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Accueil du site > Actualités > Société > Il y a 25 ans, un crépuscule de l’Occident a commencé

Il y a 25 ans, un crépuscule de l’Occident a commencé

1991, il y a 25 ans, c’est l’année officielle du démantèlement de l’Empire soviétique fondé en 1917 après la révolution bolchevique conduire par Lénine. Les intellectuels européens ont largement commenté cet événement sans en saisir la portée. Sous le miroir du bloc de l’Est en décomposition, les puissances occidentales se sont réconfortées et quelque part justifiées dans leurs croyances idéologiques associant la démocratie et l’économie de marché. Mais progressivement, les sociétés occidentales ont fini par s’endormir en gérant les pays comme de grandes entreprises. Si bien que l’espérance collective s’est éteinte au profit des cultes individualistes associant le souci du corps, des loisirs et la réussite économique personnelles. Les mouvements sociaux de grande ampleur ont disparu au profit de quelques franges contestataires antimondialistes ou néo-nationalistes. En 2016, il n’est plus question de construire l’avenir mais de le préserver. Les fantasmes climatiques ont fait croire à la population que les grands de la Cop-21 ont décidé de sauver la planète. Le monde avancé se mire dans le développement durable et ne fait plus la différence entre le monde réel et le blockbuster planétaire scénarisé et storytellisé par les agents de communication émanés des officines de réflexion technocratique. Les politiciens ne croient plus dans les sociétés civiles et ne jurent que par la croissance qui du reste, se fait attendre depuis des lustres. Sans oublier l’illusion technologique consécutive au protocole de Lisbonne qui a vite montré ses failles et ses limites.

Depuis 1991, la morosité en politique et l’effet trompe-l’œil des progrès technologiques ont été accompagnés d’un crépuscule de la culture qui en France fut capté avec lucidité par JM Domenach à travers l’évolution du roman. Ces dernières années, les romans ont largement labouré le passé pour s’en inspirer et faite preuve d’intention littéraire après l’hégémonie de la littérature nombriliste. Depuis 1991, les télévisions ont suivi l’audimat et diffusé des produits industriels formatés, non sans quelques poches de résistance avec le salut médiatique que fut la chaîne Arte et quelques émissions tardives à prétention culturelle. Le rock post-MTV est resté médiocre. Le cinéma populaire a capté les masses. Bref, un crépuscule dans tous les secteurs, y compris la littérature scientifique en France. Je ne connais pas la situation dans les autres pays européens. Je sais juste que dans le monde anglo-saxon, la science et sa médiatisation se porte mieux, avec des articles de très bon niveau dans des revues comme le New Scientist et of course Nature. En France, les revues scientifiques pour public instruit sont formatées pour des potaches d’amphi. La Recherche n’est plus la belle revue aventureuse qu’elle fut dans les années 60 à 80. Le lent déclin de la pensée scientifique est accompagné par le marasme de l’éducation nationale avec une proportion de jeunes qui n’ont plus le goût de l’effort et la passion d’apprendre.

2017, et si on effectuait un détour par la campagne. Pas de quoi écrire des tonnes de pages. En vue dans les médias, un ex-président Sarkozy, agité compulsionnel vomissant ses obsessions et colères pour un effet blast. Un président Hollande, homme sans qualité qui depuis plus de quatre ans joue au président dans les médias en bénéficiant d’un socle de fidèles et qui n’a plus la cote tant sa gestion a été médiocre. Les médias jouent alors la carte du renouvellement sans voir que Bruno Lemaire est un quadra déjà vieux dans sa tête, avec des réflexes de retraité et des idées rétrogrades. On dirait un catho bon chic bon genre des années Pompidou. Emmanuel Macron n’est guère plus audacieux, trempant son idéologie dans le positivisme de 1830 et le républicanisme scientiste de la Troisième République. Rien d’innovant n’émerge si bien que le seul candidat par défaut reste Alain Juppé. Malgré ses 70 ans, c’est lui qui possède l’esprit le plus jeune. Mais tout est relatif et la France ne peut pas élire un audacieux car ce pays a une mentalité de vieille nation moisie guidée par des idées rances et gérée par des technocrates. Juppé représente un peu le sage capitaine capable d’éviter le naufrage du paquebot France.

Plus généralement, tous les pays occidentaux sont minés par cette errance idéologique traduite en terme de désaffection à l’égard des classes dirigeantes. L’ONU s’inquiète des discours populistes sans mettre l’accent sur le terrain qui favorise l’imprégnation du populisme chez des gens qui se sentent délaissés par ces élites nomades qui se sont détachées des peuples. Et ont géré les pays comme des entreprises au lieu de les prendre pour des ensembles d’humains réunis par des souffrances, des aspirations et un puissant terreau historique et culturel.

Ce crépuscule de la France et d’autres pays s’explique par l’absence d’innovations depuis 25 ans. Les acquis obtenus entre le 18ème siècle et les années 1980 ont été copieusement utilisés et sont maintenant usés. Même aux Etats-Unis, le désarroi se dessine, avec deux candidats suscitant une défiance comme jamais auparavant. En France, le cirque des présidentielles ne fera pas émerger un visionnaire mais aura le mérite de divertir les spectateurs avec des journalistes maintenant habitués à commenter la vie politique comme un match de foot. Machin ou Truc est taclé par Bidule. C’est sûr qu’on va aller loin. La société est devenue un centre commercial. Quand le mur de Berlin a été fracassé, les Allemands de l’Est se sont vus offrir des billets en marks pour aller acheter des biens dans le monde libéré de la marchandise. Rien n’a changé depuis. Le long crépuscule de l’histoire moderne est en marche. Rien ne peut dévier ce processus qui a le mérite de satisfaire une majorité de gens qui s’en sortent et/ou ne sont pas très regardants sur les valeurs et l’éthique.

Pourtant, les idées révolutionnaires émergent dans beaucoup de secteurs mais elles ne sont pas partagées ni examinées. Les gens en place préfèrent les idées convenues quitte à moisir d’une acceptable existence.


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24 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 septembre 10:55

    Alain Juppé. Malgré ses 70 ans, c’est lui qui possède l’esprit le plus jeune.

    C’est aussi lui qui possède le plus grand potentiel socio-économique ! ! !

    Alain Juppé, 1996 :
    « L’Etat est un mauvais actionnaire, a tranché le gouvernement Juppé. Le prix de vente de Thomson en est la démonstration : si l’entreprise ne vaut plus que 1 franc, c’est qu’elle fut mal gérée. »
    http://www.liberation.fr/evenement/1996/10/30/quatre-questions-sur-une-privatisation-a-1-franc-valeur-du-groupe-logique-de-la-vente-au-secteur-pri_185500

    2006 :
    Thomson ne vaut plus 1 franc symbolique.
    http://www.liberation.fr/futurs/2006/03/27/thomson-ne-vaut-plus-1-franc-symbolique_34424
    L’offre de rachat serait de 5 milliards d’Euros. Loin, très loin du franc symbolique auquel Alain Juppé avait estimé la valeur de Thomson, à l’époque où il voulait le céder au coréen Daewoo. C’était en 1996. Il y a dix ans pile.

    Enfin, en tout état de cause et pour être parfaitement clair, ce n’est certes pas « l’extrême intelligence supposée » de Juppé (« Le meilleur d’entre nous » selon Chirac) qui a fait monter la valeur de Thomson de 1 Franc en 1996 à 5 milliards d’Euros en 2006...

    2016 :
    Aujourd’hui, cet homme présente-t-il une seule proposition socio-économique innovante, réaliste et progressiste ?...

