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Accueil du site > Actualités > Société > Incendie du bus de Marseille : tout était écrit...

Incendie du bus de Marseille : tout était écrit...

« Vous avez entendu cette histoire sordide de la jeune fille brûlée vive dans une cave de la cité des Bleuets, pendant les vacances de Noël ? [...] Les policiers ont embarqué les gamins sous les applaudissements et les vivats d’une partie des habitants, de jeunes hommes pour la plupart. Les suspects avaient le sourire et la tête haute, fiers de l’appui du peuple face à l’oppression. »

Cet extrait de Festins secret, roman de Pierre Jourde publié l’an dernier, fait penser immédiatement à l’actualité et notamment à l’incendie criminel du bus de Marseille samedi soir qui a fait une victime, brûlée à 62%, actuellement dans le coma entre la vie et la mort, de toute façon détruite physiquement et psychologiquement à vie.

Mais là où la tragique ressemblance entre le roman et l’exaction est le plus inattendue, c’est dans la suite du récit : "De respectables mères de famille, interrogées par les journalistes, ont évoqué la thèse d’un complot, celle d’une injustice due au racisme. Des quinquagénaires bien mis se sont inquiétés que l’on stigmatise toujours le quartier." C’est ce qui s’est passé hier après-midi à Marseille. Une dépêche de mi-journée de l’AFP annonçait que « selon la mairie d’arrondissement, "des SMS ont circulé (jeudi) matin appelant à une manifestation contre la stigmatisation des enfants du quartier". Une autre du soir montrait la photo prise par Jean-Paul Pélissier pour Reuters (http://fr.news.yahoo.com/02112006/290/photo/un-mineur-ecroue-apres-l-incendie-d-un-bus-a.html) accompagnée de cette légende : "Manifestation à Marseille pour réclamer la libération des mineurs arrêtés".

Cette coïncidence entre la fiction d’un roman et la fatalité du quotidien est tout à fait fortuite, mais il faut admettre qu’en lisant le livre de Pierre Jourde peu avant ce drame, tout en se disant qu’il y allait fort en imaginant que les quinquagénaires soutiendraient les plus dangereux délinquants de leur quartier, on imaginait bien que l’on verrait cela un jour.

Ce jour, c’était hier, à Marseille. Et cela est terrible. Car cet épisode de la vie réelle, en venant si rapidement infirmer l’un des paragraphes les plus brutaux d’un roman qui n’y va pas de main morte dans son condensé effrayant de notre société contemporaine, vient légitimer la dure vision de l’auteur jusque dans les moindres détails de l’horreur, ce dont le livre ne manque pas. "Aux limites du réalisme et du fantastique, Festins secrets se livre à un décorticage de la sexualité moderne, à une satire cruelle du Léviathan éducatif et du monstre médiatique. Il s’agit aussi d’une anthologie des mauvaises pensées, d’un récit métaphysique sur le mal, où apparaissent les figures voilées d’Orphée, du double, du diable", annonce l’éditeur, L’Esprit des péninsules, sur son site.

Pour Jean-Claude Raspiengeas (La Croix), "Le style acéré de l’auteur, son pessimisme sans rémission happent le lecteur et l’embarquent dans un terrible voyage au plus angoissant de la France contemporaine. [...] Ce livre, furieusement désespéré, d’une lucidité glaçante, sans aucune concession aux bons sentiments, est à prendre au sérieux."

Pierre Jourde (auteur d’une vingtaine d’ouvrages, critiques, essais, romans) est un excellent écrivain qui a le don de soulever des polémiques car il ne mâche pas ses mots. Il s’attaque toujours à de gros morceaux, prend des coups à chaque livre et recommence. "Pierre Jourde épingle les faux-semblants, décrasse le langage, la pensée, jusqu’à faire mal. Festins Secrets est un miroir redoutable. Qui s’y regarde voit la folie du monde", affirmait Martine Laval dans Télérama. Ces coïncidences entre le roman d’un auteur à la vision des plus pessimistes sur l’état de notre société et de la vie des individus qui la composent et son "aboutissement" quelques mois plus tard seulement, n’est pas de nature à rassurer qui a lu Festins secrets.

Evidemment, les jeunes incendiaires du bus de Marseille, même si certains sont des mineurs scolarisés, n’étaient pas membres du jury qui a décerné l’an dernier le Prix Renaudot des lycéens à Festins secrets. On ne peut donc envisager que cette lecture ait inspiré leurs actes, mais bel et bien imaginer que l’empressement des médias à rappeler la date anniversaire des émeutes de 2005 et le vandalisme des derniers jours n’y est pas étranger : "Selon le procureur, les mineurs ont agi par mimétisme avec les récents événements survenus en région parisienne." Il semble qu’il y ait eu une sorte d’excitation collective pour monter une opération de cette nature. Ils ont voulu montrer que Marseille pouvait aussi être présente dans ce type d’agissement", a-t-il déclaré (Reuters).

Puisque nous en sommes à nous interroger sur l’influence des médias sur les actes d’individus, dans un autre genre, mais toujours dans le domaine froid et brutal de la dureté de notre société, comment ne pas imaginer que la diffusion par France 3, le week-end dernier, durant trois soirées, du téléfilm L’affaire Villemin, consacré au meurtre non élucidé du petit Grégory en 1984, n’ait aucun lien avec la tragique disparition du nourrisson retrouvé mort hier après-midi à Redon (il est impossible de ne pas faire le rapprochement entre les deux affaires) ?

Malgré l’ironie ou bien l’humour noir que l’on pourrait croire lire en filigrane de cette interrogation, il y a une vraie question : les événements de Marseille et de Redon (bien que de nature très différente) sont-ils une conséquence de la surmédiatisation de leurs annonciateurs (les émeutes parisiennes et le téléfilm L’affaire Villemin) ? Si la réponse s’avérait positive, soyons sûrs que les médias n’en dormiraient pas moins bien et ne changeraient rien à leur façon de "travailler". Ils ne se remettent jamais en question, preuve en est le traitement de l’affaire d’Outreau, quinze ans après celui de l’affaire Villemin. Mais pourquoi le feraient-ils ?

Pierre Jourde, Festins secrets, (L’Esprit des péninsules)

http://www.espritdespeninsules.com/index.php

Prix Renaudot des lycéens 2005

Grand prix Thyde Monnier 2005 de la Société des gens de Lettres

Prix Valery Larbaud 2006


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34 réactions à cet article    


  • Pelletier Jean Pelletier Jean 6 novembre 2006 12:48

    Excellente présentation du livre de Pierre Jourde. Mais la remise en cause des médias dans l’affaire de Marseille et de Redon me semble plus incertaine. c’est toujours l’éternelle question..on accuse les médias, par « leur insistance » de provoquer les événements, mais on ne les rate pas non plus lorsqu’ils passent sous silence ces mêmes évenments ou bien les minimisent. Personnellement je n’aimerai pas être « Rédac Chef » par les temps qui courrent.... smiley


    • Gros Jojo (---.---.1.216) 6 novembre 2006 13:06

      L’Odyssée d’une espèce

      Article de paléontologie écrit aux environs de l’an 8106

      Cette histoire nous fascine depuis toujours. Elle trouve un écho en chacun de nous, faisant vibrer nos racines les plus profondes. Tout commence en Seine-Saint-Denis, où l’on a trouvé les premières traces. Elles datent de l’ère mertanique (fin du XXe / début XXIe siècle) et restent les plus anciennes identifiées à ce jour. Nous sommes donc à l’apogée de la modernité. La préhistoire est finie depuis plusieurs dizaines de milliers d’années. Des fouilles ont mis à jour des empreintes également du côté de Lyon, Strasbourg, Creil, Mantes-la-Jolie et dans plusieurs parties du monde, notamment aux Etats-Unis. Elles sont à peu près de la même époque. Cet authentique hominidé est apparu au terme d’un processus de maturation très rapide, presque une génération spontanée. Il est une étape essentielle du processus évolutif.

      Son nom : Homo Zyva [...]

      la suite —> http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=14529


      • Bill (---.---.76.11) 6 novembre 2006 16:49

        Merci ! Je ne l’avais pas lu et j’ai bien ri !


      • Cauvin Cauvin 6 novembre 2006 22:11

        Une bonne tranche de viande de voiture, bien cuite, rien de tel pour se remettre d’une bonne journée à se peloter le sexe (fatiguant).

        je suis bien maintenant.

        je baille un peu, pour me détendre.

        Que faire ?

        d’abord je vais aller admirer une Gaie Parade, pardon, une Gay Pride, un de ces jours, sur L’Odyssée d’une espèce (la suite et fin ne va plus tarder...).

        Un détour par le Rapid’Bouffe, histoire de se sustenter...

        Bon, c’est pas tout ça, mais moi le Zyva, le vrai l’authentique Zyva, il va falloir que j’aille approfondir mon petit Rousseau préféré, celui avec les bons sauvages. Imbattable. Honnêtement cela dépasse, et de loin, toute cette littérature, la mienne en particulier.

        Allez, faites tous chier (comme dit mon voisin, un intellectuel de Agoravox, la voix des Rats), allez tous vous faire mettre bande de...

        (bande de quoi déjà, comment on dit déjà ? vous le saurez en lisant, quand j’aurai le temps, le prochain épisode de L’ODYSSEE D’UNE ESPECE), disons semaine prochaine.

        Emmanuel Zyva 1er, le Roi des Zyvas


      • Pinot (---.---.218.193) 6 novembre 2006 15:06

        C’est étonnant. Moi aussi j’ai regardé la télévision et lu les journaux ces dernières semaines... et je n’ai toujours pas mis le feu à un bus ou assassiner un enfant... c’est moi qui ne suis pas normal ???


        • yasunari (---.---.129.150) 6 novembre 2006 16:27

          Si tu es bien le Pinot, simple flic du film, c’est normal, ce n’est pas sale, ton corps change... En fait tu risques bientôt d’aller éborgner un djeune à coup de flashball comme les collègues, pour toi aussi passer à la télé.

          Pour arrêter la déconne, je pense qu’effectivement les média ont un rôle, mais si je les tiens responsables de pas mal de manipulations et écarts divers, je ne pense pas qu’ils puissent être considérés comme sérieusement responsables de cette propagation des violences de cité à cité. En revanche, le fait que les fouteurs de merde admettent l’avoir fait suite à ce qu’ils ont vu à la TV, ça indique bien un rapport singulièrement déviant à celle ci. Du même ordre d’imbecilité que celui d’aller se fracasser la tronche en voulant imiter les Jackass. Le fait, sans réfléchir ni au contexte ni aux conséquences, de tout faire pour finir dans le poste...


        • Dragoncat Dragoncat 6 novembre 2006 21:30

          Si je l’aurais dit avec plus de fleurs (et surement moins de pêche), je suis d’accord à 100% avec Yasunari.

          Les médias jouent un jeu répugnant et les mots d’éthique font se boyotter n’importe quel journaliste, mais ça ne doit pas déresponsabiliser un auteur de faits délictueux. Ou comme l’aurait dit Yasunari, un fouteur de merde (c’est quand même plus clair comme ça smiley ).


        • Sam (---.---.116.120) 6 novembre 2006 15:43

          Article un peu laborieux, hésitant entre la démonstration et le questionnement.

          Par ailleurs, convoquer Festins secrets en illustration des dérives marseillaises me semblent un peu « abusé », comme dirait l’homo Zyva qu’un Avoxien se plaît à nous resservir.

          Mais, incidemment, merci de décrire correctement la teneur de Festins Secrets et, donc, d’amener Pierre Jourde ici.

          Un des grands écrivains d’aujourd’hui, à mon idée, par ses thèmes, comme la qualité poétique et la précision de sa langue, au croisement de Saint John Perse et Julien Gracq.

          Sans parler de ses positions hétérodoxes dans le milieu éditorial, qui l’entrainent dans des combats courageux pour la qualité littéraire, avec Nadeau.

          A mon humble avis, le meilleur de ses ouvrages reste Pays Perdu. Une ode baroque, aussi critique qu’aimante, à sa campagne d’enfance qui nous fait découvrir une terre où les hommes sont volcaniques et la vie cruelle même si on l’allège, et la raccourcit, avec l’alcool.

          Alcool omniprésent qui hallucine l’écriture de Jourde, transforme les gens en bêtes sauvages comme en parangons pathétiques d’une humanité forcément déchue.

          La force de ce roman est grande.

          Et la licence poétique, bien méconne aujourd’hui de toute façon, n’a pas empêché l’auteur de se faire casser la figure par des habitants trop troublés/concernés par la description de leur pays perdu.


          • (---.---.80.59) 6 novembre 2006 15:51

            vous n’avez rien compris...ils ont flambés le bus avec des gens dedans pour passer à la télé, parce qu’après tout, il n’y a que ça qui compte...la vie des gens, des pauvres victimes, des autres qui sont comme eux, ils en ont rien a foutre, faut juste que quand les keufs les cueillent, on voit bien la paire de nique (les baskets de ces bouffons) le polo lakost, les chaines en plaqué or façon rap man.....en attendant, qu’ils soient d’un quartier ou d’un autre, ils mériteraient, malaise ou pas de la jeunesse, d’aller faire un petit tour au bois et ...pan !!!beur, pas beur, ils n’ont aucune excuse et méritent qu’on les efface de la planète, n’en déplaise aux bien-pensants et aux psychologues à deux balles expliquant que le malaise de la jeunesse de ces quartier autorise tout.....tout ça ne m’inspire que de la haine pour ces racailles, quelque soit leur age, leur provenance, leur origine..j’ai grandi dans un quartier pourri où le taux de chômage est de plus de 60 %, où mes voisins viennent de 20 pays différents, parlent pas ou à peine le français, c’est pas pour ça qu’on flambe les bus ni la banlieue....


            • Le chien qui danse 6 novembre 2006 16:25

              Si peu d’espérance, vous devez être bien pauvre à fréquenter mon ami !


            • vikram (---.---.247.45) 6 novembre 2006 16:29

              ça fait plaisir d’entendre enfin quelqu’un de la majorité silencieuses des cités ..


            • Sam (---.---.197.45) 6 novembre 2006 21:24

              ils mériteraient, malaise ou pas de la jeunesse, d’aller faire un petit tour au bois

              La guerre d’Algérie est terminée. Les corvées de bois aussi, heureusement. Sauf dans le monde de Bush, mais bon, le cow-boy sort son flingue et tire avant qu’une parcelle de réflexion et d’humanité ne lui monte au coeur. smiley


            • Dragoncat Dragoncat 6 novembre 2006 21:43

              @ 80.59

              Je comprend votre réaction. Je dois avouer humblement qu’à l’écoute de ce fait divers, j’avais moi aussi des envies de meurtre. Mais bon, après on se raisonne, on se dit qu’on est en démocratie et qu’il doit y avoir des moyens de répondre à ce type de comportement.

              Pour info...

              http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15107

              Cordialement...


            • Saint Sébastien (---.---.10.200) 7 novembre 2006 00:07

              un peu d’accords, sans non plus généraliser ces gamineries et nier certains soucis d’exclusion. Clairement ses jeunes voulaient faire parler d’eux, le problème est que ce n’est pas la prison qui les attends qui va faire d’eux de meilleurs citoyens , malheureusement, car c’est la meilleurs école du crime... faire payer les parents ? pourquoi faire, dans ses quartiers il n’ont déja plus rien...


            • cheops (---.---.15.139) 7 novembre 2006 00:39

              Ah mais c’est pour ça ! Ils ont lu qu’il fallait le flamber le Bush.. zont compris le Bus !


            • Arthur Mage (---.---.181.194) 6 novembre 2006 15:58

              Où voulez-vous en venir ? Moins de glose, plus d’explications et de faits s’il vous plaît ! Merci.


              • joseW 6 novembre 2006 23:25

                Au fait,

                Etait-il écrit dans le livre de Jourde que l’entourage néo-conservateur du Ministre de l’intérieur aurait pu financer des groupes de banlieues armés chargés de lancer le phénomène des bus brûlés ? A l’approche des présidentielles afin de monopoliser le débat et de aprticiper au fameux Choc des Civilisations qui peine à se développer en France ?

                Et que bien relayé par les médias complices, les « idiots utiles » se chargeraient ensuite de le faire dégénérer en le mimant assez lamentablement, il faut bien le reconnaitre ?

                Est-ce que tout était vraiment écrit ? Ou juste la partie émergée de l’Iceberg ?

                Car là c’était écrit : Lien vers le WMR Report visionnaire du 23 Octobre 2006 (en anglais) :


                • Sz 7 novembre 2006 02:47

                  Cher JoséW.

                  Con-sidérant que je suppose que vous n’avez pas le moindre bout de preuve d’un financement des racailles de banlieue incendiaires par Sarkozy, pas la moindre trace de virement de compte, pas la moindre image de remise d’un quart de poil d’euro de la main à la main, permettez moi de vous dire que les inventeurs de complots m’ont toujours fasciné.

                  Cette implaccable logique selon laquelle « à qui profite le crime », qui s’auto justifie comme preuve, tout en étant l’indice, c’est vraiment fabuleux. Heureusement pour toutes les veuves bénéficiaires d’assurance vie de ce pays, il en faut plus pour convaincre un juge.

                  Cela dit, on se demande quand même parfois, à qui profite l’invention d’un complot ?


                  • Dominique (---.---.184.109) 7 novembre 2006 08:41

                    Laissez tomber Sz, José w est coutumier du fait. Il y a quelques mois il nous a benoitement expliqué que des cellules dormantes américaines étaient responsables des attentats de Madrid et de Londres. Et ça n’a pas déclenché de tollé...

                    A qui profite la théorie du complot en l’occurence ? Aux partis tenants de la révolution permanente... smiley

                    Concernant le problème que pose l’article, il n’est pas (seulement) dans l’incendie du bus, mais surtout dans la réaction monstrueuse des manifestants qui veulent la libération des suspects. Or ce genre de réactions devient de plus en plus fréquent. Jourde s’inspire directement de la réalité lorsqu’il décrit les vivats des homo zyva, cf. la reconstitution du meurtre de Sohane, l’une des scènes les plus écoeurantes qui soient.

                    Que faire alors ? Déchéance de la nationalité française pour les fraîchement naturalisés et expulsion de tous ceux qui soutiennent les monstres, sans haine ni colère, mais pour cesser de désespérer la banlieue.


                  • joseW 7 novembre 2006 09:12

                    @ Dominique

                    En général mes post déplaisent assez fortement aux islamophobes et à tous les censeurs et autres bien-pensants qui veulent enlever la nationalité à des enfants mimétiques et très perturbés qui, jusqu’à plus ample informé, sont nés... en France.

                    Et sont donc autant français que vous et moi.

                    Vous viendrait-il à l’idée de déchoir par exemple la jeune maman tout autant perturbée, qui a occis son jeune garçon comme l’indique l’auteur de l’article dans un autre drame, de sa nationalité ?

                    La nationalité française ne suporterait-elle que des individus blancs de blancs et sans tâches dans votre esprit ?

                    Cela dit pour revenir à l’esentiel du sujet, je ne faisais ici que poser une interrogation à l’auteur de l’article, vu que je n’ai pas lu le livre de Jourde.

                    Je signale que les articles de Wayne Madsen que j’ai cités ci-dessus ont été publiés avant que les affaires de bus n’embrasent les banlieues : le temps qu’il ait l’information, qu’il la vérifie un minimum, et qu’il la publie, vous voyez qu’il était tout autant visionnaire que votre auteur préféré.

                    Ce n’est évidemment pas une preuve, mais c’est assez troublant.

                    Pour votre information, le rapport que j’ai cité est établi par un ancien Agent de renseignement étasunien (US Navay, NSA) reconverti dans le journalisme d’investigation (il participe à de nombreux oragenes de presse), qui est fort connu dans son pays...

                    Voici d’ailleurs un article de Wikipedia sur Wayne Madsen :


                  • cheops (---.---.15.139) 7 novembre 2006 22:26

                    Réponse : aux fachos pardi !!!!

                    (cf. le complot des médias, selon JMLP. Mais bien plus exemplaire encore, la montée du nazisme qui ne s’est appuyée que sur la théorie du complot !


                  • samsaez (---.---.45.106) 7 novembre 2006 11:51

                    c’est un article interessant, malgré le fait que l’affaire de redon et l’incendie du bus à marseille n’ai que peu de choses à voir avec les médias. La mère qui a tuée sa fille ne s’est pas inspiré de l’affaire villemin, elle l’as fait car elle etait désperée, seule, sans le père de l’enfant, ne pouvant plus s’occuper de lui... et à aussi essayer de mettre fin à ces jours recemments... Ceux qui ont mis le feux dans le bus ont fait ça par vengeance et fierté idiote, car la conductrice ne voulait pas les laissé entrer entre deux arrets, et ils ont décidé de brûlé le bus sans même se préocuper si tout le monde aurait eu le temps de sortir... Tout rapporter au média serait vraiment simpliste... « Je vois ça, donc je le fait.. », non, ça n’est pas ça... ça me rapelle quand on parlais de la mauvais influence des jeux vidéo soit disant violents ou des dessins animés japonais soi disant violents qui passaient à la télé.... Sommes nous devenu violent malgré tout ? non. Tout cela est dû à l’irresponsabilité de ces adolescents sans repères et dû aussi aux parents que n’ont pas su leur en donner... Sarkozy, profite de tout cela et met de l’huile sur le feu, car, qui mantient la peur dans tout les secteurs de la population est sûr de réussir, et c’est ce qu’il pense... Certains qui ont écrit certains commentaires débiles ici, réflechisser un peu avant d’écrire....


                    • Marcel Monteubeu Emmanuel Bourcet 7 novembre 2006 12:38

                      "Ceux qui ont mis le feux dans le bus ont fait ça par vengeance et fierté idiote, car la conductrice ne voulait pas les laissé entrer entre deux arrets, et ils ont décidé de brûlé le bus sans même se préocuper si tout le monde aurait eu le temps de sortir..."

                      Oui et ils avaient par hasard des bidons d’essence sur eux...


                    • samsaez (---.---.45.106) 7 novembre 2006 11:52

                      c’est un article interessant, malgré le fait que l’affaire de redon et l’incendie du bus à marseille n’ai que peu de choses à voir avec les médias. La mère qui a tuée sa fille ne s’est pas inspiré de l’affaire villemin, elle l’as fait car elle etait désperée, seule, sans le père de l’enfant, ne pouvant plus s’occuper de lui... et à aussi essayer de mettre fin à ces jours recemments... Ceux qui ont mis le feux dans le bus ont fait ça par vengeance et fierté idiote, car la conductrice ne voulait pas les laissé entrer entre deux arrets, et ils ont décidé de brûlé le bus sans même se préocuper si tout le monde aurait eu le temps de sortir... Tout rapporter au média serait vraiment simpliste... « Je vois ça, donc je le fait.. », non, ça n’est pas ça... ça me rapelle quand on parlais de la mauvais influence des jeux vidéo soit disant violents ou des dessins animés japonais soi disant violents qui passaient à la télé.... Sommes nous devenu violent malgré tout ? non. Tout cela est dû à l’irresponsabilité de ces adolescents sans repères et dû aussi aux parents que n’ont pas su leur en donner... Sarkozy, profite de tout cela et met de l’huile sur le feu, car, qui mantient la peur dans tout les secteurs de la population est sûr de réussir, et c’est ce qu’il pense... Certains qui ont écrit certains commentaires débiles ici, réflechissez un peu avant d’écrire....


