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Accueil du site > Actualités > Société > Francophonie du Nouveau-Brunswick : les enjeux d’une double réalité (...)

Francophonie du Nouveau-Brunswick : les enjeux d’une double réalité linguicide

La minorité francophone néo-brunswickoise accuse depuis plusieurs décennies d’une relative anhélation démo-linguistique, eu égard aux multiples pressions exercées par le fait mondialisant, facteur indéniable d’émigration des régions rurales septentrionales souches acadiennes au profit des centres urbains méridionaux, ancrages des dynamiques économiques, de l’anglophonie, et conséquemment, du processus de transfert linguistique assimilationniste.

 

Considérant cela, et in fine dans le souci d’apporter certaines pistes et/ou recommandations hissées aux enjeux de la revitalisation à la fois démo-linguistique et économique de la minorité francophone de la province, nous nous attarderons ici à porter nos considérations sur deux thèmes inter-perméables, consubstantiels d’une part de l’aménagement linguistique au sein des espaces marquant la prégnance du statut minoritaire francophone et d’autre part, du développement économique des régions acadiennes -également urbaines-.

Dans notre idée, la seconde composante ne va pas sans l’autre, -tout comme à terme, la viabilité démographique de la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick ne peut pas se voire dissociée de ces deux volets politiques- et apparaît être un « succédant » à l’existence d’une minorité urbaine francophone légitimée dans son statut, par la prise en charge du territoire de son déploiement.

Au Canada, il est fait le constat que les francophonies infra-québécoises –tout relativisme situationnel gardé- tendent à voir leur corps se désagréger et leurs vitalités linguistique et socioculturelle s’éroder à la faveur d’une succession de forces exogènes (Beaudin, 1998 ; Castonguay, 2005 ; Johnson, 1999).

Au Nouveau-Brunswick, bien que l’on observe le maintien de l’emploi du français à domicile (Beaudin, 1998) au sein des régions nord, on saisit également, comme nous avons pu le souligner plus tôt, la tendance d’une décroissance démo-linguistique -particulièrement visible dés le milieu des années 80-, continuum indissociable de l’interaction du couple structure/ conjoncture. La diminution progressive des effectifs francophones des régions souches, nourrissant par ailleurs plus généralement leur affaiblissement est ainsi le produit, à la fois d’une structure duale de l’espace provincial (du Nouveau-Brunswick) mais également d’une conjoncture propice à la mise en compétition des territoires ainsi qu’à la recomposition plus ou moins négociée du maillage de leur tissu industriel et économique.

De ces deux composantes naît finalement l’asymétrie d’une province divisée et l’instauration d’un rapport inégal qui pousse les francophones majoritaires du nord, contraints par la difficile adaptation au jeu du capital de leur économie ressource peu valorisée -et peu valorisante-, à rejoindre le sud et ses pôles régionaux, arrimés avec force au seuil d’une économie-monde capitaliste -Région du Grand Moncton-.

Le glissement nord/sud des effectifs francophones est, et nous le précisions préalablement, un double facteur de fragilisation puisque, au-delà même du fait qu’il participe de l’évidement démographique des régions souches, de la perte des « forces vives » et de la dévitalisation plus générale des localités acadiennes, il conduit les pratiques linguistiques d’une nouvelle francophonie urbaine à s’engager sur la voie corrodante de l’assimilation -en 1999 le taux d’assimilation des francophones urbains hors Québec se situait ainsi entre 33 et 69% (Beaudin)-.

Au regard de la situation qui ferait de la minorité francophone une corde dont on rognerait les deux bouts, il nous apparaît important de revenir plus en détails sur les conséquences que suscite, et pourrait susciter la tendance actuelle à plus ou moins long terme si aucune action politique réelle et intégrante ne se voyait engagée.

Les conséquences d’une telle configuration et nous l’avons souligné, touchent d’abord et avant tout les « nouvelles » francophonies urbaines. Livrées à un espace au sein duquel elles demeurent plus que jamais des minorités (Rodrigue, Deveau & Allard, 2006), ces dernières subissent le poids d’un environnement anglo-dominant se matérialisant au prisme de la ville, de ses composantes et plus largement du monde du travail qu’elle recouvre.

Bien que la présence francophone au cœur des centres urbains tende à croître à mesure que progresse le mouvement « unilatéral » d’immigration, la langue de la minorité s’envisage toujours dans son rapport de soumission à l’anglais. Ainsi, Boudreau nous rappelle que les francophones en milieu urbain minoritaire –Moncton- entretiennent une relation diglossique à leur langue, contraints de s’adapter à une anglophonie souvent unilingue (Boudreau, 2003). La pratique asymétrique du bilinguisme entre anglophones et francophones, amène à divers degrés de dépendance vis-à-vis de la langue exogène, en l’occurrence ici, à un fort degré de dépendance de la minorité à l’anglais, constituant ainsi un facteur effectif de transfert linguistique. Bien entendu, il y a ici à relativiser dans la mesure où, de l’assiduité plus ou moins marquée à la langue maternelle, dépendra souvent le statut social et professionnel des individus en question (Beaudin).

Le risque relatif à l’iniquité des pratiques langagières est finalement de voir peu à peu et de plus en plus le français relégué au rang d’une oralité, qui dans son existence même, serait le fait d’une illégitimité intériorisée par tous. Si officiellement le statut du français égale celui de l’anglais au sein d’une société dont le bilinguisme est institutionnalisé, il apparaît qu’en pratique, comme nous le mentionnions plus tôt, les choses soient toutes autres (Boudreau & Dubois, 2003). La nécessité d’un meilleur aménagement linguistique replacé à l’aune d’un contexte urbain se révèle donc ici criant.

Dans ce cadre précis, l’action entreprise devrait axer ses efforts sur un rééquilibrage des usages et des pratiques linguistiques dissymétriques, non pas forcément par le recours au législatif, mais plutôt par la revalorisation de la langue portée au terrain des institutions -publics, commerciales,…-, par sa « re-fonctionnalisation » afin, en substance, de susciter une reprise légitime par les locuteurs, de son utilisation. Comme nous le précisent Landry et Allard au travers de propos différents, c’est d’abord parce qu’une langue est rendue visible à ses membres qu’elle se voit acceptée dans sa pratique et que, par ailleurs, elle en vient à être reconnue, non seulement d’eux, mais également de la communauté majoritaire (Rodrigue & Allard, 1994 ; Boudreau & Dubois).

L’inégalité touchant aux us langagiers, si elle nous apparaît flagrante à l’observation des attitudes et des comportements quotidiens filtrant de l’espace public, demeure également et plus qu’ailleurs, établie avec résistance au sein de la sphère du travail. La « réfection » de la langue minoritaire devant ad hoc, la hisser au même statut que celui de l’anglais, doit donc en passer précisément par son raffermissement fonctionnel et ce, là ou elle demeure la plus contrainte ; au sein des entreprises, au cœur même de l’économie. Insister sur ce point serait donc une manière d’asseoir la reconnaissance du français acadien. Par ailleurs et comme le mentionne Boudreau, je cite : « … sans prestige social et économique, une langue a peu de chance de survivre.  »

Plus largement l’inaction politique -associative, communautaire,…- sur la question, peu amener, au travers notamment du travail d’agents assimilationnistes multiples et dopés par un certain nombre de dynamiques urbaines, les représentations linguistiques à se vêtir progressivement d’une matrice négative. Or ces représentations jouent un rôle capital puisque de leur dimension justement, de leur « qualité » intrinsèque, vont dépendre les habitudes et les comportements des locuteurs. Dés lors, on peut facilement envisager ici, qu’une représentation négative de sa langue au sein d’un milieu donné, induira son sous emploi et par conséquent, le repli général de sa vitalité (Boudreau & Dubois ; Leblanc, 2003).

Les champs d’action précédents demeurent donc indissociables de cette dernière composante.

Bien entendu, il nous importera de revenir au cours d’une seconde partie, au travers d’une succession de recommandations, sur les moyens à mettre en œuvre afin de revaloriser la langue minoritaire et plus largement sur les moyens à mobiliser dans le but d’instituer une francophonie urbaine forte et fière de son statut.

 Les régions souches acadiennes, principalement situées au nord de la province subissent les effets pervers des tendances démographiques actuelles. A cela il faut y voir, comme nous le soulignions précédemment, deux raisons consubstantielles l’une de l’autre. La première tient au fait que le tissu économique, emprunt de la prédominance d’un environnement rural, s’appui d’abord et avant tout sur l’exploitation et la transformation brute des ressources naturelles ; des activités qui recouvrent par ailleurs des taux d’emploi élevés, de l’ordre de 25 à 40%, dépendamment des localités (Beaudin, 1999, 2005).

La deuxième relève, au risque de nous répéter, de la conjoncture et du poids que celle-ci fait peser sur la structure économique du nord. Il n’est plus à démontrer en effet que des économies de ce type -primaires à ressources-, sont les premières à subir les affres, non seulement de la rapide mutation des marchés, de leur dématérialisation, mais également de la finitude de leur support « marchandisable ». A la diminution progressive de l’effectif des emplois qu’elles procurent, il faut également voir que leurs activités s’articulent sur la base d’un travail saisonnier peu valorisant ainsi que globalement -travail saisonnier ou non- peu rémunérateur (Beaudin). Ces deux composantes, couplées au pouvoir attractif des centres régionaux et aux perspectives d’emplois meilleurs qu’ils sous-tendent, suffisent à elle seules à l’explication du phénomène migratoire.

Les régions de souche sont ainsi moins soumises à l’érosion linguistique –contrairement aux francophonies urbaines- qu’à l’oxydation de leur économie. De tels enjeux doivent pourtant au regard des dynamiques qu’ils introduisent, faire l’objet de réponses politiques claires.

En effet, au-delà du fait de voir l’identité francophone se déliter au profit du morcèlement de son tronc et de la construction de « sous minorités » urbaines et détachées du statut majoritaire (Rodrigue, Deveau & Allard), il est un risque de voir se marginaliser les régions acadiennes sur le plan économique et a fortiori, le français perdre de sa valeur symbolique et matérielle.

Dans ce sens, et dans l’acceptation que la pérennité d’une minorité forte ne peut se faire –au delà même de la maîtrise politique et culturelle de son territoire- qu’au travers de la capacité qu’elle a de répondre aux besoins socio-économiques de ses membres, nous pouvons entrevoir l’importance que pourrait recouvrir ici le déploiement d’actions politiques durables agissant sur sa structure.

La francophonie néo-brunswickoise tient donc d’une double « réalité », ou l’une serait économiquement fragile mais majoritaire dans sa région, et l’autre, relativement bien intégrée à la sphère entrepreneuriale mais largement minoritaire. Une double réalité ambivalente mais complémentaire qui par sa fusion, –succédant à l’existence d’une minorité urbaine solide et assumée- pourrait participer de la maîtrise économique de son territoire et par là même, de l’avènement d’une Acadie politique et culturelle forte, désenclavée de son milieu premier et hissée à l’échelle du Monde.

 

A la mesure de la situation, dont nous venons de manière non exhaustive de dresser le tableau, ainsi qu’à l’individualisation de nos thèmes d’intérêt, il nous incombe désormais de saisir les options et les mesures en matière de politique publique qui seront les plus à même de répondre aux enjeux posés par les tendances actuelles.

L’institution d’une « acadianité » et plus largement d’une francophonie citadine « décomplexée » et assumée, insérée aux avant postes des soubresauts d’une économie postindustrielle des marchés, est une condition sine qua non, non seulement de sa résistance linguistique -et bien plus- mais également, comme nous l’avons vu, de la maîtrise plus large de sa destinée ainsi que de celle des régions souches. Or, cette francophonie là ne peut se concevoir que postérieurement à la revalorisation de son statut et à la prise en charge de sa personne symbolique par certaines instances pouvant relever soit de la communauté, soit encore de l’administration publique.

Avant toutes choses il apparaît donc nécessaire, comme cela a pu être souligné à plusieurs reprises dans le passé (Philipponeau, 1991), d’instiguer la création d’une entité référente centrale englobant les questions, les enjeux et les défis, constitutifs du statut de la langue et par extension de celui de la minorité. Un tel organisme pourrait permettre de rendre plus efficientes les mesures visant à faire valoir l’égalité statutaire des langues sur un territoire donné. Cependant, et comme toute entreprise ne vient jamais sans écueils, il faudrait veiller à ce que la centralisation des prises de décision, pourtant nécessaire, ne se fasse pas dans la déconsidération des multiples réalités locales et ainsi entrevoir une structure ramifiée du terrain -associations communautaires qu’il faut soutenir entre autre- aux instances supérieures.

Des actions plus spécifiques, que par ailleurs le type d’organisme décrit ci-avant devrait être en mesure de formuler et d’appliquer concrètement pourraient relever des options suivantes.

La première option à envisager –regroupant en substance plusieurs volets politiques-, et donc la plus importante à notre sens, serait de développer un programme de valorisation et de « fonctionnalisation » tourné vers la langue minoritaire et s’appuyant sur la base de l’actuelle Loi sur les langues officielles. Les fins d’un pareil programme sont évidentes et viseraient, au-delà de l’équilibrage statutaire entre la langue de la minorité et l’anglais, à renforcer le pouvoir fonctionnel du français par la mise sur pied d’une succession de mesures, susciter le recours croissant à son emploi et par là même, renforcer sa visibilité et sa légitimité à « être » en tant que tel.

La seconde mesure, s’envisageant par ailleurs dans son rapport à la première option en ce qu’elle pourrait en être un volet, devrait porter sur l’aménagement linguistique au sein du monde du travail, plus largement de la francisation des entreprises pour reprendre les termes d’Annette Boudreau (2003). Nous le savons, ce dernier est une composante centrale des identités mais plus encore, il est pour une langue et dés lors qu’elle s’y rattache, un vecteur de force, de vitalité et un moteur certain de sa reconnaissance. Dans ce sens il importerait, à l’exemple de ce qui a déjà pu être réalisé au Québec, de renforcer la place du français au sein des entreprises afin d’élargir son assise et de le doter d’une consistance davantage fonctionnelle. Reste cependant qu’implanter le français dans un environnement ou encore une fois, la langue de l’argent, de la mondialisation domine, est certainement l’un des volets le plus difficile à mettre en œuvre. De plus, ce dernier devrait s’accompagner à des fins efficientes, de mesures plus ou moins coercitives à l’égard des entreprises, ce qui nous laisse entrevoir ici et paradoxalement, certaines limites.

La survenue d’une francophonie urbaine solidaire et vivante en ce qu’elle apparaît aux yeux de tous, d’une francophonie riche d’acteurs sociaux et culturels ne peut se faire par ailleurs qu’au parallèle d’une prise en charge active du territoire de son déploiement, de l’espace public au sein duquel elle déambule.

Ainsi une troisième mesure devrait viser à l’aménagement linguistique du cadre vécu des identités francophones au travers du remaniement de la place qu’occupe le français dans l’espace public ou encore commercial. Cela pourrait notamment en passer par la mise en place de programmes incitant ou contraignant les unités commerciales au double affichage de la langue. Une telle mesure trouve son importance dans le fait que, et comme nous le précisions plut tôt, c’est d’abord et avant tout de la visibilité que se fait l’existence. Autrement dit l’aménagement linguistique de l’espace –et cet espace peut également recouvrir les champs médiatique, artistique,…- est une manière d’affirmer sa présence et de surcroît de renforcer l’identité francophone.

Ces quelques mesures, nous l’avons dit, sont des outils, des moyens qui à terme doivent permettre de modifier le statut de la langue minoritaire et de transformer en conséquence les représentations linguistiques dont dépend finalement la survivance des identités. La revalorisation de ces représentations est donc un préalable à l’expression et l’affirmation de la francophonie minoritaire des centres régionaux mais également, à la mise sur pied d’un processus de reconquête des économies rurales du nord à la fois par les communautés qui leurs sont propres et par les francophones urbains assumés, solidement intégrés à l’économie de marché. Les recommandations suivantes soutiendront donc cette vue.

 

Il nous apparait évident au même titre que Maurice Beaudin le laisse entendre dans L’avenir des minorités francophones hors Québec (1998), que le futur de l’économie acadienne des régions souches doit s’envisager dans son rapport aux centres tertiaires ainsi qu’au travers d’un vaste réseau de partenariat entre l’ensemble des composantes spatiales pouvant pousser à leur intégration.

Dans ce sens, nous pourrions entrevoir le développement d’un programme de réseautage rural/urbain (Beaudin) qui sous tend la capitalisation des ressources humaines de la minorité francophone urbaine. Ce réseautage, devant susciter la restructuration et la croissance économique des régions originelles à la manière d’une tâche d’huile, pourrait consister notamment en un transfert des savoirs professionnels et techniques acquis par certains entrepreneurs urbains. Ici, tout comme pour les questions liées au statut de la langue en milieu minoritaire, il serait bon d’envisager la création d’une instance œuvrant au rapprochement des deux francophonies sur le plan économique -également culturel-, d’une instance capable de créer une véritable synergie entre elles, capable de prendre en charge le partage réciproque d’informations entre les différents acteurs de la vie économique que peuvent constituer les individus, les entreprises, les municipalités ainsi que certains organismes économiques communautaires. Le risque des réseaux est cependant de voir leur structure se fermer dans une sorte d’auto-centrisme et leur fonctionnement s’établir sur des mécanismes institués, rigidifiés et pouvant amener leurs acteurs à faire un temps l’économie du changement. A cela il faut donc envisager l’existence d’un réseau ouvert et s’adaptant sans cesse aux restructurations que supposent l’existence d’une économie globalisée, s’appuyant avant tout sur un jeu de concurrence.

Il importe également à notre sens, d’aller dans la direction déjà prise par certaines régions rurales au travers de la création de Commissions de développement économique régional (CDER). Actuellement au nombre de 13 -6 dans le nord de la Province-, ces commission appuient les initiatives économiques des communautés rurales, encouragent l’entrepreneuriat et élaborent des stratégies de développement non seulement au niveau local mais également aux niveaux régional, provincial, national et international.

Ainsi nous mettons l’accent sur le fait qu’il faille pour les régions souches, développer leurs richesses collectives dans l’encadrement de ces structures inter-perméables et inscrites dans le schéma précédemment décrit, notamment en soutenant les secteurs économiques ruraux ayant un bon potentiel de développement. La mesure pouvant être finalement d’orienter le passage d’une activité dont le produit dégagé demeure peu valorisé à la production d’éléments à plus forte valeur ajoutée -adaptation au marché et aux attentes des produits du bois ou bien encore de la pêche-.

Nous pourrions également envisager certaines options qui encourageraient les projets innovants de particuliers, de PME -petites et moyennes entreprises- par l’accès au capital de risque notamment, et encore une fois en entrevoyant le rôle actif des minorités urbaines au travers de la transmission adaptée au contexte de leur savoir-faire.

Par ailleurs, il serait bon de mettre en place des mécanismes permettant et facilitant le regroupement d’industries et d’activités économiques locales et régionales en coopératives ou bien encore en associations. Cela devrait s’accompagner d’un autre côté d’une promotion active des produits et des « arts » régionaux par le recours à des programmes de valorisation faisant écho à la notion de terroir ainsi que par un appui au développement de leurs exportations à différentes échelles. En effet et comme nous le rappelle Maurice Beaudin, les économies rurales des régions souches et particulièrement du nord, bénéficient d’une solide base exportatrice enjointe à la présence des industries de transformation agroalimentaire.

Les mesures à développer dans ce sens sont nombreuses, cependant celles que nous avons pu exposer nous apparaissent les plus nécessaires à matérialiser afin de réunir les francophonies provinciales et conséquemment d’inverser la tendance à leur érosion démo-linguistique.

 

Tout au long de notre développement nous avons souligné en quoi il était nécessaire, aux vues de la situation de prendre une succession de mesures concises visant d’une part, à prendre davantage en charge les foyers francophones minoritaires et urbains soumis aux pressions assimilationnistes et d’autre part à revitaliser l’économie des communautés francophones régionalement majoritaires. Comme nous l’avons précisé, ces deux thèmes sont indissociables l’un de l’autre, le premier étant par ailleurs un préalable, un antécédent à l’élaboration de politiques économiques portées à l’échelle des régions rurales et plus largement du territoire support de la francophonie néo-brunswickoise.

Nous avons mis en évidence que la constitution d’une minorité urbaine visible, active et assumée devait en passer par l’aménagement du statut de sa langue et de sa revalorisation afin en substance, de la tirer au même degré de fonction que la langue majoritaire.

Au dessin de cette minorité pleinement intégrée, revêtant par ailleurs la forme d’un lien stratégique, succède donc, la mise en place de politiques économiques sensées participer de la restructuration et la dynamisation des régions souches.

Bien entendu, il existe d’autres enjeux qui gravitent autour de la question, cependant et à notre sens, c’est d’abord de l’effectivité de ces deux étapes que dépendra la couleur de l’avenir de la minorité francophone au sein de la province.

 

 

 

Bibliographie :

 

*BEAUDIN, Maurice. « L’avenir des minorités francophones hors Québec », Options politiques, Montréal, vol. 19,. n. o. 4, mai 1998, p. 36

*BEAUDIN, Maurice. « Les Acadiens des Maritimes et l’économie », dans Francophonies

minoritaires au Canada : L’état des lieux, Moncton, Éditions d’Acadie, 1999, p. 239-264. 

*BOUDREAU, Annette et Lise DUBOIS (2003b). « Les enjeux de l’aménagement du français au Nouveau-Brunswick », Égalité  : revue acadienne d’analyse politique, no 49, p. 31-42.

*BOUDREAU, A. 2003. « Construction identitaire et espace urbain : le cas des Acadiens de Moncton ». Sociolinguistique urbaine ; frontières et territoires. (Thierry Bulot et Leila Messaoudi, dirs), Éditions modulaires européennes, Bruxelles, p. 169-202.

*CASTONGUAY, Charles. « La cassure linguistique et identitaire du Canada français », Recherches sociographiques, vol. 46, n° 3, 2005, p. 473-494.

*JOHNSON, Marc et Isabelle MCKEE-ALAIN. « La société et l’identité de l’Acadie contemporaine », dans : J. Yvon THÉRIAULT (dir.), Francophonies minoritaires au Canada : l’état des lieux, Moncton, Les Éditions d’Acadie, 1999, p.209-235. 

*LANDRY, Rodrigue ; DEVEAU, Kenneth, Deveau, ALLARD, Réal. « Au-delà de la résistance : principes de la revitalisation ethnolangagière », Francophonies d’Amérique. 22 (2006), p.37-56.

 

 


 

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3 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 22 mai 2009 14:13

    L’évidence :
    - C’est l’intérêt des anglophones eux-mêmes que de maintenir et même améliorer la culture française dans la mesure où le bilinguisme favorise quasiment toujours l’éveil de l’intelligence des enfants et pas seulement dans le domaine des langues.


    • claude claude 22 mai 2009 17:51

      @ l’auteur,

      1/ pardonnez la faiblesse de mes neurones (je ne suis qu’une femme), je n’ai rien compris à votre article tant il est alambiqué.

      2/ votre article me semble tout droit issu d’une revue professionnelle ou d’un travail résultant d’une longue recherche , s’adressant à des spécialistes de la linguistique : un copié-collé ?


      • J. Thonnelier J. Thonnelier 25 mai 2009 11:30

        Un copié/collé ?
        Je vois que la suspicion est reine sur le net et d’autant plus sur les sites de médias participatifs...

        Ce texte est le résultat d’une recherche effectuée dans le cadre d’un cours que j’ai pu suivre à l’université de Moncton. Voilà tout.

        Cordialement.

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