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Accueil du site > Actualités > Société > Kerviel sera-t-il mort un 4 juillet ?

Kerviel sera-t-il mort un 4 juillet ?

Nous avons toutes et tous éprouvé une foule de sentiments lors de la révélation du « l’affaire Kerviel », en 2008. Un homme, seul, absolument seul dit-on partout, a fait disparaître 4 milliards et 900 millions d’Euros. Son métier, jongler avec l’argent, des tonnes d’argent. Ses outils de travail, une simple souris d’ordinateur et un écran. Jérôme Kerviel, apprend-on alors, a, sans morale aucune, joué et perdu. Tout seul, il a engagé chaque jour des dizaines, des centaines de millions. Tout seul, il a généré un abîme de déficit. Et comme tout le monde, absolument tout le monde, nous n’y avons jamais cru à cette théorie du trader agissant seul, sans supervision, sans ordres, même tacites. Tout comme nous éprouvions dans le même temps, dans le même instant, un dégoût sans pareil pour cet homme qui a décidé de gagner sa vie en épousant un monde, celui de la banque que nous savions être l’un des rouages mortels d’une finance meurtrière. Une vraie réaction bipolaire donc. Un jour nous le regardions avec la sympathie que l’on accorde volontiers au bouc émissaire qui porte seul la faute collective d’une foule entière. Le lendemain il devenait ce bankster commettant ses forfaits au bénéfice de caïds invisibles. Autant le dire tout net. Nous ne sommes pas en capacité d’inculper ou de disculper cet homme. Personne ne l’est en réalité. Car aucun audit, aucune expertise sérieuse et indépendante n’a jamais été faite sur la perte comptable de la société générale, ni aucun audit, aucune expertise de ses procédures internes. Il serait temps, il serait urgent que ces expertises indépendantes soient enfin entreprises. Car pour l’instant nous devons croire l’employeur de Jérôme Kerviel aussi bien sur la faute qu’il aurait commise que sur l’éthique sans faille des process du front ou du back office de la Société Générale. En revanche, nous voulons discuter ce sentiment d’ambivalence qu’induit chez nous tous cette incroyable histoire Kierviel.

Jusqu’en 2008, Jérôme Kerviel fait du fric, gagne du fric et dépense, probablement sans compter, du fric. Il est ce que le système veut que l’on soit, un consommateur addict, ardent travailleur, au top de la performance, pour gagner ce fric, essence d’une consommation qui absorbe une offre opulente, une offre attirante. Il est donc dans le système, parfaitement à sa place, persuadé d’être légitime et donc parfaitement intégré. Jamais le système ne le débarquera. Jamais le système ne le reniera doit-il penser. Il est si important pour le système. Pour gagner son propre fric, il lui fait gagner tellement d’argent. Un salarié sans faille qui mérite son salaire et ses primes. En juste retour de ses effort il obtient le sésame que l’on convoite tous : le pouvoir d’être un agent économique intégré, un consommateur modèle. Il est, pour cette première période de sa vie d’actif, ce que l’on nous pousse à être : d’excellents travailleurs, dans l’espoir hypothétique de toucher un bon salaire dans le but d’abondamment dépenser. Et cela nous fait honte, nous culpabilise en réalité. Nous ne supportons pas être, à ce point, réduits à nos pulsions consommatrices, assujettis aux désirs d’un ça qui en veut toujours plus et bien plus encore. Tout comme nous ne supportons pas obéir, à ce point, aux injonctions d’un capitalisme qui nous transforme en simple agent économique. L’homo Sapiens Sapiens Kerviel nous montre à tous comment nous ne sommes plus que des homo économicus ! Il nous révèle combien nous souhaitons vivre la vie qu’il se construisait et combien nous sommes, dans le même temps, dégoutés d’être ainsi déshumanisé et déculturé. Un conflit interne se met automatiquement en branle au plus profond de notre psyché à la simple évocation du nom de Kerviel. Un conflit qui oppose ce ça consommateur jamais satisfait et un surmoi coupable de ne pas réussir à étouffer ces compulsions vulgaires, exubérantes et destructrices.

Jérôme Kerviel nous révèle une autre face du système, une autre face de notre aliénation. La pire face probablement. Celle qui peut faire de vous un moins que rien, un déchet rejeté par le système qui vous a pourtant fabriqué et tellement promis. De trader exemplaire à qui on fixe des objectifs intenables que Kerviel tiendra, il devient voleur, fraudeur, fauteur. Le système peut le virer, le jeter comme on jette un kleenex tellement usé que la morve en coule et vous salit les doigts. socgeneraleEt il est hors de question que la Société Générale se salisse, alors elle jette et elle détruit. De travailleur exemplaire hyper débordé et consommateur agrée par le système global, Jérôme Kerviel devient un chômeur surendetté à hauteur de 4,9 milliards. Son destin nous éclate en pleine face. Même un gars comme lui peut, du jour au lendemain, être viré pour faute donc sans indemnité, passant du statut d’homo économicus à celui d’homo « surendettus ». Et cette bascule beaucoup la vive, plus encore craignent de la subir. Jérôme Kerviel est ce reflet de nous même que nous ne voulons surtout pas voir, un reflet qui révèle à quel point nous ne sommes rien, absolument rien pour le système. Nous accédons brutalement à une compréhension froide mais bien réelle de notre monde, du déroulé possible de nos vies. L’image est forte, insoutenable en réalité. Tellement insoutenable qu’il devient urgent de décharger l’angoisse de chacun comme de tous, générées par cette incroyable histoire, sur un homme seul, le seul jérôme Kerviel. Il faut qu’il prenne toute la charge. Celle de son employeur, celle de la justice, celle d’un état impuissant face à la crise économique systémique qui bat son plein en cette année 2008. Enfin celle des médias qui, d’une certaine manière, nous donnent à lire le récit, à voir le spectacle, à écouter la fable qui nous rassurent. Cette fable selon laquelle seul un homme paiera, pas plus qu’un seul, promis ! Pourtant, chaque jour des femmes et des hommes sont licenciés, jetés. Chaque jour des femmes, des hommes se retrouvent à la porte du surendettement ne sachant plus comment payer les traites de l’appart, de la voiture, du crédit à la consommation pour payer les lunettes du petit.

En 2008, Kerviel accède, malgré lui, à sa nouvelle identité sociale. Il devient ce travailleur déchu, dont plus personne ne veut. Usé, fini, perdu pour le monde du travail, pour le monde social. Sa nouvelle identité doit se construire autour d’un moi qui sait à présent sa faiblesse, sa vulnérabilité. Comme ces millions qui n’osent pas franchir la porte de leur agence pôle emploi et encore moins celle d’un employeur potentiel tellement ils n’ont plus la confiance inébranlable de l’homo économicus. A ce stade, certains se tuent. Et ce n’est pas un hasard si le choix du lieu de leur mort se porte sur l’entrée d’une agence pôle emploi. Tout comme ce n’est pas un hasard que le feu soit l’outil de la mort qu’il se donne. Partir en fumée pour de vrai puisque le système a fini par consumer toute leur vie. D’autres décident de ne pas mourir. Ils se battent, contestent leur licenciement abusif, déposent des plaintes, saisissent les Prud’Hommes. prudhommesNon seulement pour retrouver les droits qu’on leur a volé. Mais surtout pour réarmer leur moi, cette conscience de soi même, si altérée par la maltraitance dont on a été la victime idéale. Permettre à ce moi de ne pas se laisser envahir par une culpabilité démesurée. Permettre à ce moi de ne pas se laisser abuser par un surmoi qui vous siffle à l’oreille que, peut-être, vous méritez votre sort, vous méritez votre licenciement. Permettre à ce moi de tenir à une juste distance ces désirs qui vous poussent à avoir envie de tout, y compris l’inaccessible. Permettre à ce moi de se préserver des compulsions qui vous poussent à la frustration. Finalement permettre à ce moi de faire le deuil de votre ancienne condition de classe, afin de vous maintenir en vie, simplement en vie. En saisissant les Prud’Hommes, Jérôme Kerviel a donc fait le choix du réarmement de son moi, du réarmement de sa nouvelle conscience de classe. Le 4 juillet prochain se tiendra le premier jour d’audience de conciliation devant les Prud’Hommes. Jérôme Kerviel en sortira-t-il vivant ?

Ou bien Kerviel sera-t-il mort un 4 juillet ?

Sydne93


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21 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 21 juin 2013 09:24

    Jerôme Kerviel est un fusible , il paie pour sa hiérachie comme Garetta dans l’affaire du sang contaminé


    • Yohan Yohan 21 juin 2013 10:00

      Je comprends mal la position de Méchenchon. Kerviel n’est pas un perdreau de l’année et sa conscience ne lui a pas dicté la prudence. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait par appât du gain, le jackpot immoral des traders. Et même si ses patrons sont pires que lui, je pense tout de même qu’il faudrait renvoyer les deux dos à dos plutôt que de d’instrumentaliser Kerviel en victime. Il n’a certes pas à payer le prix fort pour le système mis en place par sa hiérarchie mais allez expliquer aux petites gens qui vont en prison pour moins que ça. Vous faites le procès permanent de la finance et on voudrait faire passer Kerviel pour un pauvre mec manipulé par sa hiérarchie.


      • ZenZoe ZenZoe 21 juin 2013 13:57

        Yohan et Foufouille
        Personne je crois ne conteste que Kerviel ait fauté, personne ne conteste que, même s’il est un fusible, il a eu les yeux plus gros que le ventre et mérite une sanction.
        Ce que la plupart des gens sensés contestent, c’est la peine infligée. 5 milliards pour un seul homme, mais vous vous rendez compte ??? A côté, les 400 millions de Tapie c’est du pipi de chat. Kerviel est écrasé comme un cafard pour le restant de ses jours, c’est ça qui est inacceptable. Perpète pour un délit, ça n’existe même pas dans le droit français.

        Pour comparaison, Nick Leeson, seul responsable de la faillite de la Barings Bank en 1995, institution centenaire, après avoir purgé une peine de 4 ans et demi et dirigé un club de foot en Irlande, vient d’être à 46 ans recruté par un organisme financier néerlandais et bonne chance à lui.

        La seconde chance, ça existe aussi et ça ne rime à rien de vouloir la peau de quelqu’un qui n’a tué personne.


      • ZenZoe ZenZoe 21 juin 2013 13:59

        ... qui n’a tué personne et même pas une banque !


      • foufouille foufouille 21 juin 2013 20:42

        vrai que la dette est ridicule


      • 1984 21 juin 2013 21:39

        Les ordures du types Kerviel tuent tous les jours bien au chauds dans leur bureau et ne seraient pas responsables parce qu’ils ont un patron ???????????

        Kerviel est COUPABLE  ! COUPABLE, tout autant que ses patrons (dont-il rêvait de faire partie) d’une lâcheté sans nom !


      • foufouille foufouille 21 juin 2013 10:00

        c’est un trader, il savait très bien ce qu’il faisait
        un collabo du fric des banksters


          • pens4sy pensesy 21 juin 2013 11:44

            Rendre Kerviel seul responsable de la perte de 4.9 milliards est bien une magouille du système .
            Mélenchon a raison de défendre cet homme, qui était seul contre tous et qui peu a peu fait entendre sa version des faits, reconnaissant ses erreurs et refusant de porter celles des autres et notamment de la SG.
            Il est passé de Golden Boy à paria en un tour de main, les pouvoirs médiatique, policier, judiciaire et politique se confortant pour lui faire porter un chapeau plus grand qu’un sombrero.


              • Deneb Deneb 21 juin 2013 18:27

                Il doit être un compagnon maçon, Kerviel, pour que Mélenchon le défende avec une telle verve.


              • non666 non666 21 juin 2013 15:57

                Kerviel est exhibé devant les caméra pou cacher la totalité des pertes de la SG dans les subprimes, les fonds madoff, les emprunts grecs, italiens et chypriotes et le jeu de la roulette boursière avec effret levier x1000...

                Sarkozy a creer le « grand emprunt » pour redresser LES banques ruinés, pas la seule SG.

                En effet 200 milliards par un emprunteur AAA c’est 12 fois cette fois en droit de depense supplementaire pour rembourser les banksters.

                Visiter les sites de la comptabilité IAS et les sites sur les règles « prudentielles » imposées par le groupe de Bale et vous comprendrez toute la mecanique.

                2 ans avant l’affaire Kerviel, la CGT distribuait sur le parvis des tour SG de la defense un trac ou il etait expliqué que 13 salariés etaient plus payé que Bouton, le PDG : tous des traders et uniquement au prorata de leurs gains....

                Il y a bel et bien un systeme au courant des transactions de chacun sinon , comment paient ils les primes des gagnants ?

                Kerviel va toucher le pactole car sinon les autres traders pourraient se couvrir en respectant desormais toutes les règles « prudentielle » et s’interdire les effet leviers qui rapportent tant aux banques. il sera interessant, en fonction du resultat de voir quel media relaie l’information et quelles sont les conclusions tirés par les journalistes sensés suivre le dossier.


                • 1984 21 juin 2013 21:33

                  La société générale n’est qu’un des nombreux égrégores des milliards de sales petits lâches comme Kerviel !
                  Quelle est la différence entre Kerviel et les dirigeants de la SG ?

                  Aucunes !

                  Allez moinssez les lâches !


                  • Zobi Zobi 21 juin 2013 23:06

                    Kerviel : un rouage du système financier, un fusible, rien de plus.
                    Il y a déjà eu une affaire en 2010 à Wall street avec un autre trader français :
                    http://www.leparisien.fr/economie/un-trader-francais-au-coeur-d-un-scandale-a-wall-street-17-04-2010-889443.php

                    C’est la méthode.


                    • bernard29 bernard29 22 juin 2013 00:14

                      j’ai vite lu votre article mais il me semble bien.

                      Mais, Que Mélenchon dise que Kerviel est innocent, c’est une provocation inutile, et ça ne lui rend pas service, puisque ses propres excès délirants montre bien qu’il voulait profiter lui même en engraissant ses patrons et ce système pourri qui le nourrissait. ce serait même stupide puisque ça voudrait dire qu’il est un inconscient complet ( ce que les dirigeants e la Société Générale veulent)

                      Que l’employeur (la Société Générale) soit responsable de ses salariés, ce devrait être la règle !! Que la Société Générale et en particulier le service gérant les traders, soit dirigée par des rapaces, c’est quasi une certitude. C’est Bouton qui devrait faire de la prison et rembourser la société Générale au lieu d’être remercié par une « retraite chapeau ». Qu’un ministre, en plus, ait participé au renflouement de cette banque est d’une indécence inqualifiable, et hautement condamnable. ( 1,7 milliard il paraît). A ce sujet une commission d’enquête devrait être convoquée.

                      et que donc le jugement contre Kerviel est totalement indigne, inéquitable et non fondé. La plainte de la SG contre son trader aurait du être rejetée. Et oui il faut une révision de ce procès. J’espère qu’il gagnera aux prud’hommes. Pour lui bien sûr mais aussi parce que ça relancerait l’affaire.


                      • Mugiwara 22 juin 2013 20:44

                        par la loi Massoud : 

                        les opposants tels que Assange, Bradley Manning, xiaobao ou encore Snowden doivent pouvoir vivre dans d’autres pays jugés neutres afin qu’ils vivent une autre vie, plus proche de leurs aspirations. les prisons sont interdites pour tous ceux qui contredisent les pouvoirs en place. l’exil est la seule possible, tout chef d’Etat procédant à des meurtres politique est passible de meurtres. 

                        par la loi contre la bêtise : 
                        vous n’avez que 20 ans pour faire baisser le nombre de missiles à 300 et pour ceux qui voudront en acquérir, une certaine forme de répression est autorisée.
                        passé ce délai, vous serez considérés comme des criminels à éliminer de toutes les manières possibles. 
                        les guerres nucléaires n’apportent plus de victoire. encore maintenant, les essais nucléaires jusqu’à maintenant ont une incidence qui touche même ceux qui en ont été les détonateurs... 
                        pourquoi faire une religion s’il n’y a plus d’humains ??? 


                        • Mugiwara 22 juin 2013 20:55

                          pas d’exil dans un pays très ouvert d’esprit, comme dans quelques pays d’Europe et d’ailleurs. 


                          passés les 20 ans, une autre salve sera lancée... 

                        • Mugiwara 22 juin 2013 21:02

                          liu xiabo, enfin j’ai bien écrit... et d’autres dissidents bien sur ... la dissidence est autorisée. 

                          de plus, je déclare à partir d’aujourd’hui dans l’anonymat, pour rendre hommage aux anonymous, que la république numérique mondiale est proclamée et un dirigeant ce monde très mouvant sera le garant de cette république, j’hésite entre quelques dictateurs ou anciens présidents, histoire de les bouger un peu ... type Bush par exemple ... ou un autre, ce serait très rigolo que ce soit confié à la charge d’un conservateur, (qu’il fasse quelque chose qu’il réprouve, c’est une bonne idée)... 
                          cette république numérique n’a point besoin d’hypocrites qui nous gouvernent depuis la nuit des temps... 

                        • Mugiwara 4 juillet 2013 00:35

                          on sous estime l’affaire snowden, je ne crois pas que ce soit assez intelligent de plancher sur l’accord de libre échange. 


                          il va sans dire que le procès Snowden est devenue une affaire mondiale. puisque ça concerne tous les pays.

                          Snowden n’a peut être pas trahi son pays puisqu’il a voulu au contraire sauver son pays. bon après, je ne connais pas tous les tenants et aboutissants. 


                          pour le reste, il a agi ainsi en étant conscient des conséquences et a du se dire qu’il était prêt à les assumer. 

                          on dirait un genre d’affaire dreyfus...

                          il ne faut donc pas qu’un éventuel accord, s’il y a accord, du libre échange entre l’ue et les usa passe aux oubliettes à cause de cette affaire. 

                          il faut donc reporter les discussions du libre échange ue/usa à plus tard, de préférence bien après donc un éventuel procès.

                          en tout cas, poutine a bien mené la danse sur cette affaire, il marque des points, et obama aussi en faisant preuve d’autorité. 

                        • soi même 23 juin 2013 14:20

                          Faut il pleurer le soldat Kerviel ? et bien noncar il n’avait pas eu son mon attacher à cette affaire, ce brave Monsieur à l’heure qu’il est aurait contitunuer son travail de sape de l’économie réel.
                           Mélanchon en le soutenant en réalité soit qu’il est parfaitement en contradiction avec ses divers points de vues, soit involontairement il dévoile sa véritable imposture politique à vous de vous en faire une idée ?

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