                      • gem (---.---.117.250) 7 novembre 2006 12:16

                        L’article est bon, un peu moins sur sur la forme mais rien de grave.

                        Deux petits reproches,

                        1) vous oubliez que la réalité dépasse toujours la fiction dans l’horreur. Alors présenter P. Jourde comme pessimiste ou dire qu’il y va fort c’est à coté de la plaque, car c’est tout le contraire : il y va mollo, et il lui faut une sacré dose d’optimiste quand même pour simplement décrire la réalité.

                        2) le procès des médias en provocation mimétique ça finit par faire malaise. Ben oui, l’humain est l’homo miméticus parfaitement décrit pas R. Girard. Mais faut pas se leurrer, le con qui cherche un exemple de conneries à faire n’a pas besoin des medias pour le trouver. Les videos de portables et le téléphone arabe suffisent amplement pour ça. Oui, les medias exagèrent et déforment, et oublient des choses importantes ; comme tout le reste, ils n’existent qu’en deux taille : trop ou pas assez. Faut quand même apprendre à vivre avec, un jour, ou alors faudra pas se plaindre quand il n’y en aura plus...


                        • dna 7 novembre 2006 13:10

                          Ou plus simplement ces jeunes à court de justification pour des actes injustifiables n’ont rien d’autre à proposer que ....« ben, j’ai fais comme les autres ! »


                          • (---.---.12.11) 7 novembre 2006 16:46

                            Destin secret...

                            A la mémoire d’une culture qui, pour nous punir, nous laisse partir, devenir amnésiques...

                            Ecrire sur quelqu’un implique une certaine violence envers lui, mais ne pas écrire sur lui c’est aussi lui faire violence.

                            A Targant, tout le monde est analphabète ou presque, l’unique école du village, une salle en préfabriqué, est fréquentée par quelques enfants, à majorité masculine, mais ils la quittent à peine le cycle primaire terminé. Elle est concurrencée par des mosquées ; chaque douar ayant la sienne, dirigée par un imam illettré et borné, appelé fkih , qui fait réciter des versets coraniques à longueur de journée à quelques malheureux garçons ; les filles en sont toutefois exclues. L’imam obtus bat les gamins qui n’apprennent pas par cœur, en les pendant sur les flammes d’un feu allumé pour l’occasion, où il fait éclater du gros sel pour les effrayer davantage. Il lui arrive même de leur faire subir des sévices sexuels, pratique honteusement tolérée dans cette bourgade.

                            Si à la mosquée ces enfants sont dressés à la soumission absolue et à l’irresponsabilité, le sadisme des imams aidant, en revanche à l’école ils apprennent les bases rudimentaires de l’arabe, juste ce qui est nécessaire au déchiffrage du courrier envoyé par leurs frères aînés émigrés et dont le niveau de langue est très médiocre. Cela suffit largement aux attentes de leurs parents en termes de réussite scolaire. Quant à l’avenir, l’émigration, avec « l’aide d’Allah », s’en chargera. Ces jeunes garçons - à l’enfance abrégée - vont gonfler les rangs des inactifs qui passent leur temps à rôder dans les rues poussiéreuses et à rêver d’une hypothétique expatriation.

                            Il règne dans ce village un climat malsain, d’animosité, de sauvagerie et d’archaïsme. Les gens, incultes et hypocrites, passent leur temps à boire du thé, à tourner en rond ; et notamment à se calomnier les uns les autres - c’est leur activité quotidienne favorite. En effet, des séances de médisance sont quotidiennement organisées et peuvent durer plusieurs heures. Le groupe s’acharne sur les absents, à qui il trouve toutes les tares possibles et imaginables, et dès qu’une personne quitte l’attroupement elle devient à son tour sujette à des quolibets. Les gens sont follement passionnés par la rumeur et celle-ci s’alimente constamment par leur imaginaire, silo à fables dont la capacité est intarissable.

                            Les habitants de ce village souffrent de leur bâtardise, étant un ramassis d’individus à l’origine inconnue, dans une région où la valeur des gens se mesure par leur appartenance tribale, et cela donne une allure cynique à leur comportement collectif marqué par l’antipathie et l’ostracisme. Ils vivent sur un mode tribal étrangement stratifié, à prédominance masculine, où règne la loi du plus âgé et du plus fort. Ils n’ont ni éducation ni savoir-vivre et sont des champions, dans leur genre, du travestissement de la personnalité. En effet, ils ne disent pas ce qu’ils pensent et ne pensent pas ce qu’ils disent. Ils affichent, les uns vis-à-vis des autres, une sympathie factice en se serrant fortement dans les bras, en s’embrassant et en se tenant par la main en public mais tout n’est que tactique et stratagème. Au fond, leurs relations sont odieusement insidieuses. Ils se haïssent viscéralement, se jalousent et se tendent lâchement des pièges. Les alliances se font et se défont au gré des intérêts - mesquins - du moment, toujours dans le but de diaboliser l’un des leurs ou de le spolier de ses modestes biens. Ils portent en eux comme un gêne maléfique - et la jalousie poussée jusqu’à la haine marque impudemment leurs relations. Les familles vivent en communauté, les garçons mariés et célibataires se côtoient sous le même toit. Même ceux d’entre eux qui émigrent laissent leurs épouses au bercail, sous l’œil vigilant de leurs parents. Dès l’aube, les femmes, célibataires ou répudiées ainsi que les brus, se lèvent. Encadrées par la matrone, véritable tyran domestique, elles se lancent dans des corvées interminables, préparant d’abord le petit déjeuner habituel : soupe de d’chicha , thé à la menthe et galettes de pain préparées dans le kanoun , qu’on trempe dans de l’huile d’olive ou dans le thé. Le tout pour la horde de garçons désoeuvrés qui font la grasse matinée, après avoir veillé une grande partie de la nuit dans les réunions de médisance ou à faire des escapades dans les prairies arides à la recherche d’ânesses pour les pratiques qu’on imagine. Souvent à défaut, ils se calment mutuellement leurs ardeurs libidineuses par des pratiques homosexuelles.

                            Une fois leur devoir culinaire accompli, les belles filles - corvéables à merci - partent ensuite, toujours encadrées par la belle mère, à l’instar des bagnards, vers les champs chercher de l’herbe pour les chèvres et du bois pour la cuisine. Les filles, elles, restent à la maison et préparent le déjeuner pour leurs frères. Ce sont toujours les mêmes recettes : baddaz le vendredi, jour de culte selon la tradition, et tagine aux légumes, souvent des navets, le reste de la semaine. Les belles filles rentrent le soir chargées comme des mules et, sans relâche, se lancent dans la préparation du repas pour la clique masculine qui sombre dans la léthargie. Elles lui servent à manger et attendent les restes - si restes il y a -, pour manger à leur tour.

                            Les seuls moments de répit dont ces femmes disposent sont ceux où elles partent, toujours escortées par la belle mère, visiter les mausolées. Elles y vont pendant l’absence de leurs frères et maris, souvent le samedi, jour de souk à Garma, gros bourg à une vingtaine de kilomètres de là, où les hommes vont chercher les lettres envoyées par les émigrés, collecter les rumeurs et fantasmer. Elles se prosternent pendant de longs moments devant la tombe du saint et racontent leurs maux que les hommes n’écoutent jamais. Elles font aussi des vœux de bonne santé - et de longévité pour leurs mariages. Nonobstant leur calvaire, rester mariées est pour elles mieux qu’une répudiation humiliante. La belle mère, elle, prie le marabout défunt de trouver « un bon parti » pour chacune de ses filles.

                            Le mariage est un événement de taille dans la vie de cette peuplade et les festivités relatives à sa célébration durent une semaine, c’est la tradition. Tous les garçons du village viennent à la fête le soir. Ils le font de leur propre gré, sans être invités, et on n’a pas le droit de leur refuser l’accès à la maison du mariage. Tout le monde respecte cette coutume et ceux qui l’enfreignent s’exposent à une guerre de pierres que ces garçons déclenchent et font durer toute la nuit, immobilisant tout le monde dans la maison des mariés. Et chaque soir ils reviennent à la charge, jusqu’à ce qu’on cède à leurs revendications.

                            Ils amènent avec eux quelques musiciens de fortune qui viennent jouer de la musique pour le plaisir et surtout pour écouter les youyous des femmes qu’on installe dans un coin obscur de la maison et dont les silhouettes suffisent pour chauffer à blanc tous les hommes jusqu’à l’aube. Parmi ces « musiciens », il y a un ou deux joueurs de l’aouad , au rôle très important et qui bénéficient de l’attention de tous, deux ou trois joueurs de T’ara et un joueur de N’akouss .

                            Ils s’asseyent par terre dans la cour de la maison, en formant un cercle, et psalmodient en groupe une espèce de chant inécoutable, aux paroles archaïques et quasi obscènes. De temps en temps, quelques garçons se lèvent pour danser. En fait, ils paradent en sautillant au milieu du groupe, tout en lançant des onomatopées étranges destinées aux femmes. Celles-ci répondent par des youyous qui vont crescendo, poussant ces malheureux à entrer en transe. Ce délire collectif est le signe d’une frustration sentimentale et sexuelle manifeste. Dans cette bourgade, la séparation des sexes est de rigueur et les hommes deviennent hystériques à la moindre apparition des femmes. La pédophilie y est très répandue et la zoophilie de mise - les ânesses étant des « compagnes » de prédilection.

                            Ce climat de frustration extrême rend les hommes sadiques et paranoïaques et les femmes masochistes et névrotiques. En effet, il n’est pas rare de voir un homme se défouler en rouant de coups son épouse - quand il ne se plaint pas de persécutions imaginaires. La femme, quant à elle, reporte son désappointement sur ses enfants qui sont eux aussi l’objet de sévices corporels. Les mariés se rencontrent pour la première fois la nuit de noces qui se transforme en viol organisé. L’homme viole la jeune fille de plusieurs années sa cadette - arrachée à l’âge des jeux et des poupées -, dans l’obscurité. Pendant ce temps, des femmes tapent sur des tambourins devant la porte de la chambre fermée à clé, pour détourner l’attention des badauds des cris de la mariée. Les mariages sont rarement une réussite puisque ce sont des alliances tribales - et moyenâgeuses - conclues entre familles. Cette « corrida » féroce, dont la victime est un être humain candide et innocent et le matador un monstre cruel déguisé en homme, ne s’arrête qu’avec l’écoulement du sang de l’hymen qu’on exhibe sur un drap blanc. Cette étoffe - symbole de bassesse et de bestialité - enveloppe la jeune fille pendant une semaine.

                            Les filles qui manquent d’hymen sont mises à la porte sans ménagement et leur honneur ainsi que celui de leurs familles sont piétinés à tout jamais. Victimes muettes, jetées en pâture à tous, elles endossent seules le poids de la souffrance, de la culpabilité et de la honte. Certaines familles les rejettent à leur tour, brisant ainsi leur ultime chance d’être réhabilitées. Elles deviennent alors les parias de la communauté et les hommes du village, dans leur grande majorité, trouvent légitime de les forcer à se prostituer avec eux. C’est le prix à payer - sentence criminelle perpétrée à travers les générations...


                            • (---.---.12.11) 7 novembre 2006 16:54

                              La plupart de ces bourreaux émigrent - par tous les moyens - en Europe et perpétuent ces traditions, au sein même des villes où ils ont trouvé refuge. Ils rentrent au pays chaque été épouser de jeunes filles impubères, pour les répudier l’année suivante. Ils ont ainsi transformé l’été en saison de viol à grande échelle dans ce village. Ils sont encouragés dans cette ignoble entreprise par les devises amassées en profitant de prestations sociales de tout genre, au détriment de leurs progénitures privées de tout. Depuis l’instauration de visas d’entrée par les pays de l’Europe occidentale, beaucoup de ceux d’entre eux qui y vivent avec leurs familles vendent leurs filles à des avortons candidats à l’émigration - passeport européen oblige. Il n’est pas étonnant de voir la dérive de leurs rejetons, victimes de l’éducation rétrograde de leurs parents. On se demande d’ailleurs si l’intégration tant voulue par les pays d’accueil n’est pas une utopie. Mais c’est un autre sujet.

                              Dans ce patelin, les gens s’invitent d’eux mêmes, sans prévenir, à tout moment, et guettent l’occasion de participer aux cérémonies : baptêmes, mariages, « selka »(10) ou simple « arda »(11) . Ces manifestations sont prisées puisqu’elles permettent aux hommes de s’approvisionner en rumeurs, car plus on a de balivernes à raconter, plus on a de raisons de s’inviter ou de se faire inviter. C’est aussi, pour eux, l’occasion de manger de la viande, denrée rare et chère dans cette contrée. Les invités sont avertis : un garçonnet fait le tour des maisons la veille pour annoncer la nouvelle aux hommes du douar. Parfois cette manne s’étend à plusieurs douar. Tout dépend de la dimension de la cérémonie, des intentions de l’hôte, de ses capacités financières et de sa volonté d’apparaître et de se vanter.

                              Les invités arrivent par grappes, drapés, selon les saisons, dans des « foukia »(12) ou des « jallabia »(13) , cache-misères camouflant des vêtements sales et en piteux état. Certains, notamment les vieux, ont les têtes enturbannées par des « amama »(14) . On les installe dans des « mesria », grandes pièces rectangulaires qui constituent la « douaïria »(15) , spécialement réservée aux grandes occasions, culture de l’apparat oblige. Le reste du temps la « douaïria » reste fermée et strictement interdite aux membres de la famille et tout particulièrement aux femmes. Les vieux se mettent ensemble dans une pièce et les jeunes dans une autre. Ils s’accroupissent sur les nattes qui couvrent le sol, serrés les uns contre les autres, le dos contre le mur. L’hôte apporte le matériel pour faire du thé qu’un volontaire ou deux se proposent de préparer selon le rituel en vigueur : une théière qu’on fourre de thé vert, de sucre et de menthe, mise à bouillir pendant longtemps sur un brasero, et le service est fait à trois reprises espacées dans le temps. Cette cérémonie dure au moins deux ou trois heures car c’est un moyen d’occuper les convives pendant que les femmes s’activent à préparer les tagines au fond de la maison, dans « dar lekdima »(16) - partie complètement isolée de la « douaïria », à l’abri des regards La séance du thé précédant le repas est l’occasion de relater les anciennes rumeurs, d’étaler les nouvelles et de dénigrer les absents - comme à l’accoutumée. C’est la règle du jeu. Des plateaux remplis de gaufrettes et de cacahuètes leur sont servis pendant qu’ils sirotent leurs verres de thé. De temps en temps un homme, l’hôte en l’occurrence ou l’un de ses fils, fait le tour des présents et leur asperge le crâne avec une lotion d’eau de Cologne bon marché que les émigrés rapportent des marchés aux puces européens et que leurs familles frelatent pour en augmenter le volume. De ce mélange d’odeurs, celle de la cuisine, celle de la soi-disant eau de Cologne, celle de la sueur de ces affamés et celle de la puanteur de leurs vêtements, se dégage une senteur de boue fermentée. Elle empeste l’atmosphère de la maison et se répand à plusieurs mètres alentour. On se croirait vraiment dans une décharge, mais pour eux c’est l’odeur du festin, de la communion et du plaisir partagé.

                              L’heure du repas arrivée, l’hôte ordonne aux préparateurs de thé de servir celui-ci pour la troisième fois, cet instant étant délibérément retardé. Une excitation intense précède le moment fatidique. Le dénigrement s’arrête momentanément, pour une fois - et les hommes affichent brusquement un air de recueillement. Et tout d’un coup, ils commencent à chanter en choeur deux phrases hiératiques. Une partie de l’assemblée lance : « La ilaha illallah » et l’autre partie lui répond : « Mohammad Rasolollah » (il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète). C’est une façon de remercier la grandeur divine de leur avoir donné l’occasion de manger bientôt des tagines garnis de viande. Dès que les marsal font leur entrée dans la pièce, le chant s’arrête subitement. Un serviteur fait le tour de la pièce en tendant aux invités, un par un, un « marsal »(17) dans lequel ils lavent leurs mains et une serviette pour les essuyer. Certains crachent dans la serviette, d’autres s’en servent pour se moucher le nez ou s’essuyer le front. A la fin du parcours, il n’est pas étonnant qu’elle ressemble à une serpillière.

                              Dès que les tables rondes sont installées, alignées le long de la pièce, ils s’agenouillent autour par groupes de six, sept ou huit. Une fois les tagines et le pain servis, l’un des invités coupe les galettes de pain à la main et en pose quelques morceaux devant chacun de ses compagnons. Ensuite, d’un geste vif, un autre soulève le couvercle du tagine et le pose par terre derrière le cercle des convives. Simultanément, ceux-ci se jettent comme des fauves sur la viande - chacun essayant de prendre le gros butin et de le poser devant lui sur la table. Seulement après, ils commencent à manger collectivement les légumes, et le font à la main à l’aide de gros morceaux de pain, avec une cadence accélérée malgré la chaleur du plat qui arrive droit de dessus le feu. On ratisse large dans le tagine car c’est l’occasion ou jamais. En moins de dix minutes, ce ballet incessant de va-et-vient des mains rêches entre le plat et les bouches gloutonnes prend fin.

                              Aussitôt, le lavage des mains reprend, selon le même rituel. Certains se contentent, notamment les vieux, d’essuyer leur mains trempées dans la sauce sur leurs barbes pour conserver l’odeur de la viande quelque temps. Tout le monde rote et pète en signe de satisfaction et de satiété. On propose de nouveau le thé mais la plupart le refusent pour pouvoir digérer le plus lentement possible le tagine fraîchement mangé. Quelques uns, les habitués des lieux, font une sieste sur place si c’est la journée ou prolongent la soirée - pour médire -, si c’est le soir. Les autres partent enthousiasmés en lançant à l’intention de l’hôte en guise de remerciement : « Allah Ikbel, Allah Ikhlef » (que Dieu accepte ce que tu as dépensé et te le rembourse). Après tout, ce n’est, à leur sens, qu’une offrande à Dieu. En tout cas, on n’invite pas sans arrière-pensées dans ce pourrissoir maudit... (à suivre)

                              P.-S. Le nom de ce village est un nom d’emprunt. En revanche, cette histoire est totalement vraie, et le village en question existe bel et bien, et son mode de vie décrit dans ce texte est toujours le même. Ce village continue, hélas, à alimenter l’Europe par ses spécimens, tous candidats à l’émigration.

                              Lexique :

                              1 - « Douar » : quartier. 2 - « Fkih » : de l’arabe classique « fakih » : jurisconsulte. 3 - « D’chicha » : orge concassée. 4 - « Kanoune » : grand vase en terre cuite, planté dans le sol de la cuisine et servant à cuire le pain. 5 - « Baddaz » : couscous à la semoule de maïs et aux figues vertes. 6 -« Tagine » : récipient en terre, formé d’un plat épais muni d’un couvercle conique ; c’est aussi le nom de son contenu. 7 - « L’aouad » : sorte de flûte en cuivre. 8 - « T’ara » : sorte de tambourin à la forme large. 9 - « N’akkouss » : plateau en cuivre sur lequel on tape avec deux clous. 10 - « Selka » : cérémonie religieuse où l’on invite quelques imams qui viennent réciter des versets coraniques, moyennant quelques billets. 11 - « Arda » : invitation collective, à manger et à médire. 12 - « Foukia » : gandoura, souvent de couleur bleue. 13 - « Jallabia » : djellaba, de couleur marron ou bleue, blanche pour les imams. 14 - « Amama » : turban, souvent de couleur noire, blanche pour les imams. 15 - « Douaïria » : maisonnette à 3 pièces avec patio, strictement réservée aux invités et séparée de la maiuson principale par une porte isolée. 16 - « Dar lekdima » : la vieille maison, partie séparée de la « douaïria », où vivent habituellement les familles. 17 - « Marsal » : bassine et bouilloire en métal qui servent à laver les mains.


                            • cheops (---.---.15.139) 7 novembre 2006 23:00

                              Quelle est votre intention ?

                              Convaincre un peu plus certains que tous les immigrés viennent distiller quelque chose de leur barbarie chez nous ?

                              Faire un lien entre ceci et le trouble de nos banlieues ?

                              Erreur..Ici on parle de ces enfants Français, qui ont étudié chez nous, et constuiront leur vie ICI.

                              Ils nous interpellent pour nous dire qu’ils souhaitent cela ardemment mais qu’on leur renvoit toute autre chose.

                              Et tous les à priori de dépréciation supplémentaire que vous venez apporter ne va pas les aider, ni NOUS aider à leur faire toute la place, la même qu’à TOUS NOS ENFANTS DE LA FRANCE !

                              Sinon je peux vous raconter aussi les moeurs barbares de nos campagnes il y a 100 ans ou plus, les mariages arrangés, les bannissements, le traitement des batards...des sorcières...et autres effets de l’analphabétisme. Vous voulez ? ou ça n’a rien à voir avec la choucroute ?


                            • Sz 7 novembre 2006 17:58

                              "par joseW (IP:xxx.x98.25.142) le 7 novembre 2006 à 09H12

                              @ Dominique En général mes post déplaisent assez fortement aux islamophobes et à tous les censeurs et autres bien-pensants qui veulent enlever la nationalité à des enfants mimétiques et très perturbés qui, jusqu’à plus ample informé, sont nés... en France.

                              Et sont donc autant français que vous et moi."

                              J’ignore si vous avez des papiers français, mais vous ne vivez pas en France JoséW, ne mentez pas.


                              • (---.---.12.12) 8 novembre 2006 01:25

                                @ cheops,

                                « Sinon je peux vous raconter aussi les moeurs barbares de nos campagnes il y a 100 ans ou plus, les mariages arrangés, les bannissements, le traitement des batards...des sorcières...et autres effets de l’analphabétisme. Vous voulez ? ou ça n’a rien à voir avec la choucroute ? »

                                Si, cela à voir avec le couscous ! Effectivement, 100 années nous séparent d’eux.

                                « Faire un lien entre ceci et le trouble de nos banlieues ? »

                                Oui, bien entendu ! Ils vivent ici chez eux, ils ne se sentent pas plus Français que vous Algérien. Au train où vont les choses, et en considérant votre complaisance dans l’ignorance, l’assimilation de la France sera achevée vers 2040, la France étant le dernier bastion avant l’invasion définitive de toute l’Europe.

                                Savez vous qu’à Marseille, les jeunes ont manifesté pour demander la remise en liberté des mineurs mis en cause dans l’immolation de cette jeune Sénégalaise ?

                                Vous êtes à vomir, pardonnez moi.

                                Cordialement,


                                • cheops (---.---.2.234) 11 novembre 2006 00:19

                                  Oui je vois que vous avez une tendance à vomir beaucoup !


                                • cheops (---.---.2.234) 11 novembre 2006 01:14

                                  Il me semble en effet que vous vomissez beaucoup !


                                • Karl (---.---.183.192) 30 janvier 2007 16:54

                                  Ils avaient le sourire par goût pour la provocation.

                                  Ils applaudissaient parce qu’ils en avaient raz-le-bal de ceux qui aiment à provoquer.

                                  a+

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