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Accueil du site > Actualités > Société > J’ai essayé de négocier une augmentation de salaire en temps de (...)

J’ai essayé de négocier une augmentation de salaire en temps de crise

- Christophe, vous vouliez me voir. Entrez, entrez, je vous en prie. Asseyez-vous.

- Merci Monsieur de Bazan.

- Alors Christophe, de quoi vouliez-vous me parler ? Ah ! tant que j’y pense. Monsieur et Madame Legrand doivent passer ce soir pour signer leur contrat vers 19h-19h30. Je ne peux pas être là j’ai un rendez-vous très important avec Monsieur Dupipo. Pourrez-vous les recevoir à ma place ?

- Bien sûr Monsieur de Bazan ! répond Christophe alors même qu’il pense « c’est ça oui un rendez-vous important avec Monsieur Dupipo, le directeur du Crédit Général. Prend moi pour un con ! On est mardi tu vas au squash ouais comme tous les mardis ! »

- Oui, alors, Christophe, vous vouliez… Ah ! Je voulais vous dire aussi, il faudrait me préparer le dossier de Madame Delattre en urgence. Elle est de passage pour quelques jours ce week-end. Elle repart pour Bâle dès lundi.

- Je ferai le nécessaire Monsieur de Bazan ! acquiesce Christophe en se mordant la lèvre supérieure avec l’envie de lui préciser « je vous rappelle que depuis un an je fais le boulot de deux personnes, que je finis presque tous les soirs à 20h quand l’heure de débauche sur mon contrat de travail c’est 18h, mais oui, oui je vais m’occuper du dossier de la vieille grippe-sous, y’a pas de souci ! Un peu plus, un peu moins au point où j’en suis ! »

-  Où en étions-nous déjà ? Oui, vous aviez quelque chose à me demander je crois. Je vous écoute Christophe.

- Eh bien voilà, Monsieur de Bazan. Cela fait maintenant 5 ans que je travaille ici. Je crois que vous êtes satisfait de moi. Vous m’avez d’ailleurs accordé votre confiance à plusieurs reprises en me laissant gérer seul des dossiers et des clients importants – « oui, vous savez vos  VIP qui ont tellement de pognon qu’ils ne savent même plus quoi en faire et devant qui il faut se transformer en serpillière » enrage Christophe en silence.

- Oui, Christophe, bien sûr je n’ai rien à redire sur votre travail. C’est vrai. Mais… Je vois bien où vous voulez en venir. Ce n’est pas que je ne veux pas. C’est que je ne peux pas vous augmenter, Christophe. Vous savez bien qu’en ce moment les temps sont durs. C’est la crise tout de même. Nous résistons assez bien pour le moment, il est vrai. Mais j’ignore de quoi demain sera fait.

- « Oui, toi c’est clair que tu résistes plutôt bien pense Christophe. D’ailleurs c’était sympa tes vacances en Polynésie le mois dernier ? » mais au lieu de cela il lui répond :

- Je comprends bien Monsieur de Bazan. Mais alors, si vous ne pouvez pas m’augmenter, peut-être pourriez-vous déjà me payer mes heures supplémentaires… ose Christophe du bout des lèvres.

- Christophe, on est une équipe, presque une famille. On se serre les coudes. Je sais que c’est dur. On travaille tous très dur pour faire tourner la boutique. Vous devez comprendre que si je pouvais le faire, je le ferai c’est évident. Mais c’est la crise, Christophe. Si nous voulons maintenir notre position sur le marché, nous n’avons pas d’autres choix que de donner le meilleur de nous-mêmes.

- Mais… peut-être pourrais-je alors récupérer mes heures ? hésite Christophe (« si je peux pas payer des vacances à mes gosses, je pourrai au moins passer un peu de temps avec eux » se dit-il dans le silence)

- Christophe j’aimerais pouvoir vous dire oui. Mais en ce moment on a vraiment besoin de tout le monde. Il y a beaucoup de travail vous le savez.

- Si je puis me permettre Monsieur de Bazan, s’il y a beaucoup de travail, cela veut aussi dire que nous faisons un bon chiffre d’affaires alors… J’avoue que je ne comprends pas bien.

- Christophe… Christophe, vous vous doutez bien que les choses ne sont pas aussi simples que cela.

- « Pourtant ça m’a semblé très simple quand t’as changé de bagnole pour t’offrir ton bolide qui représente à peu près trois ans de mon salaire ! » crève d’envie de lui répondre Christophe.

- Christophe, laissons passer l’orage, et nous en reparlerons quand la conjoncture sera plus favorable. Pour l’heure je ne peux rien faire.

- Bien, Monsieur de Bazan lâche Christophe avec dépit.

Alors Christophe se lève, se dirige vers la porte, pose la main sur la poignée, et avant de sortir il se retourne vers Monsieur de Bazan et lui dit :

- Monsieur, une dernière chose. Compte tenu de la conjoncture, très défavorable comme vous avez pu le constater, je ne serai plus en mesure à compter du mois prochain de payer les 650 euros de loyer mensuel pour le clapier que vous nous louez à ma famille et moi.


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31 réactions à cet article    


  • Zord Zord 19 décembre 2011 10:39

    Si je puis me permettre, la meilleure manière de négocier une augmentation, c’est d’aller voir son employeur avec une promesse d’embauche du concurrent.
    Maintenant j’ai bien conscience que ce n’est pas forcément facile dans tous les domaines.
    Mais pour l’avoir tester plusieurs fois, je ne connais aucune autre façon d’inverser vraiment le rapport de force dans ce genre de négociation.


    • zic_quili 21 décembre 2011 09:31

      En ecrivant cela, vous rentrez parfaitement dans la logique du systeme, fait de violence et de manipulation que cet article denonce ...

      Vous n’avez donc absolument rien compris.

      Et si demain vous vous retrouvez dans la peau du patron, vous serez aussi inhumain et nul que celui decrit plus haut (meme si c’est une caricature un peu lourde et facile - gros cliche, soyons honnetes) puisque vous semblez avoir adhere a ces valeurs de m...

    • Daniel Roux Daniel Roux 19 décembre 2011 11:38

      Tout à fait d’accord avec Zord

      Le marché est l’alpha et l’omega de tout, aussi bien des excuses du gouvernement que des refus d’augmentation.

      Mon premier un patron, après 2 ans de bons et loyaux services, m’a dit : « Désolé, je ne peux pas vous augmentez. Mais si vous trouvez mieux ailleurs, meilleur salaire, meilleur travail,meilleurs horaires.. Allez-y ! »

      15 jours plus tard, je lui présentai ma démission. « Vous faites une erreur. Vous avez de l’avenir chez nous. Je vous propose 5% dès ce mois ci et 5% l’année prochaine. »

      « Trop tard ! » Lui ai-je répondu, je me suis engagé.

      Depuis, j’ai toujours suivi son excellent conseil et je n’ai jamais eu à m’en plaindre.


      • Shamanniac 19 décembre 2011 12:13

        j’aimerai bien savoir comment tu garde ton calme face à un type comme ça, j’en serai incapable, jveux bien faire de la lèche à quelqu’un qui a des choses à m’apprendre, mais un type qui me permet juste de survivre et se fous ouvertement de ma gueule comme ça... J’aurai saisi les prud’hommes depuis longtemps !


        • Constant danslayreur 19 décembre 2011 12:46

          - Oui vous connaissez les conditions financières de la Cie, le client qui tarde à payer, bref, les salaires sont gelés.

          -Marrant c’est très précisément ce que m’avait dit M.X avant que vous ne deveniez notre chef à tous les deux au moment de la reconduction de mon contrat voilà 1 an, bref 2 ans avec le même salaire avec chaque jour que le patron fait, vos bravos béats qui me font une belle jambe à force… Enfin quand je dis pareil qu’avec Monsieur X, lui au moins avait essayé, fait valoir mes compétences, informé sure mon apport mais c’est le haut management qui n’avait rien voulu savoir. Vous disiez donc avoir essayé quelque chose ? Non, rien ?

          -Désolé, j’ignorais cet historique 2 ans effectivement c’est anormal, surtout vous concernant.

          -Ignorer l’historique ? Pas vraiment l’impression que j’avais puisque vous avez eu l’occasion de connaitre ledit voilà huit mois et que vous m’avez dit, je ferai quelque chose le moment venu.

          -C’est vrai ça me revient pardon, je vais tout faire, faites moi confiance.

          Quelques jours après, je reçois un e-mail avec l’excellente nouvelle, mon salaire de base est augmenté de la somme faramineuse de ... 2000 DA (13 euros 79)

          Tain... J’ai ruiné ma compagnie


          • Oraisonnable Oraisonnable 19 décembre 2011 14:59

            Excellent ! Drôle, bien écrit, cinglant. Très bonne continuation.

            C’est dans cette veine d’ « objets » littéraires que j’essaie de me situer également. Ancrer le romancé dans le constat politique et social et le constat dans la verve du romancé. Au plaisir.


            • Emma Emma 19 décembre 2011 17:37

              Oraisonnable,

              Après une visite par chez vous, et après vous avoir lu, votre commentaire me touche tout particulièrement. Alors merci !


            • appoline appoline 19 décembre 2011 15:50

              Mouais, vous l’avez lu où ? Cela ne pourrait même pas faire une brève de comptoir.


              • al.terre.natif 19 décembre 2011 15:50

                Le titre aurait pu être « Chronique de la quenelle ordinaire » !

                La meilleure façon de toucher plus est bien de jouer au jeu du patron : se barrer, comme si il n’était pour nous qu’un fournisseur, et nous qu’un sous traitant.

                Ou mieux, travailler pour son propre compte, ou personne ne viendra ponctionner votre travail pour se payer une belle caisse !


                • Marc Bruxman 19 décembre 2011 19:39

                  Effectivement le libre échange ne marche que si les deux parties en profitent. Le salarié a lui aussi le droit de dire fuck à son patron comme le patron a le droit de lui dire fuck.

                  Et lorsque l’on est déja employé avec les bonnes compétences, c’est la qu’on est en position de force pour trouver du taf. A partir du moment ou le boss comprend que vous êtes compétents mais que, faute de mieux vous irez voir ailleurs, il sera plus attentif.

                  Le problème c’est lorsque les gens instaurent une relation ’paternaliste’ avec leur entreprise et c’est la que cela finit toujours par créer des drames.


                • Zord Zord 19 décembre 2011 23:02

                  "Le problème c’est lorsque les gens instaurent une relation ’paternaliste’ avec leur entreprise et c’est la que cela finit toujours par créer des drames.« 

                  Je suis assez d’accord, d’ailleurs les méthodes de management sont bien rodés pour instaurer cette esprit de famille. Et comme pour sa famille, on est prêt à tout endurer, on finit par le faire aussi pour son entreprise.

                  Dans le même genre, y a le manque de courage ou la flemme de partir, de briser ses petites habitudes. Me font bien rire ceux qui râlent depuis des années, font des grandes tirades, menacent de partir, mais quand je leur demande si ils ont déjà envoyé leur CV ailleurs, la réponse est »non mais ça va pas tarder jle sens cette fois !".

                  Mais bon ça n’arrive jamais car dans le fond ça impliquerait potentiellement des changements dans le quotidien, peut-être un déménagement, de nouvelles habitudes... etc...


                • Pelletier Jean Pelletier Jean 19 décembre 2011 16:02

                  C’est une très joile mise en scène de ce que vivent les uns et les autres dans le monde du travail.

                  Il y a une autre piste à explorer celle de l’usage (ou plus exactement du non usage) qui est fait des sèniors dans l’entreprise....

                  http://jmpelletier52.over-blog.com/


                  • spartacus spartacus 19 décembre 2011 17:15

                    Encore un énieme lynchage de patron, et comme c’est dans l’air du temps c’est caricatural.


                    A quand un article sur les salariés voyous ?

                    La semaine dernière, invité a une réunion, j’ai eu la surprise de voir ma salariée en congé parental faire la serveuse. Après questionnement aux autres extra, j’ai appris que comme elle était « disponible », elle travaillait pratiquement a plein temps pour le traiteur et donc cumulait ses indemnités sociales avec les extras...Bien entendu c’est légal. 

                    Mais parler de salariés voyous c’est pas dans l’air du temps, Ca fera moins d’avis positifs !





                    • Emma Emma 19 décembre 2011 17:48

                      Spartacus,

                      Bien loin d’être caricaturale cette scénette emprunte au vécu, et seuls les noms ont été changés. Toute ressemblance avec des personnes ayant existé ou existant n’est absolument par fortuite. Et je crains malheureusement qu’un certain nombre de salariés aient déjà vécu, à quelques mots près cette situation. Le seul trait qui ait été forcé dans cette scénette c’est la docilité presque coupable de Christophe.

                      Quant à l’écriture d’un article sur les salariés voyous, je vous laisse le soin de nous en donner la primeur. Vous étiez d’ailleurs bien parti avec l’histoire de votre salariée qui cumule extras et indemnités sociales. J’ai hâte de lire la suite !


                    • Zord Zord 19 décembre 2011 19:54

                      Spartacus,
                      Il est vrai que les salaries voyous existent, j’en côtoie et franchement y a rien de plus énervant qu’un mec qui est en arrêt maladie tout le temps, parce qu’il connait le bon medecin, et que pendant ce temps, tu te tapes le double de travail. Quand le gars revient de son arrêt avec des coups de soleil ça donne limite envie de frapper.

                      Maintenant les salaries voyous, même les pires, n’arrivent pas à la cheville des patrons voyous,
                      il suffit de regarder les écarts de richesse aujourd’hui et leur évolution depuis 30ans...


                    • Zord Zord 19 décembre 2011 20:00

                      et pour illustrer voici un lien de l’observatoire des inégalités...
                      http://www.inegalites.fr/spip.php?article1519&id_mot=77


                    • Hétérodoxe 19 décembre 2011 22:50

                      « La semaine dernière, invité a une réunion, j’ai eu la surprise de voir ma salariée en congé parental »

                      Digne représentant de ton espèce qui se la raconte tellement qu’elle en vient à s’approprier autrui pendant qu’elle en branle pas une autour d’une table à boire le café.

                      T’as cru quoi ? Que tu pouvais t’offrir une poupée à ta disposition exclusive ?
                      Que tu ne la payes pas pour le bénéfice qu’elle te rapporte, mais pour la posséder ?

                      Enfin, c’est si fatiguant de brasser de l’air ?

                      Ne serait-ce qu’oser parler de salarié voyou quand tu parles d’une nana qui fait serveuse pour arrondir ses fins de mois alors que Mr est « invité à une réunion » .... je sais pas si je suis le seul à m’étrangler en lisant ça ?


                    • jaja jaja 19 décembre 2011 22:54

                      Tràs juste ! D’autant plus que cet esclavagiste ose se parer du pseudo Spartacus....


                    • spartacus spartacus 20 décembre 2011 09:57

                      Hétérodoxe  jaja

                      Un entrepreneur est un salarié qui a créé son indépendance et son propre emploi. Il crée une richesse et permet à des dizaines de personnes de vivre dignement et normalement. Il permet à des dizaines de personnes de se payer une maison, une vie sociale, C’est même la personne la plus sociale de la société. Par ses risques personnels, il a créé de la richesse. 
                      En plus il est percepteur et ne reçoit pas de salaire pour cela.

                      Si c’est si simple d’être patron faite le ! Partez donc de zéro !
                      Vous verrez c’est facile ! 
                      Vous verrez que les salariés sont tous comme vous le pensez, fiables, dévoué ! Vous ne trouverez comme vous êtes très intelligents, que des satisfactions. Vous ferez progressez des gens, et vous n’obtiendrez que de la reconnaissance. Vous aurez des salariés qui n’abuseront jamais, ne volerons jamais, ne créerons jamais de litige pour leur intérêt personnel. En plus vous ne serez pas responsable de leurs erreurs. *
                      En plus comme vos entreprises comme vos caricatures feront toujours des bénéfices, Vous connaîtrez jamais les pertes et le sauvetage par mise de fond sur le compte associé.

                    • Hétérodoxe 20 décembre 2011 10:43

                      Mon Petit Spartacus, vois-tu, le laïus sur le « moiyenaêtrearrivétoutseul et takaessayésitécap’ » ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.

                      Ensuite le fameux « créateur de richesse » montre à quel niveau de mégalomanie toi et tes semblables êtes arrivés : vous vous situez - de vos propres chefs (charité bien ordonnée etc etc ...) - au même niveau que Dieu - le créateur.
                      Désolé, je suis athée.

                      T’es gentil, mais une richesse, ça ne se créée pas : au mieux ça se transforme, au pire ça s’exploite. Alors le terme qui convient le mieux : c’est exploiteur de richesses, à commencer par celles de vos employés pour finir par celles de vos entreprises.

                      Pendant que tu bouffes des petits fours au frais de ta boîte - ou de celle d’un copain de beuverie - tu demandes à tes employés de se serrer la ceinture parce que « tu comprends, mais c’est la crise ».

                      De toutes façons, la logique des tiens est connue depuis bien longtemps : les bénéfs, dans ma pogne, les merdes, dans les votres ! Le discours des parvenus de la CPGME ou des héritiers du MEDEF, on connait.
                      Malheureusement, je suis hermétique à toute forme de propagande.


                    • spartacus spartacus 20 décembre 2011 16:22

                      Surtout hermétique à toute forme de courage et de volontarisme !

                      Comme se mettre à son compte.


                    • Hétérodoxe 20 décembre 2011 17:50

                      T’es tellement prévisible que j’attendais le moment où t’allais la pondre celle-là.

                      Mais dommage pour ton raisonnement, je bosse à mon compte. 7 jours sur 7, 44 semaines par an.
                      Vois-tu, au lieu d’exploiter mon prochain, je m’exploite moi-même smiley

                      Tu comptes toujours t’étendre sur le concept de courage ??


                    • Oliver HACHE Oliver HACHE 20 décembre 2011 21:30

                      Cher Spartacus,

                      J’ai le sentiment désagréable que nous sommes en minorité, mais je vous apporte mon sincère soutien.

                      Trop de salariés aujourd’hui oublient qu’ils ne sont pas payés pour travailler, mais pour BIEN travailler. Je n’ai pas la chance d’être un enfant de salarié. Depuis mon enfance, mon père a martelé que si je travaille bien et beaucoup, alors j’aurai PEUT ETRE la chance d’être récompensé.

                      J’ai échappé au malheur d’être moi-même patron et comme beaucoup je roule pour le « patron ». Il y a bien sûr une différence d’appréciation entre les qualités énormes que je pense mettre au service de la société et le salaire de misère que je reçois en échange.

                      Ayant aussi des subordonnés à encadrer, je suis confronté régulièrement à la situation et dois croiser le fer avec des collaborateurs qui pensent que l’herbe est plus verte ailleurs. Alors qu’ils aillent brouter dans le champ voisin.. ! Comme je le ferai moi-même le jour où un entrepreneur averti appréciera mes capacités à leurs justes valeurs (lol).

                      Comme pour tout bien, le marché du travail est un lieu d’échanges où le prix du travail fourni n’est que celui que « l’acheteur » est prêt à payer pour l’obtenir. Les compétences rares ont un prix. Beaucoup d’entre nous ne possèdent que des compétences ordinaires.

                      A méditer. Même en temps de crise.


                    • Mathieu 19 décembre 2011 18:04

                      Il n’y a pas 50 000 manière de se faire augmenter. Il faut faire jouer la concurrence.
                      J’ai fait. Je suis parti.
                      J’ai aussi déjà été augmenté sans avoir à pleurer pour. Si je ne l’avais pas été, je serais parti et l’employeur le savait.


                      Ce qui fait le salaire c’est la rareté de la compétence. Même si le travail est bien fait, si c’est commun comme compétence il n’y a pas de raison de débourser plus du point de vue patron.


                      • Marc Bruxman 19 décembre 2011 19:35

                        Pour les employeurs ’butés’’, la meilleure chose à faire est de chercher un taf ailleurs (au hazard dans le même secteur car de toute façon les clauses anticoncurrence sont invalides). Après soit vous partez effectivement, soit si vous voulez rester parce que la boite n’est au fond pas si mal, vous venez lui déposer votre dem en disant que c’est parce qu’il n’a jamais voulu augmenter votre salaire alors que vous lui avez déja demandé que son concurrent l’a fait mais que s’il s’aligne vous restez.

                        Au pire, il vous dit fuck, vous partez, au mieux il grogne mais augmente et vous restez. Sinon c’est effectivement toujours la même rangaine. 


                        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 19 décembre 2011 20:41

                          Vous n’avez jamais pensé à créer votre propre activité ?

                          C’est faisable ! Je vous assure...

                          Je suis fils d’employés et même si jamais ni dans mon entourage ni dans mon parcours scolaire on n’a évoqué devant moi le fait que je pourrais un jour monter mon activité et être mon propre patron — au contraire, tout me formatait pour me « vendre » sur le « marché » du travail —, un jour j’ai constaté que des gens beaucoup plus cons que moi y arrivaient. Je me suis dit que c’était possible, je l’ai fait. Et je ne regrette pas : travailler à son compte, aujourd’hui, c’est la seule manière honnête de travailler qui nous reste.

                           


                          • arobase 19 décembre 2011 22:07
                             « travailler à son compte, aujourd’hui, c’est la seule manière honnête de travailler qui nous reste ». 

                            il fait fort lui !! smiley pourquoi les millions de salariés français travaillent de façon malhonnête ?
                            fait gaffe car la patronite, ça s’attrape vite et c’est là qu’on devient pas très joli joli bien souvent !

                            mai 68. la débâcle, les barricades, un mois de grève.... les discussions de grenelle.

                            les syndicats face au puissant syndicat : le CNPF ancêtre du medef.

                            mon patron : « chers collaborateurs, nous devons vous prévenir : si ces discussions aboutissent à des augmentations de salaires de plus de 10%, nous devrons fermer.  »

                            résultat : + 35% d’augmentation générale des salaires.  la boite a fermé ? que non. elle a décollé au contraire pour passer en quelques années de 200 à 5000 salariés.

                            avantages obtenus par ces syndicats, traités de « preneurs d’otages » par bien des salariés débiles qui répètent comme des perroquets les slogans concoctés à l’ump et distillés en boucle par les médias voyous.

                            ces mêmes salariés qui se gardent bien de refuser un avantage quand il est obtrenu par ses collèges grévistes.


                            • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 19 décembre 2011 22:22

                              Je vous remercie pour votre réponse, mais j’ai dit travailler à son compte, je n’ai pas parlé d’employer qui que ce soit smiley

                              Et effectivement, je pense que le salariat sous sa forme d’exploitation abusive est une forme de travail malhonnête, où non seulement les patrons sont malhonnêtes avec leurs salariés mais surtout, et c’est ce qui est le plus grave, les salariés sont malhonnêtes avec eux-mêmessmiley


                            • spartacus spartacus 20 décembre 2011 10:22
                              Pour avoir un meilleur salaire, il faut montrer son indispensabilité. son importance dans la structure.

                              Pour l’auteur,il aurait été bon de préparer son argumentation, avec des chiffres un dossier avec les résultats obtenus, la méthode employée, le pourquoi et le comment. 
                              Bien préparer la demande. L’oral a des défauts lorsque l’on est en situation de demande. 
                              Il faut lui lier l’écrit. 
                              Et puis à la fin même en cas de refus laisser le dossier. Ça laisse un écrit et formalise la demande. Ça laisse aussi un support de réflexion ultérieur.

                              Il est bon aussi de chiffrer la demande au niveau mensuel comme annuel. Demander concrètement une somme, permet parfois d’ouvrir un débat et de repartir avec quelque chose même si c’est pas la somme demandée. Une demande d’augmentation non chiffrée c’est trop flou. Beaucoup de salariés oublient de le faire.

                              Une augmentation pour un employeur est plus réfléchie qu’on ne le croit. Va t-elle créé un précédent ? Si on augmente X, va t-il falloir augmenter Y et Z et cela va t-il engendrer des jalousies ? Y a t-il un engagement « non connu » du secret des affaires à ne pas dépasser un certain niveau de la masse salariale ? Est ce une demande systémique ou une demande réelle ?


                              • Oliver HACHE Oliver HACHE 20 décembre 2011 21:38

                                Cher Spartacus,

                                Loin de moi l’idée de chercher à vous décourager, mais pour avoir ce niveau de réflexion il va falloir penser à changer de site. Voià des décennies que l’on fait croire aux gens qu’ils suffit de demander pour obtenir, que les patrons sont des salauds de buveurs de sueur qui ne cherchent qu’à s’engraisser sur le dos des masses laborieuses, et j’en passe...

                                Je m’amuse des nombreux commentaires du moment et me dis que le bout du tunnel n’est pas demain.


                              • yoananda 25 décembre 2011 14:26

                                Pose ta dem au lieu de baisser ton froc.
                                Arrêtes d’être une victime et sort toi les doigts.

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