• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Il n’y a pas que des contes de fées !

Il n’y a pas que des contes de fées !

Il n'y a pas que des contes de fées : avec ces mariages princiers qu'on nous montre à la télé, l'ascension i(résistible) de quelques parvenus ou parfois leurs chutes brutales...

Il existe une vraie vie, celle de ceux qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, qui désespèrent pour leurs enfants, qui ne savent pas comment faire.

On dit trop souvent que les parents des "cités" démissionnent.... Certains réussissent malgré tout à s'accrocher et d'autres ne peuvent pas.... A qui la faute ?

Ce roman de Silvia Avallone nous parle d'une ville industrielle italienne, Piombino mais l'histoire aurait pu se passer en France, à Lille, à Marseille ou dans la banieue parisienne

« D'ACIER »

roman de Silvia Avallone

éditions Liana Lévi

avril 2011

386 pages
 

 UN EX ROYAUME CABOSSE !

En Italie aussi...La misère sociale et économique est là pour les damnés de la terre et leurs familles.

Ils s'accrochent à l'usine même si les hommes s'y ruinent la santé et même si la délocalisation prochaine est quasi inéluctable.

« ça veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d'immeubles d'où tombent des morceaux de balcon et d'amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent ? Quel genre d'idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter les journaux, de ne pas lire de livres, où la question ne se pose pas. »

C'est roman social, bien noir mais aussi et surtout une histoire humaine à l'aube du 3 ème millénaire dans un pays industriel où se côtoient sans vivre ensemble, deux mondes différents : les condamnés et les nantis !

Anna et Francesca, jeunes adolescentes qui n'ont pas encore quatorze ans ont un atout, c'est de rêver d'évasion et d'avenir ensemble....

Vont-elles avoir le temps de grandir comme n'importe quel enfant de cet âge ?

Rien n'est moins sûr....

Elles sont belles, elles le savent et en jouent sans bien envisager les conséquences et les risques de voir leur enfance sacrifiée...Elles délaissent le monde des enfants pour se risquer à celui des hommes qui eux cherchent à oublier l'acier incandescent qui les attend.

Leurs mères sont perdues, prisonnières d'une condition qui les voue à être deux fois victimes :

Elles sont des femmes humbles qui doivent faire bouillir la marmite et payer les traites et aussi des épouses de maris pas toujours à la hauteur....

Le père de l'une des héroïnes est possessif et violent alors que l'autre est démissionnaire et naturellement absent...

Comment voulez vous pouvoir vous construire et trouver le bonheur ?

La violence qui est faite aux femmes est ignorée quand elle n'est pas banalisée et quand les liens sociaux sont distendus, il n'y a plus qu'à glisser au fil de l'eau et attendre...

C'est du Zola d'aujourd'hui....

Le rythme de l'histoire est soutenu et même s'il ne s'agit pas là d'un livre policier, le suspense nous tient en haleine.

La Méditerranée et ses plages offrent quelques moments de fausse détente et si l'Ile d'Elbe n'est pas loin, cette terre n'est pas un espace de vacances.

Cet ex royaume de la beauté est une terre cabossée où sont sorties des usines et des barres de béton où s'échouent les désirs d'évasion.

Jean-François Chalot


Moyenne des avis sur cet article :  4.56/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • BABAYAYA BABAYAYA 19 mai 2011 10:23

    Bonjour à tous.


    Merci de m’avoir parlé d’un livre que je n’aurai pas connu sinon.

    triste chronique d’une trop réelle actualité...

    bonne journée malgré tout.

    • Ruut Ruut 19 mai 2011 16:47

      C’est l’épouse qui est le ciment du couple.
      Si l’épouse faillit, le couple faillit.


      • loco 19 mai 2011 23:03

        « L’île d’Elbe n’est pas un espace de vacances ».... oh, on dirait du Bonaparte....
        Au-delà de la blagounette, la question que la question pose rejoint assez les problèmes de l’impossible croissance à l’infini soulevés par les écolos.... s’agit-il encore de chercher une issue vers un niveau de vie incarné à l’extrême par quelques monstres « sucrés », qui, au demeurant semblent assez cinglés, ou plutôt de réinventer une solidarité faite, non pas de pitié-compassion-charité, mais d’estime partagée et de bonheur de vivre ensemble (je dirais « amour » si la calotte n’avait pas infecté ce joli mot) qui rende à la simplicité (chapeau bas devant le courage des démunis) sa possibilité de bonheur (dans le combat ?)

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès