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Jeunesse et entrepreneuriat, vers une amélioration du système de financement

Résumé

La présente étude porte sur le financement des initiatives entrepreneuriales des jeunes au Bénin. A travers cette étude, l’auteur a mis en relief dans la commune de Lokossa, chef lieu du département Mono-Couffo, la situation de financement des jeunes pour déboucher sur les problèmes qui se posent réellement au système. Une enquête de terrain auprès des différents acteurs a permis de répertorier les conditions à remplir pour bénéficier d’un crédit. Ces conditions comportent des disparités que l’étude a mises en exergue. Par ailleurs, le financement des jeunes rencontre des problèmes liés à l’absence d’originalité et de diversification des idées d’entreprise. Cette situation s’accompagne d’autres dispositions mises en place par les institutions de microfinance qui rendent difficile l’accès au financement. Au-delà de toutes ces formalités, les promoteurs qui parviennent à obtenir un financement sont confrontés à des problèmes de gestion : lorsque les crédits ne sont pas détournés de leur objet par la faute d’une mauvaise gestion ou d’un mauvais suivi, ce sont les promoteurs qui se compromettent avec des crédits multiples et concomitants. Du reste, nombreux sont les promoteurs qui refusent de s’imposer une culture de solvabilité. Tous ces problèmes ont des impacts sur les institutions de microfinance et affectent leurs performances.

Mots clés : Initiatives entrepreneuriales, jeunesse, financement.

Introduction

Au Bénin, les exigences du marché de l’emploi sont de moins en moins propices au salariat et les jeunes comprennent progressivement la nécessité de se tourner vers l’entrepreneuriat. Mais les mécanismes de financement qui existent ne sont pas toujours favorables aux initiatives privées. En effet, la plupart des institutions refusent de prendre le risque de financer les jeunes issus de milieux pauvres et les primo-entrepreneurs. Par ailleurs, certaines d’entre elles appliquent des taux d’intérêt qui ne sont pas de nature à favoriser l’épanouissement de l’entrepreneuriat. Pour pallier ces difficultés, le gouvernement « a décidé de créer un Fonds National pour l’Emploi avec un premier financement de cinq milliards de francs CFA » (Adissoda, 2007, p.1).

Malgré ces initiatives, le constat est que les jeunes ne se montrent pas convaincus de leur choix professionnel. Certains utilisent ces opportunités entrepreneuriales comme des pis-aller en s’autoproclamant entrepreneurs. Lorsqu’un avis de recrutement pour un emploi salarié est lancé, ils s’y ruent pour tenter leur chance afin de faire valoriser leurs compétences (ANPE-Bénin, 2008). Cette attitude, pour le moins contradictoire, laisse douter de l’engagement et la conviction. Ainsi, la volonté de l’état d’inciter les jeunes à l’entrepreneuriat entraîne certains dysfonctionnements sur le terrain. En effet, pour accroître et faciliter l’accès au crédit, certaines structures ont été créées avec des mesures d’accompagnement. Mais elles ne travaillent pas toujours en synergie avec les institutions de financement qui existent. Mieux, elles n’arrivent pas à couvrir une partie substantielle des besoins réels du terrain.

Cet état des choses nous amène à rechercher les déterminants qui influencent le financement des initiatives entrepreneuriales des jeunes au Bénin à travers les cinq axes d’analyse et de réflexion que sont :

  • Clarification conceptuelle
  • Cadre de financement des jeunes
  • Conditions de financement des jeunes
  • Problèmes relatifs au financement des jeunes
  • Contributions à l’amélioration du système de financement des jeunes

1- Clarification conceptuelle

1-1- Concept de jeune

Le problème du chômage et du sous-emploi concerne au premier chef les jeunes. Or, lorsqu’on parle de jeunesse, le champ est polysémique. Le Dictionnaire numérique Le Littré 1.0 définit le jeune comme quelqu’un « qui n’est guère avancé en âge ». Cette définition pose le problème de circoncision du champ de validité de la jeunesse. Quand dire que quelqu’un n’est pas avancé en âge ? Les indicateurs qui délimitent la jeunesse ne sont souvent pas clairs. C’est pour cette raison qu’on peut être jeune de 7 à 77 ans ; la jeunesse étant pour nombre de personnes, un état d’esprit avant que d’être un état physique et physiologique. Dans le cadre de la présente étude, l’expression "jeunesse" fait référence à toute personne ayant entre 18 et 40 ans.

1-2- Concept d’initiatives entrepreneuriales

Entreprendre, c’est « se mettre à faire quelque chose » (Ray-Debove & Rey, 1993, p.702). L’entreprenariat, c’est le fait d’entreprendre une activité. C’est donc l’ensemble des opérations qui consistent à créer une unité de production de biens et/ou services dans le but d’en tirer des profits. Ainsi, les initiatives entrepreneuriales sont les projets de création de micro-entreprises dans les domaines de production (agriculture, élevage), de transformation (agroalimentaire, agro-industrie), de prestation de service (maintenance, restauration, entretien…)

1-3- Concept de financement

L’encyclopédie numérique Microsoft Encarta 2008 définit le financement comme étant la « mise à disposition des capitaux nécessaires à un achat ou une entreprise ». Cependant, il existe plusieurs formes de mises à disposition de capitaux : les dons, les subventions, les crédits… Si les deux premières formes n’ont pas besoin d’être remboursées, les mises à disposition de fonds sous forme de crédits ne respectent pas les mêmes principes. Elles nécessitent un remboursement suivant des conditions préalablement établies. Ainsi, le financement dont il est question dans notre sujet doit être compris comme le fait de mettre des capitaux à la disposition d’un jeune entrepreneur pendant une période déterminée, de lui permettre d’en jouir pour des activités génératrices de bénéfices et de les rétrocéder suivant une échéance déterminée avec un intérêt substantiel.

2- Cadre de financement des jeunes

Dans la Commune de Lokossa, les institutions de financement qui opèrent sont de deux catégories. La première et la plus importante concerne les institutions du secteur privé. Il s’agit de deux (02) banques :

  • Ecobank
  • Financial Bank

et sept (07) institutions de microfinance

  • Caisse Locale de Crédit Agricole Mutuel (CLCAM)
  • Association pour la Promotion et l’Appui au Développement des Micro-Entreprises (PADME)
  • Association pour la Promotion et l’Appui aux Petites et Moyennes Entreprises (PAPME)
  • Financial Development (Finadev SA)
  • Réseau National des Caisses Villageoises d’Epargne et de Crédits Autogérés du Bénin (RENACA/BENIN)
  • Centre pour la Formation et l’Appui au Développement à la base (CFAD)
  • Associations de Services Financiers (ASF)

Celles qui sont dans le secteur public sont minoritaires et leurs activités couvrent une frange réduite de la population. Elles sont deux (02) et exercent sous la tutelle de divers ministères. Il s’agit de :

  • Direction de l’Entrepreneuriat et de l’Insertion Professionnelle des Jeunes (DEIPJ)

3- Conditions de financement des jeunes

Dans les institutions, le financement des initiatives des jeunes se fait selon des règles qui sont propres à chaque structure, ce qui crée, par ricochet, un ensemble de disparités.

3-1- Disparités liées aux frais d’étude de dossiers

La plupart des institutions de financement exigent aux clients de payer des frais d’étude de dossier dont les montants varient souvent en fonction du crédit à prendre. Dans certaines institutions, il existe des frais d’ouverture de dossier qui représentent un forfait alors que d’autres exigent directement un pourcentage du crédit (généralement entre 0,5 et 1%) qui connaît un plafond non variable au-delà d’un certain montant (25 000 FCFA par exemple). Très peu d’institutions se soustraient à cette exigence. Il s’agit fondamentalement des institutions à caractère social comme le FNPEEJ et la DEIPJ.

 

3-2- Disparités relatives aux contreparties et aux garanties

Les institutions de financement astreignent leurs clients à des contreparties et garanties. Les contreparties sont des épargnes préalables que le promoteur doit constituer avant le déblocage du crédit. Elles peuvent aller jusqu’à 25% du montant auquel aspire le client et ne peuvent être entamées par ce dernier avant la fin du remboursement du crédit. Généralement, elles sont constituées à l’avance et par conséquent, ne peuvent être défalquées du crédit lors du déblocage.

Pour garantir le remboursement, les institutions de financement mettent en place une série de mesures. Certaines d’entre elles font directement prélever un fonds de garantie du crédit. Le montant de ce fonds varie d’une institution à une autre et représente la plupart du temps 10% du crédit à prendre. Si le fonds de garantie est obligatoire dans certaines structures, il n’est cependant pas suffisant comme garantie pour les institutions de financement. C’est pour cette raison que d’autres garanties matérielles (moto, meubles, voiture, parcelle, maison) sont exigées pour sécuriser le crédit mis en place.

D’autres dépenses interviennent lors de la mise en place des crédits. Il s’agit des frais d’assurance (assurance décès, assurance invalidité…). Ils sont également variables d’une institution à une autre.

3-3- Disparités liées aux délais d’étude de dossiers et de mise en place du crédit

Les institutions de financement estiment qu’elles traitent les demandes de financement dans un délai qui varie sérieusement. 

Si les institutions de financement pensent faire preuve de célérité dans le traitement des dossiers de demande de crédit, les clients ne sont pas toujours satisfaits de leurs prestations. Les disparités relatives aux délais d’étude de dossiers et de mise en place du crédit ont des répercussions importantes sur certains d’entre eux, en l’occurrence ceux qui ont des activités saisonnières. Parfois, les crédits leur sont mis en place à des moments inappropriés et puisque les opportunités sont rares, ces promoteurs n’osent pas refuser ces aubaines qui, en réalité, constituent pour eux des « cadeaux empoisonnés ». Cette situation donne lieu à des déconvenues qui les amènent à avoir des difficultés dans la gestion du crédit. Parfois ces déconvenues sont si importantes qu’elles altèrent la régularité du remboursement et induisent des impayés.

3-4- Formation des jeunes avant la mise en place du financement

La majorité des institutions de financement affirment former les promoteurs avant la mise en place des crédits. Mais en réalité, au lieu d’une formation en bonne et due forme, c’est une séance d’échange de quelques minutes qui leur est généralement offerte. Au cours de cette séance d’échange, le promoteur est briefé sur les informations concernant la structure et sur les meilleures conduites à tenir dans la gestion du crédit. Certaines institutions ne se donnent pas cette peine car elles sont sûres des stratégies de recouvrement qu’elles utilisent. Il s’agit fondamentalement des banques qui font des prélèvements à la source pour rentrer en possession de leur traite.

Cependant, les institutions à caractère social telles que le FNPEEJ et la DEIPJ mettent un accent particulier sur la préparation des promoteurs avant le financement à travers une formation de plusieurs jours à l’entrepreneuriat.

3-5- Exigence de plans d’affaire avant le financement

Compte tenu des groupes cibles avec lesquels elles traitent, les institutions de financement transigent facilement sur l’exigence de plans d’affaire avant la mise en place du financement. Celles qui le réclament, le font parfois en fonction du client et de son activité. Cela veut dire que l’exigence n’est pas systématique et ne s’étend pas à tous les clients. Or, si les plans d’affaire ne sont pas demandés, sur quelle base les structures mesurent-elles la rentabilité de l’activité à financer ? La question reste posée. Les institutions de financement expliquent tout simplement qu’à défaut de mieux, les visites de terrain leur permettent d’aller vérifier l’effectivité de l’activité menée par le promoteur avant la mise en place du crédit.

3-6- Les tranches d’âge concernées par le financement

Les institutions de financement accordent des crédits à des tranches d’âge variables. L’analyse des données montrent que les variations s’observent aussi bien au niveau des âges plancher que des âges plafond. En ce qui concerne les âges minimaux, ils oscillent entre 15 et 21 ans avec un pic à 18 ans. Cela signifie que la majorité des institutions de financement requièrent un âge minimum de 18 ans pour l’accord de leur crédit.

L’âge plancher de 15 ans a été observé particulièrement au niveau du FNPEEJ qui estime qu’à cet âge, un jeune peut déjà gérer un crédit. C’est une chance pour la jeunesse car aucune institution de financement n’accepte prendre le risque avec des jeunes de cette catégorie. Cela ne poserait aucun problème si le FNPEEJ n’avait pas comme principe de mettre sur pied des crédits dont le montant minimal ne peut être inférieur à 1 000 000 FCFA. Est-ce que tous les jeunes à 15 ans sont sensés avoir la faculté de gérer convenablement un crédit de ce montant ? Ce n’est pas un manque de confiance en la jeunesse qui suscite une telle interrogation, mais une objectivité qui tient compte de la réalité selon laquelle il est judicieux d’aller à l’école de l’expérience par une pratique graduelle.

En ce qui concerne les âges plafond, il existe également une variation en fonction des structures de financement. Ainsi, les âges plafond évoluent de 40 ans à 70 ans avec un pic à 65 ans.

 

Une seule institution financière a mis sa barre haute par rapport à sa limite supérieure. Il s’agit de la Financial Bank Bénin qui accepte mettre en place des crédits à des clients de 70 ans avec des conditionnalités de garantie. Cela préoccupe lorsqu’on considère l’espérance de vie qui, aujourd’hui au Bénin, est manifestement loin de ce seuil. 

4-1- Absence d’originalité des idées d’entreprise

A la lumière des déclarations des personnes ressources interrogées, nous avons constaté une similitude dans les idées d’entreprise, ce qui fait que les catégories socioprofessionnelles financées ne sont pas très diverses. Nous en avons répertorié neuf (09) à savoir : agriculteur, éleveur, pêcheur, commerçant, artisan, ouvrier, fonctionnaire, technicien, transformateur.

Toutes ces différentes catégories bénéficient de financement de la part des structures en place. Le constat est qu’il n’y a pas une grande diversification dans les idées entreprises par les promoteurs. Il n’y a surtout pas d’activités nouvelles. La plupart se sont contentés de reproduire ce que des parents, amis ou voisins à eux ont entrepris sans se donner la peine de faire, à défaut d’une étude de marché, un petit sondage d’opinion. Cela impose la question de savoir s’ils ont effectivement une vocation pour leur activité. La vocation ne peut résulter ni d’un suivisme béat ni d’un désir spontané. Faudrait-il aller chercher les causes intrinsèques de l’échec de certains entrepreneurs dans ces déterminants ?

En se livrant à ce jeu de reproduction des activités des autres, ces promoteurs ignorent que, ce faisant, ils mettent en difficulté ceux qu’ils viennent concurrencer et se mettent en difficulté eux-mêmes parce qu’ils réduisent la clientèle. Le marché n’étant pas grand, ils provoquent la mévente et la baisse des revenus sur toute la ligne.

Or, ce ne sont pas des besoins nouveaux qui sont inexistants. Il suffit d’être fin observateur pour remarquer que de nombreuses initiatives peuvent être entreprises. Il faut le courage de s’aventurer sur de nouvelles pistes. Les institutions de microfinance déplorent elles aussi ce défaut de diversification dans les activités pour lesquelles les promoteurs recherchent des financements. Elles restent sur leur faim quant à la diversification certes, mais elles ne sont apparemment pas prêtes à prendre le risque lorsqu’il s’agit d’un primo-entrepreneur avec une idée novatrice. Il y a cependant un bémol quand le promoteur a des références antérieures en matière de remboursement de crédits.

Un constat spécifique se fait au niveau des institutions de financement public et amène à penser que les jeunes veulent une chose et en même temps son contraire. En effet, la jeunesse considère que les conditions d’accès aux crédits ne sont pas faciles et accessibles à elle. Mais dans le même temps, certains jeunes ne se rendent pas crédibles vis-à-vis des institutions qui leur offrent des opportunités de financement. Cela jette des doutes sur les réelles motivations des promoteurs qui souscrivent aux financements de la DEIPJ et surtout du FNPEEJ. Et pour cause, des centaines de promoteurs qui sont en activité dans l’emploi salarié montent des plans d’affaire et les déposent pour financement tout simplement parce que les conditions de mise en place des crédits exonèrent de certaines contraintes comme la garantie, la caution financière, l’avaliseur. Parmi ces conditions, il existe des facilités comme des différés allant jusqu’à douze mois et des taux d’intérêt très bonifiés (5 à 6%). Cependant, la cible visée n’est en réalité pas les salariés. C’est plutôt les chercheurs d’emploi désireux de s’autonomiser par l’emploi indépendant. A partir de ce constat, on peut penser que les réelles motivations de certains promoteurs sont de nature opportunistes et frisent l’escroquerie.

L’analyse permet de déduire que 60,2% des promoteurs estiment qu’ils ont commencé sans bénéficier de crédit, tout simplement parce que les conditions d’accès sont difficiles ; 6,8% considèrent qu’il n’y a pas de structures de financement proches de leur localité et 33% affirment que c’est le désir personnel qui justifie leur position.

4-2-2- Délais de satisfaction du client relativement longs

Les délais de satisfaction du client relativement longs constituent aussi un autre frein à l’accès au financement des jeunes. Bien que les institutions estiment qu’elles traitent rapidement les dossiers, les clients ne semblent pas toujours ravis de la promptitude de la prestation. Ils estiment que parfois, le crédit n’arrive pas au moment opportun. Un autre grief que les promoteurs ont contre les structures est relatif à la réticence de ces dernières à les financer vers la fin du mois de décembre, à l’approche des fêtes. Le prétexte utilisé pour se soustraire est le risque pour les demandeurs d’utiliser le crédit à d’autres fins. Or, c’est souvent pour ces promoteurs, la période rêvée pour saisir de bonnes opportunités d’affaires.

4-2-3- Montants émiettés et/ou attribués par à-coups

Les comités de crédit des institutions ne valident pas systématiquement toutes les demandes de crédit. Ils étudient les dossiers et délibèrent sur la base d’un certain nombre d’observations. Ainsi, un promoteur, candidat au crédit, peut voir son dossier rejeté ou accepté. Lorsque le dossier est accepté, le comité de crédit peut décider, compte tenu de certaines remarques relatives à l’idée d’entreprise, de ne pas donner la totalité du montant demandé par le client.

Lorsque dans ces conditions, les montants demandés ne sont pas accordés intégralement, cela chamboule toutes les prévisions du promoteur et le met en mauvaise posture. L’institution qui estime porter des gants en agissant de cette sorte se retrouve être la source même des difficultés du promoteur. Et les causes sont nombreuses : impossibilité de concrétiser tous les aspects du projet, difficulté de réadapter le projet aux nouvelles conditions de financement, problèmes de gestion, problèmes de remboursement…

Cette situation est défavorable au promoteur qui semble n’avoir le choix qu’entre prendre ou laisser. Et puisque les opportunités de financement ne courent pas les rues, il préfère prendre le risque tout en pensant qu’il va s’adapter chemin faisant. Malheureusement, ce sont des situations qui n’évoluent pas toujours en sa faveur.

Dans certains cas, le financement est rendu disponible par à-coup. Cela est souvent fait en tranches, la deuxième étant rendue disponible après les justifications des dépenses de la première tranche. Egalement dans ce cas, des problèmes se posent aux promoteurs qui se voient bloqués dans la mise en œuvre de leur idée d’entreprise car, créer une unité entrepreneuriale, c’est réaliser plusieurs activités à la fois. Ce saucissonnement ne le permet pas souvent et des pans du projet sont carrément négligés. Cette synergie d’ensemble, lorsqu’elle vient à manquer, ne fait pas décoller réellement le projet, même après la mise en place de la première partie du financement. Cette expérience est réalisée surtout par les institutions de financement à caractère social qui ne sont pas forcément préoccupées par le lucre, mais qui sont soucieuses de la bonne gestion des ressources qu’elles mettent en place. Dans nombre des cas, ces dispositions sécuritaires normales constituent en elles-mêmes des freins à la floraison des activités des promoteurs.

4-2-4- Périodes de remboursement relativement courtes

Les idées d’entreprise les plus ambitieuses ne peuvent pas être financées et remboursées dans un intervalle de douze mois. Or, la plupart des institutions de financement, pour sécuriser leur prêt, préfèrent réduire les temps de remboursement à un maximum de douze mois. Or, les initiatives pérennes d’entreprise ont besoin de temps pour décoller. Cette opportunité d’accès au financement avec possibilité de rembourser sur plusieurs années est hautement amenuisée au niveau des institutions de financement. Cela sclérose sérieusement les initiatives des promoteurs et les contraint à ne pas pouvoir diversifier leurs idées. Ils ne peuvent, par exemple, pas faire financer des projets d’équipement qui demandent des années de mise en œuvre avant de finir le remboursement.

Remise officielle des conclusions du Forum National sur l’emploi des jeunes au Bénin : les nouveaux engagements du Chef de l’Etat,

http://www.bj.undp.org/docs/lesflashs/flashs2007/Remise_officielle.pdf

  • Adonon-Chabi, M.V., (2007). Le micro crédit est-il un instrument de développement ? Institut Universitaire du Bénin. Cotonou. Mémoire de DESS.
  • Agence Nationale Pour l’Emploi, Antenne Régionale Sud Ouest (2008). Rapport annuel d’activités. Lokossa. Inédit.
  • Fayolle, A. & Filion, L. J. (2006). Devenir entrepreneur. Des enjeux et des outils. Zug. Pearson Education Schweiz AG.
  • Grandval, S. & Soparnot, R. (Coordonné par), (2006). Développer l’entreprise. La théorie des ressources et des compétences en perspectives. Paris. Vuibert.
  • Honlonkou, A. N., Acclassato, D. H. & Quenum, C. V. C. (2005). Déterminants de la performance de remboursement dans les Institutions de microfinance au Bénin, In Annals of Public and Cooperative Economics (2005). Oxford. CIRIEC, pp. 53-81.
  • Janssen, F. (Sous la direction de) (2009). Entreprendre. Une introduction à l’entrepreneuriat. Bruxelles. De Boeck Université.
  • Ray-Debove, J. & Rey, A. (1993). Le Nouveau Petit Robert. Paris. Dictionnaires le Robert.

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