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Accueil du site > Actualités > Société > L’enseignement de l’anglais et l’inégalité en (...)

L’enseignement de l’anglais et l’inégalité en France


Pourquoi les élèves français sont-ils les derniers de la classe en Europe pour l’apprentissage de la langue anglaise ? Pour répondre à cette question, l’auteur de Sorbonne Confidential [1] nous propose ici de regarder, entre autre chose, du côté des concours de recrutement des enseignants…
 
Tous les gouvernements en France ont insisté sur l’importance d’apprendre l’anglais. Une langue vivante (presque toujours l’anglais) figure dans le socle commun des connaissances et des compétences sous le président Chirac, et le président Sarkozy a prôné une France « bilingue ». Or, l’Évaluation européenne de l’anglais a classé les Français bons derniers [2]. Pourquoi ?
On a identifié plusieurs causes à cela. Trop peu de cours d’anglais à l’école, une pratique insuffisante à l’oral, peu de films en anglais à la télévision, et on a même avancé… l’incompatibilité de prononciation entre l’anglais et le français ! [3]. Sans être toutes fausses, ces explications ignorent l’essentiel : et si l’anglais n’était tout simplement pas aussi bien enseigné en France que dans les autres pays européens ?
 
Un retard qui commence dès l’école primaire
Sous la pression des parents, l’Education nationale fait débuter l’enseignement de l’anglais de plus en plus tôt, mais sans professeurs compétents. Au lieu de recruter de vrais professeurs de langues, l’Education nationale fait appel à la bonne volonté des maîtresses. Mais en France, peu d’enseignants du primaire maîtrisent réellement l’anglais ou savent l’enseigner. Certaines académies comme Créteil recrutent au rabais et ont du mal à trouver des professeurs d’anglais [4]. Les villes riches embauchent aux frais des contribuables les enseignants manquants. Les villes pauvres attendent.
Dès le CE1 l’enseignement de l’anglais en France est donc plombé par une inégalité de moyens et un manque de sérieux assez étonnant étant donné les déclarations du gouvernement. Le résultat est prévisible. Le Monde de l’Education affirme : « Les connaissances acquises en quatre ans d’école primaire ne constituent pas toujours une avance solide. Bon an mal an, un élève sur deux dispose de compétences en compréhension de l’oral assez fines pour être exploitées au collège. » (Mars 2008, p. 30).
Ce retard continue à se creuser pendant les sept ans d’études secondaires. Pourquoi ?
 
L’exception française
Contrairement à ses voisins européens, la France recrute les professeurs du secondaire par concours de service public. Introduits par Louis XV en 1766, les concours des enseignants mobilisent désormais 100 000 candidats qui investissent des millions d’heures chaque année pour préparer le CAPES ou l’agrégation dans 37 matières. 90 % échoueront !
Il existe une foi quasi-religieuse en France dans la capacité des concours à sélectionner les meilleurs. Pourtant, aucune preuve ne permet de démontrer scientifiquement que cette tradition tant vénérée produit de bons professeurs. Les PISA et l’Évaluation européenne démentent cette croyance. Aucun des pays les mieux notés n’utilise la méthode française pour sélectionner, former et promouvoir les professeurs. L’Évaluation européenne de 2002 a même épinglé l’utilisation excessive du français en cours d’anglais et l’attitude trop critique des professeurs qui inhibe les élèves [5]. Ces aberrations pédagogiques font figure d’exception française. Sont-elles causées par le système lui-même ?
 
« Fais ce que je dis, pas ce que je fais »
Le CAPES et l’agrégation d’anglais externe exigent un esprit critique, la maîtrise de certains arcanes et le don d’impressionner les membres du jury. Ces qualités sont-elles nécessaires pour enseigner l’anglais à des enfants de 11 à 18 ans ? La moitié des épreuves ne se fait pas en anglais, mais en français. Jusqu’en 2006, les candidats à l’agrégation externe s’entraînaient pendant un an pour briller à la « leçon orale » en français, et ils doivent toujours écrire une dissertation bien cartésienne en français …
Est-ce un hasard si l’Évaluation de 2002 a identifié précisément ces pratiques cultivées par les concours (beaucoup de français, esprit hypercritique) comme posant problème ? Les enseignants, comme nous tous, apprennent plus par l’expérience et par l’exemple que par l’exhortation. Il ne suffit pas de décréter « Privilégiez l’oral ! » si les professeurs n’en font pas l’expérience eux-mêmes. « Fais ce que je dis, pas ce que je fais »…
 
Incitations perverses
Les défenseurs des concours nous rappellent qu’ils ne servent qu’à la sélection. S’il existe un problème de formation des professeurs, c’est la faute des IUFM. Il faut améliorer cette formation. Les carences observées n’auraient rien à voir avec les concours…
Mais en réalité les concours sont le principal l’obstacle à la formation des professeurs en France. En effet, les professeurs sont récompensés non pas pour être ou pour devenir d’excellents enseignants, mais pour réussir à un concours : le CAPES d’abord, et ensuite - pour une élite dominante - l’agrégation.
Il y a actuellement 38 610 professeurs d’anglais capésiens ou agrégés. Fonctionnaires âgés en moyenne de 43 ans, beaucoup d’entre eux enseigneront l’anglais durant toute leur carrière, à savoir pendant 35-40 ans. Des décrets et des circulaires pleuvent constamment sur eux, mais au lieu de les récompenser pour actualiser leurs méthodes pédagogiques, l’Education nationale leur offre une incitation financière considérable pour passer l’agrégation d’anglais (moins d’heures, plus de salaire).
Ce système de récompenses présente deux conséquences néfastes : il détourne des ressources rares loin de la formation des professeurs, et il incite les individus à s’investir prioritairement dans la réussite des concours. Toutes les heures consacrées à préparer l’agrégation d’anglais (s’entraîner à la dissertation… française ; mémoriser le code phonétique, potasser le jargon littéraire et linguistique…)[6] sont autant d’heures perdues pour améliorer les techniques de la classe. Toutes les ressources englouties dans la gigantesque machine des concours (professeurs, universités, éditeurs, administrateurs, membres du jury, centres d’examen, surveillants), sont autant de ressources qui ne sont pas disponibles pour former les enseignants.
En ce qui concerne la formation des professeurs, les concours représentent un gâchis énorme d’argent, de temps et d’effort : si 90 % des candidats échouent, il n’y a aucune preuve que les 10 % qui réussissent aient développé un tant soit peu leur capacité à enseigner l’anglais dans un collège ou un lycée.
Et si toutes les heures avaient été consacrées, non pas aux compétitions, mais à la formation des professeurs ?
 
L’enseignement de l’anglais et l’inégalité sociale
En dépit des objectifs affichés par les gouvernements successifs, l’Education nationale peine à enseigner l’anglais aux élèves à un moment où la maîtrise de cette langue est exigée par beaucoup d’employeurs. Les familles aisées peuvent se payer des cours de soutien scolaires, des séjours linguistiques et des écoles privées. Aussi, les enfants des classes privilégiées réussissent à apprendre l’anglais exigé par les grandes écoles qui produisent les élites économiques, tandis que les enfants des zones défavorisées en sont privés. L’anglais est devenu, un des signes le plus évidents d’appartenance de classe sociale en France !
En dévorant les ressources qui auraient dû être consacrées à la formation des enseignants, le système des concours dessert les professeurs et condamne les élèves à une sous-performance chronique en anglais. Résoudre ce problème est devenu un impératif, non seulement d’efficacité, mais de justice sociale.
 
Laurel Zuckerman
Auteur de Sorbonne Confidential


[1] Lire dans le n° 460 des Cahiers (février 2008) la recension de cet ouvrage.
[2] The Assessment of Pupils’Skills in English in Eight European Countries 2002 A European Project, p 125.
[3] Le Monde de L’Education, octobre 2005, p 52.
[4]Le Parisien, 14 novembre 2006.
[5] « Alors que depuis 1987, les programmes affirment officiellement que l’accent doit être mis sur les situations de communication...et non pas uniquement sur la correction grammaticale des phrases, il semblerait que ’ces instructions soient peu prises en compte dans la pratique des classes’....Le fait que l’enseignant ’corrige en permanence’ les élèves se traduit par un ’usage abusif du français en classe’, pendant le cours : le professeur explique la grammaire en français, et c’est aussi en s’exprimant en français que l’élève montre qu’il a compris un message oral ou écrit. Les enseignants visent la "perfection" du message... »
Evaluation des compétences en anglais des élèves de 15 ans à 16 ans / The Assessment of Pupils’ Skills in English in Eight European Countries 2002 A European Project, p 129.
[6] En 2008, l’agrégation externe représente 70% des postes d’agrégation d’anglais (128 sur 184 postes disponibles), et le CAPES externe représente plus de 90% des postes de CAPES d’anglais (942 sur 1050).
 

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112 réactions à cet article    


  • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Webster Rorschach 15 février 2010 16:17

    Article intéressant, qui dresse un bien triste tableau de notre système éducatif, tableau que je crois malheureusement réaliste.

    Bref, ça change des krokonneries, nudge, nudge, wink, wink.

    Typhon


    • zelectron zelectron 16 février 2010 14:51

      Le fait d’être dans les « reçus » aux concours n’offre aucune garantie du don de savoir transmettre, savoir faire travailler, captiver, susciter l’enthousiasme de ses élèves, et le meilleur du savoir apprendre à apprendre.
      En ce qui concerne l’anglais la messe est dite depuis des lustres, qui ose découvrir qu’en France que c’est le désastre dans l’apprentissage des langues ? L’auteur ? il ment ! ça fait longtemps qu’il le sait !


    • paul 15 février 2010 16:31

      Cet article pointe justement la grande déficience de l’enseignement français en langues , et notamment l’anglais - et non pas sur l’ impérialisme de la langue anglaise .


      • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 23:34

        Il n’existe aucune déficience dans l’enseignement des langues, ce n’est pas un problème pédagogique mais politique. Apprendre une langue est un immense travail, qui exige en tout premier lieu une forte motivation. Il faut cesser de penser qu’on peut « faire apprendre » une langue, celle qu’on veut, au niveau que l’on souhaite, simplement parce qu’on l’a décidé, comme l’ex-URSS planifiait son économie de façon délirante. L’école ne peut être le lieu que d’une initiation en langue, plus ou moins poussée selon les filières et la motivation des élèves.


      • pingveno 17 février 2010 14:25

        Cet article pointe justement la grande déficience de l’enseignement français en langues , et notamment l’anglais - et non pas sur l’ impérialisme de la langue anglaise .

        pas faux sauf que justement vous dites « notamment l’anglais » et l’article, sous couvert de parler de langueS étrangèreS, est consacré à 90% à la seule langue anglaise.
        Peut-être faudrait-il un article similaire écrit par exemple par un prof d’allemand, comme ça on rétablirait un certain équilibre. Sinon je résume l’article comme : les français sont nuls en langues donc il faut améliorer l’enseignement de... l’anglais. Cherchez l’erreur.


      • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Webster Rorschach 17 février 2010 15:08

        «  l’article, sous couvert de parler de langueS étrangèreS, est consacré à 90% à la seule langue anglaise. [...] Sinon je résume l’article comme : les français sont nuls en langues donc il faut améliorer l’enseignement de... l’anglais. Cherchez l’erreur. »

        Une accusation d’une bêtise profonde. Il suffit de regarder le titre pour constater que son sujet essentiel est l’enseignement de l’anglais.

        Exemple de titre informatif quand au contenu de l’article :

        - L’enseignement de l’anglais et l’inégalité en France. qui parle effectivement de ça.

        Exemples de titres mensongers et complètement hors de propos :

        - Des enfants de maternelle agressés par une centaine de français ! Titre plus racoleur qu’une pute thailandaise qui dissimule un article sans aucun rapport.

        - Syndicalisme sans frontière
        , Article qui parle un peu de syndicalisme et beaucoup d’espéranto.

        - Des brèches dans le mur de la désinformation, qui parle d’espéranto et non de désinformation.

        Typhon


      • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Webster Rorschach 17 février 2010 15:23

        « Apprendre une langue est un immense travail, qui exige en tout premier lieu une forte motivation. Il faut cesser de penser qu’on peut "faire apprendre" une langue, celle qu’on veut, au niveau que l’on souhaite, simplement parce qu’on l’a décidé, comme l’ex-URSS planifiait son économie de façon délirante. L’école ne peut être le lieu que d’une initiation en langue, plus ou moins poussée selon les filières et la motivation des élèves. »

        Apprendre à lire est un immense travail, qui exige en tout premier lieu une forte motivation.
        Il faut cesser de penser qu’on peut « faire apprendre à lire », l’écriture qu’on veut, au niveau que l’on souhaite, simplement parce qu’on l’a décidé, comme l’ex-URSS planifiait son économie de façon délirante.

        L’école ne peut être le lieu que d’une initiation à la lecture, plus ou moins poussée selon les filières et les motivations des élèves.

        Typhon


      • Gargamel Gargamel 15 février 2010 16:34

        Entièrement d’accord avec l’article. Franchement au collège/lycée je ne me souviens d’aucune prof qui avait un accent anglais descent, et il me semble que le seul truc utile que j’y ai appris de toutes ces années aie été la liste des verbes irréguliers. Si c’est pour faire ça autant ne pas gâcher la vie de tous ces profs avec ce concours idiot qui les forme à une mentalité de merde, comme tous les concours.


        • Asp Explorer Asp Explorer 15 février 2010 17:23

          I trought to leaning of my irregular vebs at the lycée and now I can proudly say : « english readed, writed and speaked » !


        • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 22:27

          Kion vi diras ?


        • skirlet 15 février 2010 23:37

          Stultaĵojn li diras. Kiel kutime...


        • skirlet 15 février 2010 23:39

          Stultaĵojn li diras. Kiel kutime...


        • Dimrost 15 février 2010 18:06

          Article intéressant, encore une fois.
          Je passe le CAPES d’anglais pour la troisième fois cette année, donc, je suis en bonne position pour dire que le mode de recrutement n’est pas ce qui se fait de mieux (sinon, ils m’auraient déjà pris :p)

          Mais je voudrais rajouter un point ou deux sur le pourquoi du retard de la France dans l’enseignement de l’anglais (en dehors, encore une fois, des questions très justement soulevées par l’article).
          Le problème aussi, en France, c’est la sacralisation du français et, du coup, le manque d’immersion dans les langues étrangères.
          Une fois l’élève sorti de sa classe d’anglais, il ne verra pas de films en VO à la télévision, les cinémas qui proposeront des films en VO sont minoritaires, et, de toute façon, s’il va au cinéma, il ira sûrement voir le film en version doublée. Il ne lira pas en anglais chez lui. Ses parents ne l’entraîneront pas à l’oral.

          Bref, l’anglais n’existe plus en dehors de la classe. Dans la vie de tout les jours, la pression linguistique de notre langue maternelle est extrêmement forte, ce qui mène, par exemple, à des trucs complètement absurdes genre les commentateurs sportifs qui sont obligés d’appeler « coup de pied de coin » le corner au foot, ou le « cédérom », car régulièrement, la langue française montre ses petits muscles contre les méchants anglicismes.

          Ce qui explique, par exemple, le niveau très élevé, voire bilingue de l’anglais en Suède, où ça ne leur pose pas de problème de faire cohabiter deux langues, leur langue maternelle et l’anglais, dans leur sphère quasi-quotidienne.

          Donc, en gros, il faut savoir ce qu’on veut.
          Soit on laisse plus de place aux langues étrangères dans la vie de tout les jours, soit on garde l’idée que le français prime avant tout, et dans ce cas-là, il faut accepter le fait qu’on aura toujours un retard sur beaucoup d’autres pays.


          • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 22:04

            Oui Dimrost, il faut savoir ce qu’on veut, voir sa langue décliner jusqu’à devenir négligée comme le suédois, devenu inapte à l’enseignement scientifique faute d’avoir actualisé son vocabulaire, et, surtout, parce que depuis des années, à l’université, la majeure partie des sciences sont enseignées en anglais. Une langue que personne n’aura l’idée d’apprendre, hormis des expatriés, et encore la plupart communiqueront-ils en anglais. Est-ce le destin que vous souhaitez au français ?


          • Massaliote 16 février 2010 13:15

            « la sacralisation du français » dans un pays où les « élites » ont souvent un niveau déplorable dans ce domaine, où toutes les institutions se couchent devant l’anglais, où les merdias préfèrent un mot anglais à son équivalent français !!!


          • armand 15 février 2010 18:25

            L’article pointe sur un problème majeur en effet, idem pour l’Allemand , cependant ne pas oublier que les pays les pires en langues étrangères sont les states et le royal kingdown, ils ne parlent aucune langue étrangére
            le top pour moi c’est la Hollande la plupart parlent très bien 3 langues


            • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 22:27

              Tout à fait ; l’UE a déjà biaisé son enquête en comparant le niveau en anglais, alors qu’il fallait le comparer dans la première ou seconde langue étudiée, quelle qu’elle soit. On aurait ainsi eu la confirmation de ce que tout le monde sait : les plus faibles en langue étrangères sont -de loin- les Anglais (et les Américains).

              Par ailleurs, il est tout à fait naturel que les locuteurs d’une langue internationale comme le français, langue de travail de l’UE, langue des JO et de la Poste internationale, du juridique européen, soient moins enclins que ceux de petits pays à apprendre une autre « grande » langue.

              La question des langues à l’école n’est absolument pas pédagogique, mais politique. C’est celle de la communication en Europe, celle de la légitimité de l’anglais comme lingua franca de l’union, celle de la liberté de choisir ses langues étrangères à l’école.


            • skirlet 15 février 2010 20:52
              « Les banques italiennes sauvées du subprime faute de parler anglais ! »

              De Giulio Tremonti, le ministre italien de l’Economie et des Finances dans un entretien aux Echos. Parce qu’on y parle peu anglais, les établissements bancaires du pays auraient été moins exposés que d’autres aux actifs toxiques.

              "Nos banques ont peu souffert de la crise du subprime. Rares sont celles où on parle anglais  ! Leur exposition aux actifs toxiques est donc restée extrêmement limitée. Aujourd’hui nos banquiers ne réclament même pas qu’on vienne à leur secours", affirme M. Tremonti, ministre de l’économie et des finances en référence à la crise des crédits immobiliers américains qui a éclaté à l’été 2007.

              À méditer...

               smiley


              • Asp Explorer Asp Explorer 15 février 2010 23:00

                J’ai médité, et après mure réflexion, je crois n’avoir jamais rien lu d’aussi débile.


              • skirlet 15 février 2010 23:34

                Ne soyez donc pas si modeste, aspeux... Vos commentaires battent cet article à plates coutures, nul besoin de méditation pour le voir smiley


              • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Webster Rorschach 16 février 2010 17:47

                « Et pis d’abord c’est çui qui dit qui y est »

                Skirlet.


              • Gary Gaignon Gary Gaignon 15 février 2010 22:16

                Le petit doigt à l’anglais et c’est tout le corps qui passera bientôt dans le tordeur ! L’exemple sacrificiel du Québec est très édifiant ! Il faut laisser toutes les grandes langues européennes faire jeu égal face à l’impérialisme totalitaire de l’anglais. La concurrence donnera ainsi une chance au français de s’imposer de justesse dans sa propre ère de rayonnement naturel.


                • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 22:21

                  Article de propagande en faveur d’une Europe anglophone, tout entier bâti sur un pré-supposé faux, qu’il y aurait comme une course entre le spays pour être le smeileurs possibles en anglais, comme si c’était le but ultime de la vie, l’objectif suprême de tout Européen !

                  Ce qui manque à l’école primaire, c’est un peu de liberté, pourtant inscrite au fronton des mairies, la liberté de choisir sa ou ses langues étrangères, ou régionales. Actuellement, l’anglais est imposé, faute de choix organisé.

                  Quant aux grandes écoles, c’est en faisant de l’anglais une matière socialement discrirminante par un fort coefficient d’anglais, lui seul, qu’elles développent une ségrégation sociale.
                  Un concours d’entrée d’ingénieur peut très bien demander un bon niveau de langue dans une grande langue quelle qu’elle soit : anglais, allemand, espagnol, chinois, russe, arabe, etc.. Ce serait le meilleur moyen de remédier à l’injustice sociale que l’auteur prétend regretter ; car les milieux aisés auront toujours un meilleur niveau en anglais, surtout ceux qui vont à Londres comme d’autres au supermarché du coin, qui sont allés assister au sacre d’Obama pour être dans l’histoire en marche. Cette focalisation sur l’anglais est d’ailleurs très récente, un ou deux ans à peine.

                  Rappelons que si l’institut Pasteur avait continué de publier en français, il n’aurait pas eu l’interminable procès Montagnier-gallo sur la découverte du SIDA... et il toucherait actuellement 100% des revenus des brevets.

                  Il faut proposer plusieurs options au primaire, anglais certes, mais aussi langue régionale, initiation linguistique à plusieurs langues (type programme Evlang), et au secondaire, laisser les élèves libres de choisir deux langues à valider à un certain niveau, parmi toutes les langues possibles au bac ; c’est tout à fait réalisable à coût constant.

                  Rappelons que l’espagnol est la langue de presque un continent, de 20 millions d’Américains, que le chinois se renforce en Asie, que le russe est toujours très diffusé, que l’arabe réfléchit à devenir une langue scientifique en actualisant le vocabulaire, que les Asiatiques n’utilisent pas l’anglais pour commercer entre eux. En somme, l’UE est devenue l’ultime espoir de l’anglais de devenir la langue mondiale ! Où est passé l’idéal d’égalité des peuples qui a présidé à la construction européenne ? L’Europe est-elle devenue le représentant de commerce de l’anglais ?


                  • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Webster Rorschach 15 février 2010 22:53

                    « Quant aux grandes écoles, c’est en faisant de l’anglais une matière socialement discrirminante par un fort coefficient d’anglais, lui seul, qu’elles développent une ségrégation sociale. »

                    Je n’ai jamais rien lu d’aussi risiblement idiot. La vérité, c’est que si on accuse les riches, à juste titre, de pratiquer la reproduction sociale, les pauvres aussi la pratiquent, de façon probablement moins consciente.

                    Ce qu’on ne souligne pas assez, c’est que les pauvres sont des sales cons, dans leur grande majorité.

                    Ils fuient la culture comme les cloportes fuient la lumière, se réfugient derrière des prétextes fallacieux quand ils sentent que ne rien savoir sur rien est honteux, et sinon, ils se lâchent : la lecture, c’est un truc de pédé, les « intellos » c’est des femmelettes, et seule la force physique et le fric sont dignes d’admiration.

                    Ce texte de George Orwell est révélateur à cet égard. Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, je résume : Orwell s’attaque à l’idée pernicieuse que lire coute cher, démontre, chiffres en main, que la lecture coute moins cher que fumer, en précisant, nous sommes en 1946, que l’homme de la rue dépense plus pour ses cigarettes que le paysan Indien n’obtiens d’argent pendant toute sa vie.

                    Aujourd’hui, avec internet, il est possible de lire sans effort quantité de textes intéressants, mais ce sont les conneries qui ont le plus de succès.

                    Bien sûr, les riches, de leur coté, ont toutes les armes en mains pour pérpétuer leurs dynastie, et perpétrer leur népotisme répugnant et injuste. Mais ne prenez pas l’anglais pour bouc émissaire de ce qui est aussi et surtout votre faute, notre faute.

                    Par ailleurs, je vous rappelle que je parle un très bon anglais, sans jamais avoir effectué de séjour linguistique, sans jamais avoir eu de cours particuliers, sans jamais avoir eu d’autre professeur d’anglais que ceux de la variété dénoncée dans cet article, que je ne suis pas un génie, que je suis quelqu’un de paresseux, que je ne suis pas exceptionnel, et que contrairement à ce que tout les paresseux de votre espèce, en une variante pernicieuse de l’attitude dont j’ai parlé, nieront, l’anglais, c’est très facile.

                    Typhon


                  • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 23:29

                    Merci de confirmer qu’il n’est nullement nécessaire de faire basculer tout le pays dans une course à l’anglicisation obligatoire, de la maternelle à l’université, en passant par la télé, pour que les petits pourcentages de quelques métiers qui auront réellement besoin de l’anglais acquièrent un bon niveau. De nombreuses réformes sont possibles, qui permettraient de concilier apprentissage et liberté de choix des langues, j’en ai parlé plusieurs fois.
                    Seule la vision de l’anglais par nos élites comme une sorte de ligne Maginot linguistique guide ce genre d’article qu’on retrouve souvent dans les médias. Malheureusement pour l’auteur, ici on peut corriger sa présentation biaisée par un axiome non démontré, la nécessité absolue de jeter tout le pays dans la course à l’anglais.


                  • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Webster Rorschach 16 février 2010 12:34

                    «  les petits pourcentages de quelques métiers qui auront réellement besoin de l’anglais »

                    Sous entendant que ceux qui n’en ont pas besoin ne doivent pas se donner la peine de l’apprendre ? Au fait, pourquoi apprend-on à lire aux gens ? Seule une petite partie d’entre eux ont réellement lbesoin de lire des choses dans leur milieu professionel.

                    Voyons les choses en face, la plupart des gens n’ont aucun goût ni aucun besoin de la lecture, et les dépenses inutiles engagées dans l’apprentissage traumatisant de la lecture au très jeune âge de six ans, apprentissage qui se solde par un demi-échec le plus souvent, seraient plus utilement consacrées à résorber la dette publique. On devrait arrêter d’imposer la lecture aux enfants, donner au parents le choix...

                    Typhon


                  • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 22:36

                    La meilleure langue pour faire du commerce est celle du client.

                    Dans les grandes entreprise, 2 à 5% à peine des employés et cadres ont réellement besoin d’un bon niveau d’anglais.

                    L’UE sera-t-elle monolingue anglophone, langue du pays le moins européen de tous, qui a refusé l’euro ?

                    La télé French 24 nous coûte 100m€/an.. La certification en anglais nous coûte .. secret défense. La masse d’enseignants natifs que l’auteur se propose de faire venir en France nous coûterait... une fortune.
                    l’hégémonie de l’anglais dans les publications scientifiques rapporte aux USA et à la GB une fortune par les éditeurs, par l’apport de toutes les recherches (plus besoin d’espionnage !), qu’ils peuvent copier discrètement avant publication (procès du SIDA)


                    • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 22:44

                      Proposons un national plan pour booster le niveau d’anglais jusqu’à becoming tous fluent : des films américains en VO, des infos du 20 h en VO, une semaine avec l’accent de la BBC, une semaine avec un des accents Américains. Des dessins animés en anglais. Des enseignantes de maternelle native english. La suppression des allocations familiiales à tous ceux qui refusent l’enseignement de l’histoire, de la géo et des maths en anglais. Ouverture d’un desk anglais à France 2 et 3, dans une phase transitoire, jusqu’à suppression totale des infos francophones. C’ets en bonne voie, j’ai reçu un courrier de l’Académie truffé de majuscules, à l’anglaise. Of course, toutes l’université doit enseigner en anglais, facilitant ainsi l’intégration universitaire européenne. We are facing the future !


                      • ZEN ZEN 15 février 2010 22:50

                        Well done ! Kroko ! smiley
                        Dès la Nursery
                        It w’d be better !


                        • Krokodilo Krokodilo 15 février 2010 23:22

                          J’ai oublié mon ancienne proposition de diffuser les Beatles dans les salles d’accouchement ! Avec des options jazz ou lyrics, on est pas en dictature quand même.


                        • vernon s. 15 février 2010 22:55

                          Article argumenté et très intéressant.


                          Petit bémol : je trouve toutefois que l’anglais est mieux enseigné que l’espagnol par exemple ; parce que l’anglais faisait plus place à la pratique et était moins abordé sous l’angle littéraire.

                          Sinon, la question du concours dépasse largement la question de l’enseignement de l’anglais : sera-t-on un bon prof parce qu’on a été un bon élève, voire une bête à concours ? Plus généralement comment distinguer un bon prof d’un prof moyen ?...

                          Vaste débat ! smiley

                          • S.Ô.I Shri BaBâd Guru Lashpâ Son Ôguste Insanité BADGURU Ier 15 février 2010 23:14


                            bahhh....

                            zéti wât ze kweztiônn « Pourkoi woaï ze freunch zélèves sont lazt of zi Zoorope zkool classrôum in zenglishage ? »

                            bahhh...zéti simple zand izzy ze anzwêrrr..la réponze koi...

                            de zun firzt one : ze teachingue is shîttt
                            de deuzio zand tôo : ze teasheurs are shîtt tôo
                            de terzio third place : ze freunch (mozt of zeux) zare dûmmb comme des ass zen langues strangères zo zé des bigues shîtts dans ziss field...

                            zo...tôo conclood : de one : ze freunch zystem zucks ZAND de tôo : ze freunch zare bigues brèles ki zuck zôssi ! zen pluzz zi bôof du frogue...

                            bahhh...wow...look da mazter ! wazz de fukk wizz U rozbif ???    


                            • Dimrost 16 février 2010 00:07

                              Nan, mais faut pas exagérer, non plus, le suédois, une langue négligée ?
                              Ils s’en servent très bien, là-bas, c’est juste qu’ils sont bien moins arrogants vis-à-vis de leur langue maternelle.

                              Après, entre la propagande anti-angliciste de krokotruc et le tout à l’anglais qui ferait tomber une langue en désuétude dans son pays, ya un monde, quand même.

                              Un juste milieu, plus exactement.
                              Faire de la place à d’autres langues (vivantes, hein), ce n’est pas en faire moins à sa langue maternelle.


                              • pingveno 16 février 2010 08:22

                                Ah bon ils s’en servent ? En une semaine sur place, sur la télé locale je n’ai pas vu un seul artiste local chanter en suédois. Par contre j’ai vu plein d’artistes suédois (mais pas connus à l’étranger) chanter en anglais.
                                Heureusement que vous voulez faire de la place aux autres langues, j’ai cru qu’il en manquait encore pour l’anglais.


                              • Krokodilo Krokodilo 16 février 2010 09:54

                                Justement, vous faites bien d’en parler, la place des autres langues étrangères rétrécit terriblement à l’école ! Et même celle du français s’amenuise, puisque des fous furieux veulent imposer l’enseignement de l’histoire, de la géo, de la gym en anglais !


                              • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Webster Rorschach 16 février 2010 19:06

                                Ça alors, moi qui tenait le suédois pour une langue rigoureusement imprononçable, me voila chamboulé dans mes convictions.

                                Låt mig berätta om Sverige
                                Enda landet där molnen intresserar
                                Storebror säger det är stället för dig
                                 
                                För mycket tid att tänka, för lite att göra
                                För mycket tid att tänka, för lite att göra
                                För mycket tid, för lite att göra
                                Jag är insnöad på Östfronten

                                Mais non, c’est pas possible. En réalité, ils émettent des sons au hasard et communiquent par télépathie.

                                Typhon


                              • Dimrost 16 février 2010 00:10

                                Ah, et l’enseignement d’une langue ne se fait pas selon les désirs impérialistes, mais selon LES BESOINS, bordel.
                                Si l’anglais est la langue dont on se préoccupe majoritairement aujourd’hui, c’est pas parce que les méchants anglo-saxons veulent nous l’imposer, mais parce qu’elle est, de fait, la langue qui est au centre du monde en ce moment (en bien ou en mal).

                                Quand, dans quelques dizaines d’années, l’enseignement du chinois sera mis en avant de la même façon que l’anglais aujourd’hui, ça sera pour des considérations pratiques, pas parce qu’on veut l’imposer.(et d’ailleurs, le chinois, ça a déjà commencé).


                                • Asp Explorer Asp Explorer 16 février 2010 07:37

                                  A mon avis c’est pas demain la veille. L’histoire montre que non seulement les Chinois n’ont jamais réussi à exporter leur langue, même au temps de la splendeur impériale, mais de surcroît, ils n’ont jamais réussi à la vendre à leur propre peuple. Il y a quand même un demi-milliard de Chinois qui ne parlent pas « chinois ». La raison en est que c’est une langue difficile pour un asiatique, et encore plus pour un occidental, et pour tout dire, il est à peu près impossible de l’apprendre sans l’avoir eu pour langue maternelle.

                                  Les Chinois eux-mêmes sont parfaitement conscients de cette difficulté, en contrairement à d’autres peuples plus bornés, ne s’entêtent pas à essayer d’inculquer leur langue à d’autres, mais apprennent l’anglais, tout simplement.


                                • L'enfoiré L’enfoiré 16 février 2010 09:09

                                  Asp,
                                   Vous connaissez mon opinion sur l’anglais. Pas de doute, c’est la langue la plus pratiquée au niveau international.
                                   Le NovelObs qui parlait, récemment, des jobs qui gagnent, le confirmait.
                                   Pour ce qui est du mandarin, si l’on veut être proactif, ceux qui auront fait le pas d’appréhender cette langue difficile, auront une avance sur les autres.
                                   Il est clair qu’une langue de transition est un minimum dans toutes les relations humaines, mais comprendre ce qui se dit en aparté est un avantage indéniable.
                                   Je le sais très bien quand je vois ce qui se passe chez nous avec nos 3 langues à Bruxelles.
                                   Il ne faut pas nécessairement devenir un expert.
                                   Il a fallu une dizaine d’années pour les Chinois en arrivent à faire peur l’occident.
                                   Pour étudier le mandarin, il en faudra bien plus.
                                   

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