Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > L’accompagnement scolaire : plus qu’une aide aux (...)

L’accompagnement scolaire : plus qu’une aide aux devoirs

Mis en place dans plusieurs villes de l’hexagone, l’accompagnement scolaire prend de l’importance et s’avère être une alternative fiable pour les jeunes des quartiers populaires. Le système est encadré, sur le plan national, par l’A.F.E.V (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville). L’objet est clair, le groupement propose des projets d’accompagnement individualisé qui s’adresse à des enfants et des jeunes en difficulté scolaire ou sociale. En insistant sur la mobilisation de plusieurs milliers d’étudiants bénévoles, dans des quartiers populaires, l’association permet à ces derniers d’apporter leur aide, durant l’année scolaire, aux jeunes en question. A travers le vécu d’une association basée en Bretagne, nous allons tenter de décrypter les objectifs recherchés par cet accompagnement.

 L’initiative méritait d’être soulignée. En effet depuis plusieurs années, l’association P.E.V (Pupilles Étudiant pour la Ville), intervenant dans le Morbihan, promeut l’accompagnement éducatif auprès des étudiants, sous forme de volontariat et en partenariat avec les enseignants. A travers le dispositif « un bon coup de pouce », l’association intervient à Lorient et à Vannes. Le principe est simple et défini sur le blog de l’association : « Un étudiant va voir un enfant une fois par semaine et l’accompagne tout le long de l’année scolaire ». Cette action est réalisée en partenariat avec les enseignants. Les enfants encadrés, quant à eux, vont de la classe primaire jusqu’à la 4ème.
 
Une volonté d’autonomiser l’enfant accompagné
 
A l’Université de Bretagne Sud, à Vannes, on attache beaucoup d’importance à cet accompagnement. Ainsi, Marie-Anne, une des responsables de l’association basée à Vannes, témoigne : « Toutes les universités ne valorisent pas cela dans le cursus, comme il est fait à Vannes, c’est même rare ». Clin d’oeil aux Universités qui seraient bien inspirées de prendre exemple sur ces modèles, qui incitent les étudiants à participer au projet associatif et qui, conséquemment, favorisent l’implication des étudiants bénévoles dans des actions de solidarité.

Le processus de participation est lui très simple et ouvert à tous les étudiants. En début d’année, les responsables se rendent devant les étudiants et leur développent le projet. Certains étudiants séduits par l’ébauche, dès le début de l’année, viennent rapidement s’inscrire. D’autres privilégient la réflexion et décide d’attendre le second semestre pour se lancer dans l’aventure.

Avant une quelconque rencontre avec l’adolescent à accompagner, l’étudiant prend connaissance, par l’intermédiaire des différentes personnes en charge de l’association, de sa mission. En effet, dans le cadre de cet accompagnement, il est demandé à l’étudiant non seulement de suivre l’enfant durant son année scolaire, mais aussi de rédiger un bilan de son accompagnement à la fin de celui-ci et de bâtir un projet avec l’adolescent. Ce compte-rendu est donc à rendre à la fin de l’année scolaire et fait l’objet d’une note. Après ces précisions, l’étudiant fait connaissance avec l’enfant et sa famille. Est alors signée une charte visant à garantir la bonne conduite de l’opération. A la suite de ces démarches, l’accompagnement peut commencer, à raison d’une fois par semaine. Il est alors demandé à l’étudiant d’accompagner le jeune, tant sur le plan scolaire qu’extra-scolaire.

En effet, il s’agit là du point capital de l’accompagnement, la mission de l’accompagnateur n’est pas essentiellement scolaire. Ainsi, le cadre extra-scolaire peut être utilisé pour amener l’enfant à prendre du recul vis-à-vis de ses difficultés scolaires et ainsi lui faire découvrir ou redécouvrir ce qui se passe en dehors de l’école. L’étudiant, véritable référent pour l’enfant, à la possibilité d’organiser des sorties pour l’enfant, s’il le juge utile. Tout comme l’enfant à la possibilité de proposer ce type d’initiative. Par ces actions, on cherche à démontrer que l’épanouissement scolaire passe, le plus souvent, par un épanouissement social dû à des activités réalisées en dehors du cadre éducatif. De plus, les activités extra-scolaires sont mises à l’honneur puisqu’il est demandé à l’étudiant, de bâtir un projet avec l’enfant. Ce projet est bâti dans le but d’avoir un « fil rouge » entre l’accompagnateur et l’enfant et par conséquent de souder la relation.

Mais, cette action solidaire reste avant tout de l’accompagnement. L’accompagnement qui se définit, littéralement, comme « une présence physique et psychologique dans le bon déroulement d’une phase d’adaptation », doit faire comprendre à l’étudiant l’importance d’autonomiser l’enfant dans son travail. Conséquemment, l’étudiant ne doit pas oublier qu’il laissera les clefs à son départ. Dès lors, l’enfant repartira, ou pas, avec un nouvel accompagnateur. Dans ces hypothèses, l’accompagnateur se doit d’avoir inculquer un maximum d’autonomie à l’élève qu’il accompagne. L’aide scolaire est conséquemment mis, elle aussi, en avant. Le suivi scolaire de l’adolescent encadré est continu et cela se concrétise, notamment, durant la rencontre avec l’un des professeurs.

« Pour moi l’accompagnement ? D’abord une façon de me rendre utile »

Cette action citoyenne menée de concert par les étudiants, les psychologues et les bénévoles dans leur ensemble constitue une chance pour les étudiants comme pour les jeunes de quartier. Pour ces derniers, l’aide qu’apporte l’accompagnement n’est pas négligeable. Quant aux étudiants, leurs motivations sont, elles, plus hétéroclites. Pour Jénilée Mb, étudiante à la faculté de Vannes, « l ’accompagnement scolaire c’était d’abord une façon de me rendre utile. Même s’il y a aussi une note au bout ». De plus, l’accompagnatrice affirme avoir « toujours aidé des jeunes qui étaient motivés même s’ils ne faisaient pas forcément leur devoirs, mais motivé quand je venais pour travailler », soulignant du même coup le contraste et l’apprentissage réalisé durant l’accompagnement : « J’ai découvert cette année que la motivation du jeune n’est pas toujours là, cela apprend la patience et à s’adapter aux situations ». Cet apprentissage pourra également constituer, pour certains, une révélation quant à un futur travail dans les milieux associatifs. Ces objectifs professionnels peuvent cependant être déterminés avant l’accompagnement, comme l’explique Marie-Anne : « Certains souhaitent travailler plus tard dans le social ou l’éducation, cette action va permettre de confirmer leurs projets professionnels, leurs compétences, et leurs motivations dans ce domaine. Et puis cela donne une expérience enrichissante, complétée par des formations ». 

Dès lors, au-delà d’une simple aide aux devoirs, l’accompagnement scolaire permet véritablement d’accompagner l’enfant dans son année, tout en ayant dans l’idée de réaliser des activités extra-scolaires et de bâtir un projet cohérent. De surcroît, l’ initiative des étudiants bénévoles contribue à réduire les multiples fractures, sociales comme civiques, qui sont le propre de notre société et dont plusieurs quartiers sont l’incarnation.


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 avril 2009 15:03

    L’aide aux leçons devrait précéder l’aide aux devoirs. À défaut, il y a le risque d’accentuer encore la dégradation de la qualité de l’enseignement qui de plus en plus est constitué de recettes à destination de futurs exécutants et dépourvu d’explications seules capables de développer l’intelligence.


    • plancherDesVaches 24 avril 2009 15:39

      « développer l’intelligence »...
      Vous confondez, comme à peu prés tout le monde, savoir et intelligence. Veuillez ne pas essayer de comprendre ma réflexion, cela vous ferait trop d’effort.


    • ouallonsnous 26 avril 2009 20:04

      Tout à fait juste Courouve, je pratique le soutien scolaire auprés d’éléves du secondaire depuis deux ans et suis parfois obligé de de refaire le cours sur lequel porte les exercices afin que l’éléve puisse les faire avec profits.

      Il s’agit bien d’aide ou d’explications des leçons qui n’ont pas été comprises, compréhension qui est nécessaire pour que l’éléve stimule son intelligence en faisant ses exercices de maniére autonome, c’est à dire utilise son savoir !


    • plancherDesVaches 24 avril 2009 15:43

      Il peut parraître inquiétant, quelque part, qu’un besoin de volontariat puisse naître face à des gosses qui ne font plus rien à l’école.
      Ou sont-ce les parents qui pourraient en être responsables... ???
      On a les gosses qu’on mérite, me direz-vous.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Nicolas Dubois


Voir ses articles







Palmarès