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Accueil du site > Actualités > Société > Imposture : le RSA

Imposture : le RSA

 Retour sur l’histoire.

Malgré un système de protection sociale qui offre une diversité de dispositifs de lutte contre la pauvreté, la France redécouvre ces dernières années une forme particulière de pauvreté. Elle ne résulte pas de l’absence d’activité, mais de revenus du travail qui ne couvrent pas les besoins élémentaires d’un ménage ou d’une personne. Ainsi, près d’1,5 million de personnes exerçant une activité professionnelle rémunérée vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Ce sont les « travailleurs pauvres ». Au total, il y a en France près de 6 millions de bénéficiaires des minima sociaux qui vivent pour la plupart sous le seuil de pauvreté.

C’est pour répondre aux situations d’extrême pauvreté et d’exclusion sociale liées à l’absence d’activité et de revenus, qu’a été créé le Revenu minimum d’insertion en 1988. Le nombre de personnes vivant du RMI augmente, sans que l’on puisse affirmer que ces personnes restent « emprisonnées » dans le dispositif. En effet, le « flux » (même récurrent) des « Rmistes » est plus important que le « stock » de ceux qui ne sortent pas de la situation d’assistance totale dans laquelle ils ont sombré.

Cependant, depuis quelques années, les nouvelles formes de travail (précaire, à temps partiel non choisi, etc.) ont pour résultat que les revenus issus d’une reprise d’activité professionnelle échouent à accroître suffisamment les ressources totales du foyer pour dépasser l’ensemble des ressources issues des minima sociaux et des droits et avantages qui y sont adossés.

Ainsi, dans une certaine mesure, indépendamment de la volonté des personnes, les gains du travail peuvent se voir disqualifiés par rapport à des prestations sociales versées en l’absence d’emploi qui parviennent, elles, à assurer un niveau de vie moins précaire à leurs bénéficiaires. Aussi paradoxal que cela puisse être, la reprise du travail, avec les dépenses supplémentaires qu’elle occasionne (transports, garde d’enfants) et la perte d’aides sociales diverses qu’elle entraîne, peut avoir un effet d’appauvrissement des personnes et des ménages.

Une mesure sociale pertinente détournée de son objet initial

En 2005, la « Commission famille, vulnérabilité et pauvreté », animée par Martin Hirsch, devenu depuis haut-commissaire aux Solidarités Actives contre la Pauvreté du gouvernement de François Fillon, imagine un panel de réponses aux situations de pauvreté. Au sein de ces réponses, l’une d’entre elles, située à la croisée des analyses sur la pauvreté et des besoins exprimés par les entreprises en termes de main-d’oeuvre et de baisse du coût du travail, est reprise par les politiques en place. Elle fait soudain figure de réponse à une problématique de plus en plus fréquente dans les analyses : le caractère « désincitatif » de la reprise du travail. Il est à noter de ce point de vue que le terme « désincitatif », barbarisme ou néologisme, induit une dynamique, un système acyclique et marque bien le fait que jusqu’à très récemment, le travail ne pouvait être qu’incitatif. Comme si la situation contraire, exceptionnelle jusqu’alors, n’avait pas su donner lieu à une expression appropriée.

L’ancien président de l’association Emmaüs parvient à faire entendre, sous couvert d’un constat présenté comme dénué de jugement de valeur, que, dans certaines situations, la reprise d’une activité professionnelle salariée peut avoir pour conséquence l’appauvrissement des individus et des familles. La réponse qui suit est presque naturelle : il faut faire en sorte que le travail, qui reste dans les pays développés un déterminant essentiel de la socialisation des individus, ne se révèle pas être une cause supplémentaire de paupérisation. C’est ce à quoi la création du Revenu de solidarité active prétend répondre. Parallèlement, il vise également à se substituer à plusieurs minima sociaux dont les publics et les montants sont différents les uns des autres : RMI, API et ASS. C’est ainsi que le RSA fut expérimenté, avec comme objectif sa généralisation à l’horizon 2009.

Histoire d’une manipulation

Les enseignements tirés de l’expérimentation conduite sur le RSA seraient donc satisfaisants ? Pourtant, une analyse attentive démontre clairement que le dispositif imaginé par Martin Hirsch a été totalement dévoyé et que le RSA de Sarkozy n’est encore qu’imposture et effets de manche, selon la pratique désormais bien rodée de la politique du coup de menton volontaire de notre nouveau président.

Dans les faits, il convient de se demander si l’expérimentation constituait l’occasion de tester la pertinence et l’opérationnalité du dispositif ou, au contraire, le moyen de construire dans la durée un discours permettant d’aller vers la simplification des minima sociaux, c’est-à-dire la suppression de certains d’entre eux.

La façon dont le RSA a été isolé du train de mesures cohérentes dans lequel il avait vu le jour, la manière dont ont été annoncés l’expérimentation et dans le même temps la généralisation, la remise en cause de son financement et les allers-retours laissant penser que le dispositif risquait d’être abandonné, questionnent grandement la vocation réelle du RSA. Car ce que le dispositif programme aujourd’hui, c’est la suppression pure et simple du dernier rempart contre l’indigence totale de certains de nos concitoyens, et leur renvoi vers une pauvreté sans aucun moyen de subsistance.

La France comme la plupart des pays européens réoriente depuis quelques années ses politiques sociales sur le modèle du « workfare » anglais. Pour autant, est-il acceptable de voir disparaître la vocation d’origine du RSA, le faisant se substituer à un des principaux minima sociaux ? Est-il raisonnable d’ouvrir ainsi la voie vers une transposition radicale des différents et graduels moyens de lutter efficacement contre la pauvreté, au profit d’un système de traitement par l’emploi ? Compte tenu du contexte économique général, du marché de l’emploi, de l’état de la formation professionnelle (aujourd’hui mais aussi dans les années à venir), le traitement de la pauvreté par l’emploi paraît aussi absurde que terriblement dangereux pour les plus défavorisés.

Il peut être utile de creuser la dimension techniquement complexe du sujet, plutôt que de donner raison aveuglément au discours simpliste de responsabilisation des individus et à la logique populiste des droits et des devoirs. La lecture de l’histoire de plus de cent ans de service public de l’emploi devrait inciter à moins de crédulité. Si, aujourd’hui, des résistances fortes viennent des institutions sociales (la fameuse « boîte noire » institutionnelle), est-ce seulement parce que leurs salariés sont des fieffés fainéants, des gauchistes attardés ? N’est-il absolument pas envisageable qu’ils aient une vision claire des réalités et des conséquences de ces transformations à la hussarde ?

Il est illusoire de chercher à mettre en avant le point de vue des bénéficiaires actuels du dispositif. Qu’ils soient peu enclins à s’installer dans le sous-emploi de façon pérenne, ou tout simplement pas en mesure de passer immédiatement d’une qualification antérieure à une qualification nouvelle, ne serait-il pas profitable de sortir des visions misérabilistes s’opposant aux visions culpabilisatrices et s’attarder à analyser les besoins – et leurs réponses nuancées – de ceux qui sont englués dans les strates d’un quotidien fait de pauvreté ou de chômage ?

