• lundi 20 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Haute Vienne : illégalités flagrantes et curieux silences administratifs
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(13 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Haute Vienne : illégalités flagrantes et curieux silences administratifs 

La Haute Vienne est un département de la République française, mais, à écouter les habitants de certaines communes et à lire les délibérations municipales votées par certains élus, puis les curieuses absences de réaction, de certains services de l'Etat, cette certitude de départ disparaît pour laisser une impression étrange de petit Etat dans l'Etat, contraire parfois aux lois communes et surtout très douloureuses financièrement pour les habitants.

Avec cet article et les documents que nous y avons annexés, tout un chacun pourra vérifier que, pour le moins, des administrations de ce département ont de bien étranges comportements face aux lois de la République et contre les citoyens.

 

Quand une mairie vote une délibération totalement illégale


La vie administrative des petites et moyennes communes rurales en France n'est certes pas facile, tant Codes, Lois, Décrets, Circulaires et Règlements abondent, parfois de manière confuse.

C'est la raison pour laquelle la République, en sa sagesse, a mis en place en amont des décisions municipales des services préfectoraux dans chaque département en charge d'aider et conseiller les élus afin de ne pas commettre d'erreurs dans le grand maquis des textes de tous ordres.

De même, après un Conseil Municipal, un service de contrôle de la légalité existe afin de vérifier que les délibérations votées par les élus sont bien conformes à la loi.

Mais, malgré ce dispositif, il arrive parfois que des mairies versent dans l'erreur et ne soient pas, de plus, corrigées par les services de l'Etat. C'est le cas d'une commune de Haute Vienne du nom de Saint Laurent sur Gorre, qui, depuis près de 3 ans, cumule de bien ennuyeuses erreurs, parfois corrigées lorsqu'elles sont trop grosses, parfois niées par les services départementaux de l'Etat.

Ainsi, on lira sur ce lien

http://adminilegal.blogspot.com/2012/02/deliberation-illegales-et-curieux.html

une délibération municipale de cette commune votée le 21 février 2011 et qui, bien que confuse à souhait, fait la joie des juristes de l'urbanisme par ces belles illégalités flagrantes (photos 1, 2 et 3).

Mais aussi deux autres délibérations qui relèvent des mêmes aberrations illégales évidentes pour tout juriste, une du 11 avril 2007 liée, on le verra, à celle du 21 février 2011 (?) et l'une du 4 août 2008 qui est aussi totalement farfelue (photos 4 et 5)

Commençons par la plus absurde et illégale des 3 délibérations, celle du 21 février 2011 car elle résume toutes les erreurs possibles dans une délibération communale.

En effet, après lecture attentive de ces 3 pages plutôt austères et peu claires, le lecteur aura compris que cette délibération crée, chose unique à notre connaissance en France, deux PFRE (Participation aux Frais de Raccordement à l'Egout) en application d'un article L 1331-2 du Code de Santé Publique que voici pour bien comprendre la suite :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do ;jsessionid=9F418010E8BEA255BA8A694FA3C12629.tpdjo07v_3?idArticle=LEGIARTI000006686492&cidTexte=LEGITEXT000006072665&dateTexte=20120216&categorieLien=id

Article L1331-2
Modifié par Loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006 - art. 46 JORF 31 décembre 2006


Lors de la construction d'un nouveau réseau public de collecte ou de l'incorporation d'un réseau public de collecte pluvial à un réseau disposé pour recevoir les eaux usées d'origine domestique, la commune peut exécuter d'office les parties des branchements situées sous la voie publique, jusque et y compris le regard le plus proche des limites du domaine public.
Pour les immeubles édifiés postérieurement à la mise en service du réseau public de collecte, la commune peut se charger, à la demande des propriétaires, de l'exécution de la partie des branchements mentionnés à l'alinéa précédent.


Ces parties de branchements sont incorporées au réseau public, propriété de la commune qui en assure désormais l'entretien et en contrôle la conformité.


La commune est autorisée à se faire rembourser par les propriétaires intéressés tout ou partie des dépenses entraînées par ces travaux, diminuées des subventions éventuellement obtenues et majorées de 10 % pour frais généraux, suivant des modalités à fixer par délibération du conseil municipal.


Dans le cas présent, cette délibération est illégale en plusieurs points et sur plusieurs plans qu'un juriste débutant en urbanisme pourrait aisément identifier. Pour faire court, examinons les seules principales illégalités flagrantes pour tout apprenti juriste :

1) Une délibération créant une PFRE ne peut être postérieure aux travaux qu'elle entend viser : c'est le principe de non-rétroactivité. Ici, les travaux de l'égout visé par le texte ont été clos le 7 juillet 2009, soit 17 mois auparavant !

2) La délibération du 21 février 2011 modifie, sans abroger le texte, la NATURE JURIDIQUE d'une délibération du 11 avril 2007 instituant, sans visa de texte légal valable, une « Taxe de Raccordement », laquelle Taxe ne repose sur aucun texte existant en droit français. Elle renomme donc le 21 février 2011 cette « Taxe » (elle-même jamais annulée par la Préfecture malgré son illégalité manifeste) en PFRE de 550 euros. Du bricolage ahurissant jamais vu en France !

3) La même délibération instaure une deuxième PFRE, celle-là de 500 euros. Or, en droit français, on ne peut faire payer deux fois les citoyens pour le même objet. De fait, une double PFRE ou deux PFRE liées sont des illégalités indubitables, même pour le juriste administratif le plus inexpérimenté.

Or, surprise, la Préfecture de Limoges, la sous-préfecture de Rochechouart et la DDT 87 n'ont, le sous-préfet- depuis changé de poste- Michel Laborie, l'écrit noir sur blanc, rien trouvé d'illégal dans cette bouillie juridique surréaliste, aberrante et lamentable.



Le long et très curieux silence tenace d'une administration de l'Etat 


Avant d'écrire cet article, nous avons contacté pour leur demander d'expliquer leur long et très étrange silence : la Préfecture de Limoges, le sous-préfet de Rochechouart, le directeur de la DDT 87.


Avec un héroïsme qui inspire l'admiration la plus grande, aucune de ses administrations de l'Etat en Haute Vienne n'a souhaité s'exprimer, ce qui est fort regrettable car tous les juristes de l'urbanisme attendaient avec gourmandise leurs réponses sur cette délibération.

Ce silence qui ne grandit pas les services de l'Etat en Haute Vienne est leur choix. Il convient de le respecter ici.

Par contre, il convient d'informer largement l'opinion publique citoyenne de cette atteinte consciente à l'état de droit républicain par des organismes publics censés protéger et défendre les citoyens contre les erreurs ou les arbitraires possibles d'élus.

Ainsi, le public et les législateurs que sont les députés, mais aussi la Ministre Nathalie Kosciusko-Morizet apprendront avec stupeur que la délibération du 11 avril 2007 de la même mairie créant ex-nihilo et sans texte de référence une « Taxe de Raccordement » n'a jamais été ANNULEE par la Préfecture, ni par la DDT 87, pourtant sollicités par les habitants de la commune.

Dans cette affaire initiée par un élu ancien UMP, le député PS de la circonscription, Daniel Boisserie, qui s'affirme en public le défenseur des citoyens, a fait indiquer par son assistant, avec un grand courage, qu'il ne VOULAIT PAS INTERVENIR bien que son attaché parlementaire, juriste, ait reconnu les illégalités évidentes !!!

Sans commentaire.

Mieux, ou pire encore, c'est selon, ces administrations de l'Etat en Haute Vienne n'ont jamais annulé la très spécifique délibération de cette mairie en date du 4 août 2008 instaurant une « Taxe de Raccordement » (inexistante en droit français) SEULEMENT pour un petit hameau de la commune !!!

Le traitement juridique et fiscal discriminatoire entre citoyens égaux devant la loi républicaine, apparemment, les services de l'Etat en Haute Vienne ne l'ont pas vu. Le député PS non plus.

A tel point que cette « double curiosité juridique » a été annulée le 6 juillet 2009 par le Conseil Municipal, sans qu'à notre connaissance, DDT 87 et Préfecture de Limoges aient émis un avis négatif de rejet immédiat pour « illégalité »....



Conclusion provisoire


Cette affaire où se conjuguent confondante ignorance d'élus et étranges silences d'administrations de l'Etat est indicative de dérives inquiétantes contre les droits et intérêts de tous les citoyens.

Madame Kosciusko-Morizet aurait, en sa qualité double de Ministre et de porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy, tout intérêt à remettre de l'ordre républicain dans les services de son Ministère en Haute Vienne, car ne rien faire là serait montrer à tous une acceptation malsaine de dérives dangereuses.

Quand les élus font des erreurs comme celles vues ici, les services de l'Etat doivent leur dire le droit, sans copinage, mais avec courage car ils sont avant tout au service du peuple et de la République.

Les autres candidats aux suffrages des citoyens peuvent et doivent l'inviter à aller dans ce sens républicain, montrant ainsi un véritable exemple civique et une attention réelle aux réalités du terrain dans le pays.



NOTA BENE


Cet article a été rédigé avec le concours efficace et parfois plein d'humour d'un ami urbaniste international d'origine française et d'un groupe d'avocats du droit administratif amusés par les délibérations citées plus haut et sidérés par les silences de la DDT 87 compétente pour intervenir.


Documentation juridique à l'intention des citoyens, associations et élus républicains sur l'eau et l'urbanisme


Commentaire  : Il n’est pas possible d’instituer la participation pour raccordement à l’égout (P.R.E.) si la participation pour voirie et réseaux (PVR) prévue à l’article L.332-11-1 du code de l’urbanisme instituée sur le même territoire prend en compte les travaux d’assainissement.(Circulaire n° 2004-8/UHC/DU3/5 du 5 février 2004 relative aux modalités de mise en œuvre de la participation pour voiries et réseaux)
 

Commentaire
 : la loi sur l’eau du 30/12/2006 et ses textes d’applications (article L2224-12-4 I du CGCT et arrêté du 06/08/2007) plafonnent l’abonnement, relativement au montant total (sans taxes ni redevances, mais part collectivité et part délégataire comprise le cas échéant) d’une facture 120 m3, pour les immeubles à usage principal d’habitation uniquement, à :
 
50% pour les communes rurales au 22/09/2009 puis 40% au 01/01/2012
40% pour les communes urbaines au 22/09/2009 puis 30% au 01/01/2012


Article L2224-12-4 III  : pour les collectivités dont plus de 30% de la ressource est issue d’une zone classée « ZRE », les tarifs au m3 sont soit uniques soient progressifs, à compter du 01/01/2010 : la dégressivité leur est interdite. Par contre la création de catégories d’usagers est possible (article L2224-12-1 du CGCT)



Lettre du sous-préfet qui ne voit rien d'illégal




par Philippe Vassé jeudi 16 février 2012 - 37 réactions
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(13 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Philippe Vassé (---.---.---.222) 16 février 2012 14:05
    Philippe Vassé

    Mon très cher Easy de confusion,

    A force de mariner dans vos fantasmes sur les horribles asiatiques qui feraient des misères au maire d’une commune française qui ne fait aucune erreur (preuve par les documents en ligne que ni lui, ni les administrations citées n’ont un instant CONTESTEES), vous feriez mieux de prendre attache avec des juristes de l’urbanisme.

    Car, on très cher Easy, vous semblez verser dans la confusion qui a mis ce maire en difficulté, entre PRE et PFRE.

    Oui, vous avez raison sur un point : sur la PRE, ce maire avait dû admettre le 7 février 2011 qu’il avait commis une erreur sur la PRE demandée à ses administrés, et ce plus d’un an après avoir fait voter son erreur.

    Sur ce sujet, aucun procès ne semble en cours, même si deux avaient commencé, puisque la Préfecture avait résolu le litige en faveur des habitants, de TOUS les habitants ! Récemment, le Ministère a encore confirmé les choses pour un dernier cas non totalement réglé.

    Vous pouvez donc téléphoner au maire et lui dire votre sentiment en toute sérénité. Il vous confirmera cet article et sa réalité si il est un honnête homme respectueux de la loi commune, ce que je crois. Et par là-même vos confusions permanentes d’homme perdu dans des choses qu’il ne maîtrise pas, à l’évidence.

    Quant à la PFRE, elle ne peut concerner que des gens qui, à l’évidence, n’ont pas fait ou fait exécuter les travaux de raccordement prescrits eux-mêmes. Dans la village en question, la mairie n’a fait AUCUN TRAVAIL DE RACCORDEMENT, ce que d’ailleurs, elle n’a jamais prétendu

    Pour vos autres petites attaques racistes de niveau maternelle débutant, vous n’avez pas compris que votre hargne imbécile vous isole et vous ridiculise.

    La preuve en est que vous êtes tellement imbu de votre nullité que vous ne pouvez pas reconnaître une illégalité quand elle est énorme et devant vos yeux !

    Mais, à Taïwan, on enseigne la compassion avec les gens ignorants qui font semblant de savoir car, dit le proverbe, « Celui qui veut frapper autrui est un homme pauvre ; il mérite votre générosité ».

    Très généreusement vôtre,

  • Par Philippe Vassé (---.---.---.222) 16 février 2012 12:42
    Philippe Vassé

    Cher Easy,

    Que voilà un commentaire plein de respect de la légalité républicaine, de finesse imbécile et de fausseté arriérée.

    Quelques remarques à votre petit cerveau incapable de penser en dehors de vos haines personnelles de petit homme, au sens reichien (Wilhelm Reich pour votre culture).

    1) quand des délibérations sont illégales d’ordre public, rien ne sert de défendre stupidement les ennemis de la loi commune.

    2) ce dossier concerne des Frais de raccordement à un égout demandé à tout un village en toute illégalité, dont des familles en difficulté sociale et des personnes âgées retraités.

    3) Contrairement à vos allégations délirantes, aucune personne étrangère d’origine asiatique, selon le listing des personnes concernées, n’est mentionnée.

    4) Pour le reste, cela relève d’une pathologie haineuse que nul ne peut soigner sans votre accord conscient.

    5) Ces illégalités manifestes que nul ne nie sont déjà en voie de régularisation par annulation des délibérations.

    6) Ces dérives ne font que révolter plus des citoyens frappés par une crise grave et qui sont en colère contre des politiques inefficaces qui ne pensent qu’à se protéger au lieu de servir leurs électeurs.

    7) Je ne suis pas impliqué dans les procédures citées plus haut, mais cela est une évidence que vous n’ignorez pas, votre seul but étant de protéger l’ignoble, l’indigne et l’illégal, comme à votre habitude ridicule d’homme petit.

    Mais, illégalités et réalités vous échappent de plus en plus.

    Pour l’ironie : en France, et en Limousin aussi, les prix de l’immobilier sont partis à la baisse, ce qui fait que vos calculs sont déjà faux par principe.

    Ceci dit, un article comme celui-ci circule largement déjà par des dizaines de canaux, et c’est là l’essentiel pour défendre la République, des députés en passant par les ministères et les partis politiques

    Bien cordialement à votre misère morale,

  • Par leypanou (---.---.---.252) 16 février 2012 10:36

    "Quand les élus font des erreurs comme celles vues ici, les services de l’Etat doivent leur dire le droit, sans copinage, mais avec courage car ils sont avant tout au service du peuple et de la République." : il devrait avoir une émission aux heures de grande écoute sur des problèmes de ce genre sur les chaînes de télévision au lieu d’émissions débiles où le téléspectateur est comme dans un cirque avec le cerveau ramolli. Cela aura plus d’efficacité qu’un article quelconque avec peu d’audience.

    Car je suis certain qu’il y a plein de problèmes analogues dans notre société, et pour une fois, ni de gauche ni de droite, quand cela n’est pas légal, ce n’est pas légal.

    Problème récurrent : quand l’administration ne veut rien faire, que peut faire le citoyen, à part le médiateur de la république ?

  • Par Daniel D. (---.---.---.28) 16 février 2012 12:41
    Daniel D.

    La Loi c’est la Loi.

    Si la justice ne fait pas son travail, faite le a sa place et organisez des evenements pour couter a ceux qui la viole bien plus que ce qu’ils vous prennent.

    "s’il ne reste le choix qu’entre la violence et la lâcheté, je préfère la violence" Mohandas Gandhi

    Battez vous pour le respect de la loi.

    Daniel D.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération