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Accueil du site > Actualités > Société > Gestation pour autrui : progrès ou décadence ?

Gestation pour autrui : progrès ou décadence ?

Appauvrissement des âmes et marchandisation du corps. Qu’il semble loin le siècle des lumières. Les progrès d’aujourd’hui ressemblent furieusement à des régressions dans la capacité de l’homme à s’élever, à s’extirper de son rang animal dans lequel la procréation prévaut sur tout. Hier inimaginable, le commerce du corps humain tend quitter le tiers-monde pour se banaliser. On évoque désormais la légalisation de la prostitution mais aussi, la procréation pour autrui. Une porte ouverte à toutes les dérives notamment demain, le commerce d’organes au profit de populations vieillissantes mais riches.

A défaut de projets de société, le fait d’avoir un enfant est devenu pour une large part de la société, sa seule projection dans l’avenir. Un caprice toutefois au regard une population mondiale qui ne cesse de croître dans des proportions inquiétantes. Le terme gestation pour autrui (GPA) est un habile habillage. La réalité est moins rose. C’est bien de mères porteuses dont on parle. Une pratique largement testée sur le genre animal et réservée jusqu’à présent à lui seul.

La question dépasse les clivages politiques. Elle est avant tout philosophique. Depuis 2008, du Sénat à Terra Nova, les défenseurs d’une légalisation encadrée de la GPA se démènent, au nom d’une pseudo modernité, pour gagner à leur cause le législateur. Ils ne manquent pas d’évoquer la GPA comme un don pour autrui, un instrument supplémentaire au service de la lutte contre l’infertilité. Si comme l’affirment les pro-GPA, la parentalité a aujourd’hui suffisamment évolué, et qu’elle est aujourd’hui dissociable de la filiation, la solution ne serait-elle pas plutôt de faciliter les conditions d’accès à l’adoption ?

La revendication du “droit à fonder une famille” tel que mentionnée dans le premier rapport de Terra Nova , le désir d’enfant des couples homosexuels, a vocation à trouver le cas échéant des solutions dans un régime de l’adoption sans doute à assouplir. Comment toutefois ne pas être perplexe devant cette soif consumériste d’enfants, ce désir ardent de ressembler coûte que coûte aux autres dans un mimétisme moutonnier dont les mères porteuses, telles des brebis, seraient le seul moyen.

Les défenseurs de la GPA avancent également qu’un dispositif légal en France éviterait “un tourisme médical au profit de “paradis procréatifs” dérégulés”. Et pourquoi pas, pour le même argument rouvrir les maisons closes ? On voit bien que derrière le débat sur la GPA, c’est la question du statut de la femme qui se pose, son droit à disposer librement de son corps sans tomber dans une aliénation commerciale ou sociétale qui les condamneraient à avoir pour vocation première de n’être que des reproductrices.

Opposant radical à la GPA, le Pr Frydman estime que “La mère porteuse met son utérus à la disposition d’autrui. Elle ne vit plus pour elle-même mais pour un commanditaire, le temps de faire un bébé“.

Le risque évident, c’est l’exploitation de la misère par des couples financièrement aisés. L’enfant lui est le grand oublié, ravalé comme la mère porteuse au rang d’objet. Deux personnes objets que la GPA condamnerait à vivre avec de sacrés dilemmes psychologiques.

Révulsés par le premier rapport de la fondation Terra Nova favorable à la GPA, les opposants emmenés par René Frydman et Olivier Lyon-Caen ont répondu point par point à travers une note publiée sur le site de la fondation.

Sur la base d’une étude concrète de la réalité des mères porteuses dans le monde, Ils concluent “qu’il n’y a pas d’entre-deux possible. L’idée d’un encadrement de la pratique par sa légalisation est une chimère”.

Ces arguments ont été entendus par le Bureau national du PS du 14 décembre amené à trancher un débat qui agite et divise les socialistes depuis plusieurs semaines. “Face aux risques que représentent l’instrumentalisation du corps de la gestatrice et sa possible marchandisation, l’interdiction de la gestation pour autrui doit être maintenue” a décidé avec beaucoup de prudence le BN.


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28 réactions à cet article    


  • antonio 17 décembre 2010 10:49

    Il est bon de relire « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley.
    Que certains puissent proposer que des femmes deviennent des « usines » à enfants montre qu’ils ne sont pas loin de ce que décrit l’oeuvre d’Aldous Huxley : un monde où les bébés sont produits à la chaîne dans des usines, bébés dont le QI est déterminé à l’avance en fonction des taches qu’ils devront accomplir dans la société ( du plus intelligent au plus bêtes ; conditionnement répétitifs).
    Les partisans de la GPA inscrivent « l’horreur morale » parmi les Droits de l’Homme.
    C’est ce qu’ils appellent « le progrès » !


    • dupont dupont 17 décembre 2010 14:11

      Sauf erreur de ma part, les enfants dans « Le meilleur des mondes » sont le résultat de « l’ectogenèse », en quelque sorte notre fécondation in-vitro actuelle.
      Les femmes ne portaient pas d’enfants car stérilisées.
      Maintenant, pour raccrocher avec l’article, on se demande jusqu’où la cupidité et la satisfaction de l’immédiat entraîneront l’espèce humaine.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 12:11

      De quelle usine parlez-vous ? Une dite mère porteuse qui s’engage à donner l’enfant qu’elle porte est sujet de droit et non objet. C’est vous qui en faites une usine par elle !


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 19 décembre 2010 15:03

      L’ objetisation de la mère porteuse est le stade suivant si jamais cette pratique venait à être légalisée.

      Si, par contrat, une femme s’engage à assurer une grossesse pour le compte d’un couple, qu’est-ce qui va empêcher le couple demandeur des garanties sur le bon déroulement de la grossesse ?

      Un contrat établi stipule une obligation réciproque entre les deux parties. En échange d’une forte somme d’argent pour la mère porteuse, le couple demandeur peut exiger un suivi approfondi de la gestation pour s’assurer que le bébé qui lui sera livré n’aura pas été exposé à trop de polluants.

      Comment alors faire la part entre un suivi médicalo-social qui entre dans le cadre du bon exécution d’un contrat d’une ingérence dans la vie privée ?

      La mère porteuse pourra t-elle se voir infliger des pénalités financières si elle participe à une fête d’anniversaire ou du tabac sera consommé dans la pièce ? Devra t-elle reverser 10 % en ristourne si elle fête un Réveillon arrosé d’une coupe de champagne et si elle se couche à six heures du matin dans son quatrième mois ?

      Le couple demandeur pourra t-il, à l’avenir, et pour garantir la bonne exécution de la part de son contrat de la part de la génitrice, imposer un lieu de résidence, une hospitalisation forcée à cette dernière ?

      Le principe de la mère porteuse part d’une bonne intention, mais dans la pratique, son exercice nous montre rapidement les limites du système.

      Ce n’est pas non plus parce que le fils du voisin adore sauter de toit en toit avec ses rollers aux pieds que l’on doit forcément l’imiter...

      La pratique de la mère porteuse doit rester une interdiction. L’enfant est une possibilité, pas un droit. Si des couples ont la malchance d’avoir une impossibilité d’en avoir et s’ils en veulent vraiment un, qu’ils sachent que le monde regorge de malheureux qui n’attendent qu’une main tendue, et pas forcément à l’autre bout de la planète.


    • Cristophe Cristophe 23 décembre 2010 10:02

      C’est assez drôle de vous lire, sauf que cela fait 25 ans que l’on peut lire ce genre de fariboles en attendant toujours qu’un élément factuel viennent les étayer. Je ne peux donc résister à vous demander un élément qui prouverait que ce que vous appelez contrat (les lois parlent d’agrément ou d’arrangement) puissent servir de base à obtenir d’une personne contre son gré une action ou une pénalité pour ne pas avoir respecté une déclaration d’intention.

      J’attends toujours qu’on me montre le jugement qui condamnerait une mère porteuse pour avoir utilisé des solvants pendant la grossesse ou qui lui ordonnerait de bouffer bio ou de ne pas fumer avec présence d’un policier pour vérifier bien sûr. cela me fait assez rire qu’il y ait des gens assez crédules pour croire ce genre de sornettes.

      A l’inverse, il y a beaucoup d’études anthropologiques et sociologiques sur la GPA qui nous en apprennent pas mal, notamment avant tout que cela se passe bien si on respecte quelques règles de base. Ce document les liste et en fait la synthèse :

      Revisiting The Handmaid’s Tale : Feminist Theory Meets Empirical Research on Surrogate Mothers (Professor Karen Busby, Faculty of Law, University of Manitoba, Canada, Delaney Vun, 7 décembre 2009)


    • JL JL 17 décembre 2010 11:49

      Aussi longtemps qu’aucune limite ne sera posée au commerce des désirs, les inégalités croîtront, et pour le plus grand malheur des plus pauvres.

      La solution de fixer des limites aux inégalités se heurte par définition à des considérations qui ne font pas l’unanimité.

      En revanche il est possible d’exiger des limites aux commerces hideux : les commerces des corps que la technologie d’aujourd’hui permet font partie de ces pratiques haïssables et qui devraient être interdites, voire criminalisées.


      • Cité & culture 17 décembre 2010 15:24

        Mères porteuses, une médiatisation qui ne doit pas faire oublier les autres enjeux de la révision des lois de bioéthique puisqu’il s’agit bien de cela !
        L’opinion est largement hostile à la procréation via des mères porteuses : le PS l’a bien compris d’où sa position.
        Rideau de fumée en réalité !
        http://www.citeetculture.com/article-revision-des-lois-de-bioethique-etat-des-lieux-59404072.html


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 12:08

          L’opinion de qui ? Car les opinions des uns et des autres est divisée sur cette question, y compris au PS. Prière de ne pas faire de « l’opinionite », car celle-ci n’est en rien un argument rationnel dans la cadre d’un nécessaire débat.


          Ce pseudo-argument de l’opinion en général nous a déjà été servi à propos de l’homosexualité et de l’avortement, on connait la suite...

        • Cristophe Cristophe 23 décembre 2010 10:04

          Archi-faux : tous les sondages (5) depuis 2007 montrent que les Français sont majoritairement favorables à la légalisation de la GPA !


        • Louise Louise 17 décembre 2010 15:44

          Parler de don à propos d’un commerce scandaleux, c’est une énorme hypocrisie ! 

          On l’a vu récemment quand des « parents acheteurs » ont exigé d’une femme porteuse qu’elle avorte parce que le bébé avait une anomalie.
          Peut-être que la femme porteuse sent qu’elle fait un don... Mais les pseudo-parents eux, font un achat, et ils exigent que la fourniture corresponde à leur commande !


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 12:03

            « ils exigent que la fourniture corresponde à leur commande ! »


            C’est donc cela qui doit être interdit (et c’est facile) et non la GPA ; votre argument fait un amalgame logiquement absurde.

          • JL JL 18 décembre 2010 12:20

            Sylvain Reboul nous offre là un cas d’école de la façon dont les libéraux - ces impenseurs -« résolvent » leurs apories.

            Il écrit, je cite : « C’est donc cela (le fait de refuser l’enfant s’il n’est pas »conforme« ) qui doit être interdit » ... « et c’est facile » ajoute-t-il.

            Alors, je voudrais qu’il me dise un peu quel avenir il prévoit pour cet enfant imposé à ces parents-là contre leur gré, par une quelconque loi conçue à la va-vite comme c’est le cas pour comme toutes les lois qui n’ont d’autre objectif que celui d’évacuer les problèmes, de mettre la sale poussière sous le tapis.


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 14:28

            Cela vaut tout autant que pour un enfant dit naturel ou pour un enfant adopté (cela peut être pire encore dans ce deuxième cas, dès lors que l’on ne sait pas comment s’est déroulé la grossesse) . 


            Vous oubliez que l’avortement thérapeutique est un droit en cas de maladie génétique et de malformation grave du fœtus (qui n’est une personne humaine qu’à la naissance). Il y a ni plus ni moins de risque de ce genre dans un cas (enfant par GPA) que dans l’autre ( par fécondation dite naturelle ou artificielle).

            Notre droit est libéral, c’est un fait. Vous êtes contre le droit libéral (donc pour un droit anti-libéral), je suis pour avec des protections et des règles. Comme partout. Notre divergence est en effet fondamentale.



          • Cristophe Cristophe 23 décembre 2010 09:18

            Une anomalie ? Le foetus était atteint de trisomie 21 ! La plupart des parents en France qui découvrent que leur enfant est trisomique l’abandonnent à la naissance. Ceux qui ont détecté la trisomie pendant la grossesse se tournent vers l’avortement. En quoi la gestation pour autrui changerait quelque chose sur ce point ? D’autant plus que vous êtes mal renseigné, cette histoire s’est déroulé dans un cadre altruiste, les échanges d’argent au-delà du remboursement des frais étant interdits au Canada.


          • logan 17 décembre 2010 19:12

            Je suis opposé à toute marchandisation du corps, c’est clair pour moi, c’est une décadence. Faut arrêter les frais tout ne peut pas s’acheter, ni un organe, ni un humain tout entier, donc encore moins un bébé, c’est ouvrir la voie vers des dérives et des souffrances inimaginables.

            La gestation pour autrui ça va devenir la prochaine forme de prostitution ? Ca fait froid dans le dos.


            • jacques jacques 17 décembre 2010 19:32

              J’étais ,il y a peu favorable a ce genre d’aide à la conception mais la multiplication des cas de trafics d’organes ,d’êtres humains .Je deviens extrêmement réticent à cette pratique ou alors l’encadrer de façons très strictes et préalables.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 08:13

                3 questions que l’auteur s’est bien gardé de poser et encore moins de traiter : 


                1) une telle interdiction totale va-t-elle bien servir la fin qu’elle vise,à savoir, la non-marchandisation de la GPA ou ne va-t-elle pas encourager au nom d’un principe abstrait une réalité qu’elle prétend combattre et ce au profit de ceux qui ont les moyens de la financer à l’étranger et cela sans aucun contrôle possible !

                2) Y a-t-il en une différence de nature entre un don d’organe et et GPA ? Si oui laquelle et si non, pourquoi confondre don et commerce en ce cas et non pas dans l’autre ?

                3) Le enfants nés illégalement par GPA en France ou ailleurs seront-ils rendus à leur mère biologique qui n’en voudra pas peut-être pas et seront-ils confiés, dans ce cas, à la DASS dans leur intérêt prétendu ?

                Quant au rapport d’identification entre la prostitution et la GPA gratuite que fait l’auteur , il est absurde : la prostitution n’est pars interdite en France (elle est autorisée en Allemagne), mais seuls le racolage sur la voie publique (et non pas sur Internet) et le proxénétisme le sont . Pour preuve : elle est taxée légalement. Le seul rapprochement possible entre les deux est que l’on nage dans ces deux domaines dans l’hypocrisie la plus totale.

                Cette loi est inapplicable et ses effets seront de ce fait contraire, comme toujours en ce cas, au but recherché. Cela vaut pour la prostitution, la drogue, le GPA, l’avortement etc...Une loi qui interdit tout, n’interdit rien, mais fait marcher le commerce illégal et son exploitation. Une morale irréaliste est toujours réellement une anti-morale, c’est à dire une morale irresponsable !

                Le PS a peut-être décidé l’interdiction de la GPA, mais, je peux en témoigner, sans débat à la base, ni consultation des adhérents ! Merci à l’auteur de m’avoir informé d’une décision en notre nom ...entre dirigeants auto-proclamés sur cette question, sans nous demander notre avis sur celle-ci. Merci à l’auteur de m’avoir permis en tant que membre du PS de dire mon opposition totale à une telle interdiction totale de la part de la direction de mon parti.



                • Internaute Internaute 18 décembre 2010 10:35

                  1) C’est comme l’interdiction de la vente de stupéfiant ou d’animaux en voie de disparition. Il y a toujours d’autres cieux où cela est autorisé. Elle n’est pas efficace à 100% mais limite sérieusement les dégâts.

                  2) Oui il y a une différence de nature entre un don et une vente.Dans ce cas il y a une troisième personne en jeu, l’enfant que l’on va vendre comme une vulgaire marchandise. Il s’agit bien d’une vente même si le circuit financier est long. D’un côté on paye pour acheter un enfant et de l’autre on reçoit de l’argent pour vendre le sien.

                  3) Vous soulevez un problème grave. Si on autorise la vente d’un enfant par sa mère appelé pudiquement gestation pour autrui, comment applique-t-on le code civil sur les vices cachés ? Quelle est la période légale de garantie ? Vous comprenez bien qu’une femme qui passe par toutes les difficultés administratives et financières pour acheter l’enfant d’une autre suppose que celui-ci sera de qualité. Si d’aventure à l’âge d’un an et demi on découvre une maladie grave congénitale elle est en droit de demander réparation en vertu de l’article du code civil sur les vices cachés. Est-ce que la mère doit reprendre son enfant et essayez de le revendre d’occasion ? Doit-on simplement jeter la marchandise à la poubelle sans recours devant la justice ? Je vous laisse imaginez les problème moraux vers lesquels vous allez.

                  Le fait que vous utilisiez à tort le terme de mère pour la cliente et le terme de biologique pour la mère montre bien votre manque de repères. Pour vous, tout se vaut et il n’y aurait aucunes règles à respecter.

                  Il n’existe qu’une seule mère. C’est la femme qui accouche. Qu’ensuite une personne joue le rôle de la mère ne change rien à l’histoire. On doit parler de nourrice, de mère adoptive, de tutrice, de maitresse dans le cas d’une vente, de ce que vous voulez mais en aucun cas de mère.

                  Question à l’auteur.
                  Quelle différence y a-t-il entre la location de la partie basse du sexe et la location de la partie haute ? Pour moi c’est de la prostitution pure et simple.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 12:00

                    Ce que vous dites vaut alors pour toute adoption qui est aussi un don d’enfant de la mère biologique aux parents adoptifs qui deviennent les seuls parents juridiques, mais ce don peut aussi devenir un commerce. Il faut donc interdire, selon votre logique, l’un et l’autre, au nom de ce possible dérapage, ce que vous ne faites pas !

                    D"accord avec ce que vous suggérez à propos de la location du bas et du haut du corps et la prostitution : quelle différence en effet ?

                    Un droit incohérent (et de plus inapplicable) est illégitime !

                  • Internaute Internaute 18 décembre 2010 13:38

                    Bien d’accord avec vous. L’adoption d’enfants qui ont leur place dans leur vraie famille, même pauvre, est à proscrire. Laissons les vivre ches eux, ils y seront souvent plus heureux. La sortie d’enfants d’Haïti alors que leur mère est connue, uniquement pour assouvir le besoin de maternité ou de bienfaisance de quelques françaises est dramatique. Dans l’adoption c’est la volonté de porter de l’aide à un enfant en détresse qui doit primer et non pas le désir d’assouvir un besoin personnel. En priorité devraient être adoptables les petis français nés sous x ou retirés à leurs parents pour des raisons juridiques de protection de l’enfance. De toute façon chaque cas est dramatique mais ce n’est pas aux députés de favoriser l’égoïsme des adultes au détriment des enfants et des familles pauvres.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 14:34

                     « Dans l’adoption c’est la volonté de porter de l’aide à un enfant en détresse qui doit primer et non pas le désir d’assouvir un besoin personnel »


                    Cela doit être les deux pour que cela marche. Sans désir personnel d’enfant pas d’adoption aimante possible

                    Vous opposez deux conditions nécessaires qui n’ont rien de logiquement et d’affectivement contradictoires !

                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2010 14:35

                    et qu’il est donc absurde de hiérarchiser comme vous le faites


                  • Cristophe Cristophe 23 décembre 2010 09:39

                    Je pense que votre problème est que vous ignorez complètement le sujet et que vous fantasmez à fond dessus. Dans toutes les lois de GPA, le régime légal est un don avec une compensation plus ou moins large des frais. Légalement, un don est un service sans obligation de résultat. La personne qui fait le don peut changer d’avis à tout moment et ne plus participer au don. Une fois le don, elle ne peut être tenue responsable des conséquences de son don. On ne peut poursuivre une donneuse d’ovocytes parce que le gamin qui en résulte travaille à l’école ou un donneur de sang parce qu’il aurait la varicelle. Il suffit de lire la proposition de loi des sénateurs sur la GPA pour sortir de vos fantasmes catastrophistes :

                    http://www.senat.fr/leg/ppl09-234.html

                    Surtout, vous oubliez le principal. La GPA fait naître des milliers d’enfants pour leur bonheur, celui de leur parents et des femmes qui les ont aidés.


                  • COVADONGA722 COVADONGA722 19 décembre 2010 19:10

                    yep , allons y un peu plus pour le liberalisme libertarien qui recrute y compris chez les socdem bon teint et les bourgeois vert .
                    Combien vous pariez qu’a 90% les porteuses seront de ma classe sociale et les receveuses de la classe de ceux qui veulent desormais tout s’offrir et ne plus subir d’interdit ou souffrir de manque.Remarquez c’est en corélation avec les gays qui veulent adopter ,tout est marché
                    pour ces gens la :« J’ai les moyens donc je m’offre ce que la nature me refuse ».On leur repondra que les orphelinats sont plein de gosses mais« merde ! je paye je veux que le matos corresponde à mes voeux » c’est la phase suivante, pouvez compter sur le marché pour acceder à leurs desirs.Je serais religieux je gueulerais bien au blaspheme , mais je prefere esperer un bon 1793 qui decimerais cette classe jouisseuse accapareuse et petrie
                    de bonne conscience.



                    • Laureline 20 décembre 2010 11:30

                      Tout à fait COVADONGA722

                      Il y a une trentaine d’années, un représentant du congrès américain écrivait au sujet de la révolution biologique : « le plus dangereux, ce n’est pas que nous ayons découvert l’Arbre de la connaissance mais que nous l’ayons vendu à Wall Street ».

                      L’homme réduit à la machine ? L’homme réduit à la chose ? L’homme réduit à ses organes ?

                      Derrière des propos de certains scientifiques, on voit apparaître des logiques sélectives, des remises en cause du principe d’humanité, des frénésies scientistes qui renouent avec l’eugénisme du passé. C’est à dire avec la volonté d’appliquer à l’espèce humaine des techniques de sélection, d’élimination, ou de manipulations biologiques que les éleveurs appliquent traditionnellement aux espèces animals.

                      On peut citer à titre d’exemple, la remarque incroyable faite en 1962 par le prix Nobel Francis Crick, codécouvreur avec Jim Watson de la structure hélicoïdale de l’Adn : « Aucun enfant nouveau-né ne devrait être reconnu humain avant d’avoir passé un certain nombre de tests portant sur la dotation génétique (...) S’il ne réussit pas ces tests, il perd son droit à la vie » (1)

                      Jim Watson n’était pas en reste en matière d’inhumanisme, si l’on en croit les confidences faites par lui au généticien Axel Khan. Participant à un colloque scientifique, Watson souffla à son collègue : « J’ai entendu que l’on parlait ici des droits de l’homme, mais je ne vois pas pourquoi l’homme aurait des droits particuliers. Si l’homme a des droits, pourquoi la petite souris, le nématode et le poulet n’auraient-ils pas de droits ? (...) Si l’homme a des droits, ce sont ceux liés à sa puissance ». (2)

                      Et ils ne sont pas les seuls à parler ainsi. Jacques Testart a rapporté que lors d’un symposium réunissant en mars 1998 des sommités de la génétique, fut très sérieusement envisagée l’hypothèse d’une thérapie génétique germinale, c’est à dire, de la « modification de l’embryon dès le stade de fécondation ». Une telle modification que l’on justifie -comme dans le passé- par le louable souci de limiter la souffrance, correspond au projet «  d’améliorer l’espèce humaine », qui fut à l’origine au coeur de la démarche eugéniste. Le régime nazi lui-même justifiait son programme eugéniste en affimant qu’il était « acte d’amour du prochain et de prévoyance pour les générations futures ».

                      Or, comme le note Jacques Testart, cette « amélioration de la qualité de l’homme » avait été très officiellement présentée comme une « mission nécessaire » en 1950 par la Société américaine de fertilité, lors de la création de la revue Fertility and Sterility. (3)

                      En Chine, une loi de 1995 dite « loi sur la santé matenelle et infantile » sacrifie à la logique de la sélection humaine. Elle interdit le mariage à certains sujets atteints de supposées maladies et impose à d’autres une stérilisation définitive. La sélection par le sexe, cad avortement programmé...

                      Dans les Emirats arabes unis et en Arabie Saoudite, des centres de family balancing (équilibre familial) ont été créés. Ils sont spécialisés dan le diagnostic pré-implantatoire permettant de déterminer le sexe de l’embryon et donc de favoriser l’implantation d’embryons mâles. « Dans l’islam, l’avortement n’est pas toléré, cette technique est donc bienvenue (...) pour permettre à des familles d’avoir la certitude d’assurer une descendance mâle ».

                      (1) cité par Daniel J.Kevles, Au nom de l’eugénisme, Puf 1995 (2) cité par Axel Khan, Société et Révolution biologique. Pour une éthique de la responsabilité. (3) cité par Caroline Glorion, La course folle. Des généticiens parlent.

                       

                      A lire : Le principe d’humanité de Jean-Claude Guillebaud.

                      Humanité assiégée, modernité régressive, figures anciennes de la barbarie se faufilant au milieu des fracas modernistes : nous percevons peut-être mieux, à ce stade, la gravité des éboulements qui menacent. Et surtout leur profondeur.

                       


                      • Cristophe Cristophe 23 décembre 2010 09:35

                        Il y a une très bonne analyse sur les postures et impostures de ceux qui parlent de technologies de la reproduction :

                        La gestation pour autrui : l’improbable débat (S. et D. Mennesson, Editions Michalon)

                        http://www.michalon.fr/La-gestation-pour-autrui.html

                        D’autant plus que les propos que vous citez sont basés sur une époque où l’Assistance Médicale à la Procréation n’était pas encore pratiqué, ce qui en dit long sur leur rapport avec la réalité !


                      • Cristophe Cristophe 23 décembre 2010 09:10

                        Cet article n’est pas seulement médiocre, il tente laborieusement de cacher son manque de contenu par une stigmatisation des personnes qui argument en faveur de la GPA.

                        Exemple de bouillie intellectuelle :

                        * « des paradis procréatifs dérégulés ». C’est un oxymore. Personne en France ne défend l’idée du GPA sans cadre légal et éthique. L’absence de règles n’est pas un paradis, c’est évident.

                        * "Sur la base d’une étude concrète de la réalité des mères porteuses dans le monde, Ils concluent “qu’il n’y a pas d’entre-deux possible. L’idée d’un encadrement de la pratique par sa légalisation est une chimère”. Très drôle ! La note de Frydman n’est qu’une copie laborieuse d’une thèse d’un étudiant américain qu’il cite à tour de bras sous des appellations diverses. Elle renvoie à un seul document : un rapport parlementaire US de 1988, soit justement avant la mise en place de cadre juridique autour de la GPA !!! De plus, les études sociologiques sur les mères porteuses et les conclusions du rapport disent exactement le contraire de ce que prétend Frydman ! C’est vraiment un imposteur qui en est réduit à falsifier la réalité pour justifier ses fariboles apocalyptiques ! Il serait temps que ces personnes dépassent la ligne Maginot pour aller voir ce qui se passe dans les pays qui ont mis en place un cadre légal et éthique.


                        • Cristophe Cristophe 23 décembre 2010 09:29

                          Je pense que votre problème est que vous ignorez complètement le sujet et que vous fantasmez à fond dessus. Dans toutes les lois de GPA, le régime légal est un don avec une compensation plus ou moins large des frais. Légalement, un don est un service sans obligation de résultat. La personne qui fait le don peut changer d’avis à tout moment et ne plus participer au don. Une fois le don, elle ne peut être tenue responsable des conséquences de son don. On ne peut poursuivre une donneuse d’ovocytes parce que le gamin qui en résulte travaille à l’école ou un donneur de sang parce qu’il aurait la varicelle. Il suffit de lire la proposition de loi des sénateurs sur la GPA pour sortir de vos fantasmes catastrophistes :

                          http://www.senat.fr/leg/ppl09-234.html

                          Surtout, vous oubliez le principal. La GPA fait naître des milliers d’enfants pour leur bonheur, celui de leur parents et des femmes qui les ont aidés.

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