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Faut-il demander l’abrogation de la prescription pour les crimes sexuels commis sur les mineurs ?

Au Canada, on a légiféré de telle sorte pour qu’il y ait imprescriptibilité pour les crimes sexuels commis sur des mineurs, aussi, en Grande-Bretagne, tous les crimes qui relèvent de la personne sont imprescriptibles. Si certains demandent l’imprescriptibilité pour les crimes sexuels, d’autres ont des arguments pour demander à ce que la prescription soit conservée. Dans cet article, nous allons tout d’abord exposer les arguments de ceux qui y sont opposés, puis de ceux qui y sont favorables (et qui très souvent sont des arguments de personnes ayant subi des attouchements ou des viols durant leur enfance), pour enfin essayer de parvenir à une conclusion satisfaisante.

D'après ceux qui sont pour la prescription concernant les crimes sexuels commis sur des enfants ; on peut trouver l'argument selon lequel qu'au bout de 30 ans les preuves sont difficiles à réunir (les preuves médicales, les témoignages précis, etc...). Le fait que des témoignages concernant les faits après une longue durée seraient difficiles à réunir, ferait que les dénonciations calomnieuses seraient facilitées. Cela conduirait aussi probablement à de nombreux violeurs ayant commis des crimes sexuels sur des enfants à être relaxés, en effet, à cause de l'éloignement des faits dans le temps, aussi du fait qu'en France on applique le principe selon lequel le doute profite toujours à l'accusé (d'ailleurs le proverbe suivant est très connu des juristes : "Mieux vaut un coupable en liberté qu'un innocent en prison"). La relaxation pourrait selon les détracteurs de cette proposition détruire les victimes plus que ne les reconstruire, car pour une victime une relaxe signifirait que la société ne reconnait pas ce crime. Il s'agirait aussi pour certains d'une justice d'exception.

D'après ceux qui sont pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des enfants ; le premier problème posé est le problème de l'amnésie traumatique, qui parfois dure durant des dizaines d'années, ainsi, un internaute témoigne de 33 ans de "blackout", et un autre de 28 ans du même état... Ensuite, le fait que la prescription pourrait protéger des violeurs, permettre à des violeurs (d'après une victime un pédophile fait généralement presque toujours plusieurs victimes) de continuer leurs actes sur d'autres enfants, ainsi permettre à la justice de fonctionner permettrait de protéger les éventuelles personnes qui pourraient croiser la route de ces personnes, de prévenir les familles, d'éviter que des grands-parents pédophiles fassent subir les sévices qu'ils ont fait subir à leurs enfants à d'autres enfants. De plus, les auteurs de tels actes sont parfois inconscients du mal qu'ils font, ainsi une femme témoigne sur Internet du fait que son mari, pour justifier des attouchements, qu'il s'est défendu d'avoir fait de la "pédagogie éducative", aussi il est notoire que de nombreux pédophiles pensent procurer du plaisir aux enfants, méconnaissant les conséquences psychologiques à long terme et sur le développement de l'enfant suite à de tels actes.

Ce serait, d'après ceux qui sont opposés à la prescription, bénir la reproduction de ces actes que de la conserver. La prescription a ainsi permis à un auteur d'une quinzaine de viols prescrits, pris en flagrant délit alors qu'il photocopiait des images pédopornographiques dans une galerie marchande d'Orly, de repartir libre, rien ne l'empêchant donc de recommencer... Contrairement aux détracteurs de cette proposition, ceux qui sont pour l'imprescriptibilité pensent que les preuves, que ce soit 5 ans après les faits, ou 30 ans après les faits, sont tout aussi difficiles à réunir, en effet, un enfant abusé par son proche parent alors qu'il était seul(e) avec lui aura d'immenses difficultés à obtenir de la justice une condamnation : c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre, et pourtant ça n'empêche pas à la justice de juger ces affaires. En punissant les auteurs de tels actes, on permet à la victime de se reconstruire, en effet, les victimes ressentent de la culpabilité, et pouvoir savoir qu'elles ne sont pas responsables leur permet de passer à autre chose, et s'il n'y a pas condamnation, au moins il y aura eu un procès qui alertera la justice au cas où l'accusé serait de nouveau inquiété pour des faits semblables. D'ailleurs dans les familles, l'auteur étant souvent un proche parent, il se trouve que la victime à tendance à passer pour étant mythomane, une menteuse ou un menteur, qu'on l'accuse de vouloir détruire la famille (une question intéressante : existait-il réellement une famille au moment de cet acte ?). Il est important, alors, que ce crime, soit reconnu par la société et jugé. En parlant de culpabilité, il faut savoir qu'elle se révèle par différentes manières, par des scarifications (la victime prend un objet tranchant et se mutile avec), parfois par de la prostitution, très souvent par de la dépression, parfois par de la dépression sévère, parfois par une tentative de suicide ou par le suicide. Selon ceux qui défendent l'abrogation de la prescription, le nombre de dénonciations calomnieuses (condamnable par la loi) ne serait pas nécessairement plus important, puisqu'on peut accuser son voisin de n'importe quel délit ou de crime.

Après avoir exposé les différents arguments des parties concernées, on peut se demander quelle thèse défendre. La première partie nous donne des arguments, qui s'opposent à des arguments dans la seconde partie. Ce que l'on peut noter, c'est le poids fort, bouleversant, des arguments de ceux qui veulent une abrogation de la prescription, en effet, ils mettent en évidence un fait condamnable : le déni de justice, pour des faits particulièrement graves. Pour ma part ce poids fort me fait penser que ce ne serait que justice que des abuseurs, que des violeurs d'enfants, soient jugés même longtemps après les faits. Etendre cette justice aux crimes sexuels commis sur les enfants, mais aussi aux autres crimes, par exemple pour les crimes de sang, mais pas nécessairement à tous les crimes, est je crois, nécessaire. En effet un crime d'argent est-il plus important qu'un abus sexuel envers un enfant ? On peut donc ouvrir sur un autre sujet : l'abrogation de l'ensemble des crimes relatif aux personnes.

Des modalités d'action pour défendre cette thèse ont déjà été réalisées, au moins une pétition demandant l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur de enfants a été mise en place. Une question écrite (n° 03281 de M. Louis Moinard (Vendée - UC)) a déjà été traitée pour demander qu'un point soit fait sur la prescription. Il en ressort que la prescription mise en place est jugée "suffisante" : il est donc sous-entendu que l'imprescriptibilité pour de tels crimes est exclue. Une question écrite vantant les mérites de l'imprescriptibilité doit être, à mon avis, posée au ministre compétent. Je crois aussi, que cette question, doit faire l'objet d'une contribution thématique au Parti Socialiste.

par mikelepalois (son site) samedi 9 mai 2009 - 12 réactions
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  • Par rodier_a (xxx.xxx.xxx.183) 9 mai 2009 12:22
    rodier_a

    Article pseudo objectif dont on sait dès le plan votre parti pris : 10 lignes pour la prescription et 32 lignes contre : inutile de lire la conclusion tant on la connait d’avance.

    Par ailleurs, visiblement peu au fait de la pratique judiciaire, vous énoncez allégrement les clichés qui courent sur les principes généraux du droit pénal français : la fameuse présomption d’innocence et le non moins fameux bénéfice-du-doute-qui-bénéficie-à-l’accusé. Ça c’est pour les films et la bonne conscience car, en France, la pratique est plutôt l’inverse et particulièrement dans le domaine des délits et crimes sexuels, ou par construction et comme vous le dites, c’est la parole de l’un contre la parole de l’autre. La réalité du droit pénal français est tout autre et il suffit de fréquenter un peu les prétoires pour s’en apercevoir : à la présomption d’innocence, il y a belle lurette que l’on a substitué la ’présomption de culpabilité’, pour ne pas dire ’présomption irréfragable de culpabilité’.

    Enfin les tenants de la prescription avancent bien d’autres arguments dont notamment la question de la paix sociale  : la prescription a notamment pour but de préserver la paix sociale. Par ailleurs appliquer une règle transgressée de nombreuses années auparavant alors que la perception sociale de cette règle était tout différente, est aberrant.
    Quand à la question des souvenirs, s’il existe des souvenirs traumatiques refoulés, de nombreuses études ont montré qu’il existait des souvenirs tout aussi problématiques : les faux souvenirs. Ces faux souvenirs que les hystéries collectives inhérentes à toutes sociétés, ne cessent de produire, version contemporaine et infinie des Sorcières de Salem.

  • Par rodier_a (xxx.xxx.xxx.183) 9 mai 2009 15:57
    rodier_a

    Daviddepau ? Naja ? Lllel Kieser ? Est-ce un hydre à trois têtes ? Une coalition ? Une usine à votes positifs sur Agoravox ? Compte tenu de ce doute permettez-moi de faire une réponse collective.

    • sur les fameuses statistiques du ministère de la justice : les statistiques, c’est comme les armes : à ne pas remettre entre toutes les mains. Je cite ’Chaque année (moyenne de 2004 à 2008 inclus), les services de police et de gendarmerie enregistrent :
      10 138 viols, dont 4 654 sur mineurs,
      13 911 agressions sexuelles, dont 7 756 sur mineurs
      .
      Sont élucidés (existence d’un suspect ou d’un accusé), en moyenne par année,
      7 819 viols, dont 4 655 sur mineurs, et 10 841 agressions sexuelles, dont 7 756 sur mineurs’.


    A la lecture de ces chiffres, j’ai le plaisir de constater l’exceptionnelle efficacité de la police française ou l’on s’aperçoit que toutes les agressions sexuelles sur mineurs sont élucidés (7756 plaintes : 7756 élucidées !). Je suis encore plus heureux de constater que la police élucide encore plus de cas qu’il n’y a de plaintes puisque 4655 cas de viols sur mineurs seraient élucidés pour 4654 faits enregistrés !

    Par ailleurs, lorsqu’on en vient à considérer une affaire élucidée par la seule production d’un suspect (sont élucidés (existence d’un suspect ou d’un accusé) ou d’un accusé non condamné, laisse songeur et je ne m’étendrais pas plus sur cet article.


    Sur le post 2 :

    • sur le bénéfice du doute ainsi que sur la prescription : n’importe quel ouvrage d’introduction au droit pénal général (Robert, Larguié ...), vous donneront tous les détails et je vous invite à vous y reporter.

    • Sur la difficulté, voir l’iniquité à juger des comportements anciens en fonction de critères actuels : sans parler du fait qu’en principe (parce que là encore, ce ne sont de de pieux principes) de la non rétroactivité de la loi pénale, je ne parlerai que de comportements déjà incriminés à l’époque des faits mais jugés à l’aune des critères actuels : oui, ne vous en déplaise la perception d’une infraction évolue avec le temps, ce qui est considéré comme un crime grave aujourd’hui était, par le passé, considéré comme un circonstance atténuante ou de non imputabilité et vice versa (cf, viol entre époux, homosexualité, corruption de mineurs ...).

    • Sur les souvenirs et vos quelques décades d’exercices .... l’affirmation prêterai à sourire s’il ne s’agissait d’un argument d’autorité qui n’a pas sa place dans une discussion constructive. Par ailleurs, si l’existence des faux souvenir est unanimement reconnue, c’est simplement leur pourcentage qui fait polémique. Polémique dans laquelle je ne rentrerai pas tant elle dépend des parti pris idéologiques des débatteurs sur le sujet.

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