfois intelligent de répartir le temps de travail d’une autre manière que hebdomadaire. ce ne sont que des ajustements techniques nécessitant une avance de trésoreries ou de financement par les entreprises, qui ensuite la répercute sur les clients, c’est le cercle permanent.
        je rappelais souvent qu’il ne fallait pas craindre de revendiquer des améliorations sociales, mais qu’il fallait avoir conscience que c’est par le travail qu’on se les paie, l’entreprise ou autre n’étant qu’un qu’un lieu de transformation duquel des particuliers en retirent leur dividende qui s’oppose au coût de production, dont les charges salariales et autres sont la partie ajustable.

        alors il parait toujours de bon ton pour certains d’en faire le mouton noir au travers d’un faux débat parce qu’il n’arrivent pas a comprendre que ce qu’ils paient indirectement ils le débourseraient directement pour avoir les mêmes services, en gardant cette illusion dogmatique que la concurrence et libre et productive comme s’il s’agissait d’une vérité absolu.
        avec la chine nous en mesurons la capacité destructrice aussi.

        cordialement.


      • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 4 janvier 2011 23:28

        Avant de chercher à revenir sur les conquêtes sociales arrachées de hautes luttes par les peuples je propose d’abolir les privilèges de l’aristocratie néolibérale.


        • vinvin 5 janvier 2011 01:27

          Mais non, vous n’ avez encore rien compris au film !


          Ce n’ est pas les 35 heures qu’ il faut abolir. Il faut abolir purement et simplement le Travail et puis c’ est tout !

          (A lire l’ article paru « si je me souviens bien » ?... le 16 décembre de Monsieur Olivier-CABANEL, qui s’ intitule : TRAVAILLER, MOI JAMAIS).


          VINVIN.

          • ddacoudre ddacoudre 5 janvier 2011 11:31

            bonjour vinvin

            je t’ai retiré un vote négatif, car tu as raison, mais bien naturellement nous aurions une autres existence et pas forcément pire, mais bien sur il faut comprendre le travail dans son sens « esclavagisant » et aliénant, sinon nous aurions des activités « librement » consenti,autant que l’on peut être libre.

            ddacoudre.over-blog.com .

            cordialement.


          • patdu49 patdu49 5 janvier 2011 06:39

            Valls,
            perso je l’ai jamais senti, comme un mec de gauche, ... ma première impression, de la première fois ou j’ai du le voir à la télé, était la bonne.

            sinon oui il faut abolir les 35 heures légales comme base, pour passer aux 32 heures.

            il est grand temps quand 7,5 millions de chomeurs :
            http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/vrais-chiffres-chomage-novembre-86398

            de partager et les richesses et le temps de travail.

            32 heures de +, ça serait pratique, déjà pour calculer les temps partiels, ça ferait des comptes ronds :
            1/4 temps = 8h
            mi-temps = 16h
            3/4 temps = 24h
            plein temps = 32h

            ça permetrait d’amplifier la semaine de 4 jours, et donc de faire des économies, sur les frais de déplacements, de reduire la polution etc ...

            et de toutes façons l’évolution d’humanité, c’est d’avoir + de loisirs, de repos, de temps libre, c’est consommer moins et + intelligemment, c’est travailler moins pour gagner +, + de qualité de vie.

            avec l’evolution des technologies, des machines peuvent effectuer le travail de centaines de personnes.

            il y a plein d’emploi, complètement inutiles à l’avancée de l’humanité, des emplois avilissants, des emplois polluants, d’arnaques, etc ...

            des emplois inutiles aussi bien dans les secteurs du privé, que dans des secteurs du public ... qui ne servent à rien dans l’absolu, à part faire tourner un système injuste qui marche sur la tête ..

            comme maintenir de la pauvreté, et faire de la repression sur les pauvres, ça crée des emplois inutiles, couteux pour la collectivité, ça pollue, etc etc ... police, justice, dégradations, vols, violences, cout des incarcérations, etc etc ..

            comme multiplier les organismes et mesures de gestion de la pauvreté, plutot que d’accorder tout simplement aux privés d’emploi une allocation universelle qui permette de survivre dignement, c’est multiplier des emplois inutiles, polluants, couteux pour la collectivité ... c’est débile, d’une débilité sans nom tout ça ...

            c’est du style, ou un pauvre qui va demander une aide de 100€ pour payer son EDF, ça va couter en gestion de sa demande d’aumone, 2000€ à la collectivité ... entre la paperasse, le nombre de services, de fonctionnaires, de locaux, d’ordinateurs, de déplacements etc etc pour traiter sa demande ..
            et ça le sortira en rien de la pauvreté, puisque le mois suivant, il sera dans la même merde, ... ça le poussera à entrer dans la délinquance, et là ça va encore couter des dizaines de milliers d’euros, en frais de justices ... ça va engraisser des juges, des avocats, des greffiers, couter en locaux, chauffage, deplacements, etc rebelotte ...

            tout ça pour quoi au juste ??

            c’est ça la vie ? ...

            bah mes petits frères, on est pas dans la merde, avec les idéologies préhistoriques de certains.


            • Voltaire Voltaire 5 janvier 2011 10:28

              Travailler moins pour gagner plus... joli slogan, mais un peu utopiste quand même non ? Avant de partager les richesses, ce qui est un objectif légitime, il faut d’abord en créer. Même en réduisant les gaspillages que vous soulignez avec justesse, on ne peut pas couvrir les besoins en matière de protection sociale, de retraites, de services etc... Notre société fonctionne, avec ses imperfections, sur un modèle de redistribution partielle de ses richesses de façon solidaire. Si la quantité de richesses diminue, la redistribution diminuera aussi. Alors on peut toujours essayer d’accroitre l’efficacité du système, mais il y a quand même des limites.
              32h hebdomadaire, c’est sans doute possible pour une partie de la société, mais cela ne me parait pas généralisable, au moins à court ou moyen termes.


            • ddacoudre ddacoudre 5 janvier 2011 11:50

              re voltaire

              j’ai commencé le travail avec 60 hebdomadaire en 67, j’ai négocié toutes les réductions d’horaires et la 5e semaine de congé dans ma branche et dans mon entreprise, il n’y a que des difficultés techniques, et politiques. nous sommes en surcapacité de production nous devons dans certains secteurs jeter brader pour maintenir des revenus acceptables, en 1985 un ouvrage est sorti expliquant que 2heures de travail suffisait à fournir ce dont nous avions besoin. si bien sur je reconnait qu’il est impossible de définir arbitrairement ce dont nous avons besoin, il est aussi dangereux de dire que notre salut tient dans le toujours plus.
              pour avoir « comptablement » mesuré ces réductions, il m’était toujours expliqué qu’elle réduisaient l’investissement, car les protagoniste patronnaux ne regardaient qu’au pas de leur profit et non ceux qui en découleraient. s’il fallait revenir en arrière ce serait catastrohique 70% de l’activité dépend des services de tout ce qui a découlé des réduction du temps de travail. certes ce n’est pas aussi simple que ce que nous disons dans nos brefs échanges, mais il n’y a pas d’empêchement à la réduction d’horaire si ce n’est une stratégie de moins disant afin de maintenir des prix compétitifs dans nos échanges, car un plein emploi pousserait a l’augmentation de salaire et au risque d’inflation.
              en fait nous devons seulement choisir entre deux mots, alors je choisit toujours celui qui améliore notre condition humaine.

              cordialement.


            • clostra 5 janvier 2011 12:24

              Qu’aimerions-nous entendre à ce sujet ?
              par exemple :
              En faisant valser (non pas de jeu de mot) tous ces contrôles soumis à la règle des 3C (Collusion Coercition Corruption), quel serait la force de production ainsi libérée ?
              NB

              - partagé entre tous, le temps de travail bien rémunéré des contrôles ne prendraient que quelques minutes par salarié et ce sur toute une année

              - partagé entre tous, le temps de travail bien rémunéré des politiques ne prendrait que quelques minutes par an et par salarié, tiré au sort

              Il ne s’agit en aucun cas de supprimer des emplois dans la fonction publique mais de les répartir dans les entreprises de production de richesses. Imaginez le bouleversement !


            • FRK44 FRK44 5 janvier 2011 13:14

              Cher Voltaire votre analyse est bonne, mais les solutions proposées sont à côté de la plaque.
              Ainsi de nous dire que notre société fonctionne avec ses imperfections, soit alors corrigeons les au lieu de vouloir faire toujours payer le brave petit peuple.

              Et de l’argument du nanti ’avant de partager les richesses il faut d’abord en créer’, le petit peuple répond que la France n’a jamais été aussi riche ( selon les concepts libéraux de pib et de croissance ), et qu’il s’agit donc bien d’une imperfection de la redistribution.

              Nous savons que depuis + 20 ans la hausse des salaires a été ridicule en comparaison des revenus de rentier. Plus qu’une imperfection, c’est une spoliation et même une corruption car le patronat n’a de cesse que de voir les masses laborieuses transformer leur maigre pécule pour en faire des actionnaires petits mais dépendants ( fonds de pension, comptes d’action entreprise,...).
               
              Utopiste dites-vous ?
              Alors vive l’utopie, car elle est signe d’espoir et de volonté alors que vous et vos congénères ne proposez que jérémiades et soumission.


            • clostra 5 janvier 2011 13:23

              Tous à nos calculettes. La plupart d’entre nous savent à peu près faire ça.

              Sans parler des banques qui n’est pas de mon domaine, prenons l’exemple du médiator :

              - les effets secondaires et autres tests de contrôle et finalement, globalement, tous les frais vont être pris en charge à 100% par la sécu (donc sans les mutuelles qui ont remboursé ces médicaments pour une somme x à fournir)- la sécu et autres RAM, c’est nos cotisations...obligatoires - un cadeau (quel cadeau ?) que leur fait généreusement notre très cher (oui c’est très cher !) Président avec NOS cotisation sociales obligatoires.

              - l’AFFSAPS dont on nous dit qu’elle est financée en majorité (enfin, disons de façon suffisamment substantielle pour mieux retenir l’attention de cet organisme, du moins plus que son financement public : issu de nos cotisation sociales notamment obligatoires) par les laboratoires pharmaceutiques.

              OK d’accord mais de quoi vivent les laboratoires pharmaceutiques ? de la vente de leurs médicaments remboursés par la sécu et autres RAM donc NOS cotisations

              - et de conclure que : non pas admissible que ce soit la collectivité (lire « nos cotisations ») qui indemnise les plaignants victimes (qui auront à la prouver à grand frais de temps passé à constituer, rassembler, documents et preuves, de quoi perdre son souffle, surtout si on l’a déjà perdu) mais bien Servier dont la fortune est immense.

              OK mais d’où lui vient cette fortune ? de la vente de médicaments remboursés par la sécu et autres RAM, donc NOS cotisations.

              Enfin, combien de messages indésirables dans nos emails venant de propositions diverses de mutuelles Santé, qui devraient être bien à plaindre de tous ces déremboursements et pour certaines, avoir mis la clé sous la paillasson. Sauf que la paillasson vaut de l’or !
              On ne les a pas beaucoup entendues dans ce débat de santé public...

              Les Assurances se tiennent coïtes avant la déferlante, disons plutôt le typhon car ça va tourner plus d’une fois avant d’atteindre une cible potentielle qui sera, ça on en est sûrs : NOUS !


            • clostra 5 janvier 2011 13:32

              Alors, proposition (suis-je trop volubile ?) :

              En réduisant un peu les cotisations sociales obligatoires, soumises à contrôle hors les troisC (Collusion Coercition Corruption), peut-on réduire la durée du temps de travail en le ramenant à 25 heures/semaine et assurer ainsi le plein emploi.

              Le plein emploi signifiant une réduction notable de l’insécurité (si chère, enfin, si coûteuse), si possible avant que le lobby de la vidéosurveillance (très chère, si coûteuse !) ne nous oblige à en prendre pour des dizaines d’années avant que la pompe à fric que sont ces installations ne tarisse.

              Qui dit diminution de l’insécurité dit suppression de postes de sécurité (encore une manne qui rentre dans le coût de la production...) revenant gentiment dans le secteur productif.

              Voyez comme tout ce monde est bien de mauvaise foi !


            • Nanar M Nanar M 5 janvier 2011 08:15

              Abolissons les cons, valls en fait partie.


              • clostra 5 janvier 2011 11:26

                La redistribution des richesses a un coût, un énorme coût. C’est ça qu’il faut mettre en lumière alors que nos politiques par l’odeur alléchée nous en font tout un fromage* !

                *de cette redistribution (de fromage) entre gens de bonne compagnie


                • clostra 5 janvier 2011 11:28

                  Contentons-nous de partager le travail ce sera déjà pas mal compte tenu de l’adhésion à la Déclaration des Droits de l’Homme (simplement consensuelle et parfaitement inappliquée)


                  • L'Auvergnat L’Auvergnat 5 janvier 2011 12:49

                    C’est la « Vals » à trois....cons......

                    Et pourquoi pas ! le travail à partir de 12 ans, supprimer la cinquième semaine.......


                    • Voltaire Voltaire 5 janvier 2011 13:36

                      Etre de droite (ou de gauche) extrême avec ce pseudo, ce serait vraiment de l’ironie !
                      Voltaire, ce sont les lumières, la tolérance, le rationalisme, tout le contraire de l’extrémisme... J’ai choisi ce pseudo par attachement à ces valeurs, et non par prétention, mais vous faites preuve d’a priori fort regrettable.


                    • Emile Red Emile Red 5 janvier 2011 13:07

                      Commençons par abolir l’unité temps comme unité de mesure du travail et nous nous apercevrons que chaque travailleur produit largement de quoi vivre sans se tuer à la tache.

                      Demandons-nous pourquoi le patronat ne rend-il jamais compte de la réelle productivité économique du salarié ?

                      La juste rémunération serait un taux constant sur la productivité...


                      • L'Auvergnat L’Auvergnat 5 janvier 2011 13:15

                        Décidément que de similitudes avec BESSON « de cloche »


                        • alberto alberto 5 janvier 2011 13:22

                          Bonjour,

                          Là où, d’après moi, Vals déconne, c’est qu’a l’exemple de Sarko volant au secours des Banques, il propose un gros cadeau au Patronat, sans rien demander en échange !!!

                          Ca devient une habitude, ou quoi ?


                          • Voltaire Voltaire 5 janvier 2011 13:47

                            Je ne suis pas sûr de voir où se trouve le cadeau, dont d’ailleurs le Medef ne veut pas, car cela le priverait de nombreuses exonérations...
                            Comme indiqué précédemment, les 35h n’ont pas été liées à de l’embauche, contrairement au mécanisme Robien. A mon avis, et c’est là que je vous rejoint, les exonérations éventuelles doivent être strictement corrélées à contrepartie (embauches etc...) : on a effectivement vu l’erreur de la baisse de la TVA pour les restaurateurs, celle de la recapitalisation des banques, ou ici celle de l’exonération de charges fiscales, sans contrepartie, ce qui est aberrant. Ceci étant, je ne soutiens pas Vals totalement, justement parce qu’il n’est pas clair sur ces contreparties. En revanche, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : le problème essentiel des 35h, si problème il y a eu (d’un point de vue finances publiques), est surtout situé au niveau du secteur publique, ce que n’abordent pas la plupart des commentaires ici. Autant la diminution du temps de travail dans le secteur privé peut être compensée par des gains de productivité, de la souplesse, des échanges entre allégements de charges contre emplois (ce qui est financièrement positif), autant nous ne sommes pas dans un même contexte dans le service public, qui par définition est un « service » financé par le contribuable (je ne parle pas des activités à vocation économique du secteur public qui peut être traité de façon similaire au secteur privé). Là, il existe simplement une limite définie par ce que l’Etat peut financer. Si je suis d’accord avec les diverses remarques concernant les gains possibles d’efficacité dans divers domaines (comme sur le remboursement de certains produits pharmaceutiques), il n’empêche que globalement, notre système n’est pas équilibré à l’heure actuelle.


                          • alberto alberto 5 janvier 2011 21:36

                            Voltaire,

                            Bon, ok, ce n’est pas encore un cadeau, mais c’est quand même une sacrée perche !

                            Pour ce qui est du désordre engendré dans les services publics là encore : ok, sauf que les responsables s’y sont vraiment pris comme des ânes pour s’adapter à la loi ! (voir le bordel dans les centres hospitaliers : ne trouvez vous pas qu’il y avait mieux à faire...) A se demander si ça ne ressemblait pas un peu à de la résistance passive...

                            En fait si le Patronat fait le gros dos, c’est du fait que ce sont les grandes entreprises, celles qui dominent le MEDEF, qui ont su récupérer la manne offerte par le denier public pour compenser les soit-disant manque-à-gagner générés par la dite loi.

                            Pour moi, cette intervention de Vals, membre éminent du PS, censé promouvoir le progrès social, s’inscrit à rebours des valeurs ce parti, et est parfaitement contreproductive envers les classes sociales les plus défavorisées. 

                            Bien à vous.


                          • JL JL 5 janvier 2011 14:10

                            Globalement d’accord avec cette analyse.

                            Jean-Luc Mélenchon, invité ce matin sur France Inter en a parlé.

                            Un très grand moment de radio. J’invite tout le monde à écouter ce qui a été dit : 10 minutes de dialogue avec P. Cohen (pas triste), plus 16 minutes d’intéraction avec les auditeurs : les amis de JLM se régaleront ; les autres je ne crois pas.

                            Jean-Luc Mélenchon se révèle un excellent tribun qui plus est, est entouré de personnalités de valeurs qui proposent d’excellentes analyses et propositions.


                            nb. Voir ma contribution perso au sujet, ce billet écrit il y a maintenant 4 années mais qui est toujours d’actualité (ceci dit, en toute modestie) :

                            http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/35-heures-et-heures-sup-19871 


                            • Voltaire Voltaire 5 janvier 2011 15:28

                              Je partage largement votre analyse d’il y a 4 ans... Le système actuel n’est pas favorable à l’emploi, et couteux. IL me semble qu’une réforme qui permettrait de gommer le biais créé par la défiscalisation des heures supplémentaires, de diminuer le déséquilibre des cotisations sociales et de mieux lié exonérations et embauches serait utile, mais je regrette que personne ne se soucie de regarder l’impact des 35h sur les services publiques, alors que c’est à mon avis là que se situe le déséquilibre financier principal.


                            • Romain Desbois 5 janvier 2011 17:12

                              Une solution que je propose pour éviter le dogmatisme des charges qui seraient trop lourdes pour les entreprises.

                              Il suffirait que ces charges ne soient plus calculées sur les salaires mais sur les revenus , en les incluant dans l’IRPP. Cela aurait aussi l’intérêt des les rendre progressives.

                              Bien sûr, le salaire touché sera le salaire brut et qu’il faudra réaménager les tranches de l’impôt (nombre et taux).

                              Pour les entreprises , ces charges devraient non plus être calculées sur la masse salariale (qui désavantage les entreprises qui embauchent), mais sur les bénéfices (avant redistribution aux actionnaires), tout en rendant leurs taux progressifs également.

