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Femmes battues : un choquant verdict

Réuni à Blois, le jury de la Cour d'assises du Loir-et-Cher a confirmé le jeudi 3 décembre en appel la condamnation à dix ans de réclusion de Jacqueline Sauvage pour le meurtre de son mari. Durant 47 ans, cette femme avait pourtant vécu un enfer auprès de son conjoint violent, également auteur de coups fréquents sur ses enfants, et d’abus sexuels sur ses trois filles...

10 septembre 2012, la Selle-sur-le-Bied, dans le Gâtinais. Après 47 ans de vie commune avec Norbert Marot, Jacqueline Sauvage, âgée de 65 ans, ne supporte plus les coups, les humiliations et les abus sexuels dont elle est victime depuis des décennies de la part de cet homme irascible et alcoolique. Elle les supporte d’autant moins que ses trois filles – Sylvie, Carole et Fabienne – ont elles aussi eu à subir dans leur enfance les violences de son mari : non seulement il les a également frappées, mais il a commis sur elles d’odieux abus sexuels, allant jusqu’au viol pour deux d’entre elles. Comble d’horreur : la veille, le fils de Jacqueline Sauvage, lui aussi accoutumé aux coups, a mis fin à ses jours en se pendant.

En cette mi-journée de septembre, Jacqueline Sauvage, frappée pour la énième fois par son violent conjoint, a le sentiment que son mari va, tôt ou tard, mettre à exécution les menaces de mort qu’il si souvent proférées contre elle. Dans le lourd contexte du décès par pendaison de son fils, c’en est trop pour la pauvre femme. Profitant d’un instant d’accalmie, elle s’empare du fusil de chasse et, pour protéger sa propre vie, abat son mari de trois coups de fusil dans le dos sur la terrasse de leur pavillon. Un cauchemar est terminé. Un autre se profile... 

Le 28 octobre 2014, Jacqueline Sauvage est condamnée à 10 ans de réclusion par la Cour d’assises du Loiret. Les jurés, malgré les témoignages à décharge, ont estimé que la « légitime défense » ne pouvait être retenue, compte tenu des circonstances du meurtre : certes, Jacqueline Sauvage a bien été frappée ce jour-là, mais elle n’était pas directement menacée à l’instant où elle a fait feu, comme le montrent les impacts « dans le dos de la victime ».

Compte tenu du climat qui régnait dans la maison et de la réalité des violences exercées par ce tyran domestique à l’encontre de tous les membres de la famille, le verdict n’en est pas moins incompris dans le Loiret. Un appel ayant été interjeté, il est toutefois probable que la peine sera allégée, comme le souhaitent de manière unanime les filles de la condamnée...

Novembre 2015. Détenue depuis près de trois ans, Jacqueline Sauvage comparaît à Blois devant la Cour d’assises d’appel. Une nouvelle fois, sa vie, émaillée de violences graves et répétées, est retracée à la barre. Parmi les témoins, ses filles confirment les multiples agressions dont elle a été l’objet, de même que les coups et les abus sexuels dont elles ont elles-mêmes été victimes. Le suicide du fils, mort par pendaison la veille du drame après avoir été une nouvelle fois battu par son père, est lui aussi présent dans les débats. De quel poids a pesé ce fait horrible dans l’acte d’une mère forcément affectée et psychologiquement affaiblie lorsqu’elle s’empare du fusil ?

 

« Fracassée pendant 47 ans »

Dans de telles conditions, la validation par le jury de Blois de la peine de 10 ans de réclusion requise par l’avocat général Frédéric Chevallier semble une nouvelle fois disproportionnée en regard de l’histoire des deux principaux acteurs de ce drame : le conjoint violent et la meurtrière par « accumulation ». En quoi cette femme peut-elle représenter un danger pour la société qu’est censé défendre le ministère public ? En rien, et de cela toutes les parties présentes à l’audience sont conscientes.

Pour autant, la peine infligée à Jacqueline Sauvage « ne doit pas être un permis de tuer », estime non sans raison le magistrat. Pas même pour une femme violentée depuis des décennies. À cet égard, Frédéric Chevallier n’a pas tort de rejeter l’extension du concept de « légitime défense » à l’état de danger permanent dans lequel se trouvent les femmes battues, comme le réclament, sur le modèle de ce qui existe au Canada, les avocates de Jacqueline Sauvage. Des avocates en l’occurrence bien décidées à faire avancer cette cause après l’acquittement, en 2012 à Douai, d’Alexandra Lange*, elle aussi poursuivie pour le meurtre de son conjoint violent. Nul doute cependant que ce débat ressurgira dans l’avenir, sous l’opiniâtre impulsion de Me Janine Bonaggiunta et Me Nathalie Tomasini dont l’action judiciaire est dédiée aux affaires de violences faites aux femmes.

Mais entre les arguments de droit énoncés par l’avocat général et la réalité glaçante d’une vie de femme « fracassée pendant 47 ans, psychologiquement et physiquement » comme l’a clamé à juste titre Me Tomasini, n’y avait-t-il aucune place pour un jugement plus nuancé ? Aucune place pour un verdict plus en rapport avec l’enfer que vivent les femmes battues, de surcroît mères d’enfants eux-mêmes violentés ?

Le plus étonnant est que, dans son réquisitoire, l’avocat général – sans doute gêné moralement – a affirmé aux jurés que, compte tenu du temps déjà passé par Jacqueline Sauvage en prison et des possibilités de remise de peine, la condamnée serait libérable en janvier 2017. Une perspective de libération relativement proche qui a très certainement dû influencer les membres du jury et les inciter à infliger cette peine de 10 ans réclamée par le magistrat. Et c’est ainsi qu’a été prononcé ce choquant verdict qui, en renvoyant la condamnée pour 14 mois en prison, ne satisfait pratiquement personne. Il eût pourtant suffi à Frédéric Chevallier d’assortir cette peine de 5 ans de sursis sur les 10 réclamés pour que Jacqueline Sauvage soit immédiatement libérable au titre des remises de peine.  

Au-delà d’un complexe et très aléatoire recours juridique sur les conditions d’application de la durée de sûreté applicable au cas de la condamnée, il reste cependant une possibilité de remettre rapidement Jacqueline Sauvage en liberté et de lui permettre de retrouver ses filles et ses petits-enfants : la grâce présidentielle. Compte tenu du temps déjà passé par Jacqueline Sauvage en prison, et de la nécessité pour le pouvoir exécutif de donner des signaux forts de soutien à la cause des femmes victimes de violences graves et répétées, le président Hollande se grandirait en sortant de cellule une « victime » qui, après un demi-siècle d’enfer conjugal, a d’ores et déjà largement payé sa dette pénale.

 

* Dans un livre intitulé « Acquittée », Alexandra Lange a délivré un puissant témoignage de ses 12 années de femme battue. Le livre a été adapté pour la télévision dans un téléfilm intitulé « L’emprise ». 

 

Précédents articles en rapport avec la justice :

Un syndrome effrayant : l’« effet du témoin » (septembre 2015)

Procès d’assises : des délibérations sous influence ? (octobre 2013)

Procès d’assises : délibération, mode d’emploi (novembre 2012)

Nouvelle réforme de la Justice : le jugement erroné de Sarkozy (avril 2011)

Justice : doit-on remettre en cause le huis-clos ? (octobre 2010)

Procès Ferrrara : un juré d’assises à la barre (octobre 2010)

Justice : de Monchal à Hortefeux (septembre 2010)

Justice : un coupable peut en cacher un autre (novembre 2009)

Violée, humiliée... Détruite ! (octobre 2009)

 


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88 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 6 décembre 2015 15:22

    Quand un état ne veut plus punir les coupables, par effet pervers, il punit les victimes...


    • Fergus Fergus 6 décembre 2015 15:59

      Bonjour, M de Sourcessure

      En effet. Mais ce n’est pas le cas en France, quelques affaires médiatiques de bavures judiciaires ou de verdicts sujets à polémique ne suffisant pas à refléter l’état judiciaire réel du pays.

      A cet égard, la grande majorité des affaires, qu’il s’agisse de criminalité ou de délinquance, sont instruites et jugées de manière équitable, ce qui peut vous être confirmé par les acteurs de la Justice, qu’ils soient magistrats ou avocats.


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 6 décembre 2015 16:10

      @Fergus

      l’auto-évaluation n’a jamais été une garantie d’objectivité...
      il faudrait aussi demander leur avis aux voleurs de poules qui remplissent les prisons et aux anciens ministres coupables de fraude fiscale qui n’y sont pas, mais aussi aux citoyens qui sont quand même concernés si ce n’est impliqués dans un appareil qui est censé agir en leur nom !

      quand vous jugez la qualité d’un pâté de campagne, vous demandez à qui d’évaluer :

      - au charcutier ?
      - au cochon ?
      - au client ?

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 16:13

      @Fergus

      Globalement d’accord avec vous.
      Mais, parfois, la justice pousse un peu trop loin la sévérité (ici) ou l’indulgence.

      Souvenez-vous de ce forcené qui, après avoir assommé une femme gendarme, lui prit son pistolet et lui mit quelques balles dans la tête avant que sa collègue ait pu intervenir. Il tua cette dernière de plusieurs balles dans le dos.
      Pour le premier meurtre il ne prit qu’une peine à temps.
      Pour le second, qualifié d’assassinat, il prit perpétuité.
      Subtile et coupable indulgence ! ! !
      Pour le premier meurtre, le jury a dû considérer que l’arme de la gendarme avait dû lui sauter dans la main et, par réflexe, en état de « légitime défense » (! ?), il lui tira dans la tête. Pauvre trésor...
      Meurtre ou assassinat ? ? ?...

    • Fergus Fergus 6 décembre 2015 16:52

      @ M de Sourcessure

      « l’auto-évaluation n’a jamais été une garantie d’objectivité... »

      Certes, mais cet avis largement partagé concerne des professions aux intérêts contradictoires : les magistrats versus les avocats. En bonne logique, l’on peut donc en conclure que les avis excessifs dans un sens ou un autre s’annulent.

      La plupart des justiciables vont d’ailleurs dans le même sens, tant dans le déclaratif que dans la réalité des appels interjetés qui restent minoritaires en regard des affaires traitées. (Si quelqu’un peut m’aider à retrouver le pourcentage des appels au pénal, je lui en serais reconnaissant car je n’arrive pas à retrouver cette statistique).

      En outre, j’invite tous ceux qui ont, soit une méconnaissance, soit une mauvaise opinion du fonctionnement de la justice à suivre des procès d’assises et de correctionnelle, loin des clichés et des idées reçues.


    • Zip_N Zip_N 7 décembre 2015 12:04

      @M de Sourcessure

      « quand vous jugez la qualité d’un pâté de campagne, vous demandez à qui d’évaluer »

      Au charcutier d’évaluer, la qualité est de sa responsabilité.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 15:24

      Encore heureux que les jurés n’aient pas considéré les 47 ans de martyre de cette malheureuse comme autant de temps de réflexion, de PRÉMÉDITATION, qui l’aurait conduite à son geste de « LÉGITIME DÉFENSE » ! ! !
      Dégueulasse ! ! !...


      • Fergus Fergus 6 décembre 2015 16:09

        Bonjour, Jean-Pierre Llabrés

        Le geste meurtrier n’étant pas intervenu en réponse immédiate à la dernière agression subie par Jacqueline Sauvage, la question de la « préméditation » a été abordée par le jury. Mais fort heureusement il a y été répondu « non ».

        « Préméditation » versus « légitime défense », sans doute le jury a-t-il abandonné l’une sans reconnaître l’autre dans une recherche de jugement équitable. A mes yeux, c’était la bonne démarche. Encore eût-il fallu fixer la hauteur de la peine à un niveau synonyme de libération, ce qui n’a pas été le cas. 


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 16:18

        @Fergus

        Au pire, le jury aurait pu la condamner à 10 ans de prison avec sursis  !


      • Fergus Fergus 6 décembre 2015 16:33

        Bonjour, Jean-Pierre Llabrés

        En effet, et cela dès la première instance. Mais c’était quasiment impossible, eu égard aux circonstances particulière du « meurtre », commis en réponse différée à une agression et sur une « victime » de dos.

        Mais 3 à 5 ans de prison ferme en appel, le reste étant assorti du sursis, suffisaient la semaine dernière à rendre très vite sa liberté à Jacqueline Sauvage. Ses filles et elles espéraient sans doute une issue de ce genre, à défaut d’obtenir l’acquittement au titre de la « légitime défense » invoquée par le duo d’avocates. La condamnation de jeudi est donc une terrible épreuve pour elles.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 16:36

        @Fergus

        D’accord avec vous.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 16:39

        @Fergus
        Addendum :

        Ce n’est pas une épreuve.
        C’est une injustice ! ! !


      • Fergus Fergus 6 décembre 2015 17:00

        @ Jean-Pierre Llabrés

        Je n’ai pas parlé d’« injustice » car c’est précisément au nom du droit, et donc de la justice, que le verdict a été prononcé, sans violation du code pénal ou de la procédure.

        On peut donc parler de « justice sévère », voire de « justice aveugle » (au sens où l’on n’a pas suffisamment porté le regard sur l’enfer vécu par Jacqueline Sauvage), mais pas, stricto sensu, d’« injustice ». 


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 17:07

        @Fergus

        Désolé, mais vous ne m’enlèverez pas que le jury a été injuste.


      • Fergus Fergus 6 décembre 2015 17:37

        @ Jean-Pierre Llabrés

        Je respecte votre opinion, et je la partage sur le fond, à défaut de l’exprimer de la même manière !


      • Henry Canant Henry Canant 6 décembre 2015 15:26

        C’est qu’enfin la Justice, par respect pour nos barbus introduit une dose de charia.

        En Islamanie, on peut tuer la femme mais pas le contraire et c’est un devoir d’être exemplaire. Je trouve, suivant le contexte actuel, la peine légère.

        • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 15:52

          @Henry Canant

          Bel humour, mais quelque peu déplacé...


        • Fergus Fergus 6 décembre 2015 16:11

          Bonjour, Henri Canant

          Désolé, mais je rejoins l’avis de Jean-Pierre Llabrés.


        • EpiqueTête EpiqueTête 6 décembre 2015 15:31

          La Justice est une construction, on ne peut pas juger sans jauger les conséquences du verdict. A partir de quand est-on un « tyran domestique » ? Si nous prenons l’échelle Sauvage, ça me va. A partir de quand peut-on tuer ?


          • Fergus Fergus 6 décembre 2015 16:19

            Bonjour, EpiqueTête

            Ces questions sont toutes légitimes, et c’est précisément parce que, d’une Cour à l’autre, et d’un jury à l’autre, les perceptions sont différentes que les verdicts sont si dissemblables.

            Non qu’il y ait une bonne justice ici, et une mauvaise là, mais parce que les acteurs impliqués (magistrats, avocats, justiciables, témoins), ainsi que les circonstances de commission des actes et celles du jugement ne sont jamais identiques.

            C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les peines plancher à caractère automatique n’ont aucun sens ; comme vous le dites, « on ne peut pas juger sans jauger les conséquences du verdict ». Et par conséquent sans connaître dans le détail l’histoire des justiciables. 


          • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 6 décembre 2015 15:35

            c’est drôle, couleur du (faux) nez mise à part, vous ressemblez vraiment à J-P Llabrès !

            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 15:50

              @M de Sourcessure

              Non ! ! ! Je suis drôlement mieux ! ! !


            • EpiqueTête EpiqueTête 6 décembre 2015 15:55

              @Jean-Pierre Llabrés
              Incontestablement.


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 15:58

              @EpiqueTête

              Merci !
               smiley

            • Osis Oxi gene. 6 décembre 2015 16:16

              Si j’ai bien compris, ses filles ont été violées par son mari, dans le passé.... ?
              Si j’ai bien compris, elle avait alors laissé faire ?
              Curieuse maman.

              Si elle l’avait tué à ce moment, elle eut mérité non seulement la relaxe, mais peut-être aussi une médaille de bravoure...

              Tandis que là, j’ai comme un doute...


              • Fergus Fergus 6 décembre 2015 16:23

                Bonjour, Oxi gene.

                « Curieuse maman. »

                A ce détail près que les actes commis sur les filles de Jacqueline Sauvage l’ont toujours été en l’absence de celle-ci, et les petites n’ont rien dit à leur mère, les faits n’ayant été révélés que bien plus tard.


              • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 6 décembre 2015 16:27

                @Oxi gene.
                « Tandis que là, j’ai comme un doute... »


                La vengeance est un plat qui se mange froid...
                Ce salaud a quand même eu 47 ans de « bon temps ». Beaucoup trop ! ! !


              • Osis Oxi gene. 6 décembre 2015 19:31

                @Fergus

                Précision que je n’ai pas vu ou pas lue.
                Dans ce cas alors je suis donc en accord avec vous.


                • Fergus Fergus 6 décembre 2015 17:11

                  Bonjour, sarcastelle

                  Merci pour le lien. C’est précisément la thèse que défendent Me Janine Bonaggiunta et Me Nathalie Tomasini.

                  Personnellement, j’ai un peu de mal avec cette approche car elle me semble dangereuse. C’est pourquoi je reste persuadé que les homicides commis par des femmes violentées doivent faire l’objet d’une instruction et d’un procès.

                  Mais sans doute faut-il faire évoluer les mentalités du monde judiciaire, et notamment celles des magistrats (procureurs et substituts) représentant le ministère public dans de telles affaires.

                  Dans l’article, j’ai parlé de « meurtre par accumulation ». J’ignore si ce concept existe, mais si ce n’est pas le cas, il devrait - sous cette appellation ou une autre - être pris en compte car c’est bien souvent cette accumulation de sévices qui fait qu’un jour la coupe déborde et débouche sur un meurtre, sans d’ailleurs que le coup porté ou l’atteinte sexuelle soit nécessairement pire que les fois précédentes.


                • leypanou 6 décembre 2015 17:08

                  Cet article ne dit rien sur l’environnement de ce drame : la femme travaillait-elle ? Pourquoi a-t-elle attendu 47 ans avant de « se faire justice » elle-même : catholique, sans ressource, ? Pourquoi le juré avait été plutôt « dur » avec la coupable : le mari venait de quel environnement social, professionnel ? Tout çà a pu jouer sur le verdict car un jugement dépend toujours de plusieurs facteurs et les jurés ainsi que les juges, même en étant « neutres », sont conditionnés.

                  Cela étant, des femmes battues (ou hommes aussi d’ailleurs), c’est un phénomène complexe : un mari qui bat, (ou une femme qui bat son mari), cela ne va s’arrêter tout seul et espérer que lui (ou elle) va changer, est une illusion. Mais l’environnement -sans ressource, religion, familial- fait que des personnes supportent ce genre de situation pendant plusieurs années. Et malheureusement, cela finit des fois par des drames.


                  • Fergus Fergus 6 décembre 2015 17:52

                    Bonjour, leypanou

                    Vous posez d’excellentes questions, de celles qui font qu’il est si difficile de porter un jugement extérieur sur un verdict d’assises.

                    Très franchement, je n’ai pas de réponses détaillées à ces questions, ma connaissance de l’affaire étant limitées aux informations parues dans la presse, notamment de la région Centre.

                    Mais l’impression générale qui s’exprime à,l’issue de ce procès d’assises en appel est à l’évidence l’incompréhension, voire la colère, notamment de la part des personnes engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

                    A cet égard, il est évident que la société, par son incurie persitante, porte une part non négligeable de responsabilité dans cette affaire.


                  • Le Gaïagénaire 6 décembre 2015 19:30

                    @Fergus  6 décembre 17:52


                    « A cet égard, il est évident que la société, par son incurie persitante, porte une part non négligeable de responsabilité dans cette affaire. »

                    « Et dire que ce dont souffrent les femmes, ce sont elles qui l’ont engendré en revendiquant pour elles seules l’éducation du jeune enfant, dire que les futurs misogynes dont souffriront leurs filles, ce sont les mères qui les préparent. »(Olivier, Christiane, Les enfants de Jocaste, p.72, Paris, Denoël/Gonthier)


                    Quel est le sort réservé aux enfants mâles des trois filles ? Et quel est le sort des épouses de ces mâles qui subiront un paternité imposée, comme leur grand-père ? 


                    Etc. Etc. Etc.



                  • Fergus Fergus 6 décembre 2015 19:38

                    Bonsoir, Le Gaïagénaire

                    Je ne suis pas d’accord avec l’extrait que vous citez : certes, le mouvement est encore embryonnaire en France, mais à sur le modèle des pays nordiques, un nombre croissant d’hommes est en charge de l’éducation des jeunes enfants. Et cela en plein accord avec les épouses ou les compagnes.


                  • Le Gaïagénaire 6 décembre 2015 23:28

                    @Fergus 6 décembre 19:38


                    Fergus, Bonsoir,

                    Vous faites allusions à ces expériences de « social-engineering » pour prouver que le genre est un construit ?

                    Je dois m’inscrire un faux.Je suis d’avis qu’il y a autant de psychopathes et de « caractéropathes » là qu’ailleurs.

                    Nous ne serons malheureusement pas là dans 5 générations pour constater un nouveau désastre humanoïde qui sera entièrement blâmé sur le dos des « hommes roses ».

                    Bonne nuit.



                  • Le Gaïagénaire 6 décembre 2015 23:56

                    @Fergus 6 décembre 22:55


                    Fergus, bonsoir,

                    « Norbert Marot, tout juste sorti de maison de correction  »

                    Une bombe ambulante quoi ! Jacqueline était donc le parfait « punching bag » sur lequel abréagir le traitement ignoble que la Société venait de lui infliger.

                    "Il y a ici confusion très révélatrice de la cause avec son effet, et l’on combat comme source du mal quelque chose que l’on a soi-même fait naître. Ce type de phénomène ne se produit pas uniquement en pédagogie mais aussi dans les domaines de la psychiatrie et de la criminologie. Une fois que l’on a suscité le « mal » par la répression du vivant, tous les moyens sont bons pour le combattre chez la victime."(Miller, Alice, C’est pour ton bien, p.45, Aubier, 1985) 


                    Bonne nuit.


                  • Fergus Fergus 7 décembre 2015 09:14

                    Bonjour, Le Gaïagénaire

                    J’ai décidément beaucoup de mal à vous suivre.

                    Pour vous répondre, je vous signale qu’il existe des milliers de famille où les frères ont eu la même éducation et ont pourtant suivi des voies totalement opposées, que ce soit en termes de délinquance ou de sexualité.

                    Idem pour les jeunes ayant été placés dans des centres éducatifs spécialisés : certains sont devenus des délinquants récidivistes, d’autres ont connu une existence normale dans le respect des lois. En l’occurrence, si Norbert a été une « bombe ambulante », ce n’était pas forcément inscrit dans son parcours d’enfance.

