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Accueil du site > Actualités > Société > Guy Bedos : Le jour et l’heure

Guy Bedos : Le jour et l’heure

 

Le problème de la Mort dans la Dignité refait surface dans l’actualité ces derniers temps pour différentes raisons.

Tout d’abord la Loi Léonetti, celle qui régit en France la fin de vie, fait l’objet d’une mission d’évaluation de son exécution par nos élus. Rappellons qu’elle a constitué une avancée par rapport aux lois précédentes en prenant en compte l’évolution des moeurs et des idées, en France mais aussi dans les pays qui nous entourent, celle de la pratique médicale également et quelques cas particulièrement dramatiques qui ont défrayé la chronique.Nous en attendrons avec intéret les conclusions.

La grande question bien entendu qui divise l’opinion est celle de ce que l’on appelle l’euthanasie active, ou encore en plus clair, le "droit au suicide assisté". Vous noterez déjà que dans cette dernière expression, le glissement sémantique qui passe du débat public existant sur la dépénalisation de l’Euthanasie active à celui d’un "droit" à être assisté pour disparaitre. Personnellement, je préfère largement l’expression du " Droit à Mourir dans la Dignité" qui a été choisie par l’ADMD pour promouvoir cette cause.

L’Association pour Mourir dans la Dignité qui utilise la médiatisation pour promouvoir sa cause, vient de prendre une position provocatrice en organisant pour le 1er novembre, jour de la Toussaint, une journéee mondiale pour le droit à mourir dans la dignité.Au grand dam de l’Eglise catholique et de l’Alliance pour le droit de la vie de la Ministre Christine Boutin.La dite association participait au 17ème Congrés Mondial des associations de ce type qui s’est tenu à Paris et auquel ont participé des hommes politiques connus comme Laurent Fabius, Jean Paul Huchon,Président PS de la Région Ile de France ou la députée UMP des Alpes de Haute Provence, Henriette Martinez.

Laurent Fabius a déclaré vouloir présenter une proposition de loi sur ce droit nouveau qui serait soutenue, a-t-il dit, par l’immense majorité du groupe PS.

Autre intervenant dans ce débat que vous voyez apparaître en titre de cet article Guy Bedos qui vient de faire paraître un livre intitulé, Le jour et l’heure, dans lequel il déclare avoir décidé de mourir quand il en déciderait ainsi. Pour lui qui n’est pas "encarté" dans quelque association que ce soit ,dit-il, "la souffrance physique et morale qui précède la mort est pire que la mort" et il reclame le droit de mourrir dans la dignité sans devoir s’abaisser, comme l’a fait sans réponse Jeanne Sebire, à en demander la permission au Président de la République.

A titre personnel je suis confronté au problème via un parent éloigné qui après deux ans de retraite, a vu diagnostiqué un cancer déjà avancé du cerveau, insoignable, et qui l’a déjà privé de toute motricité. En attendant pire car on ne peut strictement rien lui faire en attendant qu’il disparaisse. Il n’a pas l’air de considérer qu’il va mourrir dans la dignité....

De quel droit les biens portants (et la religion) s’arrogent-ils le droit de l’empêcher de disposer de son corps ?


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16 réactions à cet article    


  • Bobland59 Bobland59 20 novembre 2008 16:11

    Je suis complétement d’accord avec cet article et avec ce qu’il défend ! En effet pourquoi ceux sont ces obscurantistes qui devraient régenter notre droit à une mort digne et éviter des douleurs inutiles ! Mon épouse est décédée en 2003 de suite d’une très grave maladie du foie . Heureusement un professeur qui l’a soignée était un homme humain et surtout humaniste ! Il nous a demandé, sans détour, à mes enfants et moi même ce que nous pensions d’un acharnement thérapeutique, nous avons exprimé notre choix qui allait pour une fois dans le sens de ce qu’il voulait nous faire comprendre sans avoir le droit bien évidement de le dire clairement . Nous lui avons évité ainsi des douleurs inutiles ce qui nous aider à mieux supporter cette triste disparition . Quand les français seront-ils aussi intelligents que les belges ou les suisses pour ne nommer qu’eux ??? smiley


    • appoline appoline 20 novembre 2008 18:22

      Beaucoup ne voudraient pas finir leur vie en errant avec les ombres qui déambulent dans les couloirs de certaines institutions traversant les limbes avec angoisse ou terreur. Les blouses blanches posent des sondes et autres instruments de torture pour les retenir à la vie ; une vie dont ils ne veulents plus, une vie qui les torture, engoissés par ces rapaces qui spéculent injustement sur la fin de vie, sur le début de la mort.
      Boutin devrait voir de visu ce qu’il reste d’un être humain baignant dans la douleur, l’urine et les excréments. De quel droit, se permet-elle de décider de la fin de vie d’un autre. Elle n’est pas là pour mettre en avant ces idées mais pour permettre à chacun de mourir comme il le désire quand il saura que le moment est venu.


      • oncle archibald 20 novembre 2008 18:40

        l’article L1110-5 du code santé publique stipule : « Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu’à la mort. Si le médecin constate qu’il ne peut soulager la souffrance d’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qu’en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie, il doit en informer le malade, sans préjudice des dispositions du quatrième alinéa de l’article L. 1111-2, la personne de confiance visée à l’article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un des proches. La procédure suivie est inscrite dans le dossier médical »

        « Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l’arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment. A condition qu’elles aient été établies moins de trois ans avant l’état d’inconscience de la personne, le médecin en tient compte pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement la concernant. » Art. L. 1111-11 CSP

        « Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, est hors d’état d’exprimer sa volonté, le médecin peut décider de limiter ou d’arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne, après avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et consulté la personne de confiance visée à l’article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne. Sa décision, motivée, est inscrite dans le dossier médical. Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés à l’article L. 1110-10 » Article L 111-13 CSP

        La loi est donc parfaitement précise et à mon avis largement suffisante. Pourquoi vouloir relancer un débat sur le vote d’une autre loi plutot que de s’interroger avant toute chose sur les raisons pour lesquelles cette loi est peu ou prou connue et appliquée ?

        La vie l’amour et la mort sont des sujets extrêmement sensibles qui ont et gardent fort heureusement une part de mystère et de hasard. Il est fou de vouloir légiférer sur ces sujets en dehors du minimum qui permet la liberté de chacun et je trouve que les lois en vigueur à ce jour permettent à chacun de faire savoir ce qu’il souhaite et de l’obtenir.


        • SALOMON2345 21 novembre 2008 09:57

          ONCLE ARCHIBALD dit :
          "Il est fou de vouloir légiférer sur ces sujets en dehors du minimum qui permet la liberté de chacun et je trouve que les lois en vigueur à ce jour permettent à chacun de faire savoir ce qu’il souhaite et de l’obtenir."

          L’ultime et seul acte de liberté absolue d’un être humain dans son existence réside dans l’exercice de son libre arbitre afin de pouvoir seul, décider et de disposer de ce qui n’appartient qu’à lui : sa vie !
          Pour contourner cet évident libre choix, tout concours extérieur est juridiquement "pénalisé", rendant ainsi et hypocritement impossible cette aide, hélas indispensable pour une fin de vie humainement acceptable !
          Qu’aucune "blouse blanche" ne soit contrainte de procéder "à la chose" se conçoit, toujours au nom de la liberté de conscience, mais qu’un législateur se substitue à la volonté d’autrui dans son intimité (laquelle en l’occurence ne constitue pas un trouble à la société) est, bien que légale, illégitime !
          Pas plus qu’un homme, quel qu’il soit, n’a le droit moral de guillotiner un autre homme, aucun autre homme ne peut se cacher derrière un loi "sophistiquée" pour disposer et confisquer ainsi le droit à un autre homme de choisir de vivre ou non !
          Pour les croyants, seul Dieu possède ce droit, mais comme nous sommes dans une République laïque, je ne vois pas ce qui permet et au nom de quoi, sur quel appui moral, philosophique ou autre, tel ou tel législateur de m’autoriser - malgré les prétextes invoqués - au libre choix de mourrir ou non !


        • sonjaline 21 novembre 2008 22:18

          oui, la loi doit être changée, bien qu’elle ne soit que peu connue et appliquée actuellement : pourquoi ?
          pourquoi les soignants ont-ils mis "un point d’honneur" à ignorer la loi ? à ignorer le changement du code de la santé ? volonté ? désintérêt ? manque de formation continue ?
          il n’empêche qu’une loi insuffisante doit être modifiée, il ne suffit pas de l’appliquer :
          pourquoi seul le médecin décide qu’il est nécessaire de réunir son équipe pour décider de l’acharnement thérapeutique à éviter ? pourquoi la famille et le patient n’ont-ils aucun droit ? ni la personne de confiance ? suffit-il de recommander aux médecins de bien faire ? et de leur faire confiance ? non, bien sûr, sans obligation, chacun fait ce qu’il lui plaît...
          pourquoi le patient qui réclame la mort de façon réitérée, qui supplie qu’on l’aide à quitter la vie, n’est pas entendu ? ni écouté, ni entendu ? on lui répond que, non, il ne veut pas mourir, il recherche seulement de l’affection...pourquoi dit-on à sa place ce qu’il doit penser ? 
          pourquoi, lorsque la mort est toute proche, on ne peut pas aider la personne qui le souhaite ? la volonté doit être celle du patient, directement, ou relayée par ses déclarations écrites par sa personne de confiance si il ne peut plus s’exprimer.
          pourquoi ne pas laisser la liberté à chacun pour sa fin de vie ? sous quel prétexte ?


        • oncle archibald 20 novembre 2008 19:46

           
          @ furtif : Le droit de tuer vous fascine... C’est étrange.

          Moi je préfère le droit de ne pas souffrir et m’en tenir là.


        • oncle archibald 20 novembre 2008 19:52

          @ le furtif : "loi liberticide" dites vous ? et en quoi les lois applicables à l’avortement et aux soins palliatifs sont-elles liberticides ?

          Le suicide n’est pas un délit, tuez vous autant que vous voudrez, mais n’essayez pas d’imposer à un médecin d’être oblige de vous tuer... C’est bien cela que vous souhaitez non ? Si ça n’est pas cela précisez en quoi les lois actuelles vous paraissent liberticides. 


        • 1984 1984 21 novembre 2008 01:56

          "Je réclame que les moyens me soit donnés de mettre fin à ma vie quand je le déciderai.."

          Il n’y en a pas déjà assez ? La pendaison, les médicaments, les armes à feu, le gaz, s’ouvrir les veines…Et je vous assure qu’il n’y a rien dans la loi qui vous interdit de les utiliser. Le matériel est en vente libre, en plus, et à bon prix.

          Mourir, c’est facile, plein de gens y arrivent chaque jour. Vous êtes tellement accroché à l’assistanat que vous avez peur de ne pas arriver à mourir sans l’aide de l’Etat ? La mort, ça concerne la Nature et l’Individu. Soit l’individu meurt, soit il se tue. Et je refuse qu’il en soit autrement. Quoi que vous puissiez en dire, une Loi concerne tous les citoyens. Pourquoi tenez-vous tant à impliquer la Société toute entière dans votre mort ? C’est le syndrôme de la télé-réalité ? Jusqu’au dernier soupir ?

          Comme je l’ai dit, la mort ne concerne que l’Individu et la Nature, et je suis opposé à toute forme de jugement humain, donc faillible, autre que celui de l’intéressé. Vous semblez l’oublier, mais il n’est pas question ici d’offrir à chaque personne qui désire mourir les moyens d’arriver à ses fins. Votre dossier médical sera analysé par un collège de médecins, qui décidera si oui ou non vous avez le droit de mourir.

          C’est ainsi que je suis également totalement opposé à la peine de mort. L’Etat, les lois, ne doivent pas sortir de leur domaine de compétences. Légiférer sur la Mort, établir qui y a droit, quels critères seront retenus, comme s’il s’agissait d’une allocation parentale ou d’une bourse d’étude…Quelle idée…

          Et que faites-vous de ceux qui voudraient en finir mais qui ont la malchance de souffrir de troubles psychologiques au diagnostique toujours incertain plutôt que d’une maladie physique au diagnostique clair ? Eh, quand on exige de l’Etat des moyens de se tuer, ’faut les exiger pour tout le monde. Je vois pas pourquoi les dépressifs ne se joindraient pas à la fête.

          La Loi sur le sujet n’est pas liberticide. D’ailleurs, elle ne saurait l’être. Difficile de condamner un suicidé. La Loi préfère juste qu’on évite d’aider les gens à mourir. Vous savez, des fois que la personne ait été aidée à son insu, par des gens pleins de bonnes intentions qui croyaient bien faire. La Loi interdit de tuer quelqu’un d’autre que soi-même. Appelez ça "aide au départ de ce bas monde terrestre dans la douceur et la dignité", il s’agit toujours d’enlever la vie à quelqu’un.

          Soyons sérieux 2 minutes. On meurt sans le vouloir, alors en y mettant un peu de bonne volonté, je suis certain que ça ne doit pas poser de difficultés. Il faut juste en avoir le cran. Il n’y a pas de mort digne. Le médecin, la petite injection, donnent une impression de dignité, mais il n’y a quand même que la Mort.


        • oncle archibald 21 novembre 2008 08:20

           
          Effectivement j’ai des convictions, tout comme vous, mais vos explications reviennent exactement à ce que j’écrivais plus haut : vous souhaitez qu’un législateur oblige un medecin à vous tuer sur ordre... Je ne pense pas qu’il y aura beaucoup de volontaires, ils ont juré de faire le contraire...

          En revanche augmenter les doses de sédatif pour soigner votre douleur tout en sachant que cela hatera sans doute la mort, cela il peut le faire car il s’agit d’un soin, c’est même ce qu’il doit à son patient (relisez les extraits du code de la santé cités plus haut).

          Je distingue soigneusement tuer et laisser mourir, ce sont mes oignons effectivement, mais aussi, jusqu’à présent, c’est la loi et je m’en félicite.


        • noop noop 20 novembre 2008 19:12

          Il y a des nuances.
          Dire "le jour et l’heure" n’est pas la même chose que revendiquer le droit à "mourir dans la dignité".

          - Le "jour et l’heure" c’est l’affirmation de son pouvoir jusqu’à prendre la décision de mourir.

          - Le "mourir dans la dignité" c’est tirer les conséquences des "progrès" médicaux qui pousse l’être humain dans des "retranchements" inhumains.

          C’est de cette démarche dont je me sens proche. J’en profite au passage pour préciser que la position de l’église me semble une fois de plus caricaturée. Le pape Jean Paul II lui-même à la veille de sa mort refusa une nouvelle hospitalisation. Peu de temps avant il avait fait une déclaration, qui n’a pas été très reprise, assez étonnante même. Il y disait en substance qu’il voyait un décalage inacceptable entre les moyens consentis en occident pour prolonger médicalement la vie et les moyens mis en oeuvre dans des pays pauvres pour sauver des vies... Politiquement incorrect le Pape ? Peut-être. Etonnement pragmatique et gestionnaire pour un homme d’église.
          Personnellement c’est vraiment sur la dignité et la souffrance que je fonde mon souhait de voir la législation progresser pour tenir enfin compte des risques bien réels d’acharnement thérapeutique, et de son cortège de souffrance et de déshumanisation, qui accompagnent certains progrès médicaux.


          • 1984 1984 21 novembre 2008 02:06

            "Le "mourir dans la dignité" c’est tirer les conséquences des "progrès" médicaux qui pousse l’être humain dans des "retranchements" inhumains."

            L’injection qui abrègera la vie, elle provient aussi des progrès dont vous parlez sur un ton méprisant. Le progrès que vous souhaitez, c’est celui qui autorise un humain à tuer un autre humain ? Donc se battre pour maintenir la vie est une dégression, mais se battre pour pouvoir tuer quelqu’un sans ennuis judiciaires est un progrès ?

            On marche décidémment sur la tête.


          • noop noop 21 novembre 2008 08:32

            Je ne parle pas de donner la mort... Je demande juste d’accepter la mort lorsqu’elle est là. Je refuse juste des acharnements inutiles qui je le répète pousse le malade dans des retranchements que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. J’en ai été le témoin et c’est ce qui m’incite à participer à cette discussion.
            Ce n’est pas la même chose d’abbréger la vie, de choisir "le jour et l’heure" (ça c’est un suicide) et de refuser l’acharnement.
            Je ne rejette pas les progrès médicaux, mais les "progrès". C’est quoi les "progrès" pour moi ? C’est tout ce qui fait que l’intéret du malade (je dis bien malade, pas famille) est escamoté. Si vous aviez fréquenté les soins "paliatifs" et les unités de réanimation, vous comprendriez. Je vous assure. Ce sujet est débattu dans notre pays avec trop de "pincettes". Normal les journalistes ne sont pas forcement les bienvenus dans ces endroits. On peut le comprendre. Du coup peu de gens finalement je crois savent ce qui peut arriver. Le facteur humain joue. Mais le malade et la famille n’ont en général pas leur mot à dire. Personnellement j’avais fini par me résigner au sort de mon proche et puis un jour les médecins de l’hôpital dans lequel il s’est retrouvé transferé, m’ont appeler pour me dire qu’ils ne comprenaient pas comment on avait pu insister à ce point... J’arrête.


          • pmrb 21 novembre 2008 01:17

            Dans l’esprit du public, une grande confusion règne sur les termes qui définissent les actes aboutissant à abréger la vie. Le sujet est déjà assez difficile comme ça à traiter, ne vaudrait-il pas mieux essayer de parler avec précision ? 
             
            Les définitions suivantes s’inspirent du rapport de l’Assemblée parlementaire européenne n° 10455 ou du Code Pénal Français :

            - le meurtre est l’acte de tuer volontairement quelqu’un. C’est un "assassinat" s’il est prémédité. On ne parle d’euthanasie que si le moyen utilisé apporte une "mort douce" (sens étimologique). 

            - l’euthanasie peut être "passive", lorsque l’on omet ou interrompt un traitement de survie (= "débrancher" ou ne pas "brancher" )

            - l’euthanasie est "active" lorsqu’elle résulte d’un acte médical entraînant la mort (injection d’une overdose de sédatif par exemple)

            - l’euthanasie est "volontaire" lorsque la personne qui en est l’objet en a fait une demande incontestable (lucide, libre, éclairée et mûrement réfléchie), 

            - l’euthanasie est "non volontaire" lorsque la personne n’a pas pu donner son consentement (par exemple si elle est inconsciente)

            - l’euthanasie est "involontaire" lorsque la victime ne l’a pas demandée alors qu’elle était en état de le faire (= "assassinat doux...." ).

            - le suicide est le fait de se donner soi-même la mort.

            - le suicide assisté est un suicide perpétré avec un concours extérieur. Ce peut être l’approvisionnement en hypnotique (suicide assisté suisse ou oregonnais) que la personne s’administre elle-même. 
             
            Dans l’état actuel de la législation française :
             

            - le suicide et l’aide au suicide ne sont pas pénalisés en France. Il n’est pas condamnable de donner un revolver chargé ou une overdose d’hypnotique à une personne qui a décidé - de façon incontestable - de se suicider.
            Si la personne n’est pas en mesure de porter le verre à sa bouche - si elle est paralysée par exemple - un proche peut, sur son ordre, lui faire boire le verre d’une façon ou d’une autre. Trop de personnes assimilent cela à une euthanasie, mais l’aidant n’agit que par esprit de solidarité, voire à son corps défendant. Est il acceptable qu’une personne bien-portante ait le droit de se suicider humainement et qu’une personne invalide ne l’ait pas ? Il est dommage que l’affaire Humbert n’ait pas été jugée car le Tribunal aurait bien dû dire si Marie Humbert a "assisté le suicide" ou procédé à une "euthanasie" de son fils en versant l’overdose d’hypnotique dans la sonde gastrique.
             

            - seul le médecin a le droit de pratiquer une euthanasie et ce à sa seule discrétion :
            *euthanasie passive (loi Léonetti : condamnation des soins disproportionnés), volontaire ou non.
            *euthanasie active (loi Léonetti : article L 1110-5 ou loi du "double effet" ) sans que la loi ait pris le moindre garde-fou contre l’euthanasie involontaire puisque c’est le médecin qui réunit le collège, prend la décision, l’inscrit dans le dossier médical du patient.... et signe le certificat de décès. Cet article de la loi Léonetti met les médecins honnêtes et disciplinés en porte à faux puisqu’elle les autorise à abréger la vie alors que le serment d’Hippocrate leur interdit de donner "délibérément la mort". 
             
            Les français qui se battent pour obtenir le droit de mourir, (je préfère dire : pour choisir leur fin de vie), ne font ils pas fausse route en optant pour le droit à l’euthanasie ? Celle ci perpétuera les euthanasies involontaires qui libèrent déjà depuis longtemps des places dans certains hôpitaux. Au contraire, en donnant aux patients le droit et la possibilité de mourir humainement lorsqu’ils l’auront décidé, une légalisation claire et nette du suicide assisté n’obligerait elle pas à la retenue les médecins expéditifs ?Dans l’esprit du public, une grande confusion règne sur les termes qui définissent les actes aboutissant à abréger la vie. Le sujet est déjà assez difficile comme ça à traiter, ne vaudrait-il pas mieux essayer de parler avec précision ? 
             
            Les définitions suivantes s’inspirent du rapport de l’Assemblée parlementaire européenne n° 10455 ou du Code Pénal Français :

            - le meurtre est l’acte de tuer volontairement quelqu’un. C’est un "assassinat" s’il est prémédité. On ne parle d’euthanasie que si le moyen utilisé apporte une "mort douce" (sens étimologique). 

            - l’euthanasie peut être "passive", lorsque l’on omet ou interrompt un traitement de survie (= "débrancher" ou ne pas "brancher" )

            - l’euthanasie est "active" lorsqu’elle résulte d’un acte médical entraînant la mort (injection d’une overdose de sédatif par exemple)

            - l’euthanasie est "volontaire" lorsque la personne qui en est l’objet en a fait une demande incontestable (lucide, libre, éclairée et mûrement réfléchie), 

            - l’euthanasie est "non volontaire" lorsque la personne n’a pas pu donner son consentement (par exemple si elle est inconsciente)

            - l’euthanasie est "involontaire" lorsque la victime ne l’a pas demandée alors qu’elle était en état de le faire (= "assassinat doux...." ).

            - le suicide est le fait de se donner soi-même la mort.

            - le suicide assisté est un suicide perpétré avec un concours extérieur. Ce peut être l’approvisionnement en hypnotique (suicide assisté suisse ou oregonnais) que la personne s’administre elle-même. 
             
            Dans l’état actuel de la législation française :
             

            - le suicide et l’aide au suicide ne sont pas pénalisés en France. Il n’est pas condamnable de donner un revolver chargé ou une overdose d’hypnotique à une personne qui a décidé - de façon incontestable - de se suicider.
            Si la personne n’est pas en mesure de porter le verre à sa bouche - si elle est paralysée par exemple - un proche peut, sur son ordre, lui faire boire le verre d’une façon ou d’une autre. Trop de personnes assimilent cela à une euthanasie, mais l’aidant n’agit que par esprit de solidarité, voire à son corps défendant. Est il acceptable qu’une personne bien-portante ait le droit de se suicider humainement et qu’une personne invalide ne l’ait pas ? Il est dommage que l’affaire Humbert n’ait pas été jugée car le Tribunal aurait bien dû dire si Marie Humbert a "assisté le suicide" ou procédé à une "euthanasie" de son fils en versant l’overdose d’hypnotique dans la sonde gastrique.
             

            - seul le médecin a le droit de pratiquer une euthanasie et ce à sa seule discrétion :
            *euthanasie passive (loi Léonetti : condamnation des soins disproportionnés), volontaire ou non.
            *euthanasie active (loi Léonetti : article L 1110-5 ou loi du "double effet" ) sans que la loi ait pris le moindre garde-fou contre l’euthanasie involontaire puisque c’est le médecin qui réunit le collège, prend la décision, l’inscrit dans le dossier médical du patient.... et signe le certificat de décès. Cet article de la loi Léonetti met les médecins honnêtes et disciplinés en porte à faux puisqu’elle les autorise à abréger la vie alors que le serment d’Hippocrate leur interdit de donner "délibérément la mort". 
             
            Les français qui se battent pour obtenir le droit de mourir, (je préfère dire : pour choisir leur fin de vie), ne font ils pas fausse route en optant pour le droit à l’euthanasie ? Celle ci perpétuera les euthanasies involontaires qui libèrent déjà depuis longtemps des places dans certains hôpitaux. Au contraire, en donnant aux patients le droit et la possibilité de mourir humainement lorsqu’ils l’auront décidé, une légalisation claire et nette du suicide assisté n’obligerait elle pas à la retenue les médecins expéditifs ?Dans l’esprit du public, une grande confusion règne sur les termes qui définissent les actes aboutissant à abréger la vie. Le sujet est déjà assez difficile comme ça à traiter, ne vaudrait-il pas mieux essayer de parler avec précision ? 
             
            Les définitions suivantes s’inspirent du rapport de l’Assemblée parlementaire européenne n° 10455 ou du Code Pénal Français :

            - le meurtre est l’acte de tuer volontairement quelqu’un. C’est un "assassinat" s’il est prémédité. On ne parle d’euthanasie que si le moyen utilisé apporte une "mort douce" (sens étimologique). 

            - l’euthanasie peut être "passive", lorsque l’on omet ou interrompt un traitement de survie (= "débrancher" ou ne pas "brancher" )

            - l’euthanasie est "active" lorsqu’elle résulte d’un acte médical entraînant la mort (injection d’une overdose de sédatif par exemple)

            - l’euthanasie est "volontaire" lorsque la personne qui en est l’objet en a fait une demande incontestable (lucide, libre, éclairée et mûrement réfléchie), 

            - l’euthanasie est "non volontaire" lorsque la personne n’a pas pu donner son consentement (par exemple si elle est inconsciente)

            - l’euthanasie est "involontaire" lorsque la victime ne l’a pas demandée alors qu’elle était en état de le faire (= "assassinat doux...." ).

            - le suicide est le fait de se donner soi-même la mort.

            - le suicide assisté est un suicide perpétré avec un concours extérieur. Ce peut être l’approvisionnement en hypnotique (suicide assisté suisse ou oregonnais) que la personne s’administre elle-même. 
             
            Dans l’état actuel de la législation française :
             

            - le suicide et l’aide au suicide ne sont pas pénalisés en France. Il n’est pas condamnable de donner un revolver chargé ou une overdose d’hypnotique à une personne qui a décidé - de façon incontestable - de se suicider.
            Si la personne n’est pas en mesure de porter le verre à sa bouche - si elle est paralysée par exemple - un proche peut, sur son ordre, lui faire boire le verre d’une façon ou d’une autre. Trop de personnes assimilent cela à une euthanasie, mais l’aidant n’agit que par esprit de solidarité, voire à son corps défendant. Est il acceptable qu’une personne bien-portante ait le droit de se suicider humainement et qu’une personne invalide ne l’ait pas ? Il est dommage que l’affaire Humbert n’ait pas été jugée car le Tribunal aurait bien dû dire si Marie Humbert a "assisté le suicide" ou procédé à une "euthanasie" de son fils en versant l’overdose d’hypnotique dans la sonde gastrique.
             

            - seul le médecin a le droit de pratiquer une euthanasie et ce à sa seule discrétion :
            *euthanasie passive (loi Léonetti : condamnation des soins disproportionnés), volontaire ou non.
            *euthanasie active (loi Léonetti : article L 1110-5 ou loi du "double effet" ) sans que la loi ait pris le moindre garde-fou contre l’euthanasie involontaire puisque c’est le médecin qui réunit le collège, prend la décision, l’inscrit dans le dossier médical du patient.... et signe le certificat de décès. Cet article de la loi Léonetti met les médecins honnêtes et disciplinés en porte à faux puisqu’elle les autorise à abréger la vie alors que le serment d’Hippocrate leur interdit de donner "délibérément la mort". 
             
            Les français qui se battent pour obtenir le droit de mourir, (je préfère dire : pour choisir leur fin de vie), ne font ils pas fausse route en optant pour le droit à l’euthanasie ? Celle ci perpétuera les euthanasies involontaires qui libèrent déjà depuis longtemps des places dans certains hôpitaux. Au contraire, en donnant aux patients le droit et la possibilité de mourir humainement lorsqu’ils l’auront décidé, une légalisation claire et nette du suicide assisté n’obligerait elle pas à la retenue les médecins expéditifs ?


            • pmrb 21 novembre 2008 19:35

              Bonjour le Furtif,

              Vous trouverez la preuve que l’aide au suicide n’est pas pénalisé en France en visionnant les vidéos de Badinter (16 septembre) et du Professeur Prothais (23 septembre) sur ce site :
              www.assemblee-nationale.fr/13/commissions/droits_malades/index.asp

              Ce qui est interdit en France, c’est

              - la provocation (= l’inciation) au suicide (art 223-13 du code pénal)

              - la non-assstance à personne en danger (art 223-6 du code penal)

              - la libre commercialisation des médicaments stupéfiants (art R5212-83 du code de la santé publique)

              Vous avez le droit d’aider quelqu’un à se suicider pourvu que vous ne l’ayez pas incité à le faire, que sa volonté de mourir soit lucide, libre de toute pression extérieure, et irrévocable ; mais faute de pouvoir acquérir les subsatnces stupéfiantes qui permettent une mort douce, il ne vous reste que des moyens violents à lui proposer. Les médecins, avec le monopole de l’utilisation des médicaments stupéfiants, détiennent donc le monopole de la mort douce..



            • Marc Bruxman 21 novembre 2008 12:06

              Cette histoire est incompréhensible. Effectivement je ne vois pas de quel droit on empéche quelqu’un de disposer de SON corps et de demander un suicide digne si il en a envie. 

              On parle beaucoup des soins palliatifs mais cela ne correspond qu’a une tentative de l’industrie de la santé d’augmenter son chiffre d’affaires. Personne n’est spécialement heureux dans un hopital surtout quand l’issue est connue d’avance. Alors a quoi cela sert de prolonger l’agonie ? Qu’est ce qu’on en a a foutre d’avoir une pompe à morphine a disposition si on est nourri par un tuyeau ? Surtout si on sait que de toute façon on va y passer ? Beaucoup de gens préféreraient à juste titre demander à leur médecin d’en finir proprement. 

              Aux Pays-Bas depuis la légalisation de l’euthanasie près de 10% des décés se font par ce biais. Et la conséquence c’est que la plupart des gens meurent chez eux et non dans une structure médicalisée. C’est mieux pour tout le monde ! C’est mieux pour le malade qui a une fin de vie digne, c’est mieux pour l’assurance santé qui ne dépense pas en pure perte de l’argent pour prolonger la vie dans des conditions indignes alors qu’il n’y a plus d’espoir (c’est dans les deux derniéres semaines de votre vie que vous coutez le plus cher à la sécu). 

              Il est urgent de légaliser l’euthanasie et de renvoyer l’église scatholique dans ses cordes. 



              • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 2 décembre 2008 15:23

                Bonjour,

                Le suicide est un droit - il n’est plus illegale depuis plusieurs siecles. Les mourrants peuvent y recourir tant qu’ils sont valides. Tres peu y ont recours.

                Si le patient lui meme n’est pas suffisament ferme dans sa decision pour y recourir, il ne peut demander a la societe de se substituer a sa propre volonte.


                Antoine Vielliard

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