• vendredi 24 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Grand Froid : la question du nucléaire de nouveau sur le grill
38%
D'accord avec l'article ?
 
62%
(32 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Grand Froid : la question du nucléaire de nouveau sur le grill

Des températures largement sous le Zéro Degré. La France grelotte et pas seulement les pauvres SDF qui peinent à trouver un refuge. Non, un autre danger menace, celui de l’approvisionnement en énergie pour chauffer les foyers français mais aussi les locaux d’entreprise et les bureaux. Et là, les appels à la citoyenneté lancé par Henri Proglio, Président d’EDF ont de quoi nous glacer dans le dos. A chacun en effet de veiller à une utilisation raisonnée de l’électricité sous peine de black out, notamment dans deux régions de France, l’Ouest et le Grand Sud. Au-delà des considérations purement techniques se pose une nouvelle fois la question de l’indépendance énergétique du pays. Le nucléaire n’est-il pas finalement indispensable ?

 Alors bien sûr, c'est la société civile qui serait responsable d’un éventuel black out. C’est en substance ce qu’a asséné Henri Proglio en évoquant « les oppositions quasi constantes » des populations locales à l’installation de réseaux d’acheminement. Soit mais qui pourrait reprocher aux habitants de ne pas vouloir que des pylônes gigantesques soient installés au-dessus de leurs têtes ? Le recours à l’enterrement des réseaux est évidemment une solution mais le coût ne serait pas supportable par l’entreprise (encore ?) publique. Toujours est-il que malgré ces problématiques, EDF serait prêt à subvenir à toute surconsommation exceptionnelle. Tant mieux ! Mais pour combien de temps ? Car force est de constater que c’est parce que 55 des 58 centrales nucléaires du pays sont en activité que l’exploit est a priori possible. Qu’en sera-t-il dans 10 ans si l’arrêt progressif des centrales se confirme ? Il suffira de développer les énergies renouvelables et d’acheter notre énergie complémentaire à l’étranger. Sauf que ces deux affirmations peuvent sembler péremptoires. D’abord parce qu’encore faudra-t-il qu’il soit possible de se procurer de l’énergie hors de nos frontières. Gazprom, premier fournisseur de gaz a déjà indiqué de pas pouvoir subvenir à la totalité des demandes françaises. Et, qui plus est, si le froid s’abat chez nous, il y a tout de même de fortes chances que nos pays limitrophes soient aussi affectés. Surtout, n’est-il pas surréaliste qu’une branche économique entière, celle de l’électricité, rentable et admirée en raison de sa force économique, soit abandonnée ?

La question des énergies renouvelables ensuite ! Géothermie, éolien, solaire, autant d’énergie dont on ne cesse de nous vendre les mérites. Si bien sûr, leur valeur intrinsèque environnementale est indéniable, nul ne peut nier que la théorie se heurte à la pratique. La géothermie reste embryonnaire et n’est pas adaptée à toutes les régions. L’éolien souffre de l’opposition des populations qui refusent de voir ces moulins du temps moderne se multiplier. Et encore omet-on de parler des risques pour la faune (oiseaux désorientés,…) et des problèmes d’efficacité (pas de vent pas d’énergie !). Quant au solaire, l’arrêt brutal du subventionnement par l’Etat des panneaux, ci-décrié est le fruit d’une constatation brutale : 90% des panneaux sont fabriqués en Chine, dans des conditions écologiques ahurissantes et leur recyclage est loin d’être assuré ! Enfin, l’éolien off shore, dont les premiers parcs vont bientôt faire l’objet d’appels d’offre, n’est qu’une solution parcellaire, aux impacts environnementaux non encore estimés et qui ne peut pas devenir la règle. Que reste-t-il donc ? Le nucléaire bien sûr ! Evidemment, la question des déchets reste un problème majeur tout comme la question de la sécurité des centrales que nous a rappelé avec douleur, le cas Fukushima.

A-t-on donc réellement le choix ? En ces temps de crise économique, la réponse semble négative. Le nucléaire demeure notre option prioritaire pour des raisons de rationalisme économique plus que d’engouement véritable. Les Verts semblent affirmer qu’il faudrait investir tout l’argent actuellement dévoyé aux centrales dans le développement des énergies vertes. Mais cela sera-t-il suffisant pour atteindre le même niveau de production indispensable pour assurer une réponse à nos besoins qui ne cessent d’ailleurs de croître ? Peu semblent y croire et même les pays (tels l’Allemagne) qui se sont engagés dans cette voie de manière drastique continuent de faire tourner à plein leurs centrales à énergie fossile (fuel et charbon notamment). Et, surtout, comment faire d’ici là, alors que nos centrales nucléaires arrivent toutes en fin de vie ? L’idéal serait bien sûr de continuer dans la voie du nucléaire tout en investissant massivement dans la filière des énergies vertes. Tout en veillant, bien entendu, à ce que cette filière soit réellement source d’emplois locaux et ne finance pas des importations massives. L’Etat ne semble pas en avoir les moyens. Comme en atteste la difficile mise en place de la politique européenne des 3x20 : 20% d’énergie renouvelable, 20% de baisse des consommations et 20% de réduction des gaz à effet de serre. Nous sommes loin d’avoir atteint ces objectifs. La réduction des gaz est aujourd’hui surtout due à la désindustrialisation de nos pays dits développés. Celle des consommations est difficile à mettre en œuvre en raison du coût plus élevé des matériaux à l’origine. Ce qui explique d’ailleurs que de nombreux projets immobiliers voient leurs objectifs environnementaux réduits pendant leur mise en œuvre pratique. Quant aux énergies renouvelables, si l’objectif de 20% peine à être réalisé, on peut se demander comment pallier, sans l’énergie nucléaire, aux 80% restants.

Il importerait sûrement de mettre en œuvre des politiques beaucoup plus drastiques (obligation de construction HQE, accroissement du coût de l’énergie pour ceux qui en font une utilisation superflue, pénalisation financière du recours aux énergies non renouvelables). Mais ces mesures, salutaires, sont par nature impopulaires, à une époque où le pouvoir d’achat stagne et où la moindre augmentation sur la facture fait se lever une grande majorité de la population. Nous ne sommes sans doute pas, malheureusement, sortis de l’ère du nucléaire.




par Fred H. (son site) mardi 7 février 2012 - 67 réactions
yahoo
38%
D'accord avec l'article ?
 
62%
(32 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par jeanpaul01fr (---.---.---.10) 7 février 2012 11:37

    Malgré nos superbes centrales nucléaires, en ces temps de grand froid, la France importe à tour de bras de l’électricité en provenance de... l’Allemagne !!!

    Comme quoi, notre pseudo indépendance énergétique n’est que de la poudre aux yeux adorablement lancée par le lobby pro-nucléaire...

  • Par ARMINIUS (---.---.---.162) 7 février 2012 10:58
    ARMINIUS

    Il faut aller au plus urgent : l’isolation, changer pour des double vitrages est déjà très efficace, l’isolation par l’extérieur aussi. Il faut faire jouer la concurrence : trop de margoulins se sont précipités sur le créneau : là il y a un véritable travail d’information à effectuer style « Que Choisir » ;
    Pareil pour les panneaux solaires : souvent un attrape-gogos ! Près du tiers de nos sources d’énergie sont hors nucléaires et là aussi le développement doit s’intensifier : l’éolien est en net progrès technique, le solaire semble marquer le pas les « digester » très utilisés dans les pays anglo-saxons ne sont pas encore assez développés chez nous alors que le potentiel est énorme ! Infos Public+ Veille technologique +raccourcir les circuits de distribution+ former plus d’installateurs sérieux= minimum nécessaire avant de commencer à sortir du sacro-saint nucléaire...

  • Par Daniel D. (---.---.---.230) 7 février 2012 13:34
    Daniel D.

    Fuku aucun morts ? les liquidateurs et leurs familles apprécieront.
    Pour ce qui est de l’impact financier et territorial, les déplacements de population, la contamination et l’interdiction de vente des produits agricoles, les taux de leucémie et de cancers qui ont explosés, etc renseignez vous et chiffrez donc cela avant de parler du Japon !

    Le nucléaire n’est ni une fatalité, ni une obligation, c’est un choix démagogique et stupide. C’est l’énergie la plus chère et la plus polluante au monde ! Entre le cout de construction et de démantèlement des centrales et le stockage des déchets il n’y as pas pire.

    2 choses doivent être étudiées de toute urgence :
    La production de pétrole a partir de biomasse pour ne plus rajouter aux cycles naturels des chaines carbonées piégées en profondeur et commencer un cercle vertueux stable basé sur le co2 déjà existant dans le cycle de la vie. Ceci peut se faire par l’utilisation des brevets du Dr jean Laigret, ancien membre de l’Institut Pasteur, qui permet de transformer en pétrole les farines animales(en nous épargnant la maladie de Kreutzfeld-jacob), les huiles ultimes des procédés industriels, les boues d’épurations, les surplus agricoles ainsi que les déchets verts de tout genre.

    Pour plus d’information sur ce procédé :
    http://www.econologie.com/c-est-quo...

    Sur le meme site, un interessant decryptage de l’escroquerie du nucléaire :
    http://www.econologie.com/

    Pour ce qui est de la production électrique, les centrales thermiques a base d’énergie carbonée peuvent aussi fonctionner avec le pétrole bleu qui dépollue a la production :

    Peut-être n’avez-vous pas encore entendu parler du “pétrole bleu” ? Il s’agit d’une découverte fantastique : transformer du CO2 en pétrole, grâce à des algues microscopiques et quelques rayons de Soleil. D’une pierre deux coups : Le “photobioréacteur” est relié par un pipeline à la cheminée de l’usine polluante la plus proche, dont il purifie les rejets qu’il transforme en pétrole de haute qualité. Enfin de l’énergie totalement propre, de l’énergie si propre qu’elle dépollue ! Une usine pilote de la société espagnole Bio Fuel Systems (BFS) fonctionne déjà à plein régime à Alicante. Elle transforme le gaz carbonique de la cimenterie voisine en un pétrole bio exemplaire.
    Source : http://resistanceinventerre.wordpre...

    Le nucléaire est une abomination, et n’as comme justification que le besoin de controle de l’energie par une petite fraction. Les énergies libres sont constamment étouffées et cachées par ces fous du contrôle qui ne peuvent accepter de perdre leur domination sur les peuples par le contrôle de l’énergie.

    Daniel D.

  • Par Fred H. (---.---.---.172) 7 février 2012 16:47

    Je ne débattrai pas sur ce point car un mort même à moyen terme reste un mort. Fuku est une catastrophe humanitaire, personne ne peut le nier ....

    Ensuite, j’apprécie que vous ayez tout de même fait le constat du risuqe que représente le nucléaire. Et enfin, dans un monde parfait, le nucléaire ne serait point. Nous ne sommes pas dans un monde parfait.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération