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Accueil du site > Actualités > Société > L’Education nationale : un problème sociétal

L’Education nationale : un problème sociétal

J’ai regardé lundi du coin de l’oeil le documentaire diffusé sur Canal+ sur les défaillances de l’école, et j’ai été stupéfait par le parti pris du réalisateur qui est encore plus subjectif que Michael Moore et par le propos assez nostalgique du film.

En effet, on voyait volontiers dans ce documentaire un enseignant expliquer que l’on n’apprenait plus la division à l’école. Pour l’enseignant que je suis, cela m’a quelque peu étonné. Et cet enseignant d’expliquer que l’on peut aisément apprendre la technique opératoire de la division au CE1. Il a certainement raison mais permettez-moi de douter de cette méthode. Car tout d’abord, il faut être honnête : qui sait poser une division en France actuellement ? Dans mon entourage, les enfants savent mieux le faire que leurs parents qui pourtant ont connu cette fameuse méthode à l’ancienne. Car, en effet, elles sont là les limites d’une méthode entièrement transmissive. C’est qu’à ne pas comprendre ce qu’on fait, on l’applique le temps de ces études sans pour autant que ces acquis demeurent à l’âge adulte. Et les méthodes actuelles sont certes plus lentes mais sont destinées à faire prendre conscience aux élèves de ce qu’ils font. C’est un mensonge éhonté que j’ai entendu sortir de la bouche de cet homme quand il dit qu’on donne directement à faire la division de 227 par 6 sous forme de problème. Non ! Bien entendu, cet enseignement oblige à passer par des étapes. Exemple : en CE1, ma première leçon de mathématiques consistera à diviser 12 perles en 3 parts égales. Et non pas, comme ce monsieur le sous-entend de "griller les étapes". Mais ceci est un détail car ce qui m’étonne le plus, c’est cette indécision des détracteurs à emprunter un même chemin.

Je m’explique : il y a quelques jours, suite au rapport remis par le Haut Conseil de l’Education, on a vu et revu des images de l’école finlandaise, considérée (par les anglo-saxons) comme le meilleur système éducatif du monde. Puis, quelques jours plus tard, dans ce documentaire, on a surtout pu relever une critique sévère du système constructiviste. Le système constructiviste incite l’enseignant à mettre l’élève en situation de recherche afin que ce dernier découvre par lui-même, mais étayé par l’enseignant, les fondements de ses apprentissages. Ce système s’oppose au système transmissif où l’enseignant prodigue un savoir que l’élève doit maîtriser à son tour. Je n’ai pas envie d’épiloguer sur les qualités et les défauts des deux méthodes. Mais force est de constater que d’un côté, on voudrait que le système français s’inspire du système finlandais et d’un autre côté, qu’il revienne en arrière. Malheureusement, il s’agit là d’un grand écart car comment mettre à la fois l’élève au centre des apprentissages et en même temps faire de l’enseignant la voix unique du savoir. C’est simple : c’est impossible tant les deux analyses sont différentes.

Et cela me fait penser que finalement, ce n’est pas tant le système qui influe sur les résultats des élèves. Un système transmissif pourrait certainement réussir tout comme le ferait un système constructiviste ou socioconstructiviste. Car si on s’attarde sur les constats observés par le Haut Conseil de l’Education, il est un point des plus frappants :

La corrélation forte qui existe entre le redoublement précoce et l’origine sociale suggère en outre qu’il est contraire à l’égalité des chances des enfants devant l’école. Alors que 3 % des enfants d’enseignants et 7 % des enfants de cadres entrés en CP en 1997 ont redoublé à l’école primaire, les taux s’élèvent à 25 % pour les enfants d’ouvriers et 41 % pour les enfants d’inactifs. Sept ans après l’entrée au CP, 93 % des enfants de cadres et d’enseignants accèdent en classe de quatrième sans avoir redoublé mais seulement 64 % des enfants d’ouvriers, et moins d’un enfant d’inactifs sur deux. Le redoublement précoce entérine donc largement les disparités sociales.

Dans la mesure où l’on ne peut soupçonner les enfants d’ouvriers et d’inactifs d’être plus idiots que les autres, il est assez étonnant de voir qu’ils réussissent moins bien à l’école. Le H.C.E, assez bizarrement, conclut que c’est le redoublement précoce qui en est la cause. Mais c’est assez surprenant que celui-ci ne se demande pas pourquoi il y a tant de redoublements chez les enfants issus des classes défavorisées ! C’est à mon sens la question qu’il faut se poser en priorité plutôt que de lancer un énième débat sur le redoublement. Pourquoi les enfants d’ouvriers et d’inactifs réussissent moins bien en CP ?

  • Certains diront que l’une des raisons est le bain de lecture. Les enfants de cadres et d’enseignants abreuvent leurs enfants de livres dès leur plus jeune âge. Mais, des efforts ont été fait dans ce sens à l’école maternelle. Les BCD (Bibliothèque et centre documentaire) sont désormais fournies et les passages dans les bibliothèques municipales sont monnaie courante. Non, on ne peut attribuer principalement cette différence à ce fait.
  • D’autres expliqueront que l’aide aux devoirs est différente mais a-t-on besoin d’avoir Bac + 5 pour faire lire son enfant ou l’aider à poser une addition ? C’est vrai pour le collège mais ça l’est nettement moins pour les "petites classes".
  • D’autres expliqueront que les enseignants et les cadres connaissent mieux l’école et qu’ils parviennent plus facilement à détourner la carte scolaire. Sauf que la carte scolaire est faite d’une telle manière qu’il existe peu d’école de ZEP où l’on peut voir étudier des enfants d’enseignants ou de cadres. La plupart des détournements de la carte scolaire se font en fonction du lieu de travail des parents, voire du lieu de garde de l’enfant. Là aussi, cela ne permet pas d’expliquer une telle disparité.

Mon analyse est la suivante. Je crois qu’il y a un déficit de confiance en l’école, voire une méfiance envers cette institution. Cette méfiance va plus loin car elle touche, à mon sens, toute la fonction publique et par conséquent l’Etat. A force de pointer du doigt les échecs de la fonction publique en termes de santé, d’éducation, de sécurité, les hommes politiques à la tête de l’Etat ont plongé les personnes en situation précaire dans un ressenti. Le chômage, les salaires et les risques de licenciement ont entraîné un rejet des institutions et l’école n’a, il est vrai, pas permis à ses élèves de trouver du travail et de profiter d’une situation stable. Ajoutez à cela cette impression que les fonctionnaires sont des fainéants privilégiés et vous enfoncez ainsi le clou du mécontentement vis-à-vis des fonctionnaires et donc de l’école. Ce qui est d’autant plus grave que cette méfiance s’est propagée à l’Etat et que les ouvriers et les inactifs aujourd’hui ne font plus confiance en l’Etat lui-même ! Exemple choisi : un élève avec de graves troubles orthophoniques qui nécessitent des soins urgents, une possibilité qui s’ouvre dans un CMPP (Consultation médico-psycho-pédagogique) avec un nombre de séances conséquent, une mère qui refuse car elle ne veut pas que son enfant aille chez les fous ! Ceci est l’exemple même de cette méfiance : les enseignants et l’école ne sont pas capables d’aider mon enfant puisqu’ils ne sont pas parvenus à me fournir un emploi. Et ils n’ont pas si tort car on attend que l’école nous permette de gagner plus tard notre vie mais elle ne peut pas l’assurer. C’est pourquoi je pense que le problème du système éducatif français est un problème sociétal et non pas un problème propre à l’Education nationale. Si on veut que le système parvienne à maintenir une certaine égalité et une certaine excellence, il faut se poser la question de savoir pourquoi les enfants issus de milieux défavorisés peinent plus dans l’apprentissage de la lecture plutôt que de se quereller sur telle ou telle méthode. Le problème est bien plus profond que ça car il remet en cause non pas notre système éducatif mais notre société dans sa globalité.

http://www.hce.education.fr/gallery_files/site/21/39.pdf


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34 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 5 septembre 2007 12:44

    François Bayrou avait indiqué, lors de la campagne présidentielle, qu’une étude réalisée lors de son passage au ministère de l’éducation avait en effet démontré que le taux de réussite était directement lié à la confiance en l’école, à situation socio-professionnelle égale.

    Ceci étant, est-ce là l’unique raison de ces redoublements importants chez les élèves défavorisés ? Cela me parait improbable. Il semble en revanche que les enseignants ont moins de scrupules à faire redoubler ces élèves, tandis que les parents d’élèves favorisés font pression pour que leurs enfants ne redoublent pas, ce que les enseignants acceptent. Il est d’ailleurs très largement démontré que ces redoublements ne sont pas efficaces, et que la seule solution est un soutien scolaire individualisé (solution très largement appliquée en Finlande justement)...


    • Frédo45 Frédo45 5 septembre 2007 17:40

      Il y a du vrai et du faus dans vos dires. le vrai, c’est qu’il est plus difficile de faire redoubler un enfant de cadres ou d’instits parce que ces personnes l’acceptent moins et qu’en plus, ils connaissent l’école et savent que c’est l’Inspection souvent qui a le dernier mot... Mais cela ne conserne que quelques cas, sinon, on ne reverrait pas de telles disparités tout au long de la scolarité de l’enfant.


    • Emile Red Emile Red 6 septembre 2007 10:47

      Surtout qu’actuellement de plus en plus on demande l’avis des parents avant redoublement, à part graves problèmes.


    • Emile Red Emile Red 6 septembre 2007 11:52

      Bon article, cependant je crois que la lunette de l’EN est à multiples lentilles.

      Le gros problème du système éducatif est son manque total de malléabilité. Un élève pourra être nul dans un système est excellent suivant une autre méthode, et complètement opposé dans sa propre fratrie.

      Entre école et collège les disparités ne peuvent que s’accentuer dus à l’absence totale de coordination et de suivi.

      Selon les références les conditions sociales seraient responsables de l’échec, il est évident qu’à niveau égal cette responsabilité ne tient plus et que d’autres phénomènes entrent en jeu tels l’approche intellectuel, l’intérêt, la disponibilité, la curiosité de l’élève, or cette vision personnalisée n’entre dans aucun schéma éducatif d’importance.

      L’exemple de la « division » est exemplaire, deux enfants (les miens) apprennent suivant la méthode moderne, je reste interloqué face à l’art et la manière, pourtant dans les deux cas ça semble fonctionner. Arrivés au collège, découverte, on ne parle plus d’« article » mais de « déterminant », ça semble encore fonctionner.

      Pourtant, quelque chose se passe que je ne peux définir, les enfants sont fébriles, l’acquis est fluctuant, voire vaporeux, à force de questions alentours et chez moi, je pressens une émotivité, face au travail et surtout aux profs, grandissante.

      Je reprends les cours, les emplois du temps, rien de bien méchant mis à part ces quelques changements générationnels. Et à relire tout me saute aux yeux. Ce n’est pas le système qui est mauvais, ce ne sont pas les profs qui sont nuls, même le cadre est agréable, c’est la sécurisation de l’esprit qui pêche.

      En effet là où il y a longtemps on avait une heure de cours précise, aiguilles définies sur la pendule, ils ont des cours de 45 voire 50 minutes, selon, là où le chef d’établissement était le chef, il a un sous chef, une documentaliste, un CPE, là où le prof exerçait une autorité et une présence de tout instant, il laisse libre cours aux facéties, là où la cours était sous surveillance rapprochée, l’élève est livré à lui même avec le stress corrélatif.

      Résultat, l’enfant pense à tout sauf à ce pourquoi il est présent, phobie horaire, course au repas, stress de l’isolement, incompréhension des rôles, plus aucune valeur cadre si ce n’est la note ou la retenue, il est dans une véritable jungle où son copain peut devenir fauve, son voisin agneau, où les repères sont faussés image du père absente, dans cette course effrénée les 3/4 d’heure de cours deviennent repos et s’ensuit le retard la mise à l’écart, le reléguement précédant le redoublement ou pire encore.

      Il apparaît que ce n’est pas la pédagogie qui doit être mise en cause, mais le fondement, le fonctionnement de l’école, son encadrement et les valeurs qu’elle se doit de diffuser, ce n’est pas le corps professoral qui est responsable de l’échec mais bien la structure physique et professionnelle de l’école.

      Résultat, la littéraire maîtrise les cosinus en seconde (chose que j’ai compris avec elle) et repique, le matheux hyperdoué coule en math et repique sa troisième BEPC loupé et niveau général proche du zéro pointé...

      Et on laisse croire que les fils de ou d’ex profs et patati...


    • Angelus 5 septembre 2007 12:51

      Excellent article.

      Merci beaucoup.


        • at974 at974 5 septembre 2007 16:54

          J’ai beaucoup mieux à faire ...


        • Internaute Internaute 5 septembre 2007 14:55

          Un problème sociétal, n’est-ce pas tout simplement un problème de société ou social ? Je comprends de moins en moins l’hexagonal.


          • Céphale Céphale 5 septembre 2007 16:18

            En tant que grand-parent de plusieurs adolescents favorisés par leur environnement familial, je partage totalement votre analyse et je vous remercie de l’avoir publiée.

            Non, il ne faut pas accuser le système. Non, il ne faut pas accuser les enseignants. Oui, c’est un problème de société. Je pense que les enseignants sont souvent obligés de pallier tant bien que mal les déficiences de l’environnement familial.


            • docdory docdory 5 septembre 2007 17:24

              @ Fredo 45

              J’ai vu effectivement des reportages télévisuels sur le système finlandais , à mon avis , loin d’être « le meilleur système du monde » , ça m’avait tout l’air d’une pétaudière à laquelle je ne confierais en aucun cas mes propres enfants ! D’ailleurs on serait bien en peine de citer un prix Nobel finlandais , il semble s’agir d’une éducation nivelant par le milieu , dans les cas favorables !

              Pour ce qui est de la division et de l’enseignement primaire en général , il y a manifestement une régression massive des programmes .

              Lorsque je suis sorti du CM 2 en 1967 , à l’époque , tout élève en fin de CM2 avait appris à résoudre sans hésitations une division du type 0,037 divisé par 0,49 , par exemple ! Or mon fils , qui rentre actuellemnt en cinquième et qui a pourtant un an d’avance , n’a jamais eu à résoudre ce genre de divisions et ne saurait pas le faire ! Ceci faisait qu’en sixième , nous étudiions à l’époque des questions aussi intéressantes que la théorie des ensembles et les opérations sur les ensembles , les racines carrées et comment les extraire , les tables de vérité , que p =>q était logiquement équivalent à non p ou q , les nombres négatifs , les quantificateurs , les équations du premier degré à une inconnue etc ... Quand je vois le programme de maths actuel de 6ème ( arithmétique et géométrie élémentaire ) c’est d’un ennui mortel , on laisse des cerveaux en friche , tout simplement !

              De même pour la grammaire , j’avais en primaire trois heures hebdomadaires d’analyse logique , qui consistait à disséquer une phrase bien tordue et à en donner tous les éléments grammaticaux ( sujet , attributs , mode et temps du verbe , complément d’objet , de nom , adjectifs etc...) . Là non plus , ni ma fille , qui rentre en CM2 avec un an d’avance , ni mon fils , n’ont jamais fait aussi intensivement ce genre d’exercices , et ont le plus grand mal à distinguer un attribut du sujet d’un complément d’objet direct !

              A mon époque , tout élève entrant en 6ème était sensé avoir acquis la conjugaison de tous les temps de tous les modes de la langue française , y compris pour les verbes du troisième groupe . Mon fils qui rentre en cinquième n’a jamais entendu parler du futur antérieur de l’indicatif ou de l’imparfait du subjonctif !

              Ma fille un jour m’a annoncé avec fierté qu’elle avait 50/55 sur une dictée . M’étonnant de cette note , elle m’expliqua que sur cinquante cinq mots , cinquante étaient bien écrits ! J’ai du lui expliqué qu’à son âge ,mes dictées étaient notées cinq fautes = zéro , et donc que sa dictée valait en fait zéro ! A noter également que les fautes d’orthographes ne sont corrigées que sur les dictées et non sur les rédactions ( rebaptisées pompeusement par de modernes Trissotins de la pédagogie « créations narratives » ! ) , ce qui fait que ma fille a deux orthographes , l’une , médiocre , pour les dictées , et l’autre , épouvantable et non corrigée , pour les « créations narratives  » !!!

              Très curieusement , au collège , les « cours de littérature française » comportent par contre des questions totalement absconces sur les « techniques narratives » et autres procédés des auteurs , auxquelles je serais strictement incapable de répondre , ne comprenant même pas le sens des questions posées !

              Donc , à part quelques détails , on observe un effondrement du contenu des programmes , les cerveaux de nos enfants étant littéralement laissé à l’abandon , ( sans compter l’augmentation massive de la durée des ci-devant « petites » vacances de la toussaint et de février qui contribue au phénomène ! ) .


              • docdory docdory 5 septembre 2007 17:26

                NB : c’est bien évidemment « j’ai du lui expliquer » qu’il fallait lire , mille excuses pour cette coquille !


              • Frédo45 Frédo45 5 septembre 2007 17:47

                Ce qui est intéressant c’est que vous prenez comme exemple l’enseignement du subjonctif imparfait, mais excusez-moi, à part les littéraires de haut niveau, qui l’utilise ? On reproche souvent à l’école la déconnexion des savoirs enseignés avec la réalité. Mais je crois que remettre au goût du jour ce genre d’apprentissage amplifierait ce sentiment. Il y a aussi un problème qui est évident, c’est qu’il y a un manque de cohérence entre les programmes su primaire et du secondaire. Les programmes du primaire ont été réduits pour pouvoir permettre entre autres l’apprentissage d’une langue étrangère, cela signifie que ce qui n’est pas appris désormais à l’école doit l’être au collège.


              • ZEN ZEN 5 septembre 2007 17:50

                @ Doc, bonjour

                J’aurais pu livrer le même témoignage que le tien, au mot près...

