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Accueil du site > Actualités > Société > Frégates de Taiwan : le passé remonte vite et haut vers le présent

Frégates de Taiwan : le passé remonte vite et haut vers le présent

Depuis que le scandale qui a reçu le nom générique des « frégates de Taiwan » bien que recouvrant trois contrats différents de ventes d’armes par la France à Taiwan dans les années 1990 a commencé - en décembre 1993 -, il est manifeste que de nombreuses forces se sont coalisées afin d’essayer d’enterrer, d’ensabler, de camoufler faits et réalités afin que la vérité sur ces dossiers ne puisse jamais surgir. Mais les efforts les plus acharnés dans ce sens ne peuvent tenir compte des paramètres imprévus, comme les crises politiques, une corruption effrénée dans certains milieux, l’acharnement de magistrats et journalistes, et les conséquences combinées de ces processus divers. Aujourd’hui, inexorablement, les dossiers du passé remontent vers le présent, vite, fort et haut. En voici quelques preuves très concrètes.

Un jugement venant de Suisse bouleverse le cours juridique et financier des choses

La justice helvétique a rendu hier, 10 avril 2008, un jugement très intéressant dans l’affaire des « frégates Lafayette », et ce sur plusieurs points, qui ne peuvent pas, dans un Etat de droit comme la France, ne pas avoir de conséquences judiciaires pour le versant français du dossier.

A l’origine, les magistrats avaient à se prononcer sur une demande de l’Etat taiwanais visant à récupérer des sommes, à l’origine estimées à 520 millions de dollars, bloquées sur des comptes de citoyens taiwanais en Suisse, au motif que cet argent serait issu du Trésor public taiwanais.

Selon les autorités taiwanaises, ces sommes représenteraient le montant des « commissions occultes » qui auraient dû être versées à diverses personnes, en Chine, en France et à Taiwan, dans le cadre du contrat portant sur 6 frégates Lafayette entre la France et Taiwan, mais qui n’ont pu finalement l’être du fait du blocage des comptes indiqués.

Que dit en substance essentielle le jugement rendu, déjà frappé d’Appel par l’Etat taiwanais ?

Lien en anglais :

http://www.taipeitimes.com/News/front/archives/2008/04/11/2003408946

D’abord, il lève le voile sur le véritable montant des sommes bloquées et suspectes : on avait estimé le total de cet argent à 520 millions de dollars, il est en fait selon la justice de.... 900 millions de dollars, soit presque le double. S’il s’avérait que tout cet argent était destiné à verser des « pots de vin », cela voudrait dire que l’estimation de ceux-ci avait été fortement diminuée.

En clair, le scandale pourrait être encore plus énorme qu’on pouvait le penser depuis 1993.

Le jugement indique bien que les dossiers versés par le ministère de la justice de Taiwan forment des éléments matériels clairs d’un délit, mais il exprime aussi la conception que ces éléments sont pour l’heure insuffisants pour avérer que toutes les sommes gelées en Suisse sont liées à ce délit.

Pour synthétiser la position de la justice suisse : celle-ci estime bien qu’elle a entre les mains des preuves d’un délit de corruption dans le marché des frégates de Taiwan, mais elle souhaite que Taiwan lui prouve que ce délit de corruption est à hauteur des 900 millions de dollars bloqués !

Par rapport à la justice française, il s’agit d’une décision aussi très problématique car elle souligne qu’un vaste délit incluant la France a eu lieu et qu’il est essentiel de chiffrer le montant exact des « commissions occultes » qui auraient dû être versées et, éventuellement autant que logiquement, répondre à la question brûlante : à qui devaient-elles l’être en France ?

Il sera donc très intéressant d’examiner les positions du ministère de la Justice français sur ce jugement qui affaiblit la ligne de défense française constante depuis 1993 tendant à nier toute corruption de citoyens français dans cette affaire.

Trop de corruption présente peut-elle tuer la corruption passée ?

Il en va, en matière de corruption, comme pour une maladie dangereuse : ne pas soigner immédiatement, ne pas traiter dès l’apparition des signes de la pathologie, refuser de prendre en compte revient à laisser la maladie se développer, s’étendre et parfois tuer le patient.

La corruption agit comme un cancer qui ronge le tissu social, tend à disloquer la société en détruisant ses fondements principaux, attaque toute la société d’un pays et peut finalement miner ses bases à un point tel qu’elle peut la déstabiliser gravement et profondément.

Quiconque suit depuis des années l’actualité judiciaire taiwanaise ne peut que parvenir à cette conclusion évidente, au vu du nombre croissant, en quantité et en qualité, d’affaires de corruption dans le pays, touchant les milieux patronaux et politiques, souvent d’ailleurs confondus.

Mais, il arrive un stade où le mal attaque à son tour le mal et se retourne contre les « affaires » anciennes en les mettant à nu : c’est le cas aujourd’hui à Taiwan avec les conséquences, qui remontent donc vers le dossier des frégates, du scandale « Taiwan Goal Company ».

On apprend donc, voir le lien plus haut en dernière ligne alors que c’est un fait essentiel pour le dossier, que la justice de Taiwan a convoqué comme témoins, chose inimaginable et première nationale à Taiwan, l’ancien président de la République, Lee Teng Huei, et l’ex-ministre de la Défense, Hau Pei Tsun, pour être entendus sur le scandale des frégates Lafayette le 19 mai 2008.

Bien que l’information dans la presse anglophone soit diminuée en étant remisée en fin d’article, pour d’évidentes raisons de prestige et d’image internationale du pays, elle a fait les gros titres de la presse en langue chinoise et la une des informations audiovisuelles hier 10 avril 2008.

Pour que chacun comprenne cette montée en puissance du dossier, il convient de se reporter un peu en arrière.

Voici quelques jours, suite au scandale « Taiwan Goal Company », un haut fonctionnaire, présenté par les spécialistes du dossier, comme l’homme-clé depuis plus de vingt ans des achats d’armes de Taiwan aux pays étrangers, Wu Rong Wei a été « déplacé » de son poste de directeur du Bureau des armements au ministère de la Défense.

Cet homme a été l’interlocuteur taiwanais essentiel de TOUTES les négociations ayant porté sur les achats d’armes françaises, depuis les frégates Lafayette jusqu’aux missiles MICA de Matra, en passant par les Mirage 2000. A l’évidence, son changement d’affectation semble avoir des conséquences diverses et variées...

Lien en anglais sur son « déplacement d’office » :

http://www.kmtnews.net/client/eng/NewsArtical.php?REFDOCID=00as8utspmbclcq1&TYPIDJump=00air17gdql55u7h

Dans certains milieux à Taiwan, on estime que cet homme expérimenté, rompu aux négociations délicates, est la « pièce maîtresse », la pierre de voûte, des relations militaires franco-taiwanaises depuis qu’elles existent et que la mesure qui le vise est un message plutôt « confus » envoyé aux autorités françaises et aux sociétés d’armements de ce pays.

En le changeant d’affectation, le ministre actuel de la Défense laisse planer beaucoup de doutes et de suspicions sur les raisons de sa décision, qui est officiellement motivée par la « fatigue intense, psychologique et physique », je cite, de l’intéressé.

Il n’en reste pas moins que le calendrier des faits qui s’accumulent vite ces derniers jours dans le dossier des frégates de Taiwan crée une impression de remontée en puissance de l’affaire vers les hautes sphères, comme en atteste l’audition de l’ancien président et de son ancien ministre de la Défense devant la justice du pays.

Mais qui aurait donc assassiné un ex-directeur du NSB taiwanais le 14 juillet 1994 ?

Dans la cadre de la remontée vers la lumière des faits anciens liés à l’affaire des frégates de Taiwan, un journaliste taiwanais, spécialiste du dossier et blogueur, Windson, m’a permis de découvrir récemment, presque par hasard, qu’un des anciens directeurs du NSB taiwanais - en anglais National Security Bureau (le FBI ou la DST de Taiwan) -, Sung Shin Lien, aurait été, selon certaines sources, assassiné, le 14 juillet 1994, date à la fois de son anniversaire et de la fête nationale française.

Selon le communiqué officiel de la présidence de Taiwan, publié en mandarin,

http://www.memo.com.tw/mis/search.php?query=%A7%BA%A4%DF%BE%FC&search_mode=n

son décès inopiné a été attribué à une crise cardiaque, bien qu’il ait été présenté comme un homme d’une santé très solide, même au niveau cardiaque. Le décès est intervenu officiellement alors que l’ancien directeur du NSB, retiré de ses fonctions depuis un an, était en train de se détendre dans un établissement de bains chauds sur Yangminshan, le massif de montagnes qui domine Taipei au nord-ouest de la ville, avant de fêter son anniversaire.

Selon certains analystes et/ou spécialistes du dossier qui écrivent sur le blog de Windson et alimentent son forum d’échanges informels,

Lien en mandarin : http://mypaper.pchome.com.tw/components/intro.htm?s_id=windsontw

l’ex-patron du NSB aurait été assassiné par une arme électromagnétique à distance dont l’élaboration matérielle serait due à une agence de renseignements étrangère. Pour l’heure, si plusieurs personnes ont soutenu cette hypothèse à Taiwan sur internet et dans la presse, il semble qu’aucune preuve officielle n’ait été apportée, soit en faveur de cette thèse, soit aussi en soutien à la version officielle d’un simple arrêt cardiaque impromptu d’un homme en parfaite condition physique.

Ceci étant dit aux fins d’objectivité sur les liens de l’ancien chef du NSB, j’ai retrouvé une photo de presse publiée en 2004 très intéressante :

http://taiwantt.org.tw/books/cryingtaiwan8/200404/20040408.htm

Dans le cadre d’un article en mandarin sur les frégates de Taiwan, paru dans le journal Taiwan Daily News le 8 avril 2004, la photo en haut de page montre, à droite, Sung Shin Lien qui dialogue tranquillement et officiellement, en 1991, avec Thierry Imbot, le Français ancien agent de la DGSE, qui sera retrouvé mort le 10 octobre 2000, le jour de la fête nationale taiwanaise, en bas de son immeuble à Paris.

L’article écrit que Sung Shin Lien, qui avait quitté son poste depuis un an, avait voyagé pendant ces douze derniers mois deux fois secrètement en France et en Europe, et qu’il avait commencé à écrire ses « mémoires », dans lesquelles il voulait, entre autres points, aborder le scandale des frégates Lafayette. Le journaliste pointe aussi, photo à l’appui, ses cordiales relations avec Thierry Imbot.

Peu après avoir annoncé son début de rédaction de ses "mémoires", l’ancien chef du NSB décédait donc brusquement.

Des trois personnages présents sur la photo, deux sont donc décédés plutôt de manière imprévisible : un Taiwanais, ancien dirigeant des services secrets, le jour de la fête nationale française, un Français, ancien agent secret, le jour de la fête nationale taiwanaise.

Curieuse coïncidence de dates de décès respectifs ! Curieuses morts aussi...

Toujours selon plusieurs contributeurs au blog de Windson et le journal cité ci-dessus, la mort de l’ex-directeur du NSB serait liée à l’affaire des frégates, même si son nom n’a jamais été ajouté à ceux des décès suspects qui jalonnent cette affaire depuis le 9 décembre 1993, quand fut retrouvé le corps du capitaine Yin dans les eaux du port militaire de Suao.

Par ailleurs, selon le magazine hebdomadaire du 11 avril 2005, TVBS Weekly,

http://www.tvbs.com.tw/tvbs_weekly/weekly_news_list.asp?no=jcw62020050411214652

le décès de l’ancien chef du NSB pourrait être lié à un conflit interne avec le chef du Service de renseignements militaires - SRM -, Ku Chen Wen, au sujet d’un dossier détenu par ce service prouvant que le président Lee Teng Huei aurait été... membre du Parti communiste chinois et qu’il travaillait à l’époque toujours pour les services secrets de la Chine populaire !

Selon le journal, qui cite directement le témoignage du chef du SRM, celui-ci aurait arrêté plusieurs espions travaillant pour Pékin et leurs déclarations auraient toutes tendu à accuser le président Lee. Un dossier de preuves matérielles aurait été constitué par le SRM qui aurait refusé de le donner au NSB, malgré des demandes insistantes.

Ceci offre aussi une seconde piste hypothétique : le conflit entre chefs du renseignement taiwanais. Cela dit, l’ex-chef défunt du NSB n’était plus là en avril 2005 pour présenter sa propre version des faits et une thèse non contredite ne permet pas à la vérité de se manifester de manière indéniable.

Selon divers observateurs, si cette piste, cependant, se trouvait validée un jour par des éléments plus crédibles, elle serait de nature à placer dans un autre contexte le surprenant et bien étrange décès de Thierry Imbot.

Peut-être l’avenir apportera des informations nouvelles aussi sur ce bien étrange décès de l’ex-directeur du NSB taiwanais, sous la mandature de l’ex-président Lee Teng Huei, celui-là même qui sera entendu par la Haute Cour dans cinq semaines sur le contrat des frégates de Taiwan.

