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Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres : état des lieux et perspectives

Suite aux résultats positifs de l’expérimentation, le programme s’étend.

Copilotée par l’Agence universitaire de la Francophonie et par l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres est un programme de formation à distance visant à améliorer les compétences des instituteurs dans l’enseignement du et en français. Expérimentée entre 2008 et 2010 dans quatre pays (Bénin, Burundi, Haïti et Madagascar), IFADEM a été favorablement évaluée par une double expertise externe. Le succès de son expérimentation, l’engagement renouvelé des États membres lors du XIIIème Sommet de la Francophonie à Montreux et le soutien reçu permettent à l’initiative d’entrer à partir de 2011 dans une phase de déploiement : la Francophonie et ses partenaires vont étendre IFADEM à de nouvelles régions, à de nouveaux pays et à de nouvelles disciplines.

IFADEM a pour objectif l’amélioration des compétences des enseignants du cycle fondamental dans le domaine de l’enseignement du et en français. Le programme vise principalement à améliorer l’enseignement à la faveur de nouvelles méthodes pédagogiques et à encourager l’usage des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’éducation. IFADEM s’appuie sur un dispositif de formation en partie à distance, utilisant les TIC. Au total, plus de 2000 instituteurs, exerçant prioritairement dans des zones rurales, ont suivi un parcours de formation qui combine ressources écrites, multimédia et Internet.

Au cours d’une mission effectuée en 2010 au Bénin et au Burundi, les évaluateurs du Conseil scientifique de l’AUF ont mesuré l’impact du dispositif, "visible sur le terrain non seulement à travers les pratiques de classe mais aussi dans l’ouverture à la modernité que constitue l’initiation informatique et Internet". De leur côté, le cabinet ATEMA-Conseils pour l’OIF et l’équipe d’universitaires mandatés par l’AUF ont constaté la pertinence du programme et l’atteinte des résultats attendus dans les deux pays qui ont pu l’expérimenter. L’équipe ATEMA Conseils a conclu : "le principe de l’extension est viable (…) l’expérimentation est suffisante pour dire que l’on peut déployer IFADEM dans d’autres pays". Suite à ces conclusions, l‘OIF et l’AUF ont signé une nouvelle convention pour le déploiement d’IFADEM entre 2011 et 2013.

Burundi et Bénin : Suite au succès de l’expérimentation, la phase de déploiement

En 2010, le Bénin et le Burundi sont arrivés au terme de leur phase d’expérimentation. Ils ont respectivement formé 557 et 627 instituteurs, dont plus de 90% ont réussi leurs évaluations finales. Pour ces pays, le programme entre maintenant dans sa phase de déploiement.

Le Burundi est le premier des quatre pays de la phase d’expérimentation à être arrivé au terme de la formation de ses instituteurs. Les discussions qui ont suivi avec le Ministère de l’éducation de base et secondaire, de l’enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l’alphabétisation (MEBSEMFPA) et l’Agence française de développement ont débouché à la signature d’un avenant à la convention de financement liant l’Agence Française pour le Développement et le Ministère des Finances burundais pour permettre la poursuite du programme IFADEM.

Cette première phase de déploiement représente au total 1 800 000 euros. Le financement de l’AFD se monte à 1 400 000 euros, le reste du budget est apporté par l’AUF et l’OIF.

Au Benin, l’expérimentation d’IFADEM s’est conclue par un avenant à la convention de financement en avril 2011, prévoyant que l’Agence Française pour le Développement et le Ministère de l’économie et des finances du Bénin attribuent de nouveaux fonds au programme.

Entre 2010 et 2012, IFADEM s’étendra à quatre nouvelles provinces (Cankuzo, Cibitoke, Mwaro, Rutana) au Burundi et à quatre nouveaux départements (l’Alibori et le Borgou, l’Atlantique et le Littoral, le Mono et le Couffo, l’Ouemé et le Plateau) au Bénin.

Suivi de la phase d’expérimentation : Haïti, Madagascar

La catastrophe survenue en janvier 2010 en Haïti et les conditions de travail particulièrement difficiles qui en ont découlé n’ont pas permis d’aboutir à la fin de la phase d’expérimentation d’IFADEM en 2010. Les activités ont toutefois continué, avec notamment la production de contenus de formation et l’aménagement de deux espaces numériques aux Cayes (septembre 2010) et à Jacmel (juin 2010). La formation des instituteurs devrait démarrer quant à elle en août 2011.

A Madagascar, l’initiative a dû être redéfinie en raison des récents évènements politiques. Le 15 décembre 2010, le Comité de pilotage a choisi de poursuivre les activités avec prudence : la production des contenus continue et, si les conditions nécessaires sont remplies, l’expérimentation sera menée mais redimensionnée à un seul lieu.

L’extension du programme à de nouveaux pays

Forts de ces expérimentations, lors de la Commission de coopération et de programmation de l’OIF le 28 juin 2010, les opérateurs francophones et leurs partenaires nationaux ont envisagé les modalités d’expansion d’IFADEM à de nouveaux pays qui répondent aux critères politiques et techniques nécessaires, et qui manifestent la volonté d’améliorer la qualité de leur système éducatif.

Après quatre missions de repérage menées en République démocratique du Congo, une convention a été signée pour la mise en place d’IFADEM à Kinshasa le 7 juillet dernier.

Suite à une demande du Liban, une première mission de contact a été menée dans le pays en mai 2011 par les coordonnateurs AUF et OIF d’IFADEM. Dans le cadre d’un Fonds de solidarité prioritaire venant en appui du Pacte linguistique, l’Ambassade de France pourrait aussi s’engager comme partenaire dans le déploiement d’IFADEM au Liban.

Le Laos, le Cameroun, le Burkina Faso, le Niger, le Mali et la République Centrafricaine ont également demandé à bénéficier d’IFADEM. Des enquêtes préalables au sein de ces pays sont prévues pour le deuxième semestre 2011.

«  Nous nous félicitons de la réussite de ce programme, que nous avons mis en place avec l’OIF, et espérons pouvoir répondre favorablement à la demande de tous les pays souhaitant adhérer au programme IFADEM  » déclare Bernard Cerquiglini, Recteur de l’AUF.


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1 réactions à cet article    


  • Jason Jason 8 août 2011 14:27

    Deux remarques s’imposent : Etant donné qu’il y a 3,1 millions d’illettrés en France, pourrait-on utiliser ces nouvelles méthodes pour assister nos concitoyens et les immigrés qui errent dans un désert linguistique ?
    Deuxièmement, cette nouvelle entreprise est une gageure vu la complexité du français dont l’orthographe a résisté à toutes les réformes ces 150 dernières années (à part celles, timides, du ministère de l’instruction publique du début du XXème).

    Vouloir enseigner le français, c’est bien. mais quel français ?

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