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Accueil du site > Actualités > Société > L’affaire Finkielkraut : les limites d’une censure

L’affaire Finkielkraut : les limites d’une censure

À voir les très nombreux commentaires, toujours tranchés et passionnés, qu’elle a suscités, il nous faut revenir sur l’affaire Finkielkraut, comme notre ex-nouveau philosophe la définit lui-même. Elle vient d’avoir son prolongement (hélas) naturel par une pétition de quelques censeurs en mal de notoriété demandant son éviction de France Culture. On espérait un peu mieux des « personnalités » pétitionnaires comme Didier Eribon, Mgr Gaillot ou Emmanuel Pierrat.

Par ailleurs, Alain Finkielkraut devait participer à un colloque sur la laïcité à Lyon. Devant la levée des protestations, il a été contraint d’y renoncer. Il a eu tort, rejoignant en cela ses contestataires pour qui la liberté d’expression consiste à faire taire ceux qui ne pensent pas comme eux.

Car notre moraliste ne se répand pas qu’en propos ségrégationnistes. Ce qu’il dit de la Shoah, du culte de la victime, cette nouvelle pythie des temps modernes, ou de l’égalitarisme, méritent notre attention. Se contenter de jeter l’anathème sur sa personne, au lieu de discuter ses idées, relève de la lâcheté, au sens où Sartre l’entendait.

Nous aurions tort de minimiser ses paroles. Leur retentissement et l’adhésion qu’elles rencontrent dans une partie de l’opinion publique imposent de s’y arrêter, et de se demander comment et pourquoi nous sommes arrivés à de telles outrances.

Il fut un temps où l’enquête précédait les discours de ceux faisant profession de penser. Je me souviens d’un Michel Foucault militant au sein du groupe d’informations sur les prisons, confrontant ce qu’il observait et entendait avec ses recherches historiques pour, ensuite, nous donner à lire Surveiller et punir. C’est en partant de faits constatés, de réflexions longuement mûries et discutées, que l’interrogation philosophique acquiert sa pertinence.

Or, à part le périmètre de son pavillon de la banlieue sud de Paris, ignorée des émeutes, Alain Finkielkraut ne s’est nullement coltiné au tangible des cités. Il ne s’est jamais rendu sur le terrain, n’a aucunement cherché à dialoguer avec ces jeunes qu’il cantonne dans un « pogrome antirépublicain » et dont il fustige le vocabulaire, qualifié de sabir, mot dont il ne peut en ignorer le double sens : langue française mêlée d’arabe, de berbère, d’italien qui était pratiquée en Afrique du Nord au temps de la colonisation, mais aussi charabia.

Ce qu’il a vu et lu dans les médias a nourri ses vaticinations. Il n’a pas cherché à les confronter à la réalité, car elles correspondaient parfaitement aux affres de son propre questionnement et à celui de son temps : « Je l’ai dit, mais tout le monde le pense. »

Son appétence pour la chose médiatique a fait le reste. « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend » nous avait appris Lacan. Mais Finkielkraut n’est pas de cette école, ni de celle des sciences sociales, et encore moins de la sociologie.

Un destin singulier

Emmanuel Levinas avait donné du judaïsme cette belle définition : « Le destin singulier qui, par-delà les malheurs d’un peuple, enseigne l’incompatibilité foncière du spirituel et de l’idyllique ». Elle semble être le prisme par lequel Alain Finkielkraut entrevoit le monde et le conduit à une radicalité peu propice aux affaires humaines.

Malheureusement le vulgum pecus, dont l’auteur de La défaite de la pensée ne fait manifestement pas partie, a reçu ses jugements comme parole d’Évangile, avec d’autant plus d’empressement qu’une béance était à combler dans la vacuité intellectuelle caractérisant ce début de siècle.

Il est assez piquant de constater que ce sont des hommes de l’ombre, les renseignements généraux, qui ont fait jaillir la lumière. Le caractère ethnico-religieux des émeutes, la main des islamistes et des caïds, relèvent du fantasme. C’était la condition sociale d’exclusion de ces populations qui était à l’origine des violences.

Il n’est pas sûr que nous soyons aptes à l’entendre. Ce qu’énonce Alain Finkielkraut est la réaction contre une société dont les mutations nous échappent et que, de ce simple fait, nous ne saurions admettre. Aussi, l’histoire nous enseigne-t-elle ces retours vers des valeurs d’un ancien temps que nous figeons dans le présent, convoquant le passé, revisité à l’aune de nos peurs, afin de nous prémunir d’un futur inconnu à nos songes.

Finkielkraut ne fait que cristalliser, et verbaliser, notre hantise d’un monde en mouvement abandonnant nos traditions judéo-chrétiennes, pour embrasser une problématique multiculturelle que nous refusons de percevoir. Il ne peut, de ce fait, que recevoir une très large adhésion.

En situation dans son époque

Mais ne recommençons pas la même erreur qu’avec Jean-Marie Le Pen. Pendant des années, nous avons stigmatisé son discours et nié sa parole, y compris au sein des instances parlementaires. En 2002, ils nous ont explosé en pleine figure ; aujourd’hui, ses convictions reviennent par la grande porte et servent de référence à une droite qui se veut républicaine, au point que nous peinons à entrevoir une différence entre les diatribes du leader de l’extrême-droite et les propos du ministre de l’Intérieur.

Censurer Alain Finkielkraut n’est pas la solution. Demander la suppression de son émission « Répliques  » est une parfaite balourdise, dont on aurait pu croire épargnés les thuriféraires de la liberté de penser. Ce qu’il faut, c’est débattre publiquement et contradictoirement avec lui, confronter ses imprécations, argumenter ensemble, et non se réfugier, chacun, dans l’unilatéralité d’un discours.

« L’écrivain est en situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. » Ce qu’écrivit Sartre dans le premier numéro des Temps modernes reste aujourd’hui d’une cruelle actualité. Aussi, notre journaliste philosophe ne peut-il, non plus, se soustraire à la polémique, se retrancher derrière un lynchage dont il serait l’objet, ou jeter, à son tour, l’opprobre sur les journalistes qui ont recueilli son témoignage, comme il l’a fait dans son émission hebdomadaire du 4 décembre sur Radio J.

À défaut de se parler, les propos des uns et des autres, y compris les siens, tomberont dans la glossolalie qu’il dénonçait, avec un certain bien-fondé.

Donner du sens au monde qui nous entoure, afin de retrouver le « vouloir vivre ensemble » cher à Hannah Arendt et à Alain Finkielkraut, tel est le destin d’un intellectuel, auquel il ne saurait se dérober, au prix d’une confrontation avec l’Autre.

Photos : Motrach - Ben Tableau : La morte di Socrate (G. Diotti)


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28 réactions à cet article    


  • Emile Red (---.---.86.253) 12 décembre 2005 11:44

    Ok avec votre analyse, seulement quelques points à éclaircir sont nécessaires.

    Qu’est ce qui différencie un « penseur » d’un pilier de bar ?

    Un pilier de bar a-t-il micro ou colonne ouverts ?

    Qui détermine le penseur ?

    Est ce de bon gout que de se ranger au côté du penseur ou du censeur ?

    La censure est-elle un acteur de la vérité ?

    La parole est-elle plus véridique parceque censurée ?

    Y a-t-il des penseurs et des « penseurs » ?

    La philosophie est-elle un domaine réservée ?... A qui ?

    Y a-t-il des « panseurs » pour les « penseurs », pour les « saigneurs » ?

    Peut-on tout dire et n’importe quoi ?

    Peut-on dire n’importe quoi sur tout ?

    Est-il important de dire n’importe quoi ?


    • (---.---.85.194) 12 décembre 2005 12:11

      Arrêtez de penser de repenser, on va trepasser.

      Des millions de gens ont faim et froid en France ceci est scandaleux pour un pays dit civilisé !

      Assez de pensées ( de discours ??),

      des actes !!!


    • (---.---.180.185) 12 décembre 2005 18:16

      Cher Monsieur,

      continuer à affubler Jacques Gaillot de ce titre de « Monseigneur » dont il a pourtant été déchu, n’est-ce pas de la basse flatterie très, très peu satrienne ?

      Bien à vous


      • Y. AZI (---.---.167.130) 13 décembre 2005 10:04

        A. F. n’est pas du tout raciste. Il sait très bien que ces émeutes ont pour origine l’exclusion sociale. Au delà de ces traits élémentaires qu’il partage avec ses détracteurs, il s’autorise à observer et analyser la réalité de plus près qu’eux, n’en déplaise aux déclarations politiquement correctes des R.G. Il suffit d’ailleurs de regarder quelques reportages, pour voir qu’il y a évidemment un repli ethnique chez ces émeutiers. Qu’il y a évidemment une haine de la France. Qu’il y a évidemment une coupable compréhension de cette violence, chez ceux-là même qui préconisent depuis des lustres un rabaissement permanent des normes de l’éducation. Défaut d’éducation et d’enseignement qui ont ont contribué à les exclure !! Comment ne pas être, comme A.F., indigné ? C’est précisément A.F. qui dit le plus justement comment tendre la main à ces exclus. Sans aller toujours plus loin dans une compassion criminogène. En refusant justement leur repli et en revenant aux exigences que la société doit avoir vis a vis de tous ses membres. Exigences qui sont le pendant des droits. Exigences plus oubliées en France qu’ailleurs, ce qui explique pourquoi l’explosion se produit surtout en France. Voilà le débat auquel la bien pensance veut absolument échapper. A cette fin, les illusions doivent se perpétuer, par delà les faits ; que l’islamisme conquiert les zones de non droit, qu’il est déjà une bannière, même pour ceux qui n’y sont pas encore gagnés. Les émeutiers voulaient venger un peu de fumée sur une mosquée, criaient « c’est Jérusalem », etc... Et vou prétendez que c’est A.F. qui s’économise la confrontation aux réalités ?!?


        • Sylvain Reboul (---.---.188.27) 13 décembre 2005 11:10

          Le prétendu racisme originaire des jeunes désoeuvrés et délaissés des guettos ne pourrait être, si elle était avérée, qu’une riposte, en effet maladroite, irrationnelle et catastrophique, à la situation qui leur est faite et qui ne leur accorde de droits qu’autant qu’ils sont exclus de la possibilité de les faire valoir concrètement, à l’école et au travail ; exclusion dont nous savons scientifiquement qu’elle est bien réeelle. Cette contradiction entre droit formels et droits (capabilité, A.Sen) réels est seule originaire, car elle est suffisante pour nourrir la haine amoureuse vis-à-vis d’une société qui les discrimine sans le dire ou en prétendant le contraire.

          La revendication de l’islam identitaire, très peu présente dans ces évênements pour tous ceux, sociologues, journalistes ou RG pour une fois unanimes qui ont enquêté sur le terrain, n’est rien d’autre qu’une des figures (négatives) de cette tentative désespérée de sortir de la dévalorisation ou négativité dont ils se sentent victimes.

          Dans ces conditions, dénoncer unilatéralement et fantasmatiquement, comme le fait A.F, le caractère racial ou ethnique de ces émeutes (en forme de défit flamboyant et ludique) c’est inverser la relation de conditionnement et de pouvoir dominant/dominé au profit d’une vision purement répressive de la remise en ordre qui évite de poser la question des conditions socio-économiques du désordre et qui, bien plus, la révoque avec un mépris digne de l’insulte aristocratique ; cela même Monsieur Sarkosy le sait qui ne manque pas d’assortir ses propos, au sens propre incendiaires, de la promesse vague et dont l’expression est contestable de discrimination positive.

          Le rôle d’un philosophe est de dépassionner la réflexion pour aller au delà des apparences afin de mieux agir (agir d’une manière plus mesurée et plus convenable pour pacifier la situation), non d’attiser les ressentiments passsionnels aveuglants. La position extrémiste d’A.F est aux antipodes d’une attitude philosophique réfléchie et responsable.


        • Emile Red (---.---.206.89) 13 décembre 2005 10:48

          « n’en déplaise aux déclarations politiquement correctes des R.G. »

          On croit réver.

          Une question : est ce que les émeutes ce dimanche à Rennes étaient ethniques, ethnographiques, politiquement correctes ?

          Pour confirmer les enlisements dramatiques du dit A.F., voir sur le site de France 2 les élucubrations manipulatoires de son cher confrère Bruckner, sur le même sujet des banlieues, lors de l’émission « mots croisés » ce lundi 12 décembre.

          Ils sont un ramassis de réactionnaires débilisants dont la pensée s’arrête entre le bas ventre et le plexus solaire.

          Il est vrai que du porte feuille au nombril le chemin n’est pas long, et que de ne pas voir ce subterfuge qui transforme la pensée en publicité, qu’importe le contenu, ne sied pas à l’entendement responsable de l’auditeur.


          • velleda (---.---.143.210) 6 mars 2006 22:16

            c’est aussi du politiquement correct de dire que les jeunes issus de l’immigration sont exclus. Celui qui veut regarder les voit sur les stades de foot, à la télé (rapeurs...) vendeurs dans les magasins, restaurants...conducteurs de bus, de camions de livraison exprès. Quand un pays n’es pas capable de faire de la croissance et de créer de vrais emplois, il n’y apas assez de postes pour les plus faibles (moins bien formés, moins rapides...) donc les femmes, les handicapés, les jeunes non formés ou mal formés, les seniors n’ont pas de boulot.


          • velleda (---.---.143.210) 6 mars 2006 22:26

            Quand à l’appel ci-dessus des Antillais !! Tout citoyen qui a passé plus de 2 semaines aux Antilles , comme en Corse, sait que les Corses et les Antillais font peu pour trouver des solutions . « Que puis-je faire pour mon pays ? » est une formule inconnue ou presque. Ces 2 pays ont la terre, l’eau et le soleil.


          • Mactin’ (---.---.225.53) 13 décembre 2005 13:57

            Monsieur Lallement, excusez-moi de ne pas vous connaître, mais vous m’attristez lorsque vous vous attaquez à l’homme Finkielkraut, alors même que vous prétendez nécessaire de devoir débattre de ses idées. Eh oui, Mr Finkielkraut ne fréquente pas quotidiennement les banlieues, ne parle même pas le langage qui y résonne parfois... Avec le raisonnement, je m’étonne même que vous ne trouviez pas cela honteux...

            Mais je sais que, selon vous, pour être « audible », il faut être sociologue. Or Mr F. n’a pas cette formation. De quoi le blâmer, vraiment ...

            Mais au fait, je ne suis pas Français !Je n’habite même pas la France ! Et je me prononce sur cette « affaire » !!! Je ne suis pas un spécialiste, ni un homme du terrain ! Oui, j’ai compris, Mr Lallement, je me tais !!!

            Une dernière remarque sans ironie cette fois : en tant qu’éditeur, je vous convie à défendre la langue française. C’est en la maîtrisant VRAIMENT et en le voulant VRAIMENT que l’on parvient à s’intégrer ... Et puis, rencontrez Mr Finkielkraut (qui vous en empêche ?!) et si vous l’écoutez VRAIMENT, vous constaterez qu’il est loin de penser tout ce que vous lui mettez sur le dos. Ah ! Bassesse, quand tu nous tiens...


            • Nicolas Aubert (---.---.104.214) 13 décembre 2005 17:33

              J’ai été parmis les premiers à réagir sur les outrances de Fink que je comparais à celle de Monsieur R, le rappeur de triste mémoire ( voir article Monsieur R VS Finkelkraut... réflexion sur l’impartialité médiatique ). Mais aujourd’hui, nous n’en sommes plus à se demander si Fink a raison ou pas. Les RG ( qui n’ont pas à etre politiquement correct ! ils sont nos yeux et nos oreilles !!!! ) lui ont donnés tord. Le problème actuel, c’est que notre « futur » président Sarkosy a préféré soutenir la thèse d’émeute « ethnico-religieuses » contre ses propres services dans un seul but éléctoraliste ! Pire, il a salué Fink ( dans l’indifférence générale ! ) sur RTL le 04/12, je cite « ( alain finkelkraut ) fait honneur à l’inteligence française ». La ou tout ça est gravissime, c’est que le personnage le plus important du paysage politique préfère le mensonge à la vérité, entrainant avec lui de nombreux français ! On pourrait attendre des médias une levée de bouclier contre ce mensonge. Et bien non, on couvre M Sarkosy, quitte à oublier de signaler ses dérapages sur Fink. Pourquoi ? Tout simplement parce que les journalistes ne sont plus les sentinelles de la démocratie puisques aux ordres de grands groupes financiers ou d’armement qui soutiennent plus qu’activement les idées économiques de Sarkosy. Si le néo-libéralisme en France ne peut s’instaler que sur les bases d’une dictature ( parce que les gens n’en veulent pas, a tord ou a raison ! ) alors va pour la dictature ! De toute façon, Dassault, Lagardère et autres ne seront jamais du coté des opprimés, alors démocratie, dictature, rien d’important ! The buisness show must go on ! Juste une dernière chose pour tous les libéraux qui vont me rétorquer que libéralisme et dictature sont antinomiques ! Regardez un peu les centaines de milliers de gosses qui fabriquent, pour un bol de riz , les jouets que nous allons offrir à nos gamins à noel ! Eux vivent le libéralisme, même l’ultra-libéralisme, ce n’est pas pour autant que la chine est une ultra-démocratie, ni qu’elle en prend le chemin ! Pour preuve, les événements de Dongzhou le 6 décembre 2005 ( dont quasiment aucun médium ne parle ), 30 morts et selon « le Monde » : « L’exemple le plus grave de violence policière depuis les massacres de la place Tiananmen, en 1989 » ! ). Mais ça aussi, Dassault and co ont tout interêt à nous le cacher ! Il ne manqueraient plus que des manifs pour empecher la vente d’armes aux chinois, sous prétexte que leur régime est dangereux ! On a pas dit la vérité sur Saddam pour vendre 30 Mirages, on ne va quand même pas la dire sur les chinois qui commandent des avions par centaines !


              • Guy (---.---.37.31) 13 décembre 2005 20:04

                une petite remarque sur le « bilan » des RG qui est fondamentalement politique.En effet les assurances n’interviennent que si il n’y a pas de coupables identifiés - individus ou organisation - Ce bilan n’est que de façade et A F a vu juste une fois de plus .


                • Mabouya (---.---.78.158) 14 décembre 2005 02:19

                  Pas nécessaire de commenter, non ?


                  • (---.---.190.110) 14 décembre 2005 09:43

                    Finkielkraut dit la vérité et c’est pourquoi personne n’a d’arguments à lui opposer !


                    • Emile Red (---.---.84.39) 14 décembre 2005 10:15

                      Quels arguments à fournir contre un tel ramassis de balourdises.

                      Contre un mur d’ignominie, de mensonges et d’insanités, le seul argument honorable est le mépris.

                      Quand on voit que le ministre de l’intérieur va tenir une conférence de presse sur Al Jazeera, à l’intention des peuples Arabes, outrepassant ses prérogatives d’« élu », alors qu’il soutient ce lamentable « penseur » dans ses délires les plus abjectes, il y a de quoi se poser des questions sur les capacités mentales des uns et des autres.


                      • (---.---.104.95) 14 décembre 2005 12:41

                        Moi je sais comment tout ça va finir ! A force de n’entendre que des pensées extrèmes, les gens s’extrémisent ! Si ce que l’on veut, c’est que la France de « souche » et la France « d’origine » s’entre tue, allons y ! On en prend le chemin !!! Comme ça, à la fin, on trouvera, peut être, qui avait raison !!!


                        • Mabouya (---.---.79.216) 14 décembre 2005 19:56

                          Vous avez exactement compris OU nos gouvernants veulent nous mener.

                          Ils ont menti aux Français depuis des siècles, leur enseignant des mensonges en guise d’histoire glorieuse. Ils ont trahi les idéaux de la République.

                          Ces idéaux, c’est toujours aux Antilles qu’ils ont été défendus. Aux Antilles où Toussaint Louverture et Louis Delgrès se sont élevés en 1802 contre un tyran qui a commis le crime de remettre des CITOYENS FRANCAIS en esclavage.

                          Ces idéaux, LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, c’est encore aux Antillais qu’il revient de les défendre aujourd’hui, dans cette société qui les bafoue au quotidien à leurs dépens.

                          Nous n’avons pas de haine, nous n’avons jamais exigé de repentance de quiconque. Juste une exigence REPUBLICAINE de VERITE et de JUSTICE.

                          Pour que les peuples, une fois l’Histoire VRAIE connue et dépassée, puissent vivre ensemble en harmonie.


                        • daniel (---.---.176.240) 16 décembre 2005 23:50

                          Effarant de constater qu’autant de gens sont disposés à lyncher AF . Inquiétant de voir à quel point le dialogue devient difficile ..... Ca me rappelle la bonne vieille époque stalinienne...Les biens pensant « coco » ou « idiots utiles » se sont mués en « soi-disant anti-racistes » ou en idiots utiles des integristes islamiques....

                          Au monsieur qui parle des Antilles, je rappelle que Toussaint Louverture a fait massacrer de maniére gratuite autant de blancs qu’il lui était possible....Même s’il s’est mieux conduit que ce Hitler noir que fut Dessalines (qui a génocidé tous les blancs de Haiti) je n’en ferai pas un héros pour ma part. Le seul général qui ai fait honneur à l’espéce humaine dans ces temps pourris (du côté blanc ce n’était pas mieux avec des gens comme Rochambeau) fut Pétion .


                          • Sylvio (---.---.243.196) 17 décembre 2005 00:27

                            Excusez moi mais quand on est pas d’accord avec lui, on a le droit de ne pas le glorifier et de le critiquer, ce n’est pas du lynchage !

                            C’est là que l’on voit le vrai coté de ceux qui le lise et de tous ces commentaires : vous êtes totalitaires, vous n’acceptez pas que l’on puisse critiquer le grand messie qui a la voie de la raison. Vous déconsiderez ceux qui ne pensent pas comme vous au lieu de discuter avec eux.

                            - Etes un peu plus ouvert à la critique.
                            - Stigmatiser ceux qui ne pensent pas comme vous ne mènent à rien.
                            - Arrêter de nous faire de la propagande sur ce personnage.


                          • (---.---.224.184) 19 décembre 2005 16:41

                            Bravo les signataire de la pétition anti-Finkielkraut.

                            Pour information, entre autres, Emmanuel Pierrat a recensé les ouvrages censurés dans les bibliothèques, mais demande à ce que l’on censure Finkielkraut.

                            Il y a donc de bonnes et de mauvaises censures ?


                            • (---.---.188.104) 19 décembre 2005 23:00

                              Marre de cette tyrannie de la presse, des médias, et de leur bien pensance ! Pourquoi stigmatiser Alain Finkielkraut, qui pourtant soulève de vrais problèmes et dit des choses pourtant justes ? La démocratie montre là ses limites : toutes les opinions n’ont plus le droit de s’exprimer. Oui, je le soutien, la révolte des banlieues soulève bien un problème ethnico-religieux. Oui, elle est le fait d’une « racaille », constituée en grande partie de « français d’origine arabe ». Ou est le mal à énoncer de telles vérités ? Ou est le racisme ? Interrogeons nous sur les causes, les remèdes, les palliatifs à cette crise. Mais n’oscultons pas certaines évidences... Halte à la tyrannie de la bien pensance !


                              • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 décembre 2005 23:30

                                Et ce n’est pas la tentative d’assassinat d’une jeune profe, mère de deux enfants, par un franco-zaïrois qui va donner tort à Finkielkraut.


                              • Sergio (---.---.13.118) 20 décembre 2005 22:22

                                Ce 20/12/2005

                                Mais qu’a donc commis mr Alain finkielkraut ?

                                Il s’époumonne à débusquer la vérité et les vérités par de là les apparences sur lesquelles flirtent bien des analyses de psys et de sociologues (style Mr Balibar).

                                Sur le malaise de notre société et en particulier sur l’état avançé de notre blessure culturelle, notre philosophe dit et comprit avant bien d’autres...

                                On ne pourra pas faire l’économie d’un diagnostic pertinant longtemps pour tenter de comprendre et résoudre les crises qui secouent le monde occidental. Mr Finkielkraut est en avance sur les bien disant, bien pensant et autres démagogues irresponsables, car laisser croire que son analyse est nulle puisque en dehors du terrain c’est oter toute tentative de la pensée vers l’inconnu et le complexe (Allez demander à un talonneur de rugby de vous conter une action qui a conduit son équipe à marquer un essai, vous serez surpris du discours, forcément réalisme oblige !) Oui le vécu s’oppose à l’explication de ce qui est vécu, et ce qui est visible ne rend pas toujours compte de l’impensé Alors. Pourquoi s’acharner sur un homme de convictions lequel ayant rompu avec les idées faciles s’essaie à nous faire cheminer sur des sentiers d’intérêts et de vérité « quoi qu’il en coûte » Sergio La rochelle


                                • Arnaud (---.---.2.103) 7 janvier 2006 18:11

                                  Beaucoup de sociologues et d’acteurs de terrain ont depuis longtemps repéré l’existence dans les cités de banlieue de bandes de jeunes déliquants qui, par la violence, imposent leur présence et des formes de contrôle dans la vie de ces cités. Croyez-vous que ces bandes n’ont joué aucun rôle dans les émeutes ? Cela semble assez invraissemblable et mon idée est qu’elles ont certainement eu un rôle d’entraînement. Dès lors, il me semble un peu rapide de réduire le tout aux injustices qui sont faites aux jeunes issus de l’immigration. Le phénomène des bandes, l’existence d’expéditions punitives de grande violence que la presse rapporte de temps à autre, la réalité du trafic de drogues, c’est des éléments que l’on doit prendre en considération. Et surtout ne pas les réduire, eux aussi, à des conséquences de l’injustice sociale. Quelqu’en soient les causes, c’est une réalité qui a sa dynamique propre, un problème qu’il faut traiter en lui-même et qui est très probablement à ajouter du côté des facteurs déterminants des émeutes


                                  • Arnaud (---.---.2.103) 7 janvier 2006 18:13

                                    Beaucoup de sociologues et d’acteurs de terrain ont depuis longtemps repéré l’existence dans les cités de banlieue de bandes de jeunes déliquants qui, par la violence, imposent leur présence et des formes de contrôle dans la vie de ces cités. Croyez-vous que ces bandes n’ont joué aucun rôle dans les émeutes ? Cela semble assez invraissemblable et mon idée est qu’elles ont certainement eu un rôle d’entraînement. Dès lors, il me semble un peu rapide de réduire le tout aux injustices qui sont faites aux jeunes issus de l’immigration. Le phénomène des bandes, l’existence d’expéditions punitives de grande violence que la presse rapporte de temps à autre, la réalité du trafic de drogues, c’est des éléments que l’on doit prendre en considération. Et surtout ne pas les réduire, eux aussi, à des conséquences de l’injustice sociale. Quelqu’en soient les causes, c’est une réalité qui a sa dynamique propre, un problème qu’il faut traiter en lui-même et qui est très probablement à ajouter du côté des facteurs déterminants des émeutes


                                    • meleze (---.---.76.39) 11 janvier 2006 08:52

                                      bonjour Je ne suis pas du tout d’accord avec M.Lallement.

                                      J’ai ecoute en direct le debat de Finkielkraut et de Bourmeau sur France culture et a mon avis il a largement depassé les bornes. Mais il faut maintenant que j’explique ce que j’entend par bornes. Car ce ne sont pas des bornes de la courtoisie (le debat a ete d’une courtoisie exquise) ce n’est pas une sortie de route vers la violence car les deux debatters ne manquent jamais d’arguments et s’expriment avec une clarté presque digne du 18 °siecle, ce ne sont pas non plus les bornes de la censure car il n’y a rien d’interdit intellectuelement dans ce qu’ils disaient l’un et l’autre et je ne vois aucune raison de demander la suppression de Repliques etant donne l’appui et la fidelité que Finkielkraut apporte sans sa declaration a Haaretz a son ami Sarkosy. C’est la qu’il depasse les bornes. C’est un depassement totalement politique. C’est un penseur pret a definir une extreme droite juive, à gonfler encore la defense nationale de cet etat qui s’enorgueilli deja d’un mur de separation pourtant interdit par l’ONU. Voila ou je vois je scandale. Dans une affaire de banlieux dont le ministres de l’interieur est totalement responsable voici un philosophe qui déclare que ce n’est pas la faute du ministre ! Presqu’aucune association d’aide a l’integration n’a recu de fonds depuis 2002 et Monsieur je sais tout declare en fin 2005 que c’est bien fait pour leur gueule et qu’il ne faut surtout pas retablir ces financement puisque de toutes façons « les noirs » ne s’integrent pas.


                                      • Fantasio 24 janvier 2006 13:54

                                        Le problème avec Finkielkraut c’est qu’il se définit lui-même comme philosophe et « penseur ». Mais j’ai un mal fou à trouver une originalité quelconque à ses bouquins ou articles. Il ne se démarque absolument jamais de la pensée dominante qu’elle soit « politique, économique ou sociologique ». Un ramassis de lieux-communs bien écrit et bien présenté. Dans même genre, on peut lui associer l’inénarrable André Gluxmann.


                                        • Arnaud (---.---.158.158) 24 janvier 2006 22:47

                                          Quand on en arrive au point de nier à l’autre ce qu’il est par essence, à savoir un penseur, alors ce que l’on est aveuglé par la haine. Je doute fort que ce Fantasio ait jamais lu un « bouquin » de Finkelkraut....


                                        • Emmanuel Grenier (---.---.224.103) 2 mars 2006 09:43

                                          Je trouve le texte de Bernard Lallement équilibré et je partage sa volonté de ne pas refaire la même erreur qu’avec Le Pen. En diabolisant et en refusant la discussion, on renforce l’adversaire plutôt qu’on ne l’affaiblit. Il faut discuter pied à pied les positions de Finkielkraut.

                                          Et pour cela, mieux vaut ne pas s’appuyer sur les Renseignements Généraux... Bernard Lallement les prend comme juges de paix et plusieurs commentateurs s’y réfèrent avec une révérence qui montre que dans notre pays, on n’a toujours pas digéré la dictature de Bonaparte et l’invention de la police politique par Fouché.

                                          Oui, les RG sont une police politique ! Il me semble que les citoyens doivent avoir d’autres références pour juger de la situation.

                                          En l’occurrence, sur l’affaire Finkielkraut, il se trouve qu’ils ont dit la vérité (à savoir que l’émeute était beaucoup plus sociale qu’ethnico-religieuse). Mais on ne devrait pas leur faire une confiance aveugle : ils auraient tout aussi bien pu la travestir....

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