Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Hors les règles et règle d’or

Hors les règles et règle d’or

La règle d’or, la règle d’or mon seignor…

De tous côtés, on n’entend plus que ça, un air nouveau qui nous vient de l’Etat… La dette publique dépasse 82 % de toute la richesse produite par la France en une année… La règle d’or.

Le service de la dette dépasse le produit de l’impôt sur le revenu… La règle d’or.

Le déficit annuel en 2011 sera d’au moins 7 % du produit intérieur brut… La règle d’or.

Trente-sept années successives de déficit budgétaire depuis 1974 sans une interruption, droite ou gauche… La règle d’or. Bonnes gens et chers lecteurs, dormez tranquilles, la règle d’or arrive !

En quoi consiste-t-elle ? Il s’agit d’un projet de loi qui vise à inscrire dans la Constitution le retour à l’équilibre des comptes publics sous trois ans.

Comme nul n’imagine que l’Etat tiendra sa parole (souvenons-nous des fameux critères du traité de Maastricht) écrivons-le tout net : il s’agit d’un piège tendu à l’opposition.

Bien sûr que cette règle est bonne. Évidemment, elle est de bon sens. Imagine-t-on un ménage ou une entreprise pendant 37 ans avoir plus de dépenses que de recettes ? Mais au-delà même de l’absence de crédibilité des hommes de l’Etat, dont l’horizon est logiquement la prochaine échéance électorale, il faut comprendre que derrière cette politique il y a la certitude de la part de nos gouvernants, depuis plus de 30 ans, que c’est par la dépense publique, même au prix de déficit, qu’on relance l’économie et qu’on maintient un bon niveau de croissance.

Même Jacques Attali l’a compris lorsqu’il déclare dans un entretien à notre confrère Le Monde à la mi-août : « Le maître à penser des Etats c’est Madoff et sa capacité à construire des pyramides de dettes ».

Il est dommage qu’en 1981… Bien sûr, comme il faut trouver des boucs émissaires, les marchés feront l’affaire, les spéculateurs doivent être immolés, et les agences de dotation étant privées, elles ne sont pas objectives. On imagine sans peine que si elles étaient dépendantes des Etats, elles les critiqueraient alors qu’elles en dépendraient !!!

Un peu de sérieux, la dette publique, le déficit budgétaire ont pour responsables les Etats, les gouvernements et les parlements. Quant à la crise de 2008, dite des subprimes, qui a aggravé les choses, la responsabilité de la banque centrale américaine est écrasante.

Une banque centrale peuplée de fonctionnaires, est-ce le marché ?

Quant aux folles imprudences des banques, elles n’ont été commises que parce qu’elles savaient que l’Etat les sauverait, ce que la suite a du reste validé !!!

Il faudra bien aussi dénoncer l’immoralité entraînée par cette dette de l’Etat de 1 600 milliards qui fait qu’aujourd’hui une famille avec deux enfants devra rembourser plus de 100 000 d’euros. Merveilleux cadeau pour les générations qui suivent. Il est vrai qu’on pourra toujours faire payer les riches…

Faut-il se résigner ? Bien sûr que non. Il faut revenir à l’équilibre budgétaire et le plus important n’est pas de l’écrire dans un texte car les gouvernements ont montré tant de fois qu’ils se croyaient au-dessus des lois. Que sous prétexte de crises… ou de tsunamis… ou d’années bissextiles… ils violeront la règle. Il n’y a pas pour équilibrer un budget que la solution d’augmenter les impôts. Viendra-t-il un jour à l’esprit de nos gouvernants que la réduction des dépenses publiques est une autre solution ?

Ce qui est vrai pour un ménage ou une entreprise c’est-à-dire l’équilibre à terme des dépenses et des recettes serait-il faux pour l’Etat ? Mais pour cela il faut du courage, ne pas hésiter à mécontenter ceux qui vivent de l’Etat. Et le drame c’est que mécontenter sa clientèle c’est perdre ses électeurs. Plutôt que d’hypothétiques règles d’or, il faut deux vertus : le courage et le bon sens.

Pour voir tous les article de Serge Schweitzer

Serge Schweitzer - News of Marseille

PS : le gouvernement promet en 2013 que le déficit sera de 3 % du PIB. Je prends les paris avec nos lecteurs qu’il s’agit une fois de plus de poudre aux yeux. Notre rédac chef fera office de bookmaker.


Moyenne des avis sur cet article :  2/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • kiouty 21 septembre 2011 11:38

    Ah la la ils ont un sens de l’humour ces libéraux. Après s’être gavés pendant 38 ans cette année sur les dettes d’état, voila qu’ils n’en sont plus contents.

    Et on retrouve le schéma de pensée binaire habituel :

    (problème X ou Y très bien décrit et vrai) => c’est la faute à l’état.

    Arrêtez un peu avec vos salades, les dettes souveraines arrangeaient tout le monde quand il s’agissait de se gaver sur le dos des contribuables.


    • onetwo onetwo 22 septembre 2011 00:02

      Si la dette de l’Etat peut se comparer à la dette d’un ménage, alors comparons les milliards de la dette aux milliards produits sur 7 à 10 ans comme on le ferait pour l’emprunt d’un ménage. Mais ne comparons pas la dette à ce que la France produit sur une année.
      Donc si on fait cela, la France est endettée à hauteur de 12%, bien moins que le maximum autorisé pour un ménage.

      La règle d’or devrait plutôt s’appeler la règle de fer.

      Depuis 15 ans les impôts baissent, depuis 2007 c’est journée porte ouvertes à Bercy pour les millionnaires, les exonérations de taxes se sont multipliées, sans résultat sur l’emploi etc.
      Si on revient au niveau d’imposition et de taxes de 1995 nous avons de quoi rembourser la dette en 2 ans.


      • JL JL 22 septembre 2011 11:58

        Peyrelevade, l’autre jour à la radio disait, je cite de mémoire : « Standards & Poors peut bien dégrader la note de la France, ça ne fera jamais que se traduire par 1% de plus sur les taux, seulement 1% de PIB ».

        Si je calcule bien, 1% de plus sur les taux ça ne fera jamais que 1% de remboursement sur quelques 4% (dette = 80% du PIB ; taux de remboursement = 5% de la dette) c’est-à-dire environ 0.04 % de PIB à rembourser de plus par an !

        Cherchez l’erreur !

        Et pourtant, c’est avec un ’épouvantail’ pareil qu’ils arrivent à faire tant de dégâts dans nos institutions !

        Cherchez l’erreur !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

NewsofMarseille

NewsofMarseille
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès