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Accueil du site > Actualités > Société > Finance et jeux d’argent : l’avidité en partage

Finance et jeux d’argent : l’avidité en partage

L'envie d'accaparer est très largement partagée par toutes les catégories de la population. L'étalage médiatique des immenses fortunes accumulées ne suscite pas la remise en cause de valeurs futiles et délétères mais l'envie d'en jouir sans aucun recul.

En 2010, les français ont dépensé 26,3 milliards d’euros soit 72 millions d’euros par jour, aux jeux d’argent et de hasard, soit une augmentation de 22 % par rapport à 2009, selon une estimation de l’AFP. Loto, Loto sportif, Euromillions, Cash, Millionnaire, PMU, casino, sans compter les innombrables coupons à gratter. A l’autre extrémité, la finance a multiplié des produits de plus en plus complexes à destination des états, institutions, communes et d’une masse de particuliers plus ou moins fortunés. Ajoutons à cette course au trésor, les bonus, stock-options, retraites-chapeau des dirigeants des sociétés du CAC 40. Quel est le lien commun entre toutes ces catégories d’aspirants à la richesse sinon une avidité névrotique par rapport à l’argent ? La crise financière exacerbe encore plus cette névrose de possession qui est la marque de nos sociétés occidentales. Comme si l’accumulation sans fin de biens et de services était la seule réponse à la peur de perdre son statut social et à l’angoisse du lendemain. Il semble que seul un destin contraire a empêché les joueurs et nombre de défavorisés de profiter de tous les bienfaits dont la publicité les gave à longueur de journée et dont ils ne peuvent humer que le fumet alléchant. Triste constat. La réussite indue des ultra-riches ne sert pas à mettre à distance cette boulimie d’accaparement mais ne semble susciter que de l’envie. Les adeptes des jeux d’argent et de hasard ne rêvent à rien de plus que de rejoindre le gotha des plus riches. Comment dans ces conditions espérer une société plus coopérative et cohésive, recentrée sur des valeurs de partage et non sur un idéal d’enrichissement ?

Accumuler pour ne rien en faire

Alors que les médias détaillent les gains faramineux des traders, banquiers, grands dirigeants, hommes d’affaires, champions sportifs, la finalité de ces quantités d’argent, parfois virtuelles, toujours injustifiées, est absente des champs d’information et de réflexion. Au delà d’une certaine somme, le surplus ne sert à rien, sinon à satisfaire des besoins inutiles. Notre bonheur profond est-il lié au fait d’avoir 4 ou 5 résidences, des voitures à la puissance inutilisable ? Faut-il être entouré de gadgets et objets technologiques hors de prix, etc. ? On constate au contraire que cet argent ne va presque jamais dans les projets ou besoins les plus urgents. La société s’atomise dans un chaos de destins férocement individuels, les sans abris sont de plus en plus nombreux avec de moins en moins de moyens, les véritables entrepreneurs ont de grandes difficultés à trouver des financements, la culture manque de subsides, etc.

Pour mieux reconstruire un monde viable, il importe d’abord de désacraliser le veau d’or, symbole de l’idolâtrie actuelle de l’argent et de la réussite.


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3 réactions à cet article    


  • restezgroupir44 restezgroupir44 31 janvier 2012 16:04
    Bonjour,
    Au bord de l’eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons.

    L’américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.

    « Pas très longtemps », répond le mexicain.

    « Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus ? » demande l’américain.

    Le mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

    L’américain demande alors : « Mais que faites-vous le reste du temps ? »

    « Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie.

     » L’américain l’interrompt : « J’ai un doctorat en administration de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires.

     » Le mexicain demande alors : « Combien de temps cela prendrait-il ? »

    « 15 à 20 ans », répond le banquier.

    « Et après ? »

    « Après, c’est là que ça devient intéressant », répond l’américain en riant. « Quant le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions. »

    « Des millions ? Mais après ? »

    " Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme, et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis.
    Source:les passeurs

    Est-ce que cette petite histoire reflète en partie votre analyse du capitalisme inutile ?

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