                « De même pour la grammaire , j’avais en primaire trois heures hebdomadaires d’analyse logique , qui consistait à disséquer une phrase bien tordue et à en donner tous les éléments grammaticaux ( sujet , attributs , mode et temps du verbe , complément d’objet , de nom , adjectifs etc...) . .. »

                Oui, on apprenait à dégager la structure d’ un texte. Cela faisait un peu mécano, mais c’était efficace et avait des conséquences heureuses sur la logique générale, le mode de lecture, l’apprentissage futur des langues.. ;


              • docdory docdory 5 septembre 2007 18:02

                @ Frédo 45

                Certes , je le reconnais , l’enseignement des langues est mieux fait actuellement qu’à mon époque , mais peut-on valablement apprendre une langue étrangère sans maîtriser parfaitement les notions élémentaires de la grammaire française ? Mes deux enfants font Allemand première langue , je vois mal comment ils arriveront à décliner correctement s’ils confondent un attribut du sujet ( nominatif ) avec un complément d’objet direct ( accusatif ) ! Quant à l’imparfait du subjonctif , il n’est plus utilisé parce qu’il n’est plus enseigné , tout simplement ...

                @ zen , salut !

                Oui , je crois que nous sommes tous les deux des élèves élevés à l’ancienne mode ! Ca avait quand même du bon , y compris pour les professeurs , qui n’étaient pas menacés par le stress vu le calme qui régnait dans les classes , calme qui était fort propice à l’apprentissage , et évitait aussi la fatigue des élèves ... !


              • Frédo45 Frédo45 5 septembre 2007 21:50

                Comment font les enfants dans les pays ou régions où deux langues se côtoient, comme le Québec par exemple ? Et de nombreux pays ont démontré que l’apprentissage d’une première langue étrangère doit se faire très tôt (les pays scandinaves notamment) pour être efficace ! Et je pense qu’il est nettement plus important de parler dans deux langues différentes que de savoir conjuguer l’imparfait du subjonctif ! Personnellement, j’utilise plus souvent mes connaissances en anglais ou en espagnol que l’imparfait du subjonctif !


              • Barbathoustra Barbathoustra 5 septembre 2007 22:05

                Dans les pays scandinaves, les films anglo-saxons sont rarement doublés, justes sous-titrés la plupart du temps. Je pense que ça explique aussi l’apprentissage plus rapide, d’une manière générale de tous ces petits pays dont la langue n’est pas aussi « forte » que ne l’est le Français.


              • Quintien Lorteuil 6 septembre 2007 00:31

                Au Québec, les francophones sont aussi mauvais en anglais que les français (c’est le cas de ceux que je côtoie). Ils maitrisent par contre parfaitement l’accent anglais.


              • Voltaire Voltaire 6 septembre 2007 09:31

                Le système finlandais a été récemment mis en exergue en raison des résultats remarquables obtenus par les élèves de ce pays dans les tests de l’étude PISA de l’OCDE (effectués sur des enfants de 15 ans, et qui permet de tester non seulement les connaissances sur différents sujets, mais aussi d’autres aptitudes liées à l’enseignement).

                Même s’il faut relativiser ces résultats (d’abord parcequ’un test, même si celui-ci est très bien fait, ne représente pas tout, et d’autre part la Finlande ne possède pas une population aussi hétérogène que d’autres pays à forte immigration par exemple), il n’en demeure pas moins que ces excellents résultats sont d’abord dus à une prise en charge très précose et individualisée des enfants à problème, afin de ne laisser personne décrocher du système. Il faut ensuite souligner que les écoles ont une très grande autonomie, que ce soit dans leur recrutement ou dans la mise en oeuvre des programmes, ce qui leur permet de s’adapter à des situations très différentes (les enfants ne sont pas les mêmes au fin fond de la laponie ou dans le centre d’Helsinki). En effet, l’un des résultats spectaculaire du système finlandais est qu’il donen des résultats non seulement bons en terme de niveau général, mais qu’il permet aussi aux élèves des catégories sociaux-professionnelles les plus défavorisées d’être au même niveau que les autres. Bref, le système finlandais d’éducation joue son rôle d’ascenseur social et est égalitaire, contrairement à d’autres (comme le français) qui sont bon pour les élèves normaux ou bons, mais laissent les élèves en difficulté au bord du chemin.

                Ce qui est intéressant dans votre remarque, et celle d’autres commentaires, c’est l’aspect dénigrement. Lorsque les finlandais ont obtenus de tels résultats, plusieurs pays, dont le Japon qui a aussi de bon résultats dans ce test, se sont empressés d’inviter les responsables de léducation finlandaise pour en savoir plus, pour apprendre, et pour voir ce qui pouvait être transposé dans leur propre système éducatif. Evidemment, la France, persudée d’être la meilleure, s’est bien gardée d’en faire autant.

                En ce qui concerne le système actuel en France, même si vous n’avez pas tout à fait tort sur l’orthographe, il faut quand même se rappeller que le système français accueille maintenant 80% d’une classe d’âge jusqu’au bac, ce qui était loin d’être le cas avant. Cette massification a forcément des conséquences.

                Quant aux dictées, de mon temps, seules les fautes les plus graves (accords) valaient 4 points..., les erreurs d’orthographes valaient 1 ou 2 points, la ponctuation 1/2...

                Enc e qui concerne les langues étrangères, la remqraue concernant les film étrangers en VO est essentielle. Le sous-titrage a un effet néfaste sur nos capacité d’apprentissage ; en regardant des émissions en VO, les enfants (et adultes) acquierent les capacités à assimiler des consonnances qui n’existent pas dans leur langue, ce qui rend l’apprentissage beaucoup plus facile d’une autre langue. C’est largement une affaire d’oreille, et bien sûr les petits (3-7 ans) apprennent à une vitesse faramineuse une langue étrangère s’ils lui sont régulièrement exposés.


              • Frédo45 Frédo45 6 septembre 2007 18:58

                Il faut aussi dire pour les évaluations de l’OCDE que ce sont des critères anglo-saxons qui sont pris en compte, ce qui tend à relativiser un peu plus. Quand j’ai parlé notamment de la Finlande, c’était surtout pour démontrer qu’un enfant peut apprendre à lire et apprendre à parler une autre langue. Le problème en ce qui concerne les langues étrangères en France, c’est que traditionnellement, le frnçais est une langue de l’écrit, dont l’orthographe est compliquée et que l’enseignement est tourné vers l’écrit. C’est pourquoi les études révèlent que les élèves français sont bons en langues étrangères à l’écrit (parmi les meilleurs) mais moyens (car il ne faut pas dire mauvais, il ne faut pas oublier que le système éducatif français reste un des plus performant au monde). Et il est difficile, je l’avoue de rompre avec ces habitudes alors que l’apprentissage des langues étrangères devraient être essentiellement oral.


              • snoopy86 5 septembre 2007 18:25

                @ Zen et Docdory

                a l’évidence vous êtes, tout comme moi, des vieux c.. qui n’avez rien compris à la modernité « pédagogiste »...


                • Frédo45 Frédo45 5 septembre 2007 21:52

                  Et pourquoi êtes-vous si agressif ? Nous avons des divergences mais nous discutons calmement... Votre remarque n’élève pas le débat, excusez-moi !


                • ZEN ZEN 5 septembre 2007 18:46

                  @snoopy86

                  Salut, cher vieux c....

                  Que ne nous a-t-on pas servi comme âneries au nom de la « modernité », et ça continue !...


                  • docdory docdory 5 septembre 2007 19:14

                    @ Snoopy 86 et Zen :

                    Nous allons pouvoir fonder un club !


                  • Marie Pierre 5 septembre 2007 23:17

                    Salut le Club !

                    Je lis : « Le système constructiviste incite l’enseignant à mettre l’élève en situation de recherche afin que ce dernier découvre par lui-même, mais étayé par l’enseignant, les fondements de ses apprentissages » et je me dis, diantre, ce s’rait-t-y pas la méthode Freinet des années 60 qui est rebaptisée ainsi ? Il y en a qui ont redécouvert l’eau tiède !

                    Doc, je rajoute à tes propos, l’anglais en 6° (63), tout un trimestre de phonétique, qui m’a bien servi au lycée et surtout en fac de lettres, matière au programme.

                    Cela dit, il ne faut pas oublier que les jeunes ont d’autres « outils » de connaissance. Le plus difficile étant, comme en maternelle, de savoir faire le découpage pour n’en retirer (et retenir) que ce qui est nécessaire, et non pas suivant un intérêt personnel. Ne pas grapillonner (c’est la saison) ou zapper.


                  • Frédo45 Frédo45 6 septembre 2007 19:00

                    La méthode Freinet va beaucoup plus loin car elle s’inspire presqu’uniquement du travail des élèves et de leur production à l’écrit pour évoluer vers la maîtrise de la langue. C’est vraiment une pédagogie à part, qu’il faut maîtriser et qui demande un investissement énorme.


                  • will1902 5 septembre 2007 23:11

                    bonjour à tous, je souhaite aussi réagir à ce débat. En effet, ce documentaire ést très éloquent et montre les faiblesses du système. Cependant, étant moi-même étudiant jusqu’à l’année dernière, je voudrai ajouter plusieurs chose qui n’ont pas été évoqué dans cet article. Premièrement, il y a un réel problème concernant la dose de travail à fournir. J’ai l’inpression qu’on essaye de dégouter les personnes à faire des études. En seconde (à peu près 15 ans), un gosse doit se taper des jounée de 8 heures de cours par jour de différentes matières (cours théoriques bien sur, sans prtique ou presque) !!! Ca fait pas un peu trop à assimiler ? imaginez vous assis sur une chaise à écouter un prof pendant 8 heures. Comment demander à un adolescent d’ingurgiter une telle dose de savoir en si peu de temps. Et c’est pas fini, en rentrant le soir, il y a les fabuleux exercice de maths qui prennent 2 heures à être résolu !!! Aprenons leur la vie et arretons de dire que la culture se pert et que les éleves savent de moins en moins de chose qu’il y a 50 ans. Il y a un réel manque de mise en pratique dans l’école. Deuxièmenent, beaucoup de prof ne respectent pas leur éleves et ceux la finissent pour la plupart con et méchant, reproduction du shéma enseigné !!! Par exemple, jétais étudiant en BTS l’année dernière. j’ai 22 ans, et certains de mes professeurs se permettaient des réflexions totalement incorrectes nous traitaient comme des gosses de 10 ans. Super la modernité. Petite anecdote, nous avions un responsable du parc informatique pour les BTS (en gros un gars payé 35 heures à boire des cafés et à dormir dans la salle des profs), celui ci n’était meme pas capable d’installer un logiciel sur les pc, c’est inquiétant quand meme ! Moi meme me débrouillant en informatique, j’avais plus de connaissance que lui ! Moi je dis : retour à l’IUFM... Dernièrement, je vux aborder le point des infrastructure. Les établissement scolaires manquent cruellement de moyens. Non pas que l’école laique et gratuite soit une mauvaise chose, mais regarder l’état des salle de classe. Dans beaucoup de pays les étudiants ont accés en permanence au parc informatique et peuvent travailler dans de bonnes conditions. De plus, il y a des salle sport ouverte aux étudiants pour qu’ils puissent évacuer après les cours. En france, tu fini les cours, tu te fait controler à la sortie pour qu’on soit sur que tu soit bien du lycée et tu rentre chez toi car tu as une interro le lendemain. La journée tip top avec beaucoup d’animation... Enfin arretons de critiquer les éleves (crétins, manque de savoir etc...),ils ne sont que le fuits du travail de leurs ainés.

                    Les études sont vécus pour la plupart des personnes comme un momment douloureux à passer. Alors pour donner envie aux enfants de bosser il y a du chemin.

                    PS : Avant d’aprendre au CE1 l’anglais, il faudrait leur apprendre a parler et et à écrire le français correctement. Les méthodes d’apprentissage de l’éducation nationale sont tellement nulles qu’en 9 ans d’anglais je ne balbutine que quelque mots. Pourqoi ? revenez à l’école et vous verrez...


                    • Frédo45 Frédo45 6 septembre 2007 19:08

                      1) Pour répondre à votre remarque sur les horaires, je suis assez d’accord : je pense qu’il faudrait réduire les horaires journaliers plutôt que de penser à supprimer les samedis matins (chose à laquelle je suis opposé car les élèves y sont souvent attentifs et que cela permet justement de moduler un peu sa pédagogie) ! 6 heures de classe pour des GS, des CP ou des CE1, c’est trop... 2) En ce qui concerne l’informatique, la personne dont vous parlez n’est certainement pas informaticien. Nous aimerions tant qu’on embauche des informaticiens dans l’EN ! Cela nous déchargerait un peu car entre les PC qui déraillent, l’internet qui se fait la malle et les imprimantes qui refusent de travailler, ça en fait un paquet d’heures usées au lieu de préparer sa classe ! 3) A propos du PS, j’y suis à l’école et je sais ce que j’y fais en anglais. Et je note tout de même quelques progrès. Quant au langage, sache qu’il s’apprend d’abors auprès des adultes proches, c’est-à-dire, essentiellement des parents...


                    • lenonsensdelavie 5 septembre 2007 23:20

                      bon article, merci... voilà une jolie disserte pour la rentrée, non ?


                      • tmd 5 septembre 2007 23:28

                        Dans la mesure où l’on ne peut soupçonner les enfants d’ouvriers et d’inactifs d’être plus idiots que les autres"

                        Et pourquoi pas ? J’avoue ne pas être très au fait des recherches sur le sujet. Mais génétiquement parlant, je ne connais aucune preuve de ce que vous avancez.

                        Et plus simplement, quand durant les quelques 3, 4 ou 5 premières années de sa vie, l’enfant aura baigné dans un environnement ou, par exemple, on utilise l’imparfait du subjonctif (si, si, ça arrive), on emploie un vocabulaire plus riche, on passe plus de temps à lire qu’à légumer devant TF1. L’enfant sera plus éveillé.

                        Et donc le terme idiot n’est pas approprié, je l’admet. Mais je ne peux m’empêcher de penser que certains enfants ont des capacités d’apprentissages plus faibles que d’autres.


                        • Frédo45 Frédo45 6 septembre 2007 19:10

                          Il n’y a pas de liens entre le statut social et les capacités intellectuels, comment cela se pourrait-il ? D’ailleurs, à l’intérieur même d’une famille, il y a de grosses différences, ce qui réduit le champ de l’hérédité. Par ailleurs, il y a des élèves d’ouvriers et d’inactifs qui réussissent aussi, qui font des études, qui en redoublent pas. Tiens, sans me rendre compte, je parle de moi !


                        • will1902 5 septembre 2007 23:34

                          oui certains enfants ont plus de capacités que d’autres mais je ne pense pas que ce soit liés à l’environnement dans lequel ils ont vécu. Effectivement, certains ont plus de facilités d’accés à la culture que d’autres, mais cela ne signifie pas qu’il ont moins de capacités


                          • pepin2pomme 6 septembre 2007 10:07

                            @ l’auteur,

                            Pourquoi associer le redoublement à un milieu familial « pauvre » et à l’échec scolaire ? Je suis cadre, et ma femme institutrice, donc d’après vos statistiques, notre fille n’aurait jamais dû redoubler. Pourtant, c’est ce qui s’est passé il y a 3 ans, elle a refait son CM2 à notre demande, il faut le préciser. Cela lui a fait beaucoup de bien. Elle est à nouveau en phase, elle n’a plus à courir derrière le train et grâce à une confiance en soi retrouvée, elle a renoué avec des résultats corrects.


                            • Frédo45 Frédo45 6 septembre 2007 19:13

                              Je n’associerais rien du tout. Il faut lire l’article. C’est un constat qui fait suite à une enquête qui explique cela. Quand on sait que moins de 5 % des enfants d’enseignants redoublent le CP alors que la proportion atteint des valeurs inquiétantes pour les inactifs, il faut bien se rendre à l’évidence qu’il y a un lien...


                            • Tomm 28 septembre 2007 00:42

                              Bonjour, Tout d’abord je voudrais me présenter, je suis actuellement étudiant en dernière année d’une « grande » école en France. Je suis parti en tant qu’Erasmus en Allemagne. Sans chercher à comparer les systèmes d’éducation, une des premières choses dont on s’aperçoit lorsqu’on arrive dans un autre pays en compagnie d’autres étudiants étrangers, c’est la différence de niveau dans la maitrise des langues étrangères. J’ai fait 8 ans d’allemand et 10 ans d’anglais, j’ai toujours eu un bon niveau dans ces lanques, autant au cours de ma scolarité que pour le baccalauréat. La plupart des étudiants étrangers que j’ai pu rencontrer ne pratiquaient l’allemand que depuis 2 ou 3 ans et leur niveau étaient bien meilleur que le mien. Je fais juste un constat, essayer de refaire le monde sur un forum n’apporterait pas grand chose.

                              Pour parler un peu de l’enseignement au lycée et au collège... Personnellement, j’ai trouvé que beaucoup de professeurs ont l’air de faire des cours parce qu’ils y sont obligés. J’ai toujours pensé que pour enseigner quelque chose, il fallait être passionné, apparemment je me suis trompé. Evidemment, je suis peut être très mal tombé avec mes professeurs mais quand on cherche à approfondir un sujet abordé en cours et qu’on s’entend répondre : « Tu n’as pas besoin de savoir ça, ce n’est pas au programme, ne perds pas ton temps avec des choses inutiles. » Franchement, même si le professeur ne veut pas perdre son temps à expliquer certaines choses à un gamin idiot qui lui fait perdre son temps - précieux - à poser des questions, juste conseiller un livre n’est pas très compliqué...

                              Sur ce, je vais me coucher, il est grand temps.

                              Très bon article au passage smiley

                              Tomm

                              P.S. : Je suis fils d’ouvrier et je pense que les parents y sont pour beaucoup dans la réussite de leur enfant. Le soutien et l’aide qu’ils m’ont apporté a été très importante.

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