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Février - Mars. Brèves sur la sécurité et les forces qui en sont chargées police et gendarmerie

Comme chaques mois, février et mars ont eu leur lot de victimes,

Le 19 février durant ses heures de service un gendarme a mis fin à ses jours, il servait au peloton autoroutier de Aiton, 73.

Un policier se donne la mort. Nous aurions pu croire qu’il existait une réelle accalmie concernant les suicides. Malheureusement l’actualité nous rappelle à la dure réalité avec l’annonce d’un policier retrouvé pendu dans sa chambre d’hôpital à Dunkerque (59) le 27 février. La veille il avait été découvert dans un canal en état d’hypothermie.

Un suicide aux Antilles, un autre dans les Vosges. Le 27 février un gendarme de 41 ans, père de famille, s’est donné la mort par arme à feu sur son lieu de travail à Point-à-Pitre. Il était affecté à la section de recherches. Une enquête a été ouverte et des membres de l’inspection générale de la Gendarmerie sont attendus pour poursuivre les investigations. Comme d’habitude le silence va recouvrir cette affaire et nous ne connaîtrons pas les causes de cet acte désespéré (si elles sont établies). Ce n'est que tardivement que nous avons appris que le 14 février le lieutenant-colonel Laurent Schmidtke, âgé de 52 ans, du groupement d'Epinal avait utilisé son arme de service pour mettre fin à ses jours.

Un suicide de plus en gendarmerie. C’est un gendarme de l’escadron de Clermont-Ferrand (63) qui a choisi de nous quitter le 4 mars. Quand on se rend compte du peu d’éléments qui ont filtré sur ce drame on imagine sans peine la communication qui se fera sur les résultats d’une hypothétique enquête. Le 6 mars, les proches et les camarades du jeune cadre de la poste qui s’était défenestré on manifesté pour montrer leur désarroi et leur colère. Au delà de la tristesse et faute d’avoir une solution il est primordial de faire connaître ces drames. Nous remarquons cependant que toutes les branches de la fonction publique n’ont pas le même traitement médiatique. Concernant les forces de sécurité les suicides de gendarmes les 4, 14, 19, 27 février et 4 mars, celui d’un policier le 27 février, n’ont pas amené de commentaires.

Deux suicides dans la police . le 15 mars, deux policiers se sont donné la mort. Le premier, affecté à la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation s’est pendu à son domicile de Seine-et-Marne, il était en arrêt maladie. Le second, âgé de 36 ans, servait au commissariat du premier arrondissement à Paris. Il a utilisé son arme de service pour se donner la mort à son domicile de Champigny dans le Val-de- Marne ; Il a laissé un écrit mettant en cause sa hiérarchie. Nous assurons de toute notre sympathie les familles, les proches et les collègues de ces fonctionnaires.

Suicide d’un jeune commissaire. Stupeur et abattement le 22 mars au commissariat de Poitiers et pour tous les policiers de la Vienne en apprenant que le commissaire Johannes Wilhelm, 30 ans, avait choisi de mettre fin à ses jours. Son corps a été retrouvé en Haute-Vienne près d’une rivière. Ce chef de la sûreté départementale, promis à un bel avenir était originaire du Vaucluse, il avait servi en région toulousaine. Il a utilisé son arme de service pour se donner la mort. Nous nous unissons à la famille et aux policiers pour partager leur tristesse.

Ce sont des gens qui disparaissent en silence comme si la police et la gendarmerie avaient honte de ces drames, comme si les suicidés des forces de l’ordre n’intéressaient pas les médias. Pourtant ces morts laissent aussi des familles, des proches et des collègues dans la tristesse le désarroi et la colère et c’est vers ces personnes que doivent aller nos pensées.

 

La pré-plainte en ligne. Le 22 février, le ministre de l’Intérieur a annoncé la généralisation de la pré-plainte en ligne à partir du 1 er septembre 2012. Il s’appuie sur l’expérimentation qui existe depuis deux ans. Pour avoir eu de nombreux contacts en Charente-Maritime et dans les Yvelines, les départements précurseurs, nous pouvons affirmer que cette méthode est bien loin de faire l’unanimité, ne serait-ce que par le fait que tout le monde ne maîtrise pas l’outil informatique. Le retour d’expérience est négatif, sauf auprès des « responsables » de la sécurité qui se doivent de démontrer le contraire. Elle entre dans les opérations « tape à l’œil » destinées à faire oublier la casse des budgets et des effectifs : les voisins vigilants, la généralisation des caméras de protection et autres gesticulations destinées à expliquer des résultats acceptables malgré la démolition des services de sécurité.

 

Le 22 février se déroulait la deuxième journée européenne sur les droits des victimes. Belle occasion pour elles d’entrer dans la campagne électorale car elles sont quand même plus nombreuses que les délinquants, les gendarmes et les policiers réunis. Occasion également pour une élue, qui veut mettre les victimes au cœur de l’action des forces de police et de gendarmerie, de faire toute une série de propositions. Des mesurettes, aussitôt reprises par le ministre de l’Intérieur. Il a d’ailleurs trouvé les crédits pour un projet immobilier destiné à éviter aux victimes de croiser leurs agresseurs dans les commissariats et les gendarmeries. Cette parlementaire réfléchi à « l’instauration de l’assistance d’un avocat pour la victime dans les auditions en garde à vue ». Il semblerait qu’elle ait quelques lacunes en droit car il est particulièrement rare qu’une victime soit placée en garde à vue. S’agissant des délinquants ils ont déjà obtenu le droit à cet avocat dès la première heure. Les victimes regroupées dans plus de 200 associations souhaiteraient, très lucidement, un haut commissariat aux victimes, sous la tutelle du premier Ministre, pour permettre une approche interministérielle. Certainement une idée à creuser.

 

Un gendarme au Sénat. Le 23 février, un major de gendarmerie en activité a été reçu au Sénat par l’équipe « sécurité » du candidat socialiste. Le long entretien a permis de mettre sur la table les multiples problèmes rencontrés par les gendarmes du XXIe siècle. http://gendarmes-en-colere.forum2discussion.net/t25335-restitution-de-l-entrevue-au-senat-du-23-02-2012 L’Association Gendarmes et Citoyens salue le courage et l’engagement de ce gendarme qui s’expose aux foudres de la hiérarchie. Restant dans son axe apolitique elle souligne qu’elle n’a pas l’intention de répondre à une telle invitation. Elle s’en tient à la lettre qu’elle a adressée à tous les candidats à l’élection présidentiellehttp://issuu.com/agecassociation/docs/agec_magazine_fevrier_2012_018_mf.(pages 10 et 11) Elle se contentera de diffuser les réponses qui lui parviendront sans autre commentaire. Ce sera aux lecteurs de se déterminer en fonction du contenu de ces courriers.

Des policiers manifestent. 200 policiers se sont rassemblés le 28 février devant l’hôtel de police de Grasse et un commissariat de Nice en solidarité avec deux agents de la brigade anticriminalité (BAC), condamnés à des peines de prison avec sursis après la mort d’un jeune homme, Hakim Ajimi, lors d’une interpellation. 80 agents de différents services de police de Nice se sont également rassemblés, sans slogan ni banderole, devant un commissariat de la ville. La veille, l’ensemble des policiers qui composent la BAC ont démissionné de leur service en soutien à leurs collègues. Les fonctionnaires estiment que les deux agents ont été condamnés “alors qu’ils n’ont fait qu’appliquer des règles d’intervention enseignées à l’école de police. On sait parfaitement que la règle d’intervention utilisée dans le cas d’Hakim Ajimi, comporte des risques mais elle est légale. Si elle est dangereuse, c’est à l’administration de la retirer pour qu’elle ne soit plus appliquée”. Notre connaissance du dossier ne nous permet pas de nous prononcer sur la peine infligée à ces policiers mais il nous faut constater une réelle solidarité dans cette profession. Si le cas avait concerné des gendarmes, en l’absence de syndicat pour les soutenir et les fédérer, il est probable que l’acquiescement au jugement aurait été la seule issue.

Nouveau règlement de comptes à Marseille. Le 2 mars un jeune homme de 26 ans et une femme de 39 ans ont été tués de plusieurs balles de gros calibre tirées par un ou plusieurs individus dans une cité HLM. Le 3 mars, c'est un gérant de restaurant-discothèque qui trouve la mort dans les mêmes conditions. Il semblerait bien que le « super flic » le préfet Gardère soit, comme ses prédécesseurs, impuissant à juguler la violence dans la région en général et dans la cité phocéenne en particulier. S’il doit être remplacé (le jeu des chaises musicales reste à la mode chez les préfets) je ne vois plus que le ministre de l’Intérieur en personne pour assurer la fonction. Pour rester sérieux il ne faut pas imaginer pouvoir faire mieux avec moins d’effectif et les chiffres de la délinquance finissent par arriver à un niveau où ils ne sont plus compressibles dans les bilans chiffrés.

Fait divers vu par deux journalistes aux regards différents Le premier indique que des gendarmes arrêtent un cortège funèbre pour un contrôle d'alcoolémie "en règle" y compris le chauffeur du corbillard. Un contrôle qui bloque la circulation. Après une référence "humoristique" à Brassens il conclut par la formule : 
Les proches et parents qui suivaient cette sépulture auront apprécié cette application particulièrement rigide des contrôles d'alcoolémie avec beaucoup moins d'humour.
http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/08/1300552-les-gendarmes-arretent-un-cortege-funebre-pour-un-controle-d-alcoolemie.html
Un second journaliste donne une version beaucoup plus réservée précisant que deux gendarmes interpellent un véhicule "particulier" afin de procéder à un contrôle d'alcoolémie, sans s'apercevoir qu'il s'agissait d'un fourgon funéraire. Alors que le premier gendarme use de son alcootest, le second se rend vite compte qu'il s'agit d'un fourgon funéraire et décide aussitôt d'écourter le contrôle. 
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=contr%C3%B4le%20fun%C3%A8bre&source=web&cd=11&ved=0CCgQFjAAOAo&url=http%3A%2F%2Fwww.europe1.fr%2FInfos%2FInsolite%2FControle-d-alcoolemie-pour-un-cortege-funebre-980945%2F&ei=WftYT4-LLuqw0QWSiMDsDQ&usg=AFQjCNEQaY-EL1VMbc7aWHWzA4r4RaNK1Q

D'autres articles encore relativisent cet incident et font apparaître qu'il s'agit d'un fait divers "monté en épingle"
Ce qui démontre que la relation d'un fait divers peut être orientée dans un sens comme dans l'autre.
 

Toulouse, la polémique. Nous avons choisi d’attendre que le « soufflé » retombe pour nous exprimer sur l’assaut de Toulouse. Nous ne prétendons pas juger l’intervention des fonctionnaires de police qu’il s’agisse de ceux qui ont localisé le terroriste ou qu’il s’agisse des hommes du RAID qui l’ont neutralisé. Les médias doivent manquer de « grain à moudre » avec la campagne électorale pour faire autant de tapage sur cette affaire au point de mettre les victimes au second plan. Nous n’avons pas la prétention d’être des techniciens (comme ceux qui apportent des jugements péremptoires reposant sur une expérience qu’ils n’ont pas) et nous ne nous glorifions pas de « lauriers défraichis » obtenus il y a des dizaines d’années pour venir refaire l’assaut une fois qu’il est terminé. Restons pragmatiques, félicitons les hommes qui ont risqué leur vie pour mettre hors d’état de nuire un prédateur de la pire espèce. Saluons le fait qu’ils ont évité des dommages collatéraux et apportons notre soutien aux enquêteurs qui vont devoir déterminer si le fou sanguinaire avait des complicités.

Christian Contini, Président association gendarmes et citoyen

http://sites.google.com/site/assogendarmesetcitoyens/

 

D'autres articles dans note magazine d'Avril :

http://issuu.com/agecassociation/docs/agec_magazine_avril_2012_091_mda


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5 réactions à cet article    


  • jaja jaja 2 avril 2012 13:48

    "On sait parfaitement que la règle d’intervention utilisée dans le cas d’Hakim Ajimi, comporte des risques mais elle est légale. Si elle est dangereuse, c’est à l’administration de la retirer pour qu’elle ne soit plus appliquée”.

    Légale peut-être mais la Clé d’étranglement pratiquée violemment par les cow-boys de la BAC et c’est la mort assurée... Commençons déja par supprimer la BAC, véritable police des quartiers qui multiplie les interventions douteuses....

    La clé de la sécurité c’est déja de s’attaquer à l’insécurité sociale grandissante. Le fait que de plus en plus de gens ne peuvent plus vivre décemment doit être considéré comme étant le premier crime qui ne peut mener qu’à une société de plus en plus violente.

    La réponse ne peut être que policière. Elle passe par la garantie d’un travail pour chacun(e) et le partage entre tous des richesses produites...


    • foufouille foufouille 2 avril 2012 15:31

      "200 policiers se sont rassemblés le 28 février devant l’hôtel de police de Grasse et un commissariat de Nice en solidarité avec deux agents de la brigade anticriminalité (BAC), condamnés à des peines de prison avec sursis après la mort d’un jeune homme, Hakim Ajimi, lors d’une interpellation."

      il y avait des CRS pour leur taper dessus ?


      • paul 2 avril 2012 16:31

        Coté Gendarmerie,la confiance de la population n’est pas ( trop ) entamée .En revanche coté Police, trop de « dérapages » depuis quelques années ont réduit cette confiance .

        La faute à la politique du chiffre mise en place par qui vous savez, et dont sont victimes les policiers aussi ( suicides ) . L’explosion des gardes à vue ( 800.000 en 2009 ), ça marque .

        Entre 2007 et 2012, 12469 postes ont été supprimés dans la police et le gendarmerie, en application de la funeste RGPP : un sabotage de la sécurité publique, une rupture avec la population .

        Pas sûr que la médaille de la sécurité intérieure que vient de créer Guéant pour réconcilier flics et gendarmes ,suffise à calmer leurs doutes .


        • jourdan 2 avril 2012 20:31

          Plus de 400 suicides par an chez les agriculteurs ...
          Et le grand silence des vendus de la FNSEA.


          • herope herope 3 avril 2012 02:31

            Bon soyons clair, les personnes qui s’engagent dans ces « métiers » savent pertinemment quel sera leur travail.
            Ce n’est pas par hasard si une majorité de la population a peur à la seule vue des forces de l’ordre !, si la dégradation en est à ce point c’est avant tout l’aspect liberticide et violent de leurs actions qui à modifier la perception des gens.
            Chaque année combien de morts ou d’ handicapés à vie après des interventions dites « musclées » ?

            www.fa-heropelyon.fr.gd

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