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Accueil du site > Actualités > Société > L’école ne peut pas être un lieu de plaisir

L’école ne peut pas être un lieu de plaisir

Apprendre pour un gosse, c’est pénible, c’est rébarbatif, en deux mots c’est chiant. Pour un ou une adolescente, la contrainte est encore pire vu l’antagonisme entre l’acquisition du savoir et les plaisirs de cet âge. En dehors de quelques intravertis, timides et mal dans leur peau, aucun gamin n’aime l’étude. Et même pour ces cas, si apprendre peut être supportable, leur manque de sociabilité transforme l’école en calvaire. Certains y vont sans pleurer et sans rechigner, non par satisfaction de la connaissance et de l’apprentissage, mais uniquement à cause des copains. Les méthodes dites ludiques, d’apprendre en s’amusant sans effort et sans punition, sont des escroqueries intellectuelles incapables de donner des résultats probants.
 
Dans le primaire, et quelque soit l’époque, l’enfant a toujours préféré le jeu à l’étude et la récréation aux devoirs. De nos jours, seule la nature des jeux a changé. On ne joue plus aux billes, à Thierry la Fronde, ni même aux Pokémons ou à Goldorak. La nature des amusements évolue au fil des modes, mais le but de chaque enfant dans sa vie débutante, c’est le jeu. Chez l’adolescent intervient en plus l’appartenance à un groupe, à une bande de copains, sur laquelle s’agrège les premiers émois sensuels, les SMS, le téléphone, la musique et les jeux vidéo. Si l’on ajoute à cela l’indispensable opposition au monde des adultes pour se créer sa propre personnalité, l’adolescent ne peut éprouver qu’un intérêt limité au collège et au lycée qu’il considère plus comme un lieu de rencontre, de drague et de socialisation que comme un lieu d’études. Si on laissait le choix absolu entre l’apprentissage du calcul, du subjonctif, de la trigonométrie ou de la langue anglaise et les distractions qui font la joie quotidienne des élèves, une immense majorité choisirait les distractions. Les plus raisonnables se mettent à l’étude uniquement par fatalisme en se disant qu’il faut bien passer par là.
 
C’est donc aux parents et aux enseignants de les forcer à apprendre, certes en leur expliquant avec insistance la nécessité des études et ce qu’elles peuvent apporter une fois adulte, mais en les obligeant. L’éducation est une contrainte pénible et nécessaire, pour ne pas dire indispensable pour tous. On apprend la main forcée, à coup de sanctions et de récompenses, d’encouragements et de menaces. L’étude est une astreinte pénible. Toute tentative d’éducation sans coercition est un leurre. Un gosse qui à six ans récite spontanément dans son coin les tables de multiplication ou veut qu’on lui raconte tous les soirs la mort de Louis XVI ou, c’est à la mode de nos jours, les conséquences de l’esclavage et du colonialisme, est un grand névrosé qui à besoin d’un pédopsychiatre. Un gamin préfèrera toujours les jouets, le foot et les poupées à un livre de calcul ou de grammaire.
 
On ne peut apprendre que lorsqu’un adulte vous y oblige, évalue vos défauts et vos progrès, vous empêche de vous divertir ou du moins limite les temps de jeu. L’éducation nationale et la plupart des parents actuels marchent sur la tête quand ils croient à l’apprentissage des connaissances en s’amusant. Certes on peut apprendre à compter et l’alphabet quand on est tout petit avec des images d’animaux et des grosses lettres. Mais cela n’a qu’un temps ; les divisions, l’introduction des décimales, la conjugaison du verbe croire, croitre, s’émouvoir et plaindre, le subjonctif, le plus-que-parfait et l’histoire chronologique, c’est loin d’être une partie de plaisir. Et revenons enfin à l’histoire chronologique, remplacée désormais par l’histoire par thème qui fait que quasiment aucun enfant n’est capable de classer dans le temps Vercingétorix, Charles Martel, Jeanne d’ Arc, Louis XIV et Napoléon. Sans oublier que certains enseignants veulent tout bonnement supprimer ces personnages de nos cours d’histoire, pour ne pas créer de conflits inutiles avec des élèves d’origine non autochtone. Car en dehors du fait que la reconnaissance des dates et des événements permet de créer un tronc commun culturel à une nation, elle entretien aussi la mémoire de fixation. La chronologie permet aussi la réflexion, par effet puzzle, de reconstituer une suite de faits et d’en comprendre le déroulement et les conséquences. Les méthodes ludiques sont doublement une aberration de par avant tout de leur inefficacité, mais aussi parce qu’une pédagogie coercitive, on pourrait dire spartiate, forge le caractère et crée un désir de revanche quand viendra son temps. Quel est l’enfant qui n’a pas ruminé dans son coin, un « c’est pas juste !  » ou un « vous verrez quand je serai grand ! », sous-entendant « vous ne me ferez pas chier éternellement  ». Pour devenir un adulte responsable, il faut avoir été intelligemment frustré dans sa jeunesse. Celui qui reçoit tout, tout de suite, sans effort et contrepartie devient un enfant gâté incapable de résister aux frustrations du monde adulte, c’est-à-dire du travail. C’est parce que son père l’a forcé à jouer du piano et lui a donné une éducation stricte à l’ancienne, que Serge Gainsbourg a pu commettre toutes ses provocations à l’âge adulte avec plus de brio qu’un rappeur de banlieue. Même en rejetant les châtiments corporels, il faut punir et contraindre pour éduquer.
 
L’enfant peut souffrir d’un enseignant sadique et méprisant, mais il n’apprendra jamais rien d’un enseignant démissionnaire, jouant au copain, cédant aux caprices ou pire ayant peur de ses élèves. Une forte personnalité se forge par la confrontation, par le désir de vaincre, d’être le plus fort, d’être le meilleur. En supprimant les notes, les classements on annihile la notion d’effort et de compétition. L’enfant n’aime pas étudier à de rares exceptions, mais l’aspiration à être plus fort que les autres est une incitation qui peut porter ses fruits. En supprimant la notation, le classement, on lui enlève le désir d’apprendre.
 
Jadis, il existait certes une école à deux vitesses avec ses bons et ses mauvais élèves, mais grossièrement cela se passait dans la même école, sauf dans quelques boites à bachotage réservée aux cancres fils de riches. De nos jours, on trouve des établissements d’élite et des mouroirs de l’intelligence réservés aux basses classes sociales.
 
La vie n’est ni un conte de fée, ni un épisode des Bisounours. Et sauf s’il est complètement débile ou que ses parents sont encore plus cons que lui, un enfant normal comprend très bien que le monde n’est pas pavé de bonnes intentions, qu’il faut étudier pour s’en tirer et que cela ne suffira peut-être pas face aux inégalités, au trafic d’influences et aux passe-droits. Il doit être informé qu’à de rares exceptions d’abrutis qui ont réussi à faire carrière et à gagner beaucoup tout en étant inculte, l’éducation est une condition nécessaire, hélas non suffisante pour réussir. Pour un Johnny Hallyday, un Nicolas Anelka et un Djamel Debbouze qui sont devenus riches malgré leur inculture crasse, il y a des milliers, des centaines de milliers de jeunes qui restent sur le carreau du chômage, du sous-emploi et des petits boulots à cause de l’éducation déficiente qu’ils ont reçu. Les parents laxistes et les enseignants irresponsables sont en train de tuer toute possibilité de promotion de l’individu par le savoir et ils croient aimer les enfants et les jeunes en agissant ainsi. En fait, ils les envoient droit dans le mur et sans airbag ou ceinture de sécurité.
 
Le bene amat bene castigat des Romains avait le mérite de faire des adultes responsables. Cela peut se traduire par « vous allez sérieusement en chier avec moi, c’est pour votre bien et vous n’avez même pas besoin de dire merci », asséné par un père ou un enseignant à sa progéniture ou à sa classe. Si l’on veut faire de ses gosses des rebelles éduqués et non des moutons incultes, il faut les emmerder à bon escient. Quant à l’éducation civique et morale, elle avait pour but de définir les règles du vivre en société et permettait à l’enfant d’apprendre à enfreindre ces règles en risquant des sanctions, c’est-à-dire en développant son libre arbitre. On ne s’oppose pas au néant. Ce qu’on appelait autrefois la crise de l’adolescence évoluait naturellement sur l’âge adulte à cause de l’affrontement avec les parents et les enseignants. Tout cela ne concerne plus qu’une petite classe d’enfants de notables et de privilégiés. L’école républicaine a terriblement failli, les parents « modernes » aussi. La vocation d’un enfant de six ans n’est pas de devenir un déchet humain à l’âge adulte, s’il le devient s’est avant tout la responsabilité de ses parents et de l’éducation nationale.
 
PS : Toute ma scolarité primaire, j’ai été le premier de ma classe et pourtant, je haïssais l’école. Aujourd’hui encore j’en ai un bien mauvais souvenir bien que j’aie compris à la longue son utilité, mais elle m’a été profitable et bénéfique. On m’a aussi appris la politesse et le subjonctif, ce qui m’a incité à utiliser à bon escient l’argot, les obscénités et les insultes dès que j’ai pu prendre le pouvoir dans ma tête. Je pense cependant ne m’en être pas si mal tiré socialement et intellectuellement.

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50 réactions à cet article    


  • Halman Halman 23 novembre 2010 10:46

    Si pour vous aimer les études c’est être intraverti, vous ne devez pas être bien brillant.

    Au contraire aimer faire des études et découvrir des choses passionnantes, cela intéresse les cerveaux curieux et ouverts d’esprits.

    Pour les gens avec un minimum de qi, apprendre est un jeu et un plaisir.

    Moi les hordes de furieux excités de la classe qui mettent le binz pendant le cours et m’ont empêché d’apprendre normalement ce qui m’intéressait je les hais et les méprise au delà de tout.

    Les gens pour qui apprendre à programmer la gravitation sur ordinateur est « éclatant » plutôt que de faire le chahus sont des gens qui vous dépassent et que vous ne pourrez jamais comprendre.


    • Georges Yang 23 novembre 2010 10:57

      Je pense que vous avez mal lu cet article, je ne fais pas l’apologie des foutteurs de merde, bien au contraire
      Mais je constate qu’un gosse préfère naturellement jouer qu’étudier, c’est aux adultes de l’y astreindre


    • srobyl srobyl 23 novembre 2010 19:22

      je rebondis sur votre remarque..En effet, limiter les élèves qui aiment les études à des timides, intravertis (pourquoi pas des déblies ...) est une grossière caricature. Ceux là d’ailleurs s’emm...certainement autant que les autres dans certains cours, mais l’expriment moins. J’ai connu des jeunes passionnés d’histoire, d’archéologie et de géologie qui étaient demandeurs d’investigations sur le terrain en dehors des heures de cours, inscrits dans des sociétés d’histoire, et aussi pratiquant le foot, et qui avaient la cote auprès des nanas. L’apprentissage, le désir d’en savoir plus, je ne sais pas si c’est inné ou non, en tous cas si c’est bien encouragé par l’entourage dans la prime enfance puis entretenu (avec fermeté mais non sévérité comme vous le préconisez), ça donne des jeunes qui ont ensuite le plaisir d’apprendre. Je doute que la seule injonction « bosse à mort en classe, c’est toi qui en fera baver aux autres plus tard » suffise à former un homme équilibré et responsable,


    • Julien Julien 23 novembre 2010 19:40

      @Halman


      D’accord avec vous.
      Juste pour préciser, qu’à mon avis, il devient de plus en plus facile d’apprendre avec intérêt et envie au fur et à mesure qu’on vieillit.
      Il est vrai que ce type de comportement est peut-être plus rare chez les jeunes, et à l’adolescence, où l’on est intéressé par d’autres choses smiley

      Et, pour ma part, j’ai remarqué que plus le prof laissait de liberté, et était tolérant avec les comportements des élèves, plus c’était le bazar, et moins j’avais envie d’apprendre.
      Pour moi, la rigueur du professeur est nécessaire.
      Juste une parenthèse.


    • Philippe95 28 novembre 2010 11:07

      Les gens pour qui apprendre à programmer la gravitation sur ordinateur est « éclatant » plutôt que de faire le chahus sont des gens qui vous dépassent et que vous ne pourrez jamais comprendre.

      Ce n’est pas si simple. J’ai pris beaucoup de plaisir à étudier toutes sortes d’animaux mathématiques à la faveur de leur programmation sur les microordinateurs balbutiants de l’époque de mes études. Alors que je n’étais pas spécialement bon en maths, je surnageais tout au plus. J’y ai gagné en plus la rapidité à calculer des ordres de grandeurs de tête et la marge d’erreur qui va avec, deux choses essentielles pour l’ingénieur que je suis devenu.

      Mais c’est oublier qu’avant d’arriver, dans le domaine scientifique, au stade ou « ça devient amusant » il y a un sacré prérequis. Lequel n’est pas forcément aussi sympathique à se mettre dans le cerveau.

      Je ne détestais pas vraiment l’école, et j’étais fier de moi lorsque j’avais compris un truc de plus. Mais si on m’avait trop facilement laissé le choix, je n’y serais pas allé : Il ne faut pas faire d’angélisme et sous-estimer le poids de la fainéantise : Si on peut se laisser vivre sans effort, en effet, on va bien souvent se laisser aller et végéter.

      J’ai longuement hésité à voter pour l’article, car je pense que l’auteur est un peu sévère, mais il apporte une vue assez juste des choses


    • Harfang Harfang 23 novembre 2010 11:21

      L’auteur généralise peut être un peu : certains gosses aiment apprendre.
      Par contre, il est certain que ça n’est pas la majorité (surtout vu les méthodes employées, et je ne parle pas des vieilles méthodes surannées, mais bien des méthodes toutes modernes, sans notes, à la mord-moi-le-noeud).
      Et puis, on a tous eu des matières préférées... qui pouvaient d’ailleurs changer selon le prof qu’on avait...
      Bref, le constat de l’auteur me semble plutôt lucide dans l’ensemble... et pourtant je suis loin d’être toujours d’accord avec lui (il fallait que cela soit dit).


      • Gollum Gollum 23 novembre 2010 11:25

        Pas vraiment d’accord. Comme le dit Halman, quand on a un minimum de Qi on adore apprendre. Et l’on peut très bien apprendre en s’amusant, tous les surdoués le savent. 


        Et cela n’a rien à voir avec l’effort. Ce n’est pas parce que l’on s’amuse que l’effort est absent. 

        Je me suis fait chier à l’école non pas parce que les cours ne m’intéressaient pas, mais la façon de les présenter étaient la plupart du temps contre productive. Malgré cela j’ai eu un parcours brillant, mais il aurait été 100 fois plus brillant si la façon d’enseigner avait été un peu, comment dirai-je ? ergonomique..

        Finalement ce que j’ai vraiment appris d’important, je ne le dois qu’à moi-même et non pas à l’éducation nationale. Je pense même que celle-ci a bridé mes capacités. Je suis bien convaincu que beaucoup de types brillants sont restés sur le carreau... Souvent ils se redécouvrent bien plus tard, si les opportunités leur permettent de se révéler, mais bien souvent il y a du gâchis..

        D’autre part l’éducation nationale n’a rien d’humaniste. Elle ne vise que le quantitatif, bref fabriquer de futurs employés ou de futurs pointeurs à Pôle emploi.

        • Julien Julien 23 novembre 2010 19:45

          @Gollum


          Je comprends votre témoignage.
          Je voudrais donner un exemple de mauvaise méthode d’enseignement, à mon avis.
          Pour ma part, j’en veux un peu à la prépa scientifique (pour ma part, 1995-97), où l’on demandait des quantités de travail monstrueuses (sûrement moins maintenant), alors qu’avant le bac on n’apprend quasiment rien en comparaison. Autant en maths, cela a un sens, car la rigueur est forcément présente, ce sont les maths qui veulent ça. Autant en physique, pour moi la prépa c’est n’importe quoi, c’est du pur bachotage, qui dégoûte de la physique. Aujourd’hui, j’ai repris la physique, pendant mon temps libre, et je m’éclate. J’ai un grosse bibliothèque, je trouve des bouquins exceptionnels, j’analyse, je compare, bref, c’est vraiment plaisant.

        • oncle archibald 23 novembre 2010 11:53

          Lorsque j’étais mome, dès que j’ai su lire, je me suis épris d’un vieux dictionnaire, le petit larousse illustré le plus banal certes, mais qui ne l’était pas du tout car il s’agissait d’un dico des années 1920-1925 qui avait appartenu à un oncle de ma mère. Aucune photo pour l’illustrer mais des dessins que je pouvais contempler et décortiquer pendant des heures ... Ah les dessins des avions de la guerre de 14-18 et les explications qui allaient avec !

          L’essentiel est donc bien d’abord de savoir lire avec suffisamment d’aisance pour y prendre plaisir ... Que les enseignants et les parents comprennent d’abord cela, on ne peut pas zaper ce savoir la qui conditionne la liberté d’apprendre ensuite ce que l’on veut. 
          Je crois que si à 7/8 ans un mome est déjà foutu s’il ne sait pas lire comme il se doit et n’a pas compris à quoi cela peut servir vraiment, c’est à dire à acquerir la liberté. Quand le dis lire comme il se doit je pense lire vite et en comprenant le sens de ce qu’on lit.

          Je suis plein de haine envers les parents et les enseignants qui laissent entrer en 6eme des enfants qui ne savent pas lire. Dans notre société ou les metiers manuels sont rares et dévalués, ils sont déjà condamnés à etre des parias.

          • lemouton lemouton 28 novembre 2010 14:58

            Je +1 votre commentaire, car vous avez bien decrit le plaisir de la naissance à la lecture..

            mais entierement en désaccord
             « Que les enseignants.. comprennent d’abord cela, on ne peut pas zaper ce savoir la » —> mais les enseignants le savent trés bien smiley , malheureusement ils ne sont que l’exécutif d’une administration qui se moque complétement de leur avis.. smiley

            "Je suis plein de haine envers...les enseignants qui laissent entrer en 6eme des enfants qui ne savent pas lire" —> ils n’ont pas le choix !! smiley (lire l’écrit au dessus)


          • astus astus 23 novembre 2010 12:23
            Merci à l’auteur pour cet article courageux (qui n’aura sans doute guère de succès en ce moment) et me fait penser aux remarques suivantes : 

            Les méthodes d’apprentissage fondées principalement sur le plaisir qui prévalent depuis plus de 30 ans, obscurcies de surcroît par des pédagogues imbéciles au langage abscons (référentiel bondissant aléatoire = ballon de rugby) ont fait de gros ravages sociaux, principalement dans les classes les moins favorisées, car les mieux loties ont les moyens de pallier ces difficultés grâce aux stimulations intra familiales et aux réseaux des parents. Il est donc salutaire de signifier que tout apprentissage nécessite suffisamment de limites et de frustrations, sans excès toutefois.
             
            On ne peut en effet devenir grand sans assumer les angoisses de castration et de perte qui favorisent le développement d’une symbolisation qui est au fondement de la pensée et du savoir. Contrairement à ce que la plupart des gens croient, sans jamais avoir lu ses livres, c’est ce que Dolto a répété incessamment. Le père c’est celui qui empêche disait celui de Camus, or notre société de plaisir est actuellement sans père et sans repère.
             
            Pour autant je modérerais le constat de l’auteur en ajoutant qu’il existe avant le processus même d’apprentissage un moment fécond de découverte qui peut être source de vif plaisir et donner envie d’en savoir davantage. Je pense notamment à l’initiative « la main à la pâte » de Charpak. Dans cette période sensible, et essentielle, il me paraît important que les apprenants trouvent en face d’eux des personnes passionnées par ce qu’elles enseignent, ce qui ne veut pas dire laxistes, car il y a là en germe des possibilités d’identification à un savoir incarné dans des personnes qui sont fondamentales dans le processus d’apprentissage, et qui souvent orientent tout le devenir de l’enfant.

            Cordialement.

            • ZEN ZEN 23 novembre 2010 12:38

              Le grand Nicolas aussi maîtrise parfaitement l’imparfait du subjonctif..mais sa culture laisse songeur...

              « Toute tentative d’éducation sans coercition est un leurre »
              .
              Comme astus : le plaisir peut accompagner la contrainte liée à l’acquisition du savoir et devrait être le plus souvent stimulé. Hélas le plaisir a déserté nos écoles et nos facs...
              Je sais gré à mes maîtres d’avoir contrarié ma tendance naturelle au principe de plaisir
              L’éducation est une tâche « impossible » , qui doit se situer entre le Charybde de la contrainte et le Sylla du laisser faire, disait à peu près Freud...


              • Georges Yang 23 novembre 2010 16:54

                Pour la maitrise de la gramaire de Nicolas S , je doute


              • ZEN ZEN 23 novembre 2010 12:40

                Scylla, sorry


                • Ariane Walter Ariane Walter 23 novembre 2010 13:21

                  Cher yang,

                  Permettez que je saupoudre votre texte d’un peu de yin.

                  Disons tt d’abord que je pourrais être entièrement d’accord avec vous. Du temps où j’enseignais, il m’est arrivé, voyant cette masse d’élèves et dans la salle des profs tous ces collègues prêts à agir, de me dire que pas un parmi eux, prof ou élève, n’avait envie d’être là. Moi-même j’avais parfois envie de me jeter par la fenêtre plutôt que d’aller enseigner.
                  Puis la cloche sonnait, je rejoignais ma classe et à l’instant même où j’étais au milieu d’eux, il se passait une sorte de :miracle. J’étais bien. Comme un poisson dans l’eau. J’aimais leur parler et parfois, miracle, les sentir fondre sous ma parole. On a du mal à capter leur attention. Et soudain ,ils sont là, quasiment bouche ouverte et l’on parle, on échange . C’est une heure d’humanité.

                  Je pense que le désir de connaître et d’apprendre est inné chez l’homme car lié à son évolution.
                  Voilà pourquoi votre texte qui affirme : les enfants préfèrent jouer à étudier est faux dans de nombreux cas. Instinctivement ils connaissent les moments où ils s’enrichissent et en jouissent.

                  J’étais une élève inattentive et distraite. mais les profs qui ont su me retenir m’ont donné le goût d’exercer ce métier,Choix très paradoxal, car j’avais beaucoup souffert en classe.

                  J’ai voulu enseigner pour qu’on me rende l’amour que j’avais donné à d’autres

                  Disons alors que le dégoût des choses difficiles ne se guérit pas par la force mais par le désir.


                  • ZenZoe ZenZoe 23 novembre 2010 13:22

                    L’auteur : je suis d’accord avec la première partie de votre article. Bien sûr qu’un enfant préfèrera toujours le jeu à l’étude, bien sûr qu’il faut éduquer un enfant en lui inculquant la nécessité de l’effort, moteur essentiel d’une vie réussie.

                    Là où je ne vous suis plus, c’est lorsque vous introduisez la notion de compétition. Un enfant ne travaillant que pour surpasser les autres me semble mal parti, car il sera souvent frustré plus tard. Apprend-on la politesse à l’enfant afin qu’il soit plus poli que ses camarades ? Non, il sera poli parce qu’il réalisera peu à peu que la politesse lui ouvre plus de portes que la grossièreté et les manières de loubards. Il devrait en être de même pour le savoir et l’effort.

                    Vous avez raison lorsque vous dites que la compétition est innée chez tout être humain, mais faut-il pour autant l’encourager ? La violence aussi est innée.
                    Regardez le monde du travail aujourd’hui, ce qu’il est devenu. En introduisant la compétitivité chez leurs salariés, les entreprises ont commis l’irréparable. On voit les résultats, pas la peine de s’étendre là-dessus. Et vous voudriez prolonger l’expérience ?


                    • CAMBRONNE CAMBRONNE 23 novembre 2010 14:31

                      Merci à l’auteur pour cette bonne livraison de bon sens .

                      Moi non plus je n’aimais pas beaucoup l’école et c’est seulement à partir de la seconde que j’ai commencé à apprécier d’aller au lycée car ayant acquis les bases dans la plupart des matières (à l’exception des scientifiques ) je pouvais éprouver les joies de traduire un texte latin ou grec ou faire une disserte sur les conséquences du traité de Versailles .

                      La contrainte est indispensable à tout apprentissage quel qu’il soit . En « grandissant » on peut s’appliquer l’auto contrainte . Même dans la pratique d’un sport qu’on aime on en chie au début car les bases ne sont jamais drôles à acquérir .Combien de « jeunes » abandonnent à la première difficulté , en musique ,arts martiaux, équitation, car les gammes , la discipline stricte ou le tape cul ne sont pas drôles ?

                      Il n’y a que dans la difficulté et à la limite la souffrance que l’individu progresse .Donc tout type d’éducation molle ne peut aboutir qu’à la catastrophe : Des générations de « merdeux » capricieux et de parents dominés par leur progéniture .

                      La vie n’est pas un long fleuve tranquille !


                      • Georges Yang 23 novembre 2010 16:32

                        Les commentaires sont sobres et peu nombreux, je m’attendais a des glapissements de fous furieux, j’avais fait pourtant tout ce qu’il fallait pour


                        • foufouille foufouille 23 novembre 2010 16:35

                          galp !
                          glap !
                          horreur !
                          folie !


                        • Georges Yang 23 novembre 2010 16:37

                          Peux faire mieux C-


                        • foufouille foufouille 23 novembre 2010 17:30

                          j’ai rarement aime l’ecole
                          mais vu le niveau actuel, je me ferais encore plus chier


                        • Krokodilo Krokodilo 23 novembre 2010 20:37

                          Peut-être a-t-on compris qu’il s’agissait d’une provocation !


                        • antonio 23 novembre 2010 16:37

                          La frustration fait grandir.
                          Et l’humour pour enseigner, c’est bon : un ou deux éclats de rire par cours et tout passe même les accords du participe passé !


                          • boutiamit boutiamit 23 novembre 2010 18:03

                            Cher monsieur Yang

                            Votre article est pertinent mais hélas.... combien se sont déja attaqués au « puissant mammouth » en pure perte !
                            Si je suis votre logique, ce passage essentiel que l’on appelle « éducation » doit être bouleversé de fond en comble...un peu le contraire de mai 68 quoi !
                            N’étant plus de la prime jeunesse, j’ai eu des « maitres » et des professeurs qui étaient issus de cette génération pré « soixante huitarde » (celle qui ne s’en laissait pas conter ni par les parents ni par les « sales gosses ») et qui m’ont permis de me construire peu à peu
                             une personnalité digne d’un être humain..
                            Cela est impossible à réaliser aujourd’hui, alors que de grands spécialistes en matière d’enfance n’ont pas été foutu de voir (et ce depuis 40 ans) qu’un gamin qui a passer un certain âge (disons 7 ans) doit commencer à prendre gout au travail scolaire autant qu’au jeu...
                            Plus possible vous dis-je !
                            Sans éducation le jeu fait de nous des animaux... dociles ou féroces !

                            Qui aura les « corones » pour taper dans la fourmillière, tout remettre à plat, s’engager
                            contre un système très bien ancré et redonner aux futurs adultes le goût de travailler.

                            Ah oui, au Vietnam, la scolarité est payante ! mon fils a vu des gamins de 8, 9 ans se lever à 4h00 du mat., travailler (mais quelle horreur), puis avec l’argent gagné, se payer leurs cours ! et en plus ils souriaient ces esclaves...

                            Je vous parie que « ceux là » seront les maitres du monde dans 10 ans.


                            • ZEN ZEN 23 novembre 2010 18:12

                              boutiamit

                              Il ne faudrait tout de même pas pousser le bouchon trop loin
                              J’ai vu aussi au Vietnam des élèves enthousiastes. C’est le propre d’une nation qui décolle .
                              Mais au Japon et surtout en Corée, le travail imposé aux enfants est souvent d’une grande cruauté


                              • boutiamit boutiamit 23 novembre 2010 18:32

                                Désolé de vous avoir choqué Zen, mais je ne parle que du Vietnam.

                                Le Japon (trop facho pour moi) ainsi que la Corée (du Sud) sont déjà trop « américanisés » pour ne pas couler....

                                Le Vietnam a une jeunesse fantastique... mais rendez vous dans 10 ans, si la Nature nous prête vie.


                                • srobyl srobyl 23 novembre 2010 19:04

                                  de bonnes choses dans votre article. En particulier la dénonciation d’une certaine démagogie de la part d’enseignants qui jouent aux copains avec les élèves : il s’agit dans beaucoup de cas d’une forme de renoncement à assurer son autorité. Ceci étant, s’il faut fuir la démagogie, l’autorité ne doit pas être de l’autoritarisme.

                                  « ...qu’il faut étudier pour s’en tirer et que cela ne suffira peut-être pas face aux inégalités, au trafic d’influences et aux passe-droits »

                                  C’est bien là le problème...Enfin, un des problèmes. Que la compéttition soit dure ou non, il n’y aura pas de la galette pour tout le monde (par galette j’entends juste du boulot), car il y aura toujours des premiers et des derniers. Et faire croire qu’en se défonçant aux études ça marchera pour tout le monde, c’est prendre les jeunes pour ce qu’ils ne sont pas.

                                  Le principe d’en baver maintenant pour « avoir une revanche plus tard » n’est donc pas garanti et n’est pas très moral non plus...C’est quoi la revanche ? devenir un cheffaillon qui va pousser ses employés au suicide ? Avoir un max de thune pendant qu’une majorité galère ?Avec des horizons comme ça, on va perpétuer un monde de merde, et je comprends (sans approuver) ceux qui se disent que les études sont inutiles, car ’en faisant le guetteur ils gagneront leur SMIC en moins d’une semaine ! 



                                  • Manu Manu 23 novembre 2010 19:59

                                    Je partage en grande partie l’avis de Gollum.

                                    J’ai personnellement eu beaucoup de plaisir l’école, même si tout n’était pas rose, évidemment.

                                    Mais, par comparaison avec mon frère et ma sœur (qui sont passés dans les mêmes collège et lycée que moi), une grande partie de ce sentiment est due aux professeurs.

                                    C’est pourquoi il est illusoire de parler d’égalité des chances : pour cela, il faudrait tous avoir les même enseignants !


                                    • Rik 23 novembre 2010 20:45

                                      J’ai failli ne pas répondre, ou dire que cet article avait été écrit par un handicapé du bulbe incapable de s’amuser et de s’épanouir en dehors du bac à sable.
                                      Peut-être que la présence d’un enfant autiste dans une de mes classes me fait davantage prendre conscience de la dimension d’apprentissage des adolescents.

                                      Elevons un instant le débat.
                                      Dans les années 30, les ricains faisaient des expériences de psychologie d’apprentissage sur des enfants.
                                      On faisait tourner trois classes d’élèves avec trois professeurs différents, l’un autoritaire, l’autre démocratique (expliquant pourquoi on fait les choses) et un laxiste.
                                      Premier constat : le professeur laxiste n’obtenait pas de bons résultats, les enfants ont donc besoin d’être poussés, stimulés.
                                      Ensuite, la différence entre les deux autres professeurs, c’est que lorsqu’ils quittaient la salle et laissaient seuls les élèves, s’il était autoritaire le travail s’arrêtait et les élèves en profitaient pour souffler. S’il était démocratique le travail continuait relativement normalement.
                                      C’est intéressant, encore faut-il que le contexte de classe soit favorable.
                                      Il faut aussi faire attention aux liens affectifs trop forts qui font que l’année suivante, si l’enfant / l’ado n’a pas son professeur chouchou, il refuse de travailler / s’investir pleinement

                                      Ceci me semble plus riche que ces réflexions primaires sur le désarroi des ado devant l’apprentissage, on ferait mieux de parler de leur alimentation (aspartame, red bull, ...), du temps passé devant l’ordi qui génère un mauvais sommeil, des relations affectives décalées qui font des enfants des icônes idolatrées par certains parents, ce qui peut entraîner une personnalité capricieuse et ingrate chez l’enfant, etc
                                      L’enseignement a beaucoup évolué sur la dimension pratique et concrète dans les matières théoriques, mais comme le disait Jaurès, les enseignants enseignent d’abors ce qu’ils sont humainement, avant même leur spécialité.


                                      • herbe herbe 23 novembre 2010 22:07

                                        Je vais essayer d’apporter un peu de vert. smiley

                                        Au fait info en passant c’est un premier de la classe qui a pu devenir autre chose qu’un numéro ...

                                        Sinon pourquoi détester l’école, premier ou dernier de la classe ?...

                                        Il existe des pédagogies qui font leur preuve, ex :
                                        http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dagogie_Montessori

                                        D’après wikipedia en terme de devenir ça semble donner de bon résultats.

                                        Petit cadeau transmis au passage pour entretenir votre capacité d’é(mer)veillement issu de mon blog préféré (merci Isabelle !) :
                                        http://www.planetpositive.org/isablog/actu/6015-aujourdhui-est-un-nouveau-jour


                                        • Rough 23 novembre 2010 23:15

                                          Excellent article Monsieur Yang, comme souvent d’ailleurs....

                                          Et oui l’apprentissage du calcul, du latin ou de la grammaire, même si l’élève est passionné par l’une de ces disciplines demande du travail, des efforts, de l’assiduité, de la constance...certains ont plus d’aisance que d’autres, tout comme au foot ou au tennis, mais tous ceux qui réussissent ont en commun d’avoir travaillé....et si à 16 ans l’on peut (certains seulement) raisonnablement réfréner son avis d’aller faire un flipper avec les potes ou de draguer la jolie blonde car l’on comprend les enjeux et l’utilité d’une solide formation académique....Il est évident qu’à qu’entre 5 et 15 ans apprendre n’a rien de naturel même s’il existe des élèves plus studieux que d’autres...Et pour certains (beaucoup..) un système d’apprentissage un peu contraignant est indispensable pour assurer un minimum de réussite académique...

                                          Je suis convaincu qu’une des raisons de l’énorme pourcentage d’échec
                                          à l’université c’est justement l’absence total d’accompagnement et de contrainte...Pour un étudiant peu structuré, peu autonome, désorganisé la faculté c’est génial..pas d’appel, pas d’obligation de venir au cours, à peine celle de venir aux TD....Si t’as pas pris le pli avant c’est le plus souvent foutu et résultat, je me disperse et je quitte la faculté sans aucun diplôme sérieux....

                                          Merci aussi d’avoir provoqué quelques commentaires savoureux ...dont celui gogolum qui caracole en t^te avec 9 solde positif de 9...
                                          gogolum qui est brillant (il le dit c’est donc vrai) et qui aurait pû l’ être 100 fois plus encore (façon supernova donc) si ces idiots de profs avait dispensé un enseignement plus, je cite, « ergonomique »....je répondrais qu’un manche est ergonomique mais que question raisonnement ce n’est pas ce qu’il y a de plus efficace....

                                          Je passe sur cette ébouriffante fulgurance pleine de modestie et de sagesse...« Finalement ce que j’ai vraiment appris d’important, je ne le dois qu’à moi-même et non pas à l’éducation nationale.. »
                                          gogolum a inventé la génération spontanée du savoir et de l’intelligence...Moi je doit être sacrément obscur (opposé de brillant) car tout ce que j’ai appris je le dois à d’autres...et je suis très reconnaissant à l’EN de m’avoir permis de devenir un employé comme près de 80% des actifs français....


                                          • non667 23 novembre 2010 23:27

                                             à Georges yang
                                            entièrement d’accord avec vous ,passé l’age de raison 7-8 ans on ne doit plus baser l’éducation sur le ludique et l’affectif mais sur la raison , le ludique et l’affectif n’étant qu’un + éventuel .

                                             ces mauvaises méthodes/ réformes 68tardes ne sont pas des erreurs mais font  parti d’un COMPLOT qui vise a démolir l’éducation nationale et au delà la nation /société française

                                            l’école de jules ferry avant 1966 (début des réformes) permettait l’instruction et l’ascension sociale sans discrimination sociale je peux en témoigner étant dans une école ou il y avait 50% d’enfant d’origine polonaise . Des siècles (depuis Charlemagne comme dit la chanson )d’expérience ont permis d’affiner les méthodes pédagogiques a l’école et une bande de trouduc n’ayant jamais enseigné viendrait tout démolir et imposer leurs élucubrations !!!!!!!!

                                            les ministres , les inspecteurs ,la hiérarchie , les pédagogues institutionnels (genre philippe meirieu ) n’étant pas des imbéciles ces

                                            réformes aberrantes (math moderne ,méthode globale ,notation par lettre ., suppression des notes , suppression du bepc , contrôle continue ,suppression du bac si,si il en a été question . ..etc .... ) ne peuvent êtres des erreurs mais un complot destiné a démolir l’école de jules ferry .
                                            la méthode pour les imposer étaient staliniennes, sorties au printemps ,formation d’une demie journée en juin , applicables à la rentrée suivante . les manuels n’étant pas encore sortis ., toutes remarques /contestations publiques valait a l’auteur une dénonciation et une visite de l’inspecteur et un rapport assassin à la clef et une note ( si,si il n ’est pas question de la supprimer celle là ).proche du renvoi pour incompétence !

                                            preuve/motif de ce complot : la déclaration de cohn bendit sur les universitésen mai 68 (revue à la télé en 2008 ) en substance :" inutile de promouvoir a classe ouvrière dans l’enseignement supérieur ils deviendront les plus fidèles valets du capitalisme "
                                            dans

                                            un contexte de rivalité capitalisme / communisme russe pour les rouges /roses il fallait en 68 faire échouer la société française pro-capitaliste en sapant l’éducation nationale de l’école à l’université , en formant les élèves a la revendication (délégués élèves ,délégués parents ) (aujourd’hui et en 2002 envoyés dans la rue ! )
                                            pendant toutes ces années les syndicats gauchistes pourtant tout puissant dans l’éducation nationale ne se sont jamais opposé à ces réformes (silence radio sur toute la ligne .,donc complices )
                                            après la disparition du communisme le travail de sape continuant de la part du ps (acquis au fmi .....) le motif ne peut être que :
                                            - maintenir dans l’ignorance /abrutir la vile populace pour la rendre plus docile et plus servile
                                            -démolir

                                            la nation française au profit du mondialisme judéo-américain .
                                            - démolir l’enseignement public pour le refiler au privé mondialo-capitaliste 
                                             volonté depuis toujours de la droite mais poursuivi après par la gauche insidieusement : (taper : autonomie des établissements 1983 ) autour de 1984 voulait sortir un projet ou les lycées auraient leurs bac propres répondant a un projet pédagogique spécifique avec recrutement /gestion des profs par le chef d’établissement ! etc... le ps = ok ; pc = 0 , il a fallu toute l’énergie des trotskistes infiltrés dans F.O. pour mettre en échec ce projet !
                                            mesurettes par mesurettes insidieusement la privatisation se prépare l’arrêt des notes ne sert qu’à démolir l’e.n. et a diviser les enseignants inutiles d’entrer dans ce débat .

                                             


                                            • Pie 3,14 24 novembre 2010 20:22

                                              « mondialisme judéo-américain »... on croirait du « je suis partout » dans le texte.


                                            • ddacoudre ddacoudre 24 novembre 2010 00:04

                                              bonjour yang

                                              on peut le dire comme tu l’écris.
                                              pourtant l’école n’est que la forme d’apprentissage sophistiqué d’une espèce qui a tellement accumulé de savoir et savoir faire qu’il n’est plus possible de le faire circuler par la forme primitive du mimétisme qui permettait de percevoir l’intérêt direct de la chose. cela existe encore un peu,mais la plus part du temps l’apprentissage et organisé au travers de ce que nous appelons la scolarité, et si souvent les enfants y préfèrent le jeu c’est qu’ils ne voient pas l’usage immédiat de ce qu’ils apprennent, et cela qu’il y ait des notes ou pas.

                                              les sociétés tribales se passent parfaitement d’école organisé car leur organisation socio économique ne le suscite pas au delà de la transmission de leur culture et du passage à l’âge adulte.

                                              ainsi notre forme d’éducation est une contrainte et la scolarité aussi, c’est seulement quand l’on a acquis un cerveau structuré que l’on peut commencer à désapprendre, et alors l’on comprend tout l’intérêt qu’il y avait a nourrir son cerveau d’informations de toutes natures pour apprécier le monde qui nous entoure et trouver une place dans cet immense puzzle.

                                              mais ce n’est pas un enfant ou un ado qui peut mesurer cela , il y a même des adultes à qui cela échappe, c’est même la majorité qui continuent à préférer le jeu.
                                              comme quoi nous recherchons en définitive que l’on soit jeune ou adulte la facilité ce qui ne nous fait pas consommer trop d’énergie et ne provoque pas de souffrances. nous recherchons ce qui est agréable.

                                              donc sans contrainte scolaire notre société auraient déjà disparu, car c’est le socle de son évolution, sans émettre un jugement de valeur.

                                              dans mon premier essai j’envisage une nouvelle croissance sur l’éducation permanente des adultes par des séquences d’enseignement universitaire rémunéré tout au long de l’existence.

                                              l’on pourraient penser qu’il sont en âge d’avoir compris que notre société repose sur le savoir et le savoir faire, et que l’enseignement scolaire ou spécialisé sont les bases minimums, mais insuffisant pour voir et décrypter le monde au delà de son guidon ou de ses émotions.
                                              et bien comme les enfants, ils pensent que ce qu’ils savent est suffisant, pour comprendre leur monde, et c’est normal car ils ignorent toutes les parts de connaissance qui leur permettrait de savoir qu’ils ne savent pas grand chose. les enfants et les ados font de même.

                                              certes il y a des personnes qui apprennent par curiosité, mais c’est l’environnement qui pousse à faire des choix. aujourd’hui il devrait nous faire comprendre que notre futur reposera sur ce que nous pourrons extraite d’un cerveau remplit de savoir, car nos émotions nous pousseront à nous entre tuer.
                                               peu d’adultes avec qui j’ai eu l’occasion de discuter de cet essai sont prêt à retourner en Université ou envisager que leur existence soit aussi une formation permanente.

                                              quand l’on explique à un enfant qu’il faut qu’il apprenne pour son avenir, cela ne lui dit pas grand chose, il préfère aller jouer, et bien cette relation là nous la perpétuons même adulte.

                                              c’est bien pour cela que dans l’enseignement nous sommes dans la contrainte imposé, puis comme pour le travail volontaire, sans nier qu’a la moindre oportunité qui nous sortirait de l’une ou de l’autre nous ferions ni l’une ni l’autre. nous vivons donc un monde culturel basé sur le fondement de la frustration.

                                              cordialement


                                              • Georges Yang 24 novembre 2010 09:40

                                                Un ensemble de reactions ponderes et non exaltees, je m’attendais a pire, en particulie venant d’enseignants syndiques et ridicules (l’un n’empeche pas l’autre)

                                                C’est la severite et la contrainte qui ont fait de moi un intellectuel rebelle, 
                                                L’interet de mai 68 est que la jeunesse pouvait affronter des adultes fots, apres, les adultes sont devenus demissionaires et on baisse les bras
                                                Jinsiste sur deux point
                                                -Pas d’education sans contrainte
                                                -La contrainte permet l’affirmation de so et la protestation constructive

                                                Hedoniste, j’ai toujours prefere la jouissance et les plaisirs au travail et a l’etude, cela ne m’a pas empeche de travailler et d’apprendre

                                                On m’a force ensuite je me suis force moi meme


                                                • Georges Yang 24 novembre 2010 09:46

                                                  La plupart des reactions sont raisonnables et sans exces. Je m’attendais a pire, en particulier venant d’enseignants syndiques et ridicules (l’un n’empeche pas l’autre)

                                                  J’insiste sur le fait qu’il ne peut y avoir instruction sans contrainte et que la contrainte permet au jeune la rebellion et l’affrontement qui sont salutaires au developpement humain
                                                  Hedoniste j’ai toujours eu une preference pour la jouissance et le plaisir par rapport au travail et a l’etude
                                                  On m’a appris par force, puis je me suis force moi meme ensuite
                                                  Cela ne m’a pas empeche de devenir un intellectuel et de travailler


                                                  • srobyl srobyl 24 novembre 2010 15:12

                                                    Oui, d’accord...je ne mettrais pas dans le même registre la jouissance de l’hédoniste que vous êtes et celle qui peut être la conséquence de l’acquisition de connaissances. mais cette dernière, de nature évidemment très différente, n’en existe pas moins pour autant. L’^tre humain est comme ça, il n’vavnce de son plein gré qu’en fonction des satisfactions qu’il retire de ses actes, sinon, comment expliquerions-nous la conduite (excessice, certes..) de tous ceux qui ont délaissé laur vie ordinaire pour se conscrer à l’étude qui était pour eux une passion ?
                                                     Les deux sont souhaitables dans une vie humaine 


                                                    • Georges Yang 24 novembre 2010 15:59

                                                      L’etude et la creation , oui certes , mais je prefere etre Jack London, Baudelaire, Edgar Poe plutot que Kant ou Schaupanauer et je ne me vois pas peindre des enluminures pendant des heures avant de retourner me masturber dans ma cellukle de moine


                                                      • srobyl srobyl 24 novembre 2010 19:42

                                                        je vous comprends. Surtout que dans le blizzard et avec des moufles, ce n’est pas évident ! smiley


                                                      • Abou Antoun Abou Antoun 24 novembre 2010 19:36

                                                        C’est un sujet intéressant que nous propose l’auteur et pas trop débattu.
                                                        En fait il est très difficile d’avoir une opinion tranchée sur ce sujet. Chacun, y compris l’auteur, essaie d’élaborer une théorie à partir de son ou de ses expériences personnelles, ce qui n’a aucune valeur scientifique et ne permet pas de dégager une ’vérité’.
                                                        L’école a plusieurs aspects et elle est vécue différemment par les uns et les autres. L’école c’est les profs et les cours d’une part (aspect fonctionnel ou utilitaire) mais c’est aussi les récrés, les jeux, les copains, les coups foireux qu’on monte à plusieurs, les blagues, les combines, (aspect social). Je pense que l’aspect utilitaire (fonctionnel) de la chose, dont il est question ici est plutôt mal vécu par la majorité, mais qu’il ne s’agit pas d’une généralité, un grand nombre de témoignages sont là pour le prouver. Cela dit dans les appréciations positives il est difficile de connaître la part de la docilité et la part de l’enthousiasme véritable. Difficile également pour ceux qui portent un jugement positif sur cette période de leur vie de savoir ce que leur scolarité aurait été si on leur avait donné les moyens de détester l’école avec de l’argent et des loisirs en veux-tu en voilà. Bref certains, se sont peut-être ’shooté à la culture’ parce qu’ils n’avaient rien de mieux à faire, et estiment a posteriori qu’ils possédaient tout jeunes cette qualité rare qu’est la curiosité intellectuelle.
                                                        Quoi qu’il en soit il y a eu en un demi-siècle deux innovations technologiques susceptibles de changer les pratiques :
                                                        l’audiovisuel
                                                        la micro-informatique.
                                                        Il faut noter que l’E.N. a réussi à rater le virage pour l’une et l’autre de ses deux technologies, c’est à dire n’a pas réussi à incorporer valablement et durablement ces deux techniques dans la pratique pédagogique. On peut en trouver la raison mais ce n’est pas ici le sujet.
                                                        Ce que je voudrais signaler c’est que ces techniques ont permis à certains enseignants d’assurer la promotion de leur carrière, de la façon suivante :
                                                        On fait des expériences en mettant en œuvre une technologie nouvelle quelle qu’elle soit. Les élèves sont toujours intrigués par toute nouveauté spécialement quand il s’agit de faire joujou avec des écrans. Puis on bat le rappel des inspecteurs pédagogiques, des journalistes pour montrer avec quelle ardeur ces chères têtes blondes coopèrent. De là les équations de la pédagogie nouvelle :
                                                         PROF CLASSIQUE =mauvais, PROF MODERNE= bon.
                                                        En fait dès qu’une nouvelle pratique est institutionnalisée, dès qu’elle devient routinière les élèves (re)commencent à se faire ch... et sont distraits, dissipés. Toutes ces expériences sont donc sans valeur sur le long terme.
                                                        Pour ce qui me concerne mon attention a pu être captée par la conjonction de 3 facteurs subjectifs :
                                                        Une discipline jugée intéressante (qu’est ce qui fait qu’un jeune juge intéressante l’histoire plus que l’anglais ou le contraire, cela je n’en sais rien).
                                                        Un professeur compétent (quelqu’un qui sait de quoi il parle, qui en parle avec enthousiasme ou avec passion).
                                                        Un professeur ayant une certaine autorité naturelle (capable de s’imposer à son auditoire).
                                                        C’est assurément le mélange gagnant. Donc comme tout le monde je me suis copieusement emm... pendant certains cours et j’en ai suivi d’autres avec beaucoup d’intérêt. Je ne parviens pas aujourd’hui à dégager une impression générale et je ne prends pas partie dans ce débat autrement que par cette modeste contribution.

                                                         

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