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Accueil du site > Actualités > Société > L’école sans sexe

L’école sans sexe

EGALIA est le nom d’une école maternelle très connue en Suède. Le personnel évite toute référence aux genres, masculin et féminin, y compris les mots comme garçon et fille. Les pronoms, il et elle, sont aussi bannis, remplacés par un néologisme, hen, formé par la fusion de han (il) et hon (elle). Le but est la lutte contre les discriminations habituelles entre hommes et femmes, qui commenceraient déjà à l’école entre garçons et filles. Pour atteindre ce but, la méthode est la suppression radicale de la différenciation biologique, non seulement dans les activités quotidiennes mais aussi dans la langue. En parlant des professions habituellement masculine, comme menuisier ou plombier, on cherche des illustrations de femme-menuisier ou femme-plombier, pour montrer que les stéréotypes sont arbitraires.

Les jouets pour les enfants sont soigneusement sélectionnés pour montrer l’indifférenciation des sexes. Les contes et fables classiques qui, le plus souvent, distinguent nettement entre garçons et filles, sont bannis de l’école, remplacés par des histoires de couples homosexuels, d’enfants adoptés et de monoparentalité. Les chansons traditionnelles sont transposées dans la langue neutre réglementaire, et quand les enfants veulent jouer Papa et Maman, on leur propose l’alternatif de Papa et Papa et Maman et Maman.

On apprend aux enfants que la configuration familiale qu’ils connaissent à la maison n’est pas la seule possible. Au fait, la plupart des parents d’élèves d’Egalia sont des homosexuels, qui préfèrent cette école, parce qu’ils craignent que leurs enfants aient des problèmes à l’école nationale (incompréhension ou moqueries des copains).

L’Egalia n’est pas l’unique exemple d’école sans sexe en Suède. Dans certaines écoles primaires on pratique les principes de la théorie du genre, l’idéologie controversée des années 70, d’origine Canadienne (Judith Butler). Pendant la récré, on fait attention à ce que les enfants ne retombent pas dans les rôles garçons-filles stéréotypés. Depuis l’année 2008, l’Etat suédois a investi environ 12 million d’euros dans la lutte contre les stéréotypes hommes-femmes dans les écoles maternelles et primaires. Certains politiciens demandent qu’une pédagogie conforme à la théorie du genre devienne obligatoire à l’école primaire. Les principes de cette théorie font partie de la formation des enseignants. On recommande aussi des toilettes mixtes à l’école primaire.

En Suède, dans les magasins de vêtements pour enfants, les rayons garçons et filles ont disparu. Dans les catalogues de jouets on ne distingue plus entres jouets pour garçons et pour filles. Les illustrations montrent des filles sur des tracteurs et des garçons en costume Spiderman jouant avec des poupées dans un landau.

Avec les bonnes intentions de promouvoir l’égalité des sexes, l’Egalia semble évacuer ce qu’elle estime comme des préjugés idéologiques tout en les remplaçant par d’autres. Le prétendu dogmatisme de la différenciation des sexes est remplacé par un autre dogmatisme.

L’enfant reconnaît très tôt des différences des sexes, qui ne lui posent aucun problème. L’obliger à se focaliser là-dessus est une atteinte à son développement naturel. Ce n’est que beaucoup plus tard que la question des rôles sociaux et l’égalité de sexes se présente. Confronter l’enfant à une suppression autoritaire de ces rôles risque de le perturber. L’initiative de l’école Egalia se base sur un a priori naïf - en supprimant toute référence à la différence des sexes, on supprimerait les inégalités.

La Suède est souvent citée comme une société modèle. Elle est peut-être un modèle à certains égards, mais en ce qui concerne l’éducation elle est plutôt un exemple - un exemple à ne pas suivre.


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89 réactions à cet article    


  • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 10 octobre 2012 16:22

    Et bien, il va falloir s’y faire, nous migrons vers le genre hermaphrodite par l’éducation. Égalité de sexe par le verbe, tout un programme.

    « Quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots. »
    Jean Jaurès.


  • tingo 10 octobre 2012 09:05

    Linguistiquement, c’est déjà plus facile vu, que dans les langues scandinaves (à part l’islandais) il y a deux genres, le neutre et le « commun » qui, plus ou moins, a regroupé le féminin et le masculin d’antan. Comme ça se trouve, des mots comme « enfant », « animal » « homme » (dans le sens de : personne appartenant à l’espèce humaine) sont neutres. On imagine mal la quantité de néologismes à insuffler dans les habitudes de locuteurs de langues romanes, qui ont perdu le neutre et n’ont plus que le masculin et le féminin.


    • tingo 10 octobre 2012 09:07

      Coquille. C’était : “facile, vu que”.


    • Aldous Aldous 10 octobre 2012 10:03

      En attendant, je n’ai jamais vu de femmes couler du béton ou monter des échafaudages sur les chantiers de BTP.


      Discrimanation machiste sans doute...

    • milu 10 octobre 2012 10:21

      je suis gérantE d’une entreprise de BTP, vous avez tort, regardez mieux, il y en a sur les chantiers, et il y en a de plus en plus dans les lycées pro et les CFA !

      Tout change que voulez vous, et depuis que les sacs sont passés à 25 kg pour la plupart, sans compter la mécanisation de la manutention, ça ne pose aucun problème.

    • Kookaburra Kookaburra 10 octobre 2012 10:32

      à Milu
      Oui, tout change, mais est-ce un changement pour le mieux ? Les femmes font aussi la boxe. Trouvez-vous que c’est bien ?


    • Kookaburra Kookaburra 10 octobre 2012 10:34

      à Tingo

      En Français et en Allemand on est allé à l’autre extrême en répétant continuellement les deux genres dans un texte (Les conducteurs et conductrices qui n’observent pas la limitation de vitesse … En plus ils et elles seront convoqués etc.). Cette manie est relativement récente. C’est le résultat d’un exacerbation des revendications féministes.


    • Romain Desbois 10 octobre 2012 10:54

      « Les femmes font aussi la boxe. Trouvez-vous que c’est bien ? »

      Très instructive cette phrase.

      Si les femmes veulent boxer , ont-elle le droit de le faire sous prétexte que l’on ne trouve pas ça bien ?

      C’est exactement les arguments que j’entendais sur d’autres sujets.

      On doit interdire le port du voile ou de la burqa aux femmes parce qu’on ne trouve pas ça bien
      On doit interdire l’apprentissage du biniou parce que n’aime pas la musique, etc..

      Il suffit de se baser sur le fil de l’article sur Diam’s pour être édifié.
      « elle chantait mal... elle est moche. .... le rap c’est nul, c’est pas une artiste, c’est pas de l’art.... »


    • Kookaburra Kookaburra 10 octobre 2012 11:03

      À Romain,

      Evidement les femmes ont bien le droit de faire la boxe, et on a aussi le droit de le trouver bien ou bête.


    • Romain Desbois 10 octobre 2012 11:10

      Vous sembliez regretter qu’elles le fassent....


    • Hétérodoxe 10 octobre 2012 11:19

      @ Milu
      Donc, c’est parce que les sacs sont plus légers que les femmes peuvent maintenant bosser sur les chantiers.

      Elles sont donc moins fortes que les hommes. CQFD

      Et puis il est vrai qu’elles représentent 50% des personnels présents sur les chantiers. Ca crève les yeux.


    • Romain Desbois 10 octobre 2012 11:27

      Merci donc aux femmes , grâce à elles le travail des hommes s’est allégé.


    • milu 10 octobre 2012 13:40

      Quel rapport entre faire des maisons et se taper dessus ?

      Bien sur que c’est bien qu’il y est des femmes et des hommes dans le BTP, vous croyez qu’elle travaillent moins bien ? Tout est mécanisé maintenant ou presque, c’est fini les sacs de ciment de 50 kg, maintenant c’est toupie et compagnie. Quand au parpaing, une fois qu’elles ont de l’entraînement, elles en soulèvent autant que n’importe qui.

      Quel mal à ça ?

    • milu 10 octobre 2012 13:45
      @ Hérodote

      Qui à dit 50 % ?
      j’ai juste dit il y en a, et il y en a de plus en plus.
      Bien sur qu’elles sont moins forte que la plupart des hommes !
      Et alors ? Elles travaillent autant, alors qu’est ce que ça peut faire ?

    • milu 10 octobre 2012 13:50

      ah ah


      mais moi mes salarié(e)s, leur charme je m’en fous ! du moment que le rendement est bon, et que le travail est bien fait, pourquoi je me soucierais du sexe de celui qui bosse ?

    • plancherDesVaches 10 octobre 2012 13:56

      Kooka. J’aime bien les diminutifs, ça fait intime.

      Le titre m’a fait sursauter. Car les religions font aussi de la diabolisation du sexe.
      Soit, et ce n’est forcément pas innocent, le double aspect est d’en faire un « péché capital », mais aussi d’imposer leur pensée comme « pure ».
      Et quand on voit que TOUTES les religions se font un plaisir immense en imposant des interdits qu’ils ne respectent pas eux-mêmes, un doute m’habite. Et non le contraire.

      Votre conclusion m’a, au contraire, persuadé que vous suivez la même philosophie que moi.
      Ainsi, oui.
      Il faut avoir rencontré des femmes routiers pour se rendre compte qu’une femme peut aimer ce métier car il offre de nombreux avantages hors salaire, qui sont loin d’être négligeables.
      Ou une femme PDG, pour qui le salaire comptera seul, tu me diras...
      Par contre, boxeur, même moi, je ne l’aurais jamais fait, mais si cela atteint le niveau du FAMEUX DEFI au sexe opposé, cela devient de la connerie à ciel ouvert.
      Déjà, pour être boxeur, il ne faut pas tout avoir dans le crane et essayer d’ignorer que l’on va en perdre encore plus par destruction de neurones à chaque chocs.

      Soit, Kooka, je milite pour la complémentarité plutôt que l’opposition.
      Déjà, au niveau physique, c’est évident.
      Ne reste plus qu’à comprendre que la lutte homme vs femme ne sert à rien et les Suédois pourront reprendre une vie normale dans toutes leurs écoles. Et surtout dans celle-là...


    • tingo 10 octobre 2012 16:08

      « Discrimination machiste, sans doute ». Oui, sans doute. Moi, j’ai connu des filles qui conduisaient le tracteur (et pas comme passe-temps), qui faisaient du moto-cross, même une dans la sidérurgie (avec le gabarit le double du mien).


    • tingo 10 octobre 2012 16:25

      @Kookaburra. L’allemand, je ne suis pas certain, j’ai même l’impression que c’est plus ancien. Si quelqu’un le faisait en danois, par contre, ce serait interprété comme ironique, sinon rabaissant. Donc, « Ministerin » en allemand, mais « minister », quel que soit le sexe, en danois (et, je suppose, également en suédois).


    • Kookaburra Kookaburra 10 octobre 2012 16:34

      Tingo, c’est qu’en allemand c’est plus facile - il suffit d’ajouter «  in  » à la fin. Pour cette raison ça passe mieux et ne gène personne. Fahrer, Fahrerin, Verkäufer, Verkäuferin, Arbeiter, Arbeiterin.


    • tingo 10 octobre 2012 16:50

      Oui mais, c’est kif-kif en danois, juste un « -inde » mais ça donnerait l’impression qu’on ne LA prend pas très au sérieux.


    • Kookaburra Kookaburra 10 octobre 2012 16:58

      J’ajoute que j’ai de la famille à Stockholm, et les nombreux jeunes dans cette famille sont plutôt en faveur de cet indifférenciation des sexes. Je ne suis pas tout à fait contre, mais je trouve que les Suédois vont trop loin. Nous avons toujours de vives discussions là-dessus. Mais eux aussi trouvent l’utilisation du néologisme «  hen  » ridicule.


    • Abou Antoun Abou Antoun 10 octobre 2012 17:28

      En Français et en Allemand on est allé à l’autre extrême en répétant continuellement les deux genres dans un texte
      Et nos hommes politiques ont bien compris le message qui répètent sans arrêt ’les françaises et les français’ comme s’ils ne savaient pas que ’les français’ désignent tous les citoyens sans distinction de sexe.
      On s’étonne encore que certains puissent dire ’il pleut’ à moins de compenser par ’elle fait beau’.


    • philouie 10 octobre 2012 20:02

      @ Milu

      un sac de ciment c’est 35 kg.

      vous êtes gérante de quel type d’entreprise de Btp ?

      laissez moi deviner.
      Vous faites du nettoyage ?


    • Iren-Nao 11 octobre 2012 02:16

      @Aldous

      C’est plus que commun en Asie ou les morphologies sont plus proches

      Iren-Nao


    • milu 11 octobre 2012 08:11

      @ Philouie


      je suis gérante d’une entreprise de rénovation de l’habitat ancien, voire très ancien, et donc pas de ciment chez moi, que de la chaux presque pour tout, les dalles, le bâtit, tout !!
      Et un sac de chaux selon les fabricants c’est de 20 kg à 35 kg, mais ceux que nous utilisons (Boehm) font la plupart du temps 25 kg, ça vous va comme ça ?

    • Georges Yang 10 octobre 2012 09:33

      Ce sont des fous, où sont passés les Vikings !

      Mais quand ils auront l’âge de la fellation et du cunnilingus, ces enfants s’aparcevront qu’il y a une différence de sexe, même s’ils pissent tous assis


      • Aldous Aldous 10 octobre 2012 10:01

        Ils pratiquent aussi des activités très étranges pour contrecarrer les pulsions agressives des petits garçons : ils les mettent par binôme de garçons et leur demandent de pratiquer des massages corporels à leur petit camarade. 


        Vous imaginez envoyer votre gamin à l’école pour qu’on lui fasse peloter ses petits camarades ?

        Non ?

        Ben vous allez devoir vous y faire !

        • Romain Desbois 10 octobre 2012 10:57

          Je me demande si les plus pervers ne sont pas ceux qui voient de la luxure partout.

          - Vous vous rendez compte , dans ce pays on autorise les femmes à montrer leurs genoux, quel pays de dégénérés .....


        • foufouille foufouille 10 octobre 2012 13:49

          « ils les mettent par binôme de garçons et leur demandent de pratiquer des massages corporels à leur petit camarade. »

          assez bizarre
          ils font des « massages » mixtes ?


        • Aldous Aldous 10 octobre 2012 16:16

          mixtes ? pour quoi faire ? c’est les garçon qu’il faut deviriliser....


        • foufouille foufouille 10 octobre 2012 16:49

          ca devrait pas les deranger, vu que seul le « genre » existes pour eux .........
           smiley


        • bel95 10 octobre 2012 11:13

          Ma lecture est un peu différente. Oui il faut dénoncé ces dérives, mais surtout lire l’objet de cet endoctrinement. Je vous rappel que ce conditionnement est déjà en oeuvre en France voir seine saint denis (hé oui, le départementent en cessation de paiement de Bartelonne, qui promeut le Smic européen à la baisse bien entendus etc...).

          si qu’il faut retenir et le détournement du sens et du rôle de l’individus dans une société dite démocratique former des citoyens conscients. Quoi de mieux pour gouverner d’abattre toute référence à l’individus structuré, responsable. Il faut donc tuer l’inné, et le revenser par l’acquis devoyé bien plus maitrisable. L’homme du XXI siélce, le surhomme, l’aryen, dans le prolongement du Stalinisme, de la doctrine hitlérienne, il faut conditionner car l’individus pose probléme. Destabilisons ses fondements, son rapport avec l’histoire, avec son histoire. Nier l’altérité c’est nier l’autre au plus profond de son soi, mais surtout de sa souveraineté de son droit naturel (voir Hobbes).
          Quand à J. Butler, sa proposition est contesté car contestable, mais surtout nous ne somme même pas au niveau de la théorie, car les nombreux biais de sa grille de lecture font que pour l’ensemble de ses « pairs » nous ne somme qu’à un premier niveau d’approche. Et oui ses écrits sont en contarcdictions avec ceux de qui elle se revendique (post-structuraliste, les néo-marxistes...)


          • Abou Antoun Abou Antoun 10 octobre 2012 17:43

            L’homme du XXI siélce, le surhomme, l’aryen, dans le prolongement du Stalinisme, de la doctrine hitlérienne,
            Le petit père des peuples n’était pas un enfant de cœur mais de là à en faire un théoricien du racisme ....Vous mélangez un peu tout.


          • bel95 14 octobre 2012 18:32

            Avant d’être ethnique, l’eugénisme est culturel !!!


          • Ornithorynque Ornithorynque 10 octobre 2012 12:06

            L’expérience de « dégenrage » des enfants a déjà été tentée il y a 50 ans dans le premiers kibboutz, education séparée, séparation des parents pour s’assurer de l’absence d’aucun référent de genre, tâches indifférenciées...

            Ce sont tout naturellement les filles, qui, a l’adolescence, on dit qu’elles voulaient rester entre elles, et ne plus partager l’intimité de leurs camarades « garçon ».

            En fait c’est très drôle, ce sont les enfants qui ont retrouvé naturellement leur « genre », et qui ont reconstruit non pas des stéréotypes, mais des inclinations naturelles !


            • epicure 10 octobre 2012 22:31

              Oui exactement.
              Il y a des comportements qui sont indépendants de l’éducation.
              Quand on tombe amoureux à l’adolescence ( ou même avant ), ce n’est le fruit de l’éducation de la famille ou de l’école qui nous aurait inculqué qu’il faut être attiré par telle personne.
              De même que certaines affinités différenciées ne sont pas le fruit de l’éducation, mais plus d’une inclinaison naturelle, on préfère faire certaines choses avec des personnes de notre sexe ... et d’autres avec les personnes de l’autre sexe.
              Mais il faut reconnaitre que pour certains individus ce n’est pas aussi binaire, et qu’on peut avoir chacun notre part de l’autre sexe. Mais globalement les garçons ont tendance à devenir des mecs et les filles des nanas, pour faire simple.
              Les filles au niveau neurologiques ont plus tendance à exprimer leurs émotions que les mecs, ce qui se retrouve dans les conversations « unisexes ». Ce qui fait qu’on a tendance, en général à plus apprécier les discutions banales avec les personnes du même sexe.


            • Surya Surya 10 octobre 2012 12:15

              Il semblerait à la lecture de votre article que cette école, et les autres basées sur le même modèle, n’ait pas su éviter le piège de tomber dans l’extrême inverse.

              Pour certaines choses, je suis tout à fait d’accord avec la façon de faire suédoise : je suis la première à m’agacer quand arrivent dans nos boîtes aux lettres les catalogues de jouets pour Noël, et que j’y vois, en les feuilletant, une série de pages toutes bleues pour les garçons, remplies de jouets de guerre, de super héros, mais aussi de jeux conçus pour stimuler l’intellect (le « petit chimiste », le « petit découvreur » etc...) et une série de pages bien roses pour les filles remplis de jouets préparant la petite à devenir une bonne ménagère (le petit fer à repasser « pour faire comme maman »...) et une bonne mère de famille (le baigneur à qui il faut changer la couche sinon il pleure) et de jeux endormant, atrophiant même, l’intellect (apprend à te maquiller comme maman, sois la plus belle avec le kit machinchose, etc... ils le font exprès, ou quoi ?) et je sais très bien que cela influence l’enfant dans son comportement, que cela contribue à déterminer sa place dans la société avec d’un côté les forts, de l’autre les faibles.

              Pour le « mademoiselle », personnellement j’aimerais bien qu’on trouve autre chose. Pourquoi faire une différence entre femme mariée ou non mariée, si cette différence n’est pas faite pour les hommes ? Ok, on ne peut pas appeler une fille de douze ans « madame », mais qui appelle un garçon de douze ans ou même de seize ans « monsieur » ?

              Mais de là à vouloir gommer toute, absolument toute différence, notamment dans la langue courante qu’il faut carrément modifier pour coller au nouveau modèle, là je trouve cela exagéré.
              Si les différences existent dans la nature, il faut les assumer, sans pour autant, en effet, avantager l’un plutôt que l’autre.
              Ils confondent, je crois, la lutte légitime contre les discriminations, et le fait de refuser purement et simplement que les différences existent, qu’on le veuille ou non.

              « Les contes et fables classiques qui, le plus souvent, distinguent nettement entre garçons et filles, sont bannis de l’école, » alors là je ne suis pas d’accord. Il faut des contes classiques, et il faut aussi autre chose.

              D’accord pour que les enfants aient aussi des histoires de papa-papa ou de maman-maman, mais s’ils n’ont plus que cela, sous prétexte qu’il faut lutter contre les discriminations, alors c’est là qu’il y a un problème, car alors on ne lutte plus contre les discriminations, on abolit la diversité. On fait exactement ce qu’on reprochait à la société d’avant : on impose un modèle unique.

              Pourquoi représentent-ils une femme plombier, finalement ? S’ils étaient logiques avec eux mêmes, ils représenteraient un être asexué plombier. Un être dont on ne peut déterminer s’il est un homme ou une femme. S’il s’arrangent pour que leur langage, tel qu’employé en classe, soit totalement asexué, alors leurs images devraient l’être aussi.

              Pour moi, il s’agit d’une école expérimentale, un peu comme toutes ces écoles expérimentales qui ont fleuri dans les années 70. Il y en avait des bonnes, il y en avait des bidons, mais en tout cas toutes celles qui sont tombées dans les extrêmes (je pense notamment à Vitruve qui, par exemple, avait banni le cahier et l’écriture et, en plus, politisait à fond les gamins) en sont revenus tôt ou tard.


              • Kookaburra Kookaburra 10 octobre 2012 12:46

                à Surya
                Merci de ce commentaire intéressant. Je suis d’accord avec vous. Seule la phrase « Pourquoi faire une différence entre femme mariée ou non mariée, si cette différence n’est pas faite pour les hommes ?  » me gène un peu. Elle me rappelle l’idéologie de la parité, que je conteste. Mademoiselle, Fräulein, Miss, sont des mots à connotation positive, agréable. Les supprimer n’est qu’une exacerbation de l’idéologie anti-discrimination.


              • Surya Surya 10 octobre 2012 13:17

                "Mademoiselle, Fräulein, Miss, sont des mots à connotation positive, agréable. Les supprimer n’est qu’une exacerbation de l’idéologie anti-discrimination.« 

                La connotation est positive parce que Mademoiselle, Miss, etc... renvoient inconsciemment à une femme jeune (et donc supposée séduisante). En revanche, appeler une veille femme »mademoiselle« est jugé ridicule, parce qu’on suppose qu’elle ne s’est jamais mariée ou qu’elle refuse l’idée de vieillir et insiste pour être toujours appelée par ce terme, et une jeune femme non mariée que l’on appellerait spontanément »madame« se poserait peut être avec inquiétude des questions sur l’âge qu’elle parait avoir.

                Si vous appelez une femme de 35 ans »mademoiselle« dans le but de lui montrer que vous trouvez qu’elle fait toujours jeune et qu’elle reste à vos yeux séduisante, c’est pas très sympa pour l’autre d’à côté qui parait son âge ou fait plus vieille  smiley

                Bref, ça crée des situations compliquées que vous, les hommes, n’avez pas à subir. Ca peut même créer des embroglios, alors ce serait plus simple de trouver autre chose.

                -----------------

                Par contre je suis tout à fait d’accord que la parité, si elle est purement idéologique, est déplacée. Prendre 50 hommes et »donc" 50 femmes, sans se soucier de la compétence, c’est absurde. Si on ne trouve que des femmes compétentes, alors on ne prend que des femmes, pareil pour les hommes. Je caricature un peu...

                Maintenant, ce n’est pas en maintenant la fillette dans un schéma ou tout ce qui est supposé l’intéresser est : être belle et séduisante, le maquillage, les fringues et la mode (et faire les soldes...), plaire aux garçons, rendre ses copines jalouses etc etc... bref, ce n’est pas en continuant à faire croire aux filles que bon, elles ont certes un cerveau, mais ce n’est pas nécessaire qu’elles s’en servent, qu’on leur donnera confiance dans leurs capacités, qu’on fera d’elles des femmes professionnellement compétentes, que l’on embauchera au final non en raison des lois sur la parité, mais bel et bien pour leurs compétences.


              • Surya Surya 10 octobre 2012 13:19

                ...sans se préoccuper de savoir si on embauche un homme, ou une femme.

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