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Accueil du site > Actualités > Société > L’école maternelle, c’est du passé...

L’école maternelle, c’est du passé...

"La commune de résidence ne peut se voir imposer de participer aux charges financières liées à la scolarisation à l'extérieur de la commune des enfants d’âge pré-élémentaire."

Peut-être aviez-vous entendu parler d'un groupe de travail du Sénat dont les conclusions étaient prévisibles (La Tribune).

Vous n'avez pas pu échapper aux louanges d'hommes et femmes politiques concernant l'enseignement aux Pays-Bas et en Suède (libre choix de l'école, dénonciation des profs par internet, ...)

Mais cela ne semble pas aller assez vite. La Gazette des Communes nous rapporte la réponse minstérielle à un sénateur :

La scolarisation avant trois ans n'est plus tolérée que dans des cas bien précis. Ça, on le constate.

L'école maternelle n'étant pas obligatoire, les communes ne sont pas tenues d'en avoir et surtout de participer aux charges financières pour les enfants de cet âge scolarisés dans d'autres communes. On imagine sans peine la réaction des maires des communes d'accueil... Vont-ils demander cette participation aux parents ? Ils pourront arguer ne plus avoir de places disponibles.

La porte est donc ouverte à la mise en place d'autres structures...

Allez, rassurez-vous, il doit s'agir d'une erreur du ministère qui indique enfant d'âge pré-élémentaire (c'est-à-dire avant le CP) au lieu d'enfant de moins de 3 ans. Rappelons qu'en France, l'école primaire comprend l'école maternelle et l'école élémentaire)...

Quoique... Qu'en pensez-vous ?


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11 réactions à cet article    


  • leguminator 23 août 2011 16:02

    Au ministère, ce sont des professionnels du domaine : une telle confusion me paraît tout à fait impossible. C’est bien à dessein que la formulation a été tournée.

    On marche à grands pas vers la mort de la maternelle qui a pourtant vocation à préparer les enfants à entrer à l’école élémentaire. Si cela survient effectivement, les parents devront garder (ou faire garder) leurs enfants toute la journée, devront en plus s’inquiéter des les initier à la vie en société (respect des règles) et de leur inculquer les fondamentaux (reconnaître des lettres, savoir compter, ...)

    On retrouvera alors un schéma classique :

    • ceux qui sont aisés trouveront une solution moyennant finance
    • les autres ... galèreront
    Cela ne cadre pas vraiment avec un projet de générations futures mieux formées encore qu’aujourd’hui pour affronter le quotidien.

    • Gaétan Solo 23 août 2011 16:41

      Je partage votre avis.
      Les textes cités ne sont pas récents mais ils sont rappelés, en ce qui concerne les moins de trois ans, dans une période de disparition programmée de l’école maternelle privée. C’est certainement pour préparer le terrain.
      _
      24/06/11 _ Les directives du rectorat, il y a quatre mois, ont été claires : la spécificité lilloise d’accueillir les moins de 3 ans à l’école appartient au passé. « La déscolarisation des 2 ans n’avance pas cachée, dénonçait Martine Aubry en mars. La Voix du Nord
      _
      24/06/11 _ Dans un contexte où gronde la contestation depuis plusieurs semaines après les annonces de suppressions de postes, notamment dans les écoles maternelles où la scolarisation des enfants de moins de 3 ans est devenue très aléatoire, Mme Philippe reste sur sa position : « Ce qui compte, ce sont les résultats. Moi je constate que le taux d’enfants en difficulté en CM2 a baissé ; que les taux de réussite au brevet des collèges et au bac s’améliorent ». Et de noter que, dans le même temps, le taux de scolarisation des enfants de 2 ans a baissé, que donc l’intérêt de la scolarisation des tout-petits n’était démontré. « Sauf évidemment dans le cas d’enfants issus de milieux défavorisés » précise-t-elle. La Voix du Nord [NDLR : En quoi, l’arrêt de la scolarisation des enfants de deux ans peut-il influer ou non sur les résultats des CM2 en si peu d’années ?]
      _
      02/03/11 _ Le rapporteur de la mission, Jean-Claude Carle (UMP, Haute-Savoie) estime qu’« avec l’enquête PISA, l’OCDE a identifié que les systèmes produisant les meilleurs résultats associent une autonomie au plan local et une responsabilisation effective, facteurs qui sont au cœur de notre mission. Avec cette dernière, le Sénat montre toute l’importance qu’il attache à l’efficience du système scolaire et à la réussite de tous les élèves. ». Le Post _ Agora Vox
      _
      08/02/11 _ C’est une bombe qu’a lâchée (volontairement ?) lundi dernier l’inspecteur de la circonscription d’Albi Jean Villerot lors d’un conseil d’école extraordinaire à Mazicou (Paulin-Brassens). « Il a annoncé à terme la disparition des classes maternelles, confirme Marie-Pierre Rieunau, mère d’élève qui assistait au conseil, tout le monde était effondré ». Elle ajoute : « Il a précisé qu’on s’orientait vers de grandes fusions entre groupes scolaires et collèges, que les grandes sections de maternelles formeraient une classe unique avec le CP et que les petites et moyennes sections de maternelles deviendraient des jardins d’enfants, tout ceci pour s’aligner sur la réglementation européenne qui ne scolarise qu’à partir de 5 ans ». La Dépêche _ Le Monde _ Le Figaro
      _
      Actualités des écoles et de l’enfance


    • Gaétan Solo 23 août 2011 16:43

      Il fallait évidemment lire « disparition programmée de l’école maternelle publique »...


    • chapoutier 23 août 2011 16:56

      Le sénat travail sur une logique comptable au détriment de l’intérêt des enfants et des parents

      rien que pour économiser des enseignants et des locaux.

      Pourtant plutôt les enfants accèdent en maternelle, plus les chances de réussites sont élevées.

      pour un age d’entrée en maternelle à 2 ans le taux d’élève ayant atteint la médiane en mathématique en 6 eme est 54 %

      mais si l’age d’entrée en maternelle est de 4 ans ce taux descend à 39 %

      il en vas de même pour le redoublement, il y a 15 % d’écart entre les enfants rentrant à 2 ans et ceux rentrant à 4 ans

      le taux de réussite au bac présente exactement le même pourcentage !


      • Razzara Razzara 23 août 2011 17:43

        Mais oui, les autres structures que vous évoquez sont sur les rails et nous connaissons déjà leur nom : ’jardin d’éveil’ ! Tout un programme ....

        Vive l’éveil !

        Razzara


        • Razzara Razzara 23 août 2011 17:51

          Ceci-dit, une répartition qui me semble-t-il serait à étudier :

          Répartir le collège entre école primaire et lycée, avec 6e et 5e rattachées à l’école primaire et 4e et 3e au lycée.

          J’ai le sentiment qu’en terme de ’maturité’ des mômes en fonction de l’âge, et aussi parce que le collège tel qu’il existe chez nous est une hérésie, ce serait bien plus censé.

          Razzara


        • Gaétan Solo 23 août 2011 18:11

          Cette répartition semble en effet plus adéquate au niveau psychologique.
          Les regroupements de communautés de communes semblent privilégier les « bassins scolaires » et donc préparer cette « évolution » en établissement unique d’enseignement.


        • njama njama 23 août 2011 22:38

          L’école maternelle n’étant pas obligatoire, les communes ne sont pas tenues d’en avoir et surtout de participer aux charges financières pour les enfants de cet âge scolarisés dans d’autres communes.

          La pratique sur le terrain (communal) était une participation financière - non obligatoire il est vrai - aux enfants de la commune scolarisés dans la commune (écoles dites privées, ou publiques) sauf rares exceptions.
          Depuis les récentes réformes du Gouvernement, les effectifs d’enfants de moins de 3 ans scolarisés n’étant plus reconnus par l’inspection académique à partir de cette rentrée 2011, pourquoi donc les communes devraient-elles verser leurs oboles aux écoles qui acceptent de les recevoir vu que ces classes de petite section (2-3 ans) ne sont plus censées exister ?
          ,
          La question n’est donc plus pas d’associer l’école ET la commune ... la question est que le Gouvernement ne juge pas (ou plus utile) de scolariser les enfants de moins de 3 ans.
          Votre article me semble biaiser cette question qui est purement politique (les suppressions de classes permettant des suppressions de postes).

          Reste l’interrogation, que faire des enfants de moins de 3 ans ? sachant que s’ils ne les ont pas atteints à la rentrée en septembre ou d’ici le 31 décembre, il leur faudra attendre l’année suivante pour être scolarisés (de droit), et sachant qu’après 2 ans les crèches ne les acceptent plus !

          Comme vous dites : « La porte est donc ouverte à la mise en place d’autres structures... »
          qui restent à inventer.

          L’État ayant décidé de ne plus finançer les salaires d’enseignants pour ce niveau, ce n’est pas aux écoles de gérer cette problématique (elles le faisaient très bien avant du reste). Et rien ne dit que ce soit aux communes de l’assumer ... comme si elles devaient hériter de cette patate chaude. La question des 2-3 ans n’est plus ni une question commune-école, ni une question de « scolarisation ». Les moins de 3 ans sont rayés de la carte « scolaire » si je puis dire ...
          Pour vos doléances, écrivez au choix, à votre député, à un sénateur, au ministre de l’éducation nationale, au président de la république ...


          • njama njama 24 août 2011 13:12

            @ Vincent Breton

            La vraie question porte sur la scolarisation des moins de trois ans : dans quelles conditions, à quel coût, pour quels objectifs ?

            Je pense que vous ne comprenez pas qu’il n’est plus question de « scolarisation » des enfants de - de 3 ans :
            > l’inspection académique ne comptabilise plus les enfants de - 3 ans dans les effectifs des écoles, ce qui a donné lieu à bien des fermetures de classes dans tous les départements.

            Le discours politique n’est pas très clair sur ce plan, j’en conviens, il ne dit pas « on ferme les classes des tout-petits » !
            Par un ratio on fait correspondre à un effectif d’école un nombre de classes. Rien n’impose donc aux directeurs d’école de fermer « ce » niveau. C’est pourtant ce qu’a choisi de faire mon épouse directrice dans son école, ces 37 moins de 3 ans n’étant plus comptabilisés, de 21 classes dans son école, elle passe à 20. D’environ 550 élèves présents dans l’école, sur le papier il n’en existe désormais qu’environ 515 pour l’inspection académique.
            Comme il fallait « fermer » une classe (un niveau), c’est la classe des petits qui a sauté. Pourtant depuis environ 10 ans qu’elle est à la direction de cette école, chaque année elle accueillait au fil de l’année scolaire une grosse trentaine de tout-petits.

            Les classes qui ferment ne sont pas nécessairement les PS (petites sections), mais à quoi bon accueillir dans une écoles des 2 / - de 3 ans (imaginez ici le nombre de postes d’enseignants auquel cela peut correspondre en France) si l’Éducation Nationale ne finance plus comme dit Louisiane les coûts d’une scolarisation des tout petits, dont les principaux sont les salaires des enseignants, et non les frais structurels financés par les communes.

            Veut-on faire financer « un personnel compétent au plan pédagogique » pour les - de 3 ans par les familles ? (comptez au moins de 150 à 250 € de frais de scolarité par mois et par enfant)
            Certains diront qu’une nourrice ou la crèche coûte bien ce prix ...

            Glisse-t-on doucement vers une privatisation des classes maternelles ?


            • easy easy 24 août 2011 13:50

              «  »«  » Glisse-t-on doucement vers une privatisation des classes maternelles ? «  »«  »

              On glisse vers la très privatisation donc vers la parentalisation de l’éducation des enfants.
              Ca passera, dans un premier temps vers une privatisation d’entreprises éducatives certes mais les risques pour ces établissement seront si grands d’être diabolisés en cas de dérapage relationnel adulte-enfant que ces établissement jetteront l’éponge et in fine, il ne restera plus que les parents pour éduquer eux-mêmes leur progéniture.


              Idem dans la Santé. Plus il sera fait de procès contre les médecins, plus chacun devra se démerder seul pour se soigner.

              Idem dans la Police.

              Idem dans la guerre où l’on est en train de voir que plus une seule Organisation, même internationale, n’a envie d’endosser la responsabilité morale d’une guerre et où ce sont finalement les particuliers qui l’endossent.



            • easy easy 24 août 2011 13:32

              Avant Jules Ferry, une partie (réduite) de la population était intéressée par l’éducation des enfants (en sa seule partie scolaire ou scholê donc intellectuelle, pas trop en sa partie hygiénique physique). Et ces personnes étaient des religieux + des précepteurs en très petit nombre.

              Après Jules Ferry, il y a eu énormément de hussards de l’éducation qui avaient comme objectif profond d’amener les enfants à une vision plus scientifique refusant les superstitions et refusant même les interrogations métaphysiques. Ce combat étant idéologique, il a attiré du monde, fait des vocations tant il y avait soudain des millions d’enfants à instruire et avec des budgets prioritaires absolument inédits.

              Puis, il y a eu la montée de l’hygiénisme, du soin à accorder au corps, à la bonne santé et dans la même école, devenue laïque, on s’est mis à faire du sport la grecque quasiment sans rien réinventer (disque, marteau, javelot, course, saut). On a aussi donné à manger aux enfants.

              Cet hellénisme, que déjà les protestants d’avant Ferry reprochaient à l’université issue du Moyen Age, aura aboutit à un renouveau du culte du corps et les plus laïcistes qu’étaient les socialistes de l’Est auront forcé sur ce culturisme que n’a pas dénié l’arianisme.

              Comme après Freud, il y a eu Dolto et Antier, on s’est mis à considérer fortement la dimension psychanalytique de l’enfant en inversant encore plus le regard sur lui. Autrefois, un enfant était d’abord imparfait et il fallait le rendre parfait. Vers 1950, on était arrivé à une vision inverse où c’était l’enfant qui était un ange et l’adulte un pervers. Frapper un enfant devenait criminel. Exit l’ancien « qui aime bien châtie bien »


              La fonction de l’EN et des éducateurs professionnels a donc fortement évolué et leur trop grande, trop complète, trop profonde implication dans les enfants qui leur étaient confiés aura abouti, dans ce mouvement vers plus de tendresse, à bien des cas d’authentique amour de type Héloïse et Abelard (Cf Gabrielle Russier). Se sont alors ouverts des procès édifiants (qui n’auraient pas pu avoir lieu sous Ferry) où le rôle de l’éducateur devenait susceptible de diabolisation alors qu’ils n’étaient que la conséquence d’une dérive sociale vers le puérilisme.

              Plus l’enseignant était susceptible de passer pour un monstre pour avoir trop aimé son enseigné, plus son autorité a décliné, plus il se faisait petit face à l’autorité morale de l’enfant qui gagnait en puissance. Et cela pendant que les textes de loi punissaient plus gravement quiconque était en position d’autorité officielle.


              Lorsque Bayrou avait gilfé un ado qui lui fouillait les poches, c’est sur cette problématique autorité officielle accordée à l’adulte + politicien Vs autorité morale accordée à l’enfant + pauvre que s’était situé le débat. Sur ce coup, cet adulte « en position de force officielle » s’en était bien tiré mais ça a été limite.
              Une gilfle de plus, par exemple, et il se serait retrouvé dans le trou réservé aux diables
              (le gamin s’en étant sorti sans aucun reproche social)




              Ici, vous exposez une problématique qui s’énonce par le seul biais budgétaire. Or, en 1885, cette problématique pécunaire ne serait pas posée tant chacun était au contraire fier et empressé d’éduquer les enfants. On arpentait le monde pour les éduquer et en faire de bons enfants de la Patrie

              Si de nos jours, il y a des réticences à éduquer des enfants et si ces réticences s’exposent par le biais pécuniaire (en invoquant par exemple le fait qu’ils ne sont pas de la commune), c’est surtout parce qu’il y a des réticences morales et qu’on ne sait pas les énoncer.

              Nous ne sommes pas loin du moment où toute personne bossant avec des enfants sera soupçonnée de chercher avec eux quelque relation non prévue au Programme.


              L’éducation de l’enfant est devenue une patate chaude tant pour les profs que pour les maires que pour les parents.


              Si l’on persiste dans la voie du puérilisme angélique, plus personne ne voudra se charger d’enseignement (sans jamais avouer que c’est en raison du trop grand risque de déraper et d’être alors diabolisé)
              Si l’on revient à la voie dure qui marque une grande distance affective, on sera taxé d’autoritarisme, de conservatisme ringard ou de retour aux âges des cavernes.

              Le film « Le Cercle des poètes disparus » montre que si un prof se compromet un tant soit peu dans l’anormalisme, il risque gros en cas d’accident. (Dans ce film, on ne voit pas le prof finir en prison et tout finit sur une scène de solidarité avec lui de la part de ses élèves-libérés mais c’est en principe le sort qui l’attendait)







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Gaétan Solo


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