Vers le 19 mai 2008 à Taiwan et un Appel du jugement en Suisse

En tout état de cause, le 19 mai 2008, seront donc confrontés en public et face à la justice de Taiwan deux acteurs essentiels du contrat d’achat des frégates Lafayette, dont il a été noté par tous les observateurs que leurs versions de la prise de décision finale de cette acquisition des 6 frégates françaises sont plus que contradictoires.

En toute logique cartésienne, en présence de deux thèses opposées sur un même fait, il ne peut y avoir que deux options : soit les deux sont fausses également, soit l’une est vraie et l’autre mensongère. Tout l’intérêt de l’audition-confrontation du 19 mai 2008 tient dans cette logique implacable.

Il est donc possible, dans le contexte judiciaire et politique actuel à Taiwan, que des progrès significatifs soient faits en direction de la vérité sur les faits passés dans cette affaire.

D’autant que des informations avérées nouvelles issues des diverses sources possibles autorisées peuvent contribuer à aider au final Taiwan à formuler un Mémoire d’Appel très fouillé, précis et détaillé, qui pourrait aussi être donné en copie à la justice française, afin, de son côté, de rouvrir une instruction judiciaire sur les bases de nouveaux éléments à arriver.

On peut donc en conclure que l’affaire des frégates de Taiwan n’est nullement enterrée, ni ensablée ni arrêtée, qu’elle est bien vivante, dynamique et même pleine de vigueur printanière.

Encore une fois semble se confirmer que trop de corruption finit par tuer la corruption ou, c’est selon, qu’à trop tirer sur la corde des « affaires », celle-ci finit par casser et la vérité nue et crue apparaît alors !

Ce qui serait aussi bon pour les citoyens de France que de Taiwan.


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11 réactions à cet article    


  • Bigre Bigre 11 avril 2008 16:04

    Prenez garde à vous, on m’aimerait pas perdre un rédacteur d’Agoravox lors d’une prochaine fête nationale.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 11 avril 2008 16:40

      Bigre,

      Je vous remercie de votre amicale sollicitude quant aux fêtes nationales afin de ne pas perdre un rédacteur d’Agoravox.

      A l’heure actuelle, la situation est plutôt à un "nettoyage" en douceur et pacifque des anciens interlocuteurs et négociateurs des contrats commerciaux d’armements des 20 dernières années.

      Ainsi, vous noterez que le Président de Thalès International, JP Perrier, quitte son poste au même moment que son interlocuteur taiwanais au Bureau des Armements change d’affectation au sein du Ministère de la Défense. Ce qui est une coïncidence certes hasardeuse, mais utile pour le futur.

      Les temps présents sont à l’apaisement et au dialogue futur dans un climat de confiance qui devrait démarrer le 21 mai 2008, surtout si, juste avant, le 19 mai par exemple, des responsables nouveaux des faits passés sont indentifiés, assument des responsabilités politiques claires et que les délinquants rapatriés à Taiwan de Suisse sont jugés en bonne et due forme, ce qui permettra de ramener à Taipei tout ou partie des 900 millions de dollars gelés en Suisse.

      Un scénario semble se dessiner afin de renouer bientôt un dialogue constructif pour de futurs contrats d’armements entre les parties. Ce scénario nécessaire passe par la Justice transparente et la diplomatie active autant qu’apaisante.

      Bien cordialement,

       

       


    • ragoa 11 avril 2008 18:29

      bjr, fan de vos articles sur ce sujet, un grand merci pour le service après vente, le suivi.

      Juste un petit passage un peu confus dans votre réponse "...des responsables nouveaux des faits passés sont indentifiés, assument des responsabilités politiques claires et que les délinquants rapatriés à Taiwan de Suisse sont jugés en bonne et due forme..."

      Bien évidemment, la grande question restera toujours en suspens : va t’on finir un de ces jours par les connaitre, ces "corrompus" bien de chez nous ?


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 12 avril 2008 02:11

        Ragoa,

        Merci de votre commentaire.

        Comme vous le savez, un certain nombre de "corrompus" taiwanais sont en prison actuellement, jugés ou en attente de leur jugement.

        Ceux qu’évoque le Jugement venu de Berne sont des citoyens taiwanais qui, depuis leur retour à Taiwan, ont apporté beaucoup d’informations aux enquêteurs de leur pays sur LES réseaux de corruption dans l’affaire citée. Ils doivent être prochainement, après une longue instruction nécessaire, présentés aux magistrats-juges de leur cas.

        On sait, notamment par des "indiscrétions" dont le blog de Windson s’est fait avec prudence l’écho, les noms de certains "Français" qui ont été prononcés, comme étant liés à cette affaire, par les inculpés.

        Des noms qui ne surprendront pas les "connaisseurs" du dossier, mais qui souvent, curieusement, appartiennent aux milieux gouvernementaux passés, voire toujours actuels pour certains. On a ainsi beaucoup entendu, par exemple, circuler le nom d’un ancien Premier Ministre français, à moins que ce ne soit qu’un homonyme anonyme ....

        Il semble d’ailleurs que les échos assourdis de ces noms soient arrivés en France, générant quelques inquiétudes légitimes que confirme la demande implicite du jugement deBerne sur l’apport de preuves documentés quant à l’ampleur de la corruption, autrement dit, les noms et responsabilités d’alors des éventuels corrompus des 3 pays cités.

        C’est ce point qui, à cette heure, est le plus explosif car il lie clairement les intérêts de l’Etat taiwanais à la divulgation la plus complète possible des listes des personnes impliquées. Résumé avec un brin d’ironie, le marché judiciaire proposé àTaiwan est le suivant : vous partagez avec nous, la Justice suisse, toutes vos informations et en échange, on vous restitue les 900 millions de dollars gelés.

        C’est aussi peut-être cela qui, à Thalès et à Taiwan, entre autres, mais pas exclusivement, peut expliquer certains changements de postes, mutations et "promotions" internes. D’autant qu’à Taiwan existent de puissants et légitimes intérêts, divers, mais unis sur ce point, qui ne peuvent que pousser à accepter, comme la réaction du Ministère de la Justice de Taipei citée par l’article le démontre, les "exigences" juridiques de la Justice helvétique.

        Selon un adage connu, un homme, une entreprise, un Etat avertis en valent deux.

        On peut penser sans forcer l’imagination que l’on se prépare, ici et là, à des éclaboussures collatérales que l’on souhaiterait voir "mouiller" le moins possibles Etats et entreprises, mais laissées à la charge d’individus en quelque sorte "livrés à leur triste sort". Le tout assorti, bien évidememnt, des formules de condamnation morale habituelles dans de telles navrantes circonstances....

        D’un côté, intérêt de l’Etat, de l’autre, intérêt de l’entreprise, le principe est le même : quand on ne peut plus éviter que la boue monte et génère un tsunami dangereux pour la collectivité visée, on laisse en arrière ou, cest selon, on met en avant, des victimes expiatoires appelées communément "bouc-émissaires".

        Mais, bien sûr, tout cela n’est que pure opinion personnelle, et toute relation avec des faits existants ne serait que totale coïncidence, indépendante de toute volonté puisqu’il s’agit du respect scrupuleux de la Justice.

        Bien cordialement,

         


      • ernst 12 avril 2008 03:54

        Vous faites état d’une affaire qui date de 15 ans.Très bien documentée et tout à fait exacte.

        C’est bien, mais tardif.

        Entre temps, ces affaires ont fait de nouveaux corrompus, progression logaritmique, les quels, à l’heure actuelle tiennent tous les postes-clé de la politique mafieuse mondiale.

        Je me suis moi-même engagé dans la lutte anti-corruption, j’ai dénoncé à la télévision française (2001, Ardisson ) ce qui se produirait aujourd’hui, j’ai dénoncé des affaires dont j’avais eu à connaître, me suis proposé de témoigner dans une de ces affaires ( Société Générale ).Je n’ai bien sûr jamais été convoqué, alors que tous les tribunaux qui ont eu mes sources en main ont bien enregistré les noms des corrupteurs... en attendant la prescription. En Suisse également.Trop tard, vous dis-je.

        Moralité ?...

        L’émission montée vous imaginez comment, sans mon accord évidemment, la Presse entière, sans même me contacter, m’a taxé de fou, au FN (alors que je vote en Suisse ), manipulateur de secte, que sais-je encore. Aujourd’hui on me prive de travail, on m’ennuie de mille façons, on a même, à quatre reprises essayé de me suicider etc... etc...Quatre procès en diffamation, que je gagne, et rien ne change... la rumeur, bien dirigée, me charge même du massacre du Temple Solaire !...

        Ce qui valait, il y a quinze ans, une karchérisation à la kalachnikov sur quinze personnes, pas plus, est aujourd’hui devenu inextricable. Une purification genre ethnique n’y suffirait pas. Vous vous sentez, vous, de buter un salopard ?... moi pas. Toute notre politique est manoeuvrée par les récipiendaires de ces commissions occultes qui ne se gênent pas de prendre des décisions sans rien demander à personne, de nous signer des mini traités qui nous enterrent dans le labyrinthe des ukases européens (rien d’autre que des rackets ) sans que nous ayons plus notre mot à dire. Etc...etc.Ils ont le pognon, le Pouvoir, les connections, les protections. Les prisons et les tueurs.

        Que faire ?...

        Comme à l’accoutumée, regarder les famines engendrées par notre laxisme de vingt ans, attendre que les sénégalais, Camerounais, Egyptiens affamés (Monsanto a tout intérêt à cet appauvrissement des ressources, son principal actionnaire ayant également les sucres Béghin ), bientôt les français affamés, attendre que tout ce monde-là descende dans la rue et se fasse descendre par les polices anti-émeutes aux ordres de qui vous savez...

        Air connu.Alors ?

        Reprendre le chemin qu’ont connu nos ancêtres, manger des chataignes en saison, des noix et des pommes, chasser le lapin et refaire le monde. En espérant que l’Ingénu psychopathe et schnouffé à mort n’aura pas l’idée de jouer avec le bouton rouge...

        C’est pas que ça me plaise, vous pensez bien...


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 12 avril 2008 04:32

          Ernst,

          Votre commentaire est, si vous permettez l’expression, un tantinet "désespéré".

          Il ne me semble pas qu’il soit trop tard en rien, d’autant que, justement, les faits soulignés dans l’article montrent bien que la vérité remonte vers la lumière, certes après 15 ans.

          Disons simplement que, dans toute vie, "le désespoir n’est pas une solution". La révolte oui. A condition de ne pas être seul, de ne pas se laisser isolé, de lier les faits que l’on peut dénoncer aux intérêts les plus concrets des citoyens.

          Ce que, par exemple, car l’exemple concret est la meilleure preuve qu’aucun acte honnête et citoyen n’est jamais perdu, ni vain, montre le combat mené à Asnières sur Seine

          Lien :

          http://www.AgoraVox.fr/article.php3?id_article=38571

          Il n’est pas nécessaire d’espérer pour agir et entreprendre, disait un célèbre fabuliste, mais il est toujours judicieux d’agir collectivement, à beaucoup, de manière réfléchie, ce qui apporte de bien meilleurs résultats sans les problèmes que vous décrivez.

          Un dernier point : sur la Société Générale, je connais une personne qui a aussi combattu contre son actuel PDG. Son combat a été difficile aussi, mais il semble bien que le futur va lui donner raison et que ce PDG va connaître une fin de carrière peu glorieuse.

          Les processus sociaux, selon mon avis, sont toujours plus forts que les manoeuvres humaines, et ce d’autant plus que ceux qui les aident à se manifester sont plus solidaires, réfléchis, unis, donc efficients.

          Bien cordialement,


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 13 avril 2008 04:17

          Bonjour,

           

          Voici un lien de plus qui confirme la colère française :

          http://www.kmtnews.net/client/eng/NewsArtical.php?REFDOCID=00asc7hh672m5knv&TYPIDJump=00air17gdql55u7h

          C’est en anglais, mais cela dit tout sur le fond des choses en cours.

          Bien cordialement,


          • mathilde 13 avril 2008 18:27

            Heureuse de vous retrouver ici, et dans la même veine.


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 avril 2008 00:50

              Chère Mathilde,

              Heureux aussi de vous lire ici. Cela signifie donc qu’Internet permet vraiment la circulation de l’information.

              J’avais eté surpris que les faits rapportés ici ne soient même pas "compris" par les journalistes de Bakchich, qui se sont emmêles dans les chiffres anciens et nouveaux, et n’ont même pas retenu les activités judiciaires en marche à Taipei.

              Mais, ceci n’est qu’anecdotique : les choses bougent à grande vitesse et cela est l’essentiel : il faudra bien que la presse française se réveille, s’ébroue et informe quand les choses seront trop "grosses" pour être encore tues.

              Bien amicalement à l’amie frontalière de l’Est,

               


            • rosselin 22 avril 2008 12:07

              Bonjour,

              Ou est passé l’article :

              La surface des faits et les intérêts de la France, en fait ceux de ses entreprises militaires Ce que nous révèle le rapport de synthèse taiwanais, à (...)
              www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=38916

              Il a été enlevé ?

              JR

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