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Accueil du site > Actualités > Société > Infanticides en série : étrange clémence des décisions judiciaires

Infanticides en série : étrange clémence des décisions judiciaires

Les assassinats d’enfants sont en général, en France, parmi les crimes donnant lieu aux peines les plus sévères (on se souvient de la célèbre affaire Patrick Henry, qui avait été condamné à la perpétuité pour un tel assassinat).

Avec la récente mise en examen de Véronique Courjault pour une série de trois infanticides, on peut se poser la question de l’étrange clémence des décisions judiciaires concernant les femmes ayant commis des infanticides en série sur des nouveau-nés.

Examinons donc les annales judiciaires dans ce domaine.

25/11/1988, Rosita G., 38 ans , Cour d’assises du Loir-et-Cher : cinq ans de réclusion pour triple infanticide de nourrissons nés clandestinement à son domicile en1985 , 1986 et 1987 (elle était déjà mère de trois enfants de quatre, neuf et onze ans). 1

2/3/1990, Sylvie C., 27 ans, aide puéricultrice : douze ans de réclusion pour quatre infanticides en quatre ans (elle avait jeté ses nouveau-nés, nés clandestinement, aux ordures. (Cour d’assises de la Haute-Vienne).

15/9/1990, Marie-Madeleine D., 37 ans : neuf ans de réclusion pour infanticides de deux nouveau-nés en 1986 et 1988 (Cour d’assises du Loir-et-Cher). 3

0/11/1990 : Jocelyne D., 37 ans, aide-comptable : cinq ans de réclusion pour l’assassinat de deux jumelles le 4/8/1989. Elle avait accouché de jumelles dans des douches de camping et s’était débarrassée des corps dans la poubelle. (Cour d’assises de l’Hérault). 1

7/11/2005, Christine F., 41 ans : quinze ans de réclusion pour quadruple infanticide (1997, 1998, 2001 et 2003, un enfant congelé et trois carbonisés dans le jardin (Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine).

Un calcul simple permet de dire qu’il a été infligé un total de 46 ans de prison pour 15 infanticides, ce qui fait approximativement une moyenne de trois ans et un mois de réclusion par infanticide.

Sachant que la peine théorique encourue pour un assassinat d’enfant est la perpétuité, comment expliquer cette particularité des jugements dans les infanticides en série, lorsqu’ils sont commis par la mère ? Sachant que les jurés d’assises sont recrutés au hasard dans la population, cela révèle-t-il quelque chose sur un mode de fonctionnement mental de notre société ? Essayons d’imaginer les raisons cachées qui pourraient avoir motivé ces jugements. 1°) Morale du résultat et morale de l’intention.

En France, le système juridique est implicitement basé sur la morale de l’intention et non sur celle du résultat, ce qui explique que les homicides accidentels soient, à juste titre, moins punis que les homicides volontaires. De même, on donne des circonstances atténuantes lorsqu’un mobile particulier rend l’assassinat plus excusable. Les assassins sont donc jugés différemment en fonction de leurs mobiles. Dans le cas de Patrick Henry, le mobile était l’intérêt (demande de rançon), d’où la condamnation à perpétuité. Dans les cas d’infanticides par les mères, on pourrait dire que le mobile est au contraire le désintérêt. Mais il est difficile d’admettre que le désintérêt soit une « meilleure » raison de tuer que l’intérêt... 2°) Psychiatrisation des comportements déviants.

Devant des comportements aussi extrêmes, on a une tendance naturelle à incriminer un trouble mental, même si les experts-psychiatres déterminent que les coupables n’étaient pas en état de démence au moment des faits. En effet, s’il existe des psychoses puerpérales entraînant des infanticides, dans ces cas de psychoses on observe un état délirant aigu avec troubles massifs du comportement. Tel ne semble pas être le cas des « serial infanticides » qui stupéfient au contraire leur entourage par la normalité de leur comportement. Leur seul mobile semble être le dérangement dans leur existence qu’occasionne la venue au monde de ces enfants. Par un glissement sémantique, curieux zeugme psychiatrico-judiciaire, du fait qu’elles soient dérangées par ces naissances au point de tuer, on arrive à conclure hâtivement qu’elles sont dérangées ! 3°) Misogynie implicite des jugements.

De même qu’il existe une « excuse de minorité » légitimant des réductions de peine chez les assassins mineurs au moment des faits, on se demande si les jurys n’intérioriseraient pas dans ces cas une sorte « d’excuse de féminité ». En effet, dans l’imaginaire populaire, les femmes passant pour des êtres souvent irrationnels gouvernés par leurs hormones, et agissant par impulsions incontrôlables et irréfléchie, ceci atténuerait, dans l’esprit des jurés, leur responsabilité ... 4°) Argument du « danger social ».

Certains jurés pourraient penser que ces mères, (contrairement à un Patrick Henry qui a repris très rapidement un comportement délinquant après sa libération conditionnelle), ne constitueraient pas un danger pour la société, d’où des peines plus légères. Cet argument ne tient pas debout, sauf à considérer que les nouveau-nés ne feraient pas partie de la société, alors qu’ils en sont l’avenir ! Il y a d’ailleurs un certain égoïsme dans cet argument, qui conduirait à penser que, dans un cas, le criminel tue les enfants des autres et donc on l’emprisonne à vie pour qu’il n’ait pas l’idée de tuer les nôtres, alors que dans l’autre cas, ces femmes infanticides ne tueront jamais que leurs propres enfants. On se retrouve dans la situation où ce n’est pas aux enfants assassinés que l’on rend justice, mais à leur entourage familial (dans le cas des mères infanticides, on peut dire que par définition, celui-ci est indifférent au sort des assassinés !). On a ici la création sociale implicite d’une sorte de « droit de propriété » de la mère sur le nouveau-né, qui impliquerait un droit d’usage et d’abus, et une sorte de survivance du droit romain antique, dans lequel le pater familias décidait si son nouveau-né devait survivre ou non.

On le voit, sous des apparences de clémence et d’humanité, on ne peut exclure l’hypothèse selon laquelle ces jugements seraient guidés par des motivations douteuses. A trop vouloir juger les personnes plutôt que les faits, on finit par obtenir une certaine illisibilité des décisions judiciaires.

On observe ainsi une quasi-disparition du principe de proportionnalité entre les délit et les peines. Ainsi, l’humoriste Patrick Font, qui a été condamné à sept ans de prison pour le délit, certes très répréhensible, d’attouchements sexuels sur des adolescentes, s’est donc vu sanctionné par une peine très supérieure à celle attribuée en moyenne pour chacun des infanticides précédemment décrits, alors que dans son cas, il n’y a quand même pas eu mort d’homme ! Ainsi également, l’Assemblée nationale vient de décider de sanctionner d’un an de prison ceux qui diraient des contre-vérités historiques sur l’Arménie (le tiers de ce qui est donné dans les faits pour un infanticide en série !).

Qu’on ne prenne pas cet article pour un réquisitoire contre ces femmes, ni comme une demande de sévérité accrue, mais plutôt comme une critique de certaines façons contemporaines de penser. Je suggérerai qu’avant tout jugement, on demande à ces mères infanticides de donner à titre posthume un prénom à leurs enfants, et de les déclarer à l’état civil. Ainsi celles qui avaient déclaré leurs enfants non-êtres entameraient un processus de réparation symbolique en leur donnant au moins un prénom. Dans leur esprit, à la question : « De quoi me suis-je débarrassée ? » se substituerait la question : « Qui ai-je tué ? », ce qui leur permettrait d’entamer un processus mental de culpabilité.

Quant aux pères, me direz-vous ? Un aphorisme ironique de Théophile Gautier me paraît résumer leur situation : « Depuis un temps immémorial, les pères, les maris et les amants sont en possession du privilège de ne rien voir. » (Théophile Gautier, dans Mademoiselle de Maupin) .


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156 réactions à cet article    


  • Colombo (---.---.71.55) 18 octobre 2006 12:39

    Vous êtes un « drôle »de médecin si vous assimilez des femmes commettant des infanticides à des « tueurs en série », pour votre gouverne on ne reconnais plus les pathologies mentales en justice (vous semblez avoir fait l’impasse sur la psychiatrie),tout le monde est responsable (à part les politiques et autres privilégiés) pour cause de retour à l’ordre moral d’un autre âge auquel vous semblez participer d’ailleurs...


    • docdory (---.---.180.138) 18 octobre 2006 13:40

      J’ai vu dernièrement dans un débat télévisé consacré à cette affaire une experte psychologue qui comparait le comportement de ces femmes à celui de certaines chattes qui se désinteressent de leur portée au point de la liquider , et cette psychologue disait en substance « pourquoi un comportement qui existe chez les chattes n’existerait il pas chez les femmes ? »

      J’ai trouvé cette reflexion d’une misogynie sans précédent , surtout venant d’une femme ( assimiler le cerveau féminin à celui des chattes , il fallait l’oser !!! ) . J’ai la faiblesse de penser que , si les animaux ont des comportements , les êtres humains sont censés avoir des conduites , et un sens des responsabilités . Si vous appelez cela un retour à l’ordre moral , libre à vous !


    • lameduz (---.---.11.74) 18 octobre 2006 14:59

      comme vous êtes gentil, les humains ne seraient pas des animaux, et auraient la maitrise de leur conduite, voila une bonne définition des génocidaires


    • Prêtresse Prêtresse 18 octobre 2006 17:55

      « Pour une femme, un enfant est toujours un rival de taille » Dostoïevski.

      — -


    • bisounours (---.---.237.238) 18 octobre 2006 18:54

      @ prêtresse:Pour une femme le phallus est un enfant à naître.


    • Prêtresse Prêtresse 18 octobre 2006 19:12

      Pour tout le monde.

      — -


    • Prêtresse Prêtresse 18 octobre 2006 19:13

      L’enfant est un phallus à naître.

      — -


    • Daniel Milan (---.---.168.11) 18 octobre 2006 19:28

      Mais non, tous les enfants à naître ne seront pas de sexe masculin !

      Je crois que tu fais une faxation sur le phallus ! A moins que cet attribut sexuel, soit l’objet de ton culte ? Remarque, pourquoi pas !


    • Prêtresse Prêtresse 18 octobre 2006 19:32

      Le SEXE MASCULIN d’un nouveau né ?

      — -


    • totor (---.---.89.161) 18 octobre 2006 21:47

      Etant donné qu’il y a 220 000 avortements par an en France, que l’IMG est autorisée presque jusqu’à la naissance, tout cela au nom du droit des femmes à disposer de leur corps. Ca me paraît normal que dans ce contexte une femme qui tue un enfant qui vient de naitre à sa naissance aie droit à la mansuétude des juges.

      Non, ou alors vivons nous dans une société complètement schizo ?


    • krokodilo (---.---.211.220) 18 octobre 2006 22:01

      Docdory « J’ai la faiblesse de penser que , si les animaux ont des comportements , les êtres humains sont censés avoir des conduites , et un sens des responsabilités . Si vous appelez cela un retour à l’ordre moral , libre à vous ! »

      Nombre de nos comportements sont basés sur des pulsions similaires à celles des mammifères. Par contre, nous avons innové par le développement de notre cerveau en inventant tortures raffinées, génocides, tueurs en séries, obsession de l’enrichissement matériel, la liste est longue de nos particularismes non-animaliers ! Nous paraissons plutôt irresponsables...


    • Antoine Christian LABEL NGONGO Christian 20 octobre 2006 11:42

      Pouquoi parlez vous de phallus ? alors qu’on parle de crimes ? smiley


    • Antoine Christian LABEL NGONGO Christian LABEL 20 octobre 2006 11:45

      Un infanticide est un crime jusqu’à preuve du contraire. Pourquoi trouver de la complaisance ? smiley


    • Prêtresse Prêtresse 21 octobre 2006 13:58

      « Pourquoi parlez-vous de phallus ? Alors qu’on parle de crime ? » Christian.

      Parce que c’est parfois l’arme du crime de l’homme que tu n’es pas.

      — -


    • Florent (---.---.252.155) 21 octobre 2006 19:59

      Vous êtes une drôle de personne si vous assimilez un infanticide à l’IVG. Et pour votre gouverne, l’article 122-1 du Code pénal dispose : « N’est pas pénalement responsable la personne qui est atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychiatrique ou neuropsychiatrique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes... »[www.legifrance.gouv.fr]. Enfin, croyez-vous sincèrement que la France est une république bananière ?


    • roro (---.---.236.251) 3 novembre 2006 14:53

      je pense justement que vous n’avez pas trés bien saisi le droit à l’avortement ce n’est pas pour pardonner par la suite le meurtre d’un enfant qui est né, si on n’en veut pas on avorte et on ne le met pas au monde pour le jeter par la suite dans un sac poubelle on ne fait même pas comme ça avec des chiens. Une fois qu’il est mis au monde il a le droit de vivre nous n’avons plus le droit de vie et de mort sur cet être, on est censé être des êtres humains ayant la capacité et la liberté de faire des choix respectant les régles et législations de la société dans laquelle on vit sinon.... il y a un probléme.


    • diafoirus (---.---.148.131) 4 novembre 2006 14:55

      bene, sans vouloir nullement revenir sur l’institutionnalisation de l’IVG je vois dans le commentaire de totor non pas un appel à réfléchir sur la schizophrénie mais bien plutôt un appel à réfléchir sur les limites du commencement de la vie, ce glissement de l’enfant à naître qui n’en est donc pas un vers l’enfant juste né - qui est donc une personne - qualifiant la clémence des décisions de justice de naturelle et dans le droit fil de la modernité.


    • olympe (---.---.67.69) 4 novembre 2006 22:45

      BRAVO ! Mais l’état de guerre entre les sexes est malheureusement en train d’atteindre les sommets de la haine ce qui est d’un commun épouvantable. Tous ceux, ou celles, qui ont eu un problème avec leur mère en profite pour faire la vidange de leur revanche sur des femmes sinon innocentes, du moins acculées par le désespoir. A BAS LES SORCIERES, AU BûCHER, C’est la forme moderne du supplice moyennâgeux du pilori, mais cette fois-ci, médiatico-social, et ce, en particulier depuis l’affaire VILLEMIN, pour mieux faire ramper toutes les mères de FRANCE dans un comportement sans cesse espionné de leurs relations avec les enfants, et en particulier celles qui sont célibataires avec enfants : c’est mortifiant : le rêve : faire la grêve de la natalité dans cette société si peu accueillante pour les femmes qui deviennet mères, donc pour leurs enfants (celles qui ne le deviennent pas n’ont pas tellement d’accueil plus sympathique : elles n’ont pas enfanté, donc elles sont mal dans leur peau, ce ne sont pas de vraies femmes : l’homme hait sa mère qui lui a donné le jour car il n’a jamais demandé à venir au monde, voilà la vérité, hormis les croyants, et les 5 % priviliégiés de la planète dont les conditions de vie sont exceptionnelles.

      MERCI POUR CE SURSAUT ET A BAS LA HAINE DE LA MERE et la HAINE de leur CAPACITE A METTRE AU MONDE LES ENFANTS : il faut le leur faire regretter ce pouvoir qu’elles ont et le médiatique s’engraisse sur ces idées vulgaires et communes et les encourage comme elle encourage tout ce qui a de plus moche parmi les homos pas très sapiens, les primates attardés et destructeurs que nous sommes peu ou prou.

      Au revoir


    • Lily (---.---.178.54) 14 décembre 2006 10:22

      Oui à condition que les conduites et comportements aient été enseignés et intégrés faute de quoi les êtres humains restent à l’état animal, eh oui ! on ne naît pas être humain, on le devient, en se débarrassant ou tout au loins en maîtrisant ses instincts (différence avec l’animal) et en accédant à la conscience.


    • cicero (---.---.117.250) 14 décembre 2006 17:11

      L’avortement a été légalisé en france.Au début,il était admis qu’il pouvait poser encore des problèmes moraux.Désormais,si on parle de problèmes moraux(tout en étant favorable à la légalisation de l’avortement)on passe pour un dangereux rétrograde,un fachiste,un Lepéniste ,enfin les qualificatifs actuels que réservent l’élite bien pensante de ce pays chaque fois qu’une personne ne va pas dans le même sens qu’elle.Chaque fois que l’église catholique soulève la question de l’avortement ,elle se fait rabrouer immédiatement par cette élite ,qui considère d’ailleurs l’avortement comme un forme de contraception parmi d’autres.Alors s’il s’agit d’une opinion dominante en France,pourquoi ne pas légaliser dès maintenant les infanticides lorsqu’ils sont commis par des mères en grande détresse morale et matérielle,abandonnées très souvent par le géniteur de leur enfant ?Il existe d’ailleurs une grande hypocrisie à faire croire qu’un avortement pratiqué avant une période donnée ne serait pas un crime mais dès que la période est dépassée il le devient .Les anglais qui autorisent une période plus longue que les français sont donc des criminels.Et ensuite pourquoi fixer une période limite ?à quel moment l’embryon devient-il un prématuré ?et en continuant le raisonnement pourquoi n’aurait-on pas le droit d’en certaines circonstances d’éliminer les bébés indésirables.Il ne s’agit absolument pas d’ironie .Mais dans une société où le débat a été entièrement escamoté par quelques média bien en cour,et où tous ceux qui emmettent quelques réserves sur telle ou telle pratique se font immédiatement clouer au pilori (voir les réactions suscités par le débat sur les embryons lors du dernier Téléthon)dans ce type de société plus personne ne relève nos contradictions permanentes.


    • ohnil ohnil 18 octobre 2006 12:40

      Hélas, vous étalez des condamnations sans prendre en compte la particularité de chaque cas.

      Vous partez du principe que ces femmes ont été punies légèrement par la justice, mais vous ne vous attardez pas sur les attendus qui expliquent, à chaque fois, cette clémence.

      A partir du postulat qu’infanticide = peine légère, vous dénaturez complètement le problème.

      D’autre part, comment la justice pourrait-elle être rendue sereinement si elle continue de s’étaler, comme actuellement dans l’affaire Courjeaud, dans les médias.

      Les Fonctionnaires de Police et de la Justice n’ont pas à répandre les informations de l’instruction comme ils le font actuellement (pas plus tard qu’hier soir chez Fogiel).

      S’ils veulent à tout prix passer devant les caméras, qu’ils tentent leur chance à la Star Académy et autres émissions du même acabit, mais qu’ils ne rompent pas le secret de l’instruction, on a vu ce que ça donnait dans d’autres affaires hélas célèbres...


      • Marcel Patoulatchi (---.---.103.59) 19 octobre 2006 12:46

        Je partage votre avis, on ne peut tirer de conclusion d’une décision d’Assises, sur des faits complexes comme des infanticides, sans se pencher sur le font précis des dossiers.

        Ainsi, on pourrait comprendre une certaine clémence à l’égard d’une femme battue et violée qui aurait tué sa progéniture.


      • life is life (---.---.36.107) 24 octobre 2006 21:19

        n’oublions pas de dans l artice ci-dessus il fait etat d’infanticides en serie c’est a dire de plusieurs meurtre de nourrissons. la penseé du jour est : si on veut pas de gosses alors on en fait pas .


      • life is life (---.---.36.107) 24 octobre 2006 21:32

        Il n’y a pas de plus beau coeur que celui d’un enfant, et il n’y en a pas de plus mauvais que celui qui le brise. François Gervais


      • (---.---.176.214) 12 novembre 2006 11:34

        Curieux, qu’un médecin censé être proche de la population fasse l’impasse sur la dégradation évidente de la situation sociale dans notre pays dont témoigne la montée du nombre d’infanticides. La répression et la condamnation sont nécessaires, mais elles ne règleront pas le problème de fond. Je prèfère un autre article :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15287

        « Redon, Toulouse, Séoul et la gravité de la situation sociale française », de De ço qui calt ?


      • Guil (---.---.203.7) 18 octobre 2006 12:47

        Un élément à mon avis clé dans ce phénomène est la conception qu’on a généralement de l’enfant : il est plus facile d’opérer une identification et donc d’être « choqué » par la mort d’un enfant qui marche et parle que par celle d’un bébé qui ne fait rien de tout celà. Le bébé est souvent moins considéré comme humain que l’enfant ayant quelques années de plus, ne serait-ce qu’inconsciemment. On ne lui prête pas vraiment de personnalité, donc pas vraiment de conscience - à tort sans doute, mais ce n’est pas mon propos. D’où la relative clémence des jurés - ou plutôt la plus grande sévérité dans le cas d’enfants plus agés.


        • l’ornithorynque (---.---.176.80) 18 octobre 2006 13:11

          hypothèse... imaginant d’avance le flot d’invectives que me vaudra ce post, je ne peux m’empêcher de me poser une question .relative à l’infanticide. Depuis 1975, l’avortement est passé de la dépénalisation, à un « droit des femmes », et le simple fait de se poser la question de la pertinence de ce droit vaut à son auteur la vindicte générale, ce qui est idiot, on a le droit de poser des questions. Depuis 1975 donc, environ 25% des femmes qui attendent un enfant, ne mènent pas leur grossesse au bout et subissent(ou choisissent) une IVG. N’y a-t-il pas une certaine schyzophrénie à condamner une mère pour infanticide...à la seule motivation que son enfant nouveau né a quelques mois de plus que l’embryon qu’elle aurait pu détruire quelques mois plus tôt en toute légalité ? C’est une hypothèse, et j’adorerai que l’on puisse en discuter sur ce forum sans se traiter de fascste ou de retour à l’ordre moral !


          • mariebn (---.---.27.106) 18 octobre 2006 18:08

            Tu dis ; « à la seule motivation que son enfant nouveau né a quelques mois de plus que l’embryon qu’elle aurait pu détruire quelques mois plus tôt en toute légalité ? » Justement, ces quelques mois changent tout !! Avortement = prendre deux pilules dans une clinique qui vont declencher des saignements et l’expulsion d’un petit truc de quelques millimetres qu’on aura vu sur une echographie. Infanticide = mettre au monde un enfant puis, apres un temps plus ou moins long, se debarrasser de lui, criant, pleurant, bref tuer un etre VIVANT. Pour moi, la difference est tout de meme tres nette !


          • shineon7777 (---.---.60.142) 18 octobre 2006 18:20

            Bonjour Ornithorynque,

            Rassurez-vous, je ne vais pas vous traiter de fasciste. Il y a cependant une différence fondamentale entre l’avortement et l’infanticide : l’existence d’une activité cérébrale. Je m’explique : la médecine considère qu’une personne est décédée lorsqu’elle n’a plus d’activité cérébrale. Or, pendant un temps assez long, le foetus n’a pas d’activité cérébrale. Nous sommes d’accord : il est quoi qu’il en soit un futur être humain, il existe et se construit comme tel dans l’imaginaire de ses parents, mais il n’est pas un être humain vivant au sens médical du terme. L’enfant né viable, lui, est un être humain. Pratiquer une IVG dans les limites légales (et même assez largement au-delà) ne constitue pas un assassinat ou un meurtre (on ne peut tuer ce qui est déjà en état de mort cérébrale). En revanche, « supprimer » un enfant né viable revient à commettre un crime particulièrement odieux à mon avis.

            De fait, on devrait considérer qu’un foetus ayant développé une activité cérébrale normale (et non pas « réflexe ») est un enfant.

            Vous aurez sans doute remarqué que je ne suis pas médecin. Veuillez donc excuser la nature quelque peu « vulgaire » des termes utilisés.


          • Jean (---.---.180.10) 20 octobre 2006 12:12

            tu te méprends, il s’agit bien dans les 2 cas de la suppression d’une vie humaine (et non d’un « petit truc »). L’étape de la naissance ne change rien à la nature de vie humaine qui est celle de l’être supprimé. La différence entre avant et après la naissance tu l’as exprimée toi-même : c’est qu’après la naissance, ces pauvres enfants ont leur voix pour crier ce qui n’est même pas le cas in utero. Il s’agit bien de la suppression des plus faibles parmi les plus faibles. La vie humaine commence à la fécondation, les étapes qui suivent sont des étapes de développement de l’être en question, et la naissance une étape parmi d’autres de ce développement : embryon, foetus, nourisson, bébé, jeune enfant, adolescent, adulte, vieillart ... il ne s’agit bien que du développement naturel de l’être humain.


          • Lily (---.---.178.54) 14 décembre 2006 10:40

            Etes vous sûre qu’un foetus de quelques semaines soit en état de mort cérébrle alors que des scientifiques ont mis en évidence des traces de rêve chez des foetus de 3 mois, un foetus qui rêve ne serait qu’un tas de cellules ? ; le probléme n’est pas là ; un être qui s’incarne est un être désirant vivire (vous, moi et tout être humain dès la conception) et le suprimer, avant ou après la naissance revient à condanner à mort un être qui veut vivre ; posez vous la question : pouquoi êtes vous en vie et qu’est ce qui vous miantient en vie tous les jours, votre désir de vie, sans cesse renouvellé ou celui de votre mère qui vous a conçu ?


          • fredleborgne (---.---.96.101) 18 octobre 2006 13:27

            Effectivement, un journaliste a osé dire que dans certains pays, l’infanticide était une forme de contraception.

            Un enfant né à terme est tout de même une conception aboutie, donc le terme de contraception à ce moment là est quand même déplacé.

            L’assimilation d’un embryon de moins de deux mois avec un enfant me semble (mais c’est une opinion) tout aussi abusive.

            Quand à l’affaire qui nous préoccupe, je laisse l’enquête et le juge établir le coté horrible et le coté psychiatrique. Je suis d’accord pour dire que le battage médiatique ne permet, ni une justice sereine, ni le respect de l’entourage, qui aujourd’hui doit se sentir trés mal.

            Mais c’est vrai que le coté « sérial monster » de la mère me semble improbable à moi aussi. Je ne comprends pas, et je suis incapable de juger.

            C’est trop


            • chantecler (---.---.237.238) 19 octobre 2006 19:06

              @ Fredleborgne:depuis des temps immémoriaux,la Chine a pratiqué l’infanticide (surtout des filles) pour limiter sa population qui était soumise à la famine,et à des cataclysmes de grande ampleur(inondations).C’était avant la contraception.....Et je ne suis pas sûr qu’il n’en ait pas été de même dans certaines régions d’Europe.


            • lol (---.---.22.213) 22 octobre 2006 18:13

              Non c’est toujours...la loi imposant les parents au delà de un ou deux enfants (en raison de la surpopulation)a provoqué cela dans les campagnes...les gens voulant des garçons suppriment leurs filles àla naissance...cela commence peutêtre a changer puisque pour éviter ce phénomène (qui conduit les chinois aujourd’hui à manquer cruellement de filles si j’ai bien compris...)à dispensé les couples qui ont une fille pour le premier enfant, de la taxe que leur coute le deuxième normalement

              Donc oui les temps modernes connaissent régulièrement des infanticides dans les campagnes chinoises...il y a aussi des millions (6 millions je crois) d’enfant qui meurent de faim dans leur première année de vie...on le sait et on sait que ce sera pareille l’année prochaine...cest pas un infanticie, mais on bouge pas plus...


            • Maximilien FRICHE (---.---.193.52) 18 octobre 2006 13:40

              Ces décisions marquent le recul de ce que Philippe Muray appelait des zones d’indignations protégées, lesquelles rentraient en opposition absurde avec une société qui acceptait une chute sur des domaines voisins. Il est clair que dans un pays qui pratique l’avortement de masse, s’indigner pour un enfanticide parrait absurde...


              • (---.---.75.144) 18 octobre 2006 13:59

                un alignement de coupables, dates et chiffres n’expliquent rien ; il eut mieux valu ne citer que deux ou trois cas et en faire une analyse un peu plus détaillée avec ce qu’il peut y avoir de similaire ou de différent ;

                de toutes façons chaque situation est unique et je partage l’avis de l’internaute qui s’insurge contre le battage médiatique et le manque de réserve des fonctionaires qu’il serait éminament juste de sanctionner.

                au delà de tous ces propos je m’interroge sur l’attitude du mari et père : ne pas se rendre compte que sa femme est enceinte une fois peut être, deux fois je m’interroge, trois fois je dis non ; et tout pareillement pour les accouchements ; d’autant qu’il a été expliqué que cette femme aurait subi une hystérectomie suite à sa dernière mise bas à la sauvage, qui avait tourné à l’infection ;

                puisque vous êtes médecin vous savez que pour des pathologies qui concernent un couple les deux partenaires sont informés par les médecins ; ceux ci n’auraient pas dénoté un utérus dilaté des suites d’une grossesse et n’ en auraient pas parlé au mari ?


                • jamesdu75 jamesdu75 18 octobre 2006 14:13

                  Vous sachant Medecin trés cher collegue. J’aimerais savoir ce que vous pensez des medecins faisant des fautes medicales et entrainant la mort d’un patient. C’est pas un cas que vous citez dans vos lignes. Encore moins le conseil des medecins qui est aussi obscur et occulte qu’une pyramide.

                  Je comprend pas ou vous voulez en venir avec ce texte.


                  • lili (---.---.16.111) 18 octobre 2006 14:28

                    « En effet, dans l’imaginaire populaire, les femmes passant pour des êtres souvent irrationnels gouvernés par leurs hormones, et agissant par impulsions incontrôlables et irréfléchie, ceci atténuerait, dans l’esprit des jurés, leur responsabilité »

                    Quel autre objectif peut-on poursuivre, à travers la surexposition de telles affaires d’infanticides, sinon celui de la déconstruction de l’idéal féminin, celui pour lequel nous avons tant combattu ?

                    Parlons d’avantage des vraies femmes, de celles dont nous puissons tous être fier, mères et femmes actives à la fois, et cessons de nous focaliser sur quelques strangulations, et les généralisations aberrantes qui en découlent.


                    • lameduz (---.---.11.74) 18 octobre 2006 15:29

                      il n’y a surexposition parce que vous ignorez le nombre total d’infanticide sur une année dans le pays, en réalité le phénomène est nettemeant sous exposé

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