• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > L’Ecole est finie
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(22 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

L’Ecole est finie

Depuis ces dix dernières années les différentes réformes de l'Education Nationale n'ont eu qu'un seul but, son intégration sur le marché très porteur du projet néolibéral en matière d’éducation. Peu à peu, l'on prépare le passage d’une école publique à des structures privées. Ces transformations s'inscrivent dans une volonté de soumettre les domaines de la recherche et de l’éducation, c’est-à-dire la production et la transmission des savoirs, aux logiques de rentabilité et d’accumulation proprement capitalistes.

La marchandisation scolaire a progressé en se drapant dans les habits avantageux du « libre choix » des familles et de l’« autonomie » des établissements, ainsi érigés en nouvelles valeurs cardinales du système éducatif. Qui aurait l’indécence de s’opposer au « libre choix » et à l’« autonomie » ? Mais les effets réels de cette politique sont les prémices d'une école à deux vitesses en accroissant la ghettoïsation de certains élèves dans les quartiers populaires.

Pour espérer échapper au chômage et aux emplois précaires, parents et étudiants se transforment en consommateurs d'école. La mise en concurrence des établissements par les familles disposant de ressources hautement inégales, accélère la mise en marché du système éducatif. Les familles qui le peuvent font prendre des cours particuliers à leurs enfants, ou des stages de math, de français … pendant les périodes de vacances scolaires. La aussi, l’inégalité est la règle, les cours ne sont pas gratuits et les élèves en difficulté issus de milieux populaires ne peuvent se remettre à niveau par manque de moyens.

L’évaluation régulière des résultats obtenus par les élèves et les établissements enclenche souvent une dynamique négative. La publication de palmarès incite les parents à se muer en clients, comparant les différents « services d’enseignement » proposés. Les établissements doivent lutter pour leur survie financière via la réussite d’un maximum d’élèves aux tests. Dans cette logique, la « culture du résultat » peut aisément aboutir à une baisse des exigences et des acquisitions, alors même que les « résultats  » paraissent satisfaisants sur le papier.

Peu à peu l’école publique se restreint comme une peau de chagrin. Les suppressions de personnel et les classes surchargées, accélèreront la dégradation des conditions d’enseignement. De fait les écoles privées accueilleront de nouveaux élèves, mais dans ces structures aussi, l’inégalité sera de mise, et seule une certaine frange de la population pourra prétendre aux écoles « d’exception ». Les différences sociales seront une nouvelle fois amplifiées, et sortira de ces écoles la future classe dirigeante, qui tiendra sous sa coupe ceux qui n’auront pu accéder aux mêmes études qu’eux ! Et au fil du temps, sera rayé de la mémoire collective, le souvenir d’une époque où il existait une vraie école publique !

Il est donc urgent de renouer avec une politique éducative refusant la marchandisation de l’éducation. Il est temps d’arrêter de penser que la mise en concurrence du système éducatif, est une obligation imposée inéluctablement par la mondialisation. Il faut rapidement prendre des mesures comme la suppression de subvention publique à toutes structures privées. Ceci concerne également les CFA privés financés par des fonds publics via la taxe d’apprentissage, car la taxe d’apprentissage est de l’argent public !

 

Article sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2011/12/19/l%E2%80%99ecole-est-finie/

par ROBERT GIL (son site) vendredi 23 décembre 2011 - 20 réactions
19%
D'accord avec l'article ?
 
81%
(22 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Richard Schneider (xxx.xxx.xxx.63) 23 décembre 2011 19:58
    Richard Schneider

     C’est un sujet que je connais un peu (j’ai fait carrière dans l’EN). Quelques réflexions :

    Il y a trois étapes dans la dégradation de l’école républicaine.
    1. La création du collège unique en 1975. Tout le monde éducatif était pour. Avec l’allongement de la scolarité à seize ans, il a bien fallu accueillir tous ces (nombreux) adolescents. Cette massification de l’enseignement a abouti dès les années 80 à une baisse du niveau général. Comment y remédier ? Les têtes pensantes ont imaginé, souvent sous l’impulsion d’anciens soixante-huitards, des pédagogies différenciées. Très rapidement, le climat dans les écoles a changé : moins de cours magistraux, plus d’activités d’éveil etc ... et moins d’autorité, plus de contestation. Pour le dire rapidement, tout le monde a commencé à être dépassé ; mais personne n’a voulu l’admettre : les syndicats pensaient qu’en augmentant les postes, l’encadrement serait amélioré. C’est vrai. Mais ce n’était pas le seul problème. Le niveau continuait à baisser.
    2. Avec Meirieu et Allègre, l’EN se voit attribuer une autre finalité : l’élève sera au centre du système, les profs ne devront plus seulement enseigner, mais aussi éduquer - remplaçant peu à peu les parents défaillants (le plus souvent à leur insu). J’ai connu un inspecteur qui recommandait le principe que c’était à l’élève de faire le cours.
    3. Depuis 2007, on assiste au démantèlement de l’EN. Comment ? en l’étouffant : augmentation des effectifs, diminution des postes d’enseignants ... L’objectif du pouvoir actuel est de transformer l’école en un vaste supermarché où les clients (les parents et accessoirement les élèves) viennent se servir. En effet, il faut aligner l’EN, organisme public, sur les critères du privé. Ex. : les nouvelles fonctions des chefs d’établissement qui sont calquées sur le management de l’entreprise privée. En réalité, nos élites ultra-libérales se fichent de rehausser le niveau général des élèves. La culture, c’est le domaine de TF1... Dans une société où la concurrence est féroce, il est même question d’abolir tout système de notation ! Excellente préparation pour ceux qui vont se retrouver confronter à l’individualisme forcené qui sévit sur le marché du travail. Ce qui compte, c’est la formation a-minima d’une main-d’œuvre flexible dont l’unique but sera de devenir des citoyens-électeurs décérébrés et des consommateurs compulsifs. 
    Pour une infime minorité, de bonnes écoles (et d’universités) privées, payantes suffiront à reproduire les élites formatées qui nous gouvernent. Bref, comme aux USA.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox