Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Il était une fois Ségolène à la porte de la « maison des hommes (...)

Il était une fois Ségolène à la porte de la « maison des hommes »

Si les primates femelles « ont peut-être inventé les premières armes de l’humanité »* , l’espèce humaine n’a toutefois pas manqué de construire ses relations sociales selon une thèse dite « naturaliste » de la différence entre les hommes et les femmes. L’homme serait « naturellement » comme ceci et la femme « naturellement » comme cela. Or si on peut affirmer que cette thèse est totalement intégrée dans l’inconscient collectif, il semble, à partir de ce constat, tout à fait légitime de pouvoir émettre l’hypothèse que l’une des raisons pour lesquelles Mme Royal n’a pas été élue au rang du chef de l’Etat pourrait résider dans les attributs assignés par le social qui détermine ce que l’on attend « légitimement » d’une femme.

Ségolène s’est invitée dans la "maison des hommes", "lieu multiple et pluriel où, à l’abri du regard des femmes, se construisent, se génèrent et se régénèrent le masculin, ses attributs et ses privilèges de genre - comme les stades de foot, les cafés et l’ensemble des lieux et groupes monosexués où les femmes sont exclues de facto"[1]. M. Nicolas Sarkozy, maître de maison, a accepté d’échanger avec elle en précisant qu’il ne la considérerait pas comme une femme mais bien comme un candidat à l’Elysée avec lequel il allait débattre devant les citoyens français. L’énoncé n’a pas été relevé. Il n’a pourtant pas manqué d’être exprimé à plusieurs reprises sur des chaînes de télévision à des heures de grande écoute, quelques jours précédant le débat télévisé qui allait opposer les deux candidats. Quid, peut-on alors se demander, de la situation où son adversaire aurait été de couleur et que de la même manière, M. Sarkozy aurait précisé qu’il ne le considèrerait pas comme un Noir mais bien comme un candidat ?

Si l’on émet l’hypothèse que le combat qui aurait été mené face au racisme inhérent à cette situation imaginaire, aurait, à juste titre, trouvé sa légitimité auprès d’une majorité de citoyens, comment peut-on expliquer que le sexisme de cet homme politique qui annonce qu’il n’abordera pas son adversaire comme une femme, passe totalement inaperçu ? Le sexisme n’aurait-il pas le droit d’être nommé et dénoncé au même titre que le racisme ? Existerait-il une différence de gravité entre l’atteinte à la couleur de peau et l’atteinte liée à l’appartenance à un sexe ?

Eric Fassin, sociologue et professeur à l’Ecole normale supérieure apportait un début de réponse à cette question dans un article publié dans Libération le 13 février 2007 : "Ségolène Royal n’ose plus crier au sexisme au moment même où elle le subit de plein fouet. Il y a quelques mois encore face à ses adversaires socialistes on sait qu’elle n’hésitait pas à user de cette arme politique. Certains diront qu’à force de crier au loup, nul ne l’écouterait plus. Mais c’est bien autre chose qui se joue aujourd’hui : dénoncer le sexisme impliquait d’être et de se mettre en position de lui résister. (...). A répéter désormais sans cesse qu’elle est une "femme debout", ne nous suggère-t-elle pas combien, en politique, cette alliance de mots n’a rien d’évident ? A en croire certains, "elle l’a bien cherché", en jouant sans vergogne de la séduction féminine, plutôt que d’un féminisme authentique."[2] Mais qu’est-ce qu’un féminisme authentique ?

Les travaux de recherche du psychanalyste américain R. Stoller sur l’identité sexuelle[3] ont permis de mettre en avant que le sentiment d’être une fille ou un garçon s’établit avant la prise de conscience de la différence organique des sexes. Avant l’âge de deux ans, l’enfant s’inscrira dans l’identité de genre qui lui sera assignée par son environnement familial (la métaphore du rose pour les filles et du bleu pour les garçons). Il apprendra au cours de son éducation qu’une fille ou un garçon fait ceci ou ne fait pas cela. En d’autres termes, les caractéristiques dites "innées" de l’homme et de la femme, ne sont, dans leur ensemble, que des représentations sociales si bien ancrées depuis des siècles qu’elles sont transmises, par le père autant que par la mère, de manière quasi inconsciente, au cours des générations. Et les différences s’inscrivent globalement dans une polarité qui se résume de manière schématique au plus et au moins.

A l’homme sont attribuées les qualités jugées positives de la nature, la force, le courage, la combativité, la résistance, la pugnacité, tandis que la femme, à l’opposé du pôle positif, est jugée naturellement sensible, compréhensive, douce, aimante et douée d’un savoir-faire dès le premier cri de son petit. Ainsi, la femme, pour être acceptée, en terme social, doit "faire la femme" (tout comme l’homme est convié à "faire l’homme" sous peine d’être relégué au rang social d’une sous-femme nommée "pédé" dans un langage raffiné). "Faire la femme" dans la "maison des hommes", c’est adopter les comportements de la mulièrité, "statut conféré aux femmes par les rapports sociaux de sexe" défini par M.-C. Dejours, psychiatre et psychanalyste, professeur de psychologie au Cnam. Etre compréhensive, maternante, voire paraître naïve dans des domaines considérés comme relevant du masculin, sont autant d’attitudes de défense que doivent utiliser certaines femmes dans des situations où il n’est pas permis de se mesurer ouvertement aux hommes sous peine de se heurter à leurs représailles, le plus souvent symboliques. En proclamant, main sur la poitrine, qu’elle était mère de quatre enfants et qu’elle souhaitait à tous les enfants du pays ce qu’elle avait voulu pour les siens, Mme Royal adoptait le comportement de genre socialement attendu d’une femme. Mais probablement pas pour gouverner le pays.

A contrario, en étant offensive face à un adversaire prêt à jouer judicieusement le jeu de l’inversion des rôles (le comportement de M. Sarkozy a en effet globalement été classé dans le registre de la docilité, voire de la soumission), Ségolène, femme de son état, a été actrice d’un débat politique télévisé qui mettait en scène une femme qui jouait dans la cour des hommes en osant publiquement aller sur le terrain guerrier de l’agressivité et de la colère.

Or, si la colère des hommes est jugée virile et donc positive, celle des femmes est perçue comme la preuve d’une perte de sang-froid apparentée à l’hystérie. Mme Royal, en tenue de femme, a donc osé défier publiquement un homme en utilisant ses propres armes. La sanction sociale l’a donc jugée ridicule et impertinente. Il est ainsi fort probable que nombre d’hommes et de femmes d’une génération largement représentée dans l’électorat français, ne lui aient pas pardonné cette transgression publique.

N’oublions pas en effet que ce sont les adhérents du Parti socialiste qui ont promu Mme Royal au rang de candidate à l’élection présidentielle. Des partisans que l’on pourrait qualifier de "nouvelle génération" puisqu’ils se situent dans la tranche des 18-25 ans. Au grand désespoir de M. Straus-Kahn et autres ténors du parti, ce ne sont donc pas les révolutionnaires de 68 qui ont désiré qu’une femme soit à la tête de l’Etat, mais bien une nouvelle génération, peut-être prête à renégocier les rapports entre les sexes.

Notons à ce propos que si c’est la loi sur la parité votée en 2000 par le gouvernement Jospin qui a permis à Ségolène Royal de suivre son parcours, le journal Le Monde du 12 mai 2007 nous rappelle "qu’à l’époque, ses défenseurs affirmaient que les femmes, pour leurs qualités supposées "naturelles", étaient plus concrètes que les hommes, plus proches des électeurs, plus soucieuses des problèmes quotidiens, moins préoccupées par l’ambition et la compétition."

Pour réenchanter la politique, renouveler le visage des élus et lutter contre la supposée crise de la représentation, il fallait donc que les femmes arrivent au pouvoir."[4] Des attributs naturalisés qui ont amené les femmes à être représentées dans les secteurs dits de "reproduction", soit l’éducation, le soin et le social pour laisser une large place aux métiers dits "productifs" aux hommes. Cette répartition sexuelle des rôles a été définie par la sociologue D. Kergoat : "La division sexuelle du travail a pour caractéristique l’assignation prioritaire des hommes à la sphère productive et des femmes à la sphère reproductive ainsi que simultanément la captation par les hommes des fonctions à forte valeur ajoutée (politiques, religieuses, militaires, etc.). Cette forme de division sociale a deux principes organisateurs : le principe de séparation (il y a des travaux d’hommes et des travaux de femmes ; le principe hiérarchique (un travail d’homme "vaut" plus qu’un travail de femme)."[5] " Ce n’est donc pas un hasard si la présidentiable socialiste a choisi de s’identifier à la "démocratie participative", prolongement naturel du créneau réservé aux femmes : la société civile", précisait Eric Fassin dans Libération le 13 février 2007.

Enfin, si certains auteurs ont pu reconnaître, voire dénoncer, le fait que M. Royal avait été l’objet d’attaques manifestement machistes et ce, avant tout dans son propre camp (souvenons-nous du fameux "qui va garder les enfants ?" de M. Fabius), il est à noter qu’elles n’ont pas été exclusivement portées par des hommes. Les déclarations de Mme Aubry sur les "mensurations" de Mme Royal et les commentaires de Mme Alliot-Marie sur ses "jupes" sont une belle illustration de l’attitude de complicité de certaines femmes dans la dynamique sexiste. Des femmes qui parlent en lieu et place des hommes, espérant peut-être ainsi les amener à oublier qu’elles sont, elles aussi, des femmes "dans la maison des hommes".

Entre la mulièrité et la « maison des hommes » on peut donc se demander quel devra être le comportement socialement requis de la prochaine femme qui aura le désir, dans l’avenir, de "frapper à la porte de la "maison des hommes"[6] et de représenter une société qui, on ne peut que l’espérer, aura peut-être évolué". Isabelle Buot-Bouttier

Remerciements à Mme Gaëlle Sevellec pour sa participation.


* « Les femelles, ces guerrières... », Libération, 23 février 2007

[1] « Déconstruire le masculin, problèmes épistémologiques », Welzer-Lang D. (1999)

[2] « Le Sexisme en campagne », Eric Fassin, Sociologue, Professeur à l’Ecole normale supérieure, Libération, le 13 février 2007

[3] « Recherches sur l’identité sexuelle à partir du transsexualisme », Stoller R.J. (1978)

[4] « Les femmes ont encore du mal à accéder aux positions politiques prestigieuses », F. Matonti, Professeure de Science Politique à l’université Paris-I, Le Monde, 12 mai 2007

[5] « Le Rapport social de sexe. De la reproduction des rapports sociaux à leur subversion » in Kergoat D., Actuel Marx, 30, (2001)

[6] « Le cas de femmes peintres en bâtiment et peintres décoratrices : une oscillation entre féminin et masculin - La passion comme idéalisation défensive : un processus créatif invitant à repenser la catégorisation des défenses comme appartenant à un unique genre », Gaëlle Sevellec, Mémoire présenté en vue de l’obtention du diplôme de Psychologue du travail, Cnam, juin 2007


Moyenne des avis sur cet article :  3.61/5   (72 votes)




Réagissez à l'article

174 réactions à cet article    


  • Marsupilami Marsupilami 23 mai 2007 11:09

    Très bonne et très subtile analyse, Isabelle. On est loin d’en avoir fini avec le sexisme. Personnellement, bien qu’étant de gauche j’ai pas voté pour Ségo au 1er tour, non parce que c’était une femme, mais parce que je la trouvais aussi creuse que son programme. Au 2e tour j’ai voté pour elle, non parce que c’était une femme mais contre Sarkozy et son programme.

    J’aurais aimé pouvoir voter positivement pour une vraie femme de gauche avec un vrai programme de gauche. Non pas parce que ce serait une femme, quoique... j’aurais un immense plaisir à faire chier les machistes sexistes avec un tel vote...


    • La mouche du coche La mouche du coche 23 mai 2007 13:55

      Cet article ne m’a pas plut car il méconnait le point le plus important de la défaite de Mme Royale : Le fait qu’elle soit une femme et que les femmes n’aiment pas voter pour une femme : Voilà sur quoi il semble intéressant de réfléchir. smiley


    • Gasty Gasty 23 mai 2007 14:09

      @ la mouche

      Hormis l’article que j’aime bien, quelque part.... vous n’avez pas tort !


    • Marsupilami Marsupilami 23 mai 2007 14:42

      @ La Mouche & Gasty

      C’est quand même un peu plus complexe que ça. Il y a certes des femmes qui ont intériorisé les stéréotypes sexistes et qui préfèrent voter pour un mâle, mais il y en a aussi d’autres qui peuvent vouloir voter pour une femme par réflexe féministe primaire ou secondaire, et d’autres encore qui ne votent pas pour un sexe, mais pour un programme.


    • nessoux 23 mai 2007 16:26

      L’enquête à la sortie des bureaux de vote au 2ième tour à montré que la proportion des votes des hommes et des femmmes pour les deux candidats a été identique.

      Les résultats du scrutin n’ont donc pas été influencés par le « genre » des votants. Dommage pour l’auteur et ses théories fumeuses.


    • L'enfoiré L’enfoiré 23 mai 2007 17:46

      @La Mouche,

      Tu poses une bonne question. On croit qu’on a évolué hommes et femmes, que l’on a des idées progressistes qui vont avec notre temps de liberté. Et bien non, pas vraiment. Je me suis dit aussi qu’une femme devait instinctivement voter plus pour une autre femme. J’en avais fait le pari. Comme il y a grosso modo 51/49 % de femmes. Je pensais, de loin (pour rappel je suis belge), que Miss Royal avait un petit plus par ce fait. Je viens de lire une confession après un long silence de Ménnie Grégoire. (des années 70). A la radio, à cette époque, elle écoutait et conseillait en confession des femmes. Des menaces d’autres femmes lui sont parvenues.

      Dans d’autres endroits du globe, le spectacle de lapidation des femmes est souvent suivit avec passion (pas compassion) par d’autres femmes. Curieux tout cela.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 mai 2007 03:00

      A Marsupilami. Je crois en effet que l’immense majorité de ceux qui ont voté contre Ségolène - et ce sont eux qui ont fait le résultat, puisque l’immense majorité de ceux qui ont voté contre Sarkoùy en avait décide ainsi bien avant que la campagne ne commence - l’ont fait parce qu’il ont été déçus. Déçus d’elle, de son programme et la plupart du temps des deux. Elle a perdu parce qu’elle a viré vers la gauche alors que le centre l’attendait. http://www.nouvellesociete.org/5156.html

      Vrai, mais on évite la question que pose l’auteur : sa « muliérité » a-t-elle contribué à la défaite de Ségolène. La réponse est OUI. Dans quelle proportion ? Dans la proportion exact de ceux en France, hommes ou femmes, qui ont le préjugé tenace qu’une femme « ne peut pas faire un travail d’homme ».

      Connait-on cette proportion ? Indubitablement, car il est incroyable que quelques sondages discrets mais bien échantillonnés ne l’ait pas appris à ceux qui ont voulu le savoir. Va-t-on réveler cette proportion ? Sans doute pas... mais ceux qui choisisssent en sous main les candidats en tiendront compte.

      Plus une démocratie s’éloigne des extrêmes, plus les programmes tendent a se ressembler et plus devient importante la personnalité des candidats. Plus devient fatal à une candidature tout ce qui peut inconditionnellement et irrationnellement la priver d’un appui. TOUT CE QUI FAIT L’OBJET D’UN PRÉJUGÉ.

      Posez l’hypothèse de 10% d’homophobes dans une population. Le candidat homosexuel doit obtenir 55,5% du vote de la population sans préjugés pour obtenir 50 % des suffrages. Un handicap sérieux. Evidement, on peut espérer qu’il n’y ait pas en France 10% d’homophobes, de racistes ou de misogynes, mais si l’on tend vers une similitude croissante des programmes, un nombre de plus en plus réduit d’individus préjugés seront suffisants pour faire basculer la majorité.

      Je ne crois pas qu’en cette présidentielle 2007, la mulierité de Segolene ait fait la difference : un « homme » de gauche n’aurait sans doute pas été élu, mais le principe demeure.

      Il deviendra de plus en plus risqué pour un parti de se choisir un candidat qui puisse susciter quelque préjugé que ce soit. Pas de membre d’un groupe ou d’une communauté qui puisse prêter à controverse. http://www.nouvellesociete.org/5139.html

      Tendance probable, donc, à choisir dorénavant des candidats neutres, aseptiques, ne se distinguant que par un sourire plus chaleureux et des réparties moins compromettantes. Des candidats à l’américaine...

      Mais Hillary, Obama ? Je ne crois simplement pas que Hillary ou Obama devienne président des USA, à moins d’une manipulation de la population américaine qui extirpe totalement la démocratie du processus. Un mal pour un bien ? Ce serait un tout autre débat.


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 mai 2007 09:55

      Bonjour Pierre,

      J’aime ton analyse. Elle sonne juste. La semaine prochaine, élection belge oblige, je sortirai un article qui exprime un peu les idées beaucoup plus « calmes » d’Outre Quiévrain. L’approche bele de la politique est totalement différente mais se rejoint bizarrement dans la finale. Cela donnera un faux goût d’exotisme beaucoup plus discret, moins « pompeux » dans le show mais tout aussi vrai. Non peut-être.... smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 mai 2007 10:28

      Sorry « approche belge ». Ce foutu clavier.... smiley


    • xavsxm 26 mai 2007 16:55

      Je ne suis pas certain que le fait que ce soit une femme ait pesé tant que ça dans la balance.

      Je pense qu’elle a prouvé, et nottament pendant le débat, qu’elle n’avez aucune idée précise d’où elle voulait aller et comment elle pouvait y parvenir.

      C’est donc l’absence d’idées et de programme clairs, couplée à son acharnement à faire « cap à gauche toute » contre le désir de nombreux Français y compris de gauche qui l’ont poussée dehors.

      Concernant Hillary CLINTON, je pense au contraire qu’elle a toutes ses chances de parvenir à la Présidence au moins pour deux raisons :

      Elle a prouvé depuis longtemps ses compétences et la clarté de ses idées, ses livres et ses conférences sont reconnues dans le monde entier.

      Il est aussi indéniable que ce qui joue en sa faveur est le fait d’être la femme du président que la plupart des Américains regrettent, ils auraient ainsi le sentiment de continuer avec Bill CLINTON.


    • Marie Pierre 23 mai 2007 11:27

      Bonjour Isabelle et merci pour cet article.

      Je rappelle le livre d’Elena Gianini Belotti « Du côté des petites filles » paru en 1992 aux Editions des Femmes.

      Tout comme Marsupilami, je ne voterais pas pour une femme parce que c’est une femme. Dans ce cas, j’aurais pu voter pour Arlette Laguiller depuis 1974, époque où le combat des femmes pour la reconnaissance de leurs droits était virulent.


      • Bouli Bouli 23 mai 2007 11:45

        A l’auteur : merci pour votre article

        A Marie-Pierre : excellent bouquin que j’ai dévoré, il nous en apprend beaucoup sur la façon dont on nous conditionne dès le plus jeune âge dans des rôles « masculin » et « féminins » créés par notre société.

        Mon commentaire n’est certes pas constructif mais merci infiniment...


      • ZEN zen 23 mai 2007 14:31

        Marie -Pierre, Bonjour

        Oui, le petit livre de Belotti n’a pas pris une ride. Il est toujours en bonne place dans ma bibliothèque et dans ma mémoire...


      • Pelletier Jean Pelletier Jean 23 mai 2007 15:30

        @Marie Pierre,

        je ne suis pas sûr (de mémoire) que l’excellent livre d’Elena Gianini Belotti « Du côté des petites filles » date de 1992. Il s’agit sans doute d’une réédition. il a été publié bien avant.

        Pour le reste je trouve ce papier bien interressant et judicieux. J’ai été sensible tout au long de la campagne à ces tonalités machistes à l’égard de SR.

        Pour ma part les séquences où elle l’a a jouè très mère de famille m’ont bien plu. Car je trouve qu’il n’y a arien de plus irritant que ces femmes en politiques qui pour y arriver se font « passer » pour des hommes. ex : MAM

        Nul ne peut nier qu’une femme ce n’est pas un homme et vice versa...

        et bien entendu je n’ai pas voté pour toutes ces raisons pour SR au 1er et au 2ième tour, mais bien parce qu’elle était la candidate du courant socialiste auquel j’appartiens.  smiley


      • Marie Pierre 23 mai 2007 15:46

        @ Jean,

        Effectivement, erreur de ma part car je l’avais acheté lorsque j’étais bibliothécaire, donc plutôt 82. Mais cela n’enlève rien à la qualité du livre.


      • Pelletier Jean Pelletier Jean 23 mai 2007 16:14

        @Marie Pierre,

        bien sûr que non je n’étais pas sûr de l’année mais j’avais le souvenir du début des années 80 ... c’est l’avantage de l’âge. sa lecture avait été une véritable révèlation qui ne m’a pas quité depuis et j’ai essayé d’élever mes enfants en en tenant compte.

        bien à toi.


      • tvargentine.com lerma 23 mai 2007 11:30

        Personnellement,je vote en fonction d’un programme,d’un projet et les hommes ou les femmes porteurs de ce projet sont avant tout des militant(e)s.

        Ségoléne ROYAL à été selectionner par le PS sur des choix que nous avons déjà détaillé ici et c’est pas la peine d’y revenir

        Il n’y a donc rien de sexiste dans le choix des élécteurs et electrices dans l’echec de Ségolène Royal

        C’est avant tout l’echec d’un collectif,celui du PS


        • Max Pintcy 23 mai 2007 12:02

          Dans l’électorat, il y a un peu + de 50% d’électrices.

          Point-barre.


          • Dryss 23 mai 2007 14:10

            Ce que vous ne comprenez pas visiblement, c’est que les femmes peuvent aussi être mysogines. Certaines études montrent même que les femmes sont autant ou même plus (!) mysogines que les hommes.

            Après, il faut interpréter ces résultats qui peuvent sembler illogiques mais en fait tout à fait explicables


          • Max Pintcy 23 mai 2007 16:36

            Non, pas mysogines, machistes.


          • hurlevent 23 mai 2007 12:25

            Bonne analyse sur les différence homme-femme, mais l’auteur n’explique pas pourquoi elle considère le pouvoir comme masculin. Dommage.


            • kolymine 27 mai 2007 03:34

              Les missiles, les armes, le sceptre du pouvoir, que des representation phallique... Bon Article, et effectivement il n’y a pas pire oppresseur que les opprimés... les femmes machiste, une sorte de syndrome de Stockholm


            • Luciole Luciole 23 mai 2007 13:35

              Votre analyse me paraît très juste.

              En ce qui concerne l’aspect masculin du pouvoir, il suffit de rappeler que la démocratie en France ne date que de 1945...

              Le conditionnement des petites filles me paraît un sujet très préoccupant dans un contexte de très forte compétition de masse. Les parents actuels ont tendance à « sur-féminiser » leurs gamines pour en faire des femelles dominantes. En effet, les femelles dominantes dans notre société sont celles qui sont supposées le plus plaire aux hommes.

              Il me semble que plus que jamais les femmes se considèrent comme des objets à vendre, dont il faut avant tout soigner le marketing et l’emballage.

              L’échec, pour une femme, ce n’est pas de perdre son travail, de ne pas faire un travail assez qualifié, de ne pas s’accomplir sur le plan intellectuel et moral, c’est toujours de perdre son compagnon.

              Il est invraissemblable que plus de femmes ne réagissent pas au caractère ridicule et dérisoire d’une telle situation. Elles sont de ce point de vue fortement responsables de l’image que les hommes ont d’elles : des être dépendants et incapables de se débrouiller toutes seules, de réfléchir de façon autonome ou de prendre des décisions pondérées.

              Certes, dans les rapports de couple, peu d’hommes supportent encore d’être dominés intellectuellement et financièrement par leur femme. Le problème était déjà posé il y a plus d’un siècle par Maupassant (Bel Ami) et l’évolution est d’une lenteur accablante.


              • Marie Pierre 23 mai 2007 13:56

                « Femelle dominante », j’ai l’impression de lire du Christine Boutin !!!


              • Babar38 23 mai 2007 14:32

                Je n’ai pas l’impression que cette évolution soit si lente que ça. J’ai 22 ans et je fais partie d’une génération au sein de laquelle plus personne ne s’attend à ce qu’un homme domine une femme dans un couple, financièrement, psychologiquement ou autre. Il n’y a plus de différence d’accessibilité aux études ou à l’emploi. La dernière différence concerne l’ambition et elle n’est pas loin d’avoir disparue. Les hommes voient, aujourd’hui encore, les choses en plus grand mais je sais que ce n’est qu’une question d’années avant que ce phénomène ne soit plus palpable.

                Concernant les élections, j’aimerais juste ajouté qu’étant un homme, j’ai eu un grand plaisir à voter pour une femme au deuxième tour. Evidemment le fait qu’un candidat soit une candidate ne peut pas me motiver mais inconsciemment, je pense que ça me pousse à aller evers elle, et je sais que je susi loin d’être le seul homme dans ce cas là.

                Alors si on ajoute, les machistes, les féministes extremistes, les femmes qui ne veulent pas voter pour des femmes et les hommes atirés par l’idée de voter pour une femme, je pense qu’on peut dire que tout se compense, nan ?


              • Luciole Luciole 23 mai 2007 14:39

                L’éthologie n’est pas réservée aux autres animaux... Nous ne sommes toujours que des primates.


              • Luciole Luciole 23 mai 2007 14:44

                @ Babar 38

                Je vois effectivement des jeunes hommes qui semblent évoluer un peu. Mais les jeunes filles n’ont jamais dépensé autant d’argent pour leurs fringues et leurs sous-vêtements. Je ne pense pas que ce soit pour leur carrière qu’elles le fassent.

                Par ailleurs, je vois aussi beaucoup de jeunes femmes qui abandonnent des carrières brillantes dès qu’elles ont des enfants alors que leurs maris ne font pas les mêmes concessions sur les horaires et la disponibilité.

                Mais l’espoir reste permis...


              • Pelletier Jean Pelletier Jean 23 mai 2007 15:36

                @Marie pierre,

                quel rapport entre Christine Boutin et les « femelles dominantes » ... il se trouve que je la connais un peu et je ne vois pas....


              • Marie Pierre 23 mai 2007 15:53

                @ Jean,

                Elle a parlé (faut que je retrouve le texte exact) des femelles recherchant la domination des mâles..


              • Marie Pierre 23 mai 2007 16:11

                Erreur, décidément, je confonds avec Roselyne Bachelot.


              • Pelletier Jean Pelletier Jean 23 mai 2007 16:17

                @Marie Pierre,

                Ne m’en veut pas, je ne te « pourchasse » pas, mais c’est en effet Roselyne Bachelot qui a prononcé ces mots que je ne voyais vraiment pas dans la bouche de Christine Boutin.

                bien à toi.

                 smiley


              • lezard 23 mai 2007 14:25

                Le fait que ça soit une femme n’a visiblement en aucun cas influencé mon entourage (très largement sarkozyste). Par contre, ces accusations incessantes de sexisme sont tout simplement un moyen de ne pas regarder la réalité en face. On dit qu’elle est incompétente ? Du sexisme primaire monsieur ! Personne pour analyser la remarque ? Personne pour remarquer son manque d’expérience par rapport à son adversaire politique ? Personne pour évoquer son bilan très moyen issu de ses petites responsabilités ?

                Pour finir, je trouve vraiment dommage que les socialistes se focalisent sur des critères physiques au lieu du fond. Combien de caricatures sur la petite taille de Sarko, sur son bide naissant, etc ?


                • Babar38 23 mai 2007 14:38

                  Et moi j’en ai marre que les gens de droite critiquent Ségolène que sur son physique, la taille de sa voiture et se moquent d’elle parce qu’elle a plus de 4 enfants et qu’elle est pas très douée au Sudoku !

                  Je pense qu’il serait sage d’arrêter de dire n’importe quoi et d’imputer d’étranges pratiques à des immenses groupes de la population. Je viens moi-même de me surprendre à le faire. Attention mes chers, on est là, tranquille, on dicute et d’un coup, paf ! Diffamation collective, inutile et contre-productive. Qui sort de notre bouche, sans qu’on s’en rende compte. Alors courage, la vie est belle. Enfin, je crois.


                • maxim maxim 23 mai 2007 14:36

                  je vais vous délivrer ma pensée de mec de droite ...

                  Ségolène Royal à été le seul « MEC » de sa formation et la seule qui a eu le courage de monter au casse pipe .....

                  et pendant la campagne je lui ai cassé du sucre sur le dos ,mais je reconnais le courage de la femme ,et je respecte la concurrente qui a éssayé ,qui s’est battue ,avec le résultat que l’on sait ,mais qui a gardé la face , pas comme un candidat dépité de 2002 qui nous a fait son cinoche .....

                  la vraie « couillue »,c’est elle ....


                  • Bouli Bouli 23 mai 2007 14:48

                    Merci pour elle mais je rebondis sur votre vocabulaire : Ségolène a été forte, déterminée et est allée jusqu’au bout. Or pour la féliciter sur cette volonté à toute épreuve vous la qualifiez de « mec » et la dite « couillue » . C’est symptomatique : détermination, volonté sont donc considérées comme typiquement masculines or je vous assure qu’on peut être naturellement femme et forte à la fois.


                  • maxim maxim 23 mai 2007 14:54

                    Bouli......

                    c’est un hommage de mec de droite ,et demandez à ceux qui me connaissent ,je suis le dernier auquel ils auraient pensé pour ce compliment à S . Royal ......

                    je l’ai dit avec mes mots ......


                  • Bouli Bouli 23 mai 2007 15:15

                    Oh mais je ne vous en veux pas, je tenais juste à signaler que pour féliciter une femme vous la qualifiez de « mec ». Et beaucoup de gens font encore ça...


                  • Pelletier Jean Pelletier Jean 23 mai 2007 15:39

                    @tiens Maxim,

                    tu n’as pas toujours dis cela...étonnant ! mais en fait c’est en vaincue que tu l’aimes !!


                  • Battement d’elle 23 mai 2007 19:45

                    @ Maxim

                    Bon... c’est bien de rappeler le courage de S. Royal : mais pas la peine de l’affubler de ces « bijoux » ridicules.... pas plus que du sobriquet de « mec » !

                    Ça fait quand même un bon moment que les femmes ont cessé de regarder la vie en rose layette.

                    Que l’auteur en soit toujours sur ce sujet à l’âge de pierre : ça ne concerne qu’elle !


                  • MAn 23 mai 2007 14:44

                    Ségo. ? : un homme comme les autres

                    Pourquoi ce titre : je la trouve brutal dans ses propos et dans ses actes !

                    J’entends que les femmes n’aiment pas votés pour une femme. C’est un faux problème : certaines votent exclusivement pour des femmes d’autres n’ont pas confiance. En dehors de ce faux problème, sa non-élection est du à des raisons tenant du fond. Avant tout son programme : le SMIC à 1500 euros n’a pas convaincu. N’avoir pas su positionné Sarko comme un candidat dans la continuité de Chirac en est une autre raison.

                    Bref, cette histoire de maison des hommes ne tient pas de bout à mes yeux ! Elle est plutôt construite sur une idée puéril dont son ciment est la guerre des sexes.

                    Que les femmes aient des difficultés pour se faire une place dans la société française est un faite. Seulement, nul ne rappelle que 6 des 15 ministres sont des femmes dont Mme Alliot-Marie en est la figure de proue

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès