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Accueil du site > Actualités > Société > Je déteste les enfants des autres...

Je déteste les enfants des autres...

« NO KID » de Corinne Maier, 2007, Michalon. Corinne Maier ex-infographiste, aujourd’hui psychanalyste adore mettre les pieds dans le plat. Après avoir commis son politiquement incorrect « Bonjour paresse » en 2004, prônant de “travailler moins pour gagner autant”, bousculant cette fameuse valeur travail que la présidentielle a cherché à réhabiliter, c’est au sacro-saint désir d’enfant qu’elle s’attaque aujourd’hui.

Prenant soin de rappeler qu’elle est elle-même mère de deux enfants : elle sait donc de quoi elle parle et désamorce tout soupçon d’envie aigrie, au pire prend-elle le risque d’être traitée de mère indigne, ce qui la fait doucement rigoler.

A coups de phrases chocs : “on assiste aujourd’hui à une glorification de la maternité que n’aurait pas reniée le maréchal Pétain. C’est le visage actuel du patriotisme : pour affronter une vie de con, mieux vaut être nombreux”, d’affirmations définitives éminemment provocatrices : “une seule solution, la contraception”, la psychanalyste s’interroge sur cette société qui se glorifie chaque année de ses records de féconditié, sanctifie l’enfant roi comme étant l’objet ultime d’accomplissement personnel et rappelle, notamment aux femmes, la somme de sacrifices qu’induit l’acte de reproduction, dans le but de “démoraliser les parents potentiels”.

Enumérant les 40 bonnes raisons de s’abstenir de procréer : “l’accouchement, une torture, Gardez vos amis, l’enfant un tue-le-désir, vous serez forcémnt déçu par votre enfant, l’enfant un pot de colle, materner ou réussir, il faut choisir, trop d’enfants sur terre...” loin de démoraliser, ce pamphlet jubilatoire est avant tout drôlissime de vérité sur ces parents consommateurs de bonheur en couches qui font des enfants pour combler le vide de leur vie personnelle routinière, de leur carrière professionnelle ennuyeuse et de l’absence de questionnement existentiel.

Car celui qui met un enfant au monde a renoncé à le changer, le monde, et va, dans un double mensonge, faire croire à la chair de sa chair, qu’il est exceptionnel, omnipotent, en bref le “king of the world” puis le confier aux fameux “professionnels de l’enfance” auxquels il faut “barrer la route” : notamment l’ “institutrice, qui est généralement quelqu’un qui n’aimait pas l’école étant petite, sinon elle aurait fait des études plus brillantes, aurait un métier plus intéressant et mieux payé”, qui se charge de “mater” l’enfant devenu élève, le faire rentrer dans le rang et oublier son individualité pour devenir un citoyen, un consommateur, un employé moyen.

Le propos est salvateur : déconstruisons ce “désir d’enfant” sensément venu du fond des tripes, reconnaissons la part de narcissisme qui pousse à vouloir se cloner et entrer dans la grande famille exaspérante de ceux qui ont tout compris à la vie puisqu’ils l’ont donnée, eux, la vie, comprenons que les valeurs soixante-huitardes type “il est interdit d’interdire” ont causé de grands dégâts en terme de pédagogie, que cette génération d’enfants rois égoïste, matérialiste, surprotégée et surécoutée va se trouver fort dépourvue quand l’âge adulte sera venu avec son lot de chômage, crises énergétiques et catastrophes naturelles.

Cependant, si elle n’est pas complètement à côté de la plaque, cette analyse aux relents marxistes de “l’enfant, allié objectif du capitalisme” tend à desservir le discours au risque de manquer le public visé, la moindre mention de “capital” faisant fuir la majorité de ces parents bien-pensants, biens dans leurs baskets, dans leur époque et qui ne voient pas où est le problème avec leur Kévin chéri un peu hyperactif (quand autrefois on disait simplement “casse-couilles”) mais qui, avec son psy et son traitement de cheval, va beaucoup mieux, merci...

Mélanie Duwat


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39 réactions à cet article    


  • jmb 17 juillet 2007 14:48

    J’avoue que je ne comprends pas ... Je me sens enfant de mes parents, et je ne pense pas que j’aurais voulu qu’ils aient fait le choix de ne pas m’avoir.

    C’est pour cette raison, que je désire des enfants, (et aussi parce que l’expérience a donné raison à ma mère : « tu verras quand tu auras des enfants, ils feront les mêmes sottises que toi ... »)


    • melanie_duwat 17 juillet 2007 14:57

      Merci ! je viens de parcourir la très longue conversation sur la place des femmes sur AgoraVox et pense avoir quelques pistes d’explication : D’abord si l’on est tous bien d’accord sur le fait que les rédacteurs apportent leur contribution depuis leur lieu de travail, les hommes qui occupent les meilleurs postes, sont sans doute plus libres de s’accorder du temps pour leur loisir,en l’occurence ici, le commentaire politique, les femmes qui s’accordent ce temps le consacrent sans doute à des coups de fils perso pour gérer la nounou,le rdv chez le pédiatre, l’école, l’organisation des vacances,du déménagement,des 40 ans de monsieur bref, toutes ces tâches qui lui incombent « naturellement » selon des données de différenciation biologique « évidentes » ... En ce qui me concerne, la politique m’intéresse même si mes contributions s’inscrivent dans les rubriques société ou culture et j’en ai marre de ces magazines féminins qui font encore et toujours leur énième dossier « régime », « atteindre l’orgasme » ou « choisir le bon jean ». Je suis donc résolument opposée à la création d’une rubrique spécialement consacrée aux femmes et à ces mêmes sujets supposés les intéresser qu’on nous imposent depuis 30 ans ! C’est aux femmes de lutter contre cette autocensure inconsciente selon laquelle une femme ne peut avoir d’avis sérieux sur un sujet sérieux, la pseudo agressivité des internautes est quant à elle tout à fait gérable pour les représentantes du sexe « faible », merci !


      • aquad69 17 juillet 2007 15:07

        Bonjour Mélanie,

        merci de l’info sur un livre qui parait original et plein d’idées salutaires ; ceci dit avec une mauvaise foi profonde, car mes enfants, je les ai déjà fait !

        Cordialement Thierry


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 17 juillet 2007 15:24

        @ Mélanie, bienvenue !

        Ah ! Un grand souffle d’air pur dans ce commentaire sur la place encore et toujours réservée aux femmes dans l’imaginaire commun. Je vous rejoins entièrement, partageant ô combien votre point de vue.

        Et merci d’avoir présenté cet excellent opuscule de Corinne Maier à ceux qui ne le connaissaient pas encore. Mère moi-même et heureuse de l’être, j’ai adoré cette salve pertinente et spirituelle.


      • cza93 cza93 19 juillet 2007 15:06

        bonjour Mélanie,

        et merci pour cet article qui donne vraiment envie de lire ce livre. j’avais lu à sa sortie le premier livre de Corinne Maier sur la paresse et la façon de l’intéger dans son plan de carrière, ... jubilatoire !

        Concernant votre commentaire sur la place des femmes, j’abonde dans ce sens ... d’ailleurs c’est à tel point impensable qu’une femme émette des idées politiques, que quand j’écris des textes politiques, on me répond systématiquement « Monsieur », mon pseudo laissant volontairement planer le doute !

        ... et moi aussi j’en ai ras le bol de ces magazines féminins qui ne parlent que de « pipoles-régimes-orgasme-recettes de cuisine-crèmes anti-rides- jeans moulants » ...

        Aucune rubrique culture, ni de politique, ... no comment ! Bref on continue à nous cantonner aux couches/ aspirateur-courses/cuisine, et question job, nous sommes forcément soit caissières soit secrétaires (ce qui n’a rien de péjoratif pour ces 2 jobs !), bref au service des autres au boulot comme à la maison !

        Alors comme je me sens plus proche d’une Louise Michel que de ce modèle standard de blonde idéale à forte poitrine qui remplit devoirs domestiques/conjugaux/professionnels, le tout en surtout s’abstenant d’utiliser ses neurones, OUI je m’associe à ce coup de g...

        Il y en a marre de nous réduire à ces rôles car nous pouvons beaucoup plus pour peu qu’on nous laisse un peu de place !!! A quand la vraie parité ???? ... En politique, par exemple, ça signifirait arrêter de nous sortir des armoires uniquement pour des nécessités de partité en nous mettant soit sur des fonctions purement honorifiques mais sans aucun pouvoir, soit sur des circonscirptions désespéremment ingagnables !!

        Parce qu’on en a marre de ce pouvoir macho !!!!

        ... Et tant qu’à faire, dans ce nouveau partage des tâches, que les tâches liées à l’éducation et les soins aux enfants soient vraiment partagées, car cela reste encore trop rare les papas qui « maternent » ! smiley


      • haddock 19 juillet 2007 15:17

        Suis d’ accord avec tout , sauf la critique de l’ orgasme , que je place au plus haut point G ( pas trouvé d’ ailleurs ) du plaisir . C’ est vrai qu’ avec Bianca et ses rossignolades ...


      • Luciole Luciole 31 juillet 2007 22:32

        Mais comment peut-on, quand on est une femme, ouvrir un journal où l’on voit les fesses de nos rivales à toutes les pages ?

        Pas étonnant que les lectrices aient du mal à atteindre l’orgasme si elles sont devenues homosexuelles à force de mater de la cuisse !


      • NPM 17 juillet 2007 14:59

        « Car celui qui met un enfant au monde a renoncé à le changer, le monde »

        Exact : Hitler n’a pas eut d’enfants Faux : Staline à eut des enfants

        Or qui à le plus changer le monde que ces deux là ?

        Manque bien sur Lénine, le boucher, 18 millions de morts, mais sur sa descendance, je ne sais pas.


        • Gasty Gasty 18 juillet 2007 09:55

          NPM alias nicolas peut-être bien !


        • grangeoisi 17 juillet 2007 15:06

          Hihi bidonnant cet article ! 6,6 milliards d’individus en ce moment ! Ca vous change une mentalité de fourmilière !

          Et toutes ces petites bêtes des pays riches poussant leur mini-caddie, hum pour les progénitures des pauvres hères c’est la recherche du grain de riz ou de mil.Faut leur apprendre à nager en tout cas et très tôt : utile pour l’émigration.


          • NPM 17 juillet 2007 15:10

            Les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont cons et paresseux, voila tous. Ils n’ont qu’a suivre les régles du libéralisme au lieu de s’acrocher à leur socialisme désué, et ils s’enrichiront..


          • Garp Garp 18 juillet 2007 11:24

            Et les gens intolérants et idiots comme Lerma et NPM, ils sont nés comme ça ou ils ont appris à l’être. Déterminisme ou fatalisme ?


          • melanie_duwat 17 juillet 2007 15:17

            Bravo à NPM pour ce commentaire d’une intelligence rare qui fait clairement avancer le débat...


            • NPM 17 juillet 2007 19:27

              D’ailleur vous même abandonner ces ploucs de fonctionnaires vieux avant d’avoir été jeunes pour le privé, non ?

              C’est un bon exemple d’abondon du socialisme. Je vous souhaite plein de pognon.


            • pywye 17 juillet 2007 16:20

              Merci Mélanie, article vraiment intéressant !

              On peut l’illustrer avec la phrase connue d’André Gide :

              « Familles ! je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur. »


              • zenohit zenohit 17 juillet 2007 16:27

                ce qui ne fait pas avancer le débat, ce sont les idées préconçues, ce qui ne fait pas avancer le débat, ce sont ceux qui se prennent trop au sérieux, Ce livre est intéressant c’est sûr, les enfants-roi, ça ne devrait pas exister,... des bons petits consommateurs à la pelle, qui se rebelleront contre leurs parents peut être plus tard, et leur (non-)vision du monde, et seraient donc des « bons » citoyens qui déposent leurs idées sur Agoravox ? qui sait... Ce qui est « embêtant », c’est quand on nous dit : « faites des enfants parce que... » C’est aussi ennuyeux que « faites pas d’enfants parce que... ». C’est exactement la même démarche. Après, qu’on crie « hourra » envers quelqu’un qui « justifie » ce qui nous pèse sur la conscience... D’autres reproches à ceux qui n’ont pas d’enfants leur « egocentrisme » (rien à voir avec le MoDem)... Bref je suis d’accord sur un point : des reproches... « qui [ratent] [...] leur cible ». Et ce n’est pas parce qu’on a analysé tout ce beau petit monde de consommateurs qu’on a tout compris...


                • Gazi BORAT 17 juillet 2007 17:02

                  @ l’auteur

                  Merci d’avoir parlé de cet ouvrage.

                  Il existe un consensus de glorification de la maternité qui enferme la femme dans cette image de mêre.

                  Je me souviens d’une affiche pétainiste où l’on voyait une femme élégante, avec cabriolet 1930, tenue chic et lévrier et, en dessous, cette légende :

                  La femme coquette et sans enfant n’a pas sa place dans la société, C’EST UNE INUTILE !

                  Edifiant, non ?

                  Je me souviens aussi que Françoise Dolto a commencé sa carrière sous Vichy, au Commissariat à la famille, sous les ordres de l’eugéniste Alexis Carrell..

                  Elle a entamé sa première psychanalyse à la Libération..

                  gAZi bORAt


                  • Paradisial Paradisial 17 juillet 2007 19:21

                    Dans un monde de bruttes, dur dur d’être un enfant.

                    Dans un monde nihiliste, dur dur de trouver beau un enfant.

                    Dans un monde nombriliste, lourds lourds les cordons ombilicaux.

                    Dans un monde consumériste, la vie est une alumette.

                    Dans un monde individualiste, l’enfant hélas ne retrouve plus sa place.

                    Ah ces vieux enfants devenus renégats de l’enfance. smiley

                    Pas étonnant que vous acheviez vos vies esseulés, l’individualisme vous rongera jusqu’au dernier souffle.

                    Qu’il soit un démon, qu’il soit noir ou blanc, il a le coeur pur, il est toute innocence.....

                    Malheur à celui qui blesse un enfant.

                    L’enfant nait comme un page blanche ; c’est l’adulte qui lui transfert ses culpabilités.


                    • Paradisial Paradisial 17 juillet 2007 19:23

                      Et ses défauts.

                      Heureusement, pas toujours, sauf si l’enfant ne grandit pas ; ce qui est souvent le cas. Bande d’égocentriques.


                    • zenohit zenohit 17 juillet 2007 19:54

                      Arf ! smiley (mal)Heureusement ( smiley ?) il va y avoir un « suivit » des enfants plus poussés ?!

                      Vivement la biométrie et la prison à partir de 12 ans ? c’est ça ?

                      Ainsi que mettre à l’amende ceux qui ont fait des enfants par erreur (de jugement) ?

                      j’ai bien compris ? non ? Et bien à quoi sert-il de dénoncer alors ? pour les bien-pensants ?

                      Et les bien-vivants c’est qui ?

                      Je comprends rien à ce monde d’adulte moi !!! smiley

                      P.S. : il faut se méfier des mots


                      • Mélie 17 juillet 2007 20:44

                        @ Mélanie,

                        Excellent article !!!

                        Le choix de ne pas nous « cloner »,nous l’avons fait dés notre rencontre mon p’tit mari et moi.

                        Et là,j’entends déjà les réflexions :Quel égoïsme ,quel égocentrisme ,vous ne savez pas ce que vous ratez ,enfanter est la plus belle chose au monde ,comment ne peut on pas aimer les enfants etc.... !!!! smiley

                        Je leur réponds :J’adore les enfants comme mes neveux et niéces qui me le rendent bien !!J’ai travaillé dans les centres aérés et ça me plaisait énormément !!

                        C’est pour cette raison que j’ai toujours pensé que je ne pouvais « infliger » la vie à un p’tit bout....

                        Quel être humain peut dire qu’il a eu une vie merveilleuse depuis son enfance jusqu’à sa mort ,une vie sans peine et sans galére ... ??!!

                        Qui peut dire où va ce monde, paradisiaque au départ, dont l’humain a fait un enfer ???!!

                        Oh,que non,je ne regrette pas ma décision ,et parallélement je respecte le choix des personnes qui décident d’avoir des enfants ,je ne revendique absolument rien , j’ai simplement ,moi aussi, fait un choix que dans certains pays les femmes ne peuvent pas faire .....

                        Mais ceci est une autre histoire ........ smiley


                        • Paradisial Paradisial 17 juillet 2007 22:31

                          Après une course un peu haletante une vague va s’échouer pas souvent esseulée sur une très large plage sur laquelle toutes les vagues finissent par s’échouer.

                          Par ailleurs, le courant continue son cycle interminable : même si toute eau apportée par quelconque vague finit par échouer sur le rivage l’eau continue son cycle vital.

                          Face à l’eau rentrée dans un cycle perpétuel de la vie il y a le court-circuit de l’allumette : une vie de combustion où le bonheur est assez éphémère, dépendant que de jouissances matérielles.

                          Les aigreurs de la vie ne méritent pas que l’on cesse toute lutte contre elles en cessant de donner la vie et de semer l’amour ; sinon c’est l’aigreur qui finira gagnante.


                        • Paradisial Paradisial 17 juillet 2007 23:13

                          Ne pas aimer l’enfance pour le bien de l’enfant qui ne naîtra jamais est un mauvais prétexte qui devrait cacher pas mal d’aigreurs et de traumatismes.

                          Moralité : il ne faudrait pas se tromper de cibles, ni faire de victimes, que ce soit la personne en elle même et/ou que ce soit l’enfance.

                          Vraiment la vie ne mérite pas les aigreurs ni ne vaut les bonheurs superficiels.


                        • vaderetro 17 juillet 2007 23:40

                          C’est à la mode de conspuer les« cons »qui ont décidé de mettre au monde des enfants . contrairement à ce que dit l’auteur, je ne trouve pas du tout que la « maternité soit glorifiéee », bien au contraire.L’apologie de tous les nihilismes,si.L’argument boeuf que l’on commence à entendre et lire,y compris sur Agoravox, c’est que c’est m auvais pour l’écologie.Je ne sais pas si il faut en rire ou en pleurer.


                          • k2pal k2pal 18 juillet 2007 06:28

                            @l’auteur je suis assez d’accord avec votre commentaire, par contre la conclusion de votre article en forme de dérision me laisse in peu sur ma fin : c’est peut-être bien ficelé "journalistiquement mais pas assez explicité par rapport à votre perception. Je n’ai pas lu le livre, j’en avais déjà entendu parler sur France inter, certainement une bonne lecture pour un été qui tarde à venir... L’auteur aime la provoc et gagne certainement mieux sa vie qu’en tant qu’infographiste. Cependant si la dérision est salutaire le sujet est tout de même sérieux et le message n’est pas à prendre au premier degré j’imagine !!! Personnellement je connais pas de celibataires endurcis qui, passé un certain age ne regrettent pas d’avoir fait le choix de na pas avoir eu d’enfant...


                            • Deneb Deneb 18 juillet 2007 09:42

                              Lorsque on refuse toute religion, comment donner un sens à sa vie ? En créant ce qui va nous survivre, que ce soit des oeuvres culturels, soit des biens matériels, ou alors en procréant, en accomplissant notre devoir biologique, en dispersant ses gènes. Cette dernière option n’est évidemment pas parmi les plus faciles, car s’occuper de sa progéniture est loin d’être de tout repos. Surtout lorsque l’enfant auquel on croit devient le miroir de nos contradictions, nos angoisses et nos manies. L’enfant pot de colle, allié objectif du capitalisme, tout cela est vrai, et pourtant ce n’est qu’une petite partie de la vérité. Avant d’avoir mon premier enfant, j’étais quelqu’un d’immature et irresponsable. Lorsqu’il est né, une remise en question terrible s’est imposée à moi. Et j’ai grandi, bon gré mal gré.Ma liberté s’est singulièrement réduite.Même en faisant le minimum, ma vie d’avant était terminé. Heureusement que j’ai gardé quelques passions, la musique, l’informatique, les conversations philosophiques, ce qui m’a permis de garder la plupart de mes amis. Ce fut une grande chance, car mes passions ainsi endurci en passant dans le four des responsabilités, elles sont devenus transmissibles. La très haute opinion que j’avais de moi à été diluée avec une bonne dose de modestie et d’autocritique. Et quelques années plus tard, lorsque j’ai compris que mon fils a pris goût pour les mêmes choses que moi, ça a été pour moi une immense fierté. Surtout la capacité de se passionner tout court, ce qui lui a permis de réussir brillamment sa scolarité. Aujourd’hui, en passe de devenir médecin, il est mon guide et ma lumière dans la jungle des nouveautés. Il me fait découvrir la nouvelle culture, car il connaît mes goûts. Il m’a permis de mettre à jour mes idées vieillottes.. Sa présence m’a forcé de me réaliser, créer mon entreprise. En quelque sorte c’est lui qie m’a éduqué. Je n’ai jamais été capable d’assumer le rôle du père dans le sens judéo-chrétien - j’ai souvent essuyé des remarques - ’tu n’est pas son père, mais son copain", on me disait. J’ai toujours refusé d’être son exemple - je lui lui disais que je ne souhaitais pas qu’il devienne comme moi, qu’il fallait qu’il aille bien plus loin et il m’a effectivement dépassé dans toutes les domaines. Je suis obligé d’en être très heureux, et ce n’est pas plus mal.

                              Quand une femme atteint la quarantaine, le fait de ne pas avoir d’enfants peut être source de graves problèmes d’ordre psychologique. Je ne connais que trop d’exemples dans mon entourage : des copines, belles et agréables se transforment à partir d’un certain âge en monstres misanthropes et dépressives, en voulant au monde entier d’avoir perdu leur jeunesse. Le fait d’avoir des enfants permet d’atténuer cette lassitude.

                              Je n’ai pas lu le livre, ça m’a l’air tout de même d’être un bouquin intéressant, un peu provoc et rigolo, comme je les aime. Mais ça m’a l’air aussi d’un ouvrage censé à distraire surtout les parents, pour prendre un peu de recul par rapport aux idées bien ancrées et des aprioris sur l’éducation et sur la paternité-maternité que notre monde judéo-chrétien avec ses bons sentiments dégoulinant à érigé en un épouvantail liberticide. J’ai toujours pensé que le plus grand malheur qui puisse arriver dans la vie, c’est de se prendre trop au sérieux. Et je n’ai jamais cessé de transmettre cette philosophie à mes enfants.


                              • Paradisial Paradisial 18 juillet 2007 10:21

                                Excellentissime Témoignage.

                                En plus, que c’est beau et sage un père qui sache être le copain de son fils.

                                Belle entreprise celle qui a été votre.

                                Pleines de consécrations à vous deux dans une telle belle marche de LA VIE.


                              • floruf floruf 18 juillet 2007 11:24

                                Je vous rejoins totalement Deneb ! N’étant pas pourvu non plus d’une dimension mystico-religieuse ,je dois avouer égoïstement que mes enfants sont pour moi ma petite part d’éternité : ils me survivront (du moins je l’espère !) comme moi-même suis la preuve de l’éxistence de mes aïeux. Les gens qui décident de ne pas avoir d’enfants, et je le conçois car la vie de parent n’est pas toujours des plus épanouissant d’un point de vue personnel , prennent la décision de ne pas transmettre leur héritage ,ce qu’ils sont, aux générations futures. Ce sont les derniers d’une chaîne (c’est un peu pompeux , mais c’est la seule image qui me vient !). Quelque part ,de mon point de vue c’est un peu un suicide à petit feux.


                              • torr-ben 18 juillet 2007 11:53

                                Une telle glose n’est concevable que dans cet occident ventripotent, nombriliste, hédoniste...Bienvenue donc dans un monde de vieux où trône l’enfant roi, enfant unique, conçu sur le tard selon la règle « un enfant si j’en ai envie et quand j’en aurai envie ». J’ai fréquenté des pays de misère où les enfants surabondent et pétillent de joie, çà change l’atmosphère ! Ici, dans ce monde de la matière, on calcule tout, on prend, on jette, on passe son temps à se regarder, à « s’épanouir » dans des pseudos activités de merde qui puent l’ennui. Le vide sidéral. Personnellement, j’ai 5 enfants et je ne le regrette pas. Quand je vois ma femme, non seulement elle est épanouie mais elle est belle. A comparer avec toutes les aigries que je croise dans différents milieux qui ne pensent qu’à leur petite personne...

                                Poussons le bouchon un peu plus loin : les handicapés , c’est pas chiant et encombrant non plus ?


                                • belk 18 juillet 2007 12:11

                                  De toute façon, ceux qui ont des enfants disent que ceux qui n’en ont pas sont des imbéciles, et inversement. Au moins vous ne souffrez pas de dissonance cognitive.

                                  Poussons le bouchon un peu plus loin : les handicapés , c’est pas chiant et encombrant non plus ?

                                  Depuis quand décide-t-on de faire des handicapés ?!


                                • La Taverne des Poètes 18 juillet 2007 12:14

                                  Salut torr-ben : j’ai vu une pub hier à la télé sur les tests de grossesse où une voix masculine lisait un slogan qui voulait dire « vous aussi, vous pouvez gagner un bébé ! »


                                • torr-ben 18 juillet 2007 15:34

                                  On comprend ce qu’on veut comprendre...Bref, juste pour dire que l’adorable brésilienne de Sao Paulo, compagne d’un de mes fils, en séjour 7 mois à Paris a été surprise : 1 de la froideur et de l’égoïsme des habitants repus, 2 du nombre de clebs et du peu d’enfants sauf dans certains arrondissements, 3 de l’agressivité de la gent : çà court, cà court partout chez Auchan, au ciné, à la gym, chez le traiteur, chez mon esthéticien, mon gynéco, mon boulanger, mon charcutier, pour aller au pieu, au boulot après avoir déposé le morveux chez la nounou (parfois on l’oublie dans la bagnole) dans une espèce de frénésie mortifère...et finalement dans un immense vide affectif.

                                  Quand on voit l’orgie de bouffe et de soins pour les clebs dans ce pays, y a moyen de faire quéque chose pour les humanoïdes et leurs petits. Quant aux malthusiens, s’ils trouvent la terre trop peuplée, eh bien qu’ils laissent leur place libre ! Je leur suggère une mort douce : bouffer, boire et baiser jusqu’à en crever... cf. la grande bouffe... prémonitoire !


                                • Fred 18 juillet 2007 11:55

                                  Entre la politique nataliste actuelle et une politique zero enfant, on peut peut etre trouver un juste milieu.

