La Haute Vienne est un département de la République française, mais, à écouter les habitants de certaines communes et à lire les délibérations municipales votées par certains élus, puis les curieuses absences de réaction, de certains services de l'Etat, cette certitude de départ disparaît pour laisser une impression étrange de petit Etat dans l'Etat, contraire parfois aux lois communes et surtout très douloureuses financièrement pour les habitants.
Avec cet article et les documents que nous y avons annexés, tout un chacun pourra vérifier que, pour le moins, des administrations de ce département ont de bien étranges comportements face aux lois de la République et contre les citoyens.
Quand une mairie vote une délibération totalement illégale
La vie administrative des petites et moyennes communes rurales en France n'est certes pas facile, tant Codes, Lois, Décrets, Circulaires et Règlements abondent, parfois de manière confuse.
C'est la raison pour laquelle la République, en sa sagesse, a mis en place en amont des décisions municipales des services préfectoraux dans chaque département en charge d'aider et conseiller les élus afin de ne pas commettre d'erreurs dans le grand maquis des textes de tous ordres.
De même, après un Conseil Municipal, un service de contrôle de la légalité existe afin de vérifier que les délibérations votées par les élus sont bien conformes à la loi.
Mais, malgré ce dispositif, il arrive parfois que des mairies versent dans l'erreur et ne soient pas, de plus, corrigées par les services de l'Etat. C'est le cas d'une commune de Haute Vienne du nom de Saint Laurent sur Gorre, qui, depuis près de 3 ans, cumule de bien ennuyeuses erreurs, parfois corrigées lorsqu'elles sont trop grosses, parfois niées par les services départementaux de l'Etat.
Ainsi, on lira sur ce lien
http://adminilegal.blogspot.com/2012/02/deliberation-illegales-et-curieux.html
une délibération municipale de cette commune votée le 21 février 2011 et qui, bien que confuse à souhait, fait la joie des juristes de l'urbanisme par ces belles illégalités flagrantes (photos 1, 2 et 3).
Mais aussi deux autres délibérations qui relèvent des mêmes aberrations illégales évidentes pour tout juriste, une du 11 avril 2007 liée, on le verra, à celle du 21 février 2011 (?) et l'une du 4 août 2008 qui est aussi totalement farfelue (photos 4 et 5)
Commençons par la plus absurde et illégale des 3 délibérations, celle du 21 février 2011 car elle résume toutes les erreurs possibles dans une délibération communale.
En effet, après lecture attentive de ces 3 pages plutôt austères et peu claires, le lecteur aura compris que cette délibération crée, chose unique à notre connaissance en France, deux PFRE (Participation aux Frais de Raccordement à l'Egout) en application d'un article L 1331-2 du Code de Santé Publique que voici pour bien comprendre la suite :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do ;jsessionid=9F418010E8BEA255BA8A694FA3C12629.tpdjo07v_3?idArticle=LEGIARTI000006686492&cidTexte=LEGITEXT000006072665&dateTexte=20120216&categorieLien=id
Article L1331-2
Modifié par Loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006 - art. 46 JORF 31 décembre 2006
Lors de la construction d'un nouveau réseau public de collecte ou de l'incorporation d'un réseau public de collecte pluvial à un réseau disposé pour recevoir les eaux usées d'origine domestique, la commune peut exécuter d'office les parties des branchements situées sous la voie publique, jusque et y compris le regard le plus proche des limites du domaine public.
Pour les immeubles édifiés postérieurement à la mise en service du réseau public de collecte, la commune peut se charger, à la demande des propriétaires, de l'exécution de la partie des branchements mentionnés à l'alinéa précédent.
Ces parties de branchements sont incorporées au réseau public, propriété de la commune qui en assure désormais l'entretien et en contrôle la conformité.
La commune est autorisée à se faire rembourser par les propriétaires intéressés tout ou partie des dépenses entraînées par ces travaux, diminuées des subventions éventuellement obtenues et majorées de 10 % pour frais généraux, suivant des modalités à fixer par délibération du conseil municipal.
Dans le cas présent, cette délibération est illégale en plusieurs points et sur plusieurs plans qu'un juriste débutant en urbanisme pourrait aisément identifier. Pour faire court, examinons les seules principales illégalités flagrantes pour tout apprenti juriste :
1) Une délibération créant une PFRE ne peut être postérieure aux travaux qu'elle entend viser : c'est le principe de non-rétroactivité. Ici, les travaux de l'égout visé par le texte ont été clos le 7 juillet 2009, soit 17 mois auparavant !
2) La délibération du 21 février 2011 modifie, sans abroger le texte, la NATURE JURIDIQUE d'une délibération du 11 avril 2007 instituant, sans visa de texte légal valable, une « Taxe de Raccordement », laquelle Taxe ne repose sur aucun texte existant en droit français. Elle renomme donc le 21 février 2011 cette « Taxe » (elle-même jamais annulée par la Préfecture malgré son illégalité manifeste) en PFRE de 550 euros. Du bricolage ahurissant jamais vu en France !
3) La même délibération instaure une deuxième PFRE, celle-là de 500 euros. Or, en droit français, on ne peut faire payer deux fois les citoyens pour le même objet. De fait, une double PFRE ou deux PFRE liées sont des illégalités indubitables, même pour le juriste administratif le plus inexpérimenté.
Or, surprise, la Préfecture de Limoges, la sous-préfecture de Rochechouart et la DDT 87 n'ont, le sous-préfet- depuis changé de poste- Michel Laborie, l'écrit noir sur blanc, rien trouvé d'illégal dans cette bouillie juridique surréaliste, aberrante et lamentable.
Le long et très curieux silence tenace d'une administration de l'Etat
Avant d'écrire cet article, nous avons contacté pour leur demander d'expliquer leur long et très étrange silence : la Préfecture de Limoges, le sous-préfet de Rochechouart, le directeur de la DDT 87.

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