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Fusion Gendarmerie / Police dernier acte : Jouer avec la feu !

fusion gendarmerie/police {GIF}Une mécanique bien huilée diront certains, d’autres parleront de bulldozer, rapproche chaque jours davantage les statut des policiers et des gendarmes. L’objectif non caché est d’inclure dans sa totalité la gendarmerie dans la police.

Le président de la République impliqué directement dans ce processus avance dans cette direction pas à pas, déterminé, tout en affirmant le contraire.

Ses affirmations sur les panneaux de signalisation des radars en 1982, parmi tant d’autres, et la réalité aujourd’hui nous indiquent la valeur des propos rassurants du chef de la majorité.

Ce qui est inquiétant, c’est l’absence de vision des opposants.

Je vous passe les détails sur les étapes précédentes, mais je vous en rappelle les grandes lignes. 

Les policiers adoptent les grades militaires dés 1995. Les grades dans la gendarmerie se rapprochent en responsabilité de ceux des policiers en 2003. Dés le début de 2009, la gendarmerie intègre avec armes et bagages le ministère de l’Intérieur, puis au mois d’août de cette même année perd sa spécificité d’emploi et le bréviaire de son éthique. Son maillage territorial est mis à mal au point qu’elle est chassée des zones les plus importantes du territoire. Sa mission de renseignement lui est déniée et elle ne devient qu’un outil comme un autre au service des policiers.

De justesse la gendarmerie sauve son administration militaire mais n’échappe pas à l’intégration totale de sa logistique. Aujourd’hui la formation des administratifs civils de la gendarmerie dans la police est en marche.

Il n’y a plus de différence entre gendarmerie mobile et compagnies républicaines de sécurité dans l’emploi sur le territoire. Il n’y a plus de force intermédiaire entre la police et l’armée pour le maintien de l’ordre dans le pays. Les CRS réclament les moyens militaires des gendarmes pour se transformer en police militarisée, soit une milice.

Le dernier acte se met en place sous nos yeux aujourd’hui. En effet sur le plan statutaire, il restait une différence notable dans les statuts des cadres.

Deux corps pour diriger la police, celui des officiers et celui des commissaires ; un seul chez les gendarmes, celui des officiers de gendarmerie.

Il convient donc aujourd’hui, pour poursuivre l’intégration de la gendarmerie dans la police, de réduire les corps de direction de la police à un seul corps.

Jusque là, les dirigeants s’opposaient à la création de ce corps unique, mais le verrou est en train de sauter sous nos yeux.

Le très efficace Syndicat des Officiers de police rend compte des avancées qu’il a obtenues dans ce communiqué : Réception par le MININT de 4 syndicats représentant les cadres de la police

  • création d’un établissement public commun

  • formations croisées

  • présence réciproque des drapeaux

Ces syndicats qui ont réclamé et obtenu l’intégration dans la catégorie des cadres A de la fonction publique se conduisent encore aujourd’hui comme si leurs adhérents n’étaient pas des cadres. Leurs revendications en font foi, sur les récupérations des temps de travail en particulier.

Un manque de maturité probablement !

On se demande ce que sera la discipline dans la police si ces syndicats conservent une vue aussi étroite de leur fonction. Aujourd’hui, à l’évidence leur modèle n’est pas celui de syndicats de cadres, mais bien celui des gardiens de la paix.

Nous ne pouvons pas douter un seul instant que l’intégration des deux corps n’est plus qu’une histoire de temps et je suis prés à parier que les officiers de police vont faire le forcing pour l’obtenir avant l’échéance électorale de l’an prochain.

Du coté des commissaires, on parle de nivellement par le bas, tandis que du côté des officiers, on se voit déjà contrôleur de police, « sans trop forcer » me dit-on amusé.

C’est vrai que l’élitisme en prend un coup, et un républicain ne saurait que s’en féliciter.

Est-ce aussi simple ?

Très modestement, j’avais annoncé ce développement il y a trois ans et je crois pas que quelqu’un puisse s’en surprendre aujourd’hui. On peut se permettre, donc, d’affirmer que l’intégration de la gendarmerie dans la police fait l’objet d’un consensus dans la classe politique et que tous les discours tenus depuis quatre ans n’ont eu qu’un seul objet, celui d’éviter les débordements des gendarmes.

Autre fait notable dans cette intégration de la Gendarmerie dans la police, l’ensemble des syndicats du corps d’application se prononce pour la fin des escadrons de gendarmerie mobile. Unité SGP le rappelle à ses membres dans un communiqué le 11 mai. Nous connaissons leur puissance et la docilité du pouvoir à leur égard.

L’objet est bien une lutte d’influence syndicale dont l’institution gendarmerie fait les frais. 

Si l’on fait bien attention aux discours syndicaux, on se rend compte que les syndicats du corps d’application envisagent déjà un corps unique de policiers de la base au plus haut. 

Il semble bien que les gendarmes du corps des sous-officiers aient déjà intégré la réalité de la fusion des forces de sécurité et qu’ils en espèrent majoritairement la réalisation. Nous reviendrons dans un autre article sur les causes probables de ce renoncement mais je peux les résumer dans le mot saturation. Saturation du comportement de la hiérarchie, saturation pour le silence imposé, saturation devant la véritable ségrégation dont ils font l’objet à l’intérieur des administrations, la dernière grille indiciaire en faisant foi.

Beaucoup ne voient que des avantages dans cette intégration, au fond. Tous les instruments qui leur servait à s’exprimer directement sont aujourd’hui dans les mains de la direction de la gendarmerie ou du parti majoritaire.

Ils sont coincés comme ils ne l’ont pas été depuis 1989.

Mais si le pandore voit cette transformation avec un certain soulagement, je ne pense pas que la République puisse s’en féliciter. L’histoire sera sévère avec les directions successives de la Gendarmerie, avec les parlementaires qui y ont consenti ou l’ont accompagnée.

Contrairement à ce que dit Monsieur Péchenard, qui affirme que la fusion est quasiment réalisée aujourd’hui, l’histoire n’est pas écrite. Elle se fait chaque jours.

Il serait tout de même utile de savoir si un seul jour, le peuple a été interpellé sur cette modification importante de nos institutions. Nous savons que le peuple n’a que peu d’importance et que lorsqu’il n’est pas d’accord avec les dirigeants, il est classé extrémiste sans autre forme de procès.

Pour faire court et reprendre les mots de l’un de mes interlocuteurs, « la république se dirige vers une institution de 250 000 personnes disposant du monopole de la force publique contrôlée par des syndicats ».

Lorsque l’on voit que le pouvoir recule déjà à la moindre exigence des syndicats policiers, les exemples récents sont nombreux, on s’imagine un peu ce que sera l’avenir. Le syndicalisme portuaire marseillais n’a pas servi de leçon, pas plus que celui des transports.

Sans parler d’idéologie me confie un autre interlocuteur, « elle sera sur le plan technique ; organisationnel et statutaire plus achevée que ne le fut celle des forces de police allemandes chapeautées par le R.S.HA Reinard Heydrich et de Heinrich Himmler »

J’invite nos décideurs qui clament une idéologie républicaine affirmée à se pencher dés aujourd’hui aux conséquences possibles de leurs décisions.

L’Allemagne d’après guerre, forte de son expérience s’est empressée de briser une police unique sur son territoire et opter pour des polices régionales. Ils n’ont laissé au niveau fédéral que le B.K.A et notre G.I.G.N. ou RAID, pour faire simple.

Que ferons nous du monstre que nous allons créer demain ?

La question doit être posée.

Peut-on, même dans un espace que l’on croit démocratiquement affirmé, dans une période calme, mettre en place un outil pareil ? Les outils de notre sécurité ne sont-ils fait que pour les périodes calmes ou doivent-ils assurer l’avenir ?

Mais aussi ….........

Le prix de la tranquillité avec les syndicats de policiers est-il celui-là ?

Eux-mêmes ont-ils bien conscience de ce qu’ils sont en train de faire ? Je me pose toujours la question, car je ne peux pas imaginer un seul instant qu’ils songent à autre chose que leur influence syndicale.

Tous les pouvoirs cherchent leurs limites. Existe-t-il des limites au pouvoir du syndicalisme policier ?

Jacky Mestries

La Grogne dans la Gendarmerie


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5 réactions à cet article    


  • Akwa Akwa 24 mai 2011 12:29

    Il est possible que nous nous dirigions vers un état policier.

    Toutefois, si on regarde la logique de notre gouvernement (et même de la gouvernance mondiale), on devrait aboutir à une privatisation de l’ensemble des forces de polices.
    J’ignore tout à fait ce que cela donnerait (donnera ?) à terme...


    • yvanstanislas 24 mai 2011 20:08

      La gendarmerie ,

      a toujours eu une tradition républicaine et surtout le respect de ses valeurs .
      Nos dirigeants actuels n’ont que faire de ces freins qui contrecarrent leur politique de démentellement de la nation.
       Pour eux, tout pouvoir se doit de servir leurs profits .

      La gendarmerie nationale et l’armée française sont des dangers pour ces gens là ! 
      La solution ? Détruire la cohésion, les valeurs, l’esprit de corps, l ’honneur et la fierté d’être gendarme.
      Alors on dissout lentement et « l’air de rien » la gendarmerie dans le ministère de l’intérieur.
      Ne vous y trompez pas ,ceci n’est pas du au hasard , cela s’inscrit dans un ordre et un plan de déstructuration.

      Le réveil risque d’être trés douleureux.


      • Petitou Petitou 24 mai 2011 21:34

        Merci à l’auteur de continuer de faire faire passer le message sur ce qu’il se passe sous nos yeux en matière de sécurité.
        Il y a de moins en moins de gendarmes et de gendarmeries sur le territoire, idem pour la police.
        En revanche, quelle multiplication inquiétante des entreprises de sécurités privées qui quadrillent nos villes la nuit venue à leur place et pas au service des citoyens.


        • Gargantua 25 mai 2011 05:06

          Je voudrais m’adresse aux personnes concerner par cette réforme, dans quel camp vous placer dans le respect de la liberté du peuple, où dans le respect du droit imposer ?
          Car il y eu un précédent la période de Vichy où vous vous êtres pas tous illustrés dans la grandeur de votre Mission.

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