                    Le propos d’Alice Miller ne vaut pas pour toutes les situations. Il est néanmoins vrai que l’incarcération précoce de jeunes ou de petits primo-délinquants dans le système pénitentiaire adulte est une calamité car elle favorise la récidive, ce qu’ont bien compris les pays nordiques qui appliquent une politique pénale nettement plus axée sur les peines de substitution.


                  • Le Gaïagénaire 7 décembre 2015 13:40

                    @Fergus 7 décembre 09:14


                    Fergus, bonjour,

                    Ce qui suit devrait vous faire comprendre votre 1er paragraphe :

                    http://www.sott.net/article/159686-In-Memoriam-Andrzej-M-obaczewski

                    A : It means that respective forms of psychopathy are transferred in different ways and I personally propose certain hypotheses with respect to inheritance of psychopathy, but very cautious ones. That means that in my experience, I have not seen a case where the mother was entirely normal, the father was a psychopath, and the son was a psychopath, too. 

                    Q : Not this way ? So, how ? 

                    A : It is inherited via mother, the same as Daltonism or hemophilia. One is inheriting it via the mother. This is the case as far as the essential psychopathy is concerned. Schizoidia is probably inherited autosomally, through non-sex chromosomes, not via chromosomes X and Y, but via certain series of autosomal chromosomes. Therefore, the inheriting process differs. Finally, psychiatrists of the past mention the asthenic psychopathy as the most numerous. It is generally a broad category full of somewhat different conditions, difficult to differentiate, because these are results of fetal deprivation, therefore, it can be hereditary in nature or not. So, researching exactly the biological properties of psychopathy, the genetic properties of psychopathy, is very much needed in order to understand exactly this aspect of genesis of evil. 

                    Q : Well, this genetic anomaly appeared from somewhere... 

                    A : Well, this is already only philosophy. What was earlier, when it was created ? Do mutations occur in modern times ? Certainly, it happens in modern times that the gene falls out, « checks itself out », and the son of a famous psychopath is a normal person and gravitates towards the world of normal men, and he, let’s say, revolts against the party until he finally lands behind bars with others like me. 

                    Fergus, travaillons sur la cause. 

                    Alinea a signalé une chose très importante dans cette famille dysfonctionnelle : la présence du fils adulte auprès d’elle, son petit mari quoi ! Jacqueline n’était pas normale dès le début.

                    Enlevez vos lunettes roses. Pourquoi n’a-t-elle pas été détectée à l’école ?

                    À quand un permit pour obtenir le droit de mettre des enfants sains au monde ??????

                    Cordialement.

                  • gaijin gaijin 7 décembre 2015 15:46

                    @Le Gaïagénaire
                    «  À quand un permit pour obtenir le droit de mettre des enfants sains au monde ?????? »

                    bonne question a laquelle il faut ajouter : qui va le donner ? et sur quels critères ?
                    j’y ai pas mal réfléchit en concluant que si c’était moi qui le donnais je ne le donnerais a personne ( même pas a moi )
                    ce n’est pas une boutade :
                    il nous reste un chemin incroyablement long dans ces domaines avant de cesser la production et la reproduction de pervers ( des deux sexes )


                  • Le Gaïagénaire 7 décembre 2015 23:53

                    @gaijin 7 décembre 15:46


                    gaijin, bonsoir,

                    La solution est très simple.

                    Je la présente sur ce cite dans de nombreux commentaires depuis 2 ans. Voyez mon profil.

                    La Société doit intervenir sur trois points simultanément :

                    1- biographie (ontogenèse) obligatoire à l’école avant l’âge de 15 ans pour toutes les filles, sinon pas de diplôme ;

                    2- même exigence pour tous les universitaires premier cycle qui toucheront à l’humain et avant l’accès aux cycles suivants ;

                    3- vasectomie réversible obligatoire pour tous les garçons avant l’âge de 15 ans.

                    Cordialement.





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