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Gaypride 2009, la marche des fiertés en crise ?

Les émeutes de Stonewall furent une série de conflits violents entre les homosexuels et les forces de police de New York. La première nuit d’émeute eu lieu le 28 juin 1969, après que huit policiers menèrent un raid dans le « Stonewall Inn », un bar gay situé dans le Greenwich Village. Stonewall est souvent considéré comme le tournant du mouvement de demande d’égalité des droits homosexuels.

Cette année, la marche des fiertes lesbiennes-gay-bi-trans fêtait l’anniversaire de ce moment clé.

75 chars annoncés, 500000 personnes attendues, la manifestation promettait d’être haute en couleurs. Le beau temps étant de la partie, tout était prévu pour une belle et fière journée. 
Liza Minelli en ouverture ; meme en deuil, l’icône devait ajouter une touche internationale a la marche. Pas mal, toujours mieux que Line Renaud.

Départ prévu à Montparnasse à 14h. A 14h30, arrêt de la moitié du cortège ; problèmes d’organisation, de circulation et, surtout, problème de choc des cultures. Car, si la plupart participent pour afficher leurs idéaux et leur mode de vie, d’autres s’infiltrent uniquement pour gâcher la fête et ralentir l’avancée. Je ne vise personne, je ne montre pas du doigt. Il suffit d’aller faire un tour sur certains forums pour voir que certains, encore aujourd’hui avaient juste envie de casser du pd... Ou de "voir des culs" (dixit). Etonnant que cela vienne d’une population qui passe son temps à se plaindre des discriminations qu’ils subissent, eux aussi, au quotidien.

Et en effet, de nombreux groupes alcoolisés et excités, ont envahi le cortège, se moquant des "tantouzes", proposant aux lesbiennes de "goûter leur engin pour retrouver le droit chemin", j’en passe et des pires. Des débordements néanmoins vite calmés, ou du moins tempérés, par les services de sécurité des différents chars.

Le défilé est dans l’air du temps : un défilé de crise. Des chars "sobrement" décorés, des costumes parfois trop cheap, peu de musique ou pas celle que l’on peut attendre... Et un nombre de char politiques, associatifs ou militants en nombre croissant : en tout 80 associations, partis politiques et syndicats défilent au détriment de ceux des boîtes de nuit des années précédentes. Paris revendique plus et sort moins, apparemment. On saluera néanmoins La Cantine Des Ginette Armées du Troisième Lieu qui a sauvé l’honneur et le son ! 
En parallèle, le groupe des fiertés ne pouvait pas être moins communautariste et c’est tant mieux. Famille, enfants, grands parents, handicapés, excentriques en tout genre s’étaient réunis pour vivre ce moment ensemble, tout simplement. Une marche des fiertés devenant celle de l’égalité, pour tous.

Arrivée place de la Bastille, grosse déception pas de scène peu de monde, plus de couleurs... Une banderole Pink Tv mais ou est passé la scène FG ? Disparue, envolée, remplacée par rien. Une bande de "fiers" gays et lesbiennes errants sur la place devenue piétonne pour quelques heures. Les chars passent et personne ne reste... à part, peut-être, un petit arrière goût d’inachevé.

par Julie Poizon lundi 29 juin 2009 - 50 réactions
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  • Par Proto (xxx.xxx.xxx.10) 29 juin 2009 10:25
    Proto

    Sexualité = sphère privée
    Hétérosexualité = norme
    Homosexualité = déviance
    Voilà comment je vois les choses, je ne doute pas que le coté revendicatif des homos peut être une bonne chose là où ils sont discriminés, question d’évolution des mœurs.
    Mais quand je vois ces jeunes s’exhibant sur les chars, je me dis qu’ils sont plus dans la quête identitaire que dans la revendication, de plus ils sont récupérés par les politiques et protégés par des lobbys, c’est sans doute mieux que de chercher une identité par la marijuana ou le skateboard, soit.
    En effet, disons par exemple qu’une de mes pratiques sexuelles déviantes consiste à faire l’amour avec des femmes habillées en maillot de bain, je ne vois pas pourquoi j’irais faire étalage de ce raffinement en dansant sur de la techno sur un char.
    A mon sens, il y a des combats plus importants que de veiller à ce que l’amour entre deux personnes du même sexe soit respecté dans la sphère publique, question de priorités.
    Quand je lis votre article, je me dis que peut-être les gay pride ne sont plus à la mode …
    Homophobe ? Moi ? Que nenni...

  • Par Manuel Atreide (xxx.xxx.xxx.123) 29 juin 2009 11:56
    Manuel Atreide

    @ toutes et tous,

    gay Pride, Paris. 500 000 personnes. 700 000 ? 200 000 personnes ? Peu importe ... La Gay Pride - pardon, la marche des fiertés LGBT - défile désormais sinon en terrain conquis, du moins dans une ville où les homos (filles et garçons) ne sont plus rejetés, stigmatisés, moqués, agressés. Enfin, presque plus.

    D’un coté, c’est un résultat plutôt agréable, cela offre à pas mal un endroit, une ville où ils et elles peuvent, au quotidien ou le temps d’une balade, se sentir libre d’un carcan qui pèse sur les épaules de celles et ceux qui sont ailleurs. Monter à Paris, pour les homos de province et de banlieue, c’est souffler, se faire plaisir, gouter aux joies de l’anonymat tout en étant soi même, oublier les préjugés, la crainte d’être découvert, d’être parfois mis à la rue.

    Mais franchement, est-ce encore le lieu le plus emblématique de la lutte lancée il y a 40 ans ? Est-ce à Paris que le fer doit être porté, une ville dont le maire est lui même homosexuel ?

    Il y a un paquet de Gay Pride partout en France. Dans bon nombre de grandes villes de province, les mêmes défilés sont organisés chaque année.

    Enfin les mêmes ... moins de participants, moins de soutien de la part des autorités, parfois même, une vraie envie de freiner, voire bloquer ces manifs. Peur de la réactions des habitants de la ville, peur d’être catalogué "gay-friendly", parfois même opposition de principe à ces défilés. La mairie de Toulouse, pourtant "ville rose", l’une des plus grandes villes universitaires de France et fortement teintée de cet autre rose, a longtemps mis des batons dans les roues de la Gay Pride locale.

    Et défiler en province est loin d’être la même chose simple et banale qu’à Paris. les gens vous regardent, vous jaugent, vous jugent, vous reconnaissent.

    Mais il y a d’autres villes en France où les Gay Pride ne vont pas. Les banlieues par exemple. Nous savons tous que le respect des gays et lesbiennes s’arrête souvent aux frontières des villes centres, que les banlieues restent minées par l’intolérance, l’homophobie, les interdits religieux ou culturels, la violence parfois. Nombres de gays et lesbiennes de ces villes françaises vivent cachés, parfois la peur au ventre. Pour celles et ceux de la banlieue parisienne, aller à Paris c’est souffler un peu. C’est aussi prendre le risque d’être vu, reconnu, démasqué. Et quand cela arrive, les conséquences ne sont pas benignes.

    Il y a aussi la campagne ou l’isolement laisse celles et ceux qui y vivent dénués de solidarité face à un mode de vie ou le qu’en dira-t-on marche encore fortement. Et si le jugement est sans doute plus nuancé - après tout, on connait ce voisin, cette voisine - il bascule vite dans le soupçon ou l’ostracisme en cas de problème réel ou fantasmé.

    Alors, la Gay Pride à Paris ?

    Et si cette marche parisienne décidait, un beau jour, de prendre le RER et de finir de défiler à la Courneuve ? A Sarcelles ? A Evry ?

    La Gay Pride a commencé dans la lutte, comme un défi face à la violence policière et l’intolérance d’une société. Et si les choses ont évolué, cette envie d’aller batailler contre les préjugés et les comportements imbéciles s’est un peu émoussée. Alors, sans renoncer à la fête, au plaisir de défiler ensemble, de se faire plaisir un jour par an, de vivre l’espace d’un cortège sans les contraintes du quotidien, il est peut être temps d’aller conquérir ces espaces ou tout reste à faire. Ils ne sont pas loin. Certains sont à portée de regard.

    Manuel Atréide

  • Par (xxx.xxx.xxx.228) 29 juin 2009 13:23

    Donc selon vous la longueur moyenne d’un cortège de Gay Pride serait le thermomètre de l’épanouissement social des minorités en question ?

    Peut-être que les homosexuels de province ne font pas une fixation maladive sur leur sexualité, et n’éprouvent pas le besoin d’aller gigoter sur un char dans ce genre de grouillis sordides pour le signifier...

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.148) 29 juin 2009 10:26
    LE CHAT

    c’est sûr les gens ont pas la tête à faire le Carnaval ! et puis ça choque plus personne de nos jours , c’est une messe parmi tant d’autres ...


    En revanche , faire une burka pride , ça ferait réagir et donnerait au moins 50 articles sur Agoravox !  smiley et ça serait rock’n’roll !

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