• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > L’autodétermination du hamster dans sa roue
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(27 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

L’autodétermination du hamster dans sa roue

Marche ou crève. Voilà le monde dans lequel nous vivons. Voilà le monde dont on a hérité et probablement celui que nous allons léguer à nos enfants. Pas de quoi pavoiser.

Marche ou crève. Un pas en avant, dix coups dans ta gueule, tu encaisses le recul et tu recommences. Il faut un moral de vainqueur pour survivre dans un monde de perdants. Marche ou crève. Tu y crois, tu te bats, tu te défonces, d’ailleurs, même si tu n’y crois pas, tu fais au moins semblant, au moins la chaleur du troupeau que l’extrême solitude du sage. Bêlons en chœur, peut-être que le loup bouffera le mouton d’à côté, peut-être même qu’en fermant très fort les yeux, tout cela cessera d’exister et la porte du placard se refermera sur sa parade monstrueuse qui a envahi toute la chambre et qui déferle maintenant dans le couloir.

Marche ou crève. Ou faire dans l’originalité, choisir son rythme. Je trottine, je cours, je brasse et je pédale. Je pensais avoir changé d’univers physique et mental, je n’ai fait que m’adapter à la donne en restant dans le mouvement. Ma seule marge de manœuvre, c’est la vitesse que j’imprime à la roue que mes efforts colossaux font tourner mollement sur place.
Marche ou crève. Courir pour oublier qu’on ne va nulle part. Pédaler pour démultiplier le pas perdu. Nager pour ne pas sombrer corps et âme. Ni médaille, ni trophée, ni podium, ou alors tous bien serrés sur la dernière marche. Ni fleurs, ni couronne. Non plus. Rien que l’instant et l’écho de ton souffle court pendant que tu t’échines à avancer. Avancer. Comme des pantins. Les figurants d’un mauvais film qui emmerde tout le monde et dont personne ne veut connaître la fin.
Marche ou crève. K.O. debout, tu t’es encore vautré. Est-il humainement possible de se bouffer autant de portes sans jamais s’enkyster dans le bois du panneau ? Encore une couleuvre à avaler, ton gosier est plus souple et serpentaire qu’un alambic, tu ne peux même plus déglutir ta propre honte, ton ultime négation de toi. Envie de laisser tomber, de baisser les bras.
Et puis quoi ?
Crève dans le fossé, la gueule ouverte. Mais fais-le en silence, pour ne pas troubler la foulée intime et recueillie des autres coureurs de fond. Crève, mais crève donc ! le surnuméraire, l’échappé du dernier rang, le boulet de service, toi, le putain de concurrent. Pas de voiture-balai dans ce tour de force-là, pour ce tas de forçats las. Ce n’est même pas la loi de la jungle, les animaux n’ont jamais été aussi cons. Demain attend pourtant l’ultime ressource du faible de ce soir. C’est la leçon que nous ignorons, que nous méprisons sans cesse et c’est bien là notre perte.

Pas de consolation pour les perdants, ni repos, ni soulagement. On les finira à coups de saton dans le caniveau, ces crevures !

Alors, tu ravales ta peine, tes espoirs et tes colères, tu bandes ces muscles dérisoires que la permanence de la lutte t’a sculptés et tu repars vers le mirage suivant, sans le voir, sans y croire, mais parce que tu n’as, finalement, pas le choix.
par Monolecte (son site) mardi 1er septembre 2009 - 41 réactions
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(27 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par tonton (xxx.xxx.xxx.250) 1er septembre 2009 11:57

    Pourtant les femmes ont la clé de la solution ...

    Le jour où elles décideront de préférer les perdants, vous verrez que ça changera vite
  • Par Gazi BORAT (xxx.xxx.xxx.192) 1er septembre 2009 11:46

    @ MONOLECTE

    Intéressant essai sur cette tyrannie du mouvement perpétuel et cette injonction partout répétée à bouger, bouger, bouger..

    Me reviennent en mémoire ces émissions d’une époque où Bernard Tapie était en pleine gloire et des ces images, nouvelles à l’époque où l’on voyait des chefs d’entreprise obligés de monter en courant les marches qui les menaient à la scène.... Seul exercice physique d’importance pour nombre d’entre eux mais qu’importe !

    Il était nécessaire de distinguer les "battants" qui avancent des "losers" qui les regardent passer.

    Avec toutefois encore un président qui affectait de "laisser du temps au temps" et, roublard, savait que la lenteur peut aussi être un outil stratégique des plus efficace.

    Hélas ! Nous avons maintenant un président qui court... Où ? Nul ne le sait.. A part qu’il fuit en avant !

    Bouger, toujours bouger ! Où du moins faire semblant !

    Pas d’inactifs ,non.. Le moindre chômeur cachera sa situation en répondant qu’il a des projets..

    Excellente image que celle du rongeur dans sa roue, qui dépense son énergie sans aller nulle part..

    gAZi bORAt

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.148) 1er septembre 2009 10:09
    LE CHAT

    On a guère le choix , chaque matin de se lever malgré tout ....

    Marche ou crève ( TRUST )

    Je voulais faire le point de quatre ans d’existence
    C’est assez difficile trop de moments intenses
    Les amis qui te quittent et ceux qui te relancent
    Qui te mangent dans la main quand tu touches les avances
    Ceux qui te dévisagent t’es con t’as pas ton badge
    Ceux qui t’encouragent si tu peux te planter
    Tu connaîtras las dames santé et tiroirs-caisses
    Les désirs des branchés ceux qui ont raté
    Tu vas être appelé à donner ton avis
    Même si cela te fait *****, même s’ils sont obligés
    Ils viennent te snober France actualité
    Ceux que tu piétine comme cela sans y penser
    Marche ou crève la vie que je vis n’est pas un rêve
    Marche ou crève c’est un combat il n’y a pas de trêve

    Ce qu’il adviendra demain je ne sais pas
    Je laisse les gras du bide se charger de tout ça
    J’ai pas courbé l’échine ni retourné ma veste
    On dérange pas mal je vous laisse les restes

    J’ai débuté tout seul il n’y avait rien derrière
    J’ai cru ouvrir ma gueule devant c’était l’enfer
    On en dit des choses j’adore les gens qui causent
    Et qui pensent posséder la musicalité
    Et nous on regarde cela en cherchant le pourquoi
    Y’a ceux qui nous sourient derrière nous assassinent
    Je suis chanteur de Trust et crois-moi j’ai confiance
    Dans la ténacité qui fait tout arriver

    Marche ou crève la vie que je vis n’est pas un rêve
    Marche ou crève c’est un combat il n’y a pas de trêve

    Ca cherche, ça analyse, sont cons comme des valises
    On m’appelle Bernie et c’est très bien ainsi
    Ca ne sera pas facile de nous clouer le bec
    Mais que tu veuilles ou non il faudra faire avec

    Marche ou crève la vie que je vis n’est pas un rêve
    Marche ou crève c’est un combat il n’y a pas de trêve

  • Par Monolecte (xxx.xxx.xxx.221) 1er septembre 2009 10:12
    Monolecte

    Merde : qui fait du Trust sans le vouloir est une baltringue sans le savoir...

    Je n’aurais pas dû m’arrêter à Antisocial et devrais explorer plus avant la vie et l’œuvre de ce groupe attachant.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox