• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Feignants et fiers de l’être !
21%
D'accord avec l'article ?
 
79%
(34 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Feignants et fiers de l’être !

Le Figaro vient de faire sa Une sur une enquête des plus scientifiques qui prouverait que, de tous les Européens à l'exception notable du Finlandais, le Français est celui qui passe le moins de temps au boulot. Médaille d'argent de la flemme en quelque sorte. La réaction, si j'ose dire, n'a pas tardé. Elle est tristement convenue. Syndicalistes, politiques, socio-machins, tout ce qui, de près ou de loin, se proclame progressiste, a entonné le même couplet : Flemmards, nous ! Mensonge ! Calomnie ! Manipulation patrono-gouvernementale !

Et d'aligner des arguments : - COE-Rexcode, la structure qui a pondu le document en question, est une entreprise financée par le patronat et spécialisée dans la promotion des idées du MEDEF et de ses succursales. - Une étude de l'OCDE (qui n'est pas précisément un repaire de gauchistes) aboutit à une conclusion radicalement différente puisqu'elle affiche un temps de travail moyen de 1562 heures pour les Français, contre 1419 heures pour les Allemands. - Une autre étude du bureau européen de statistiques Eurostat souligne lui que sur une base 100 qui serait la moyenne européenne la productivité du Gaulois est de 133,5, contre, seulement, 123,9 pour le Germain., etc, etc, etc...

Sauf que tous ces raisonnements, apparemment bétons, sont affligés d’un inconvénient rédhibitoire : ils se situent sur le terrain de l'adversaire qui garde, par conséquent un avantage qu'il ne se prive pas d'exploiter. Il n'y a que dans les contes de fée que le Petit Poucet ne se fait pas bouffer par l'Ogre quand il a l'inconscience d'aller le défier dans son château. Depuis l'origine du capitalisme, le patronat a un intérêt majeur à faire bosser les gens un maximum de temps pour un minimum de fric. Il s’emploie donc à persuader les salariés, en employant pour ce faire toutes les ficelles, y compris les plus grosses, qu’ils doivent travailler toujours plus pour gagner toujours moins. Chercher à prouver le contraire est un combat perdu d’avance. Continuer à le mener est non seulement inutile, mais nuisible. Face à ceux qui veulent culpabiliser les Français en les traitant de feignants, il n’y a donc qu’une seule attitude possible : comme les Jacques, comme les Croquants, comme les Gueux de jadis, ramasser l’injure et en faire un drapeau. Oui douce Laurence Parisot, aimable Alain Minc, gentil Nicolas Sarkozy, tendre Christophe de Margerie, sensibles Françoise et Liliane Bettencourt, charmant François Pinault, nous sommes feignants et fiers de l’être. Certes, nous sommes conscients de l’intérêt général. On ne saurait proscrire totalement toute activité. La société a besoin de plombiers, d’ingénieurs, de maçons, de conductrices d’engin, d’écrivaines, de chocolatières et plus généralement de professionnels de toutes sortes de professions. Mais, surtout quand les chômeurs se comptent par millions, rien n’oblige à exiger de ceux qui ont un emploi qu’ils se crèvent à l'ouvrage. On le sait depuis longtemps : l'homme (et la femme) ne sont pas faits pour le travail, la preuve, c'est que ça les fatigue. Comme l’a victorieusement montré jadis le regretté Paul Lafargue, génial auteur du Droit à la paresse, c’est à la fainéantise que l’Humanité doit la totalité de ses progrès scientifiques, techniques et intellectuels. L’homme( et la femme) ne sont pas faits pour passer leur temps entre métro, boulot et dodo. Lire un beau livre, voir un grand film, faire l’amour, pêcher le gardon, mitonner une daube ou peigner les girafes si on a pour cet ongulé artiodactyle et ruminant, une affection particulière, sont des activités bien autrement épanouissantes que d’emboutir à la chaîne des pièces de carrosserie ou de s’user les yeux sur un écran d’ordinateur pour faire gagner à des quidams qui ne sauront pas comment les dépenser, les milliards qui suffiraient à sortir de la misère les claque-dents du monde entier. Camarade Arlette, tu avais tout faux ! Au lieu de commencer tes discours par « Travailleurs ! Travailleuses ! » C’est « Feignants ! Feignasses ! » que tu aurais dû dire, nous n’en serions, peut-être, pas là.

Chambolle

par jlhuss samedi 14 janvier 2012 - 19 réactions
yahoo
21%
D'accord avec l'article ?
 
79%
(34 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par ROBERT GIL (xxx.xxx.xxx.175) 14 janvier 09:31

    Quand des gens perdent leur emploi, ce n’est pas en fonction de leur paresse. Lorsqu’ils se blessent ou tombent malades, ce n’est pas dû à leur paresse. Lorsque des mauvaises décisions sont prises par des responsables politiques, ce n’est pas la faute à leur paresse. Et lorsque pour faire plus de profits des entreprises délocalisent c’est simplement parce que le système capitaliste détruit tout ce qui l’empêche de faire plus d’argent. Les individus ne sont que des variables d’ajustement !
    Voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2011/04/08/travail-famille-patrieet-petits-mensonges/

  • Par Lea Andersteen (xxx.xxx.xxx.139) 14 janvier 14:19
    Lea Andersteen

    Un article très pertinante : non seulement ils mentent éhonteusement quand aux chiffres (et omettent en plus de rappeler que l’esclavagisme est de nouveau d’actualité en allemagne - cf les emplois à 1 euro de l’heure sans aucune protection sociale, sans assurance, sans cotisation retraite & chômage...).

    Effectivement, le travail n’a JAMAIS été la santé. Le pire, c’est que les robots pourraient en plus réaliser à notre place dans les 80% des emplois. Une société de loisir est possible... Et que faisons-nous ? Nous préférons laisser le libéralisme qui fait souffrir une majorité, enrichir une minorité, détruit la planète, épuise les ressources et nous entraine dans une gigantesque catastrophe.

    Une mécanisation la plus poussée possible, une fin de l’obolescence programmée, une meilleure répartition des richesses, et l’humanité serait dans l’abondance... Car l’humanité n’a jamais connu, dans l’histoire une telle abondance. Que ce soit de biens, de services et même de nourriture (les dernières famines ne sont qu’un manque d’argent et non de nourriture...)

  • Par zadig (xxx.xxx.xxx.28) 14 janvier 07:57

    Bonjour,

    Quelle idée d’aller consulter un journal pareil !
    Vous n’avez pas été prévenu par votre maman ?

    Cordialement

  • Par Scual (xxx.xxx.xxx.134) 14 janvier 15:25

    En même temps je ne sais pas trop s’il y a vraiment le moindre intéret à essayer de critiquer le tract qu’est le Figaro.

    Je veux dire que ceux qui le lisent ne s’intéressent pas à la vérité et n’auront jamais vent des ces critiques, quand à tout les autres, il savent avant même d’avoir lu que c’est des conneries et n’ont même pas besoin qu’on leur démontre la supercherie...

    Perso je conseillerait plutôt de se pencher sur les cas, du Monde ou de Libé qui ne sont plus du tout ce qu’ils sont dans l’imaginaire collectif et depuis plusieurs années maintenant.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox