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GRL : le système mal compris

GARANTIE RISQUES LOCATIFS

Depuis près de deux ans, le dispositif « LOCAPASS » a changé afin d’introduire la mesure gouvernementale de la « GRL »(Garantie Risques Locatifs ).

Jusqu’en 2009, le LOCA-PASS, via le 1% patronal, offrait la possibilité aux futurs locataires ayant peu de ressources, de se loger en bénéficiant de la caution d’un organisme comme le CIL Interlogement. Le LOCA-PASS proposait d’avancer le montant du dépôt de garantie qui correspondait à deux mois de loyer hors charges ; d’offrir une garantie au propriétaire en servant de garant au locataire (c’est l’organisme qui réglait les loyers impayés en cas de défection du locataire). Ce système permettait aux personnes en CDD ou intérim, de trouver un logement en offrant au propriétaire une certaine sécurité.

Depuis 2010, voici ce que peut faire LOCA-PASS : avancer le montant du dépôt de garantie à concurrence de 500€. Quant à servir de garant, cette option est maintenant prise en charge par la « GRL ». Mais qu’est ce que la GRL ? C’est une Garantie Risques Locatifs, une assurance qui doit être souscrite par le propriétaire, moyennant environ 4% du montant annuel du loyer. Autrement dit, cette assurance est payante pour le propriétaire, bien qu’entièrement fiscalement déductible.

La GRL permet de loger les personnes en CDD, intérim, CDI, au chômage, en tenant compte de tous leurs revenus (RSA, APL, pôle emploi, revenus de travail…). Le montant total des revenus du futur locataire ne devant pas être inférieur à 50% du montant du loyer. Il s’agit du taux d’effort du locataire. Les personnes remplissant ces conditions, peuvent prétendre à la location d’un logement, à condition que le propriétaire du logement souhaité ait souscrit une GRL. Dans ce cas, les loyers impayés seront pris en charge par l’assurance à concurrence de 70 000€, les dégradations sur le logement à concurrence de 7700€ pour les logements non meublés et 3500€ pour les logements meublés, les frais de contentieux à hauteur de 70000€. Cette garantie exclue les autres garants (parents...).

En théorie donc, un système avantageux tant pour le locataire que pour le propriétaire. En théorie seulement.

En effet, dans la réalité, les choses sont bien différentes : pour le propriétaire : il s’agit d’une garantie payante, alors que le LOCA-PASS offrait cette garantie gratuitement. Donc, pour un loyer de 600€ mensuel charges comprises, le propriétaire louant doit débourser environ 288€ par an. Bien que ce montant paraisse dérisoire, pour certains propriétaires, c’est une somme importante, et parmis ceux pour qui cette somme n’est pas importante, certains refusent de débourser ce montant pour louer leur logement. Donc, ils ne souscrivent pas d’assurance et recherchent des locataires remplissant les critères de base en matière de location, soit couvrir trois fois le montant du loyer en CDI (soit 1800€ par mois pour un loyer de 600€) et parfois aussi avoir un garant physique (les parents sont souvent sollicités).

Pour les locataires passant par agence, nombre d’entre eux rencontre une mauvaise compréhension de la par des agents immobiliers qui leur demandent de couvrir trois fois le montant du loyer en CDI, malgré la souscription d’une GRL par le propriétaire.  Lorsqu’une agence immobilière fait également la gestion locative, elle fait automatiquement souscrire cette GRL par ses propriétaires ; le montant de celle-ci étant inclue dans les frais de gestion.

Finalement, la GRL, qui se voulait être un système efficace pour lutter contre les problèmes de logements rencontrés par les personnes à revenus faibles ou moyens, et bien qu’ayant permis de baisser le montant du dépôt de garantie de deux à un seul mois, rencontre de réelles difficultés de mise en application sur le terrain, parfois par manque d’information pour les agences immobilières, parfois par excès de prudence de la part des propriétaires. Et le perdant reste le même : le locataire à la recherche d’un logement décent malgré des revenus trop faibles. Alors comment se loger quand on est un parent isolé qui gagne 1400€ par mois et a deux enfants à charge, lorsque l’on sait qu’un appartement avec deux chambres est loué environ 600€ par mois ?

Trop de particuliers ont rencontré de grandes difficultés financières suite aux problèmes de règlement des loyers rencontrés par leur locataire. Ils ont été échaudés, ce qui ne favorise pas l’ouverture du parc locatif français aux bas salaires, d’autant moins en cette période de crise.

La réponse passe sans doute par une meilleure information auprès des professionnels de l’immobilier qui ont un rôle de conseil auprès des propriétaires.




par Cassidy Sheeran vendredi 9 mars 2012 - 21 réactions
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