    P.S. :
    Un Repris de Justice sera-t-il le prochain Président de la République Française ?
    https://blogs.mediapart.fr/andremarchal/blog/020116/un-repris-de-justice-sera-t-il-le-prochain-president-de-la-republique-francaise


    • zygzornifle zygzornifle 8 septembre 09:05

      @Jean-Pierre Llabrés


      Belle carrière politique le juppé accompagnée de nombreuses escroqueries :

      En juin 1995, le Canard enchaîné épingle Alain Juppé, alors Premier ministre de Jacques Chirac. En cause : depuis 1990 et alors qu’il occupait des fonctions d’adjoint aux finances de la Mairie de Paris, celui-ci louait un logement de 180 mètres carrés, propriété de la Ville de Paris, situé rue Jacob, dans le 6ème arrondissement, pour un loyer mensuel de 12.000 francs (environ 2.000 euros), bien en dessous des prix du marché.L’hebdomadaire tire par deux fois sur Juppé en affirmant que le ministre aurait également contribué à réduire le montant du loyer de son fils, logé aussi par la Ville de Paris dans un appartement de 88 mètres carrés. Une enquête du Parquet de Paris s’ouvre. Alain Juppé et son fils déménagent. L’affaire est classée. 
      Puis il y a eut les emplois fictifs et sa fuite au Canada ...

      Il y a en France 360 métiers ou on doit avoir un casier judiciaire vierge .....Aux états Unis Juppé aurait fini gardien de parking ou plongeur dans une pizzeria voire pompiste mais en France on aime bien ces crapules et on les adules , si en politique on n’a pas de casseroles biens croustillantes on ne peut espérer y faire son trou ..... 

    • Taverne Taverne 7 septembre 11:04

      Le pouvoir ne manœuvre que deux leviers, celui du désir et celui de la volonté, alors que la nature humaine connaît deux autres forces et qui sont la confiance et l’aspiration. Les candidats au pouvoir et le pouvoir instrumentalisent en outre la haine et la peur. Dans ce parterre de candidats, combien en appellent à ces deux forces primitives, confiance et aspiration, sinon peut-être celui que vous avez cité ? Mais cela reste à voir...


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 12:29

        @Taverne

        Texte copié sur Non Fiction ----------- Résumé : Le romancier Philippe Vilain défend le style, paradis perdu de la littérature contemporaine ----------------- La littérature n’est donc plus une aventure intérieure et n’admet plus les héros indécidés. Soumise à la loi du marché, elle fournit « des travers ou des politiciens, des ingénieurs ou des cadres supérieurs, des communicants ou des entrepreneurs, des tyrans ou des criminels, des hommes pressés ou des femmes actives, des ambitieux et des carriéristes, des connectés et des déterminés, agissant sur leur destin et leur petit monde. »

        Ce qui manque surtout à la littérature contemporaine, selon cet essai qui a souvent le ton d’un pamphlet, c’est le style, défini comme la « forme d’expression accomplie qui permet la synthèse de la maîtrise technique et de l’expression d’une personnalité ». Philippe Vilain attribue ce manque de style à « l’art français de ne plus écrire », qu’il analyse même dans un développement intitulé « petite fabrique du désécrire », comme si le néologisme faisait preuve. Il s’agit d’une littérature « sans nécessité, sans goût, ni bien ni mal écrite, […] rédigée plutôt ». C’est qu’elle « s’est moins proustisée que célinisée ». L’expression, l’oralité et l’émotion l’emportent sur le travail de la langue et de la mémoire qui pouvait offrir une « vision du monde par sa forme » .


      • ZenZoe ZenZoe 7 septembre 11:19

        Je place le début du crépuscule de l’Occident un peu plus tôt, en 1974 précisément.
        Le premier choc pétrolier a effectivement sonné le glas de la prospérité et des certitudes des pays occidentaux, mettant brusquement en lumière l’extrême fragilité de notre modèle de société dite de consommation, ses besoins immenses en énergie et sa trop grande dépendance à ceux qui en produisent.
        Et malheureusement, après le choc, est venu l’aveuglement, le déni... Nous avons continué à foncer dans le mur les yeux fermés, maintenant une façade de richesse tandis que l’intérieur s’effritait à la vitesse grand V.


        • Jao Aliber 7 septembre 11:53

          L’URSS de Lénine était une catastrophe.Un régime économique basé sur la pénurie des biens de consommation en plus d’un chômage déguisé qui plombait la productivité des entreprises.


          La chute du Mur de Berlin était donc un avancé majeur vers....le communisme !

          En effet, les conditions économiques de la révolution communiste n’ont jamais existé(et même aujourd’hui, les conditions manquent).Ces conditions supposent un immense développement industriel qui transformerait la majorité des travailleurs salariés en chômeurs.

          Comme on le voit, le chômage ne cesse d’augmenter, la croissance ne cesse de baisser sur le long terme, etc.On se dirige vers les véritables conditions du communisme : la récession permanente, la hausse permanente du taux de chômage qui doit finir par réduire le travail salarié à une minorité dans la population.

          Il fallait donc que l’URSS tombe et que le capitalisme se charge de développer rapidement les forces productives vers le stade communiste qui s’approche.

          • epicure 7 septembre 17:08

            @Jao Aliber

            Ce n’est pas l’URSS de Lénine mais celle de staline.

            Deux personnages différents avec des visions différentes.

            Et le stalinisme n’a jamais eu comme objectif d’amener le pays vers le communisme décrit par Marx, mais uniquement de conserver la situation installée à la fin des années 20.

            S’il y a une évolution vers le socialisme, ce ne sera pas avec les ouvriers de l’industrie, mais avec les gens du secteur tertiaire, y compris les classes moyennes, ce qui implique une dégradation de leur conditions. Ce point sera celui où la dégradation sociale du capitalisme ne permettra plus d’avoir à sa disposition une propriété individuelle ( pas la propriété privée des moyens économiques ) leur assurant un minimum de confort, ni les moyens d’assurer le bien être de leur famille. A un moment le mirage « libéral » ne pourra plus passer, quand les gens se rendront compte que ce qui était disponible pour pratiquement tout le monde à une époque ne l’est plus que pour certaines à l’exclusion du plus grand nombre.

            L’augmentation du chômage, la dégradation des services publics, de l’école, les difficultés croissantes pour l’accès au logement peuvent y participer. Plus le capitalisme assoira son pouvoir sur le peuple, plus il favorisera l’émergence d’un désir de changement quand certains gardes fous auront disparus ( des fois grâce à la technique des petits pas).
            Ce qui est ironique c’est que ceux qui réclament la fin des garde-fous ont le moins intérêt à long terme à leur suppression.

            Le tout étant de ne pas se laisser avoir par la diversion identitaire, qui en fait maintient le pouvoir de certaines élites économiques (mais du pays, blanches et chrétiennes).

            Mais surtout il manque un modèle de rupture de base pour le support à une vrai révolution, comme l’avaient été les Lumières pour la révolution française, ou les différents courants se réclamant du socialisme ou du communisme pour la révolution de 1917.


          • François Vesin François Vesin 7 septembre 23:55

            @Jao Aliber
            « En effet, les conditions économiques de la révolution communiste n’ont jamais existé(et même aujourd’hui, les conditions manquent).Ces conditions supposent un immense développement industriel qui transformerait la majorité des travailleurs salariés en chômeurs. »

            Kamarade, brother, my friend : que crois-tu que nous ayons mis en place
            sans attendre tes critiques : nous avons créé un immense développement
            industriel en Chine et nous nous employons chez nous, aux USA, et dans nos colonies européennes à pérenniser la transformation d’une immense majorité de salariés en chômeurs...et, quand tout va bien, nous arrivons même à en faire des « précaires » auxquels nous offrons, pour se défouler, les immigrés que nous créons partout où nous agissons en libérateurs au nom des droits de l’homme !!! 

          • CN46400 CN46400 8 septembre 08:10

            @epicure

            "Ce n’est pas l’URSS de Lénine mais celle de staline.

            Deux personnages différents avec des visions différentes.« 

            C’est très difficile de différencier les visions de Lénine de celles de Staline. Par contre les démarches politiques sont faciles à cerner. Alors que Lénine, avec la NEP cherchait un compromis long avec le capitalisme, Staline, avec le »socialisme dans un seul pays" voulait accélérer la transition, c’est à dire : brusquer l’histoire. Au final, c’est un retard grave qu’il va falloir rattrapper...

            Mais, il faut rappeler que les transitions précédentes (Féodalisme-capitalisme....) ont duré plusieurs siècles, et n’ont pas été que des longs fleuves tranquilles .


          • epicure 8 septembre 17:28

            @CN46400

            Lénine et Staline avaient deux visions différentes. Et Lénine refusait que staline impose sa vision à la révolution avec sa bureaucratie autoritaire.
            Tiens j’ai lu récemment que la femme de Lénine a dit que pour rendre hommage à Lénine, ce n’est pas un mausolée exposant sa momie qu’il aurait fallu faire, mais construire des écoles, des hôpitaux, etc....
            Rien que ceci met en évidence une vision du monde différente.

            Lénine je le décrirait comme un socialiste pragmatique avec des aspects autoritaires ( pour faire la révolution, puis la double guerre il n’a pas hésité à casser des oeufs ).
            Alors que staline lui est simplement un autoritaire mégalomane, même pas socialiste.

            Ce qui signifie que Lénine a eu de mauvais côté, parfois poussé par les circonstances, mais il a aussi des bons côtés, défendant notamment diverses libertés sociétales, le souci de défendre els idées socialistes pour les pauvres, etc..., et puis la NEP montre sa souplesse.
            Alors que staline n’a aucun bon côté, et a détourné le socialisme à ses fins personnelles pour construire un régime à son image, et par conséquent stalinisme est le meilleur terme pour le décrire.

            La NEP n’est pas tant un compromis avec le capitalisme qu’une tentative de remettre l’agriculture en marche. Mais je pense qu’à long terme, s’il avait vécu plus longtemps, il aurait tenté une collectivisation en douceur pour qu’elle puisse réussir.

            Ce qu’a fait staline ce n’était pas du socialisme dans un seul pays, mais uniquement du stalinisme dans le pays dirigé par Staline, et il n’a jamais voulu faire une transition vers le socialisme. Tout ce qu’il a fait c’est un régime autoritaire bureaucratique , étatique, avec un saupoudrage social pour donner l’illusion de socialisme.
            Vu que le socialisme avait pour but l’émancipation des hommes,dans une société démocratique au niveau tant politique, qu’économique et sociétal , ce n’est clairement pas l’optique du stalinisme qui est un régime conservateur. Pour staline il n’y avait aucune transition en perspective, contrairement à lénine.


          • CN46400 CN46400 8 septembre 22:26

            @ épicure


            je déteste les jugements historiques trop axés sur des évaluations des caractères supposé des personnages concernés. Cela conduit souvent à des conclusions contestables.
            Par exemple on lit, souvent, que Hitler était fou et comment alors expliquer qu’un fou ait plié, en 1940, la supposée meilleure armée de monde (française), commandée par une pleiade de généraux géniaux, en moins d’un mois ?...
             Très souvent l’intelligence des dirigeants, communistes en particulier, est dévaluée, Staline particulièrement. Même si les méthodes de Staline peuvent, et doivent, être critiquées, cela ne doit pas occulter les choix, et les motivations, politiques qui sous-tendaient sa politique. 
             Après la fin de la guerre civile, les dirigeants du PCUS, Lénine en tête, ont constaté que l’accumulation primitive du capital était insuffisante pour installer un régime socialiste efficace. Lénine, sur sa carrure politique, a alors, imposé la NEP qui visait à intéresser, sur une longue période (60 ans pour la concession du Kamchaka), les capitalistes étrangers (Allemand et US surtout) au développement économique de l’URSS. 
              A la mort de Lénine (1924), les critiques contre la NEP (inégalités) ont pris du relief, surtout parmi les communistes nouveaux, jeunes, politiquement incultes. Staline qui, pas plus que Boukharine ou Trotski, n’avait critiqué la NEP du temps de Lénine a alors proposé le « socialisme dans un seul pays », formule démolie instentanément par un article de Trotski, mais le contenu est resté, mettant Staline dans une position politique favorable devant le PCUS, pour capter l’essentiel des pouvoirs.
              Et la politique autarcique s’est installée en URSS et a vécu, avec les résultats que l’on connait jusqu’en 1991, et bien sûr aussi les méthodes autoritaires qui allaient avec ! Dans son article sur le « socialisme dans un seul pays », Trotski avait averti : « ce sera un régime de pénuries donc policier »
              Le seul domaine qui a vu l’URSS au premières places fût le militaire et le paramilitaire (fusées etc...). Reste que Staline a conduit l’URSS à la victoire de 45.... Mais bien peu nombreux sont ceux qui qui se posent un question pourtant simple mais, évidemment, sans réponse : Avec la NEP, Hitler serait-il parvenu au pouvoir ?




          • fred.foyn fred.foyn 7 septembre 13:45

            En fait, l’avenir de l’homme rétrécit un peu plus chaque jour...Son champ de vision n’est plus que de quelques degrés du fait de sa perte de mémoire sur son histoire... !


            • Rincevent Rincevent 7 septembre 15:05

               …l’espérance collective s’est éteinte au profit des cultes individualistes… Pour ceux qui se poseraient la question de savoir d’où vient cette tendance de fond et comment elle a été mise en place, je ne saurais trop conseiller de lire Christopher Lasch : La Culture du Narcissisme - https://fr.wikipedia.org/wiki/Christopher_Lasch - Une analyse visionnaire (il est décédé en 1994) de ce qui arrive aujourd’hui.


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 septembre 15:16

                @Rincevent

                Tout à fait, un livre à compléter par un autre essai du même auteur, la révolte des élites, dans lequel il décrit la désaffection des élites face aux valeurs et à la haute culture --------- La Révolte des élites et la trahison de la démocratie (titre original The Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy) est un livre écrit par l’historien et sociologue américain Christopher Lasch juste avant sa mort et publié de façon posthume en 1995 (1996 pour l’édition française). Ce livre-testament défend l’idée que la démocratie n’est plus menacée par les masses, mais par ceux qui sont au sommet de la hiérarchie. Le livre est divisé en trois parties. -------

                https://fr.wikipedia.org/wiki/La_R%C3%A9volte_des_%C3%A9lites_et_la_trahison_de_la_d%C3%A9mocratie


              • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 7 septembre 17:06

                Je n’innove pas cette fois-ci, je re-poste le même commentaire suite à ceci : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-mecanique-quantique-impose-de-184272


                « Mohammed MADJOUR 3 septembre 18:51
                Chantes, Dugué, chantes !!!

                « »Etat solide, techniques, Etat de droit, démocratie, communication et médias caractérisent les pays européens en 2016. Mais ces pays sont pour la plupart en crise à des degrés divers, surtout les grandes nations qui ont fondé l’Europe, France, Italie, Allemagne, puis le Royaume Uni et l’Espagne.« »

                La France particulièrement et l’Occident dans son ensemble sont remis en cause idéologiquement, historiquement, culturellement et scientifiquement par :

                01) « RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET ÉPISTÉMOLOGIE » de 2001 
                02) » SYNTHÈSE DES EVÈNEMENTS HISTORIQUES ’ de 2003 

                Après ça... Quantique, Cantique ou Cantique des Cantiques, à chacun sa façon de chanter !«  »
                ------------

                Mais vous Dugué, on dirait que vous voulez vous racheter en essayant de résumer mon « pessimisme »... Toutes ces bribes de phrases se retrouvent dans mes articles et dans mes commentaires.

                Chantes Dugué, chantes ! .

                • epicure 7 septembre 17:18

                  Faire de juppé, le conformiste de la pensée unique, tout comme macron, le porteur d’alternance, c’est assez comique.

                  Depuis la chute du mur de berlin, et donc la fin de la menace d’une menace « communiste », ce sont les élites qui expriment de plus en plus leur désaffection pour le peuple, qui ne retour leur rend bien.
                  Qu’est ce qu’il a à proposer sinon l’idée rance de la dérèglementation au profit des élites économiques et au dépend des travailleurs ? le modèle du capitalisme du 19ème siècle.
                  Une politique de droite vielle comme le monde : le privilège, pour les élites, et les difficultés, l’absence de liberté pour les gens du peuple. Seul avantage par rapport à d’autres concurrents, il ne se positionne pas sur un conservatisme rance.


                  • Jordi Grau Jordi Grau 7 septembre 18:38

                    @epicure

                    Bien dit. Je voulais justement faire un commentaire dans ce sens. Il me semble que M. Dugué n’est pas tout à fait cohérent dans son article. D’un côté, il fait remonter à 1991 le début d’un déclin de l’occident, et de l’autre il vante les mérites de Juppé. Pourquoi y a-t-il là une incohérence (au moins apparente) ? Parce que 1991 est une étape dans l’essor d’un capitalisme débridé dont Juppé a été le fidèle serviteur.

                    La fin de l’Union soviétique a marqué la fin d’une époque où deux modèles de société étaient en concurrence. Pendant la guerre froide, et même avant (New Deal, Front Populaire), le capitalisme a été contraint de mettre de l’eau dans sa vin. Un mouvement ouvrier fort et une agitation pré-révolutionnaire pouvaient à l’époque faire peur aux dirigeants politiques et économiques - d’où des compromis sociaux-démocrates dans les pays du bloc occidental (impôt assez fortement redistributif, sécurité sociale, etc.) avec bien entendu des variantes suivant les États. Ce modèle s’est considérablement essoufflé à la fin des années 70, notamment à cause d’une redoutable contre-offensive néolibérale. La chute de l’Union soviétique n’a fait que renforcer cette tendance. Mais si on adopte cette grille de lecture historique (qui semblait être celle de B. Dugué au début de l’article), on ne voit pas très bien comment il est possible de faire la promotion de Juppé. Pour un partisan de Juppé, l’année 1991 n’a marqué aucun déclin. Elle est au contraire une étape dans la reconquête du pouvoir politique et économique par les tenants d’un capitalisme débridé. Rappelons à ce sujet que le grand mouvement social de 1995 a eu lieu sous le gouvernement de Juppé, et qu’il visait à empêcher une « réforme » (= régression) du régime des retraites.


                  • epicure 8 septembre 17:40

                    @Jordi Grau

                    oui effectivement nombre des progrès sociaux dans les sociétés capitalistes se sont fait à cause : soit d’une menace de révolution socialiste/communiste, soit la menace soviétique et le bloc de l’est, ce qui amené des compromis.
                    Par exemple quand bismark créé la sécurité sociale, c’est bien dans cette optique, diminuer les tensions sociales pour repousser la perspective d’une révolution socialiste.
                    L’augmentation du niveau de vie grâce au compromis des 30 glorieuses, a permis de repousser la perspective d’une révolution de la part d’une grande partie des salariés.
                    Du coup avec la chute du mur, et l’affaiblissement soviétique depuis les 10 ans précédents, les capitalistes se sont sentis les mains libre pour organiser la régression sociale, remettre en cause les progrès des social-démocraties.
                    Suffit de se rappeler de l’affaire des retraites en 95 pour se rendre compte que juppé n’est clairement pas dans une optique de remise en cause de ce processus de régression organisé. Et encore moins sa surenchère post hollandaise des candidats de droite de baisse d’impôts pour les plus riches accompagnées d’une baisse des services auprès de la population.


                  • François Vesin François Vesin 8 septembre 00:08

                    J’ose un  copier-collé d’un commentaire posté au sujet

                    de la comparaison - Cahusac-Roccard / Juppé-Chirac -


                    ..et le meilleurs d’entre nous nous montre la lune

                    (ce vilain Jacques pour qui il s’est sacrifié) et nous
                    regardons le doigt qu’il nous met bien profond ...etc !!!

                    En Suisse, lorsqu’on évoque un vieillard ou un enfant
                    atteint d’énurésie, il existe une formule géniale :
                    « il se fait parmi » ...Pour Juppé on pourrait ajouter qu’il 
                    a de lui même une si haute considération qu’on ne peut
                    qu’être « déçu en bien »...pour autant qu’on soit assez fou
                    pour encore oser aller voter !!

                      • zygzornifle zygzornifle 8 septembre 09:08
                        N’attendez pas la solution de vos problèmes des hommes politiques puisque ce sont eux qui en sont la cause (Alain Madelin)


                        • gaijin gaijin 8 septembre 10:18

                          tout système parvenu a son apogée ne peut que disparaitre
                          c’est l’un des enseignements du yi king ( mais que la simple logique devrait suffire a comprendre )
                          ce qui se passe en 1989 c’est qu’un certain système règne partout sur la planète .....
                          par conséquent privé d’opposition sur laquelle s’appuyer il ne peut que s’effondrer sous le poids de ses contraintes internes ( raison aussi pour laquelle les islamistes sont si précieux et entretenus par le système )
                          mais il faut comprendre correctement ce qui est en jeu ici : nous sommes parvenus a la fin d’un système qui dure depuis environ 10000ans et qui a commencé avec la première guerre entre deux citées état un système qui atteint un sommet avec alexandre et sa volonté impériale reprise par d’autres ensuite de charlemagne a hitler en passant par gengis khan et napoléon .....
                          l’empire règne ! et un seigneur noir est sa tète ( non je ne suis pas raciste mais le point de vue symbolique est là )
                          tous ceux qui travaillent a maintenir l’état actuel des choses sont comme des enfants qui tentent de retenir une bulle de savon et la question que nous devons nous poser ce n’est pas comment ne pas pas mourir mais que sommes nous en train de créer de nouveau ?


                          • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 8 septembre 11:07

                            @gaijin

                            «  »... tous ceux qui travaillent a maintenir l’état actuel des choses sont comme des enfants qui tentent de retenir une bulle de savon et la question que nous devons nous poser ce n’est pas comment ne pas pas mourir mais que sommes nous en train de créer de nouveau ?«  »

                            Bien vu.
                            Mais « ils ne tentent pas seulement de se maintenir », ils ont détruit la moitié du monde, croyant que « la solution de survie » est bien là ! Au contraire, le monde détruit par l’Occident retombe sur les épaules de « l’Occident en fin de cycle » et les choses se compliquent encore d’avantage !

                            La France aurait du m’écouter en 2001 et plus tard en 2003. Aujourd’hui qu’elle persiste bêtement à vouloir s’en sortir par intermédiaire du Cirque de Bruxelles, elle ne fera que sombrer encore d’avantage.

                          • soi même 8 septembre 21:50

                            Quel Nietzschéen ce Bernard, si y a une synthèse de tous ses articles à faire, c’est la philosophie du sur homme qui glorifier par Nanar.

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