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Accueil du site > Actualités > Société > Faut-il regretter l’école d’antan ?

Faut-il regretter l’école d’antan ?

Un de mes vieux potes, nostalgique de « l’école d’autrefois »vient de m’envoyer un diaporama qui comporte parmi d’authentiques photos de classes anciennes plusieurs images d’élèves actuels, en sarrau gris dans une vieille salle de classe, trahis par les baskets qu’ils ont aux pieds. J’y ai reconnu une image illustrant l’article de Kookaburra « le chemin de l’inculture », (un instituteur en blouse grise devant un tableau avec des croquis de champignons !) 

L’Ecole, comme tant d’autres systèmes ne peut survivre que s’il n’est pas "socialement adiabatique" (tiroir n°2, casier 7, à côté de métonymie et d’intericonicité ; que le Maître me pardonne ce clin d’oeil irrévérencieux...) c’est à dire qu’il est condamné à la sclérose et à la mort s’il se coupe des réalités du monde qui l’entoure. Il se doit donc d’échanger et d’être en équilibre avec un contexte qui évolue et, donc, lui-même, évoluer. C’est inéluctable et même nécessaire, et parmi ceux qui souhaitent des changements dans l’Ecole d’aujourd’hui, les quelques nostalgiques d’un retour aux anciennes pratiques, avec le décor ad hoc digne d’une dictée de Pivot se trompent sur plusieurs points. Ce qui ne signifie pas, bien sûr que le système éducatif français actuel donne pleinement satisfaction - beaucoup s’en faut- et donc ne nécessite pas un ensemble d’améliorations, de réaménagements. Ce qui ne signifie pas non plus que certains éléments caractéristiques de l’Ecole d’autrefois ne puissent pas être utilisés à profit de nos jours... 
 
 Austérité, efficacité...et hypocrisie ?
 
Tous ceux qui, comme moi on connu la "communale" des années 50 ont souvenir des us et coutumes alors en vigueur : la méthode syllabique pour la lecture, garante d’un bon taux de réussite et préservant des dyslexies et autres anomalies de lecture et d’écriture, était pratiquée , comme tant d’autres méthodes, avec une implacable rigueur. Certes, il y avait bien quelques points de départ "ludiques", susceptibles d’accrocher l’intérêt des jeunes élèves, mais dans l’ensemble, il était admis qu’il fallait souffrir un peu à d’exigeants exercices destinés à assurer de solides bases...Le solfège d’abord, il serait temps plus tard de goûter aux morceaux choisis. Les "opérations", qui faisaient grincer les ardoises et écailler la peinture de mauvais tableaux noirs faisaient suer les tâcherons hauts comme trois pommes, elles étaient sans cesse recommencées, puis effacées et n’avaient souvent aucune justification apparente. Pourquoi soustrayait-on 231,75 de 1002,4 ? Pour le fun bien sûr..et pour certains, c’était vraiment le cas.Ces exercices portaient même assez bien leurs fruits, au prix toutefois chez quelques-uns de chagrins qui duraient une éternité d’enfant, c’est-à-dire une heure ou deux.
 
Dans le monde actuel, une telle pédagogie semble impensable, pour diverses raisons .
D’une part, et on peut le déplorer, travailler pour la seule raison que le travail est en soi une vertu n’est plus généralement admis et surtout pas par la grande majorité des parents, qui n’ont évidemment aucune raison de donner une telle image du travail à leurs enfants, surtout quand le leur est une galère, assortie de précarité, de stress permanent et de rétributions médiocres
D’autre part, la sévérité du système de l’époque, qui s’efforçait de vaincre les réticences naturelles à coups de taloches n’est plus possible aujourd’hui, quand on voit les réactions épidermiques de certains parents dont on a à peine effleuré la progéniture. Et on ne saurait ériger en principes de telles pratiques. La vieille plaisanterie du questionnaire livré aux familles autrefois "comment faut-il le (la) prendre  ?" avec la réponse "par les oreilles !" est à mettre au musée, avec la férule, la plume sergent-major et l’encrier en porcelaine. Pour les amateurs de sanctions "à l’ancienne", je conseille la visite du musée de Champlitte, en Haute-Saône, où l’on peut admirer un superbe "siège à fessées", avec un seul accoudoir, dans lequel l’instituteur pouvait administrer le châtiment tout à son aise ! 
Faut-il regretter ces "temps bénis" ? Certainement pas.
 
Les enseignants sont descendus depuis un bon moment de leur piedestal qui leur assurait une certaine "autorité", très artificielle dans la mesure où bon nombre de parents n’avaient eux-mêmes pas fait d’études secondaires, et souhaitaient que leurs gosses "s’en sortent", c’est à dire prennent l’ascenseur social et n’en bavent pas comme eux . Ils étaient prêts pour cela à accepter la grande sévérité des maîtres et même à en rajouter de leur côté. C’est sans doute par cela que le "respect" du maître ou de la maîtresse tenait. Toutefois, ne nous y trompons pas : derrière le sourire forcé, il y avait souvent le ressentiment. Je pourrais vous citer des scènes de sanctions corporelles dont j’ai été le témoin auprès desquelles, le coup de règle sur les doigts semble bien anodin. Il ne peut y avoir de réelle liberté dans un système qui repose uniquement sur la crainte. L’autorité qu’il faut cependant installer ne peut l’être par un autoritarisme forcené, mais dans un respect mutuel.
 
Nos braves enseignants faisaient en sorte de hisser toutes leurs troupes aux mieux de leurs possibilités, mais il y avait quand même une telle obsession de la réussite qu’il s’en suivait de curieux comportements : il fallait du rendement, et le fameux "certificat d’études primaires", tant convoité à l’époque était surtout une épreuve pour le maître d’école, qui pouvait ne présenter à l’examen que les élèves susceptibles d’y réussir. Eh oui, il (ou elle) était aussi jugé en fonction du taux de succès à cette épreuve. J’ai souvenir d’une petite voisine, que l’institutrice n’avait pas voulu présenter, et qui, présentée par ses parents, fut néanmoins reçue...Vexation suprême pour l’enseignante, qui aurait dû au contraire s’en réjouir.
Pour parvenir à des résultats au top, ceux-là mêmes qui, un peu comme dans "Topaze" de Pagnol, faisaient calligraphier "la fin ne justifie pas les moyens" ou "plus fait douceur que violence", n’hésitaient pas à faire pleuvoir les baffes quand l’urgence de la situation l’imposait. . Quelquefois pour des entorses flagrantes à la discipline, mais souvent pour le non-respect de règles grammaticales, ou une déclinaison fantaisiste. Qu’auraient fait ces mêmes profs devant les "incivilités" auxquelles on assiste maintenant ? A titre d’anecdote : dans les années 50, dans un collège public de la Nièvre, avec internat, un élève qui avait commis le vol d’une gomme et d’un crayon fut soumis au châtiment suivant : le fouet, administré par un surveillant, devant tous ses camarades réunis au carré dans la cour d’honneur..Avec le mot de la fin du dirlo : "voilà comment, chez nous,on traite les voleurs", Il ne manquait dans ce beau navire que la cale et les fers...
 
 A vrai dire, l’Ecole de grand-papa remplissait bien son rôle dans le contexte de l’époque, avec des méthodes dont certaines ne pourraient avoir cours aujourd’hui. Une minorité continuait des études, et ceux qui sortaient après l’école primaire, avec ou sans le CEP, trouvaient malgré tout généralement du travail, beaucoup de métiers étaient alors accessibles, nécessitant surtout des capacités physiques et une bonne formation de terrain. La donne était bien différente d’aujourd’hui. Et s’il est vrai que les "naufragés de la vieillesse" que nous sommes devenus ,selon la formule traditionnelle, se souviennent avec émotion de l’odeur des tables cirées et de la poussière de craie, de cette ambiance scolaire un peu spartiate, dans cette France qui sentait le scaferlati et la brillantine où on était heureux avec peu de choses, il leur reste encore assez de neurones pour comprendre que ceci n’est plus transposable dans sa totalité à l’Ecole d’aujourd’hui. Sur le radeau de la Méduse, certes, mais lucides.
 
 L’Ecole d’ "après" : une usine à inculture ?
 
Elle a connu bien des bouleversements, avec l’introduction de quelques nouveautés mémorables.
 On peut signaler par exemple la méthode "globale" d’apprentissage à la lecture, qui aurait dû susciter la méfiance des enseignants, sachant que si un adulte appréhende globalement les mots qu’il connait déjà, il revient à la décomposition en syllabes dès qu’un nouveau mot assez long se présente (essayez de lire globalement déhydroépiandrostérone, ou hydroxyphénylalanine). Or, par définition pour un enfant qui débute l’apprentissage, tous les mots écrits sont nouveaux. On en est assez largement revenus, ainsi que pour les maths dites "modernes" que certains présentaient comme une "révolution irréversible dont on ne pourrait plus se passer". L’entrée d’un nouveau jargon en grammaire, pour désigner les mêmes réalités qu’avant ne semble pas non plus avoir été d’une efficacité remarquable quant aux résultats obtenus. Bon, disons que dans ce dernier cas, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas non plus faire de mal à condition que tout le monde parle le même langage...
 
 L’auteur de l’article "les chemins de l’inculture" déplore la dégradation de la "culture", la seule reconnue de celles et ceux qui ont fait leurs "humanités" selon la formule classique. Mais la culture est protéiforme, elle intègre aujourd’hui des champs d’expérience nouveaux, auxquels n’avaient pas accès les anciennes générations. Par exemple l’informatique, que l’Ecole s’est appropriée, en tant qu’outil, li-même capable de véhiculer de la culture, et aussi en tant qu’objet d’étude dans les niveaux supérieurs. 
 
 Il regrette aussi que les "fondamentaux" soient mal maîtrisés, voire pas du tout. Notons toutefois que l’ancien ministre Xavier Darcos qui est passé pourtant par la vieille école n’a pas non plus donné une preuve éclatante de cette maîtrise, , resté en rade avec la règle de trois et le futur antérieur. Il y a environ vingt-cinq ans, un de mes copains était déjà scandalisé des fautes de grammaire dans les lettres de son fils aîné, pourtant...ingénieur ! Ca n’est donc pas récent.
 
S’il est vrai que les élèves actuels sont victimes d’un certain "zapping intellectuel", qui ne les incite pas à l’approfondissement, la cause en est à rechercher dans les composantes de leur vie quotidienne, où ils sont soumis aux salves des images, ne permettant guère de s’attarder : immédiateté, brièveté, donc à l’extérieur de l’Ecole, (bien que celle-ci, de part l’ampleur des programmes qui ne permettent pas souvent d’approfondir, ne donne pas toujours l’exemple). L’apparition du clip vidéo (années 80 ?) correspond à cela. De plus, on leur a donné les moyens d’être de bons consommateurs d’instantanéité, avec l’illusion de la liberté de "créer" : photos avec le portable,n’importe où, n’importe quand, de n’importe quoi. 
 
Quant au prétendu mauvais "rendement" de l’Ecole actuelle, (non l’aspect économique des choses qu’on nous rabâche pour justifier les suppressions de postes) mais le rendement en terme de % d’alphabétisation, il suffit d’examiner les chiffres donnés par l’UNESCO, bien que ceux-ci soient à prendre avec prudence, car il faudrait qu’ils tiennent compte de certains paramètres, comme le taux réel de fréquentation scolaire, lequel, s’il n’est pas bon dans certaines zones actuellement, (surtout dans le secondaire), n’était pas toujours fameux dans la France rurale d’après guerre, en raison des travaux saisonniers auxquels les gosses devaient participer. Il y a aujourd’hui moins d’analphabètes qu’il y a un demi-siècle.
 
L’auteur insiste aussi sur la dévalorisation qui affecte selon lui les diplômes. Mais il existe encore heureusement des filières d’excellence avec des classes préparatoires aux grandes écoles ! Ce que l’on peut regretter toutefois pour celles-là, c’est l’énormité du pressing et de la sélection qui s’y opèrent. Un de mes collègues disait "qu’ils en bavent maintenant ! Ce sera leur tour ensuite d’en faire baver aux autres" Belle mentalité de requin, propice à produire des machines à écrabouiller ses semblables quitte à s’étonner ensuite de la "mode" des suicides dans certaines entreprises ! Les pays où on n’exerce pas une sélection aussi drastique ni une stigmatisation de l’échec ont-ils de moins bonnes élites ?
 
 Le problème majeur actuel vient de la présence dans les différentes sections d’une population d’élèves qui, autrefois, ne s’y trouvaient pas. Le phénomène concerne spécialement les collèges.En fait leur problème essentiel est bien dû à l’existence d’élèves "victimes de la scolarité obligatoire jusqu’à seize ans" selon certains, pas très doués, pas très motivés, écoeurés par le peu de perspectives qui leur sont offertes au sortir du système et pour lesquels l’Ecole n’a pas de réponse appropriée. Je ne cautionne en rien leur comportement, qui débouche parfois sur des drames et qu’il faut évidemment sanctionner, mais comme ils sentent que ce qu’on leur propose en classe ne leur servira à pas grand chose, que leur patron pourront les prendre et les jeter comme une marchandise et comme certains parents prennent et éjectent leurs conjoints, qu’ils n’ont pas souvent de soutien chez eux, faute de volonté ou faute de moyens, on voit mal comment il pourrait y avoir une écoute respectueuse des enseignants et autre chose dans certains cas qu’un envie de violence. 
 
 L’Ecole actuelle en France ne fonctionne pas si mal, si on la considère dans son ensemble, bien que plusieurs points noirs attirent l’attention, dont on la rend trop souvent unique responsable . Elle n’est pourtant rien de plus ni de moins que le reflet du monde dans lequel nous vivons. Tant qu’on n’aura pas réussi à redonner aux jeunes l’espoir d’un vrai "métier" (comme le dit AS Benoît) et non d’une probabilité d’emploi dont le seul et unique but sera d’essayer de survivre, il sera vain de croire que des mesurettes de type carotte ou de type bâton pourront régler le problème. 
 

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45 réactions à cet article    


  • morice morice 9 mars 2010 10:45

    ABSOLUMENT PAS : au collège on m’a fait faire pendant des années comme « travail », la recopie à l’identique dans un cahier de géo des cartes qu’il y avait dans le livre.. on était noté 19,75 si on faisait la copie parfaite, couleurs comprises ... mais avec une virgule oubliée à une légende. C’était DEBILE : ça occupait plus de 10 heures à faire dans la semaine ! C’était le dirlo de l’école qui était dingue de cartographie. Les DERIVES du système apprendre par cœur-réciter faisaient de nous des MOUTONS véritables : aucune explication donnée, apprendre par cœur point barre. L’école d’antan ne favorisait pas l’expression d’un libre arbitre mais la SOUMISSION à l’autorité et RIEN d’AUTRE en gros, on formatait pour ne jamais avoir de crosses en l’air un jour. Si c’est cela que vous voulez voir revenir je vous dis : NON.

    " Le problème majeur actuel vient de la présence dans les différentes sections d’une population d’élèves qui, autrefois, ne s’y trouvaient pas. « 

    on voit très bien où vous voulez en venir. C’est aussi NIET : où on instruit tout le monde ou on instruit personne. Le tout est de savoir comment on adapte les contenus.

     ».En fait leur problème essentiel est bien dû à l’existence d’élèves « victimes de la scolarité obligatoire jusqu’à seize ans » selon certains, pas très doués, pas très motivés, écoeurés par le peu de perspectives qui leur sont offertes au sortir du sytème et pour lesquels l’Ecole n’a pas de réponse appropriée.

    le problème vient aussi des programmes inappropriés !!! vous voulez enseigner comme le voulait Vanneste que les colonies ont été un « bienfait » à ce genre de population ? Bonjour les dégâts.... qui a osé en France soumettre pareille idée dans les programmes scolaires ?

    Tant qu’on n’aura pas réussi à redonner aux jeunes l’espoir d’un vrai « métier » (comme le dit AS Benoît) et non d’une probabilité d’emploi dont le seul et unique but sera d’essayer de survivre, il sera vain de croire que des mesurettes de type carotte ou de type bâton pourront régler le problème.

    C’est essentiellement le problème : vous ne POUVEZ PAS MOTIVER sans perspective, or la seule qu’on leur présente est le chômage.


    • Mohamed 10 mars 2010 11:15

      L’école d’antan n’était pas parfaite, mais elle fonctionnait bien, car elle était simple. Sa supression a été une erreur monumentale. 

      L’école d’aujourd’hui n’est pas une école, c’est un abîme sans fond.


      • jef88 jef88 10 mars 2010 11:34

        L’école actuelle oublie ou néglige le fondamentaux : lire écrire, compter, sans lesquels aucune étude n’est possible.
        Le enfants sont noyés dans des activités d’éveil qui sont valables sans doute mais devraient passer au second plan.
        Le véritable problème s’appelle PEDAGOGIE


        • srobyl srobyl 10 mars 2010 14:06

          tout à fait d’accord. On a accordé une trop grande place ou, plus exactement, un rôle qui aurait dû être différent aux activités dites d’éveil (mais est-ce encore aujourd’hui l’appelleation exacte ? peu importe.) De plus, en donnant aux instituteurs le statut de professeurs de écoles, avec une meilleure rétribution (ce qui est bien) mais avec l’exigence de diplômes supérieurs (ce qui n’est pas mauvais, mais pas forcément nécessaire), on a donné la tentation à certains d’entre eux d’en faire un peu trop dans certains domaines : j’ai eu l’occason de trouver, dans des cahiers de CM2 il n’y pas dix ans des schémas de la respiration impliquant le rôle oxyphorétique du sangtoujours ces « actes sacrés de l’enseignement », comme les dénonçait justement, l’IG Campan que sont par exemple les équations réversibles hémoglobine + dioxygène etc, les schémas de la genèse du fossé tectonique rhénan, sans -et pour cause- la moindre argumentation, bien sûr...Est-ce bien nécessaire chez des gamins de dix à onze ans ? Du pur apprentissage par coeur de notions autant inaccessibles qu’inutiles ! Qu’on ne vienne pas me dire que certaines inepties pédagogiques n’ont pas perduré...
          . Autres dérives : certains instituteurs , dans le cadre de l’« éducation à l’environnement » se croient obligés de consacrer des demi-journées de ramassage de déchets au bord des routes.
           Un vigoureux dépoussiérage s’impose encore


        • Ropi 11 mars 2010 09:19

          Quand, après des années et des années d’étude(s), on sort bardé de diplômes, avec des 18 en maths, des 19 et littérature, des « excellences » en gestion... on se retrouve à la rue, et ce malgré notre connaissance parfaite de ce que vous appelez les « fondamentaux », et bien qu’est-ce qu’on fait ?
          Et pourtant, au cours de ces fameuses longues études, combien de fois nous a-t-on expliqué que sans tout ça, on était foutu (« vous allez droit dans le mur, Monsieur... ! ») Et on y croyait, bien sûr...
          Moi, ça me rend malade de voir des gens avec de tels niveaux d’étude, qui se retrouvent à crever la faim dans la rue parce qu’ils n’ont même pas l’idée de se dire - parce qu’on ne leur en a jamais parlé, justement - qu’il peuvent planter leur nourriture gratuitement, et la manger ensuite.
          Qui nous apprend, à l’école, qu’il est si simple de « faire » soi-même ses semences de tomates, ou de planter des patates, et d’en replanter une petite partie l’année suivante, et ainsi de suite...

          Quand on voit de telles situations, on est quand même en droit se demander ce que sont réellement « les fondamentaux »...

           


        • jef88 jef88 12 mars 2010 19:40

          L’école actuelle privilégie le savoir ( top de la branchitude) contre le savoir faire ( c’est dégueu... cela salis les mains, bouzille le dos, c’est pour les ouvriers)


        • srobyl srobyl 13 mars 2010 10:00

          Encore une fois d’accord, mais avec deux réserves :

          1) J’ai un grand respect pour les professions artisanales, étant moi-même issu d’une lignée de forgerons, mais les savoir-faire sont multiples, ils sont présents dans bien des professions. Toute activité humaine, en fait exige la main et le cerveau
          2) c’est un peu moins vrai qu’autrefois quand même : on tient aujourd’hui à initier les élèves à la réflexion, à aiguiser leur esprit critique et à leur fournir des méthodes qui leur permettont d’aller plus loin ensuite par eux mêmes  : c’est bien plus jouissif de trouver un renseignement par soi-même, sur un sujet qu’on a choisi : aller en somme vers l’autonomie
          Mais il faut un juste équilibre entre le « méthodologique » et le « cognitif », les élèves à chaque palier doivent avoir bénéficié des deux.


        • Frédo45 Frédo45 17 mars 2010 20:58

          Le fondamental n’est pas de lire, écrire et compter, c’est de s’insérer dans la société. la lecture et l’écriture ne sont que des moyens.

          Mon grand-père n’a jamais su lire, ça ne l’a pas empêché de travailler toute sa vie et d’être un bon citoyen.

          De plsu, je crois que vous êtes loin du compte quand vous dîtes que le français et les mathématiques ne sont pas des priorités de l’éducation nationale. Regardez les programmes et les volumes horaires, vous comprendrez.

          Enfin, la musique, les arts plastiques, la gymnastique etc. étaient déjà dans les programmes de l’école publique de 1882. Référez-vous aux textes de loi !


        • DIMEZELL 10 mars 2010 11:51

          L’école d’antan était d’antan. Elle fonctionnait pour ceux qui avait la chance de la connaître car la grande majorité la quittait très vite. D’autres restaient au fond de leur classe, en primaire, des années durant à refaire la même chose avec les mêmes difficultés et le même enseignant. On lui avait donné comme objectif de donner un bagage de base à des populations qui ne savaient pas écrire, pas lire mais qui connaissaient une culture populaire transmise oralement et, très souvent, une langue différente de la langue française académique. L’école utilisait des méthodes plus ou moins bien conçues qui fonctionnaient grâce à la volonté et la détermination de maîtres souvent engagés aussi à l’extérieur de l’école.

          Comparer avec aujourd’hui , c’est évoquer les vieux téléphones à cadran mobile alors qu’on vit à l’époque d’internet et des outils qui vont avec.

          L’école d’aujourd’hui a de sérieux enjeux à relever ; malheureusement elle n’a pas le pouvoir et les moyens de le faire. Le pouvoir de transformation se trouve entre les mains de ministres incompétents dont certains ne connaissent strictement rien à l’éducation avant d’être nommés. Chatel comme Darcos a une liste précise d’objectifs à respecter qui proviennent en ligne directe du Château. Ces objectifs sont financiers et idéologiques.

          Les problèmes clairement identifiés sur le terrain ainsi qu’in certain nombre de solutions qui ont fait preuve de leur efficacité ( aussi bien dans la gestion que les disciplines ) ne remontent pas car elles ne peuvent remonter.
          Dans d’autres pays ( je pense à un exemple précis en Ecosse mais c’est vrai ailleurs dans des pays ou régions francophones ), des colloques, des réunions réguières permettent cette remontée et des expérimentations sont possibles avec des réussites remarquées.
          En France les colloques ( sortes de grands messes Power Point ) distribuent les solutions à des enseignants infantilisés.
          Quant aux moyens, il suffit d’entendre Chatel évoquer la possibilité d’aller chercher les retraités ou de constater que la seule profession qui ne bénéficiera pas de formation sera bientôt celle d’enseignant !!

          Les problèmes sont de fond.

          Ceci dit, un élève d’aujourd’hui qui a suivi une scolarité complète de primaire a des compétences qui n’ont rien à voir avec celles de son homologue d’il y a 40 ou 50 ans. Il sait produire des textes ( les évaluations sont claires à ce sujet ), il sait travailler grâce aux outils multimédias, il a obtenu des compétences dans beaucoup d’autres domaines. Il a aussi des compétences en langue orale.
          Les difficultés qui peuvent être travaillées et pour lesquelles il existe des solutions sont, à ma connaissance, en priorité, de l’ordre du comportement d’élève, de la motivation, et de la copie de la langue. Là encore, au lieu d’appliquer des recettes débiles venues de grand maman ou d’un ministre inculte, il suffit d’inverser le processus et de donner la parole aux enseignants. Leur donner plus de responsabilité, des objectifs et des moyens ( qui ne sont pas que financiers d’ailleurs ). Bref, faire sortir la France de l’ornière stalinienne où elle est enlisée et quitter les seules pistes pédagogiques.


          • srobyl srobyl 10 mars 2010 11:53

            Morice, malgré votre talent de visionnaire, vous ne voyez pas où je veux en venir : je ne dis pas qu’il ne faut pas instruire tout le monde. Vous apportez vous-même l’explicitation de ce qui précède : les programmes inappropriés pour ces élèves.
             Les inepties ont la vie dure, et si elles abondaient autrefois, il en subsiste encore pas mal : mon fils, il y de ça une vingtaine d’années, apprenait par coeur, en « technologie » 6ème les codes de couleurs des résistances sans même savoir ni le rôle d’une résistance, ni à quoi correspond un Ohm...un ou deux ans plus tard, il revenait fier comme un petit banc d’avoir réalisé des circuits, avec des belles soudures, , de beaux composants. auxquels il ne comprenait rien. Au lycée, en première, le programme de biologie comprenait uniquement l’étude descriptive des organites intracellulaires, sans la moindre corrélation fonctionnelle....Un jour que je discutais avec Jacques Gaillard, dont les filles sont passées dans mes classes, on évoquait cette caractéristique de bien des enseignements : gavage, bachotage, de quoi faire des « cerveaux gras » avait-il dit . Certes, on n’apprend plus, et heureusement, de la même façon, les départements français sont aux oubliettes (ça ne sera peut-être d’ailleurs bientôt plus la peine de les connaître !) , mais le jugement qu’on porte sur nos élèves est encore beaucoup fondé sur leur capacité de psittacisme et pas assez sur leurs facultés d’analyse et de raisonnement. Je ne regrette évidemment pas l’école d’autrefois, qui préparait, comme vous le dites des gens aptes à courber l’échine !
            Le rôle n°1 du système scolaire, que tout enseignant devrait avoir constamment en tête, en oubliant un peu l’obnubilation des programmes, des échéances des examens, ce serait de donner envie d’apprendre, de montrer la face jubilatoire du savoir, car on ne fait bien que ce qui est susceptible de procurer du plaisir ! Et tout ce qu’on a bien appris, c’est souvent par nous mêmes, en approfondissant, parce que de bons pédagogues avaient soulevé avec convoitise « un coin du voile », nous donnant envie de savoir la suite.

            Morice ! que n’ai-je connu votre savoir-faire ! Je n’aurais peut-être pas tourné le dos à l’histoire-géo ! J’ai eu au collège un type qui lisait le Mallet-Isaac assis devant nous et nous invectivait « répète, crétin ! » au lycée, un agrégé qui parlait d’un ton monocorde des batailles napoléonniennes...Il m’a mis a la porte, juste avant Borodino, suite à un éclat de rire provoqué par ce que mon voisin m’avait glissé dans l’oreille « on s’emm...comme des rats morts ». je ne connaissais pas cette expression.. 
            Mais n’ayant pas passé toute ma scolarité à la porte, j’ai quand même quelque lacunes dans mon ignorance smiley





            • King Al Batar Albatar 10 mars 2010 12:28

              Si les ecoles avait pu ne pas etre mixte, je n’aurai pas passé ma scolarité à draguer les nanas.

              Je suis sur que j’aurai eu de meilleur notes dans une école que de mecs. Mais bon, grace à l’ecole j’ai pu m’eclater très tot et faire mon édcation sentimentale....Alors je ne m’en plaint pas.

              Je pense que plutot que de parler d’ecole du passé en se demandant s’il faut la regretter, je pense qu’il serait plus subtil de relever que l’ecole d’aujourd’hui est déjà vetuste et reflecir à l’ecole de demain..... Mais bon on a peut etre pas forcément les meme points de vue.

              En tout cas ce serait pas mal de réabilité la matière Educatioin Civique, que j’ai eu, et qui visibelement manque à beaucoup de monde.


              • srobyl srobyl 10 mars 2010 12:58

                Très juste
                Expérience personnelle : ai connu la mixité à partir de la seconde...La marmite bouillait déjà ! Ce qui fait qu’ à partir de cette année mémorable , on a « rattrapé le temps perdu ». ca m’a valu un redoulement de la classe de seconde, mais quels souvenirs ! Ca fait aussi partie du « bagage » de tout un chacun !
                Ben oui, l’école de demain...Vaste programme et bien difficile vu que seul le passé existe vraiment, faute à Chronos : l’avenir est incertain, et le présent n’existe pas : ce que vous venez de lire là, c’est déjà du passé !
                Quant à l’Education Civique, OK avec vous, mais comme pour toute approche, il faudrait trouver la bonne. Il y a des choses intéressantes faites en ce domaine, mais ça reste encore le parent pauvre de l’Educ nat
                 


              • kitamissa kitamissa 10 mars 2010 14:53

                cette école d’antan,celle de la blouse grise pour les gars,et bleue clair ou rose pour les filles ...

                à notre communale,c’était mixte depuis le cour moyen préparatoire,jusqu’à la fin d’études c’est à dire le certif ,ce passeport necessaire pour celui qui voulait bosser dans la fonction publique....

                alors bien entendu,dans ces classes avec le Godin qui fume et fait tousser au milieu de la classe,la maitresse avec sa grande badine en noisetier qui collait à celui ou celle qui faisait des conneries des fessées cul nu devant tout le monde,ou alors le coup de règle sur les doigts pour cette autre institutrice vieille fille revêche et peau de vache qui nous faisait faire du calcul mental à peine arrivés en classe le matin ,un bon point pour celui qui avait juste,un coup sur les doigts pour celui qui avait faux !

                une autre ,instit,la femme du« dirlo » qui pensait plus à ses coiffures son maquillage et ses belle fringues ( madame était jolie et élégante) ne supportait pas les casse-croûte du 4 heures au camenbert et au saucisson à l’ail ,l’odeur l’incommodait,et qui nous faisait la classe en ayant l’air de s’emmerder ferme !

                et le « Dirlo’ lui même,qui dirigeait la classe de fin d’études ,celle des grands qui préparaient le certif ....

                alors là,ça rigolait plus,imaginez Jean Gabin en instit,c’ était notre instit ,dur,intolérant,la main leste pour une paire de baffes bien appliquée,chez lui,ça bossait et en silence,les mauvais élèves au fond de la classe et laissés à croupir,les autres placés selon le rang de mérite . les premiers,les bons élèves,les fayots et les chouchous devant ....

                les moyens au milieu,les moins bons aux arriéres loges ..

                pareil pour les filles !

                nous les fouteurs de merde du fond de la classe,on passait des mots aux filles du fond de la classe,souvent les plus délurées ,on dessinait des quéquettes et des messages cochons et on leur faisait passer ....

                les filles nous répondaient avec les mêmes billets aussi salaces ....

                finalement,j’ai quand même eu mon certif les doigts dans le nez à la grande surprise du »dirlo« ...pareil pour mes potes du fond de classe,et bizarrement,un des chouchous avec de bonnes notes a échoué ( trop émotif au moment de l’examen ?) au grand désappointement de notre » Dirlo"

                j’en garde un bon souvenir de cette époque !


                • srobyl srobyl 10 mars 2010 15:39

                  merci pour ce témoignage...En effet, ça ne rigolait pas, comme vous dites, mais on garde un bon souvenir, surtout , comme toujours de ce qui se passait « autour » de l’acte éduvatif lui-même. en fait, j’ai connu aussi la mixité à l’école primaire, mais pas au collège, là où on l’aurait peut-être souhaité : que des garçons de la 6ème à la troisième...On en a fait, des courtes-échelles dans les récré, pour voir passer les filles dans la rue !
                  Vous donnez des exemples de ce qu’il pouvait y avoir d’« hypocrite » en ce temps là...J’ai connu aussi. A la primarie, on avait une grande admiration pour le mari de l’institutrice qui était menuisier, le seul de la commune à être assez franc pour envoyer cette femme revêche « péter sur les roses » quand elle le solilcitait un peu trop (estrades pour les fêtes de fin d’année par ex...)


                • paOptiMiste 10 mars 2010 17:47

                  Bonsoir, perso je pense qu’un des principaux problèmes vient de l’obligation scolaire jusqu’à 16 mais pas seulement...

                  L’orientation des élèves dans les différentes filières est également trop influencée par des objectifs chiffrés dont le but est de préserver des postes dans telle ou telle matière et pas de répondre aux attentes de l’adolescent ou bien encore du marché du travail. D’où la présence dans certaines filières d’élèves qui se demandent ce qu’ils font là... et qui souffrent durant de longs mois car ils s’ennuient ou ne comprennent pas la philosophie de la filière.

                  Et puis, il y a aussi les parents qui sont tellement effrayés et déçus de voir leur enfant être orienté en bep ou bac pro et qui font le forcing pour qu’il suive un enseignement dans les filières générales alors même que l’enfant n’en éprouve aucune envie. Pas de motivation = ennui.

                  Lorsque les gens comprendront qu’il n’y a rien de honteux à suivre un enseignement professionnel, lorsqu’ils comprendront que l’épanouissement de l’enfant passe par l’envie et la motivation, alors nous aurons fait un grand pas.

                  Après tout, mieux vaut devenir artisan à son compte -après qques années d’expérience- que chauffeur de chaise. 



                  • srobyl srobyl 10 mars 2010 19:33

                    Entièrement d’accord. Quand je parle de scolarité obligatoire jusqu’à seize ans, je suis pour (et même au delà de seize si la formation du jeune en dépend) et si ça répond à leur motivation). Mais pas pour chauffer les chaises.
                    Les parents, mais aussi le corps enseignant ont fait trop longtemps l’erreur d’assimiler les filières qui conduisent vers l’artisanat ou les métiers à vocation technologique, les uns comme plus dévalorisantes, les autres comme des moyens de mettre à l’écart des élèves qui, comme vous le dites très justement s’ennuyaient dans la « voie générale » et devenaient parfois dérangeants. On a eu (et on a encore) une tendance chez nous à vouloir fabriquer des « bureliers » pour reprendre le mot célèbre de Zézette, mais on rechigne à se cracher dans les mains...Certes, il est des métiers difficiles, éreintants où on ne « triche pas avec la matière » mais bien moins qu’avant quand même. Ces voies-là, bien qu’offrant souvent des débouchés sont plutôt boudées...
                    Je suis descendant de 7 générations de forgerons maréchaux- ferrants, j’ai eu aussi des ancêtres architecte et artiste peintre, (il y avait du métissage social !) et mon père à plus de 75 ans maniait encore la tronçonneuse et faisant du jadinage, il est mort à 89 ans. Pour m’inspirer de votre pseudo, je ne suis pas optimiste non plus car « parmi les manières de tuer un homme, la plus efficace est de l’empêcher de travailler » (Félix Leclerc)
                    Bien à vous


                  • paOptiMiste 10 mars 2010 19:54

                    Je ne pense pas vraiment que les jeunes refusent de « se cracher dans les mains » pour reprendre votre expression, mais ce sont les parents qui fantasment sur le fameux « baccalauréat » (que l’on donne aujourd’hui soit dit en passant). Même lorsque le jeune souhaite apprendre un métier manuel les parents ou la société même, vous laisse entrevoir des carrières mirobolantes si vous obtenez un bac + 3 ou +.

                    Or, nous ne sommes pas calibrés il me semble. Certains pourront poursuivre dans la voie générale, d’autres préfèreraient apprendre rapidement un métier pour voler de leurs propres ailes et faire leurs preuves. Encore faut-il qu’on leur en donne le choix !!!

                    Il n’y a plus de place pour les élèves dans les lycées professionnels, alors on les pousse dans les voies générales ou technologiques. Quitte à les sacrifier.

                    Cordialement.


                  • TSS 10 mars 2010 18:19


                    je n’ai pas connu la mixité mais par contre le « à genoux sur une règle » le« coup de règle sur les

                    doigts » c’etait de mauvais moments à passer mais ..bof !! la même blouse pour tout le

                    monde , et le « bonjour monsieur » « à revoir monsieur » en retirant son beret !!
                     

                    l’enseignement de mon ecole communale,le « par coeur »comme partout ailleurs, m’aura

                    permit d’être bon en géographie ,en calcul mental et evité de situer Marcq en Bareuil

                     dans la banlieue de Marseille comme je l’ai entendu il y a peu... !!


                    • L'enfoiré L’enfoiré 10 mars 2010 19:28

                      Scrobyl,

                      « L’Ecole actuelle en France ne fonctionne pas si mal,... pourtant rien de plus ni de moins que le reflet du monde dans lequel nous vivons »

                      Pourtant il y a des écoles d’exceptions et qui ne dépendent pas de l’époque, puisqu’elle vont chercher dans l’histoire les racines de la méthode. J’ai appris à les connaitre sans y avoir été. Elles donnent un « enseignement pas l’autre bout ». Il y a Decroly, Freinet et Montessori, par exemple. 


                      • srobyl srobyl 10 mars 2010 19:41

                        Vous avez raison, l’Enfoiré. Montessori...j’aurais bien aimé voir l’effigie de cette grande dame sur les billets d’euros, comme elle le fut sur les lires, au lieu de ces trucs impersonnels...
                         mais ces écoles ne sont pas légion en France, non ?
                        Il existe « la main à la pâte »...


                      • L'enfoiré L’enfoiré 10 mars 2010 19:50

                        Personnellement, je ne connais que l’école Decroly, d’où mon article derrière le lien. Ecole élitiste qu’il fallait rappeler pour l’éducation va dans les deux sens et pas nécessairement de haut en bas.


                      • srobyl srobyl 10 mars 2010 20:57

                        On a fut un temps tenu compte aussi en France des « centres d’intérêt » chers à Decroly.


                      • Marc Bruxman 10 mars 2010 19:56

                        Franchement l’école actuelle est pourrie, mais de la a vouloir revenir aux anciennes méthodes cela laisse réveur.

                        La société actuelle a besoin de créativité et il est bon d’enseigner d’une maniére qui permet à cette créativité de s’exprimer. Cela manque par exemple a certains pays comme la Chine dont le niveau d’éducation est supérieur au notre (un bachelier Chinois explose un bachelier Français) mais ou les méthodes d’apprentissage très rigoristes brise la créativité des éléves.

                        Le problème en France c’est qu’on donne la liberté aux élèves (c’est bien) mais on a renonçé à leur donner des objectifs sérieux. Le baccalauréat est devenu le baccasable. On a renonçé à demander aux éléves de savoir faire des démonstrations en mathématiques (et donc on peut considérer qu’on ne fait plus de Maths), le cours de Physique a été débilisé. Et on demande peu de réalisations personelles.

                        Ce qui manque c’est une pédagogie par projet très exigentes en plus des cours. Ne plus se focaliser sur des cours et des exams mais donner des projets pluridisciplinaires à réaliser (type réaliser une micro-fusée, envoyer un appareil photo à haute altitude à l’aide d’un ballon sonde, etc...) laisser le matériel à disposition et laisser les élèves se démerder. En mettant des profs à disposition pour aider bien sur.

                        A l’heure de l’informatique, le par-coeur est devenu inutile de même que le calcul mental. (J’étais une grosse quiche en calcul mental cela ne m’a jamais géné dans ma vie pro mais qu’est ce qu’on a pu me le reprocher à l’école...).

                        Et c’est pour cela qu’aujourd’hui lorsque l’on fait un recrutement les activités extra-scolaires ont leur importance. Parce que le mec qui a organisé des soirées beuveries (pour prendre un truc pas trés noble) à accompli quelque chose d’autrement plus formateur que de résoudre des problèmes scolaires.

                        Il faut doper le programme de sciences, permettre d’expérimenter (les kits du petit chimiste c’était bien) de jouer avec le feu, l’électricité, toutes ces choses. Et en s’appliquant pour réaliser leurs projets et expérimentations ils apprendront à lire et à compter.


                        • srobyl srobyl 10 mars 2010 20:49

                          Bien des choses vraies dans ce que vous préconisez : la pédagogie de projet, avec réalisation, critique, et analyse des ereurs à chaque étape, c’est parfois appliqué, mais pas assez souvent, et ça doit être fait avec le souci constant de déboucher sue de l’apprentissage et de l’approfondissement de la langue, des maths etc. c’est à dire, à l’école primaire surtout, des « prétextes ». La pédagogie Freinet intègre un peu ces principes.
                           Cependant, jouer avec le kit « chimie », observer ce qu’on veut avec un micriscope, ça n’est valable qu’après un certaine initiation, (pour des raisons de sécurité aussi )et ça n’a rien à voir avec la démarche expérimentale, . La géologie, ça n’est pas collectionner les minéraux, bien que cette dernière activité puisse être un excellent point de départ.
                          Par contre, je ne vois pas ce que vous voulez dire, avec les « soirées beuveries ». Etant Bourguignon et ayant connu l’internat, j’ai souvenir de choses de ce genre, mais, je ne vois pas ce qu’elles ont pu avoir de formateur ... smiley


                        • TSS 11 mars 2010 00:35


                          vous basez tout sur la technique et la science que faites vous des eleves qui s’en foutent

                           totalement ? parmi mes enfants 1 seul s’est orienté vers un metier technique ,les autres se sont

                           dirigés vers des metiers inutiles comme le disent si bien les « techniques » notamment les

                           metiers de l’art... !!

                          quant au calcul mental ce n’est pas pour faire beau cela evite juste d’être,comme

                          Darcos,incapable de faire une regle de trois de tete ... !!


                        • Ropi 11 mars 2010 09:26

                          + 1 TSS !

                          Quand on voit l’ineptie de « l’enseignement » des arts dans le système scolaire... quelle honte !


                        • lemouton lemouton 11 mars 2010 09:48

                          "Ce qui manque c’est une pédagogie par projet très exigentes en plus des cours. Ne plus se focaliser sur des cours et des exams mais donner des projets pluridisciplinaires à réaliser (type réaliser une micro-fusée, envoyer un appareil photo à haute altitude à l’aide d’un ballon sonde, etc...) laisser le matériel à disposition et laisser les élèves se démerder. En mettant des profs à disposition pour aider bien sur."

                          Désolé de casser votre rêve auquel j’aurais souscris entièrement, mais la réalité est toute autre. smiley
                          J’en parle par expérience personnelle, y suis en plein dedans (élèves de 15 à 19ans)

                          Cela ne fonctionne qu’avec une trés faible proportion d’élèves, la majorité , elle, ne veut pas passer au stade acteur, et se contente d’être receveur et ne s’implique jamais plus que le minimum necessaire.
                          Non pas qu’ils se desinteressent, mais tous ne sont pas moteur, c’est je pense dans la nature humaine. smiley


                        • Marc Bruxman 11 mars 2010 19:25

                          "Cela ne fonctionne qu’avec une trés faible proportion d’élèves, la majorité , elle, ne veut pas passer au stade acteur, et se contente d’être receveur et ne s’implique jamais plus que le minimum necessaire.
                          Non pas qu’ils se desinteressent, mais tous ne sont pas moteur, c’est je pense dans la nature humaine. "

                          Oui bien tout le monde ne finira pas haut potentiel. Il faudra des gens pour mettre à la caisse. Ceux qui ne veulent pas être acteur en général on sait ou ils vont finir...


                        • Marc Bruxman 11 mars 2010 19:29

                          "vous basez tout sur la technique et la science que faites vous des eleves qui s’en foutent totalement ? parmi mes enfants 1 seul s’est orienté vers un metier technique ,les autres se sont

                           dirigés vers des metiers inutiles comme le disent si bien les « techniques » notamment les

                           metiers de l’art... !!"

                          Je n’ai jamais dit que les métiers artistiques étaient inutiles. Je suis le premier à employer des designers. Mais même ces métiers la ont été rattrappés par la technique. Que vous soyez musicien professionnel ou dessinateur, vous n’échapperez pas à l’utilisation d’outils technologiques de plus en plus sophistiqués.

                          « quant au calcul mental ce n’est pas pour faire beau cela evite juste d’être,comme Darcos,incapable de faire une regle de trois de tete ... !! »

                          Et ? Je ne sais pas non plus la faire de tête, je sais la poser (ordre des opérations) mais à moins que l’on demande les 3/4 de 100 ou un truc trivial, je me planterai sans ma caltos. Ce n’est plus ce qui fait la différence. Tout le monde a Excel sur son bureau. Savoir écrire correctement des macros sous Excel fait une bien plus grande différence et cela ne s’apprend pas à l’école.


                        • Ropi 12 mars 2010 09:38

                          Bonjour Marc Bruxman,

                          je sais que ce n’est pas à moi que vous répondiez, mais je me permets quand même de vous citer :

                          "Que vous soyez musicien professionnel ou dessinateur, vous n’échapperez pas à l’utilisation d’outils technologiques de plus en plus sophistiqués.« 

                          Comment cela ? Chacun est libre de les utiliser ou non, je crois... J’ai fait le choix de stopper la course à la technique, et ma fois, je m’en porte très (très !) bien. Je fais de la musique comme mes collègues, ni plus, ni moins, ni mieux, ni moins bien (enfin de ce dernier point de vue, j’espère !! smiley )
                          On se rend nous même esclaves de cette technique. Personne, en réalité, ne nous l’impose, et on peut très bien s’en passer...
                          On faisait déjà de la musique avant la découverte des dernières techniques à la mode.....

                           »Tout le monde a Excel sur son bureau. Savoir écrire correctement des macros sous Excel fait une bien plus grande différence et cela ne s’apprend pas à l’école. "

                          Non, non. Tout le monde n’a pas excel ! Non.

                          Et le jour où ceux qui l’ont se ramassent une tempête (par exemple... mais ce n’est qu’un exemple) et se retrouvent sans électricité, connaître le calcul mental fait une une bien plus grande différence que de connaître les macros excel... apprises à l’école ou ailleurs...

                          Enfin voilà, c’est un point de vue, et ce n’est qu’un point de vue.

                          Bien cordialement


                        • finael finael 10 mars 2010 19:57

                          « L’école d’antan » a donné à la France un niveau d’éducation considéré à l’époque comme un des meilleurs du monde.

                          Bien sûr il ne peut être question de revenir aux blouses, aux baffes, à l’encrier à l’histoire « mythe » et aux textes « inébranlables » à l’heure de l’informatique et de la diversification des sources d’information.
                           
                          Toutefois les « professeurs des écoles » d’aujourd’hui se plaignent d’un manque total d’autorité, voire des menaces de la part de leurs élèves, quand ce ne sont pas des actes de violence.

                          On est passé d’un extrême à l’autre.

                          Il en est de même pour le contenu de l’enseignement. S’il est indéniable que de nouvelles matières doivent être enseignées, mais cela ne peut se faire au détriment des apprentissages fondamentaux, à commencer par la lecture, l’écriture et le calcul !

                          Quant à ceux qui persistent à croire que le système actuel est « bon » :

                          http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-03-10/education-les-grandes-ecoles-jugent-severement-le-niveau-du-lycee/920/0/432138


                          • srobyl srobyl 10 mars 2010 20:54

                            On sélectionne à certains paliers, avec quoi ? ce qui est le plus simple à quantifier : les maths, comme à l’entrée à médecine, et ensuite on se débrouille pour encore et encore selectionner de façon drastique...Ne devient pas marchand de molécules qui veut


                          • Dolores 10 mars 2010 21:28


                            Je suis une ancienne élève du primaire des année 50 et je ne reconnais pas l’école d’alors que vous décrivez.
                            Je n’ y ai jamais de châtiments corporels, ni fessées, ni coups de règle sur les doigts, ni rien d’autre. Je n’ai été ni brimée, ni brisée, ni esclavagisée !
                            Les seules punitions encourues étaient le coin dans la classe ou le coin dans la classe de la directrice après un sermon.
                            Peut-être que dans ma ville j’ai été odieusement privilégiée ou tout simplement avions nous la chance d’avoir des instituteurs hors normes !
                            La seule chose réelle est que seulement 10% des élèves rejoignaient le secondaire : les plus modestes ne pouvaient payer le lycée à leur enfants, seuls les enfants de familles aisées y accédaient s’ils avaient en plus réussi l’examen d’entrée en 6°.

                            La couleur des murs et les blouses grises ne démontrent rien en fait, après la guerre il y avait plus important que repeindre les classes et les blouses atténuaient la disparité vestimentaires entre riches et pauvres. Je n’ai personnellement jamais porté de blouses grises puisque rien n’était imposé en la matière.
                            Aujourd’hui encore, dans certaines communes, les écoles ne sont rénovées que tous les 30 ou 40 ans. Alors, la vétusté des classes d’hier...

                            Ce qui est réellement important, c’est le contenu de l’enseignement et j’ai pu constater que les heures d’acquisition d’un certain nombre de connaissances se réduisaient comme peau de chagrin au profit « d’ateliers » où on joue à des jeux de société, où on fait des gâteaux, du patin à roulettes,etc...
                            Il est curieux d’ailleurs de constater que plus le niveau scolaire des profs augmente, plus celui des élèves diminue ! Beaucoup utilisent pour leurs explications un niveau de langage inapproprié à l’âge de leur élèves qui ne les comprennent pas.

                            La « modernité » pour l’école s’est traduite par de monumentales erreurs : la méthode syllabique est devenue ringarde au profit de la méthode globale et encore mieux de la méthode dite « naturelle » ; les maths et la grammaire sont devenus « modernes ». Il aura fallu presque 30 ans pour s’apercevoir que cette modernité-là entraînait des échecs innombrables.

                            L’école de demain a certainement quelques leçons à prendre de l’école d’hier en cessant d’en faire une caricature et un repoussoir.


                            • srobyl srobyl 11 mars 2010 09:51

                              Bonjour et merci de votre apport.
                              Je serais bien prétentieux de dire si vous êtes la règle ou l’exception...C’est difficile il faudrait interroger toute une classe d’âge. Pour la blouse grise, vous avez raison, rien n’était imposé alors en primaire. j’ai eu cette contrainte plus tard en internat où d’ailleurs on était « fiers » de cet uniforme qu’on appelait la « biaude » !On y inscrivait un tas de bêtises, ou « KG » à la craie...
                              Je dénonce aussi les dérives de l’école actuelle par exemple dans les collèges, mais les enseignants, pour beaucoup acteurs dociles de certaines pratiques fumeuses, ne sont pas les seuls responsables : quand des principaux, pour illuminer leur « vitrine » (ce qui deviendra de plus en plus le cas avec l« assouplissement » de la carte scolaire), systématisent les sorties et des activités « parascolaires » (dont le but éducatif n’est pas franchement perceptible), au lieu de les réserver aux classes qui ont un réel projet, et quand ces mêmes principaux font pression sur les profs pour arriver à ces fins, il n’est guère étonnant que beaucoup de ces derniers s’y plient ...J’ai vu des classes de 4ème où les élèves, obnubilés par le financement de leur classe dite de « découverte » de l’année suivante (ou on va surtout découvrir de jeux de société très éducatifs, comme s’entortiller de PQ ou se couvrir de mousse à raser !) passer leur temps à vendre des pains au chocolat, avec autorisation pour quelques élèves de sortir du cours un quart d’heure avant la fin.
                              On s’étonne maintenant, mais les profs on trop souvent courbé l’échine...Les semailles ont duré longtemps, mais la récolte est prometteuse


                            • finael finael 11 mars 2010 00:24

                              J’ai eu aussi la chance d’avoir d’excellents instituteurs « sévères mais justes », cela ne m’a pas évité quelques coups de règles sur les doigts et des « vous me copierez cent fois ... ».

                              Ah les problèmes de robinets ! « et il y a des fois où ça s’évapore ! »  smiley

                              Je suis heureux d’avoir fréquenté cette école là. Malgré la non-mixité (qui ne nous gênait pas), la blouse grise et les taches d’encre.

                              Au lycée par contre ça s’est dégradé, certains profs arrivaient à vous dégouter de la matière qu’ils enseignaient. Par contre d’autres ... on aurait entendu voler une montre smiley et ils savaient vous passionner !!!


                            • srobyl srobyl 11 mars 2010 09:27

                              Bonjour, Chanteclerc et merci pour ces remarques pertinentes
                              En effet, on ne peut pas, même si on déplore l’austérité (et c’est pour beaucoup d’entre nous un euphémisme) de ces temps-là, « cracher dans la soupe ». L’un des mérites de cette école, c’est de nous avoir assuré quand même quelques bonnes bases
                              Le moteur de du progrès était la réussite, ne serait-ce, inconsciemment pour faire plaisir aux parents, ou consciemment pour échapper à leurs sanctions, ou plus simplement pour sa propre satisfaction
                              Entièrement d’accord aussi pour que le principe d’effort soit intégré à la pédagogie actuelle, à condition d’y aller « mollo » au démarrage. L’exigence, la rigueur, mais pas la sévérité qui confine parfois à la cruauté, (il faut la célèbre « main de fer dans le gant de velours »)
                              Ecouter des extraits de livres, qui titillent l’envie de découvrir, les leçons de choses qui étaient aussi considérées plus comme un moyen d’exciter la curiosité, comme une fin en soi, j’ai connu aussi.On a du fréquenter la même sorte de poulailler, sans y laisser trop de plumes 


                              Et qu’on me permette d’avoir un peu l’oeil humide en pensant à cette diablesse de femme, crainte comme le feu, qui m’apporta cependant des livres à la maison quand j’ai été cloué au plumard par une maladie assez longue. Ce qui n’empêchait pas la persistance des images de scènes un peu brutales dont j’ai été plus le témoin que la victime directe 


                            • DIMEZELL 11 mars 2010 07:56

                              C’est toujours intéressant de se souvenir des bons moments, des moins bons devenus pas si mauvais.
                              Il importe de bien comprendre ce que pouvait sigifier pour ceux qui étaient visés les coups de règle au bout des doigts les doigts serrés ou placés au bout du bureau, les cheveux tirés sur le côté ( j’ai vu mes camarades décollés du sol de cette façon ! ), les gamins enfermés dans l’armoire de fond de classe, les tours de cour sous la pluie....agenouillés sur une règle de section carrée dans le privé.....la possibilité pour les quelques instits, bons instits par aileurs, sévères ou salopards, de bien abimer les mêmes mômes qui n’arrivaient pas et qui savaient qu’ils seraient encore là l’année suivante....
                              Très courant. Le bon temps ma brave dame !


                              • ravachol 11 mars 2010 08:18

                                Article trop long dont j’ai arrete la lecture,quand vous nous dites qu’une methode syllabique suffit a combattre la dyslexie.
                                Peut etre que c’est la seule connerie que vous ecriviez et que j’ai eu tort


                                • srobyl srobyl 11 mars 2010 09:02

                                  la méthode mixte, qui inclut du syllabique et du global (on décortique , puis on assemble) a sans doute donné de meilleurs résultats. . La dyslexie a surement d’autres causes, mais beaucoup ont pensé que des difficultés orthographiques, par contre provenaient bien de la méthode globale . Si vous êtes spécialiste de la question, éclairez-moi

                                  Quant à l’abandon de la lecture de mon article, l’effet de la culture zapping, sans doute ? smiley 


                                • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 mars 2010 08:43

                                  Le meilleur jour de toute ma scolarité était le dernier ......

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