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Accueil du site > Actualités > Société > Je travaille 18 heures par jour, moi, Monsieur !

Je travaille 18 heures par jour, moi, Monsieur !

Il y a quelques jours, un restaurateur rennais, entendu lors d’une réunion, affirmait travailler… 18 heures par jour. Autant que Jean-Louis Borloo sous le poids de ses responsabilités écologiques planétaires, nous apprenait mercredi dernier Le Canard Enchaîné. 18 heures par jour : une spécialité de droite initiée en son temps par l’éphémère ministre de l’Économie et des Finances Hervé Gaymard...

Les journées ne comptant que 24 heures, sauf erreur de ma part, voilà des hommes qui, dans les 6 heures qu’ils ne passent pas à trimer durement pour sortir la nation de son ornière économique, ont le temps de : petit-déjeuner, déjeuner, dîner, se doucher, se peigner, se raser, se laver les dents au moins deux fois par jour, s’habiller, consacrer un moment à l’éducation de leurs enfants et, cerise sur le gâteau, honorer leur épouse.

Un constat duquel on peut logiquement déduire : 1° qu’ils n’ont jamais de loisirs, si ce n’est quelques rares moments le week-end ; 2° qu’ils dorment moins de 3 heures par nuit. Impressionnant, n’est-ce pas ?

À moins que ces travailleurs acharnés ne fassent qu’une station très brève dans la salle de bains, ce qui pourrait être le cas de Borloo, vu l’état de sa coiffure et la puanteur de ses pieds révélée en mars 2008 par Rachida Dati.

À moins, autre hypothèse, qu’ils n’éprouvent pas un grand intérêt pour la copulation et se dispensent de cette corvée. Difficile à croire de la part des hommes de pouvoir dont on sait qu’ils sont très largement portés sur le coït. Plus difficile encore dans le cas de Gaymard dont la ribambelle de futurs petits ultralibéraux élaborés sous la couette avec son épouse Clara (série en cours) nécessite de remettre souvent l’ouvrage sur le métier et le… tenon dans la mortaise ! Encore qu’entre les performances de Rocco Siffredi et celles du lapin Panpan, il y ait moyen de dégager un temps précieux. Qui sait à quelle catégorie appartient Gaymard ?

Bref, on ne croit pas un instant à ces rodomontades visant à nous persuader que ces messieurs n’hésitent pas à sacrifier leur sommeil, leurs loisirs et leur vie de famille au bien-être de leurs administrés ou de leurs clients. Ou alors il faut admettre que les galipettes de Strauss-Kahn avec une collaboratrice hongroise du FMI relevaient de la réunion de travail. Et que la turlute (rien à voir avec un chant québecois) pratiquée par Monica sur l’hypertrophie pénienne de Bill avait été rendue nécessaire pour soulager le Président des États-Unis d’une douloureuse crise de priapisme survenue dans l’exercice de ses fonctions ; une sorte d’accident du travail en quelque sorte.

La majorité des commerçants sont exactement sur la même ligne. Sans mettre en avant leurs 18 heures de boulot quotidien, tel mon restaurateur rennais, nombre d’entre eux affichent 10, 12, voire 14 heures de travail par jour. Y compris ceux ou celles, pourtant très nombreux, qui habitent au-dessus de leur boutique et qui, en attendant le client, lisent le bouquin de Frédéric Mitterrand pour se documenter sur les boxeurs thaïlandais de 40 ans, regardent Les feux de l’Amour, ou testent le vibro-masseur reçu la veille dans un paquet discret.

Des redoutables, ceux-là, qui n’hésitent pas à entrer dans le lard de ces « fainéants de bureaucrates qui se la coulent douce » alors qu’eux-mêmes sont contraints de « bosser comme des forçats », et tout ça pour « se faire plumer par le fisc ». « Ah, ils ne connaissent pas leur bonheur, ceux qui bénéficient des 35 heures ! » ajoutent-ils d’un air pincé. C’est sûr que la vie est tellement plus douce pour le chaudronnier-fraiseur P3 affecté en équipe de nuit dans une unité de production à 50 kilomètres de son domicile, ou pour l’opératrice téléphonique qui, stressée par les cadences imposées et la crainte des appels mystères, doit se payer de surcroît deux ou trois heures de transport en commun par jour entre son centre d’appel et son HLM de banlieue. Le pied !

On touche d’ailleurs là une règle d’or : le petit patron, le commerçant et le travailleur libéral incluent toujours, lorsqu’ils ne résident pas sur place, leur temps de transport dans le temps de travail qu’ils brandissent comme une preuve de leur sacrifice aux yeux d’une société ingrate. Un temps de transport qu’ils refusent pourtant de prendre en compte pour ces privilégiés de salariés, toujours prompts à revendiquer et partisans du moindre effort. Les différences entre les uns et les autres s’en trouvent artificiellement gonflées.

Tout cela pour dire – en restant dans le domaine du plein-temps – qu’il existe d’énormes disparités dans tous les secteurs d’emploi, qu’ils soient publics ou privés, libéraux ou salariés, qu’ils concernent les employés ou les cadres, les salariés protégés par des conventions ou ceux qui sont soumis à l’arbitraire des petits patrons. Tout cela pour souligner également que, du côté des commerçants ou des travailleurs indépendants, on constate de très grandes inégalités entre ceux qui mouillent leur chemise sans compter leurs heures et ceux qui se la jouent galériens en se prélassant dans l’arrière-boutique.

On peut d’ailleurs étendre le constat de cette disparité au monde agricole, marqué lui aussi par d’énormes différences entre les secteurs de production. Rien de commun entre un céréalier, un maraîcher, un producteur d’agrumes, un vigneron, un éleveur traditionnel, un éleveur hors sol ou un aviculteur semi-industriel. Chacun a ses contraintes professionnelles, ses moments de forte charge et ses périodes de relative liberté. Impossible d’évaluer pour eux un horaire quotidien de travail tant cela serait dépourvu de sens entre les journées sans fin au moment des moissons ou des vendanges – pour ne citer que ces exemples – et les longues périodes hivernales de quasi inactivité en raison du repos de la terre ou de l’enneigement des cultures.

En définitive, ce sont les mères célibataires qui effectuent les journées les plus éprouvantes en cumulant emploi, transports, courses, cuisine, éducation des enfants et travaux ménagers. Des mères courage qui, malgré la fatigue accumulée, ne se couchent pratiquement jamais sans s’être assurées préalablement de la qualité du sommeil de leurs enfants. Elles ne font peut-être pas 18 heures de travail par jour, mais ce sont elles qui s’en approchent le plus. Et c’est avant tout à ces femmes-là qu’il convient de rendre hommage !
 

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153 réactions à cet article


  • Mania35 Mania35 7 décembre 2009 09:59

    Bonjour Fergus,
    Tu as mauvais esprit de critiquer Borloo et consorts, il ne faut pas oublier que dans ces « 18 heures de travail », il y a une contrainte très pénible pour eux (et le portefeuille des contribuables) : les déjeuners d’affaire voire les diners. Donc ton décompte des activités hors travail est biaisé.
     Sur ce, bonne journée.


    • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:10

      Salut, Mania.

      Nombre d’entre nous, du moins pour ceux qui ont eu l’occasion d’en profiter, savent très bien qu’une bonne partie de ces déjeuners d’affaire est en réalité un moment de détente prolongé et parfois généreusement arrosé, avec pour conséquence d’engendrer de peu productifs états de demi-somnolence au retour du restaurant. Cela dit, il y a en effet de véritables repas d’affaire où le contenu de l’assiette et du verre s’efface derrière les enjeux, mais je ne suis pas sûr qu’ils constituent une majorité.

      Bonne journée.


    • apami 7 décembre 2009 10:17

      @fergus

      Je crois que le commentaire de Mania était à prendre au 2nd degré...
       :)
      Apami


    • Mania35 Mania35 7 décembre 2009 10:23

      Exact Apami et même au 3ème....
      Bonne journée


    • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:27

      Merci, Apami, j’avais compris, mais il m’a néanmoins semblé utile de mettre les points sur les ’i".


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 7 décembre 2009 11:27
      A l’auteur

      il devrait exister un site ou ne se disent qu’élégamment des choses intelligentes. Où les textes resteraient une semaine et où l’on irait, de temps en temps, un verre de Jerez à la main, pour sourire d’un bon mot ou apprendre un recette de Sandro. L’invective y serait interdite et l’évidence y apparaitrait incongrue. Faites le nécessaire et que ça saute ! Appelez-moi quand ce sera prêt.... 

       PJCA

    • Fergus Fergus 7 décembre 2009 11:52

      Salut, Pierre.

      J’applaudirais des deux mains une initiative de ce genre. Mais je manque de temps et de compétence pour être à l’origine d’un tel projet.

      Cela dit, d’accord pour ce qui est des invectives. Je pense, comme vous, que l’on peut discuter d’à peu près tous les sujets, et même polémiquer, sans tomber dans les excès. Mais manifestement certains ne partagent pas cette approche... civilisée du débat.

      Bonne journée.


    • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:30

      Salut, Actias.

      Loin de moi l’idée de taper sur les petits patrons. Il m’est d’ailleurs assez souvent arrivé de les défendre contre les agressions dont ils sont souvent l’objet pour cause d’amalgame avec les comportements choquants de quelques grands patrons. Certains mouillent même leur chemise pour des gains médiocres, parfois à peine supérieurs à ceux de leur employés.


    • MICHEL GERMAIN jacques Roux 7 décembre 2009 12:32

      Actias pose une excellente question en fin de message.


    • Traroth Traroth 7 décembre 2009 15:41

      @Fergus : il faut dire que les petits patrons ne font rien pour se désolidariser des grands patrons. Il suffit de regarder la CGPME se ranger comme un seul homme derrière le Medef, alors que leurs intérêts n’ont souvent que peu en commun. Les délocalisations sont un exemple parfait : les PME sont souvent des sous-traitants, et les délocalisations leur font énormément de tort. Pourtant, on n’entend pas souvent des patrons de PME s’exprimer contre...


    • Fergus Fergus 7 décembre 2009 16:18

      Bonjour, Traroth.

      Il arrive cependant qu’il y ait des divergences entre le Medef et la CGPME ou l’Association des Jeunes entrepreneurs. Le plus bel exemple en a été donné par la mise en place des 35 heures. Tandis que le Medef était vent debout contre cette mesure, un grand nombre de PME et PMI l’ont accueillie favorablement car elle leur a donné l’occasion de rationnaliser leur activité et de mettre en place une annualisation des temps de travail en échange des 35 heures.


    • brieli67 7 décembre 2009 10:19

      @ Fergus il parait qu’il y a eu qqs changements depuis mon cursus Les 36 h sur pied de Madame ou Monsieur l’Interne des hôpitaux Prise de service normal à 8 h, en plus "vider la poli des urgences Prise de garde DE 24H à midi taillable et corvéable à toute heure. Et responsable... Classiquement, présenter lors de la contre_visite du soir du Patron les nouveaux admis du service... en espérant que la récolte de « beaux cas » a été bonne et fructueuse.


      • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:59

        Bonjour, Brieli.

        J’avoue que je connais fort mal le cas particulier des hôpitaux. Cela dit, il est de notoriété publique que les fonctionnaires qui y travaillent débordent souvent largement leurs heures normales de travail dans les catégories soignantes.

        Cela n’empêche pourtant pas certaines dérives purement comptables des pouvoirs publics, dérives en contradiction totale avec les objectifs de santé annoncés par ailleurs dans les plans de com’.


      • Traroth Traroth 7 décembre 2009 15:42

        @brieli : ce que vus dites est sûrement vrai, mais on n’arrive sans doute toujours pas à 18 heures de moyenne. Parce que 18 heures de moyenne, ce n’est tout simplement pas tenable !


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 7 décembre 2009 16:59

        Chapeau bas devant Brieli, 

        en effet bien qu’il n’aie pas encore donné sa bio sur AV, on a appris qu’il est pluri-docteur en médecine, en pharmacie, scientifique, aussi paysan (maïsoculteur dans le 67) et inventeur et détenteur de brevets (on ne sait pas de quoi) et toute ces occupations où il n’a sûrement pas compté son temps, lui ont permis de se retirer de la vie de travail à cinquante ans. Le veinard. Maintenant il passe beaucoup de temps ici même - gratuitement, comme vous et moi - pour y distiller sa science et ses vastes (oui, c’est vrai) connaissances formulées en français, allemand, alsacien, anglais et même grec !
        Parfois il est très caustique et un peu mauvaise langue, et s’il s’énerve il ne se retient pas.
        Calmos Brieli, vois les bons côtés de ce post. Merci d’avance. 
        Eugène. 

      • JL JL 7 décembre 2009 10:21

        Bonjour Fergus. Bonne occasion de mettre un peu les idées au clair sur cette affaire du temps de travail.

        Il est tout à fait dans l’ordre des choses qu’un patron, un artisan, un professionnel libéral, ... travaillent sans compter leurs heures, puisqu’ils travaillent pour eux. En revanche, un salarié travaille d’abord pour un salaire mais aussi pour un patron, et il n’est pas logique que ce dernier lui demande le sacrifice de sa vie extra professionnelle. 

        Ceci pour dire que comparer le temps de travail des premiers avec celui des seconds est une aberration.

        La deuxième chose à dire à ce sujet, c’est que si un patron trouve que le temps de travail légal des salariés est insuffisant, libre à lui de travailler tout seul ! Ce que je veux dire par là, c’est que le salariat est une bonne chose s’il permet le plein emploi. Il devient un mal rédhibitoire dès que le taux de chômage dépasse un certain seuil : le temps de travail salarié devrait être inversement proportionnel au taux de chômage.

        Faites une expérience de pensée : actruellement, le gvt réduit les effectifs de la Fonction publique. Cela a pour effet d’agmenter le taux de chômage. Cela aurait pour effet de réduire le temps de travail salarié. Croyez-vous que les employeurs s’en réjouiraient ?

        Inversement, si le gvt employait augmentait les postes de la Fonction publique, cela aurait pour effet de résorber le chômage, donc d’augmenter le temps de travail salarié. Qui s’en plaindrait ?


        • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:34

          Bonjour, JL.

          Globalement d’accord avec votre analyse, et notamment sur la différence fondamentale qui existe entre ceux qui travaillent à leur compte et ceux qui travaillent pour le compte d’un patron privé en recherche de profit pour lui-même ou pour ses actionnaires. Il fallait que ce ce soit dit, merci de l’avoir fait.


        • L'enfoiré L’enfoiré 7 décembre 2009 10:24

          Salut Fergus,
           Il y a travail et travail.
           Le travail n’est plus un travail quand il devient un hobby.
           Le temps ne compte plus. J’ai eu cette chance. Cela ne veut pas dire que je ne me suis pas payé de « bonnes tranches » comme on dit chez nous.
           Travailler peut être seulement « penser », de « rêver ». Cette notion tellement essentielle et qui nous fait vivre mieux. Comme je l’écrivais récémment.
           Travailler à la « con », voilà ce qu’il faut éviter et revendiquer de ne plus pratiquer.
           Le travailler plus, pour gagner plus était la pire des conneries.


          • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:45

            Salut, L’enfoiré.

            Entièrement d’accord. C’est d’ailleurs ce que je disais également, sur le ton de la provocation, dans un article récent intitulé « Confession d’une « salope  ». Il y était écrit :

            « …le mariage est l’une des formes les plus répandues de la prostitution. Avec le travail, lorsqu’il est subi. Vendre son cul, vendre ses muscles, vendre sa tête, quelle différence ? Seul le plaisir exonère de la prostitution. Plaisir de faire l’amour, plaisir de bâtir, plaisir de diriger, plaisir de travailler tout simplement. Dès que le plaisir s’estompe puis disparaît pour céder la place à une dépendance purement vénale ou à une routine désespérante, la prostitution triomphe de facto. Une prostitution le plus souvent rendue inévitable par les réalités économiques. Mais une prostitution admise, codifiée et affublée d’un faux-nez consensuel qui joue parfaitement son rôle d’alibi, celui de la « réalisation par le travail ». Une réalité pour beaucoup, certes. Mais un leurre pour ceux, toujours plus nombreux, qui se réfugient dans la vie associative ou les activités extra-professionnelles pour fuir ce qu’ils perçoivent, plus ou moins consciemment, comme une aliénation. En définitive, la majorité d’entre nous sont des putes qui s’ignorent. Et nous n’y pouvons rien : tout notre système sociétal est basé sur cette réalité. »
             
            OK, cela décoiffe un peu, mais sommes-nous très éloignés de la réalité vécue par nombre de nos compatriotes ?


          • L'enfoiré L’enfoiré 7 décembre 2009 14:20

            Fergus,

             Comme j’aime être décoiffé, je n’ai pas eu de mal à faire l’association.
             L’agent liant est le plaisir. (je n’ai pas dit l’argent) A toute chose. Absolument.
             La fameuse dopamine a encore beaucoup de chose à démontrer.
             (moi qui suis exempt de jogging et de vélo pour le moment, j’enrage....)

             Mon prochain article va reprendre l’affaire avec encore plus de recul.

            " En définitive, la majorité d’entre nous sont des putes qui s’ignorent. Et nous n’y pouvons rien : tout notre système sociétal est basé sur cette réalité. »

            J’adore cette réflexion.
            A+


          • Lorenzo extremeño 7 décembre 2009 15:50

            Merci l’enfoiré du distinguo !

            Je suis moi même dans la position d’être productif pour moi même,á mon rythme,
            ou de penser et rêver , á ma guise.
            Assurement je vis mieux sans me défoncer au boulot,pour gagner plus et dépenser plus,
            oui c’est de cette spirale infernale dont il faut sortir.

            Cordialement.


          • Alain-Goethe 7 décembre 2009 22:30

            Un chanteur français des années 70 , Henri TACHAN avait une chanson, dont le refrain était :

            On est tous des putes
            On est tous maqués
            et si tu veux pas être pute
            Tu seras saqué !

            C’est un type très lucide, avec des chansons contre la guerre etc. ;


          • Voris 7 décembre 2009 10:27

            Quand on travaille 18 heures par jour, il faut créer un emploi !


            • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:49

              Salut, Voris.

              Entièrement d’accord. Cela dit, les valeurs de notre république sont contradictoires à cet égard : la liberté voudrait que chacun puisse travailler autant qu’il le veut, et même jusqu’à l’épuisement s’il le souhaite. L’égalité et la fraternité devraient au contraire lui imposer de partager avec le demandeur d’emploi.


            • Armog 7 décembre 2009 12:05

              Certes. Malheureusement, il y a les charges et leurs lourdeurs peut empêcher toute embauche.


            • Fergus Fergus 7 décembre 2009 15:16

              Exact, Armog, cela contrbue en effet à limiter le partage du travail.
              Mais le principe est recevable, et une société plus solidaire devrait tendre vers ce partage. 


            • BA 7 décembre 2009 10:42

              Urgence de reconstruire la nation.

              Urgence de reconstruire un Etat très fort et très centralisé pour sauver ce qui peut encore l’être.

              Urgence de reconstruire un Etat qui intervient dans l’économie et qui nationalise tout ce qui doit être nationalisé.

              Exemple : renforcer les retraites par répartition. Ne pas basculer dans le système suicidaire des fonds de pension.

              Lundi 7 décembre 2009 :

              Les systèmes de retraite n’avaient pas besoin de cela : devant déjà faire face au vieillissement de la population, ils ont été mis à mal par la crise. « Aucun pays, aucun régime de retraite n’est à l’abri »,a prévenu Martine Durand, de la direction des affaires sociales de l’OCDE, lors d’un colloque du Conseil d’orientation des retraites (COR), jeudi dernier. L’effondrement de la Bourse en 2008 a eu de fortes répercussions dans les pays où prédominent les régimes de retraite par capitalisation.« Les fonds de pension ont vu la valeur de leurs investissements baisser de 23 % en 2008, soit de quelque 5.400 milliards de dollars », estime l’OCDE.

              Ce sont les pays anglo-saxons - où les actions constituaient la majorité des actifs détenus par les fonds avant la crise - qui ont été les plus touchés. Avec en tête l’Irlande, l’Australie et les Etats-Unis.

              Si la rente des personnes déjà retraitées est souvent garantie, la chute des marchés a mis en péril les économies des futurs pensionnés. « Aux Etats-Unis, près de 45 % des 55-65 ans détenaient plus de 70 % de leurs actifs dans le cadre de régimes de retraite privés sous forme d’actions », souligne l’OCDE. Et ces derniers n’ont guère le temps d’attendre que la Bourse se redresse pour reconstituer leur épargne…

              En France, « le système par répartition protège les retraités face à la crise et les mécanismes d’acquisition des droits retraite ne sont pas affectés », fait valoir Dominique Libault, directeur de la Sécurité sociale.

              http://www.lesechos.fr/info/france/020254046705-la-crise-met-a-mal-tous-les-regimes-de-retraite.htm

              Le graphique associé à cet article montre l’effondrement des fonds de pension en 2008.

              Voici le rendement réel des fonds de pension en 2008 :
              - Mexique : baisse de - 5,2 %.
              - Allemagne : - 8,5 %.
              - Espagne : - 11 %.
              - Suède : - 16,9 %.
              - Pays-Bas : - 16,9 %.
              - Royaume-Uni : - 17,4 %.
              - Pologne : - 17,7 %.
              - Japon : - 20,1 %.
              - Etats-Unis : - 26,2 %.
              - Irlande : - 37,5 %.

              http://www.lesechos.fr/pop.htm?/medias/2009/1207//020255552948_web.jpg

              En clair : les retraités irlandais, étatsuniens, japonais, etc. avaient des retraites par capitalisation ; ils sont aujourd’hui ruinés ; ils sont aujourd’hui obligés de continuer à travailler bien après 70 ans.

              Conclusion : fonds de pension, piège à cons.


              • Fergus Fergus 7 décembre 2009 10:53

                Bonjour, BA.

                Un grand merci pour ces précisions et pour ces liens qui montrent la relation entre travail et retraite et le « piège à cons » (j’approuve le terme) dans lequel cherchent encore à nous entraîner les prtisans de l’économie libérale à l’anglo-saxonne.


              • Jacky Jacky 7 décembre 2009 17:30

                Un peu comme la retraite par répartition française :
                1960 : 35 % de rendement.
                63-90 : 16% de rendement.
                1990 +  : 7 % de rendement.
                Aujourd’hui : 1.2 % de rendement.


              • foufouille foufouille 7 décembre 2009 10:54

                certains ayant 8 boulot .........
                meme a mi temps 32h/jour


                • Fergus Fergus 7 décembre 2009 11:06

                  Salut, Foufouille.

                  Le pire est constitué par ces professionnels qui émargent à de nombreux Conseils d’administration ou Comités Théodule où leur utilité, grassement rémunérée, se résume à quelques heures de présence par ci, par là.


                • foufouille foufouille 7 décembre 2009 11:15

                  en fait une aprem par mois peut etre paye 1500€


                • Trashon Trashon 7 décembre 2009 11:12

                  En général, les types qui « triment » 18 h par jour ont une autre conception du travail que les ouvriers :

                  Les 4 heures hebdomadaires aux restaurant gastronomique sont du temps de travail.
                  Les 3 heures de transports par jour au volant de la grosse berline payé par l’entreprise pour se rendre dans le luxueux pavillons de très grande banlieue sont aussi considérés comme du temps de travail.
                  Les deux heures chaque matin à lire la majorité des titres de la presse, hé bien du boulot aussi.

                  Déjà , sans compter le temps passé à trousser la secrétaire, le temps nécessaire aux frais de représentation (coiffeur, tailleur, etc), la pause digestive, et autre joyeuseté, ils ne turbinent pas plus de 9 heures par jour.......


                  • Fergus Fergus 7 décembre 2009 11:14

                    Bonjour, Trashon.

                    Je ne vous le fais pas dire...


                  • appoline appoline 7 décembre 2009 18:11

                    @ Trashon ;

                    En principe ceux qui grattent réellement 18 heures par jour ne font pas de vieux os car rares sont les êtres humains qui sont génétiquement nés pour encaisser une telle dose de travail.

                    Enfin, dommage pour madame, c’est le moment ou jamais de prendre un amant car 6 heures par jour pour faire tout le reste, ça doit juste être un peu bâclé. Et puis, entre nous, il faut vraiment être con pour se déglinguer la santé, tout cela naturellement pour payer le train de vie de notre nain.


                  • Fergus Fergus 7 décembre 2009 20:09

                    Tout à fait d’accord, Appolline.


                  • Georges Yang 7 décembre 2009 11:16

                    Salut Fergus
                    J’aime cet humour decalle > Cela dit, sans atteindre les 18 heures, un type qui possede un bar, un resto ou une petite entrprise et qui habite a deux heures de bagnole, a du mal pour trouver le temps des galippettes, sauf s’il les inclut dans le temps de travail en flute ancilliaire et levrettes sous le comptoir


                    • Fergus Fergus 7 décembre 2009 11:26

                      Salut, Georges.

                      Eh oui, nécessité fait loi. C’est pourquoi on absout bien volontiers ces forçats du boulot. D’autant plus que le vit, cest la vie !


                    • caramico 7 décembre 2009 11:19

                      Quelques exemples :

                      Mon médecin, qui commence ses journées à 8 où 9 heures est souvent encore à son cabinet vers 11 heures ou minuit le soir.
                      Je lui souhaite de gagner beaucoup d’argent si telle est sa motivation.

                      J’étais jeune, saisonnier dans la restauration et travaillait sans discontinuer de 9 heures du matin à minuit, mais en contrepartie, je ramenais trois où quatre fois le SMIG.
                      J’avais laissé un boulot de fonctionnaire où je m’ennuyais à mourir.

                      Tout ça pour dire que chacun choisit le type de travail qui correspond le mieux à son caractère, et que ça ne sert à rien de critiquer où d’envier les autres.
                      A un de mes clients qui avait fait une remarque dépréciative de mon travail, en sortant l’argument massue « trop payé à rien foutre », je lui avait rétorqué que pour cet emploi, on prenait le premier c.. venu, la preuve, j’avais été embauché, et que donc il avait toutes ses chances.


                      • Fergus Fergus 7 décembre 2009 11:57

                        Eh oui, Caramico, la vérité des uns n’est pas celle des autres. Et chaque travailleur doit être respecté dans ses choix... s’ils n’entravent pas la liberté de travail des autres. Un exemple : le type qui multiplie les heures sup’ non payées dans sa boîte pour se faire mousser, au détriment d’une possible embauche.

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