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Accueil du site > Actualités > Société > Fin de civilisation ou début d’un monde ?

Fin de civilisation ou début d’un monde ?

Quand on parle d’une fin de civilisation, ou de son déclin, on peut évoquer la remarque désenchantée de Paul Valéry après la grande guerre quand il déclarait « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Mais cette antienne est en réalité intemporelle. La disparition de l’ Égypte ancienne, de l’empire Romain ou Ottoman, des Incas, sont quelques exemples parmi d’autres de l’effacement des civilisations qui perdurent souvent d’autres manières. Ainsi le droit romain s’est appliqué en Europe longtemps après le sac de Rome par Alaric en 410. A chaque époque des clercs se sont alarmés d’éventuels signes annonciateurs de décadence par rapport au passé. De tous temps les maîtres se sont offusqués de l’indiscipline et/ou de l’inculture de leurs élèves. Faut-il pour autant refuser de voir ce qui se passe sous nos yeux pour tenter d’y apporter du sens ? Doit-on se contenter d’un relativisme universel hérité des bégaiements de l’histoire qui nous empêcherait d’être plus clairvoyant sur notre époque ? Toute la question est de savoir s’il est encore possible de penser ce monde pour en comprendre les éléments les plus signifiants quand celui-ci est devenu à la fois plus complexe et systémique.

Que ce monde soit devenu plus complexe est une évidence que chacun peut vérifier tous les jours : qui n’a jamais éprouvé de perplexité devant certains « progrès » techniques ? Le réglage d’un simple « répondeur » se relève parfois difficile parce que des techniques sophistiquées ont envahi tout notre espace mental et relationnel tout en nous privant de l’un comme de l’autre. L’intimité a presque disparu en raison du développement massif de nouveaux systèmes de communication et de surveillance : téléphone portable, géolocalisation, biométrie, caméras etc. pendant que les médias et l’internet répercutent instantanément à l’autre bout de la planète des nouvelles dont l’importance et la qualité sont très variables, ce qui réclame de notre part un filtrage si nous ne voulons pas crouler sous la saturation cognitive et l’overdose émotionnelle. Sous l’impact de ces phénomènes, les cadres traditionnels de la pensée sont devenus flous ou éclatés et ont entraîné une perception confuse de l’espace et du temps qui nous rend le proche lointain et le lointain proche tout en sacralisant la toute puissance de l’instant. Cette situation pourrait évoquer la folie psychotique. Relevons seulement l’écart croissant qui existe entre ces développements de la modernité qui réclament sans cesse notre attention, ou de nouveaux savoirs, et les recherches anthropologiques qui montrent que nos capacités psychiques ont peu évolué depuis le magdalénien, d’où peut-être le sentiment d’indigestion psychique.

Quant à la dimension systémique de notre monde et de ses multiples interdépendances croisées, qui pourrait aujourd’hui le nier ? Chaque battement d’aile semble pouvoir déclencher un cyclone à l’autre bout de notre planète devenue si petite en peu de temps. On peut évoquer l’impact des pollutions qui, contrairement à celles de Tchernobyl, ne s’arrêtent pas aux frontières et voyagent sans nous demander notre avis. L’écologisme actuel est riche en thèmes de ce genre qui nous reviennent parfois sous forme de catastrophes réelles ou imaginaires sur lesquelles veillent, soi disant pour notre bien, une armée d’experts et de techniciens tous plus déterminés les uns que les autres à éradiquer l’adversaire grâce à la « science ». Malheureusement les enjeux de pouvoir et d’argent soutenus par les lobbies font que certaines disciplines, comme la climatologie, sont devenues le jouet de manipulations médiatiques planétaires. La récente crise financière systémique est aussi un exemple fort : tel un jeu de dominos, l’effondrement de quelques établissements hier encore prospères (que personne, parmi ceux qui font de l’économie une science, n’avait prévu) montre à tous que cette financiarisation repose en réalité sur un jeu de dupes qui, tel un casino, n’enrichit jamais que la banque et ses affidés. Naturellement on pourrait également parler de la diffusion mondiale des virus qui, grâce aux mesures drastiques qui ont accru la peur des populations, sont un peu devenus l’équivalent du terrorisme aveugle qui frappe au hasard les innocents. C’est la loterie du vivant ou l’éternelle lutte du bien et du mal qui se poursuit par delà les civilisations interconnectées.

Il se trouve justement qu ’en 1993 Samuel Huntington a exposé à Harvard la thèse du « choc des civilisations » qui a eu un important retentissement en dépit d’évidentes lacunes. Il existe selon lui sept civilisations différentes (occidentale, slavo-orthodoxe, musulmane, chinoise, japonaise, hindoue et africaine) qui après les affrontements idéologiques du passé, se livreraient à présent une lutte sans merci. Pour lui, c’est dans le sentiment de la « différence » que la violence trouve sa source, ce qui n’est pas totalement faux, à condition de considérer ces « civilisations » comme des entités immuables et surtout étanches les unes aux autres. Or c’est loin d’être le cas : les cultures humaines ont toujours été transformées par toutes sortes d’ échanges, surtout au XXIème siécle, et beaucoup de conflits récents ont endeuillé des pays ou ethnies très proches : deux guerres mondiales pour des pays riverains, invasion du Koweit par l’Irak, conflit meurtrier Irak-Iran, génocide au Rwanda, guerre au Vietnam, en Bolivie, guerre civile en Espagne ou Colombie, éclatement de l’ ex-Yougoslavie etc. L’attentat du WTC le 11/09 est venu relancer maladroitement cette thèse du « choc des civilisations » en réunissant les néocons autour d’une nouvelle « croisade » contre « l’axe du mal » sans réfléchir au fait que ces terroristes sont souvent très occidentalisés ou que la plupart d’entre eux envient notre mode de vie, ce qui les rend plus proches de nous que nous le croyons. S’ils sont contre nous, c’est tout contre. On voit par là que les thèses de René Girard semblent plus confortées que celles de Huntington quand la « rivalité mimétique » augmente de fait la « frérocité ». En France et en Europe, les guerres de religions entre catholiques et protestants pourraient facilement nous convaincre que les semblables et les proches sont souvent plus dangereux que les étrangers, un peu comme ces crimes qui sont plus fréquemment commis par des personnes de la famille que par des inconnus.

Au point de cette réflexion force est de constater que la rationalité a peu de place dans notre monde et que ce sont les croyances et les peurs, ou les fantasmes, qui mènent le bal. L’homme primitif a inventé les premiers dieux pour vaincre la maladie ou la mort et pour expliquer les éléments naturels qui l’effrayaient tels que le feu, l’orage, ou les éclipses. Ainsi depuis l’aube du monde, l’humanité n’a cessé de créer des imagos puissantes pour conjurer ses angoisses. C’est précisément ce que décrit la psychanalyste Mélanie Klein concernant la formation du « bon » et du « mauvais » objet chez le bébé durant la phase schizo-paranoïde, dans les premiers mois de la vie. Le « bon objet », c’est à dire l’environnement maternel protecteur (en réalité un objet partiel internalisé) intervient dans le psychisme infantile comme une sorte de divinité rassurante qui protège l’enfant du « mauvais objet », c’est à dire de toutes les frustrations peurs et angoisses qui sont clivées et projetées sur des objets extérieurs assimilés à des persécuteurs. Pour développer ce parallèle il est frappant de constater combien les religions monothéistes se sont toujours nourries de leurs adversaires : hérésies, sorcières, diables ou mauvais djinns, et d’oppositions tranchées comme celles de l’enfer et du paradis. Saint Georges terrassant le dragon est une allégorie de la victoire de la foi et du bien sur le démon source du mal. Mais en réalité les croyances humaines dépassent de beaucoup le fait religieux : toutes les idéologies récentes : colonialisme, communisme, nazisme, fascisme, ultralibéralisme, fonctionnent largement sur le même mode binaire du « bon » et du « mauvais objet ». Le colonialisme apporte les bonnes valeurs de l’Occident aux mauvais indigènes incultes. Le communisme glorifie la victoire du bon prolétariat sur les mauvais exploiteurs. Le nazisme prône la pureté d’une race noble contre celles qui sont jugées inférieures. Le fascisme exalte le sentiment nationaliste contre tous les autres. L’ultralibéralisme érige la productivité matérielle et la technique en bien-être suprême tout en ravalant l’humain au rang de marchandise.

Aujourd’hui le débat sur l’identité nationale accentue ces écarts. La votation sur les minarets en Suisse est un autre exemple. Le mal est identifié : c’est un « mauvais objet » qui vient forcément de l’extérieur. C’est un persécuteur. C’est donc l’immigré ou le métèque. Et pour renforcer ces croyances qui maintiennent le sommeil de la raison il faut amplifier toutes les peurs qui placent l’État en position de « bon sein », augmenté de science de savoir et de technique, qui viendra le moment venu rassurer les citoyens, car chacune doit avoir son antidote. Contre les terrifiants virus qui déciment le monde il y a l’arme fatale de la vaccination. C’est comme un missile qu’on met dans le corps pour faire des anticorps. Contre les envahisseurs il y a le Rafale. Contre les terroristes il y a les Forces Spéciales et les Services Secrets. Contre les mauvais paradis fiscaux et pour la bonne économie libérale il y a le G 20. Cherchez l’erreur. Pour aider les pays du tiers monde si retardés il y a les bons experts des organisations internationales. Contre le réchauffement climatique il y a le GIEC. Toutes les parades techno-scientifiques sont prévues et rien ne doit échapper à leur vigilance quasi universelle, à ceci près qu’il leur manque l’essentiel.

Car le rayonnement de l’Occident sur le monde depuis le XVème ou XVIème siècle est principalement fondé sur des valeurs humanistes. Quand l’anatomiste Vésale (1514-1564) entreprend en Italie la dissection de corps humains et privilégie l’observation directe, il réduit à néant les apports de Galien et son apport novateur bénéficie à toute l’humanité. Les brevets ne sont pas encore inventés... Quand Copernic (1473-1543) élabore sa théorie de l’héliocentrisme qui bouleverse le géocentrisme aristotélicien c’est un nouveau cadeau qui est fait à la raison. Idem avec les encyclopédistes du XVIIIème, Darwin, Freud ou Einstein. Mais où sont les Erasme de notre époque ? Pour autant l’Occident ne doit pas être exonéré de toute critique : on a brûlé des « sorcières » jusqu’au XVIIIème. Napoléon a voulu répandre l’esprit des lumières dans toute l’Europe mais il l’a mise à feu et à sang. Et pour diffuser la bonne parole religieuse et civilisationnelle le colonialisme a fait des ravages que nous n’avons pas fini de payer. Il ne s’agit donc pas de glorifier l’ Occident mais de reconnaître l’importance d’authentiques précurseurs qui en s’affranchissant de tutelles religieuses dépassées par la modernité et de croyances obsolètes ont pu apporter la raison là où il n’y avait auparavant que des fantasmes, et diffuser leurs idées dans le monde entier. De fait, celui-ci s’est largement occidentalisé de la Chine au Japon. De l’Inde à l’Afrique. Et même chez les talibans, grâce aux Etats Unis.

Si le monde avec l’Europe au centre de la planisphère se termine c’est parce qu’un autre a déjà fait son apparition : complexe, métissé, incertain, mouvant. Mais il reste à le réenchanter par un humanisme moderne qui ne renie pas son passé et se tourne vers l’avenir. Il s’agit simplement de remettre l’homme au centre. Le respect de celui-ci retentira positivement sur l’état de notre planète. La spiritualité devrait garder ses prérogatives habituelles en favorisant une réappropriation contemporaine des textes sacrés. Quant aux sciences humaines, si elles redressent la tête plutôt que les pensées soumises à débat, ce sera pour questionner l’hypertrophie de la technoscience mise au service de pseudo-valeurs ou d’un principe de précaution inadapté, et la marchandisation d’un monde générateur de violence parce qu’il asservit l’homme par les objets. L’éducation et la culture pourraient alors retrouver leur rang essentiel au lieu d’être constamment dépréciées. Le lien social reprendrait de ce fait une place concrète pour s’ouvrir davantage à l’autre et dépasser les relations virtuelles afin de redonner au citoyen un statut qu’il n’aurait jamais du perdre pour peser sur la cité et même au-delà. Chimère que tout ceci ? Oui, sans doute, car les croyances qui exorcisent les peurs pour les rendre supportables ont la peau dure, et qu’on ne peut vivre sans elles. Mais aussi utopie mobilisatrice pour les citoyens que nous sommes d’un monde nouveau. Ce défi nous attend. Chacun peut s’en saisir localement avec en prime l’opportunité de retrouver raison et dignité perdues.


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42 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 4 décembre 2009 18:47

    Félicitations à l’auteur, qui résume fort bien et de manière assez exaustique, l’état actuel et l’histoire de nos sociétés.


    • jullien 5 décembre 2009 12:29

      Félicitations à l’auteur pour avoir resumé fort bien et de manière assez exhaustive les croyances des perdants de l’Histoire que sont les Européens de l’an de disgrâce 2009 sur l’état actuel et l’histoire des sociétés humaines. 


    • astus astus 4 décembre 2009 19:15

      Cher lecteur vous écrivez :
      « Vous nous la baillez belle avec l’avènement de votre « raison » mais les peuples sont-ils raisonnables ? »
      Une lecture plus attentive vous aurait permis de lire ce que j’écris réellement :
      "Au point de cette réflexion force est de constater que la rationalité a peu de place dans notre monde et que ce sont les croyances et les peurs, ou les fantasmes, qui mènent le bal.« 
      , ce qui répond me semble-t-il, directement à votre interrogation.
      Quant à la démocratie...elle dépend largement des citoyens qui refusent la »servitude volontaire"...
      Cordialement.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 décembre 2009 20:23

      Bonsoir cher ami et bravo pour ce billet qui a du coffre et de la perpective

      D’ailleurs, la Renaissance, n’est-ce pas la perspective, une manière de voir l’espace et le représenter

      La perspective au 21ème siècle, c’est voir l’esprit

      En fait, il n’y a pas de choc de civilisation mais la monté en puissance d’une civilisation basée sur l’agir, le commerce, l’économie, la production, et cette civilisation mondiale se fracture elle-même, elle s’autochoque, d’où une idée, l’autochoc de la civilisation

      Bien amicalement

      BD


      • astus astus 4 décembre 2009 22:59

        Cher Bernard,

        La formule de l’autochoc civilisationnel me plait bien : elle renvoie au masochisme technologique de nos sociétés dans lequelles l’objet attaque la pensée. Et je conviens que la vraie perspective (avec ou sans « camera obscura ») concerne l’esprit. Mais le problème c’est que chez les humains du moins celui-ci doit s’incarner pour vivre et devenir de la pensée. Et là , généralement ça se complique un peu...

        Amitiés. C.


      • franco-chinois 5 décembre 2009 00:58

        «  En fait, il n’y a pas de choc de civilisation mais la monté en puissance d’une civilisation basée sur l’agir, le commerce, l’économie, la production, et cette civilisation mondiale se fracture elle-même, elle s’autochoque, d’où une idée, l’autochoc de la civilisation »


        L’auto-choc est intrinsèque à cette civilisation d’action. A mon humble avis, l’une des causes est que dans cette civilisation, « Nous ne cessons enfin de poser, pathétiquement, la question du Mal. » ( Michel Serre, Récits d’humanisme).

        Or, il existe une autre civilisation basée sur le « Non-agir », non pas de rien faire, mais « agir au bon moment » en essayant de pas perturber la scansion du temps de l’Univers qu’ils ont nommé la Nature. Elle s’était longtemps « endormi », en partie assommée sous les coups d’action de cette civilisation de l’Agir. Or cette civilisation de Non-agir, comme jamais il n’a existé dans toute l’histoire humaine, renait.

        De ces deux civilisations, bien vivantes et pleines de ressources, des nouveaux récits de voyageurs se racontent. Sans doute, d’autres méthodes d’appréhension du hasard, de la peur, de l’imprévisibilité..., mais aussi de l’Action, font de cet homo-sapiens, un peu plus un être humain.


        Merci aussi à l’auteur, belles réflexions.


      • astus astus 5 décembre 2009 15:49

        @ franco-chinois

        Pour faire écho à vos réflexions on peut évoquer la notion grecque de « Kairos » qui désigne le moment opportun pour accomplir une action. Merci.


      • franco-chinois 7 décembre 2009 01:05

        @Astus

        Je ne pense vraiment pas que François Jullien, directeur de l’Institut de la Pensée
        contemporaine - Université Paris Diderot, passe sa vie a etudier le « Kairos »

        Cordialement.


      • astus astus 4 décembre 2009 23:30

        Je remercie Alpo 47, Waldgänger, et ddacoudre pour leurs encouragements.

        Les technologies créent en effet souvent plus de problèmes qu’elles n’en maîtrisent, par exemple dans l’agriculture. Pour autant il sera difficile de renoncer aux croyances qui les sous-tendent, car celles-ci tiennent lieu de savoir officiel qui entretient le pouvoir et que le pouvoir encourage.

        Bien à vous.