                              Ainsi une entreprise qui ne fait pas de bénéfice ne paierait pas de charges sur les emplois qu’elle crée. Et cela rééquilibrerait les choses entre les boites qui ont besoin de beaucoup de main d’oeuvre et celles qui peuvent faire de gros bénéfices sans avoir à embaucher (comme dans les nouvelles technologies par exemple) ;


                            • Romain Desbois 5 janvier 2011 16:58

                              L’absurdité actuelle est que l’Etat finance la réduction du temps de travail (35H et autres allégements de charges sociales) et finance l’augmentation du temps de travail (Exonération des heures supp.)

                              Mais quand j’écris l’Etat, c’est évidemment les contribuables que nous sommes tous dont je parle.
                              Les bas salaires non imposables du coup se retrouvent à financer cette usine à gaz par le biais de la TVA (1ère rentrée fiscale en France je crois).

                              Actuellement il coûte moins cher à un employeur de payer des heures supp que d’embaucher. Difficile de ne pas croire que cela a aucun effet sur le chômage.

                              Le fait de partager le travail a ipso facto des effets bénéfiques sur les charges sociales. Ceux avec qui l’on partagerait le travail cotiseront et n’auront plus besoin d’allocations chômage.
                              Ce qui permettra de baisser les charges sur l’ensemble des salaires (part employeur inclue).

                              Mais actuellement on nous fait croire que les 35 heures sont le mal de tous les maux, comme si l’on ne pouvait pas dépasser ce seuil. Les employeurs ont même obtenu l’annualisation du temps de travail avec les 35H, chose qu’ils réclamaient depuis longtemps. Cela leur permet plus de flexibilité puisque les heures hebdomadaires peuvent fluctuer selon la charge de travail de l’entreprise.

                              Nombre de personnels accumulent les heures supp non payées.
                              -Les urgentistes par exemple, Lorsqu’ils récupèrent une demi journée , on leur compte Huit heures.

                              - Il ya quelques années les policiers ont manifesté contre le fait que leurs heures supp. s’accumulaient, Sarkozy leur a proposé d’apurer les comptes en leur payant ces heures ... 50% de leur valeur !!!!

                              - Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant de gauche, estime à un milliard d’heures supplémentaires non payées actuellement en France.

                              Et je pourrais ajouter les infirmières, les serveurs, les cadres etc... qui font bien plus de 35 heures par semaine, sans pouvoir les récupérer ou sans pouvoir les comptabiliser.

                              Pour finir il me semble qu’en France, il y a encore un salarié sur deux qui n’est pas encore passé aux 35heures.


                              • D'oeuf rance D’oeuf rance 8 janvier 2011 16:52

                                Le titre et l’introduction me suffisent, je ne lis ni l’article, ni les commentaires.


                                En F Rance, la gauche a été assassinée avec Jaurès, donc socialiste : bernique !

                                Tout est question de choix.

                                Si vous voulez travailler jusqu’à la mort (l’abolition de la retraite est au bout du chemin entamé), le dimanche et jusqu’à restauration de 10H/jour 6 ou 7 jours par semaine, heures supplémentaires payées +10% pour commencer, puis plus payées comme telles, libres à vous. Pour moi, il n’y a même pas à en parler dans un monde (europe=23 millions de chômeurs « recensés ») d’esclavagistes pour esclaves consuméristes consentants, pris par leurs crédits dont les taux usuriers sont le seul fond de commerce concret des banques...

                                L’heure est (enfin ou encore) au CHOIX, suivre le berger et ses chiens qui font avancer le troupeau, non pas au son de la flûte mais au fouet, ou se retirer du ’jeu« ... avec ses billes, quitte à ne pas avoir le superflu et même parfois manquer du nécessaire. 
                                Cesser de »suivre" les égoïstes à la vue courte. Savoir qui on est, pas qui on suit. 

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