                                  Encourager la natalite dans un monde ou les ressources diminuent et la consommation augmente est quand meme dangereux sur le long terme.

                                  On peut certes diminuer la consommation mais a l’heure actuelle il faudrait deux planetes et demi pour subvenir aux besoins de la planete si tous les humains etaient francais. Vous voulez diminuer votre consommation par un facteur 2 et demi vous ? Et ca ne va aller quand s’empirant car les reserves de plusieurs ressources naturelles s’amenuisent et la population augmente a vitesse grand V.

                                  Alors quand je vois les gens qui se felicitent que la France ait une forte natalite comparee a ses voisins, c’est franchement ne pas regarder le futur. On devrait encourager les gens a avoir 1 voir 2 enfants mais au dessus de 2 les allocs, reduction d’impot, ayant droit sur le secu... ne devraient plus exister.


                                  • Philippe VIGNEAU 18 juillet 2007 13:49

                                    tres juste : dans un monde fini, la croissance de la demographie humaine ne peut pas etre infinie...


                                  • haddock 19 juillet 2007 11:24

                                    C’ est une phrase de WC Fields en direct des toilettes .


                                  • pifo 18 juillet 2007 13:16

                                    @ l’auteur

                                    Merci pour cet essai qui nous sort du commun.

                                    Je ne partage cependant pas l’idée suivant laquelle « Car celui qui met un enfant au monde a renoncé à le changer ... ».

                                    Autant je suis d’accord avec la notion décriée de l’enfant « King of the world », autant j’estime qu’il est un peu exagéré de dire que celui qui a des enfants n’est pratiquement d’aucun apport pour l’évolution de la société.

                                    Je crois tout simplement que, comme le dis cette bonne vielle sagesse populaire, en toute chose, l’excès nuit. Que l’on donne aux enfants un suivi utile à leur développement, cela va de soit.

                                    Par contre, en faire un dieu sur lequel vont se baser les marketistes de tout poil pour donner aux pauvres parents le complexe de n’avoir pas pu satisfaire tous les caprices de leurs bambins, je trouve cela incorrect.


                                    • Deneb Deneb 18 juillet 2007 13:26

                                      Une perle de l’humour scato : Les enfants, c’est comme les flatulences - on n’aime que les siennes.


                                      • yapire 23 juillet 2007 11:47

                                        S’interroger sur le bien fondé d’avoir eu des enfants ne doit pas être une question taboue : c’est ce que l’auteur (psychanaliste), voulait faire avancer à travers ce livre. Par ailleurs, elle ne se cache pas : ses autres livres dits « sérieux » avaient des ventes confidentielles, donc elle a choisi une autre tactique. La provocation alimente le schmilblik, et...les ventes ! Bien joué ! Allez y si vous avez 14 euros à dépenser...


                                        • Luciole Luciole 31 juillet 2007 22:28

                                          Je ne sais pas si l’auteur parle aussi des femmes qui font des enfants pour « ferrer » leur conjoint, surtout quand il dispose de revenus confortables.

                                          Dans le milieu parisien dans lequel je vis, les enfants sont avant tout un objet de compétition sociale. C’est à qui fera les mômes les plus beaux, les plus brillants, les mieux éduqués et les moins fatiguants.

                                          Je crois que j’aurais bien pu être comme tous ces gens si je n’avais pas eu la chance d’avoir un enfant autiste. J’ai dû faire le deuil de l’enfant envié de tous, cela a été très douloureux, surtout que beaucoup avaient l’air de penser que je l’avais rendu anormal en le protégeant trop.

                                          Donc du point de vue de la compétition, c’était l’échec total, tandis que mes rivales triomphaient avec leurs petits génies.

                                          Mais finalement il m’a sauvée, mon petit autiste, de cette compétition stérile et il m’a fait comprendre que seul l’amour a vraiment de l’importance dans les relations humaines.

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Melanie Duwat


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