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Accueil du site > Actualités > Société > L’antagonisme Police-Justice

L’antagonisme Police-Justice

Récemment, un proche me demandait : mais au fait, les policiers et les magistrats sont souvent antagonistes, non ?

Mais pas du tout, lui répondis-je. Je ne crois pas que les Bilger et autres Thiel s’opposent à la police, pas plus que la police ne s’oppose à eux, puisqu’ils ont à coeur de remplir la même mission, de servir de tampon entre les hommes en leur offrant l’égalité par le droit.

La Police ne saurait être efficace si personne ne donnait de suites pénales à ses enquêtes. La Justice serait bien inactive, si personne n’était là pour traduire devant elle contrevenants, délinquants et criminels.

C’est donc une évidence que les deux institutions que sont la Police et la Justice sont dans le même bateau.

Dans le même bateau, cela veut dire que les deux ont un rôle à tenir - ils se doivent mutuellement quelque chose. En ce sens, on ne peut exiger d’un ministre de l’Intérieur qu’il n’évoque jamais l’action de la Justice alors qu’il constate que certains délinquants notoires ne sont pas en voie de réinsertion mais de récidive, alors pourtant que leur cas a été traité à plusieurs reprises par la Police. Dans un tel cas de figure, il est du rôle du ministre de l’Intérieur de dire que la Police ne peut pas tout. Il ne s’agit pas d’une insulte à l’adresse des magistrats.

Ce que dit régulièrement Nicolas Sarkozy, c’est que l’ordonnance de 1945, et d’une manière générale la législation concernant les mineurs, est désormais inadaptée. Il s’agirait de poser le débat suivant : quels moyens légaux doit-on donner aux magistrats pour qu’ils puissent s’acquitter de leur mission ? Quel moyens légaux doit-on donner aux magistrats pour que lorsqu’un individu mineur est interpellé par un fonctionnaire de police en flagrant délit de vol de véhicule, le fonctionnaire ne croise pas dès le lendemain le même individu souriant, à nouveau sur la voie publique, prêt à commettre un nouvel acte de délinquance ? Cela ne veut pas dire nécessairement enfermer, cela ne veut pas dire nécessairement être brutal. Cela veut dire trouver des réponses pénales brisant l’impunité, faisant que l’action de la Police ne se résume pas à écarter les mineurs délinquants pendant la courte durée d’une garde à vue.

Bien entendu, lorsqu’un juge des enfants met en cause la société en déclarant « Il faudrait ne pas attendre de cette justice ce que les responsables politiques ne font pas : elle n’éradiquera jamais le crime. Seule la justice sociale peut réduire la délinquance, ici comme ailleurs ! » (lien), je pense que sa non-adhésion au concept de responsabilité individuelle le rend antagoniste du fonctionnaire de police interpellateur. Le policier, lorsqu’il arrête un jeune qui nuit à autrui dans l’espoir qu’on trouvera une solution adaptée à ce jeune (car ce n’est pas un cadeau fait à ce jeune que de le laisser descendre la pente savonneuse qui à terme le mènera au bagne) et, ne l’oublions-pas, avec à coeur l’envie de permettre aux citoyens environnants de jouir de leurs biens (leur automobile en l’occurrence), ne peut s’attendre à ce que l’avenir de ce jeune soit remis entre les mains d’un magistrat qui pense que son action n’est pas susceptible de « réduire la délinquance ».

C’est une évidence de dire qu’on ne saurait supprimer toute délinquance, qu’on « n’éradiquera jamais le crime ». Mais un acteur judiciaire, policier ou magistrat, qui déclare que son action professionnelle n’est aucunement susceptible de réduire la délinquance et la criminalité est un individu qui estime que le rôle social qui lui est attribué est inexistant. Or, lorsqu’on doute du sens de son action, le risque est grand que l’on ne la poursuive qu’à contrecoeur, sans enthousiasme : en d’autres termes, on risque de ne plus faire son boulot. Et un individu qui ne fait plus son boulot est une épine dans le pied de tous ses collaborateurs, proches ou distants.

Dans ce cas de figure, oui, il y a antagonisme. Mais en temps difficiles, l’optimisme s’impose : nous pouvons espérer que les magistrats qui pensent que ce n’est pas leur rôle, que ce n’est pas en leur pouvoir de réduire la délinquance ne sont pas si nombreux que cela.


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30 réactions à cet article    


  • cyberthi (---.---.74.201) 26 septembre 2006 15:55

    • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 26 septembre 2006 16:04

      Cet article de Me Eolas défend mon propos, à l’insu de son plein gré évident : il argue que le tribunal de Bobigny est dans l’impossibilité légale de donner une réponse pénale satisfaisante à la délinquance des mineurs. Il impose donc de conclure que la loi actuelle est inadaptée. Et indirectement, il confirme l’accusation de dogmatisme du Prefet à l’égard du juge des enfants évoqués, puisque ce juge des enfants serait tout à la fois dans l’impossibilité d’agir du fait de la loi mais également contre toute modification de la loi.


    • Sarkopperfield (---.---.177.28) 27 septembre 2006 00:18

      RDV dans quelques années avec Sarko en vieux prof hystérique qui ne sera toujours pas arrivé pas à imposer son autorité à des canacres toujours plus nombreux...

      Nous réfléchirons alors à l’opportunité de rouvrir les bagnes de Cayenne pour assainir le territoire et prouver que la démarche sécuritaire ne peut s’appuyer que sur une justice performante et moderne...


    • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 27 septembre 2006 10:54

      Je trouve assez intéressant que vous preniez l’image d’un enseignant pour attaquer Nicolas Sarkozy. J’ai déjà entendu des gens se moquer d’un de leur collègue enseignant parce qu’il n’arrivait pas à « tenir sa classe » composée pour moitié d’élèves dépourvu de toutes limites (c’est dans l’ordre des choses qu’un adolescent se rebelle ; c’est plus étrange lorsqu’un adolescent n’a même pas la sensation d’être rebelle lorsqu’il passe son temps à ne respecter aucun des ordres qui lui sont donnés par des adultes).

      Je pense qu’il est facile de se moquer de celui qui ne parvient pas à devenir pas alchimiste. C’est plus facile en effet de regarder les autres mettre les mains dans le cambouis et rigoler de leurs échecs que de tenter de soit aussi participer, de prendre les problèmes à bras le corps et ne pas toujours attendre du reste de la société qu’elle fasse le boulot.

      Il est facile pour un magistrat, par exemple, de dire que la délinquance ne peut être réduite par son action. Il est évident que l’action seule des magistrats ne saurait efficacement supprimer la délinquance. Mais lorsqu’on donne en tout le tort à la société, c’est à dire à une masse informe à laquelle on prétend ne pas vraiment appartenir, on est démissionnaire. C’est grave, je crois.

      J’ai dit que la police et la justice sont dans le même bateau. J’aurais du ajouter que le reste de la société est dans le même bateau : ceux qui rigolent des difficultés de la police et de la justice, pensant qu’il suffit de dire « la société n’est pas parfaite » pour prôner l’inaction, en paieront demain les pots cassés. La société, c’est vous et moi. Ce que nous ne faisons pas, en disant que cela revient à la société, ne sera tout simplement pas fait du tout.


    • arturh (---.---.119.98) 26 septembre 2006 16:11

      C’est inquiétant de lire que police et justice sont dans le même bateau. Malheureusement, c’est exact.

      Rappelons que police et justice sont la représentation de deux pouvoirs strictement distincts : Le Pouvoir Exécutif et le Pouvoir Judiciaire. Dans une démocratie, ils sont strictement séparés. Mais comme nous ne vivons pas en démocratie, police et justice sont effectivement soumis en France au pouvoir exécutif.


      • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 26 septembre 2006 16:22

        Ce que vous dites est évidemment erroné.

        Le Parquet dépend de la Justice : du pouvoir exécutif du Garde des Sceaux. Les missions judiciaires des officiers de police judiciaire, agents de police judiciaire et agents de police judiciaires adjoints (classifications légales n’ayant aucun rapport avec l’organisation interne des services de police ; un gardien de la paix et un gendarme peuvent être OPJ, sans être officier de police ni officier de gendarmerie) dépendent de même dans ce cadre des magistrats, Parquet et Juges d’instruction.

        Il serait étonnant que ces constats là, qui ne sont pas franchement récentes, puissent permettre de considérer que la France ne connaît pas la séparation des pouvoirs.

        En fait, en raisonnant ainsi, on pourrait sans doute prétendre que la séparation des pouvoirs n’a jamais existé dans aucun pays du monde. Ou bien, on devra admettre que la séparation des pouvoirs désigne tout simplement le fait que les magistrats du siège jugent et président les tribunaux en leur âme et conscience, en pleine indépendance, en fonction de la loi ; ou encore le fait que l’organe exécutif, le Gouvernement, ne peut décider de lois, mais seulement de règlements, et que les lois sont votées par un organe législatif distinct, le Parlement.


      • arturh (---.---.119.98) 27 septembre 2006 10:28

        Ce que je dis n’est pas erroné. Vous en détournez simplement le sens.

        Bien évidemment des juges du parquet sont sous la tutelle, de fait, du pouvoir exécutif suprème, à travers le ministre de la justice.

        Mais, puisqu’il s’agit de celà, les critiques de Sarkozy s’adressaient aux magistrats du Siège, ceux qui prononcent les peines en particulier. Or, l’indépendance de ces magistrats est garanti, selon les termes de la Vème république, par le Président de la République, par ailleurs chef suprème du pouvoir exécutif qui est donc également Président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Il y a donc bien, en France, absence de séparation entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire, le second étant sous la tutelle du premier. Et nous ne vivons pas en démocratie.

        Il est également inexact de dire que la séparation des pouvoirs n’a jamais existé au monde. Si Richard Nixon était encore vivant, il pourrait vous en parler. Mais il est exact qu’elle n’existe pratiquement pas dans le monde.


      • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 27 septembre 2006 10:46

        Maintenant, vous évoquez « les critiques de Sarkozy ». Plus haut, vous disiez « Rappelons que police et justice sont la représentation de deux pouvoirs strictement distincts : Le Pouvoir Exécutif et le Pouvoir Judiciaire. »

        Ce que vous disiez précédemment est erroné. La police à des attributions judiciaires impliquant des rapports directs et immédiats avec le pouvoir judiciaire. Le pouvoir exécutif dispose constitutionnellement du pouvoir judiciaire en matière de poursuites par le truchement de la magistrature debout (le parquet). Le parquet est en effet chargé de faire appliquer la politique pénale décidée par le gouvernement.

        Il n’y a là aucun détournement de sens de vos propos.

        Maintenant, si vous tenez à rebondir sur les déclarations de Nicolas Sarkozy, qui portent effectivement sur des magistrats du siège, il faudra démontrer, réellement, que ses paroles imposent quoi que ce soit aux magistrats, que ses paroles leur ôte les pouvoirs qui leurs sont légalement confiés. Il faudra démontrer que les magistrats du siège sont tenu par quelque chose d’autre que la loi.

        Vous ajoutez que « nous ne vivons pas en démocratie ». Ceci n’engage que vous et appelerait à une démonstration un peu moins lapidaire. On peut penser ce qu’on veut de nos élus, il faudra bien admettre qu’ils ont été... élus.

        Ce propos ajouté à la déclaration que la séparation des pouvoirs « n’existe pratiquement pas dans le monde » permet d’entrevoir une vision du monde plutôt révolutionnaire de votre part.

        Pour ma part, je ne vois pas en quoi un magistrat qui ne reçoit nulle instruction et n’est pas susceptible de se voir imposer la moindre décision ne serait pas indépendant. En ce sens, j’ai un point de vue moins révolutionnaire que le votre. Je ne dis pas que vous avez tort d’avoir votre point de vue révolutionnaire. Par contre, je crois que tous les magistrats de France ne peuvent pas se permettre de tenir un discours tel que le vôtre, sauf à estimer qu’ils participent à un système d’organisation sociale qu’ils méprisent, ce qui serait relativement inquiétant.


      • (---.---.155.106) 26 septembre 2006 18:46

        La police de Sarkozy frappe les Français devant un cinéaste américain.

        SEPTEMBRE 2006 : « Super ID Me »

        www.les-identitaires.com - Le 26 Septembre 2006

        Le jeudi 21 septembre 2006, les forces de l’ordre ont chargé brutalement les bénévoles de l’association Solidarité Des Français, n’hésitant pas à renverser sur la chaussée la nourriture destinée aux plus démunis. Pour avoir protesté contre cette intervention, Roger Bonnivard, le président de l’association SDF, a été violemment jeté à terre, passé à tabac et traîné sur la chaussée par les policiers, puis emmené, menottes aux poings. Roger aura passé 24 heures en garde à vue pour avoir simplement voulu servir une soupe populaire à Montparnasse...

        Au-delà de l’aspect ubuesque de la situation, nous sommes en droit de nous demander ce qui a bien pu passer par la tête des autorités « républicaines » pour commettre une telle bavure. Certes, ce n’est pas la première intimidation à laquelle doit faire face l’association SDF depuis le lancement de sa soupe identitaire, mais rarement intervention policière aura été aussi violente. Beaucoup comptaient sur un essoufflement de l’action sociale identitaire. Malheureusement pour eux, celle-ci a, au contraire, pris un nouvel essor l’année dernière avec la multiplication des distributions en France et en Belgique.

        Et c’est en voulant criminaliser notre initiative que la presse française a attirée l’attention de la presse mondiale, qui s’est emparée à son tour de la polémique. La République française, soi-disant « Patrie des Droits de l’Homme », a subitement montré son vrai visage. Car si l’on parcourt les articles - parus notamment dans le monde anglo-saxon - c’est l’incompréhension qui prévaut.

        En effet, pourquoi interdire une distribution de soupe à des démunis sous prétexte que cette dernière contient du cochon ? Et même si les autorités françaises tiennent cette démarche pour discriminatoire à l’égard des musulmans, certains n’hésitent pas à rappeler les propos du Secours islamique de France qui ne s’est pas opposé à cette initiative. La République française et laïque serait-elle plus musulmane que la Oumma elle-même ?

        La semaine dernière, il est fort possible que le Préfet ait reçu des ordres pour tenter de mettre un terme à cette action. Assez de publicité ! Qu’on en finisse une bonne fois pour toute ! Mais il y a un gros hic. Ce soir-là, était présent un certain Morgan Spurlock. Rappelons que celui-ci est l’auteur de « Super Size Me » (traduisible par Grossissez-moi !), le célèbre film documentaire qui a travaillé, à travers les Etats-Unis, sur les effets néfastes du fast-food et de McDonald’s démontrant leur rôle dans l’accroissement de l’obésité.

        Pendant son enquête, Morgan Spurlock a mené sur lui-même une expérience en s’obligeant à ne manger que chez McDonald’s trois fois par jour pendant un mois. Il s’est de plus astreint à systématiquement commander l’option « Super Size ». Il a ainsi pris 13 kg en 30 jours puis a interrompu son expérience, les médecins lui ayant recommandé d’arrêter au bout de trois semaines vu la dégradation de sa santé. Ce film, a notamment reçu le Prix du meilleur réalisateur dans la catégorie documentaire du festival de Sundance en janvier 2004, le Prix du meilleur scénario de documentaire de l’Association des scénaristes américains en février 2005 ainsi qu’une nomination aux Oscars 2005...

        Intéressé par les problématiques liées à la malbouffe, Morgan Spurlock avait donc contacté les Identitaires, surpris qu’il était par la réaction des autorités françaises concernant une simple distribution de soupe traditionnelle. Morgan Spurlock n’a pas été déçu du voyage et a pu filmer ce qui s’est passé la semaine dernière. Un reportage devrait être bientôt projeté dans des salles américaines et européennes... l’intolérance aveugle de la République française va pouvoir s’étaler à la face du monde.

        Les images de policiers chargeant de simples bénévoles venus donner à manger à des pauvres devraient en sensibiliser plus d’un sur la véritable nature d’un Régime qui n’accepte pas qu’on aide les nôtres avant les autres. Pendant que les stars défilent - en toute impunité - pour soutenir les clandestins de Cachan, le Préfet fait donner les matraques contre les bénévoles qui aident des Français de souche jetés à la rue. Alors que les débats se multiplient pour trouver une solution de logement à des illégaux, rien n’est fait pour les nôtres qui crèvent sur les trottoirs de Paris.

        Les autorités ont commis une lourde faute. En voulant mettre un terme à la médiatisation de notre action sociale, ils ont réussi - au contraire - à poser les conditions d’un nouvel éclairage mondial sur la nature répressive et liberticide de la République française. Enfin, nous sommes des militants aguerris sur le terrain de l’intimidation. Comment peuvent-ils vraiment croire, un seul instant, que nous allons baisser les bras ? Au-delà de la distribution de soupe, l’action sociale identitaire va franchir une nouvelle étape cette année en élargissant ses domaines d’intervention. Tenez-vous prêts ! Nous aurons besoin de renforts pour franchir ce nouveau cap !

        Gageons que la justice ne bougera pas le petit doigt...


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 septembre 2006 18:57

          Personne n’est obligé de manger de cette « soupe au cochon ».

          Mais la laïcité demande que l’on n’impose ni la soupe cacher, ni la soupe hallal.

          Or le politiquement correct l’emporte hélas aujourd’hui sur la laïcité.


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 septembre 2006 18:59

          À noter que les chrétiens sont plus cools que les judéo-islamistes.

          En effet, ils n’imposent pas la soupe au poisson le vendredi ...


        • (---.---.241.76) 27 septembre 2006 07:58

          Avec son dernier film, on savait Morgan Spurlock mauvais cinéaste, on le découvre maintenant encore plus : Il appuie les racistes !


        • Visiteur Indigène (---.---.180.214) 27 septembre 2006 06:44

          A 27.155.106 Au lieu de leur donner une soupe identitaire aux paumés autochtones de la vie, pourquoi ne les recueillez-vous pas chez vous ? ils méritent mieux qu’une soupe, non ? Faire du symbolisme outrancier est plus facile que de s’investir efficacement dans la détresse autant identitaire qu’elle soit.


          • sys (---.---.152.101) 27 septembre 2006 09:45

            Voilà un exemple éclatant du danger du Sarkozisme : l’auteur, de toute bonne foi, et pensant que c’est une excellente chose, argue que police et justice sont et doivent être dans le même bateau. Au nom d’une recherche d’efficacité maximale à court terme et « d’apparente protection du citoyen », il en vient, sans même s’en rendre compte, à remettre en cause les fondements protecteurs du système lui-même, à savoir la séparation des pouvoirs.

            Au delà du débat répressif / préventif, le vrai danger Sarko est là : une dérive lente vers le bon vieux système plus ou moins totalitaire, fruit d’une multitude d’actions et de décisions prises pour répondre à des problèmes immédiats en négligeant tous les garde-fou car perçus comme des freins à l’efficacité.


            • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 27 septembre 2006 11:03

              J’ai plus haut déjà répondu à cette mise en cause.

              Comme je l’écrivais, il n’est pas neuf et n’est pas remis en cause le fait que : « Le Parquet dépend de la Justice : du pouvoir exécutif du Garde des Sceaux. Les missions judiciaires des officiers de police judiciaire, agents de police judiciaire et agents de police judiciaires adjoints (classifications légales n ?ayant aucun rapport avec l ?organisation interne des services de police ; un gardien de la paix et un gendarme peuvent être OPJ, sans être officier de police ni officier de gendarmerie) dépendent de même dans ce cadre des magistrats, Parquet et Juges d ?instruction ».

              Justice et police sont dans le même bateau depuis longtemps. Ils sont les maillons d’une chaîne ayant la même finalité : faire appliquer le droit pénal au service des citoyens. L’idée qu’il y a là une remise en cause du principe de séparation des pouvoirs en la matière est une supercherie destinée à interdire des débats légitimes en démocratie.

              La République s’est bâtie notamment contre l’arbitraire des juges de l’Ancien Régime. Il est quelque peu étonnant que le contrôle citoyen de l’activité des magistrats soit remis en question au nom de la séparation des pouvoirs, comme si l’on voulait à nouveau faire des magistrats des électrons libres de l’arbitraire d’Ancien Régime. Les magistrats de la République sont là pour faire appliquer les lois de la démocratie ; ils sont là pour juger en leur âme et conscience selon une interprétation stricte des lois. Rien d’autre.


            • sys (---.---.152.101) 27 septembre 2006 11:50

              Tout à fait d’accord avec votre réponse à mon commentaire : le magistrat n’est pas non plus au dessus du controle de l’ensemble des citoyen.

              Je reformule différemment : ce qui me gène, c’est que vous ne vous offusquiez pas (et pire que vous trouviez cela normal) qu’un représentant d’un des trois pouvoirs en vienne à en critiquer directement un autre. Je ne pense pas que ce soit du simple populisme de sa part, mais bien une posture générale plaçant la performance et l’efficacité devant le respect de principres fondateurs.

              Qu’il élabore un projet de réforme au parlement en concertation avec le ministre de la justice pour faire évoluer la législation ou qu’il propose ses évolutions dans son programme présidentiel, très bien ; et ce serait le signe du respect des principes de la république !

              Mais qu’il critique de la sorte est irresponsable et révélateur de ce manque de respect.


            • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 27 septembre 2006 13:52

              Je pense honnêtement que se focaliser sur la personne du ministre de l’Intérieur est une perte de temps.

              Le débat, il porte sur la justice, je crois que nous sommes d’accord sur ce point. Les quelques mots de Nicolas Sarkozy ont permis d’évoquer publiquement un point problématique. Une réunion s’est déroulée et des décisions ont été prises qui devraient ravir tous les concernés. Pour moi, le bilan est positif, l’essentiel se trouve là.

              Savoir si Nicolas Sarkozy aurait du, n’aurait pas du, tout ceci me semble être plus ou moins de la perte de temps, où n’avoir de sens que dans des réflexions politicianisées. Car concrètement, ce n’est pas en son pouvoir d’imposer quoi que ce soit aux magistrats, et ce n’est pas non plus à l’ordre du jour, il n’y a donc pas lieu de jouer aux vierges effarouchées comme l’ont fait les syndicats de magistrats. Non ?


            • fishlord (---.---.98.26) 27 septembre 2006 11:32

              Article intéressant sur Yahoo ! qui montre bien à quel point la description de la réalité énerve Sarkozy. il faut la nier à tout prix, ça devient un scandale, pour les préféts, d’en parler. Ce qui n’est pas un scandale, même si c’est visiblement mensonger eu égard à la colère de l’intéressé, c’est la conférence de presse publique, avec les congratulations de Sarkozy envers les policiers, sur la base de ses propres bidouillages de chiffres.

              http://fr.news.yahoo.com/26092006/202/colere-de-nicolas-sarkozy-lors-de-sa-venue-bobigny-selon.html

              Parler de la responsabilité de l’un seul des acteurs (le Tribunal de Bobigny), et oublier celle, écrasante, de l’homme le plus puissant de France et qui marque la politique de sécurité de sa conception purement répressive et destinée à l’échec total,c’est non seulement se moquer du monde, mais aussi continuer à nier la réalité jusqu’à son dernier souffle. La France n’a pas besoin de ce genre d’autiste, aveugle, monomaniaque et colérique ; elle a besoin de gens dont le cerveau puisse supporter plusieurs connexions, pour appréhender la réalité, et non pas ses propres fantasmes.

              Fishlord


              • EricB (---.---.181.189) 27 septembre 2006 13:06

                « La France n’a pas besoin de ce genre d’autiste, aveugle, monomaniaque et colérique ; elle a besoin de gens dont le cerveau puisse supporter plusieurs connexions, pour appréhender la réalité, et non pas ses propres fantasmes. »

                Ben, qu’est-ce que vous faites encore là, alors ?


              • Daniel Milan (---.---.168.196) 27 septembre 2006 11:57

                Mr Patoulatchi et ses amis ne supportent aucune contradiction, puisque TOUS MES COMMENTAIRES ONT ETE EFFACES !


                • Marcel Patoulatchi (---.---.167.159) 27 septembre 2006 13:58

                  Vos commentaires censurés ne contredisent pas cet article. Ils évoquent d’une manière qui peut probablement faire l’objet de poursuites pénales, au titre de diffamation, une affaire judiciaire vous concernant n’ayant aucun rapport avec la délinquance des mineurs. Il parait évident que de tels commentaires n’ont pas leur place sur un site de débat d’idées.


                • Daniel Milan (---.---.168.196) 27 septembre 2006 14:58

                  Vous n’avez que « poursuites judiciaires » à « la bouche ». On sait que vous aimez la répression !


                • Daniel Milan (---.---.168.196) 27 septembre 2006 19:40

                  M. Patoulatchi, croit me faire peur en affirmant n’importe quoi. C’est très mal me connaître ! D’autre part, je ne vois pas ce qu’on pourrait me faire de plus qu’on ne m’ait déjà fait. D’ailleurs, ce que j’affirme figure dans les statuts de mon comité de soutien et a été publié dans le « journal officiel » ! Je dis et redis, pièces à l’appui que j’ai été torturé à Nice par des flics à l’instigation de l’officine sioniste « J’Accuse ! » et que mes tortionnaires ont été couverts par des magistrats de Nice !


                • (---.---.162.15) 27 septembre 2006 12:32

                  je trouve qu’avec le pyromane Sarkozy, pointeur de canailles, on en arrive à un antagonisme police-justice. C’est grave car il est essentiel d’avoir une continuité dans la chaîne police - justice, surtout qu’elle doit supporter les multiples cas de délinquance.

                  A l’évidence, cette chaîne fonctionne très mal et c’est je crois aujourd’hui le problème numéro 1. Il devient indispensable de mettre de l’huile dans les rouages. Etablir une continuité dans la répression - rééducation diminuera le sentiment d’impunité trop souvent ressenti.

                  Je pense qu’il faudrait créer une sorte de suivi informatisé (indépendant du casier judiciaire) qui permettrait de connaître l’historique des démêlés policières et judiciaires d’un individu. Ce suivi serait géré par une instance neutre, ni policière ni judiciaire. Elle fournirait des statistiques fiables.

                  Parce qu’il y en marre d’entendre les uns (policiers) dire qu’un multi-récidiviste avec 10 où 20 interpellations n’a jamais été condamné alors que les autres (juges) disent que c’est faux. Actuellement chacun sort ses chiffres et ils sont tous différents, il devient nécessaire d’avoir des données fiables, même s’il restera toujours des degrés d’interprétation.

                  Ensuite il y a un problème spécifique aux mineurs. Certains semblent croire que pour eux la seule sanction est la prison. Le problème, c’est d’une part le fait que ce ne sont pas des adultes et d’autre part le nombre de récidives, le coût des prisons et le manque de places. Si encore la mise en prison empêchait la récidive, mais l’effet est plutôt inverse... Il est donc nécessaire d’avoir un arsenal de sanctions graduées, la prison n’intervenant qu’en dernier recours. Mais actuellement, surtout pour des raisons de moyens financiers, ces sanctions graduées sont trop peu utilisées.

                  Même si certains mettent de l’huile sur le feu, il y a des problèmes très réels et ce ne sont pas les mesurettes de ces derniers mois qui résoudront grand chose.

                  Am.


                  • Daniel Milan (---.---.168.196) 27 septembre 2006 12:36

                    Tiens, encore un défenseur de la vraie racaille !!


                  • B.A.C. ou Bac +5 ? (---.---.64.135) 27 septembre 2006 14:13

                    L’antagonisme justice/police commence dès le recrutement ... Ensuite l’informatisation des données et la videosurveillance n’eveilleront pas le discernement des zélés fonctionnaires !


                    • armand (---.---.135.193) 27 septembre 2006 15:13

                      Dès lors que l’action de la justice a un effet sur la société toute entière, on a le droit de pointer ses insuffisances. J’en vois une qu’on a brièvement évoquée lors de la débâcle d’Outreau : l’extrême jeunesse et l’inexpérience de beaucoup de magistrats. Ajoutons à cela le fait qu’ils (et qu’elles) sont en général issus de la bourgeoisie aisée. Tout le monde peut voir dans les polars télévisés l’affrontement entre le flic de terrain et la petite juge bobo, pour caricaturer. Or l’appartenance à une caste sociale et la réussite à un concours ne devraient pas suffire pour exercer des pouvoirs allant jusqu’à l’incarcération et l’élargissement (scandaleuses aussi, les remises de peine décrétées au mépris des victimes). Aucun système n’est parfait, mais des juges d’expérience élus seraient un moindre mal, à mon sens. Pour le reste, l’humanité est sortie de l’état de nature et a abdiqué l’autodéfense entre les mains d’une autorité afin de vivre en sécurité. Lorsqu’un état ne garantit plus la sécurité physique de ses citoyens devant une délinquence croissante et laisse de surcroît les gros flux financiers apatrides instaurer la précarité, il faillit à sa mission.


                      • Judge Bean (---.---.64.135) 27 septembre 2006 15:21

                        Aux US les juges et les policiers en chef sont elus ce sont d’autant de petits sarko démagogiques ! Sinon +1 pour la faillite


                      • armand (---.---.135.193) 27 septembre 2006 15:49

                        Eh oui, quadrature du cercle. Mais on peut envisager plus de passerelles permettant aux gens d’expérience de devenir magistrats.


                        • Alterego (---.---.45.33) 30 septembre 2006 19:09

                          Les parents sont responsables légalement des co(ra)neries de leur progéniture jusqu’à sa majorité, et eux on peut les mettre à l’amende et en taule...

                          Alors, qu’est-ce-qu’on attend pour être heureux ?

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