      • ddacoudre ddacoudre 4 décembre 2009 22:23

        bonjour artus

        très bonne analyse, la nouvelle civilisation qui pointe son nez se fera sur la possession du savoir. un économiste écrivait qu’il se félicité du pouvoir de la rareté car les hommes se confrontait pour elle est donc passer leur tant à la produire ce qui les écartait de passer son temps à la poursuite de la femelle. quand nous n’auront plus de biens matériel ou moins a produire il faudra bien occuper le temps disponible, et la seule richesse disponible, inépuisable et perpétuelle est le savoir, et nous savons qu’une vie ne suffit pas à le posséder, il y a donc de la place pour une nouvelle civilisation.

        cordialement.


        • abdelkader17 4 décembre 2009 23:59

          @bonsoir
          Le concepteur de la théorie du choc des civilisations est Bernard Lewis, orientaliste Britannique installé aux états unis et éminence grise des néoconservateurs.

          Dès 1957, il « découvre » le choc des civilisations : « Les ressentiments actuels des peuples du Moyen-Orient se comprennent mieux lorsqu’on s’aperçoit qu’ils résultent, non pas d’un conflit entre des Etats ou des nations, mais du choc entre deux civilisations. Commencé avec le déferlement des Arabes musulmans vers l’ouest et leur conquête de la Syrie, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne chrétiennes, le “grand débat”, comme l’appelait Gibbon, entre l’islam et la chrétienté s’est poursuivi avec la contre-offensive chrétienne des croisades et son échec, puis avec la poussée des Turcs en Europe, leur farouche combat pour y rester et leur repli. Depuis un siècle et demi, le Moyen-Orient musulman subit la domination de l’Occident – domination politique, économique et culturelle, même dans les pays qui n’ont pas connu un régime colonial (...). Je me suis efforcé de hisser les conflits du Moyen-Orient, souvent tenus pour des querelles entre Etats, au niveau d’un choc des civilisations »


          • astus astus 5 décembre 2009 09:57

            @ abdelkader17

            Merci pour cette précision que j’ignorais : c’est toujours mieux de citer les sources.


          • astus astus 5 décembre 2009 11:13

            Réponses à Pluto :

            « Avez-vous sinon jamais songé que :

            - la violence puisse être quelque chose de souhaitable (pour qui ? contre qui ?) »

              La violence est consubstantielle à l’humanité. A un niveau plus large elle a peut-être représenté un des moteurs de l’évolution au sens darwinien. Qu’elle puisse être légitime face à d’autres violences, comme réaction ultime de défense, pourquoi pas ? Mais le long processus d’humanisation de notre espèce a inventé les mots pour limiter les passages à l’acte.

            -« ce que vous pensez être un »humanisme« européen puisse n’avoir jamais existé dans les siècles de bonne santé de l’Europe (simple supériorité technique autorisée par la mort, très lente, de Dieu) »
              
              L’humanisme européen ne peut se réduire à la rationalité ou à la technicité : il s’agit de la prise de conscience que lorsque dieu reste « en haut », l’homme peut s’autoriser, grâce à cette distance, à penser librement par lui-même. Et puis il n’y a pas que la science ou la technique : il y a aussi l’art et la philosophie.

            -« le racisme (ou l’ethnocentrisme ou le pouvoir d’exclure) puisse être consubstantiel à toute formation et pérennité d’un groupe/civilisation, et donc, bien sûr, à ce titre, absolument non »condamnable« 

              Cette idée a été soutenue par Claude Lévi-Strauss. L’identité d’un individu et d’un groupe se fait toujours, peu ou prou, contre quelqu’un ou quelque chose. Tout contre.

            - »une hyper-rationalité puisse ne pas être un but souhaitable (parce qu’on ne peut gommer les affects)« 

              C’est exactement ce que je pense et que j’écris. Un équilibre est à trouver. C’est peut-être un des sujets de la philosophie.

            - »le problème d’une société post-religieuse (Occident) puisse être celui du renouvèlement mythique propre à assurer le lien social malgré la mort de Dieu.« 

              Le »réenchantement du monde« est précisément un mythe. Et comme l’a montré Claude Lévi-Strauss les mythes sont indispensables à la vie des sociétés.

            - »il puisse exister des forces ayant intérêt à une baisse généralisée de la garde immunitaire des communautés ?« 

              Certainement, mais l’inverse semble tout aussi vrai.

            - »le monde islamique (entres autres ?) puisse être celui qui résiste à ces forces, parce qu’ encore vivant (primitif = encore religieux, donc encore cimenté et agressif).« 

              L’islam ne sépare pas la vie religieuse de la vie politique. De plus les communautés qui s’en réclament en Europe cherchent un ciment identitaire, ce qui crée des tensions. Mais les plus grandes difficultés se produiront, et se sont déjà produites, entre les différents courants de cette même religion. Car dans toutes les religions il y a ceux qui se croient toujours plus près du dieu que les autres.

            - »l’agressivité et l’exploitation (de l’Extérieur, des autres) puissent être des signes de vie.« 

              Elles sont le signe d’une pensée perverse, c’est à dire de la souffrance, très répandue dans notre société.
              
             - »votre projet d’un « humanisme nouveau » puisse ne relever que du vœu pieux conclusif.« 

              Je n’ai heureusement pas d’ambition de réformer le monde : juste de partager des idées avec ceux que cela intéresse !

            - »le mondialisme puisse ne pas être une fatalité."

              La mondialisation n’est pas une catastrophe, c’est un fait qui nous aide à penser l’autre (et la planète) de manière différente.

            - « la cohabitation du lion et de la chèvre puisse ne pas être possible »

            - « nous puissions être, en Europe, d’ores et déjà, un cadavre et une proie »

            Les échanges citoyens sont un des moyens de lutter contre les menaces que vous évoquez. Il n’y a aucune fatalité dans ce qui arrive aux gens. Je ne vois pas de différence fondamentale entre les émotions et sentiments des humains en fonction de leur origine, de leur couleur ou de leur religion. La souffrance face à la perte d’un proche, par exemple, est universelle.

            Cordialement


          • Schweitzer.ch 5 décembre 2009 11:37

            « La mondialisation n’est pas une catastrophe, c’est un fait qui nous aide à penser l’autre (et la planète) de manière différente. »

            C’est exact. Avant c’était juste un « Martien », et un sujet de curiosité ethnographique qu’on allait observer évoluant dans son biotope. Maintenant, c’est un concurrent, un adversaire, un envahisseur et un ennemi.


            • ASINUS 5 décembre 2009 11:41

              yep à votre lecture j ’ai appris, la est le principal.

              merci
              asinus


              • ZEN ZEN 5 décembre 2009 12:46

                @Asinus
                Du coffre et de la perspective, comme disait Dugué plus haut
                Matière à réflexion, en tous cas
                Seriez-vous le nouveau Spengler ?
                Tous les tournants historiques connaissent leurs grandes peurs
                Mais peut-être qu’aujourd’hui y a-t-il plus d’éléments objectifs à prendre en compte (déplétion du pétrole, problèmes climatiques, crises financières...)
                La fin d’un monde : certainement
                Le parallèle entre phénomènes psychologiques (Mélanie Klein) et sociologiques est toujours aventureux...même si Freud s’y est essayé dans Malaise dans la civilisation
                Cordialement


                • ZEN ZEN 5 décembre 2009 12:47

                  Désolé !
                  Message adressé à l’astucieux ASTUS, bien sûr...


                • astus astus 5 décembre 2009 14:25

                  @ ZEN :

                  Merci pour toutes ces remarques intéressantes mais j’ai quelques gros progrès à faire avant de pouvoir me comparer à Spengler ! Toutefois je ne partage pas sa conception cyclique de l’histoire, ni son étanchéité des cultures car la mondialisation actuelle et l’internet rendent inévitables des imprégnation mutuelles, quoique partielles il est vrai.

                  De même, un individu seul cela n’existe pas. C’est pourquoi le rapprochement entre les phénomènes individuels et sociologiques est devenu plus pertinent que du temps de Freud où l’on en était encore aux balbutiements en ce domaine, ce qui ne l’empêchait pas déjà de considérer le moi comme une entité essentiellement sociale.

                  Quant aux élément objectifs dont vous parlez (pétrole etc.) ils sont évidemment incontournables et pèsent lourdement dans la balance, ce qui est une raison supplémentaire pour imaginer d’autres modes de fonctionnement plus respectueux des humains, et donc de la planète qui nous accueille.


                • ASINUS 5 décembre 2009 17:25

                  peux etre agoravox peut rectifier Zen.
                  le texte de l auteur ma intérrésé mais certains concepts me passe par dessus


                  asinus


                • astus astus 5 décembre 2009 14:44

                  Vous devriez soit écrire vous-même des articles qui ne soient pas de l’agora-intox, soit aller voir ailleurs, là où il n’y a pas de méchants complotistes pour vous embêter, et où c’est plus sérieux.


                • morice morice 5 décembre 2009 21:42

                  ce qui va tuer un site pareil : VOUS, et vos plus de 150 pseudos différents pour un seul bonhomme !


                • Deneb Deneb 6 décembre 2009 10:30


                  Salut Waldganger

                   J’en parlais, il y a quelques mois, dans un commentaire que j’ai publié suite à un refus d’AV de publier mon article. Je l’ai finalement publié sur Cent papier ce qui m’a valu des gentillesses de la part de Morice - Momo et notre ami Abdelkader.


                • Paul Muad Dib 5 décembre 2009 14:17

                  un nouveau monde ! foutaises , illusion , foire aux gogos....
                  avec un tel humain, le pire est devant, point barre, certes ca fait du bien de s’illusionner dans de grosses théories ,avec un peu de psy histoire d’opacifier la réflexion...si réflexion il y a...
                  il n’y a absolument aucune connaissance de soi chez des humains fonctionnant en mode automatique et mécanique...perdus avec fuite,peur désirs,illusions, déceptions, déprimes, suicide etc..
                  il a été calcule que environ 100 milliards d’humains sont nés , ont vécu ? et sont mort...parmi eux presque tous ont cru a un monde idéal y compris les exploiteurs qui eux arrivent a leur idéal de pouvoir, monde idéal qui arriverait comme par hasard grâce a un leader qui ferait tout, et le drame est que a chaque génération ca se rejoue le coup du « demain ca ira »..ca n’arrive jamais ,jamais, parce que ce n’est pas le chemin je pense...
                  l’humain reste compétitif, ne voyant l’autre que pour l’utiliser et surtout il ne comprends strictement rien a ce qui lui arrive....un peu de psy et c’est encore pire, cette bouillie est tres dangereuse..
                  croyez vous qu’il cherche a comprendre ? non , il passe son temps a projeter un futur idéal, alors depuis des milliers d’années rien ne change dans la psyché, seul le profit et le pouvoir , la réussite comptent...mais le profit ou le pouvoir sont des conséquences d’autre chose, ce ne sont pas l’origine des problèmes humains..alors il faut voir et creuser en soi..
                  pour ma part je pense ce monde condamné, sans changement radical en nous,dans notre psyché, ce n’est pas de la divination mais de l’observation, ce qui n’empêche pas a titre personnel d’entreprendre ce « drôle » de voyage en soi, dans son cerveau ou absolument tout prends sa source, y compris et surtout le pire...voila un cri du jours ....


                  • astus astus 5 décembre 2009 14:51

                    Je suis d’accord avec vous : dans le cerveau tout prend sa source, même le pire. Écrivez-nous donc quelque chose sur ce thème, mais sans psy, parce que cela opacifie la réflexion. Bon courage !


                  • Paul Muad Dib 5 décembre 2009 15:58

                    salut astus, merci de votre mot, pour l’instant je suis surtout a l’écriture d’un « bouquin » sur ces sujets, c’est ma priorité car j’ai arrêté de travailler 1 an pour cela, ....ma femme travaille ! j’eleve les gamins, enfin je leur apprends a se debrouiller, !!
                    des fois j’écris des propos instantanés ici pour voir si ca peut intéresser , comme un entraînement a écrire aussi , et aussi pour clarifier certaines vues, l’écriture est une aide précieuse des fois...
                    mon bouquin fini , je ferais une sorte de résumé ici peut être, en fait , ne serait ce que pour partager , dialoguer ,sur un sujet qui transforme la psyche, je le sais par experience..
                    je vous salue amicalement ..
                    enjoy your week-end.
                    regards !


                  • Moristovari Moristovari 5 décembre 2009 14:17

                    Le dernier paragraphe semble tout droit sorti d’un mauvais discours politicien voir d’un pamphlet new-age. La culture semble là, reste la sagesse, l’esprit critique et le sens de la réalité.

                    Par exemple sur la souffrance, pensée perverse pour vous très répandue dans notre société occidentale - selon moi l’hédonisme semble plutôt la tendance malgré les difficultés que notre époque rencontre à sa réalisation, et l’apologie de la souffrance, minoritaire, n’est qu’un reliquat chrétien décadent.

                    L’occident vit donc encore dans le « bonheur pour tous » humaniste. Mais ce « bonheur pour tous » reste une idée récente encore loin d’avoir conquise toutes les cultures et les perspectives d’avenir jouent plutôt en sa défaveur : les valeurs s’adaptent à la réalité, et lorsque la souffrance prédomine, l’association « souffrance » à « bien » apparaît par nécessité, pour donner un sens à la vie.

                    La perversité est une notion morale et la morale dépend des cultures. L’ascétisme peut être vu comme noble, Gandhi le vit ainsi. Dans l’avenir qui semble se dessiner, où jouent les grands nombres et les grands problèmes, la réhabilitation de la souffrance au dépend des idéaux humanistes me paraît plausible.


                    • astus astus 5 décembre 2009 15:14

                      La remarque sur la pensée perverse, qui n’a rien à voir avec ni avec la morale, ni a fortiori avec la sexualité, et qui ne figure pas dans mon post mais seulement dans une brève remarque en réponse à Pluto, désigne simplement le fait que certaines personnes ne doivent leur sécurité personnelle qu’en sapant celle des autres. C’est notamment le résultat de techniques de management imbéciles où de petits chefs suffisants conduisent des subalternes au suicide. Je ne sais si cette conduite fait référence au new-âge, mais certainement pas à l’humanisme. Mais tout ceci nous éloigne un peu du corps du sujet n’est-t-il pas vrai ?


                    • Moristovari Moristovari 5 décembre 2009 17:20

                      J’ai justement trouvé cette remarque à Pluto intéressante en rapport avec le sujet même. En tant que ressenti naturel des plus simples, la souffrance me semble avoir plus de conséquence sur l’Histoire que bien des idées. Ainsi tous les peuples, lors d’une invasion, ne pratiquent pas la guérilla : tout dépend de ce qui peut les faire souffrir et de leur sensibilité à la souffrance.

                      L’hédonisme est naturel : quiconque peut assurer son bien-être tend à le faire. A notre époque où l’hédonisme, le désir, est exacerbé, en grande partie par la société de consommation, tout possesseur d’une quelconque autorité tend à la détourner à son profit et à vouloir la conserver. Aucune perversité en cela. Par son apologie de la souffrance - pitié, dévouement... - la chrétienté instaura une rigueur morale qui maintint durant deux mille ans la cohésion de l’Europe malgré les différents nationaux. Aujourd’hui l’homme est libre, donc se laisse aller à tous niveaux.

                      Car effectivement aujourd’hui c’est l’homme, l’individu, et non l’Homme qui est au centre. Mais l’Homme peut-il être au centre ? Cela me paraît utopique car anti-naturel ; il faudrait pour cela un déploiement d’autorité digne d’une dictature, il faudrait que l’humanisme devienne une religion avec l’« Homme » comme seul Dieu.

                      J’ai l’impression que vous en êtes déjà adepte.


                    • astus astus 5 décembre 2009 18:28

                      @ Moristovari :

                      Vous écrivez : « (...) c’est l’homme, l’individu, et non l’Homme qui est au centre. Je complèterai ceci en disant que c’est surtout »le moi-je" qui est actuellement au centre, à la recherche de satisfactions hédonistes immédiates. La société de consommation exacerbe en effet le narcissisme en suscitant l’envie et la dépendance. Mais l’Humanisme n’a rien à voir ni avec la société de consommation, ni avec la religion. L’ Humanisme cherche à penser et c’est tout. Ce qui est très mal vu dans notre monde actuel : par les religieux qui se sont toujours méfié de la pensée (Galilée réhabilité par l’Église avec 400 ans de retard, les fatwas de certains islamistes etc.), ou par les capitalistes de notre époque pour qui la pensée n’est ni productive, ni rentable, et parfois même critique. Un comble ! La pensée humaniste est un espace de liberté intérieure qui en aucun cas ne saurait déboucher sur une autorité quelconque ni sur la dictature. Si vous lisiez mes précédents billets vous seriez tout à fait rassuré sur ce point. Je préfère personnellement la rigueur de la pensée à la rigueur de la morale car le passé a clairement montré que cela avait pu faire quelques dégâts collatéraux. Je ne crois pas que Érasme aurait approuvé l’Inquisition.J’ajoute que les désordres actuels de notre monde ne seraient peut-être pas aussi importants si les religions monothéistes avaient su moderniser leur pratiques (ce qui ne veut pas dire abandonner la morale habituelle) au lieu de se cramponner à des dogmes figés par la tradition.
                      Bonne lecture. Bien à vous. 


                    • astus astus 5 décembre 2009 18:36

                      @ Moristovari :

                      Vous écrivez : « (...) c’est l’homme, l’individu, et non l’Homme qui est au centre. Je complèterai ceci en disant que c’est surtout »le moi-je" qui est actuellement au centre, à la recherche de satisfactions hédonistes immédiates. La société de consommation exacerbe en effet le narcissisme en suscitant l’envie et la dépendance.

                      Mais l’Humanisme n’a rien à voir ni avec la société de consommation, ni avec la religion. L’humanisme cherche à penser et c’est tout. Ce qui est très mal vu dans notre monde actuel : par les religieux qui se sont toujours méfié de la pensée (Galilée réhabilité par l’Église avec 400 ans de retard, les fatwas de certains islamistes etc.), ou par les capitalistes de notre époque pour qui la pensée n’est ni productive, ni rentable, et parfois même critique. Un comble ! La pensée humaniste est un espace de liberté intérieure qui en aucun cas ne saurait déboucher sur une autorité quelconque ni sur la dictature. Si vous lisiez mes précédents billets vous seriez tout à fait rassuré sur ce point.

                      Je préfère personnellement la rigueur de la pensée à la rigueur de la morale car le passé a clairement montré que cela avait pu faire quelques dégâts collatéraux. Je ne crois pas que Érasme aurait approuvé l’Inquisition. J’ajoute que les désordres actuels de notre monde ne seraient peut-être pas aussi importants si les religions monothéistes avaient su moderniser leur pratiques (ce qui ne veut pas dire abandonner la morale habituelle) au lieu de se cramponner à des dogmes figés par la tradition.
                      Bonne lecture. Bien à vous. 


                    • morice morice 5 décembre 2009 21:43

                      Le dernier paragraphe semble tout droit sorti d’un mauvais discours politicien voir d’un pamphlet new-age. La culture semble là, reste la sagesse, l’esprit critique et le sens de la réalité.


                      venant d’une prétendue scientifique c’est à mourir de rire en effet !

                    • nhjsenior 5 décembre 2009 16:52

                      Cher auteur

                      je me permet d’apporter un bémol à votre article qui me parait vraiment très optimiste :

                      Vous portez votre interrogation sur la fin des civilisation ou le début d’un monde, moi je ressens avec effroi la fin d’un monde, la fin du monde. L’ensemble des faits écologiques, la vitesse accélérée de la destruction des matières premières, les conflits à venir résultant de la faim dans le monde sont des paramètres qui devraient alerter tous les biens pensants chargés de nous diriger. Je reste anxieux de l’héritage que nous allons léguer à nos enfants. Honte sur notre époque qui nous donne les moyens de nous informer et d’agir. Nous n’aurons aucune excuse pour justifier notre aveuglement et notre volonté destructrice que subit notre planète. Exception faite des sciences et techniques notre civilisation occidentale n’a produit que malheur partout ou elle est passée. Mais j’arrête la mon pessimisme exacerbé
                      bien à vous lecteurs d’Agora


                      • astus astus 5 décembre 2009 17:39

                        Cher lecteur,

                        Je comprends parfaitement votre inquiétude concernant notamment la question des matières premières ou de la faim qui sont évidemment susceptibles de générer de sérieux conflits. Le XXème siècle a vu se développer toutes les idéologies en « isme » et ces croyances nous ont conduit là où nous en sommes. Ainsi que je l’écris à la fin, ce billet relève clairement d’une « utopie mobilisatrice ». Car la plupart d’entre nous se contente généralement d’élire des représentants (quand ils votent) pour n’avoir ensuite à s’occuper de rien. Citons Alain : « Le peuple qui s’endort en liberté se réveille en servitude ». Pourtant personne ne condamne les citoyens à la « servitude volontaire ». Faire trois fois rien, s’informer, agir localement, c’est déjà faire quelque chose, et peut-être empêcher ce que vous appelez « la fin du monde ». De celle-ci la planète s’en fiche éperdument. Raison de plus pour insister sur la nécessité de remettre l’humain au centre de tout, car lui, comme vous le soulignez vous-même, ne s’en fiche pas.
                        Merci pour votre apport.


                        • MICHEL GERMAIN jacques Roux 5 décembre 2009 19:13

                          « La philosophie est fille de son temps » Quand les ondes de la pierre occidentale jetée dans la mare atteignent les rives des cultures lointaines le cailloux a rejoint le fond et la vase humaniste. Vase faite des sédiments libéraux (les Lumières) eux mêmes construits sur la pensée Chrétienne. Comment penser autrement qu’avec son temps ? L’on pense, me semble-t-il depuis son époque et par ce que nos sens nous autorisent à concevoir. Comment donc présumer de ce qu’il adviendra de l’Homme et des hommes ? Cet Homme du présent occidental, mais dont les ondes consuméristes sont partout, n’est au centre de rien sinon en centre de rétention philosophique ; dans les supermarchés des fraises en janvier, dans un printemps éternel. Figé comme un poisson pané au fond d’un congélateur. Comment pourrait il penser l’avenir sans risque d’être surpris comme le fut la monarchie à la révolution Française ? Il espère, mais espèrer c’est attendre non ?

                          Il est infoutu de comprendre l’amour quand il lui tombe dessus, la mort quand elle arrive, alors le futur de la planète, pensez donc. c’est le cas de le dire.

                          Moristotari (?), il n’y a effectivement pas « perversité » à vouloir préserver ses acquis hédoniens mais peut être une névrose portée par la rareté, la peur du manque, de la mort, bref de l’avenir. 

                          Bonne soirée.


                          • MICHEL GERMAIN jacques Roux 5 décembre 2009 19:31

                            c’était Moristovari et non Moristotari que l’on me pardonne.

                            Astus, Il me semble que vous accordez bien d’indulgence aux religions monothéistes (comme probablement aux autres). Les religions ne s’interrogent pas ; elles apportent des réponses. Apporter des réponses c’est garder son statut de « sachant ». C’est tenir l’autre en dessous, soumettre. Notre civilisation a fait de nous des tyrans soumis. Parfois l’interrogation philosophique perçe un trou par où jaillit la lumière du jour. Parfois, pas plus. Camus fait partie de ces cris de lumière qui déchirent la nuit...

                            J’aime bien votre article....sauf le dernier paragraphe ou la critique de Moristovari a posé mon doigt...

                            Merci à vous deux et à Philo Sophie.


                            • Pierre Boisjoli Pierre Boisjoli 6 décembre 2009 06:40

                              Je conviens que cet article sur l’Humanisme avec un grand H est source de réflection profitable et non pas l’humanisme du je moi et de tous les excès, des drogues à la violence sous toutes ses formes. Dieu aura le dernier mot et je place Dieu au centre de la pensée et non pas les églises et leurs propres excès. C’est donc dire que je me place au centre du renouveau avec un modèle mathématique par les tenseurs de spatialité qui joint l’économie et les sciences sociales. L’irrationnel était prévu par Dieu car le tenseur est soumis aux variables irrationnelles et provoquent une microfissuration du tissu social, visible dans plusieurs lieux de notre planète. Tout cela devait arriver. Les hommes sauront reconstruire ce monde sur des bases plus solides car Marx a bien lu les limites de ce monde. Dieu contrôle le temps où tout cela doit être révélé. Alors, tous les athées peuvent aller se rhabiler.
                              Pierre Boisjoli
                              Le seigneur des armées
                              Le conseiller divin
                              le seigneur des seigneurs
                              le rois des rois
                              le prince de la paix


                              • Pierre Boisjoli Pierre Boisjoli 6 décembre 2009 06:44

                                Quel merveilleux instrument que l’Internet et le site agoravox plaît à de nombreux internautes malgré que certains y voient l’aboutissement de toutes les névroses individuelles.
                                Pierre Boisjoli


                                • Deneb Deneb 6 décembre 2009 09:41

                                  @ l’auteur : article tout à fait correct, interessant, avec lequel je ne suis toutefois pas tout à fait d’accord. Le passage : "qui n’a jamais éprouvé de perplexité devant certains « progrès » techniques ? Le réglage d’un simple « répondeur » se relève parfois difficile parce que des techniques sophistiquées ont envahi tout notre espace mental et relationnel tout en nous privant de l’un comme de l’autre." me laisse perplexe et démontre que l’auteur a un certain age et beaucoup de mal à accepter un monde qu’il défend pourtant par la suite. La capacité d’adaptation humaine est bien plus grande qu’il ne semble. L’intimité n’a pas disparue, elle s’est plutôt accrue, en prenant bien sûr en compte l’acroissement de la population mondiale. Dans mon exemple personnel, j’ai réussi à m’organiser ma vie de manière que je reste chez moi dans mon intimité pratiquement tout le temps. J’ai profité de l’opportunité que m’offre Internet de pouvoir exercer mon métier n’importe où. Qu’à cause d’une multitide d’information les « les cadres traditionnels de la pensée sont devenus flous ou éclatés », c’est vrai, mais ca démontre plutôt des carences de la pensée traditionnelle que la saturation des esprits. Si "capacités psychiques ont peu évolué depuis le magdalénien", avec l’essor des communications on a tout de même réussi à aménager le bazar dans notre cerveau de façon un peu plus pratique, à en exploiter les recoins dont l’humain des cavernes ne fut pas capable. Regardez l’évolution de l’alphabétisation dans le monde au fil de l’histoire.

                                  Je regrette que la lucidité de l’auteur soit légèrement obscurci par des croyances freudiennes, qui n’ont rien à voir avec la vraie science, mais qui sont malgré tout capables de prêter main forte à toute sorte de manipulation publicitaires en exploitant d’autres croyances à des fins commerciaux.


                                  • astus astus 6 décembre 2009 12:00

                                    Je vous laisse juge de votre opinion concernant « ...les croyances freudiennes, qui n’ont rien à voir avec la vraie science »...mais il est toujours hasardeux de parler de choses que l’on ne connait pas bien, ou de façon livresque. Quoi qu’il en soit, je souhaiterais alors que vous puissiez développer une idée meilleure, plus scientifique selon vous, des cause profondes de la bipolarité « bon-mauvais » (pour faire simple) de toutes les idéologies en « isme » que je cite, et plus près de nous des invectives d’oppositions haineuses qui relèvent de la pensée binaire, c’est à dire de la non pensée qui pollue l’espace d’AgoraVox.


                                    • Deneb Deneb 6 décembre 2009 12:31

                                      « ...hasardeux de parler de choses que l’on ne connait pas bien, ou de façon livresque »

                                      J’ai eu un cas dans ma famille proche où l’approche analytique aggravait singulèrement la pathologie et c’est finalement la psychiatrie lourde qui a reussi à stabiliser la personne qui a pu reprendre une vie normale et heureuse, toutefois avec un traitement à long tèrme que les medecins ont reussi à diminuer progressivement dans les dernières années. J’ai eu l’occasion de cotoyer les cercles de la psychothérapie, discuter avec eux et constater leur attachement à cette « culture », dangereusement proche des croyances.

                                      Quant à la polarité bon-mauvais, le sujet est plus que vaste, mais je dirais que le culturel y joue un bien plus grand role que les faits établis. D’où la force du freudisme, d’ailleurs.

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