Le dispositif décrit par le président dans son discours, fait d’un volontarisme grossier et de digressions de bistrot, est indigne d’un pays qui a ancré son évolution dans une volonté de cohésion sociale, de protection des citoyens en difficulté et de progrès économique et social. La réalité des bénéficiaires de minima sociaux n’est pas cette description caricaturale d’un monde de « parasites  » qui se vautreraient dans le confort d’une misère assistée plutôt que de revenir vers un hypothétique emploi disponible. Les bénéficiaires des minima sociaux supportent dans la douleur et pour leur plus grande part une « déstructuration sociale et professionnelle » qui les isole en les marginalisant, ce que le sociologue Robert Castel qualifie de « désaffiliation sociale ».

La vérité du RSA

La vérité du RSA ne se trouve pas dans des évaluations aux statistiques et indicateurs calibrés que l’on brandit, hors de tout contexte global du marché de l’emploi et de ce que sont les situations de pauvreté. La raison d’être du RSA tel qu’il est présenté aujourd’hui se trouve sans doute plus certainement dans la nécessité d’offrir encore une imposture au coût social et politique des échecs et des mensonges de plus en plus visibles d’une présidence de la République dont le point fort est décidément une communication orwellienne, où une novlangue de mots et de gestes affirment le contraire de ce qu’ils signifient en réalité.

Le discours de Sarkozy aujourd’hui est un monument de manipulation. Notre président du pouvoir d’achat et des actes forts instrumentalise tous les concepts, il utilise la réelle complexité des systèmes sociaux existant en France comme écran de fumée, il affecte de mettre à mal sa majorité et d’assumer le mécontentement feint de certains. La difficulté de se repérer dans un univers de dispositifs, le double langage, la paresse intellectuelle de certains, l’absence de maîtrise technique de la plupart et la volonté de réactivité des médias qui foncent tête baissée sur n’importe quel effet d’annonce font le reste.

Répondre : dynamisation de la formation professionnelle, rapprochement de l’offre et de la demande, rigueur entre droits et devoirs, sont des manœuvres d’illusionniste. Dans tous les cas, même en définissant parfaitement les besoins, en collectant localement et en profilant les offres d’emploi tout autant que les chômeurs, en disposant de moyens de transport, de structures d’accueil des enfants au moment de la reprise d’emploi, etc., il reste un écueil de taille : la France ne dispose pas des 4 millions d’emplois nécessaires à la conjugaison des différentes situations censées trouver une réponse par le travail. Elle n’est pas en mesure aujourd’hui de mobiliser suffisamment les moyens institutionnels indispensables pour construire des parcours de qualification, de requalification et d’affectation à l’emploi. Affirmer le contraire préfigure une casse sociale désastreuse.

Les branches professionnelles, les partenaires sociaux et les institutions sociales du chômage savent qu’on ne peut inventer de solution-miracle face au déséquilibre entre le nombre de sans-emploi, dans un contexte de chômage de masse, et le nombre d’emplois disponibles. Il faut d’ailleurs noter que les entreprises observent un silence poli devant ce dispositif, qui devrait non seulement leur permettre de pourvoir à leurs besoins de main-d’œuvre, mais de surcroît à moindre coût, ce qu’elles réclament pourtant à corps et à cri. Notre président pense-t-il que la politique du coup de menton va réussir miraculeusement là où les premiers concernés ne parviennent pas à réduire, même à la marge, les écarts ?

Pour ramener tout le monde dans le monde du travail, il faut mettre en adéquation près de 4 millions de personnes sans emploi c’est-à-dire 1,5 million de bénéficiaires du RMI (parfois très sous-qualifiés) auxquels il fait ajouter près de 2,3 millions de chômeurs qui eux aussi doivent retrouver du travail avec seulement 1,3 millions de postes disponibles en 2008 selon l’enquête BMO de l’Unedic.

Quant à l’annonce dans son discours d’une deuxième réponse à l’inactivité des bénéficiaires de minima sociaux, la formation professionnelle qui serait la solution de transition avant l’emploi, c’est une réponse que les Conseils généraux devraient organiser en y allouant une très grande partie des fonds dont ils disposent, à l’exclusion de tous les autres publics dont ils ont la charge ?

Et puis, pour finir, une fois que les 1,3 million de postes disponibles seront pourvus, quels seront les moyens de subsistance de ceux qui n’auront pas d’emploi, et pas de formation professionnelle faute de place et de financement suffisant, si le RMI est supprimé ?

 

Le RSA est une mesure active vers l’emploi proposant l’activité professionnelle comme réponse sans réserve à l’exclusion dans une logique de long terme alors que le RMI est une réponse d’urgence. C’est avec l’API et l’ASS le dernier rempart face à la pauvreté, née de l’absence de revenu pour survivre.

Comment négliger sans vergogne que le traitement de ces situations ne peut absolument pas se résumer à l’affirmation simpliste que tout réside dans le passage volontariste de l’inactivité à la reprise de travail, encore moins quand, au faible volume d’emploi, s’ajoute une hybridation complexe des métiers en émergence.

Sarkozy parvient à présenter le RSA comme la mesure parvenant à faire la synthèse entre les politiques de lutte contre la pauvreté et les mesures actives de retour vers l’emploi. Cette présentation est une perfidie, certes à la croisée de discours politiques de gauche et de droite qui naviguent entre efficacité et empathie, mais c’est une arnaque.

Il faut se souvenir de ce que rappelait le Livre vert en février 2008 pour comprendre la logique du nouveau dispositif : « En neutralisant la baisse de revenu existant potentiellement en cas de reprise d’activité, le RSA fait sauter un obstacle majeur au retour au travail. Toute personne seule ou non qui reprend un travail verra systématiquement ses ressources mensuelles augmenter ». Livre vert vers un Revenu de solidarité active – février 2008.

Mais pour que le RSA, c’est-à-dire le versement d’une allocation sociale en échange d’un effort d’emploi ou de requalification, soit une réponse pertinente, il faudrait faire disparaître le chômage de masse, les 4 ou 5 millions de sans-emploi toutes situations confondues ou que la France ait un vivier équivalent d’emplois.


Moyenne des avis sur cet article :  4.05/5   (59 votes)




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51 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 9 septembre 2008 17:02

    Cela se discute. D’abord, s’il n’y a pas d’emplois proposables, le bénéficiaire garde son RSA et ne peut être considéré comme refusant les offres puisqu’on ne lui en fait pas. Ensuite, le RSA ne concerne ni les étrangers (hors UE) ni les jeunes 18-25 ans ni les détenus. Les bénéficiaires du RSA sont donc en quelque sorte prioritaires par rapport à ces catégories, ciblés par les entreprises qui d’ailleurs ont intérêt à les recruter. Pour finir, même s’il faut rester prudent dans l’attente de résultats plus larges, on a constaté une reprise d’emplois d’environ 25% dans les zones d’expérimentation.


  • La Taverne des Poètes 9 septembre 2008 17:05

    Sur la multiplication des articles sur le RSA : c’est vrai qu’on lit parfois n’importe quoi. C’est un peu normal car c’est très complexe (le social et l’économique s’entremêlent, les statuts des publics concernés aussi : chômeurs, RMIstes, parents isolés). Il va falloir que je m’y colle pour faire un peu de pédagogie dans un futur...article ! smiley


  • La Taverne des Poètes 9 septembre 2008 18:21

    25% des bénéficiaires du RSA dans ces zones tests ont trouvé un emploi.


  • La Taverne des Poètes 9 septembre 2008 22:58

    Léon, j’expliquerai dans un prochain article pour que chacun en profite. En gros, oui c’est transposable et ce taux a même atteint plus de 30 % à Vannes je crois. Mais évidemment ce sont les départements les plus motivés qui ont demandé à expérimenter. Cela doit inciter à relativiser un peu pour la généralisation mais il y a quasi unanimité pour dire que le RSA redonne du travail, même partiel. D’autres paramètres sont à prendre en compte. J’essaierai de mettre tout cela par écrit.


  • xa 10 septembre 2008 12:22

    @Leon
    "le RSA est-il moins favorable que le RMI"

    A priori non, puisque le RMIste devenu RSAiste toucherait, selon les déclarations, rigoureusement la même chose, la différence se situant au niveau de la reprise de travail. Mais il faudrait avoir un texte précis pour savoir ce qu’il va réellement y avoir dedans (l’expérimentation porte sur le RSA / reprise du travail, pas sur le RSA remplacant le RMI il me semble).


    "
    Je voulais dire que des emplois faiblement rémunérés, s’ils existent, sont probalement très pris par des clandestins. Il ya donc peu de chance pour qu’on en propose beaucoup aux RSistes."

    A la limite, je dirai que l’un des risques c’est justement que des emplois faiblement rémunérés apparaissent et se développent du fait que le salaire misérable proposé sera complété par le rSa, donc que l’emploi permettra de vivre un peu mieux qu’avec un simple RMI.

    On pourrait être encore plus cynique, et se poser la question du risque de paiement d’heures au black : on prend un salarié à 20h en officiel,
    il a droit au rSa ce qui améliore son revenu officiel. ,On le fait travailler 25 ou 30 et on lui donne de la main à la main le complément (hors charges, hors impots, ...).

    Illégal ? Certes. 

    Impossible ? l’illégalité n’a jamais rien rendu impossible.


  • sisyphe sisyphe 9 septembre 2008 17:10

    Voilà. 
    Comme on le dit depuis le début, le RSA va constituer une trappe à emplois précaires tout bénef pour les entreprises, et ne résoudra en rien ni le problème du chomage, ni le problème de la pauvreté. 
    On va obliger des gens à bosser à temps partiel payé que dalle, pour avoir l’équivalent (en gros) du RMI, et, pour les autres, qui ne pourront bosser ; soit parce qu’il n’y aura pas suffisamment d’emplois, soit parce qu’ils ne pourront accepter (pour un tas de raisons : frais de transport, garde des enfants, etc...), ils se retrouveront plus dans la merde qu’avant, sans plus aucune aide sociale. 
    Comme il y a, de toutes façons, un volant de chomage incompressible, le nombre de pauvres va donc augmenter ; magnifique progrès : merci messieurs Hirsch et Sarkozy !


    • Jean-paul 14 septembre 2008 15:05

      Le RSA c’est le meme chien avec un collier different !


    • Sav 9 septembre 2008 22:05

      Comme s’il n’existait personne se croyant malin pour encaisser les minima sociaux , ...et bricoler par ailleurs au noir... Encore plus vieille antienne que celle du supposé patronat...Ainsi va la vie.. ;


    • JL JL 9 septembre 2008 19:00

      On aimerait que les 4 personnes (à cette heure) qui on voté négativement cet article très bien fait expliquent ici leurs raisons.


      • Le péripate Le péripate 9 septembre 2008 21:59

        Bien que, à cette heure, je n’ai pas encore voté sur cet article, je peux tenter de répondre, non pas sur tout l’article, mais juste sur cet extrait :" Compte tenu du contexte économique général, du marché de l’emploi, de l’état de la formation professionnelle (aujourd’hui mais aussi dans les années à venir), le traitement de la pauvreté par l’emploi paraît aussi absurde que terriblement dangereux pour les plus défavorisés.". Il se trouve que je reviens juste d’un voyage dans une société de chasseurs-pêcheurs, où cette phrase pourrait se traduire par : le traitement de la faim par la chasse parait aussi absurbe que terriblement dangereux pour les mauvais chasseurs".

        Car, sauf à penser que les oies tombent toutes rôties du ciel, il est difficile de penser autre chose que chacun a la responsabilité de son propre entretien.

        L’idée sous-jacente de l’auteur est, bien sûr, que le travail existe en quantité limitée. Si celà était, nous ne serions jamais sortis du Néolithique. Celà est évidement faux, il faut donc accepter l’idée que les efforts de l’homme sont créateurs de richesses.
        Maintenant je vais voter.. devinez quoi....


      • JL JL 10 septembre 2008 08:32

        @ Léon, péripate et Philippe Renève : il faut aussi parler des emplois que l’on crée, ne serait-ce que celui que l’on occupe.

        Parce que j’entends d’ici ce que disait Barre je crois : les chômeurs n’ont qu’à créer leur entreprise. Evidemment que c’est joli ! Mais la libre entreprise aujourd’hui n’est plus ce qu’elle était. Avec les gains de productivité acquis, les savoirs faire et les titre de propriété industrielle, les entreprises ont tué l’artisanat. Ne reste, et encore, que des petits boulots que se disputent des millions de sans emploi.

        Après 40 ans de travail, je sais ce que c’est que des gains de productivité. J’y ai contribué. A l’époque on croyait que ça ferait baisser la durée du temps de travail. Les gains de productivité sont, au même titre que la plus value, des gains qui devraient être partagés entre le capital et le travail. Ces gains, les travailleurs, non seulement n’en voient pas la couleur, mais de plus sont retournés contre eux .

        C’est ce que j’appelle la triple peine des travailleurs : ces gains de productivité dus au génie des travailleurs, ne l’oublions pas, provoquent un chômage de masse, chômage qu’il faut rétribuer par des contributions, et en outre ce chômage s’il ne touche pas ceux qui ont encore un emploi, provoque une telle pression sur ceux-là qu’ils acceptent des conditions de travail et de rémunération indignes de la richesse de notre époque. Jamais le pays n’a été aussi riche.

        Mais la rapacité de ceux qui font de l’argent avec de l’argent est sans borne.


      • ARFF 10 septembre 2008 09:10

        peripate, si vous etiez vraiment allé dans une societé de chasseur-cueilleur vous auriez vu la difference intinseque entre leurs activités et le travail, la difference de nature, d’objectifs, et de resultats.
        faut croire que vous etes surtout resté a l ’hotel !

        quand à la creation de richesse monétaire ex-nihilo par les Talibanques, vous en avez discuté avec un chasseur cueilleur ?


