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Accueil du site > Actualités > Société > Fumer dans les lieux publics : la Justice pousse les politiques

Fumer dans les lieux publics : la Justice pousse les politiques

Le gouvernement avait prévu, semble-t-il, d’en arriver à une interdiction totale de fumer dans les lieux publics. Le défaut de la cuirasse du système démocratique, qui est la recherche des votes des électeurs, l’a amené à repousser à plus tard une telle décision alors que des élections se profilent à l’horizon. D’autant plus qu’à l’époque où le dossier s’est trouvé être prêt,on sortait tout juste de la crise du CPE et qu’il était donc urgent de ne pas en "rajouter une couche".

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Depuis, les choses semblent évoluer, et le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, poursuit son lobbying interne et externe, auprès du premier ministre, des députés UMP et plus généralement des populations, pour en arriver à cette intertdiction. Le principe, dit-il, en est acquis, on ne discute plus que sur les modalités d’application.

Il est pas contre un rouage de l’Etat qui est insensible à ces problèmes électoraux, c’est la Justice.Car en même temps que les politiques hésitent, des procès contre des employeurs ou même l’Etat se poursuivent.C’est ainsi que pour la première fois, le 16 mars 2004, la Cour d’appel de Rennes a donné raison à un barman contre son employeur qui l’avait licencié à cause de son refus de travailler dans les effluves de tabac. Une autre décision plus récente (29 juin 2005) et à un plus haut niveau : la Cour de cassation, vient de confirmer, sur plainte d’une autre employée de bar qui demandait un droit de retrait, que l’employeur avait non seulement une obligation de moyen (en clair mettre en place des moyens de se protéger du tabac, écran ou aspiration), mais aussi de résultat, c’est-à-dire devait s’assurer que le personnel échappe effectivement au tabagisme.

La situation devient donc intenable pour les employeurs, d’autant plus que partout ailleurs dans le monde, la législation se durcit considérablement. C’est ainsi qu’aux US une "class action" de 60 000 hôtesses et stewarts contre les fabricants de tabacs pour tabagisme passif a abouti à des dommages et intérêts de 300 millions de dollars.C’est ainsi aussi que le Québec vient d’introduire, depuis le 31 mai à minuit, l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics.Comme ils disent là-bas : "C’est la fin de la boucane".

Désolé pour nos amis fumeurs, mais ils faut qu’ils s’habituent à ne plus pouvoir fumer que dehors...


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22 réactions à cet article    


  • Fred (---.---.155.75) 8 juin 2006 13:34

    il est effectivement temps d’interdire de fumer dans les lieux publics ; a Paris c’est parfois impossible de manger dans un restaurant a cause de la fumee de cigarette. Les fumeurs peuvent aller fumer dehors.


    • who_cares (---.---.159.75) 8 juin 2006 14:48

      Une fois de plus il y a un décalage entre la loi et son application :

      1. Quand bien même cette loi sera votée, elle n’en sera pas respectée par les fumeurs pour autant (ou alors par une minorité)

      2. Les policiers ne mettront jamais d’amendes pour ça. Voici le sénario :
      - le fumeur : « au pardon monsieur l’agent, j’ai allumé ma cigarette par automatisme, désolé je l’ai vraiment fais sans y penser, je l’éteins de suite »

      Et hop ! l’agent n’ose pas coller d’amende (c’est comme pour les mines anti-personnelle qui constèlent nos tcrottoir)

      (par contre pour les parcmètres dont l’heure est dépassée, ça n’a jamais posé de problèmes...)


    • Philipp Morris (---.---.218.193) 8 juin 2006 16:37

      @who_cares Je ne pense pas que le problème se posera de la sorte, il n’y aura sûrement pas besoin d’agents pour coller des contraventions aux contrevenants, le simple fait de savoir qu’une loi claire, non ambigüe, interdisant le tabac tout bonnement et simplement, existe suffira aux non-fumeurs pour la faire respecter. De plus si des dispositions sévères sont prises vis à vis des professionnels je suis certain que la dîte loi (que nous attendons tous avec impatience) ne sera pas bafouée. Au passage je me permets de donner un carton rouge (ou de pousser un coup de gueule si vous préférez) à Monsieur VILLEPIN qui, ne comprenant rien à rien, a repoussé la présentation de cette loi à laquelle une trés grande majorité de français aurait adhéré.


    • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 8 juin 2006 13:42

      Comment faire de l’audience en enfonçant une porte ouverte ? En parlant de méfaits du tabac.

      « Désolé pour nos amis fumeurs, mais ils faut qu’ils s’habituent à ne plus pouvoir fumer que dehors... »

      Comment nous qualifier d’amis lorsqu’on nous traite comme des pestiférés.

      Les Etats Unis qui ont été les précurseurs du genre ont lancé ce combat en partant du principe qu’il vallait mieux faire payer les fabricants que de soigner les malades sur les fonds publics. Cette délicate attention ne va toutefois pas jusqu’à poursuivre des entreprises coupables d’intoxications industrielles.

      Cette approche permets de remettre en cause tous les « déviants » des sports un peu extrèmes ou des modes de vie qui ne sont pas recommandés par les congrégations.

      Nous sommes dans l’oeil du cyclone mais que les autres populations ne s’y trompent pas, les obèses, les femmes trop parfumées, les porteurs d’odeurs corporelles, les mal vêtus auront à terme leur tour.

      Quant aux maladies professionnelles ou aux allergies dues aux particules de gasoil, les victimes ne seront pas écoutées ou indemnisées puisqu’elles n’ont pas été intoxiqués par le tabagisme passif.

      Les fabricants de sucreries peuvent communiquer de toutes les façons puisque nos enfants ne consommeront que de bonnes calories.

      Mais si on culpabilisait leurs consommateurs comme les fumeurs, celà ne me gênerait en aucune façon puisque je n’en mange pas. Alors je suis pour des campagnes d’interdiction.

      Les agriculteurs peuvent épandre leur lisier puisqu’il n’est pas en vente dans les bureaux de tabac.

      Pas mon problème, je travaille dans un bureau et en ville. Mais à tout prendre je suis pour qu’on traque impitoyablement les agriculteurs.

      Voila comment on pourrit la notion de vivre ensemble. celà consiste à faire le compte des manies et habitudes que l’on a pas et exiger la condamnation celles-ci.

      Mais enfin que ne trouverait-on pour punir les autres de ses propres frustrations


      • who_cares (---.---.159.75) 8 juin 2006 14:53

        Certes, il y a évidemment plein d’autres problèmes dans notre société et dans le monde, mais ça ne légitime pas pour autant celui dont il est question ici.


      • (---.---.112.247) 8 juin 2006 16:09

        @Jean Claude BENARD

        Monsieur Jean Claude BENARD vous pouvez fumer 1, 2, 3, 10 paquets de cigarettes par jour tant que ça n’est pas à coté de moi, ça ne me dérange pas, bien au contraire. Les fumeurs améliorent le niveau de vie des non fumeurs alors fumez autant que vous voulez et ne vous arrêtez pas mais surtout ne fumez pas à coté de moi.

        Vous faites allusions aux sucreries, aux obèses, aux femmes trop parfumées, aux porteurs d’odeurs corporelles, aux mal vêtus. Mais je peux bouffer autant de sucreries dans le même bureau que vous, ça ne vous tuera pas. Je peux passer mes journées à coté de ces personnes, ça ne me tuera pas. Voila ce que les fumeurs ne veulent pas comprendre. En grillant une clope, vous emmerdez tous ceux qu’il y a autour de vous. On respire la même fumée, on a les fringues qui puent, les cheveux qui puent. Ce n’est pas pour emmerder les fumeurs qu’on va interdire de fumer dans les lieux publics. C’est pour que les fumeurs arrêtent d’emmerder les non fumeurs.

        Un fumeur qui parle de notion de vivre ensemble. Vos mieux entendre ça que d’être sourd. Monsieur Jean Claude BENARD, quand dans un restaurant on vous demande gentiment d’éteindre votre cigarette. Que faites vous ? Je vais souvent au restaurant, je l’ai demandé à un paquet de fumeur. Beaucoup mon répondu très poliment : « Excusez moi, je l’éteins de suite ». Mais j’en ai également rencontré d’autres qui m’on méchamment envoyer chier. Si la loi Evin était correctement appliquée, il n’y aurait pas de problème. La notion de vivre ensemble, c’est les fumeurs qui l’on pourris les premiers en allumant une clope sans demander si ça dérangeais quelqu’un. Maintenant les non fumeurs vous demandent de ne plus fumer à coté d’eux, si vous savez ce qu’est, la notion de vivre ensemble, éteignez votre clope où allez fumer plus loin. N’inversez pas les rôles.


      • Philipp Morris (---.---.218.193) 8 juin 2006 16:24

        Quelle réaction excessive Monsieur BENARD ! La loi Evin date de 1991, on voit ce que ça a donné, c’est à dire rien du tout. Les fumeurs ont eu plus de dix ans pour s’adapter, pour se rendre compte des méfaits pour eux (mais vous me direz c’est leur problème s’ils veulent mourir du cancer) mais surtout pour leur entourage. Cela fait des années, je dirais presque une éternité, que les non-fumeurs subissent vos fumées toxiques. L’interdiction semble inéluctable (du moins je l’espère). Dommage pour vous, mais c’est votre comportement qui a conduit à cette situation. Vous auriez réalisé plutôt la necessité de modifier vos habitudes en laissant notamment de vrais espaces aux non-fumeurs, en vivant en bonne intelligence, on en serait pas arrivé là. Vous êtes aveuglés par vos volutes de tabac. Il fallait réfléchir avant. Désolé.


      • moniroje (---.---.246.62) 8 juin 2006 15:29

        Je suis fumeur... de cigarillos et comme j’aime en allumer un en buvant mon café à la terrase d’un bistrot ! ou bien, après un bon repas !!

        Toutefois, je comprends qu’il faille interdire de fumer dans les lieux publics. Je me rappelle un voyage Paris-Avignon par le TGV dans un waggon-fumeurs : ce fut pénible !! et je vois que l’indiscipline française ne plie que sous les interdits (limitation de vitesse respectée que sous la répression sarkozienne). Alors, interdisons !

        Au point où on en est !! interdit de camper, interdit de fumer, de faire sa machine après 20 heures, les interdits sont floppée mais on n’a que ce qu’on mérite. On aurait eu le savoir-vivre de ne point cracher par terre, de ne point déféquer sur les chemins, de ne point accélérer à la vue d’un piéton devant notre capot, on aurait eu moins à légiférer sur des interdits de toute sorte.

        Et j’aurais encore plus de plaisir à allumer mon cigarillo dans un endroit où cela sera permis, du moins pas interdit ; et meilleur sera-t-il quand je devrai l’allumer en cachette.

        Quant à ma santé, s’écrieront les ayatolas anti-tabac en brandissant le spectre du cancer des poumons... A mon âge, d’avoir fait tant de choses si mauvaises pour la santé (alcool, fumettes, tabac dès 14 ans, orgies) et être encore avec vous, il ne vous reste qu’un argument : miracle.


        • Aymeric (---.---.100.34) 8 juin 2006 16:04

          Je suis allé en vacances en Irlande cette année... Ce n’était pas la première fois, mais quel changement depuis mes précédentes visites !!!

          Quel plaisir d’aller au pub, sans fumée !

          Vivement que cette loi soit appliquée en France.


          • Philippe Deracourt (---.---.98.155) 9 juin 2006 09:31

            La communication publique devient parfois un exercice vraiment difficile. J’ai eu une pensée pour celle qui a du justifier pendant des semaines l’absence de concertation sur le Cpe par la nécessité d’être efficace contre le chômage.

            J’ai de nouveau une pensée pour elle...

            ...car il lui faut aujourd’hui expliquer que la lutte contre le tabagisme passe par la nécessaire concertation afin de mieux comprendre les effets du tabagisme passif dans les lieux publics. Là, c’est vrai, il faut du temps, car on ne sait pas bien cerner ce fléau.

            Dur métier, vous en conviendrez !

            Et comble de malheur, un film « Tabac, la conspiration » sort en salles à ce moment-là et vient, en contre-point des reculades politiques, apporter tel Michaël Moore dans 9/11 sur le 11 septembre, un éclairage cru sur la réalité de cet homicide planétaire par le tabac ! La communication de crise va devenir utile...

            Pour contribuer à raccourcir ce temps, deux sites ministériels et publics à consulter pour les élus : ministère de la santé et le CNCT (comité national contre le tabagisme).

            Qui a dit ce 13 avril 2006 ? « On fait des campagnes monstre pour se prémunir d’une grippe aviaire qui n’a encore tué personne, et on ne fait rien contre un fléau qui tue, par tabagisme passif, 6 000 personnes chaque année ».

            « Je crois aujourd’hui que le lobby du tabac a encore gagné ». (...) « Pourtant contrairement au CPE, nous avons 80 % des Français avec nous ».

            Bruno Julliard (Président de l’UNEF) ou Yves Bur (député UMP) ?

            Réponse : Yves Bur

            Offre d’emploi : Chargé(e) de projets communication junior

            L’esprit d’entreprise, la liberté dans la responsabilité, l’ouverture d’esprit et la diversité sont les valeurs fortes de notre groupe. Si vous les partagez et que vous êtes motivé par les challenges qu’offrent une industrie très réglementée et controversée, rejoignez British American Tobacco, numéro 2 mondial de l’industrie du tabac, présent dans 180 pays.

            "Année 2005 record pour British American Tobacco Le deuxième fabricant mondial de cigarettes a encore dépassé les attentes l’an passé. Le titre a gagné 43 % en un an." Source : La Tribune


            • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 9 juin 2006 11:50

              Les diverses réactions à mon message me permettent de tirer les constats suivants :

              Il se trouve beaucoup plus de pourfendeurs des fumeurs que de la misère humaine. Je persiste et signe, le combat contre les fumeurs est partagé entre les snobs qui ont trouvé une cause intéressante et beaucoup de « frustrés » qui trouvent là un graal identique ma foi à celui des violences routières.

              Nous vivons le retour des ligues de tempérance et autres associations de défense des moeurs et comportements.

              La cohabitation entre fumeurs et non fumeurs est bien souvent pacifique mais les comportements des nouveaux croisés de l’anti quelque chose amène les fumeurs à des réactions aussi stupides que le harcèlement qu’ils subissent.

              A quand une grande campagne contre les grillades au charbon de bois puisqu’une étude prouve que consommer une viande grillée de cette façon revient à ingérer l’équivalent goudron d’un paquet de cigarettes.

              Messieurs les censeurs, vous avez encore de beaux jours devant vous


              • Bokan (---.---.217.77) 9 juin 2006 12:43

                Juste pour préciser qu’il y a une diférence énorme entre ingérer 1mg de goudron et inspirer ce même goudron. Dans le premier cas je sais qu’il sortira par voie naturelle, dans le second il restera logé sur les paroi de mes poumons. Le deuxième est bien évidement nettement plus dangereux.

                Quoi qu’il en soit, je vous trouve de mauvaise fois. Comme de nombreux fumeurs qui font mine de ne pas se rendre compte du mal qu’ils font à eux même ainsi qu’aux autres.

                Il me tarde que cette loi passe et que tout le monde puisse enfin sortir dans les bars sans avoir à inspirer ce poison que vous nous imposez d’un air méprisant.


              • Bokan (---.---.217.77) 9 juin 2006 13:34

                Aucun non-fumeur se plaint des patch à la nicotine ! Si la fumée de cigarette pouvait être contenue, je me ficherai bien que vous fumiez ou non. Mais ce n’est pas le cas et la fumée me dérange autant que de l’urine. Prenons cette image d’ailleurs et imaginez, chaque fois que vous fumez, que pour les non fumeurs qui vous entourent c’est comme si un chien venait leur urniner sous le nez.
                - dans un restau
                - en attendant le bus
                - dans un concert
                - à la terrasse d’un café
                - sur un quai de gare quand on bouquine tranquillement

                Vous allez dire que j’éxagère, et bien non ! Cessez d’ignorer les plaintes des autres, de justifier votre égoisme.

                La fumée de cigarette est le premier message publicitaire du tabac. La fumée fait penser à la cigarette, elle incite le fumeur en s’en griller une et apprends petit à petit au non fumeur à s’habituer. Les fabriquants le savent. C’est d’ailleur pourquoi les cigarétiers détiennent une part trés importante du marché des recycleurs d’air dans les bars. Ils font en sorte que ces appareils suppriment les effet visibles (odeur, fumée) mais laissent passer les toxines invisibles (nicotine) afin d’habituer les non fumeurs. Ce document est d’ailleur interessant : http://www.cqct.qc.ca/Documents_docs/DOCU_2005/DOCU_04_10_31_Ventilation_FI NAL_Francais.pdf

                Je trouve scandleux qu’on traite les non fumeurs de chieurs et qu’on les fasse culbabiliser sous pretexte qu’ils ne se laissent pas faire.

                Quand à ce pseudo message de « rebèle » que vous prétendez véhiculez, je m’en fiche et cela n’a rien à faire dans le débat. Je n’ai rien contre les percés, les tatoués, les punks, les jeans taille basse, les gothiques, les rastas.... chacun est libre de faire ce qu’il veux.

                Pour finir je dirais que j’ai failli devenir fumeur de cigarette, je me suis arrété dés que j’ai compris à quel point cette drogue est addictive (au bout de quelques semaines). Je fume parfois, de l’herbe, sans tabac et en petite quantité, et je m’assure toujours de ne déranger personne. Même quand je suis chez moi, il m’arrive d’aller fumer dehors si certains invités pourraient être dérangés.

                D’ailleurs j’ai une question. Est-ce qu’il vous vous permettrez de fumer dans la chambre de votre neveux nouveau né ? Non ? Pourquoi ? Et pourquoi les inconnus plus agés devraient subir ce risque alors ?


              • jco4667 (---.---.75.211) 9 juin 2006 11:51

                C’est marrant comme se confirme cette tendance depuis 20 ans à un hygiénisme fascisant, menant, jour après jour à plus de restrictions et d’interdictions. A l’image de cette amérique puritaine et légaliste, se dessine dans notre pays, abruti de bétise et assoiffé de lois (pour les autres, jamais pour soi) une sorte d’ordre moral et physique auquel il convient de ne pas contrevenir au risque de se trouver marginalisé, voire exclu du groupe social.

                On n’imagine pas tout ce qui est interdit. Boire, foncer, bouffer, baiser, crier à tue-tête, se moquer des minorités, dire ce qu’on pense, penser ce que l’on dit, fumer du hash...et maintenant fumer tout court. Il y a toujours une conséquence néfaste pour quelqu’un, la concierge, la vieille d’à côté, le postier, le notaire, etc... Les ennemis d’aujourd’hui sont le cholestérol, le tabac bien sur, la vitesse, les mauvaises pensées, le sida... C’est marrant, il me semblait qu’il y en avait d’autres.

                Ce qui est intéressant avec la cigarette, c’est le côté obsessionnel de ses détracteurs, qui frise l’hystérie. Il est rare de constater de tels emportements sur des sujets de société (et c’est bien dommage d’ailleurs). Cela tient à mon sens au caractère moralement extrèmement dérangeant du fait de fumer pour ceux qui ne fument pas. Oui, je crois que le tabac est avant tout aujourd’hui un enjeu moral plus que sanitaire (sans quoi nous lutterions plus aprement contre la pollution atmosphérique, les pollens du printemps, la santé au travail, les accidents domestiques et j’en passe).

                Un enjeu moral parce que le fumeur est d’abord un rebelle. Il ne se rebelle pas violemment en cassant tout, non (ça, à la limite, ça fait vendre). Il se rebelle contre sa vie elle-même, contre, justement, la limitation incessante de son espace de liberté. Il se rebelle en diminuant, à chaque bouffée de clope, le temps qu’il a à passer sur cette putain de terre et dans cette putain de société. Il n’a pas, pour son existence, cette passion dévorante, cet amour insassiable, ce désir fou qui peut pousser à passer une existence d’esclave misérable tout en remerciant chaque jour le bon dieu de nous l’avoir donnée. Quelque part, le fumeur est libre car s’arrogeant une part décision sur sa vie même. Il se possède. Il est donc extrèmement subversif pour les cons béat prêts à tout sacrifier pour une minute supplémentaire de labeur.

                Ce fumeur honni, il est très dangereux parce qu’il exprime aussi un doute. Corrélaire à sa rebellion. Le fait de continuer à cloper, de persévérer malgré toutes les propagandes, signifie que dans son esprit demeure le doute, doute de son utilité, doute de son importance, doute du sens général de son existence et de celle des autres, doute sur ce qu’on lui serine à longueur de journée. Ca, c’est insupportable au commun qui est éduqué, depuis plusieurs décénnie, à ne pas douter, de la pertinence d’une intervention en Irak, du bienfait universel du marché et de l’importance qu’il y a à amasser de l’argent.

                Un rebelle qui doute. Il fut un temps où ces gens façonnèrent la société et une certaine vision du monde. Est-il concevable que Prevert, Camus, Sartre, Gainsbourg, Churchill, Chet Baker, Miles Davis (étonnant parce qu’il avait une sacrée caisse), Colette, une grande proportion des médecins, la majorité des hommes et femmes de lettre et même Clint eastwood (et tant d’autres icones) aient été ou soient ce qu’ils sont sans clope ou gigare au bec ? Peut-être cela tient-il au fait que la cigarette favorise aussi la concentration, la connaissance de soi (par la sensation de son corps via la fumée qui y circule), la création du mouvement et de la fluidité au sein même de son corps... J’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que les non fumeurs hystériques que j’ai rencontré étaient toujours des gens chiants.

                L’hygiénisme général (auquel se rattache l’hystérie anti-clopes) est à nos sociétés occidentales ce que le tchador est aux orientales. Un cache sexe, une tartufferie, ce sein que nous ne saurions voir sans éveiller en nous et à la collectivité le doute sur le bienfondé de nos certitudes et un regard un peu moins égotiste et narcissique. Le doute c’est la peur, celle de l’inconnu, celle de l’autre, celle de la mort.

                Et qu’on ne me raconte pas que j’exagère, que ces lois sont faites pour protéger les gens. Si c’était vraiement le cas, je ne ferais pas verbaliser parce que je clope sur un quai de gare en plein vent et la loi favoriserait la création de cafés fumeurs et non-fumeurs plutôt que de forcer une non-mixité liberticide pour une des parties. Si c’était le cas, on favoriserait la vente de cigarettes avec différents arômes et à la fumée rose. Si c’était le cas, il y a bien longtemps qu’on aurait dépénalisé le hash et interdit les psychotropes. Si c’était le cas, on aurait interdit la vente d’alcool. Si c’était le cas, on reconnaîtrait le droit au suicide et il serait assuré par les grandes compagnies. Si c’était le cas, l’euthanasie serait légalisée. Si c’était le cas, les moteurs des bagnoles seraient bridés à 130. Si c’était le cas, le frêt ferroviaire aurait depuis belle lurette remplacé les poids lourds et on aurait embastillé toutes les connasses qui tournent à gauche depuis la file de droite sans mettre leur clignotant.

                Donc voilà. Juste un petit aparté. Pour dire que, même si cloper était un jour puni de mort, je continuerai, juste peut-être parce que c’est interdit. Parce que ma liberté ne se limite pas à préserver le milliard de libertés des autres dont je me fous autant qu’eux se foutent de la mienne et à bosser pour un sandwich dégueu à midi avant de regarder le JT de TF1 le soir avant de me coucher (tôt parce que demain...)


                • Philipp Morris (---.---.218.193) 9 juin 2006 15:32

                  Monsieur Jco, je ne savais pas que le tabac inoculait une telle paranoïa. J’ai failli écraser une larme en lisant votre discours... et puis j’ai préféré rire de ces arguments excessifs et fallacieux. Ne sachant finalement quoi dire de censé, vous agitez le drapeau de l’oppression, de la dictature... du fascisme, rien de moins ! Vous êtes tout en mesure, Monsieur Jco, arrêtez de fumer, visiblement ça vous met sur les nerfs.


                • jco4667 (---.---.75.211) 9 juin 2006 16:27

                  Cher Philipp Morris

                  Vous m’avez pris au pied de la lettre et je me réjouis de vous entendre parler d’oppression et de fascisme, comme aux plus belles heures d’un pauvre congrès PS ou UMP.

                  Le sens de mon propos n’était pas de traiter d’un problème de nature politique mais de pointer une (im)posture morale et philosophique d’une société qui plonge avec constance dans une crainte obscurantiste de la différence, de l’altérité et de la mort, usant pour s’en protéger de tous les artifices moraux et légaux, notamment et surtout d’un hygiénisme maladif visant à supprimer toute forme de risque ou de gène apparente en se foutant bien d’une faillite morale et philosophique qu’elle n’entrevoit même pas, obnubilée par la conservation de son confort le plus primaire et matériel possible.

                  En un sens, oui, il existe très clairement une oppression intellectuelle autoacceptée, voire plebiscitée. Cela n’a rien à voir avec le fascisme politique mais plus avec une posture intellectuelle fascisante telle que pouvait l’évoquer Huxley au tournant du siècle. Pour vivre mieux et plus longtemps, acceptons de vivre plus cons. Libre à vous de valider ce choix. Je ne vois quant à moi pas d’aspect excessivement insensé dans mon propos mis à part un certain un lyrisme je vous l’accorde, dont j’ai du mal à me débarrasser dans mes écrits. Mais foin du style, vous n’avez pas compris le fond de mon discours et en êtes resté sur la forme.

                  En synthèse, l’hygiénisme et l’obsession du risque zéro sont les réponses instinctives du corps social à une peur viscérale de l’autre et de la mort, renforcée par un discours ambiant mondialisé alarmiste et terrorisant destiné à terme à soumettre le simple à une vie normalisée, axée sur le court terme, hors de toute vélléité de transcendance de sa propre condition ou de contradiction du système installé.

                  Je serais intéressé de recuillir votre avis sur ce point précis (sans faire croire svp qu’il s’agit d’une discussion politicarde).


                • Philippe Maurice (---.---.81.101) 10 juin 2006 08:11

                  Cher Jco, j’ai lu à nouveau avec attention vos deux messages et bien que n’adhérant absolument pas à votre point de vue je vous reconnais une certaine éloquence... votre discours est marqué d’un réel raisonnement mais ce dernier est complétement biaisé et excessif. Pour moi les choses sont plus simples, je dois être beaucoup moins intelligent que vous : je suis quelqu’un qui espère profiter un tant soit peu de ma vie parisienne, je sors donc le plus souvent possible, au restaurant, dans les bars ou encore aux concerts. Je subis systématiquement le tabagisme des personnes qui partagent avec moi ces espaces (y compris dans les salles de concerts où la cigarette est strictement interdite). Je supporte parfois tout le tabac que je respire, si la salle n’est pas trop enfumée, d’autres fois j’essaye de battre le record du monde d’apnée avant de m’en aller, il m’est arrivé de quitter les lieux tellement c’était insupportable. Une fois chez moi je n’ai plus qu’à laver immédiatement mes vêtements et à me précipiter sous la douche. Je sens aussi bon qu’un cendrier. Cela fait des années que cela dure. C’est ça ou je reste enfermé chez moi. Je pensais naïvement en 1992 que les choses s’arrangeraient, qu’après avoir fait pendant des années tous ces efforts les fumeurs en feront à leur tour pour concilier nos « deux mondes ». Nous sommes en 2006, soit 14 ans plus tard, et rien n’a vraiment changé. Les lois floues (cf Evin) sont inefficaces parce que méprisées. Vous voyez, je suis loin de votre discours philosophique... je ne me sens pas touché par une « hygiénisme fascisant », je n’ai pas l’impression d’être « hystérique », je n’ai nullement la volonté d’embastiller les fumeurs, je veux simplement pouvoir sortir sans avoir à me taper deux paquets de clopes. Je respecte les fumeurs depuis des dizaines d’années, je voudrais qu’ils me respectent un peu à leur tour.


                • droit à l’air pur (---.---.163.17) 10 juin 2006 17:00

                  6000 personnes meurent en France chaque année du tabagisme passif (chiffre actualisé en 2006) dont une grande proportion d’enfants de parents fumeurs et d’employés des cafés, des restaurants, des casinos et des discothèques. Des millions de personnes sont handicapées respiratoires et cardiaques du fait du tabagisme passif... Vouloir débattre en 2006 sans faire appliquer la loi Evin et le droit élémentaire à la vie et à la santé est un crime contre l’humanité. Dr Jean-Jacques HOSSELET, Pneumologue


                  • Fred Reillier (---.---.180.233) 21 juin 2006 15:18

                    Fascisme anti tabac ? Ligue de tempérance ? Nouvelle croisade pour des snobs qui s’ennuient ? Pourquoi pas, il y a peut-être des fascistes anti-tabac et des snobs qui s’ennuient. Il y a aussi des internautes qui adorent balancer de grands mots et se prendre pour les résistants ultimes et clairvoyants à toute oppression réelle ou supposée... On peut passer des années à se lancer des noms d’oiseaux.

                    Moi, je suis juste un musicien qui joue dans les bars et qui assiste à des tas de concerts, et qui en a ras le bol de puer le cendrier le lendemain matin, et d’avoir des instruments qui puent eux aussi.

                    Si les patrons de bistrot avaient réagi intelligemment après la loi Evin (certains l’ont fait), tous ces lieux seraient suffisamment aérés et la question d’une loi ne se poserait probablement même pas.

                    Ce qui m’ennuie, personnellement, ce ne sont pas les fumeurs : c’est la fumée. Et si c’est du fascisme anti-tabac, alors j’assume.

                    Ich bin ein fasciste anti-tabac !

                    Ich bin peut-être ein fasciste anti-tabac, mais je n’extermine personne avec ma fumée.


                    • fabonline (---.---.208.137) 4 juillet 2006 15:24

                      Je crois qu’avec l’intervention de Fred et un peu plus haut Philippe Moris, tout est dit...

                      Et je crois qu’avec l’intervention presqu’hilarante de Jean Claude BENARD (qui est en plus donneur de leçons sur d’autres sujets sur ce site !) et celle dramatisante de Jco, tout est vu...

                      En bref : un débat mal placé puisque celui des « contre les anti fumeur » ne devrait pas exister, seulement celui de « l’anti fumée ». Et une mauvaise foie récalcitrante du fumeur (mais ne généralisons pas ! les 2 énergumènes cités qui nous extrémisent le débat ne sont pas forcément représentatifs des fumeurs - heureusement d’ailleurs !).

                      Alors fumeurs : fumez, ça ne me (nous ?) pose aucun souci, mais débrouillez vous pour que votre fumée n’atteigne, ne dérange ni ne mette en danger personne !

                      C’est pas gagné ! ah si... avec une loi puisqu’il ne reste que ça !


                      • Gilles (---.---.31.188) 13 août 2006 12:47

                        Merci JCO de postuler une ontologie au dessus du bruit de l’arène N°5698 (dite : arène tabac) où l’individu est invité à se croire citoyen, comme il l’est également dans l’arène N°7486 (arène vieux) qui fait un peu moins de bruit, mais occupe également les esprits, ce qui est tout de même le seul et unique but de ces « diviser pour mieux reigner ». D’ailleurs, moi qui suis très influençable, je ne sais plus s’il faut tuer la vieille qui prend le bus à l’heure de pointe juste pour emmerder les travailleurs ou bien lui porter de l’eau à boire, bien que les deux ne soient pas incompatibles.

                        Scrogneugneu, si je laisse la vieille se déshydrater, personne ne le saura, personne ne verra le tord que je fais aux autres, puisqu’un corps mort ne part pas en fumée.

                        Arguties, me direz-vous, et vous aurez raison.

                        C’est que voyez-vous, je suis d’accord avec tout le monde ici, tout le monde est raisonnable, sauf JCO, qui est vivifiant !

                        Pour ma part, je suis pour l’interdiction de fumer dans les restaurants, cela me permettra de ne plus m’entretenir avec moi-même, à coups de sophismes, sur les raisons floues que j’ai de ne plus sortir de chez moi.

                        Gilles


                        • Bidule (---.---.85.191) 7 novembre 2006 14:48

                          6000 personnes meurent en france par an à cause du tabac. Très bien. Combien meurent d’intoxication alimentaires, d’accident de la route, de chute accidentelles, de crises d’epilepsie, d’alcoolisme, de cancers en tout genre, du sida... ? Alors, que faire ? Ne plus manger au restaurent, ne plus boire un verre d’alcool, ne plus aller au cinéma, ne plus se balader dans la rue ? Il faut arrêter avec cette bonne santé à tout prix. Je préfère aller fumer ma clope avec un café et des amis que vivre jusqu’à 120 ans à me faire chier. Je ne sous entends pas par là que je veux pour ça enfumer les non fumeurs, mais je suis prête à continuer à fumer sans emmerder personne si on veut bien m’en donner les moyens au lieu de chercher à me contraindre avec force de raisonnement et d’agressivité. Je suis fumeur, je l’assume, laissez moi tranquille (il n’y a pas que de la paranoia, regardez les articles sanguinaires précédents) et autorisez des cafés fumeurs.

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