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Accueil du site > Actualités > Société > L’art conceptuel entre laideur et insignifiance

L’art conceptuel entre laideur et insignifiance

Vous n’allez lire qu’une opinion personnelle, la mienne, sur un thème devenu assez classique et plus facile à comprendre que la mécanique quantique, d’autant plus que je ne fais pas dans la subtilité en proposant un avis tranché, sans nuances. Bref, à l’image de la faune du Net qui elle aussi, ne connaît pas les contrastes et fait office de métaphore conceptuelle en pissant du commentaire.

C’était dans les années 1990, années de mutations. Quoique, on se demande si depuis plus d’un siècle, chaque décennie ne s’accompagne pas d’un cortège de mutations, autant dans les techniques qu’au niveau de comportements et des cultures du quotidien. Et bien évidemment, les expressions artistiques évoluent de concert avec la société. De concert ou de connivence ? D’après Heidegger, lorsqu’un genre artistique émerge, un peuple entre dans une vocation historique, accomplissant un dessein, une révélation. Bon, laissons ces énigmes de la parousie pour ici évoquer ces années 1990 où se sont affrontés laudateurs et contempteurs de l’art qu’on disait conceptuel et qui maintenant, est devenu une institution pour ne pas dire une convention, une habitude et surtout un prétexte à faire quelques profits sur le marché de l’art ou alors, si l’artiste possède un bon carnet d’adresse, ce sera l’argent public qui sera versé avec comme prétexte une commande d’Etat ou alors d’une collectivité locale. Cet art dit conceptuel voire contemporain a donc été le prétexte pour une controverse qui comme souvent, fut passionnée et même violente dans le verbe. Un certain Baudrillard aurait tiré le premier en dénonçant dans une tribune assez confuse le snobisme, la spéculation, la collectionnite, le snobisme, l’élitisme et tout un ensemble de « travers » suspectés d’accompagner les pratiques de l’art conceptuel. Ce qui fit réagir Philippe Dagen qui prit prétexte de la charge de Baudrillard pour dénoncer la haine de l’art. Y voir un remake de la fameuse querelle des anciens et modernes de 1700 serait trompeur car la querelle de l’art contemporain est aussi une controverse entre classes sociales, pour ne pas dire entre l’art des élites et un art plus authentique. Ou entre un art réservé aux riches et un art plus populaire. Bref, les débats ont été assez confus, mélangeant allègrement les critères herméneutiques, esthétiques et idéologiques. Une requête sur le Net montre que cette querelle ne s’est pas éteinte. Ce qui laisse supposer que tant qu’il y aura de l’art contemporain, il y aura des mécontemporains, des gens indifférents, des acquéreurs en mal d’investissement, des collectionneurs snob et bien entendu des intellectuels pour débattre de ces choses. Qui au fond, méritent plus d’attention que l’obsession qui court autour de Depardieu ou Cahuzac.

Peut-être faut-il questionner cet art en revenant aux fondamentaux, c’est-à-dire en essayant de faire parler les œuvres, de leur faire avouer le message qu’elles nous adressent et bien entendu d’exprimer le ressenti, l’émotion qui s’en dégage si c’est le cas, où bien l’absence, le sentiment de vide ou enfin les jugements de goût. En prenant notamment en considération le caractère assez hétéroclite du genre si bien que cet art conceptuel peut difficilement entrer dans une catégorisation limitée ni faire l’objet de généralités sans écraser les diversités. Pourtant, il faut bien se lancer et pour ma part, je serais enclin à considérer que l’art conceptuel est souvent laid et qu’il s’associe assez bien avec la laideur du monde contemporain hyper moderne.

Je me rappelle d’une anecdote. Une exposition à Nice et le lendemain, les journaux nous apprennent qu’une œuvre d’art avait disparu. En fait, ce sont les femmes de ménage (on dit techniciennes de surface en novlangue contemporaine) qui l’ont mise à la poubelle, croyant avoir affaire à un tas de détritus. C’est finalement une évocation de l’art conceptuel comme représentation des déchets produits par l’homme. Tout est marchandise dit l’économiste, tout se prête à une représentation dit l’artiste conceptuel. Voici quelques années, je flânais dans le CAPC en ouverture libre ce jour là. Ce prestigieux musée bordelais accueillait plusieurs artistes. Dans l’une des salles, des chaudrons en fonte étaient alignés, chacun rempli par quelques kilos de gravas. Au mur, un intitulé que je n’ai pas retenu mais qui visiblement signalait l’œuvre ainsi que son concepteur. Mon avis sur le moment : sans intérêt, limite foutage de gueule. Je crois me souvenir que bien des salles étaient occupées par des morceaux de matériau grossièrement agencés et faisant figure d’œuvre d’art. Comme du reste les controversées colonnes de Buren, symbole emblématique du socialisme mitterrandien perdu dans le fantasme des grands travaux présidentiels et des petits caprices de Jack. Pas plus tard qu’en cette fin d’année 2012, la place Pey-Berland a accueilli une statue payée 500 000 euros représentant Chaban-Delmas. Cette sculpture très contemporaine, je l’ai trouvée très moche. Comme du reste des tas d’autres œuvres plasticiennes en libre accès dans les grandes et moyennes villes. Il faut remplir le vide. Peut-être que cet art conceptuel dévoile le vide des âmes dirigeantes, les errements d’une société égarée, qui faute de repère, se contente de remplissage.

Finalement, je ne sais si c’est le côté moche de l’art contemporain qui se révulse ou bien son aspect artificiel, typique des grandes zones urbaines, plus en phase avec la morne atmosphère des zones périphériques parsemée d’immenses lofts voués au shopping de masse, qu’avec les vieilles pierres des centres-villes chargées d’histoire et que d’improbables plasticiens viennent profaner pour le plaisir des badauds qui viennent aussi faire du shopping. L’art conceptuel a au moins le mérite d’offrir un contraste saisissant permettant de prendre conscience de la valeur sacrée de certaines œuvres passées et même présentes tout en révélant en négatif (supradialectique) la beauté de la nature et des grandes œuvres de peintures, ainsi que les symphonies modernes ou les polyphonies médiévales. Je vais passer pour un bougon lettré de terroir genre Tillinac ou un vieux con antimoderne genre Muray mais je m’en tape. Je goûte le plaisir du beau et le savoure. Les dévots de l’art conceptuel sont parfois des envieux face aux esthètes. Ils sont peut-être des nihilistes tels qu’a pu les décrire un Leo Strauss. L’art conceptuel, humain trop humain aurait dit Nietzsche.

L’autre jour, je visionnais un reportage sur le val d’Europe, cette ville artificielle prévue pour loger les cadres de Disney. Cité nickel, rues propres, places géométriques, répliques factices des célèbres places et monuments des villes européennes, bref, sorte de Las Vegas mais sans le cliquant des lumières et les invitations à la débauche. J’ai eu le sentiment d’un lieu sinistre, inhabitable, sorte de prison dorée en art plastique avec ses logements bien ordonnés et tout à sa place. Bref, un immense cimetière conçu en architecture contemporaine faisant office de cadre de vie pour zombis post-modernes. Dieu merci, nul n’impose de vivre dans ces cimetières dorés. Je me souviens de flâneries dans la ville de Nice, avec ses trottoirs sales et ses boutiques approximatives parcourues par une foule hétéroclite. Bref, un joyeux bordel de gens et de vitrines offrant le sentiment d’une vie foisonnante. Autres lieux que ces chemins de montagne dans le Mercantour, cette incroyable spectacle de rochers et de végétaux, sorte de jardin à la japonaise naturel et surdimensionné façonné sans la main de l’homme, tout comme les couchers de soleil imprévisibles où le sentiment d’ivresse et de liberté se mire dans le silence d’un ciel bientôt étoilé alors que les étranges phosphorescences annoncent le renouveau de la vie et ma foi, que j’aime bien me perdre dans les rêveries universelles plutôt que de m’égarer dans les centres commerciaux ou les musées d’art contemporain.

On l’aura compris, je n’aime pas l’art conceptuel, pas plus que Céline Dion ou Pascal Obispo. C’est une question de goût mais plus que cela, car l’art n’est jamais dissocié d’une culture et d’une idéologie, du moins à l’époque moderne. L’art classique fixe l’esthète et l’amène vers un éclat de conscience. Dans l’art conceptuel, je vois plutôt une sorte de jeu et qui dit jeu dit manipulation. L’artiste se sert des spectateurs pour son intérêt personnel. Il se plaît à voir le microcosme ou alors les masses graviter autour de son ego. En ce sens, l’art contemporain est complice du marché avec lequel il partage le même principe, celui d’instrumentaliser les individus. Mais c’est surtout la laideur de l’art conceptuel ou son insignifiance qui me détourne et me permet de prendre conscience du ravissement qu’on peut prendre en arpentant quelques chemins de forêt ou mieux encore, quelques coins secrets et sauvages dans le bassin d’Arcachon. Quand je me balade dans le Réolais, là aussi, je goûte ces paysages de terroir et j’apprécie cette nature sauvage ou parfois aménagée avec un goût de France du terroir qui vaut plus que toutes les œuvres des musées modernes. Œuvres qui parfois font figure de fausse monnaie. Il suffit qu’un artiste coté peigne une croûte et signe pour que son œuvre prenne la forme d’un gros billet de banque valant 10 000 euros.

Je me fous d’être considéré comme conservateur. Je refuse d’être moderniste sur commande, avant-gardiste par posture, à la mode ou au goût du jour pour me fondre dans l’opinion. La conscience éveillée s’affranchit des contingences matérielles et des caprices du temps à l’ère hyper moderne. J’aime Botticelli et Opeth, Vivaldi et Dali, le rock progressif et les cathédrales, les fossiles d’ammonites et les platanes du canal latéral à la Garonne. J’aime planer avec en fond sonore quelques notes de mellotron.

 


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70 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 11 janvier 2013 09:37

    Vous avez raison, en voyant la photo illustrant votre propos je dirais que c’est à chier !


    • La mouche du coche La mouche du coche 11 janvier 2013 19:18

      Je pense qu’il faut avoir le courage d’appeler cet art par son nom : c’est un art de dégénérés.


    • schwitters schwitters 11 janvier 2013 20:33

      Idéologie de nazi pour sauver votre monde fantasmatique ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 12 janvier 2013 15:19

      Point godwin pour Schuitters. Voilà où en est le niveau de ceux qui aiment ces trucs. smiley


    • schwitters schwitters 12 janvier 2013 16:01

      L’expo Art dégénéré est connu mondialement (Berlin 1937), c’est vous qui êtes de ce niveau en faisant une allusion. Les nazis en l’occurence sont vos amis, pas moi ! Trop facile de danser, faire des pirouettes pour cacher votre fond fait de noirceur et de jalousie crase, et vous n’êtes même pas capable de prendre la peine de regarder comme s’écrit Godwin !! La misère !!


    • La mouche du coche La mouche du coche 12 janvier 2013 18:03

      Quand on a l’esprit petit, conventionnel et borné, on invoque les nazis pour discréditer ses adversaires sans avoir à discuter. C’est ce que vous venez de faire. J’ai gagné ! smiley


    • antonio 11 janvier 2013 10:22

      La plupart des artistes « pensent » leurs oeuvres : ils ont une « idée », une vision, une intuition, etc de ce qu’ils souhaitent réaliser mais n’en sont pas pour autant « prisonniers », se laissant guider ou s’abandonnant au chemin primesautier de l’imagination, de l’inconscient, etc...Ce qui caractérise les grands artistes , c’est qu’ils ont quelque chose à dire, quelque chose qui touche notre sensibilité, notre personnalité, nous émeut, nous transporte dans un autre monde qui nous « parle »...ils voient ce que le quotidien obscurcit dans notre vie, ils nous transmettent « une réalité autre » plus vraie que celle que nous percevons....ce sont de mystérieux médiums.... et ils travaillent beaucoup, cherchant, recommençant, affinant leur savoir- faire jusqu’à nous faire croire que c’est facile pour eux...
      Certains tableaux nous plaisent, nous enchantent et il nous est parfois bien difficile de dire pourquoi, sauf à fournir quelques explications bien palotes, un peu rationnelles qui n’expriment que l’accessoire.
      Kandinsky, Basquiat, Picasso sont parmi mes enchanteur préférés, Balthus aussi... ...( inutile et fastidieux de citer ceux qui ont ma faveur parmi leurs prédécesseurs...)

      Art conceptuel ? Primauté de l’idée sur la réalisation...le savoir-faire de l’artiste n’est plus nécessaire... Une belle escroquerie qui ne sert qu’à l’étalage du nombrilisme paresseux de gens qui n’ont rien à dire..................

      Une brève anecdote : à Vallauris, biennale internationale de la céramique : art conceptuel bien sûr ! nulle ! nulle ! Heureusement, à l’étage, étaient exposées des poteries de Picasso...
      quelle bouffée d’air frais ! Quel plaisir à les contempler sans lassitude !


      • voxagora voxagora 11 janvier 2013 11:02

        Je vous suis totalement sur votre raisonnement concernant « l’idée » :

        il me semble que c’est cela qui est devenu le support de champ artistique et culturel :
        quelqu’un a une « idée », et pour peu qu’il aie (ait ?) les moyens matériels, 
        ou qu’il fasse partie d’un cercle qui les lui procure, en vue d’un retour sur investissement, 
        l’idée est matérialisée, l« oeuvre » est distribuée et vogue la galère.
        On voit alors le pire et le meilleur,
        mais surtout ces « oeuvres » qui semblent être du « N’importe quoi », ne doivent pas tant au hasard
        qu’au « voisinage de la pulsion » (anale en l’occurrence, et l’illustration de l’article est excellente)
        comme on peut le découvrir dans ces travaux (l’article est long et difficile mais on peut en extraire des choses intéressantes.
        .

      • Gollum Gollum 11 janvier 2013 10:24

        Bien d’accord avec ce billet. 


        La laideur intrinsèque de l’art dit moderne est à l’image de l’homme insignifiant et entropique d’aujourd’hui. Homme prophétisé par Nietzsche et d’autres.

        Paradoxalement j’y vois une positivité absolue en ce sens que ces œuvres sont un éloge à la Beauté malgré elles..

        Car le contraste est évident entre ces œuvres créées par l’homme et qui sont à chier comme le souligne Gabriel, et ce que l’on peut observer en se promenant dans la Nature, dans le Mercantour, en Auvergne, dans le Verdon, les Pyrénées, une simple forêt...

        On voit ainsi que le diable a un visage, celui du Rien..

        En ce sens jamais n’a été plus vrai la parole du dominicain Eckhart : « celui qui blasphème Dieu, loue Dieu »..

        • voxagora voxagora 11 janvier 2013 11:03

          Et celui qui chie dans l’art chie sur l’art, par l’art, et tient à nous le faire partager


        • schwitters schwitters 11 janvier 2013 14:23

          C’est mignon, mais est-il logique de parler de choses inconnus à part 2 ou 3 clichés ? D’en faire un néant ?

          C’est de votre côté qu’il y a de l’artifice.

          Un amateur qui a fait des milliers de kilomètre pour voir les oeuvres du moyen-âge à l’art contemporain

        • ricoxy ricoxy 11 janvier 2013 11:15

          Hé oui, Platon le disait déjà : le Beau est l’expression du Bien. Sommes-nous dans le royaume du mal ? Nos « artistes » contemporains semblent haïr le Beau.


          • schwitters schwitters 11 janvier 2013 14:27

            Mais suffit-il de voir deux ou trois choses pour juger du travail de milliers d’artistes ? C’est juste répéter ce qu’il est bon ton de penser !


          • ricoxy ricoxy 11 janvier 2013 16:32

            Je ne suis pas atteint de psittacisme, et ne répète donc rien ; je ne fais que regarder (les œuvres peintes ou sculptées), ou écouter (les œuvres musicales).

            Constat : l’art abstrait fait abstraction de l’art.


          • schwitters schwitters 11 janvier 2013 20:31

            Quant on a les lunettes basses, il n’y a rien à faire...même les grands mots et sentiments n’y peuvent rien.


          • alberto alberto 11 janvier 2013 11:17

            Salut Dugué :

            Habituellement, quand tu t’occupes d’autres choses que tes dadas (la chasse au bison de Huggs et la recherche des croquettes pour le chat de Schrödinger), je te vois souvent perdre un peu les pédales...

            Mais pour le coup, je te suis : entre vieux cons, on se comprend !

            Mais une question : Mellotron ou orgue Hammond ?

            Bien à toi.


            • Piere CHALORY Piere Chalory 11 janvier 2013 11:31
               @ l’auteur & les autres,



              Votre article résume environ la pensée de beaucoup de monde. L« art » conceptuel date des années 60, il s’agit plus d’une histoire d’argent que d’art. Je me souviens d’une exposition à Aubagne en 1982, dans un centre culturel, sur le ’’mouvement support surface", avatar concept « original », performance intellectuelle.


              Une des « oeuvres » était constituée d’un drap de lit défraîchi, punaisé au mur à environ 1 mètre 50 de hauteur, le reste du drap continuait au sol comme un tapis, plié à 90 ° vers le « spectateur ». L’oeuvre était ’’protégée’’, des fois qu’un visiteur indélicat ait marché dessus par inadvertance, croyant s’essuyer les pieds sur une serpillière géante.


              Le drap jauni était entouré d’une barrière amovible, constituée de poteaux chromés dans lequel glissait une grosse corde rouge tressée, un peu comme dans les cinémas pour la file d’attente.


              Le guide de l’exposition m’a expliqué sérieusement que le sens de cette oeuvre hautement sophistiquée était que, selon l’endroit où on se plaçait, l’oeuvre se ’’modifiait’’ toute seule, d’elle même !


              Forcément, la perspective étant ce qu’elle est, l’apparence et la forme d’un morceau de tissu posé par terre ou au mur passe par plusieurs états formels selon que l’on s’en approche ou qu’on s’en éloigne. Plus gros, plus petit, rectangle, carré, trapèze.Magique !


              Ce genre de délire est courant dans l’art comptant pour rien. Dans cette même exposition des années 80, étaient accrochées au mur quelques toiles blanches, complètement.


              une phrase du film ’’la métamorphose des cloportes’’ me revient en mémoire. Pierre Brasseur, receleur enrichi transformé en sorte de Fernand Legros, marchand d’art pour jet set parisienne de l’époque, parlant à Lino Ventura, voleur de tableaux de maîtres :


              ---- Alphonse mon fils, sur le plan de l’arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien, vous m’entendez ? RIEN ! à côté de la peinture abstraite...



              • schwitters schwitters 11 janvier 2013 14:39

                Vous jetez tout par aigreur...( c’est un point de vue récurant...sans doute parce que l’art moderne et contemporain sont difficilement accessibles....il faut se déplacer pour voir le meilleur).

                Pourquoi généraliser dans votre conclusion (art abstrait), et Support/surface (dont je suis pas fan) n’est qu’un tout petit bout de la production mondiale des années soixante, conceptuelle ou non !

              • Piere CHALORY Piere Chalory 11 janvier 2013 15:16

                ’’Vous jetez tout par aigreur...( c’est un point de vue récurant...sans doute parce que l’art moderne et contemporain sont difficilement accessibles....il faut se déplacer pour voir le meilleur).’’



                Que savez vous de ce que je jette dans l’art, et s’il s’agit d’aigreur ou de choix ?

                Il se trouve que je suis peintre moi même, sculpteur sur marbre également, certaines de mes oeuvres sont exposées à New York, et j’ai obtenu plusieurs prix internationaux, mais je ne suis pas ici pour raconter mon cv. J’ai été également durant 5 ans président d’une association regroupant plus de 40 peintres dont la majorité ont, ou exposent dans le monde entier.

                Notre groupe de peintres était plutôt hors chemin de l’art officiel merdique auquel vous faites allusion. Plus situé dans un registre entre surréalisme, visionnaire, en tout cas pour nous, quelque chose doit se passer face à une oeuvre quelle quelle soit.

                Il ne faudrait pas confondre Renoir, qui est un peintre génial, doté d’une technique époustouflante, et l’ex trader Jeff Koons, locomotive de ’’l’art’’ à la mode qui semble ravir vos pupilles endormies. Peut être même jalousez vous Bernard Arnault, dont l’épaisseur du portefeuille lui permet d’accrocher chez lui des horreurs valant 10 millions de dollars sur ses murs. 

                hélas, les affaires et l’art authentique sont 2 choses différentes. Le Mind Merchandising généralisé auquel nous assistons est semble-t-il et sans doute responsable de cet avatar des temps actuels qu’est ’’l’art contemporain’’. Avatar auquel on peut associer aussi le débunking tout azimut, renversement de toute valeur millénaire, véritable art d’apprendre à marcher sur la tête. 

                mais après tout, tout n’est qu’une question de gouts et de couleurs.

              • schwitters schwitters 11 janvier 2013 16:07

                Merci de votre réponse, mon expérience personnelle me permet de confirmer une partie de ce que vous dites sur le milieu de l’art contemporain...mais, voilà, c’est une guerre de chaque instant à qui influencera le plus les « valeurs » esthétiques.

                Je déteste Koons depuis le début, c’est un emprunteur rusé. Mais pourquoi généraliser, l’art conceptuel a en parti pénétré les différents domaines de l’art, c’est inéluctable, il y a pléthore de bons artistes (je ne vais pas faire un déroulé).
                Après j’ai un peu travaillé dans ce milieu (très étatique), il y a du bon et du moins bon...mais c’est la réalité.. mais pourquoi tout rejeté ?

                « Ce genre de délire est courant dans l’art comptant pour rien. » Je n’invente pas !

                Vu le nombre d’artistes, je ne suis pas étonné de la concurrence et du besoin d’être fort en communication...mais, moi, spectateur, je ne peux pas tenir compte de cela..
                Mais du Moyen-âge à aujourd’hui, je trouve mon pain quotidien d’art intemporelle.

              • Piere CHALORY Piere Chalory 11 janvier 2013 17:17

                si vous avez travaillé dans ce milieu vous devez en savoir quelque chose, il s’agit d’un panier de crabe, plus proche de l’arène politique, et pour cause, que d’Art au sens noble. Mais ma critique ne touche pas tant la forme que le fond de ’’l’art contemporain’’, j’avoue ne pas connaître très bien ce milieu, et m’intéresser plus aux fresques d’Herculaneum qu’à Daniel Buren ou autre ’’pointure’’ du job étatique de décorateur officiel des monuments de Paris ou d’ailleurs, job certes bien payé. 


                Parlons du Frac et autre Mac, quasiment toutes les ’’oeuvres’’ payées avec de l’argent public, parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros, stockées dans les ’’réserves’’ du Frac, mises aujourdh’ui en vente publiques aux enchères rapporteraient autour de zéro euros.

                Stéfane Collaro, l’ancien animateur télé, amateur d’art contemporain, a bien y failli laisser sa chemise en achetant très cher n’importe quoi. Beaucoup d’’artistes’’ exposés dans des galeries ’’chicos’’ avec carnet d’adresse prestigieux ne font souvent qu’une exposition dans toute leur vie, puis ils retournent faire travailleur ’’normal’’ jusqu’à la retraite, ou rentier pour les plus favorisés.

                Il ya une grande différence entre le salon des refusés, impressionnistes dénigrés et labellisés ainsi par Louis Leroy, critique d’art officiel de l’époque de Monet, Pissarro and Co, avec les bouts de ficelles, pisschrist et autres provocations qu’on voudrait nous faire passer comme ’’oeuvres d’art’’

                Ce qui restera de l’art dans 100 ans n’est surement pas cela, on ne sera plus là pour le voir. Et quelque part tant mieux si je me trompe.

              • schwitters schwitters 11 janvier 2013 18:39

                Sur le constat, je suis d’accord, mais malgré tout, malgré le trop plein de « n’importe quoi », je pense que les artistes qui resteront émaneront de ce milieu Et des milieux dits annexes.

                L’art n’est pas plus une jungle que les autres milieux professionnels (vous en faites également parti si j’ai bien compris.
                Moi (extérieur) je ne me pose pas de problème, j’aime l’art au sens large (j’ai commencé tout jeune par Klee, Dubuffet etc. j’adore à peu près tout), BD et cinéma, art video...alors les querelles me semblent veine. L’art conceptuel est une petite fenêtre...trop facile pour refuser Beuys, Kiefer, Richter, Signer (pour qui j’ai travaillé), j’aime bien Hyber (idem, une vidéo)
                Après il y a plein d’artistes que je n’apprécie pas (le mouvement support/surface comme vous) mais leur cote m’indiffère et je ne vois pas l’intérêt de les dénigrer, je préfère m’arêter devant une oeuvre de Twombly....ou un vieux Schwitters.
                Il y a tant de proposition...les Frac permettent aux artistes de faire une création...bien sûr tout cela provoque une surproduction d’oeuvres et d’artistes...mais ne vaut-il pas mieux cela que le contraire.
                Je pourrais citer aussi les intemporels « Rauschenberg, Jasper Johns », les plus jeunes « Bruce Nauman, Sigmar Polke » etc
                A mon vis, la sélection se fait malgré toutes les manipulations.
                Avec vous, on a l’impression qu’il y a que quelque artistes style Buren, qui font le champ artistique...peut-être y a t-il un mal français.
                Je me rappelle un reportage sur un artiste connu dans le monde entier (cote forte), mais pas en France !
                Ce qui est arrivé à....Duchamp (un de mes maîtres, pour sa poésie, sa clairvoyance, son surréalisme de première main) et c’est un des premiers à avoir introduit l’idée comme acte de création, repris par un autre artiste décrié : Manzoni.....( voir aussi malevitch, bien plus tôt). Périodes difficilement contournables.

                Je sais, cela est totalement subjectif ; je l’avais évoqué avec mon prof d’histoire, en fait la direction prise par les historiens de l’art est déterminée par les amateurs et les marchands d’art.....à espérer qu’ils aient du goût car eux seules sont le premier maillon du renouvellement des oeuvres d’Art.


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 janvier 2013 19:50

                « Si j’ai fait de l’alchimie,c’est de la seule façon qui soit de nos jours admissible,c’est à dire sans le savoir ».
                Marcel Duchanp ,1962.
                L’étais pas dupe le Marcel ....


              • schwitters schwitters 11 janvier 2013 19:59

                Belle citation, pourquoi une telle déduction de votre part ?


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 janvier 2013 20:07

                Admissible ...


              • marcopolo30 11 janvier 2013 20:41

                Intérrogez les spécialiste du transport d’oeuvres d’art. Leurs hangars sont plein d« ’oeuvres » d’art contemporain, que les concepteurs ne réclament jamais après une expo, parce qu’elles n’ont aucune valeur ! Un de mes amis avait fait une expos dans son jardin, d’immenses tôles éparpillées, des tonnes et des tonnes de ferraille plus ou moins rouillées. L’artiste n’a jamais voulu les reprendre. Il les débite au kilomètre !! Et de temps en temps en vend à des imbéciles !!!!!!!! sans autre commentaire !


              • schwitters schwitters 11 janvier 2013 20:53

                L’exemple malheureux ne fait pas la règle !

                Après il y a des abus mais comme dans le reste de la société, il y a de bonne chose dans les sphères marginales comme dans les sphères officielles et dans les galeries.

              • ZenZoe ZenZoe 11 janvier 2013 12:05

                D’accord globalement avec l’auteur avec une partie de son analyse.
                L’art contemporain, loin cependant d’être un foutage de gueule, est un marqueur social, une manière de la part d’une certaine élite de parvenus de placer une barrière entre eux et la vaste plouquitude qui grouille à leurs pieds. Plouquitude qui, comble du grotesque, a su montrer au fil du temps et des expositions, qu’elle pouvait apprécier les impressionnistes, les cubistes, puis les néo-réalistes. Il fallait impérativement trouver autre chose.
                L’art conceptuel est donc devenu le triste symbole d’une catégorie qui doit en appeller ici à un tas d’excréments, là à un lancer de chats, plus loin encore à des cadavres de prisonniers chinois, tout pour faire croire à leur supériorité culturelle et leur avant-gardisme sociétal - et qui prouve seulement qu’elle n’a rien compris à ce qu’est une véritable oeuvre d’art : l’expression de la personnalité de l’artiste avec toute l’adresse technique dont il est capable.
                [soupir]


                • schwitters schwitters 11 janvier 2013 14:46

                  Soupir moi aussi, je n’avais jamais entendu un tel discours dans les musées, les centres d’art, les FRAC ou autre organisme étatique...

                  D’où sortez vous cette vision sortie d’un film ?

                • I.L. I.L. 11 janvier 2013 12:24

                  Louis Leroy sortez de ce corps !

                  Pour beaucoup ce qui sont ridicules ce sont ceux qui pont peint vainement des combats de coqs avec des jeunes grecs à poil en 1847...

                  Votre ton péremptoire vous rend tout autant grossier que peu intéressant sans ajouter une seule once de crédibilité à vos propos...


                • I.L. I.L. 11 janvier 2013 13:30

                  j’ai cru un instant que vous alliez nous parler d’art dégénéré.
                  On en n’ est pas loin !

                  Je vous laisse à vos rêves, encore qu’ils semblent bien étroits !


                • ce « chiotte » pourrait etre appelé« assemblée nationale » comme mon container poubelles..........


                • schwitters schwitters 11 janvier 2013 14:54

                  Ouf, je croyais être tombé dans une sorte de caverne où le fait de voir la lumière serait proscrit.

                  Les jugements généralisés qui ne reposent sur presque rien, font effectivement froid dans le dos (de l’histoire).

                • La mouche du coche La mouche du coche 11 janvier 2013 19:19

                  I. L. a raison. C’est un art dégénéré. smiley


                • rocla (haddock) rocla (haddock) 11 janvier 2013 12:21

                  L’ art existera toujours , il y a toujours des têtes de lard .


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 janvier 2013 13:35

                    L’art est mort ,la culture l’a tué .


                    • astus astus 11 janvier 2013 14:13

                      L’art dit conceptuel reflète notre époque de laideur qui empêche le travail de la pensée c’est pourquoi il faut en effet vidanger la plupart des musées modernes de ces merdouilles fricassées pour chercher ailleurs le vrai et le beau qui nous délivreront de la beaufitude instituée par ces nouveaux marchands idolâtres. Mais ne jetons pas tous les bébés avec l’eau du bain car il existe encore des artistes intéressants, et pour la France regardons par exemple du côté de Pierre Soulages, de Richard Texier ou de Zao Wou-Ki, entres autres. Mais c’est seulement une suggestion et un goût personnel, qu’on peut ne pas partager. 


                      • schwitters schwitters 11 janvier 2013 14:17

                        Pardon, mais l’art conceptuel est né en 1917, comme quoi on est vraiment en retard quant a la validation de ce courant qui met la pensée au service des arts plastiques.

                        Triste de faire des conclusions avec l’ignorance de centaines d’artistes qui ont animé ce mouvement.
                        Quant on ne connait pas (être amateur de) on se tait ou, au moins, on vise à sa propre échelle.

                        • La mouche du coche La mouche du coche 11 janvier 2013 19:16

                          ... et on tire la chasse. smiley


                        • Olib Olib 11 janvier 2013 15:17

                          Bonjour,

                          La visite d’exposition de gravats ne fait pas non plus partie de mes loisirs, j’ai un souvenir assez douloureux d’il y a une vingtaine d’année dans un musée parisien où j’avais fait le tour de l’étage en zigzagant entre des conduits de climatiseurs pour chercher l’expo avant de m’apercevoir que c’était ça l’expo.

                          Sinon, deux remarques :

                          -  de la même façon que nous vivons une époque moderne, tout ce qui est produit d’ « artistique » actuellement nous est contemporain. Aussi bien le coucher de soleil sur la Gironde de l’amateur local, que les faux ballons argentés de  Jeff Koons.

                          -  Le concept est indissociable de l’art, même si c’est de la peinture figurative. A Lascaux, chez le Greco ou Modigliani, la représentation est conceptuelle, non ? Bonnard, Monet n’offre pas une représentation « fidèle » de ce qu’ils peignent et d’ailleurs est-ce beau ? Il y a un certain consensus sur Monet et Lascaux pour le reste, j’en suis moins sûr.

                           

                          Ce qui semble vous choquer c’est à la fois que ce soit présenté comme de l’art mais surtout que la valeur marchande en soit élevée, mais là c’est le problème du marché de l’art pas de l’art.

                          Par ailleurs si le concept prend le pas sur le savoir faire c’est le corolaire de la démocratisation.  N’importe qui peut faire n’importe quoi sans sembler posséder aucune technique de réalisation. Tout ça n’est vendable qu’avec de solides appuis médiatiques, un réseau de galeristes et beaucoup de littérature imbuvable.

                          Ca n’empêche pas que ce qui plaît au plus grand nombre en art reste proche du goût moyen avec quelques dizaines d’années de retard (cf les impressionnistes encensés aujourd’hui, décriés à leur époque).

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