      • Le péripate Le péripate 10 septembre 2008 09:39

        A l’hôtel ? Une nuit, à l’arrivée à Cayenne, oui. Mais peu importe. Vous n’avez pas souligné ce qui est important, à savoir que chacun a la responsabilité de son propre entretien, ce que tout chasseur sait.

        Il est vrai que je ne suis pas un logicien, mais pour moi, le contraire de limité n’est pas illimité, mais élastique, ou susceptible de s’accroitre sous l’effet des efforts de l’homme. C’est ce que n’importe quel enfant de quatre ans peut comprendre de l’histoire humaine.

        Ce débat illustre parfaitement la vrai nature de l’Etat, c’est à dire le moyen par lequel chacun cherche à vivre aux dépends des autres.


      • JL JL 10 septembre 2008 10:34

        @ Le péripate, l’état et le marché doivent coopérer, comme le yin et le yang. Il y a des intégristes de chaque bord. Il se trouve qu’aujourd’hui ce sont les intégristes du tout marché qui sont au pouvoir, mais vous ne voulez pas le voir.


      • Le péripate Le péripate 10 septembre 2008 11:13

        Rapidement, car je dois sortir : nous émergeons à grand peine de l’âge collectiviste, et ce serait les tenants du tout marché qui tiendraient le haut du pavé ? C’est une vision des choses, que je ne partage pas, mais ce n’est pas une surprise.

        D’autant que nous ne partageons pas la même conception de l’Etat. Il n’est pas l’égal du marché (le ying et le yang), mais il est la condition nécessaire de l’existence du marché, parce qu’il fait respecter les libertés, et notamment la propriété, sans laquelle il n’y a pas de vraie liberté. C’est, pour un libéral, son rôle, et tout dépassement au delà se doit d’être vigoureusement questionné, dans des conditions de visibilité qui permettent à chacun de savoir ce qu’il fait vraiment, et à quel prix. Ces conditions de visibilité ne sont pas réunies aujourd’hui, comme, par exemple, la vérité sur la feuille de paye, ou les impôts "indolores", comme la TVA.
        ......


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 10 septembre 2008 15:58

        Vous oubliez un détail qui change tout : à la différence des chasseurs-cueilleurs auxquels vous vous référez, les demandeurs d’emplois sont des salariés qui ne peuvent assumer seuls la responsabilité de leur situation puisqu’ils dépendent du capital qui crée ou ne crée pas les emplois rentable pour lui.

        De plus, votre affirmation est fausse en ce qui concerne les chasseurs-cueilleurs : nul, dans ces sociétés n’ assume seul sa subsistance dans le groupe ; cette solidarité joue à plein et est une condition de la vie du groupe toute entier. Or dans notre société capitaliste-salariale, c’est bien la question de la solidarité qui est posée et que le capital refuse d’assumer en vertu du principe si peu vertueux : "privatiser les profits et socialiser les pertes."


      • fafafra 10 septembre 2008 18:26

         négatif oui et assumé pour deux raisons,

        1° Quel dommage de ne pas tenir compte des expérimentations et des résultats obtenus.
        Même si les zones pilotes ont certainement été très motivées pour obtenir de bons résultats, on affiche 25 à 30% de retour à l’emploi...
        La généralisation est toujours difficile mais quel espoir pour toutes ces personnes.

        2° Soit, nous avons des millions de français à qui on ne peut offrir/proposer une vie décente, pour autant faut-il ne rien faire avant d’avoir trouver LA solution qui réponde à tous les problèmes... encore un de ces vieux réflexes franco-français qui nous empêche d’avancer.


      • Le péripate Le péripate 10 septembre 2008 22:43

        Euh... Leon, ne confondez vous pas une tendance passagère observable seulement depuis le 18eme (au mieux) avec l’histoire de l’humanité ? Dans le Monde Diplo, par exemple, un article qui souligne l’importance du secteur non marchand.. etc.... Chez vous trop de dogmatisme et de mépris pour qui ne pense pas comme vous. Lisez quelques bons textes anthropologiques, et vous y verrez tout autre chose que la doxa marxiste.

        Sylvain. La solidarité chez les chasseurs-ceuilleurs s’exerce à l’intérieur d’un groupe lié par des liens de parenté. De toutes façons peu importe, je n’en fais pas un modèle, ces sociétés sont très loin d’un idéal de liberté. Mais vous exagérez l’importance du capital, les études sur la Révolution industrielle anglaise ont montré que l’accumulation primitive du capital y a joué un rôle négligeable. Et l’idée de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes n’est pas une idée libérale, mais bien une idée ploutocratique, parfaitement compatible avec l’étatisme que je combats.


      • JL JL 11 septembre 2008 08:38

        Péripate : ""nous émergeons à grand peine de l’âge collectiviste"" smiley

        J’ai dis intégriste, parce qu’il n’y a pas de mot plus fort. D’où l’importance de peser ses mots.

        à Péripate et aux autres : ce n’est pas seulement par gout collectiviste que nous tenons à nos services publics. C’est aussi et surtout par goût de la démocratie et de la liberté. Nombre de personnes, dont je suis, ne supportons la hiérachie que si elle est basée sur les compétences et les valeurs. Dans le privé, la hiérarchie est basée sur le fait du prince, lequel n’est pas toujours, loin s’en faut, le plus compétent ni le plus moral. Un secteur public conséquent fait contrepoids en même temps qu’il permet à nombre d’individus qui ne souhaitent ni être exploité, ni exploiter leurs semblables, de vivre en paix.

        Ni maître, ni esclave, voilà ce que permet la société démocratique.

        Par opposition, la société libérale c’est la société des négriers et des prédateurs.


      • Le péripate Le péripate 11 septembre 2008 08:52

        Je suis un drôle comme vous êtes un sinistre.... Et ne renversez pas la charge de la preuve, ce n’est pas à moi d’amener les contre-arguments à vos affirmations péremptoires. Désagréable procédé réthorique, surtout quand il est associé à ce ton sacarstique.


      • JL JL 11 septembre 2008 08:52

        La vérité c’est que tout cela relève de la stratégie qui vise à supprimer le Smig. Les avantages d’une telle suppression sont évidents si l’on regarde ce qui se passe en Allemagne :

        ""Le système de la grille des salaires a une grande faiblesse : il n’y a pas de salaire minimum obligatoire. Jusqu’à la réunification, ce n’était pas un problème car la plupart des entreprises à l’Ouest payaient des salaires conventionnels ou s’y orientaient. Et puis il y a la chute du mur, et le chômage monte en flèche. De plus en plus d’entreprises peuvent se permettre de payer en dessous de la convention collective. Les salaires subissent une chute vertigineuse, on travaille pour moins de cinq euros par heure - des experts du marché du travail d’autres pays, déconcertés, regardent l’Allemagne, car même en Grand Bretagne de tels salaires de misère sont interdits.""

        A lire : Allemagne - Écart des revenus : Les salaires dégringolent (11/9/8 Eva Roth pour Frankfurter Rundschau. )


      • JL JL 11 septembre 2008 08:55

        Il y a fort à parier que lorsque le Smig aura été aboli, le RSA deviendra une peau de chagrin.

        El là, ce sera "marche ou crève".


      • Le péripate Le péripate 11 septembre 2008 09:18

        JL, à qui voulez vous faire croire que les hiéarchies dans le secteur public sont basées sur les compétences et la morale ? C’est bien là que s’exprime le fait du prince. Curieux renversement.

        Je note cependant que vous préconisez un secteur public pour contre-balancer le secteur privé. C’est à dire que vous concédez (à contre-coeur probablement) la nécessité de l’entreprise, ceux que vous qualifiez de négriers et de prédateurs (artisans et entrepreneurs apprécieront). Donc, si, par exemple, des artisans-taxis peuvent rendre un service public (un service au public) sans qu’il soit obligatoire que ce soit un service d’Etat, à contrario il est parfaitement impensable qu’un service public soit durablement créateur de richesse. Et bien je pense que les prédateurs, ceux qui vivent sur la bête, se trouvent bien dans le secteur étatique.

        De cette disymétrie (vous ne pouvez nier la nécessité du privé alors que je doute de l’utilité de l’intervention étatique) nait l’inconfort intellectuel de la gauche et de la droite étatique : faute de pouvoir se revendiquer d’une société communiste ou national-socialiste totale, il ne s’agit plus que d’essayer de justifier la prédation étatique sur le dynamisme d’une société libérale.
        Non pas qu’il faille se débarrasser de l’Etat : je le verrais plutôt comme une agence dont les services doivent avoir un coût connu de tous pour être acceptable. Nous en sommes loin.


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 12 septembre 2008 09:04

        "Et l’idée de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes n’est pas une idée libérale, mais bien une idée ploutocratique, parfaitement compatible avec l’étatisme que je combats."

        Mais il faut souligner que l’intervention de l’état est nécessaire à la reproduction du capitalisme qui ne peut fonctionner "automatiquement" comme on le voit clairement dans la vague de nationalisations en cours aux USA. de plus sans état pas de liberté, ni pour le capital (concurrence), ni pour le travail. Sans état ou institution politique régulatrices la capitalisme se transforme automatiquement en corporatisme monopoliste mafieux violent et de fait anti-libéral ou despotique. C’est la "liberté du renard libre dans le poulailler libre"


      • Le péripate Le péripate 14 septembre 2008 09:59

        Sylvain, je crois que vous faites une très mauvaise interprétation des nationalisations en cours au USA. Ce texte, que je cite, présente une autre vision, que je livre à votre réflexion.

        La cause est entendue pour nombre d’observateurs : la crise financière des subprime est la conséquence de la folie des marchés et montre les limites d’une finance ultralibérale. Et de réclamer d’urgence plus de régulation publique des institutions financières.

        Le libéralisme a une fois de plus bon dos, car il n’existe pas de marché plus perverti par les interventions de l’État fédéral que celui du crédit hypothécaire aux États-Unis.

        Les deux institutions joliment surnommées Fannie Mae (FNMA) et Freddie Mac (FHLMC) portent une lourde responsabilité dans les dérives financières du système bancaire américain. La première d’entre elles fut tout d’abord une agence gouvernementale, créée en 1938 par l’Administration Roosevelt, pour émettre des obligations à bas taux du fait de leur garantie fédérale, lesquelles alimentaient de liquidités un marché de prêts immobiliers à taux réduits accessibles aux familles les moins aisées.

        En 1968, l’Administration Johnson, s’avisant que les engagements de Fannie Mae garantis par l’État prenaient de l’ampleur et obéraient la capacité d’emprunt d’un Trésor empêtré dans le financement de la guerre du Vietnam, organisa sa privatisation, puis le gouvernement Nixon créa en 1970 Freddie Mac, afin d’organiser un semblant de concurrence sur ce marché du refinancement du crédit hypothécaire.

        Cette histoire a donné à Fannie Mae et Freddie Mac un statut hybride de Governement Sponsored Enterprise (GSE), privées, mais légalement tenues de s’occuper exclusivement de refinancement de prêts immobiliers sous contrôle de l’État fédéral, en contrepartie d’avantages fiscaux. Pis même, bien qu’étant officiellement privés, les deux établissements ont toujours été considérés, du fait de leur tutelle publique et de leur rôle social, comme bénéficiant d’une garantie implicite du Trésor américain !

        Bénéfices privatisés, pertes collectivisées : Un tel cocktail risquait de pousser les dirigeants des GSE à prendre des risques excessifs, si la tutelle de l’État se montrait défaillante. C’est exactement ce qui allait se passer dans les années 1990. Voilà qui rappelle un célèbre scandale bancaire hexagonal…

        La tutelle de ces deux entreprises fut transférée au Département américain du logement (HUD) en 1992, car celui-ci voulait agir sur les prêts financés par les GSE pour satisfaire un objectif majeur de tout politicien qui se respecte outre-Atlantique : l’augmentation du taux de propriétaires de logement parmi les populations à faible revenu, et notamment les minorités.

        Aussi le HUD a-t-il obligé Fannie Mae et Freddie Mac à augmenter tant le volume que la proportion de crédits subprime (jusqu’à 56 %, en 2004) refinancés. Pire, un des patrons du HUD, craignant que l’affichage des risques pris par les deux GSE pour se conformer à ces règles conduise les marchés à leur retirer leur confiance, résolut le problème en les exemptant en toute légalité de dévoiler trop en détail leurs expositions.

        Aussi Fannie Mae et Freddie Mac ont refinancé, à l’aide de produits obligataires de plus en plus complexes, plus de 5 000 milliards de dollars de crédits, soit 40 % des prêts immobiliers américains, dont plus de la moitié de crédits subprime, alors qu’elles ne disposaient pas de fonds propres permettant de s’engager sur de tels montants. Résultat, les banques émettrices de ces crédits ont pu ne pas se montrer trop regardantes sur les prêts qu’elles consentaient, puisqu’il y avait deux refinanceurs à la bourse grande ouverte derrière. La banque Countrywide, dont la politique de prêts aux familles modestes est aujourd’hui vilipendée, était encore il y a trois ans encensée par les dirigeants de Fannie Mae, pour son audace en matière d’octroi de crédits subprime.

        Mais le retournement de conjoncture économique a multiplié les défaillances d’emprunteurs, les deux GSE sont donc menacées de ne plus pouvoir servir les intérêts de leurs obligations, ce qui, par contagion, pourrait affecter tous les investisseurs institutionnels. Du coup, l’État organise dans l’urgence leur sauvetage, lequel devrait coûter plusieurs centaines de milliards de dollars aux contribuables.

        Une seconde intervention publique a amplifié les excès bancaires dans l’octroi de crédits à des familles insolvables. Dans les années 1990, des études révélèrent que les refus de prêts aux membres des communautés noires et hispaniques étaient un peu plus nombreux que vis-à-vis des Blancs ou des Asiatiques, quand bien même ces refus ne concernaient qu’une demande de prêt sur quatre. Certains lobbies y virent non le reflet logique de la moindre richesse de ces communautés, mais la preuve d’un prétendu racisme du monde financier.

        Une loi antidiscriminatoire de 1977, le Community Reinvestment Act (CRA), fut donc renforcée en 1995 pour rendre plus ardu le refus de crédit aux minorités par les banques, sous peine de sanctions renforcées. Celles-ci durent donc abandonner partiellement le rôle prudentiel qu’elles jouent habituellement lorsqu’elles refusent un prêt à une personne objectivement peu solvable. Pas si grave : Fannie Mae et Freddie Mac étaient là pour refinancer ces prêts délicats !

        Aujourd’hui, nombre d’experts estiment que sans le CRA, sans les GSE, l’accès à la propriété des minorités se serait tout de même développé, moins rapidement mais plus sainement. En voulant accélérer artificiellement ce que l’économie libre accomplissait à son rythme, c’est l’État, tantôt régulateur, tantôt législateur, qui a poussé à l’irresponsabilité les acteurs de la chaîne du crédit, provoqué une crise financière grave, et acculé à la faillite nombre de familles qu’il prétendait aider.


      • Le péripate Le péripate 14 septembre 2008 21:41

        Je "gonfle" le Leon..... Poverino.... Eh, oui, c’est parce que il y a trop d’Etat qu’il y a problème. Y compris dans le pays que dans votre aveuglement vous supposez être le pays de "l’ultra-libéralisme"... Ce qui démontre seulement, à la fois votre ignorance de ce qu’est le libéralisme (je sais, vous avez pondu pas moins d’une dizaine d’articles sur le sujet, et ce, sans jamais lire un seul auteur libéral, bien sûr), et votre ignorance des USA.
        Alors, Leon, gonflez, gonflez.
        Mais, au fait, y a-t-il quelque chose de faux dans le texte cité ?


      • Philippe D Philippe D 9 septembre 2008 19:06

        Une mesure, quelle qu’elle soit, ne pourra jamais à elle seule résoudre tous les problèmes d’emploi, de précarité ou de pauvreté.

        L’idée du RSA de remettre certains bénéficiaires (cette mesure n’en concernera qu’une partie) dans une démarche de recherche effective d’un emploi, avec une incitation financière supplémentaire pour le faire, serait donc une mauvaise méthode, condamnée d’avance ?

        Elle semble ici (dans cet article comme dans tous ceux qui ont été publiés sur Avox) beaucoup plus condamnée car venant d’un bord politique honni, à qui on ne saurait donner le moindre sursis, que reposant sur des analyses étayées.
        Cette technique du moustique qui attaque sans relache là Sarko, ici Hirsch, semble dans le cas du RSA particulièrement hypocrite et clairement politicienne.
        Celà permet en plus de remettre en selle la critique de l’année dernière sur le bouclier fiscal, et plaisir suprême, de flinguer Hirsch coupable de haute trahison.




        • Philippe D Philippe D 9 septembre 2008 19:57

          1,5 milliards d’Euros supplémentaires pour les minimas sociaux, c’est évidemment une mauvaise mesure !




        • carnac carnac 9 septembre 2008 23:24

          @ philippe D

          Que l’auteure de cet article ne porte pas dans son coeur les effets de manche de notre Président , c’est un constat et c’est son droit le plus strict , comme il est de votre droit d’avoir un avis inverse.

          Que l’on continue à stigmatiser les chomeurs est inadmissible quand le fond du problème c’est

          •  une inadéquation entre la qualification des salariés et les emplois disponibles à laquelle s’ajoute
          • un volant irréductible de chomage que l’on tente de camoufler grâce
          • aux temps partiels,
          • à la cohorte des pré-retraités ,
          • à l’allocation handicapés ,
          • à la mise en maladie de longue durée ,
          • à la multiplication des créations d’entreprises qui périclitent dans les premiers mois de leur existence ...
          • à la sortie pour un oui ou un non des demandeurs d’emplois des statistiques .
          • au travail au noir ...
          Bien sûr qu’on arrivera peut être à faire passer une frange des sans emplois en limite de l’employabilité à un temps partiel , pour autant aura-t-on réglé la question de l’accès des jeunes au travail et le maintien dans l’activité des seniors y compris hyper qualifiés . Quel âge avez-vous Philippe ? où vivez-vous Philippe ? Avez-vous des enfants Philippe ? ouvrez les yeux sur d’autres réalités à commencer par celle désarçonnante d’un X déchu ...

          Bien sûr un certain nombre d’entreprises en profiteront pour faire baisser les rémunérations des intéressés motif pris qu’ils ont le RSA : dans mon département on a vu fleurir des offres de petits boulots payés à coup de lance pierre avec cette mention , un salaire qui ne vous fera pas perdre vos avantages sociaux .... Cette même dérive existera avec le RSA à n’en pas douter.

          Bon maintenant comment les intéressés vivront-ils le RSA, peut-être comme une amélioration momentanée de leur situation ; ils espèreront que cela leur permettra d’aboutir à un emploi pérenne et correctement rémunéré mais RIEN n’est moins sûr .

          C’est tout simplement , faute d’un nombre suffisant d’emplois , une rotation du chomage qui risque de s’ organiser : quand on améliore la situation sur un public , on amène d’autres à êntrer dans la précarité du chômage : ainsi le RSA risque-t-il de conduire au chômage les salariés actuellement en situation pérenne à temps plein et à peine mieux qualifiés.

          Pour un salarié , je vous donne deux rsISTES que faites-vous ?? vous prenez tout simplement parceque les risques d’absence sur le poste sont réduits par deux et que deux temps partiels ne reviennent pas plus chers qu’un temps plein ... et c’est un emploi pérenne en moins . On échange aussi deux salariés pauvres subventionnés par la collectivité contre un qui était au moins payé au smic , le RSA en devient contre productif pour votre porte monnaie

          Je souhaiterais un peu plus de nuances de votre part . Il va falloir mettre le RSA sous très haute surveillance et sans doute apporter au fur et à mesure les correctifs nécessaires . Il faut aussi se souvenir des batailles syndicales dans les entreprises pour que nos TUC et autres contrats aidés soient à terme un à un formés et embauchés ... Il y a peu de chance pour que cela soit très différent.


        • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 00:09

          @ Carnac

          Madame, vous dites :
          Que l’on continue à stigmatiser les chomeurs est inadmissible
           :
          Mais qui parle de stigmatiser les chomeurs sinon vous ? Vous appliquez vos fantasmes personnels sur une mesure technique qui se veut d’abord et avant tout pragmatique et qui a de plus la prétention d’offrir un peu plus à ceux qui en ont le moins.
          J’ai dit en préambule qu’aucune mesure ne pourrait régler d’un coup tous les problèmes que vous listez. Des marges existent sur l’emploi, tout le monde le sait, dans certaines professions il est difficile de trouver des salariés. Ce ne seront peut-être pas les emplois les plus qualifiés qui seront proposés immédiatement, mais, permettre à certains qui se sont progressivement écartés du travail, d’y revenir, dans des conditions acceptables ne peut qu’être bénéfique à tous, et contribuer à réduire un peu ce volant irréductible de chomage dont vous parlez.
          Vous savez très bien que si le chomage baisse encore d’1 ou 2 points, ce seront des milliards d’économie pour l’état et pour les cotisations assedic. Entrer en cercle vertueux c’est l’affaire de quelques % grapillés ici et là, et si le seuil est atteint celà peut suffire à faire redémarrer la machine économique nationale, hors aléas liés à l’économie mondiale pour lesquels nous ne pouvons
          malheureusement rien.

          "Ouvrez les yeux sur d’autres réalités à commencer par celle désarçonnante d’un X déchu ... " Mais qu’est-ce qui vous autorise à dire cela ???

          "Bon maintenant comment les intéressés vivront-ils le RSA, peut-être comme une amélioration momentanée de leur situation ; ils espèreront que cela leur permettra d’aboutir à un emploi pérenne et correctement rémunéré mais RIEN n’est moins sûr "
          Ni ça, ni le contraire, cette mesure conviendra à un certain nombre. Ci-dessus La Taverne parle de 25% à 30% de personnes ayant retrouvé un emploi dans les départements tests. Et si ce n’était que 10 ou 15% ne serait-ce pas déjà énorme ?

          "Je souhaiterais un peu plus de nuances de votre part" .
          Je vous assure que je mets beaucoup de nuances à vous répondre et à réfléchir à ce problème. J’en souhaiterais d’ailleurs tout autant de votre part. De tout ce que j’ai lu sur Avox je peux vous assurer qu’il m’est resté un sentiment de parfaite hypocrisie face à cette mesure "piquée par Sarko au PS" et on sent bien que c’est surtout cela qui n’est pas pardonnable dans l’attitude négative de certains, que j’appelle des "Jamais Contents Professionnels" et qui sont nombreux ici.


        • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 10:12

          Financement compris bien sûr ! D’ailleurs à l’annonce du mode de financement choisi cela a été analysé comme un coup politique de Sarko pour embêter un peu plus le PS.


        • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 12:51

          Nous y revoila, le fameux bouclier fiscal, je vous y attendais évidemment !
          Comme il convient de savoir de quoi on parle je vous propose un petit rappel.

          D’abord la dénition de wikipedia :
          Le bouclier fiscal est une mesure fiscale instituée dans certains pays visant à plafonner le montant des impôts payés par le contribuable. La mesure vise souvent à jouer le rôle de « garde-fou » d’un système fiscal complexe où la superposition de différents impôts peut, dans certains cas particuliers, générer une imposition totale jugée excessive par le législateur.

          Plusieurs pays d’Europe ont adopté des mesures de réduction des tranches marginales d’imposition dans une logique influencée par l’économie de l’offre de Robert Mundell et d’Arthur Laffer. En particulier la Courbe de Laffer se base sur l’idée que « trop d’impôt tue l’impôt ».

          En Europe, des pays ont donc mis en place un mécanisme spécifique de « bouclier fiscal »
          Danemark (mécanisme de plafonnement ayant des effets similaires au bouclier fiscal) ;

          Donc ce n’est pas vraiment une mesure isolée ou loufoque. Si on est partisan de cette méthode, comme Sarko, il n’est pas question de remettre en cause le seuil de 50%, 1 an après l’avoir instauré.

          Année fiscale 2006 [modifier]

          Pour l’année 2006 (bouclier fiscal à 60 % n’incluant pas la CSG, sur les revenus de l’année 2005), les chiffres sont les suivants :[9]

          • 23 159 demandes ont été reçues (sur 93 000 bénéficiaires potentiels estimés), 8 000 demandes ont été rejetées
          • 75% des bénéficiaires sont des ménages très modestes (revenu fiscal inférieur à 3750 € et non-imposables à l’ISF)
          • le remboursement moyen est de 16 000 euros. 9 300[14] demandes concernent un remboursement inférieur à 800 euros
          • le manque à gagner pour le budget de l’état est de 241 millions d’euros

          Parmi les ménages modestes bénéficiaires, on note un nombre important de RMIste ou de retraités bénéficiant du minimum vieillesse mais propriétaires de leur logement. (et de fait redevables des impôts locaux)

          Les plus riches ne bénéficient pas vraiment du bouclier fiscal car les revenus des placements suivants ne sont pas intégrés dans le calcul :

          Certains revenus ne sont toutefois pas intégré dans le calcul :[7]

          • les plus-values immobilières exonérées
          • les plus-values mobilières dans la mesure où le seuil de cession de 25 000 € n’est pas dépassé
          • les prestations sociales
          • les gains (mais pas les retraits) sur les PEA et contrats d’Assurance-vie multisupports, à condition que l’épargne ne soit pas exclusivement ou quasi-exclusivement investie en euros

          En gros,les bénéficiaires sont principalement des personnes à revenus modestes mais possédant un patrimoine immobilier et qui payaient plus de 50% de leurs revenus en impots, excusez du peu.

          Donc cette histoire de bouclier fiscal est une vraie baudruche, agitée par des petits malins qui savent de quoi ils parlent, mais omettent de donner toutes les précisions pour que ce ne soit plus qu’un slogan et un symbole bien commode pour une vision simplificatrice.

          Pour revenir au financement du RSA, et donc hors ce problème de bouclier fiscal, c’est généralement considéré comme un financement d’inspiration socialiste pour 2 principales raisons :

          - On taxe les revenus des placements

          - Cette taxe est progressive et donc touche évidemment bien plus fort les plus riches.
          Il y a donc une évidente volonté de désinformation lorsque l’on soutient le contraire.



        • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 12:58

          @ Léon

          Cela peut être une mauvaise mesure. Elle peut être inefficace par rapport au but recherché, et elle peut avoir de mauvaises conséquences indirectes. C’est un peu dommage de perdre tout esprit critique ....

          Je suis parfaitement d’accord avec vous sur ce point.


        • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 14:41

          @ Léon,

          "Une taxe progressive ? Où avez-vous vu cela ?"

          Progressive, faites excuses, je me suis effectivement mal exprimé : Elle est fixe en % et donc elle augmente en valeur progressivement aux revenus des placement réalisés. (Ce n’est pas une taxe fixe genre 50 € pour chacun, comme une vignette par exemple).

          "A part ça je ne vois pas en quoi l’argument : "les autres pays l’on fait" est recevable. Chaque pays est en droit de fonder son modèle social comme il l’entend.
          Et je voudrais rappeler que le bouclier fiscal est ce qui protège ce qui reste des revenus que les riches n’ont pas déjà soustrait à l’impot... Il est tout de même extraordinaire qu’ils préfèrent renoncer aux remboursements auxquels ils ont droit plutôt que d’inciter le fisc à mettre son nez dans leurs affaires...
          Je les connais, ce sont quasiment tous des tricheurs, leur avidité n’a pas de limite .

          Lorsque vous vous fondez sur l’exemple danois, par exemple, je ne suis pas sûr que leur système fiscal comporte toutes les possibilités d’exonérations qui existent dans le nôtre (pour être franc, je ne le sais pas, mais les connaissant, cela m’étonnerait ).

          En filigrane de tout ça il y a la question de l’utilité ou de la nocivité des riches, et du bien-fondé de leur richesse". .

          Pour le reste vous êtes dans un discours politico/idéologique qui n’a plus grand chose à voir avec le sujet.

          De cela il faudrait discuter, mais je me suis déjà exprimé là-dessus.
          Discuter ???

          Vous faites semblant dans un 1er temps de chercher à comprendre sincèrement les + et les - du RSA, pour ressortir en fin de discussion des arguments péremptoires qui ne souffrent plus aucune discussion puisque vous mettez vos oeillères très commodes pour éviter d’avoir à réfléchir. Si c’est ça que vous appelez "Discuter" alors autant que vous parliez tout seul.

          Inutile de vous dire que je ne suis pas sur la même longueur d’onde : Je ne suis pas pour Sarko, personnage que je n’apprécie pas vraiment, mais il m’arrive de reconnaître que tout ce qu’il fait, ou ce qui est fait sous son mandat, n’est pas à rejeter de la même manière.
          Celà ne risque sans doute pas de vous arriver. Vous appliquez donc un jugement à priori que vous emballez de réflexions creuses, pour ne jamais avoir à varier d’un iota.
          Merci tout particulièrement pour "l’utilité ou la nocivité des riches", ce genre de réflexion est toujours un grand moment de la pensée Avoxienne !
           !!


        • Philippe D Philippe D 10 septembre 2008 15:33

          @ Léon,

          Tout cela n’est pas si loin que cela du RSA et de son financement... Maintenant si cela ne vous intéresse pas ou ne vous concerne pas, c’est votre problème

          Il me semble pourtant que tout ce que vous dites au-dessus est assez éloigné du jugement positif ou négatif que l’on peut faire du RSA, par rapport au RMI.

          Ce n’est pas que ces sujets ne m’intéressent pas, mais nous nous situons aujourd’hui, pour ce sujet, dans un contexte où ces réflexions n’interviennent pas directement et n’ont pas à venir brouiller l’analyse factuelle.

          Si vous souhaitez discuter de ces problèmes, faites un article sur le sujet, ou retournez sur le fil précédent de la Taverne, qui abordait déjà ces sujets et sur lequel je m’étais d’ailleurs exprimé rapidement.
          Nous ne serons sans doute pas d’accord sur tout, mais si vous voulez bien éviter les jugements à priori je suis prêt à en discuter.


        • décurion 11 septembre 2008 00:36

          La taverne s’embrouille un peu les pédales. Les 25 % de réussites sur le commentaire plus haut, deviennent sur son article "le RSA sans détour" 30 % de réussites dans les zones test par rapport aux zones témoins. Ce n’est pas tout à fait la même chose, et si 3 rmistes sur 100 trouvent un emploi dans les zones témoins, 4 rsa sur 100 en font autant dans les zones test.
          En tout cas, c’est la lecture que j’en fais.


        • Philippe D Philippe D 11 septembre 2008 09:01

          @ Léon

          C’est vous qui décidez des têtes à couper et de celles qui pourront rester sur les corps ?

          C’est vous qui coupez les têtes avec un grand couteau bien affuté ?

          C’est vous qui vous baladez avec les piques et les têtes au bout ?

          Z’êtes un grand malade Léon !


        • Philippe D Philippe D 14 septembre 2008 18:30

          @ Léon

          Vous savez les questions philosophiques ouvrent toutes les portes et laissent souvent l’homme face à sa perplexité et à son impuissance. Elles sont intéressantes, passionnantes ou décourageantes et vides si elles ne restent que questionnements.
          Un gouvernement ne peut pas tellement se baser sur la philosophie, ou plutôt sur la recherche et l’expérimentation philosophique, pour l’aider à décider de ses actions. L’expérimentation hasardeuse, au gré de nouveaux crédos sortis du chapeau de tel philosophe ou économiste, risque fort de produire des conséquences facheuses et souvent diamétralement opposées à l’idée et à la direction initiales.

          Vous semblez contre l’idée du "moindre mal", à la recherche d’un Mieux, du Bien, sorte d’absolu qui ne serait pour autant pas religieux. Pourquoi pas ! Même si je ne suis pas sûr que votre mieux ou votre Bien conviendra à quelqu’un d’autre qu’à vous. ( Vous devrez donc créer la "Police Léon" qui va avec pour faire respecter votre Mieux, et comment parviendrez-vous à optimiser son action pour qu’elle ne dévie jamais de son rôle ? )

          J’avoue être dans ces domaines beaucoup plus tenté par une approche pragmatique ( Technique vs Philosophie dans votre bouche ?) de petits pas et de petits progrès. ( c’est forcément assez modeste vu comme ça, mais tant que l’on avance dans la bonne direction et que les effets s’additionnent ...)
          J’accepte certainement des choses que vous ne pouvez pas admettre, mais je ne crois strictement pas que vous feriez avancer plus rapidement les choses par une méthode radicale (qu’il faudrait d’abord définir et faire accepter à une fraction significative) qui risquera surtout, comme effet pervers pratiquement assuré, de produire des contre-feux plus dévastateurs encore.


        • Christoff_M Christoff_M 9 septembre 2008 23:05

           une fausse solidarité bien tape a l’oeil vendue par un naif avec les conseils des gourrous de la com Séguéla et Sauzé qui prennent vraiment les français pour des cons demeurés....
          Vous savez ce sont eux qui se sont fait beaucoup d’argent avec des affiches présidentielles avec du bleu du vert et un candidat en gros plan dans un costume bleu pétrole....

          Ceux qui disaient on fait rever grace à la pub !! ce sont les memes millionnaires qui nous emballent tout ça avec des paillettes pour nous dire c’est merveilleux on vous propose un avenir de pauvre !! il y a de la générosité judéo chrétienne la dessous !!

          travaillez pour moi les amis vous aurez les miettes...

          Coluche revient, histoire de leur en mettre un coup... et Jesus revient pour t’occuper des pauvres et virer les usurpateurs qui habitent ta maison, qui ont une fausse générosité de bourgeois !!


          • clostra 9 septembre 2008 23:37

            Oui certes, les statistiques existent, département par département, ce que ce sont bien sûr empressés de faire ces institutions lorsqu’elles ont hérité des RMIstes, il n’y a pas si longtemps.

            Pourquoi ne sont-elles pas diffusées : mystère.

            L’auteur évoque la question des deux sortes de RMIstes : les occasionnels, souvent récurrents et les RMIstes pérennes. Ces derniers rentreraient plutôt dans la marge COTOREP, peut-être d’ailleurs une conséquence directe de la « désaffiliation sociale », mais également parce que ces personnes vivent dans des villages éloignés, sans moyen pour se déplacer etc

            Que le RSA soit un succès : sans doute pas plus que ce jeu de chaises musicales des RMIstes actuels, d’une majorité de chômeurs et finalement, d’une majorité grandissante de personnes. 25% c’est une proportion qu’on imagine pour ces RMIstes occasionnels et récurrents. Tant mieux pour eux et c’est bien ainsi, car la majorité des biens portants souhaitent travailler pour s’estimer.

            Imaginer que ces populations pourraient occuper les emplois des "clandestins" ou autres immigrés (puisque c’est prévu dans un cadre légal) : pure fiction.

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louisa jasmin

 


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