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Jeux pornographiques sur le net, attention danger !

La question du rapport hommes femmes se pose de plus en plus de nos jours. En France, les violences envers les femmes ont augmenté et on dénombre de plus en plus d’agression et d’actes d’incivilité –insultes, harcèlement sexuel dans la rue, au travail voire à l’école pour les plus jeunes-. Le sexisme prend des formes de plus en plus insidieuses, notamment à travers une forme de tolérance mal placée à l’égard de certaines cultures. On remarque aussi des comportements inquiétants chez des enfants de plus en plus jeunes.

On peut se demander ce qui provoque la violence des rapports filles-garçons dès l’âge du collège. On a beaucoup pointé du doigt ces derniers temps l’influence de la pornographie et des schémas pré établis qu’elle inculquait aux jeunes garçons et jeunes filles. Dans des familles où les choses de l’amour ne font pas partie des discussions parent enfant, ceux-ci sont souvent tentés d’aller chercher des réponses ne serait-ce qu’anatomiques dans des films, des vidéos, des images. Quand j’étais au collège à la fin des années 90, les garçons de ma classe s’échangeaient les films érotiques du dimanche soir qu’ils avaient enregistré en cachette et de temps en temps un playboy piqué au père ou au grand frère. Aujourd’hui à l’heure d’internet, les contenus pornographiques sont accessibles et multiples, de l’érotique au BDSM, avec comme barrière un simple message se prétendant de dissuasion à l’égard des mineurs. Ainsi, un enfant qui cherche à savoir comme on fait les bébés peut facilement, si aucun logiciel de contrôle parental n’a été installé, se retrouver devant un gang bang.

Un adulte normalement constitué est capable de faire la différence entre la pornographie et la réalité. Il sait que les rapports montré entre hommes et femmes dans les films ne sont pas réels, que c’est un jeu de rôle réalisé par des acteurs, selon un scénario qui répond à des fantasmes. Mais est-ce qu’un ado ou un pré ado en est capable ? Ne va-t-il pas penser que la vie des adultes correspond à ce qu’il voit à l’écran ?

Mais au-delà des films et vidéos présentes sur internet existe des contenus beaucoup plus troublants : les jeux. On peut trouver des centaines de jeux « pour adultes » sur le web, certains en 3D et certains avec des graphismes de dessin animé, voire mettant en scène des personnages de dessin animés pour enfants ! Ces jeux sont accessibles même parfois depuis des sites de jeux à destination des enfants, c’est d’ailleurs comme ça que je les ai découverts par hasard, en cherchant des jeux de cuisine, dans une colonne publicitaire. Ces jeux sous forme de dessins animés entretiennent une confusion très malsaine entre l’univers enfantin et l’univers de la pornographie. La majorité sont inspiré des manga dits « hentai » des manga pour adultes, d’autres sont appelés « cartoons », d’autre encore reprennent des personnages d’animés célèbres (les simpsons, kim possible, les teen titans, pokemon) mis en scène ayant des rapports sexuels parfois très violents : scènes de viols, de violence, de tournante, avec pour point commun qu’à chaque fois la victime finit par consentir voire par apprécier son agression. Qu’enseignent donc ces jeux à leurs joueurs potentiels ?



  • Non veut dire Oui
Le point commun de ces jeux même dans leur aspect les plus étranges -un courant du hentai met en scène des femmes ayant des rapports avec des animaux tentaculaires[i]- est que la femme même lorsqu’elle dit « non », pleure et se débat, n’en pense pas un mot. Elle a peur du supposé plaisir qui l’attend et donc il est évident que toutes ses résistances vont d’effondrer au bout d’un moment et qu’elle remerciera son violeur. On perçoit même dans certains jeux, que le refus de la femme est considéré comme une politesse qui sauvegarde sa réputation, mais que ce n’est qu’une formalité, en réalité, elle veut que l’homme lui fasse faire des choses extrêmes si possible. Mais il existe aussi de "vraies" scènes de viol : certains jeux proposent même de changer l’expression faciale du personnage féminin, en le faisant pleurer par exemple.Ainsi pratiquement aucun jeu ne montre de femme complètement consentante à part à de rares exceptions ; mais dans ce cas particulier, celle-ci est présentée comme une perverse : surmaquillée, vulgaire, d’ailleurs, les femmes dans ces jeux ne sont décrites que dans des termes extrêmement insultants : « salope », « cochonne », « pute ».
  • Les femmes sont vénales et sensibles à la flatterie
Dans certains jeux, le joueur doit choisir entre plusieurs phrases à dire à la fille qu’il convoite pour arriver à la mettre dans son lit. Celles-ci s’échelonnent entre « ton père est un voleur » et des sollicitations très claires. Evidemment, la femme est sensible aux petites phrases perçues comme romantiques, et aux compliments. Ainsi on montre aux joueurs de façon crue que pour séduire une femme il faut lui mentir. Elle ne s’en rendra pas compte ! Dans d’autres jeux appelés « sim date », des simulateurs de rendez-vous en français, pour arriver à avoir la fille, le joueur doit lui offrir des cadeaux très chers, en allant parfois jusqu’à travailler pour des criminels pour se faire plus d’argent, ce type de travail lui rajoutant des points de « charme » !
Cela fait comprendre plusieurs choses : pourquoi certains jeunes d’à peine 17 ans vous lancent à la volée des « mademoiselle t’es charmante » pensant que nous allons fondre dans la seconde, et cette image de la femme avide qui perdure, véhiculée entre autre par la culture hip-hop.
  • Le plaisir est automatique
Beaucoup de jeux fonctionnent sur le principe de diriger à l’aide de sa souris un acte sexuel entre plusieurs personnages. Le but est de remplir des jauges qui montrent la satisfaction des personnages, des femmes en particulier. Particulièrement répétitifs, ils laissent penser qu’en appuyant sur un bouton la femme est à vous. Ces jeux montrent des femmes à la merci des hommes, complètement dépassées par le plaisir qu’ils leur donnent (je vois déjà les lectrices sourire).
  • La femme est masochiste
Un des aspects dangereux de ces jeux, d’autant plus quand il met en scène des personnages de dessins animés existants. Tous les jeux montrent presque sans exception des femmes dégradées. Dans les jeux hentai s’expriment des fantasmes liés à la culture japonaise, repris pour des occidentaux : sexe avec des créatures de type poulpe, avec des animaux, SM, bukkake[ii] , relations multi partenaires, viols…Et à chaque fois la femme fini par apprécier, voire par réclamer d’être dégradée de cette façon !
 
  • Pédophilie, inceste
Pour finir, le dernier aspect et le plus choquant et dangereux de mon point de vue : beaucoup de jeux mettent en scène des personnages qui semblent très jeunes. Le Japon a une attitude pas très claire vis-à-vis de la pédophilie d’après ce que mes recherches on pu m’apprendre. Jusqu’à très récemment, la pédophilie n’était pas pénalisée, et dans certaines villes la majorité sexuelle est encore fixée à 13 ans ! Ainsi, nombreux sont les jeux qui montrent de très jeunes filles dans des relations avec des hommes plus âgés : professeurs de collège par exemple. Evidemment le jeu propose d’incarner l’homme. D’autres jeux montrent des scènes d’inceste : frères et sœurs, parents et enfants ( !!). Je n’ai pas poussé les investigations plus loin, mais on peut se demander l’effet que de tels contenus peuvent provoquer chez des adolescents !
 
 Ainsi, pour conclure, on peut considérer que ces jeux gratuits, accessibles parfois au sein de sites de jeux classiques, dans des interfaces colorées et attrayantes, sont extrêmement dangereux. Ils montrent déjà une image totalement dévoyée des femmes et des rapports amoureux. D’ailleurs, je ne sais pourquoi j’emploie ce mot car il n’y est jamais question d’amour, juste de consommation des corps pour son plaisir propre. Ces jeux légitiment l’utilisation de la violence, de la contrainte, nient complètement le droit au consentement des femmes et des jeunes filles. Comment alors s’étonner qu’encore récemment, des jeunes garçons déclarent avoir voulu d’amuser alors qu’ils ont agressé gravement une jeune fille ?
Les adultes font certes ce qu’ils souhaitent, un individu adulte peut bien avoir les fantasme qu’il veut même les plus sordides, ce n’est vraiment pas mon problème. En revanche, je pense que ces jeux sont un vrai danger, d’autant plus que je ne pense pas que beaucoup de gens soupçonnent leur existence. Les parents sont depuis quelques années sensibilisés aux dangers des films et vidéos pornographiques, mais qui sait que son enfant peut tomber un jour sur son héros de dessin animé préféré en train de subir une double pénétration ?
 
Il serait temps de prendre ce problème au sérieux. L’influence de ces contenus sur des esprits adolescents est une violence et a certainement des conséquences insoupçonnées. J’ai fait cette enquête à la suite d’un malheureux hasard, parce que j’ai été très choquée par ce que j’ai vu, mais j’ai décidé d’y plonger pour informer tous les parents qui liront cet article : faites attention à vos enfants, préservez leur innocence, et enseignez leur l’amour et le respect. Soyez vigilants, car l’internet recèle le meilleur comme l’horrible.

[i] Cf l’estampe d’Hokusai « Le rêve de la Femme du Pécheur »
[ii] Le bukkake était autrefois un châtiment japonais envers les femmes adultères, des hommes se réunissaient, jusqu’à une douzaine, et éjaculaient sur le visage et la poitrine de la coupable. Ce qui était une humiliation est devenu une pratique et un fantasme.

NB : il est évident que je ne donnerai aucune référence concernant ces jeux. En revanche je vous invite à aller sur ce site : www.actioninnocence.org/


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Les réactions les plus appréciées

  • Par Ronfladonf (---.---.---.227) 5 mars 2009 13:08
    Ronfladonf

    La première question qui me vient est "Pourquoi les choses de l’amour ne font pas partie des discussions en famille ?"

    Pourquoi un tel tabou ?
    C’est peut-être là que réside le problème : si on ne donne pas les moyens aux plus jeunes d’appréhender ce genre de contenu, ils braveront les interdits et trouveront toujours un moyen de les consulter. Si on ne leur explique pas, ils prendront ce qu’ils verront alors pour argent comptant !

    Ce que je constate autour de moi c’est que quand des parents qui expliquent ce genre de choses aux enfants quand ils sont en âge de comprendre (le déclic c’est quand ils demandent "Papa comment on fait les bébés), en général les enfants respectent beaucoup plus l’autre sexe alors que pour des familles "prudes" et pleine de tabous, le sexisme est très présent (dans les 2 sens)

    Encore une fois je pense qu’un enfant qui est demandeur d’une information (Comment on fait les bébés, comment fait le père noel pour vister toutes les maisons en une nuit, etc...) a acquis la logique et la laturité d’esprit pour comprendre les choses du monde et la réalité.

    En général ce sont les tabous et les "mensonges" (contes de fées plus ou moins présentés comme la réalité : père noël, cigogne, choux et roses, etc...) qui provoquent désillusions, frustration et plus tard défiance envers les parents et l’autorité en général (puisqu’on ne peut pas avoir confiance dans ce qui nous a donné la vie, on se monte des mécanismes de défense, quitte à user de la violence pour çà...)

    Ceci est mon avis basé sur ce que j’observe autour de moi, ce n’est pas forcément une généralité !

  • Par Antoine Diederick (---.---.---.49) 5 mars 2009 12:55

    bonjour , intéressant...

    En classe moyenne supérieure dans une école belge bien catho de chez catho, notre prof de bio, biologiste assistant universitaire a illustré son cours d’un film sur l’accouchement dont le naturel a , à jamais , refroidi nos grivoiseries estudiantines. Le réalisme et le ce moment si particulier nous a fait prendre conscience, mes camarades et moi-même, du sérieux de la vie sinon de la saine vitalité de la sexualité....

    Je ne sais pas si aujourd’hui cette audace didactique serait possible dans les collèges, écoles et lycées. Ce que je perçois en revanche, c’est l’immaturité élevée au rang de vertu ....

  • Par HELIOS (---.---.---.25) 5 mars 2009 14:51
    HELIOS

    Bonjouir ThatJazz...
    Interressant votre article, il faut impérativement en parler. Je tiens a le préciser, car ce que je vais vous dire ci-dessous n’est pas vraiment un compliment, il porte seulement sur la forme.

    Vous voyez, nous sommes en periode de reflexion et même nos allons bientôt voter une loi terrible sur internet.
    Mon analyse se divise en 2 parties... soit vous n’etes pas pour une censure d’internet, soit vous y etes favorables.

    Dans le premier cas, vous ne voulez pas de censure, mais votre article vient apporter de l’eau au moulin de ceux qui pronent la fin de la liberté... un peu comme Françoise de Pannafieu qui se moque du desir de liberté.... (on attend d’ailleurs qu’elle s’explique et qu’elle s’excuse). vous incitez donc les autorités à valider et même a amplifier les filtrages qui vont etre instaurés si la loi passe. L’appui que vous leur donnez, et je ne parle pas de duplicité, car tout est possible, je ne vous connais pas, pourrait par exemple faire basculer l’idée d’une liste noire, où se trouve des sites déconseillés, qui deviendrait tres rapidement ingérable vu sa taille et une liste blanche, beaucoup plus facile car elle n’autorise que ce qu’on vous laisse voir... et facile à gerer bien sur son actualisation n’etant pas si importante que ça, apres tout !

    Dans le second cas, vous etes pour la censure, et votre message qui est tres clair sur le fond est d’une hypocrisie indeniable. Vous savez que remuer ce genre de vase alors que les projets gouvernementaux sont pendants, c’est evidement influencer le resultat. vous avancez masquée "Je n’ai à aucun moment parlé d’interdiction, je ne sais pas où est-ce que vous êtes allé chercher ça" vous dites... bien oui, c’est bien là une tres mauvaise façon de montrer sa sincérite.

    En resumé, le : parlez, parlez, il en restera toujours quelque chose, est une demarche bien pratique pour celui (ou celle) qui se cache. Je suis père, grand père, et comme beaucoup de français de ma génération, j’ai informé mes 4 enfants qui n’ont pas eu de problèmes, sont allés dans des ecoles et des piscines mixtes (ce qui en fait plus pour l’egalité des sexes que toutes les lois) et sont bien dans leurs basquets.
    Mes petits enfants profitent de la télé, des ordinateurs sans problème. Nous avons tous l’oeil sur ce qu’ils font et nous les sensibilisons sur ce qu’ils peuvent rencontrer sur le net. Nos phantasmes d’adultes ne doivent pas interferer et c’est une simple question de responsabilité... parents c’est une responsabilité envers les enfants et c’est egalement enseigner le respects entre les sexes.

    J’ai helas peur que les mots "responsabilité" et "respect " soient déjà en desuetude.

    Ne m’en veuillez pas de cette attaque, je vopus repete nous ne nous connaissons pas. La construction intellectuelle que je vous presente est purement motivée par une demarche de prudence, de discretion face a un systeme en train de devenir dictatorial. C’est toujours par de bonnes intentions que commencent les pires dictatures. Soyons donc discrets.

  • Par Ronfladonf (---.---.---.57) 5 mars 2009 17:05
    Ronfladonf

    Je vais être provoc : un enfant ca va jusqu’à quel âge ?


    A partir de quel âge un enfant peut être consentant ou non sans contrainte ni violence ni surprise ni influence ?

    Je le dis bien c’est juste pour provoquer une réaction qui fait réfléchir... pas pour faire adopter la pédophilie ...

    C’est surtout par rapport à cet américain (brillant par ailleurs) de 19 ans condamné à 10 ans de prison parce qu’à l’age de 17 ans il s’est fait faire une fellation par une jeune fille de 15 ans...
    De plus il y a marque sur son casier "Criminel sexuel" et "Pédophile" (les deux pires crimes imaginables aux US


    C’est bien la culture judeo-chrétienne avec ses tabous et ses interdits mais il serait peut etre bon de revoir certaines choses quand même

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