• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > J’ai essayé de négocier une augmentation de salaire en temps de (...)
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(34 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

J’ai essayé de négocier une augmentation de salaire en temps de crise

- Christophe, vous vouliez me voir. Entrez, entrez, je vous en prie. Asseyez-vous.

- Merci Monsieur de Bazan.

- Alors Christophe, de quoi vouliez-vous me parler ? Ah ! tant que j’y pense. Monsieur et Madame Legrand doivent passer ce soir pour signer leur contrat vers 19h-19h30. Je ne peux pas être là j’ai un rendez-vous très important avec Monsieur Dupipo. Pourrez-vous les recevoir à ma place ?

- Bien sûr Monsieur de Bazan ! répond Christophe alors même qu’il pense « c’est ça oui un rendez-vous important avec Monsieur Dupipo, le directeur du Crédit Général. Prend moi pour un con ! On est mardi tu vas au squash ouais comme tous les mardis ! »

- Oui, alors, Christophe, vous vouliez… Ah ! Je voulais vous dire aussi, il faudrait me préparer le dossier de Madame Delattre en urgence. Elle est de passage pour quelques jours ce week-end. Elle repart pour Bâle dès lundi.

- Je ferai le nécessaire Monsieur de Bazan ! acquiesce Christophe en se mordant la lèvre supérieure avec l’envie de lui préciser « je vous rappelle que depuis un an je fais le boulot de deux personnes, que je finis presque tous les soirs à 20h quand l’heure de débauche sur mon contrat de travail c’est 18h, mais oui, oui je vais m’occuper du dossier de la vieille grippe-sous, y’a pas de souci ! Un peu plus, un peu moins au point où j’en suis ! »

-  Où en étions-nous déjà ? Oui, vous aviez quelque chose à me demander je crois. Je vous écoute Christophe.

- Eh bien voilà, Monsieur de Bazan. Cela fait maintenant 5 ans que je travaille ici. Je crois que vous êtes satisfait de moi. Vous m’avez d’ailleurs accordé votre confiance à plusieurs reprises en me laissant gérer seul des dossiers et des clients importants – « oui, vous savez vos  VIP qui ont tellement de pognon qu’ils ne savent même plus quoi en faire et devant qui il faut se transformer en serpillière » enrage Christophe en silence.

- Oui, Christophe, bien sûr je n’ai rien à redire sur votre travail. C’est vrai. Mais… Je vois bien où vous voulez en venir. Ce n’est pas que je ne veux pas. C’est que je ne peux pas vous augmenter, Christophe. Vous savez bien qu’en ce moment les temps sont durs. C’est la crise tout de même. Nous résistons assez bien pour le moment, il est vrai. Mais j’ignore de quoi demain sera fait.

- « Oui, toi c’est clair que tu résistes plutôt bien pense Christophe. D’ailleurs c’était sympa tes vacances en Polynésie le mois dernier ? » mais au lieu de cela il lui répond :

- Je comprends bien Monsieur de Bazan. Mais alors, si vous ne pouvez pas m’augmenter, peut-être pourriez-vous déjà me payer mes heures supplémentaires… ose Christophe du bout des lèvres.

- Christophe, on est une équipe, presque une famille. On se serre les coudes. Je sais que c’est dur. On travaille tous très dur pour faire tourner la boutique. Vous devez comprendre que si je pouvais le faire, je le ferai c’est évident. Mais c’est la crise, Christophe. Si nous voulons maintenir notre position sur le marché, nous n’avons pas d’autres choix que de donner le meilleur de nous-mêmes.

- Mais… peut-être pourrais-je alors récupérer mes heures ? hésite Christophe (« si je peux pas payer des vacances à mes gosses, je pourrai au moins passer un peu de temps avec eux » se dit-il dans le silence)

- Christophe j’aimerais pouvoir vous dire oui. Mais en ce moment on a vraiment besoin de tout le monde. Il y a beaucoup de travail vous le savez.

- Si je puis me permettre Monsieur de Bazan, s’il y a beaucoup de travail, cela veut aussi dire que nous faisons un bon chiffre d’affaires alors… J’avoue que je ne comprends pas bien.

- Christophe… Christophe, vous vous doutez bien que les choses ne sont pas aussi simples que cela.

- « Pourtant ça m’a semblé très simple quand t’as changé de bagnole pour t’offrir ton bolide qui représente à peu près trois ans de mon salaire ! » crève d’envie de lui répondre Christophe.

- Christophe, laissons passer l’orage, et nous en reparlerons quand la conjoncture sera plus favorable. Pour l’heure je ne peux rien faire.

- Bien, Monsieur de Bazan lâche Christophe avec dépit.

Alors Christophe se lève, se dirige vers la porte, pose la main sur la poignée, et avant de sortir il se retourne vers Monsieur de Bazan et lui dit :

- Monsieur, une dernière chose. Compte tenu de la conjoncture, très défavorable comme vous avez pu le constater, je ne serai plus en mesure à compter du mois prochain de payer les 650 euros de loyer mensuel pour le clapier que vous nous louez à ma famille et moi.

par Emma (son site) lundi 19 décembre 2011 - 33 réactions
yahoo
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(34 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.75) 19 décembre 2011 11:38
    Daniel Roux

    Tout à fait d’accord avec Zord

    Le marché est l’alpha et l’omega de tout, aussi bien des excuses du gouvernement que des refus d’augmentation.

    Mon premier un patron, après 2 ans de bons et loyaux services, m’a dit : "Désolé, je ne peux pas vous augmentez. Mais si vous trouvez mieux ailleurs, meilleur salaire, meilleur travail,meilleurs horaires.. Allez-y !"

    15 jours plus tard, je lui présentai ma démission. "Vous faites une erreur. Vous avez de l’avenir chez nous. Je vous propose 5% dès ce mois ci et 5% l’année prochaine."

    "Trop tard ! " Lui ai-je répondu, je me suis engagé.

    Depuis, j’ai toujours suivi son excellent conseil et je n’ai jamais eu à m’en plaindre.

  • Par Zord (xxx.xxx.xxx.4) 19 décembre 2011 10:39
    Zord

    Si je puis me permettre, la meilleure manière de négocier une augmentation, c’est d’aller voir son employeur avec une promesse d’embauche du concurrent.
    Maintenant j’ai bien conscience que ce n’est pas forcément facile dans tous les domaines.
    Mais pour l’avoir tester plusieurs fois, je ne connais aucune autre façon d’inverser vraiment le rapport de force dans ce genre de négociation.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox